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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 16:55

Alors que les économistes "classiques" Pierre Cahuc et André Zylberberg ont publié "Le négationisme économique et comment s'en débarrasser", nouvelle manoeuvre pour décrédibiliser les économistes critiques et à plus forte raison les "économistes atterrés", voilà un rappel historique utile !

Par Bruno Amable, Professeur à l'université de Genève le 26 septembre 2016 pour Libération

C’est au moment de la «révolution conservatrice» aux Etats-Unis, que le système de représentation économique, qui règne aujourd’hui sans partage, a supplanté la macro-économie keynésienne.

Le débat sur la pertinence (défaillante) de la théorie dominante en macroéconomie connaît un nouvel épisode avec la publication récente d’un papier de Paul Romer. Celui qui sera bientôt le chief economist de la Banque Mondiale considère que la macroéconomie a régressé depuis au moins trois décennies, avec la domination quasi-exclusive de la modélisation dite «DSGE» (dynamic stochastic general equilibrium).

Cette dernière s’est développée à partir du modèle de croissance néoclassique, qui repose sur l’hypothèse d’une concurrence parfaite dans tous les marchés ; modèle auquel on a ajouté des «chocs» aléatoires de productivité pour tenter d’obtenir des fluctuations (les cycles dits «réels») proches des variations observables de l’activité. Des éléments supplémentaires ont ensuite enrichi la spécification de base : monnaie, concurrence imparfaite, rigidité des prix, etc.

Mais l’ajout de divers éléments censés apporter du réalisme et de la pertinence ne doit pas dissimuler que les bases de ces modèles sont profondément irréalistes. Les fameux «fondements microéconomiques» supposés établir la supériorité des modèles DSGE sur leurs prédécesseurs inspirés de la théorie keynésienne ne sont que l’extension à l’économie entière du comportement supposé parfaitement rationnel d’un individu isolé. On sait d’une part que cette hypothèse est irréaliste à l’échelle individuelle et que d’autre part, même si elle était vérifiée, une société composée d’individus se comportant ainsi ne se comporterait pas en général comme un individu soi-disant «représentatif».

L’utilisation pratique de ces modèles soulève aussi des problèmes. La prise en compte de variables supposées ajouter du réalisme à la spécification ne rend que plus arbitraire encore leur application empirique en vue d’expliquer les évolutions macroéconomiques (PIB, chômage, etc.) observées ou de prévoir les évolutions à venir. Le nombre de paramètres à estimer par des méthodes statistiques est trop grand au regard de l’information disponible, ce qui conduit à imposer des restrictions soi-disant fondées théoriquement à un nombre croissant de ces paramètres. La complexité des modèles fait que des restrictions aux conséquences importantes peuvent être introduites plus ou moins subrepticement par le modélisateur.

Les partisans de cette modélisation admettent son irréalisme mais la défendent par l’argument classique : tous les modèles sont faux. Ils font ainsi une confusion volontaire entre la fausseté résultant des simplifications indispensables à tout exercice de modélisation et celle qui découle de l’incorporation d’éléments en contradiction flagrante avec la réalité observable. Cette macroéconomie est comme une astronomie postulant l’existence d’astres cubiques utilisée pour discuter savamment de l’influence des sommets et des arêtes de la Lune sur les marées.

Alors que la modélisation est supposée permettre de saisir et analyser une réalité inaccessible autrement, la macroéconomie dominante, elle, empêche de voir, et encore plus de comprendre, ce que même un profane pourrait observer. Ce n’est que dans les périodes de crise, alors que se produit un événement imprévu parce qu’inenvisageable dans le cadre théorique concerné, que les critiques les plus radicales contre la représentation orthodoxe peuvent éventuellement se faire entendre.

Il y a peu d’éléments nouveaux dans le débat critique sur la théorie macroéconomique dominante qui s’ouvre à la suite du papier de Romer. Les objections maintes fois soulevées dans le passé n’ont pas eu de conséquences pratiques.

Il y a certainement des raisons politiques derrière le «succès» (au moins académique) de cette macroéconomie. Ce n’est pas une coïncidence si elle a supplanté la traditionnelle macroéconomie keynésienne au moment où s’imposait la «révolution conservatrice» aux États-Unis.

Mais un des intérêts du papier de Romer est la façon dont il explique comment un groupe d’économistes parvenus à s’imposer dans le champ à la faveur de la crise des années 1970 a progressivement éliminé la concurrence d’autres paradigmes par des méthodes associant la collusion, la loyauté à l’égard des membres de la secte, la déférence envers ses gourous, le rejet des hérétiques… La méthode scientifique d’évaluation par les pairs s’est transformée en une pratique d’autovalidation d’une pensée quasi-religieuse. Romer dit aussi pourquoi il se sent libre de rendre public ses critiques : il ne se soucie plus guère de ses perspectives de publications dans les grandes revues du champ.

27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:45
Fusion Monsanto-Bayer : « C’est un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur »

Par Vanina Delmas le 15 septembre 2016 pour Politis sur http://www.politis.fr/articles/2016/09/monsanto-bayer-cest-un-empoisonneur-qui-achete-un-autre-empoisonneur-35377

L’industriel allemand Bayer a annoncé le 14 septembre le rachat de l’américain Monsanto pour la somme astronomique de 59 milliards d’euros. Arnaud Apoteker, coordinateur du « Tribunal Monsanto » et spécialiste des OGM, commente cette fusion de deux géants de l’agrochimie.

Pour quelles raisons Bayer souhaite-t-il racheter Monsanto ? Est-ce une surprise ?

Cet accord est loin d’être une surprise majeure puisque cela se négocie depuis des mois entre ces deux compagnies. Et cela s’inscrit également dans une tendance continue depuis des décennies. À partir des années 1970, nous sommes entrés dans une sorte de course au gigantisme notamment pour des questions commerciales et de capacités de recherches. Monsanto a d’ailleurs tenté de racheter Syngenta, qui a décliné son offre et qui est aujourd’hui en cours d’acquisition par le géant chinois ChemChina. Monsanto est donc passé du statut de candidat au gigantisme à la position de proie. Autre élément important : les brevets. Lors de ces opérations, ils achètent également tous ceux toujours en cours. Et Monsanto a besoin d’augmenter son portefeuille de brevets dans l’agrochimie depuis que son produit phare, le Roundup [un herbicide, NDLR], est rentré dans le domaine public.

Marches mondiales contre Monsanto, « Tribunal Monsanto »… Les actions de la firme sont régulièrement critiquées et pointées du doigt. Ce rachat peut-il être considéré comme l'occasion de profiter de la meilleure réputation de Bayer ?

Le « Tribunal Monsanto » est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide.

Pour le moment, ce n’est qu’un accord qui a été rendu public. Nous ne sommes pas sûrs à 100% que l’achat aura lieu. Et puis, ce n’est pas certain que le nom Monsanto disparaîtra car il reste très connu des agriculteurs donc un argument de vente imparable. De toute façon, cela n’aura pas d’influence sur le tribunal de Monsanto qui se tient en octobre. Je dirai même que les conclusions de ce procès pourraient justement permettre à Bayer de voir toutes les questions de responsabilités qu’engendrent ce rachat, les risques juridiques et financiers qu’il prend.

Si Bayer a une meilleure image pour le grand public, dans le fond, ce n’est pas le cas. Il a eu moins de succès que Monsanto dans les plantes OGM mais il vend des produits tout aussi toxiques, notamment les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles », et a recourt aux mêmes pratiques de lobbying. Il existe depuis des années une coalition d’associations qui dénonce les dégâts causés par Bayer, présentes aux assemblées générales de la société. C’est vrai que Bayer est moins grand public et moins emblématique, mais pour moi, cela reste un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur.

Quelles seront les conséquences concrètes de ce « mariage infernal » pour l’agriculture ?

C’est une accélération considérable de la perte de la biodiversité alors que nous avons déjà perdu 75% de notre biodiversité agricole en un siècle. Des compagnies seront encore plus puissantes pour promouvoir un modèle d’agriculture basé sur la monoculture donc le choix sera beaucoup plus réduit pour les agriculteurs. Ce monopole est extrêmement regrettable de mon point de vue et cela devrait être un signal d’alarme pour les paysans du monde entier qui leur diraient : « Vous ne devez pas rester poings et pieds liés à ces sociétés, il faut regagner votre autonomie ! »

Cent treize prix Nobel - dont quatre Français – ont signé une lettre pour demander aux leaders de Greenpeace de cesser leurs campagnes anti-OGM, notamment contre le riz doré qui pourrait être une solution à la malnutrition. Comment percevez-vous cette demande ?

J’ai été totalement surpris qu’autant de prix Nobel signent cette lettre, également adressée aux gouvernements et aux Nations unies. Des personnes, qui ont sans doute travaillé dans la chimie ou la biologie moléculaire, ont réussi à convaincre ces prix Nobel que les OGM sont une solution pour lutter contre la faim dans le monde. Et ces derniers ont certainement accepté car c’est un autre prix Nobel qui les a sollicité, malgré leur manque de connaissances sur le sujet. Le riz doré est un excellent alibi pour ceux qui connaissent peu le domaine car il apparaît comme un OGM humanitaire. Or, même les scientifiques qui travaillent dessus reconnaissent qu’il n’est pas encore au point et on ne sait même pas s’il apportera la dose suffisante de vitamine aux personnes qui le consommeront.

23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 18:00

Par Claude-Marie Vadrot pour Politis le 19 septembre 2016

Le professeur John DeCicco, chercheur à l’Institut américain de l’Énergie, vient de publier une étude détaillée expliquant pourquoi et comment, aux États-Unis, le recours systématique aux carburants d’origine végétale, essentiellement à partir de maïs, est encore plus néfaste pour le climat que l’essence ou le diesel produits à partir du pétrole.

Cette étude, consultable sur le site de l'université du Michigan, est d’autant plus importante que depuis le lancement du programme fédéral américain de substitution énergétique en 2005, la quantité de maïs énergétiquement gaspillé est passé de 10 661 milliards de boisseaux (1) à 13 692 milliards de boisseaux par an pour la saison 2015-2016, soit environ 34 millions de tonnes d’après les statistiques du ministère de l’Agriculture américain. Production à comparer avec la récolte annuelle de 16 millions de tonnes de maïs en France dont 2,5 millions sont consacrés, sur 300 000 hectares, à la production d’éthanol faussement baptisé « biocarburant ».

En parallèle, les récoltes de maïs destinés à la production de carburant ont triplé malgré les protestations des écologistes et des scientifiques américains. Ce qui a fait passer la proportion d’essence d’origine végétale distribuée dans les stations-service de 12,4 à 38,6% en 2015.

Une « réussite » qui encourage les grandes sociétés agro-industrielles à prospecter l’Europe, dont la France et la Pologne, pour y acheter des terres à maïs. Un point des discussions du TAFTA - pour l’instant au point mort -, porte d’ailleurs sur ce sujet. Les négociations viseraient à priver les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) de leurs droits de préemption ou de refus sur le commerce des zones agricoles.

Pas de neutralité carbone

Le chercheur américain et son équipe ont soigneusement analysé la chaîne des émissions liées au carburant classique et celles engendrées par l’essence d’origine végétale. Pour cette dernière, ils ont évidemment inclus les conséquences du recours aux engrais et aux pesticides. Ces derniers étant beaucoup plus utilisés que pour la production destinée au maïs entrant dans l’alimentation humaine et animale.

La neutralité carbone, explique le scientifique, a longtemps été un postulat et nous avons démonté une assertion qui avaient été "gelée" par de nombreux intérêts. Nous avons ainsi démontré que s’agissant du réchauffement climatique, la nocivité du carburant produit avec des végétaux, était pire que pour les carburants fossiles. Nous nous sommes rendus compte que le lobby des carburants végétaux et tous ceux qui se sont lancés dans ces cultures diffusaient de fausses informations à chaque fois que des interrogations remettaient en cause leurs argumentations.

En prenant l’exemple de l’État du Michigan, un de ceux où la culture du maïs industriel est développée, les scientifiques auteurs du rapport, expliquent notamment que la reforestation serait bien plus efficace pour limiter ou diminuer les rejets de gaz carbonique.

Un rapport qui contredit ce que racontent en France les producteurs d’éthanol dans leurs campagnes de relations publiques, affirmant « que cette alternative est bonne pour la planète »…

(1) « Ancienne mesure de capacité pour les grains et autres solides granuleux, restée en usage au Canada et dans les pays anglo-saxons pour les céréales (bushel). [Au Canada et en Grande-Bretagne, il équivaut à 8 gallons, soit 36,3 l ; aux États-Unis, il vaut 35,2 l.] »

22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:26

Un grand rassemblement anti-nucléaire s'organise le 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville (Manche). Aller-retour en car possible dans la journée du samedi.

Tous à Flamanville - non à l'EPR !
Tous à Flamanville - non à l'EPR !

Un bus partira de Paris le 1er octobre à 6h15, avec un retour le même jour à 18h30 de Siouville/Flamanville, arrivée 23h30 à Paris.

RDV fixé à l’angle de l’Avenue de Friedland et de la Place du Général de Gaulle ÉTOILE.
Inscriptions prises en compte à l’envoi du règlement, par chèque, à l’ordre de
Sortir du Nucléaire Paris à envoyer à Laurence Esquieu, 9 rue Fénelon, 75010 Paris

Tarifs :

Soutien: 50€
Ordinaire : 40€
Réduit : 25€

Réservations et renseignements : laurence.esquieu@hotmail.fr
ou o6 95 11 24 36, de préférence par texto

Orga : Sortir du nucléaire Paris

Programme du rassemblement :

programme

Le rassemblement aura exactement lieu à Siouville-Hague, avenue des peupliers.

Il y aura des animations, des associations, des stands de buvette et restauration.

Samedi 1ER octobre

  • 11h : accueil

  • 14h : départ de la marche depuis Siouville plage vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 15h : prise de parole au port de Dielette (Flamanville) et reprise de la marche

  • 18h : retour à Siouville plage

  • 20h : concert entrée libre:

  • Les Pieds dans le bocal

  • Les Provisoires

  • Les Ramoneurs de Menhir

Dimanche 2 octobre

  • 9h : conférence "Les risques techniques et sociétaux du nucléaire"

  • 9h : conférence " Les alternatives au nucléaire"

Comment venir ?

  • En car : Plusieurs dizaines départs en car sont déjà prévus. 

  • En covoiturage : une page est ouverte ici

PLUS D'INFOS  http://www.can-ouest.org/  http://sortirdunucleaire.org/Grand-rassemblement-a-Flamanville-les-1er-et-2

22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:21

Parce que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et qu’ils sont souvent traités de façon indigne par l’industrie alimentaire, notre société doit faire le choix de la fin du régime carné

Une tribune collective courageuse que nous soutenons !

À la suite d’enquêtes menées dans plusieurs abattoirs français et diffusées par l’association L214, la question de l’abattage des animaux a suscité un débat d’ordre national. Devant l’implacable réalité des images, les Françaises et Français commencent à prendre conscience des souffrances endurées par les animaux d’élevage. Après la tenue de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat portant sur la sensibilité animale, une commission d’enquête parlementaire a même été créée au printemps afin d’étudier les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.

Nous avons été profondément bouleversés par ces images d’êtres vivants et sensibles luttant pour leur vie dans les abattoirs. Quelles que soient la méthode d’abattage et la taille de l’abattoir, toutes les enquêtes montrent des animaux en détresse et en grande souffrance, conscients du sort qui leur est réservé. Certains tentent de fuir, de se débattre, de résister à une mise à mort programmée. En vain.

Les lapins, vaches, cochons, moutons, poules, poissons et autres animaux sont des êtres sentiments, doués de sensibilité et qui ressentent des émotions telles que la peur ou la joie. En 2012, lors d’une déclaration signée à Cambridge (Royaume-Uni), un groupe d’experts internationaux en neuroscience et cognition animale a affirmé que ses recherches démontraient la réalité de la conscience animale. La viande n’est pas un simple produit de consommation, mais provient d’un animal qui a été mis au monde et élevé, souvent dans d’épouvantables conditions carcérales, dans le seul but d’être vendu et tué. Ainsi, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs terrestres, sans oublier les dizaines de millions d’animaux marins victimes de la pêche.

UN MASSACRE INSTITUTIONNALISÉ

Au-delà de cette incommensurable souffrance destinée à nous nourrir, les conséquences environnementales de l’élevage sont dramatiques. L’élevage est, en effet, responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (soit davantage que l’ensemble des transports, aériens compris) et de 50 % des émissions de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, nous ne pouvons ignorer plus longtemps que l’élevage est la cause de 70 % de la déforestation mondiale. Ainsi, à l’heure où plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas d’accès à l’eau potable, il faut en moyenne 15 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de viande de bœuf.

Pour ces raisons, nous décidons de prendre parti et d’être solidaires des animaux. Nous ne pouvons être complices plus longtemps d’un massacre quotidien et institutionnalisé. Les techniques d’abattage en elles-mêmes rendent impossible toute amélioration concrète du sort des animaux d’élevage ; l’industrialisation de la mort est une condition de la survie économique de la filière de l’élevage, soumise aux lois du marché et de la concurrence, et elle se paie au prix de la grande souffrance des animaux. Les solutions proposées par la commission d’enquête parlementaire n’y changeront rien et ne rendront pas moins nécessaires un changement profond de nos modes de consommation et une transition vers un modèle agricole durable et respectueux de la vie des animaux et de notre environnement.

Les connaissances actuelles en nutrition ne laissent planer aucun doute. Une alimentation végétale équilibrée peut, en effet, parfaitement se substituer à une alimentation omnivore, comme l’ont démontré de grands spécialistes de la nutrition. L’Association américaine de diététique, par exemple, confirme que cette alimentation est appropriée à tous les âges de la vie et même souvent bénéfique pour la santé. De plus en plus répandues et faciles d’accès, les solutions végétales alternatives aux produits carnés offrent la possibilité d’une cuisine diversifiée, riche et savoureuse.

Certains d’entre nous ont déjà franchi le pas et refusent depuis plusieurs années de consommer des produits issus de l’exploitation des animaux. Pour d’autres, cette décision est plus récente. D’autres encore ont fait le choix de réduire leur consommation de viande. Mais nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme.

Laurence Abeille, députée ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, président de Good Planet ; Aurélien Barrau, astrophysicien, professeur, université Grenoble-Alpes ; Christine Berrou, humoriste ; Ingrid Desjours, écrivain ; Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, réalisateur, président de la LPO ; Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris ; Jean-Baptiste Del Amo, écrivain ;  Mylène Demongeot, actrice ; Rokhaya Diallo, journaliste, auteure, réalisatrice ; Dalibor Frioux, écrivain, agrégé de  philosophie ; Martin Gibert, philosophe, auteur de « Voir son steak comme un animal mort » ; GiedRé, auteure, compositrice, interprète, humoriste ; Héloïse Guay de Bellissen,  écrivain ; Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick ; Stéphanie Hochet, romancière et journaliste ; Renan Larue,  professeur de littérature française, université de Californie (Etats-Unis) ; Lolita Lempicka,  styliste de mode ; Vincent Message, écrivain, maître de conférences en littérature, université Paris-VIII ; Guillaume Meurice, humoriste ; Amélie Nothomb, écrivain ; Ovidie, réalisatrice, documentariste ; Martin Page, écrivain ; Guillaume Pot, journaliste ; Matthieu Ricard, biologiste, fondateur de Karuna-Shechen ; Philippe Reigné, professeur de droit privé, Conservatoire national des arts et métiers ; Sanseverino, chanteur ; Henry-Jean Servat, journaliste, écrivain.

20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:47
Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Une société minière entend exploiter le sous-sol breton. Une résistance citoyenne s’est formée contre ce projet archaïque.

Par Vanina Delmas pour Politis du 15 septembre 2016

Un jour d’été 2015, un bruit d’hélicoptère résonne dans la campagne bretonne. Un survol inhabituel qui interpelle quelques habitants de Merléac et des communes voisines. Quelques mois plus tard, une autre scène insolite se joue sous les yeux des agriculteurs bretons, mais au sol cette fois. Des jeunes gens polis et bien vêtus se promènent dans les champs et demandent aux propriétaires s’ils peuvent ramasser des cailloux. Aucun agriculteur ne peut refuser. Qui sont ces bénévoles sortis de nulle part ? Des géologues en reconnaissance. Et l’hélicoptère appartient à la société Variscan Mines. L’air de rien, l’engin volant commence à cartographier la présence de métaux rares dans la région à l’aide d’un radar électromagnétique. Il faut dire que le sous-sol de l’antique Massif armoricain, à cheval entre les Côtes-d’Armor et le Morbihan, recèle des richesses jamais tombées dans l’oubli. Mais personne n’imaginait la réouverture de mines au XXIe siècle pour extraire du zinc, du plomb, de l’or, du cuivre, de l’argent et des « substances connexes ».

Pourtant, une société australienne, Variscan Mines, a jeté son dévolu sur la région bretonne, entre autres [^1]. Et le gouvernement a suivi, dans l’idée de retrouver une indépendance industrielle, notamment par rapport à la Chine. « Il y a vingt ans, on utilisait une quinzaine de métaux. Aujourd’hui, plus de cinquante sont nécessaires pour développer les nouvelles technologies destinées à la transition énergétique (éoliennes, panneaux solaires, etc.), l’industrie aéronautique, -l’armement, l’électronique, l’automobile, etc., énumère Michel Bonnemaison, directeur général de Variscan Mines. C’est aussi une réflexion éthique, car beaucoup de métaux sont produits par des pays qui n’hésitent pas à envoyer des gamins au fond des mines. »

Demandé en 2011, le permis exclusif de recherches de mines (Perm) de Merléac est accordé par le ministère de l’Économie en 2014. Suivent ceux de Silfiac et de Loc-Envel. Une fronde citoyenne s’est formée et tente d’informer le reste de la population sur les conséquences d’un tel projet. « Le Perm de Merléac a été accordé un an avant les autres car il n’y avait pas d’associations, pas de résistance. Ici, il n’y a pas trop de conscience écolo, contrairement à Silfiac ou à Loc-Envel, relève Lucie, du collectif Vigil’Oust. Trente-trois communes sont impliquées, mais, comme le permis s’appelle “Perm de Merléac”, la plupart des habitants ne se sentent pas concernés. Variscan n’a pas fait ces choix-là au hasard. »

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

En effet, la zone a déjà été visitée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), chargé de dresser un inventaire minier de la France à partir des années 1960. Le site de la Porte aux Moines, fermé en 1981, est dans le viseur de la société minière, notamment pour sa richesse en zinc. « Leur but est d’élaborer un catalogue. À Merléac, ils ont ressorti de vieilles carottes pour montrer qu’il y a des ressources, et donc une possibilité de spéculer. Ils doivent aussi préparer le terrain social pour éviter une rébellion lorsqu’un plus gros groupe ouvrira la mine d’exploitation », analyse Lamine, du collectif Douar Didoull, qui défend le site de Loc-Envel.

Malgré l’énergie déployée par les bénévoles de Vigil’Oust depuis plus d’un an, notamment grâce aux « Bar à mines » pour informer la population, certains habitants n’étaient pas conscients de l’avancée du projet minier. « Je pensais qu’on n’en était qu’au stade de l’hélicoptère, avoue Christophe, un riverain de Gausson, à 15 kilomètres de Merléac. Je faisais partie du conseil municipal l’année dernière, et on n’a jamais abordé ce sujet ! » En une semaine de mobilisation, ces citoyens alarmés ont enchaîné opérations de porte-à-porte et réunions d’information publiques. Une pétition en ligne [^2] a recueilli plus de mille signatures en trois jours.

À Plélauff, près de Silfiac, les vestiges d’une ancienne mine de plomb et de zinc sont visibles depuis la petite route qui longe le ruisseau du Crénard. Aucune végétation n’a repris ses droits. Aucun panneau ne prévient qu’on s’aventure sur le terril minier, désormais intégré à la propriété d’un agriculteur biologique. Ce dernier a d’ailleurs fait analyser son terrain, et la teneur en plomb y est supérieure à la normale. Lorsqu’il pleut, les déchets sont lessivés et ruissellent directement dans le cours d’eau qui alimente d’autres sources d’eau potable, dont le lac de Guerlédan – 15 % des eaux du Morbihan. « La mobilisation fonctionne mieux à Silfiac qu’à Merléac, car il y a beaucoup plus d’agriculture biologique et de tourisme vert,précise Claire Mériaux, présidente du collectif Attention mines. On se bat aussi pour défendre nos maisons, dans lesquelles nous avons investi du temps et de l’argent, et qu’on a envie de transmettre à nos enfants. »

Après les prospections réglementaires, Variscan Mines devrait lancer les sondages à Merléac, « certainement vers le milieu de l’hiver », selon son directeur général. « Nous avons déjà eu des mines d’uranium, et il reste beaucoup de poches contenant du radon et de l’arsenic, alerte Goulven, de Douar Didoull. Les risques de pollution de l’air et de l’eau sont indéniables ». Pour Dominique Williams, représentante de l’association Eaux et Rivières de Bretagne, c’est « une catastrophe annoncée » sur le plan environnemental, car la plupart des métaux recherchés sont des sulfures qui s’oxydent au contact de l’eau ou de l’air. Toute l’eau deviendrait acide. « Deux tiers de l’eau potable en Bretagne provient des cours d’eau et un tiers des eaux souterraines, explique-t-elle. Si des galeries sont creusées, toutes les réserves d’eau souterraines contenues dans les cavités rocheuses se rejoindront et tout sera contaminé. De plus, aucun béton ne résiste à cette acidité, donc les galeries risquent de s’effondrer. Le béton se désagrège et les produits chimiques s’accumulent dans l’eau. » Un véritable cocktail chimique à volonté, et pour tous : commerces, riverains, animaux de ferme…

Prêt à affronter les arguments environnementaux, Michel Bonnemaison a affûté ses propres armes en vantant les mérites d’une « mine verte ». « On peut apprendre des erreurs du passé. À l’époque, l’environnement était encore considéré comme une lubie de certains. On a souvent laissé des mines non rebouchées qui crachaient de l’eau acide, ce qui a laissé une image déplorable de l’extraction minière, reconnaît Michel Bonne-maison. Aujourd’hui, on sait concevoir des machineries, du monitoring et des pilotages à distance pour traiter les minerais directement sous terre. Les déchets seront transformés en “ciment-colle” pour -reboucher les galeries. On réinjecte dans le sous-sol ce qu’on a pris, on ne remonte à la surface que la partie commerciale. » Pourtant, personne ne parvient encore à imaginer une mine propre.

La promesse d’emplois séduit une partie non négligeable, mais très discrète, des habitants des communes en question. Les nostalgiques de l’ancien temps adhèrent également à l’argument économique. « Enfant, j’ai connu ce terrain de 1960 à 1963. Toute une activité s’était développée : commerces, restaurants, écoles, agriculture, car les mineurs allaient acheter des poulets ou des œufs chez les fermiers… Quand ils sont partis, on a ressenti un grand vide. Certains locaux ont même suivi les mineurs dans les Pyrénées, raconte Bernard Rohou, maire de Plélauff. Mais la population a manifesté son mécontentement, et je considère que le conseil municipal représente l’avis de sa population. Nous avons donc décidé de nous opposer au projet. »

L’une des solutions pour contrer -Variscan Mines est de l’empêcher d’accéder aux terrains. Les propriétaires remplissent alors des bordereaux de refus, récupérés par les mairies et envoyés à Variscan par les associations. Pour Michel Bonnemaison, cette campagne ne représente pas le sentiment général de la population et ne bloque que le bilan environnemental nécessaire à la progression du chantier. Il qualifie ses opposants d’« obscurantistes ».

« Nous ne sommes ni des obscurantistes ni des “anti-tout”, s’indigne Samuel, du -collectif Mines de rien. Tout cet argent est investi dans un ancien modèle d’extraction et non pas dans des recherches pour recycler les métaux lourds. Nous voulons aussi mettre en avant les alternatives qui existent pour tous ceux qui souhaitent vivre différemment. »

[^1] Permis exclusif de recherches de mines : Dompierre (Ille-et-Vilaine), Penlan et Loperec (Finistère), Beaulieu (Loire-Atlantique) et Saint-Pierre (Maine-et-Loire), Tennie (Sarthe).

[^2] « Stop aux projets miniers en Bretagne », Change.org.

19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 12:49
Le Campagnol amphibie menacé de disparition...

Le Campagnol amphibie menacé de disparition...

Depuis la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport, l’État poursuit la mise en œuvre du projet. Après la consultation de juin, plusieurs scénarios d'évacuation sont à l'étude.

17 septembre 2016, par Jade Lindgaard et Ellen Salvi pour Mediapart

Le sujet de Notre-Dame-des-Landes avait disparu de la politique nationale depuis l’été et la victoire du oui lors de la consultation du mois de juin sur la construction de l’aéroport. Aucune déclaration de François Hollande ni de Manuel Valls, le ministre le plus résolu à faire évacuer la ZAD de ses occupants. Ce silence ne valait pas indifférence. Petit à petit, l’État prépare les conditions nécessaires à une expulsion manu militaride la zone d’occupation.

Mardi 13 septembre, une étape décisive a été franchie avec la publication par le préfet de Loire-Atlantique de l’arrêté autorisant la destruction du campagnol amphibie, petit rongeur inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de disparition. C’était le dernier obstacle administratif à lever avant que les travaux ne puissent être légalement entamés. Présent sur la zone du projet d’aéroport, ce mammifère protégé doit faire l’objet de mesures de compensation en cas de démarrage du chantier de construction. Des animaux doivent être prélevés et déplacés vers des emplacements en dehors de la ZAD. Mais tous ne pourront être sauvés. D’où l’obligation légale d’obtenir une dérogation à sa protection avant de lancer les pelleteuses sur la zone humide.

L’arrêté précise le calendrier possible pour l’intervention : concernant le campagnol amphibie, les secteurs d’habitat seront détruits « si possible » entre le 1er juillet et le 31 octobre, période d’absence de sol humide ou inondé (« l’assec »). Plus précisément, le maître d’ouvrage a jusqu’au 15 octobre pour missionner un expert afin de constater l’absence de sol humide. Il a ensuite quinze jours « pour réaliser les travaux, afin de limiter le risque que de nouvelles pluies rendent le milieu favorable à l’espèce ». Pour les autres espèces à protéger sur le site – notamment des arbres où niche la faune –, les mois de septembre et octobre sont les seuls à ne connaître aucune restriction d’intervention au nom de la sensibilité des espèces. La fenêtre de tir pour l’expulsion semble correspondre à la seconde quinzaine d’octobre.

Avocat des opposants, Thomas Dubreuil s’étonne de l’absence de périodes interdisant la destruction du campagnol amphibie. L’arrêté fait peser peu de contraintes sur le maître d’ouvrage, la société AGO, filiale de Vinci. Il porte la marque d’une priorité accordée à la logique économique sur la préservation du milieu, l’une des plus grandes zones humides de France.

Le texte de la préfecture prend le temps, en introduction, de dérouler tous les arguments des porteurs du projet d’aéroport : il « répond à des raisons impératives d’intérêt public majeur, notamment pour assurer le développement socioéconomique de la métropole Nantes/Saint-Nazaire, dans une logique d’anticipation sur les besoins de déplacement induits par l’évolution démographique, l’activité économique et touristique du Grand Ouest pour pallier la saturation du site aéroportuaire de Nantes-Atlantique et ses risques pour la santé liés aux nuisances sonores ».

Au passage, il contredit la position du ministère de l’écologie, fondée sur le rapport rendu par ses trois experts, au printemps dernier : « Il n’existe pas d’autre solution alternative satisfaisante. » Ségolène Royal avait pourtant affirmé le contraire. Mais depuis la consultation de juin, elle a déclaré ne plus vouloir s’opposer au projet d’aéroport et laisse les mains libres à Manuel Valls. L’arrêté préfectoral reflète en tous points la position de Matignon sur le dossier. Depuis la parution de la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des faiblesses argumentaires, des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’État poursuit inéluctablement la mise en œuvre du projet. 

Le gouvernement s’apprête-t-il à expulser la ZAD ? En milieu de semaine, la position de l’Élysée était double : respect du vote des citoyens (favorable à 55 % à la construction), détails opérationnels entre les mains du premier ministre. Une réunion s’est tenue à l’Élysée en juillet, après la consultation. Manuel Valls y a réaffirmé sa volonté d’évacuer la zone occupée au nom de l’État de droit, Bernard Cazeneuve a dit sa réticence à affecter plusieurs milliers de gendarmes pour plusieurs semaines ou mois alors que la France vit sous une menace terroriste aiguë.

Jeudi 15 juin, le quotidien Presse Océan a publié ce qui ressemble à un plan d’intervention : le ministère de l’intérieur prévoit selon eux de mobiliser jusqu’à 3 000 gendarmes pour une action progressive, secteur par secteur. Un large périmètre de sécurité serait établi autour de la ZAD pour en bloquer l’accès. Environ 600 gendarmes pourraient être requis pour la première phase.

Mais selon d’autres sources, tous les scénarios seraient sur la table de Manuel Valls : évacuation complète, partielle, ou pas d’évacuation du tout. Sollicitée par Mediapart, la préfecture de Loire-Atlantique n’a rien confirmé mais semblait surprise des éléments publiés par Presse Océan. Contacté à son tour, le cabinet du ministère de l’intérieur n’a pas répondu à nos questions. Annoncée au lendemain de la consultation, la réunion d’information du préfet en direction des élus locaux n’a toujours pas eu lieu.

Bruno Retailleau, président (LR) de la région Pays de la Loire, n’a toujours pas été reçu par Manuel Valls, malgré une demande adressée par écrit dès juillet. Depuis le début de septembre, il appelle à cor et à cri à l’expulsion de la zone, protestant notamment contre l’organisation par les militants de formations d’autodéfense. « Côté administratif, c’est réglé. Reste à voir politiquement ce qu’il se passe. Je n’ai pas plus d’infos », explique-t-il à Mediapart.

Les obstacles politiques à l’expulsion manu militari de la ZAD sont nombreux. La mort de Rémi Fraisse, ce militant écologiste tué par la grenade d’un gendarme sur la ZAD du Testet (Tarn) en octobre 2014, est dans tous les esprits. Le décès d’une ou plusieurs personnes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à quelques mois des élections présidentielles jetterait une ombre indélébile sur le bilan de François Hollande. Il semble difficile d’imaginer que l’exécutif, si vulnérable électoralement, soit prêt à prendre un tel risque politique.

Par ailleurs, les gendarmes sont massivement requis par la surveillance des frontières pour bloquer l’arrivée des migrants, notamment à Vintimille, et pourraient être mobilisés pour évacuer le camp de Calais, priorité affichée du gouvernement.

Et il reste un obstacle juridique de taille : dans le cadre de sa procédure de pré-contentieux avec l’Union européenne sur le dossier de l’aéroport – Bruxelles demande une nouvelle étude d’impact –, la France s’est engagée à réviser le Schéma de cohérence territoriale Nantes-Saint-Nazaire (SCOT) de 2007. Après plusieurs mois de travail, un document a été rédigé. Mais il fait l’objet d’une enquête publique jusqu’au 21 octobre. Il doit ensuite faire l’objet de plusieurs réunions de calage jusqu’en décembre et doit être voté par le conseil régional, au plus tôt à la veille des vacances de Noël. Il ne sera donc achevé que début 2017.

Or Paris s’est engagé à ne pas démarrer les travaux avant l’achèvement de ce processus. Et Bruxelles considérerait comme une infraction l’ouverture du chantier avant remise du SCOT. De leur côté, les opposants historiques ont déposé de nouveaux recours contre la déclaration d’utilité publique et vont attaquer les arrêtés sur le campagnol amphibie. Ils appellent à un rassemblement sur la ZAD le samedi 8 octobre pour y planter des bâtons, en référence au mouvement d’occupation du plateau du Larzac.

D’après le collectif Copains, la mobilisation est forte parmi les agriculteurs tandis que les comités de soutien affichent une motivation sans faille. Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, chacun redoute la confrontation et s’y prépare.

18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:46

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Primaire de l'écologie
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:29

L’ONG Public Eye révèle les pratiques peu scrupuleuses des géants suisses du négoce pétrolier, en Afrique

Par Simon Piel et Joan Tilouine pour  Le Monde le 15 septembre 2016

C’est une autoroute maritime empruntée chaque jour par des dizaines de tankers, le plus souvent affrétés par des sociétés discrètes. Elle démarre aux quais des trois ports d’Amsterdam, Rotterdam et Anvers (« ARA », dans le jargon), dotés de dix raffineries et d’importantes infrastructures de stockage. De ce hub, partent près de 50 % des produits pétroliers exportés en Afrique de l’Ouest, selon les statistiques des Nations unies. Gibraltar est la principale destination finale indiquée par les affréteurs, puis les marins mettent le cap sur le golfe de Guinée, ses ports encombrés et ses mégapoles souvent embrumées par la pollution.

Ces navires en fin de vie transportent dans leurs cuves du diesel et de l’essence mélangés à d’autres produits chimiques bon marché qui seraient invendables ailleurs, tant la teneur en soufre est élevée : entre 200 et 1 000 fois supérieure aux normes européennes. Parfois les mélanges toxiques s’effectuent en mer, à quelques milles des côtes de Gibraltar ou de Lomé, au Togo.

« Faire un paquet de dollars »

Dans le petit milieu du courtage pétrolier, certains parlent de « qualité africaine », extrêmement polluante et émettant de grandes quantités de particules fines. Dévastatrice pour la santé et pour l’environnement, mais très rentable pour les négociants. C’est ce que révèle la vaste enquête menée par l’ONG suisse, Public Eye (ex-Déclaration de Berne), rendue publique jeudi 15 septembre. Un travail rigoureux de trois ans qui jette une lumière crue sur les pratiques des géants suisses de négoce de matières premières comme Vitol, Trafigura et leurs filiales chargées des activités « aval » (raffinage, distribution, commerce).

Dans de nombreux pays africains, ces sociétés ont fini par acquérir une position dominante sur l’importation et la distribution de produits pétroliers. Leur empire africain se compose aussi des infrastructures stratégiques de stockage et des réseaux de stations essence. Certains ont recruté des conseillers ou des membres des familles de présidents régulièrement soupçonnés de détournements et de corruption, comme en Angola, en Sierra Leone et au Congo-Brazzaville.

Un agent de sécurité devant des oléoducs du port de Tema, au Ghana, juin 2016. CARL DE KEYZER/MAGNUM PHOTOS

Un agent de sécurité devant des oléoducs du port de Tema, au Ghana, juin 2016. CARL DE KEYZER/MAGNUM PHOTOS

Plus que de simples courtiers, Trafigura et Vitol possèdent également des parts dans des champs pétroliers, des pipelines, des flottes de tankers – parfois plus importantes que des majors – pour acheminer leurs carburants mélangés avec d’autres produits intermédiaires bon marché et toxiques comme le naphta de cokéfaction, une substance à très forte teneur en soufre.

Dans un courriel interne versé au dossier judiciaire contre Trafigura, dans le cadre du scandale des déchets toxiques déchargés en août 2006 par le Probo-Koala, en Côte d’Ivoire, un tradeur résume ainsi l’avantage d’acheter à une, raffinerie mexicaine des lots de naphta de cokéfaction : « Impossible d’imaginer moins cher, écrit-il depuis son bureau de Londres. [On] devrait faire un paquet de dollars.» Et de tabler sur un profit de 7 millions de dollars (6,2 millions d’euros) par cargo. Si Vitol ne rend pas publics ses résultats, l’activité de Trafigura en Afrique a généré, en 2015, un chiffre d’affaires de 14,4 milliards de dollars.

Les carburants de « qualité africaine » sont ensuite écoulés dans des stations essence détenues par ces géants suisses du négoce. Trafigura dispose de sa propre marque, Puma Energy, présente dans dix-neuf pays. Depuis 2011, Vitol opère sous le nom de Shell après avoir racheté 40 % des parts du réseau de distribution du pétrolier anglo-néerlandais, ce qui lui permet d’écouler ses carburants dans seize pays africains. Ces deux mastodontes irriguent plus de deux mille stations sur le continent.

À la pompe, ce diesel et cette essence commercialisés en Afrique de l’Ouest contiennent parfois des taux de soufre supérieurs à 3 780 parties par million (ppm), comme l’ont constaté les enquêteurs de Public Eye dans une station essence malienne du pétrolier genevois Oryx. La limite en Europe et aux États-Unis est fixée à 10 ppm. La Chine a décidé de s’y conformer en 2017.

Eviter la grogne sociale

« Nous n’avons pas vu de tels niveaux depuis si longtemps », s’est étonné un analyste devant certains des 47 échantillons prélevés par l’ONG dans des stations-service de huit pays africains. Au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire, Public Eye a découvert des taux particulièrement élevés de benzène (3,84 % et 3,82 %) dans l’essence vendue par Puma Energy. La présence de cet additif est limitée à 1 % en Europe et aux États-Unis.

Des résultats qui peuvent surprendre, notamment dans les pays producteurs de pétrole comme le Congo et la Côte d’Ivoire. Mais les raffineries africaines étant la plupart du temps vieillissantes et insuffisantes, la quasi-totalité de la production d’or noir est exportée en Europe et aux États-Unis. À l’inverse, la majorité des produits pétroliers raffinés est importée.

Un comble pour le Nigeria, le plus gros producteur de pétrole du continent africain avec l’Angola, qui extrait un brut très prisé sur les marchés pour sa faible teneur en soufre. Résultat, à Lagos, capitale économique de ce géant d’Afrique, les habitants respirent treize fois plus de particules fines qu’à Londres. « L’approvisionnement des pays en développement en carburants de piètre qualité est inacceptable », selon Erik Solheim, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP). « Se débarrasser de vieilles et sales substances [en Afrique] doit cesser dès maintenant », insiste le diplomate norvégien.

Les négociants de matières premières profitent pour l’instant de souples législations nationales : « Le taux de soufre autorisé varie d’un pays à l’autre et il est important de reconnaître que de telles exigences réglementaires relèvent de décisions prises par les gouvernements et non pas des sociétés approvisionnant ces marchés », dit-on chez Puma Energy. « Ce n’est pas illégal mais ils en ont profité pour industrialiser un processus de production de carburants hautement toxiques spécialement pour le continent africain », rétorque-t-on à Public Eye.

Trafigura et Puma Energy disent « soutenir les efforts entrepris sous les auspices de l’Association des raffineurs africains pour abaisser la teneur en soufre dans les carburants destinés aux marchés africains ». Cette association suisse dit avoir établi, en lien avec l’UNEP et la Banque mondiale, une feuille de route pour améliorer la qualité de l’essence et du diesel en Afrique d’ici à 2030.

Du côté des États d’Afrique de l’Ouest, il est difficile de faire plier des lobbys pétroliers locaux le plus souvent soutenus par les géants du secteur. Certains présidents louvoient sur ce sujet qui risque de provoquer une hausse des prix à la pompe et une grogne sociale. Ils savent pourtant que la population urbaine devrait tripler d’ici à 2050 en Afrique et que la hausse inexorable des véhicules en circulation laisse entrevoir une détérioration inquiétante de la qualité de l’air. À l’est du continent africain, cinq pays (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi et Rwanda) se sont attaqués à ce problème de santé publique en adoptant, en janvier 2015, une limitation du taux de soufre à 50 ppm.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 17:10

Propos recueillis par Marie Charrel le 12 septembre 2016 pour Le Monde Économie

Taux de chômage élevé, croissance faible, montée des populismes : pour le Prix Nobel d’économie (2001) Joseph Stiglitz, l’euro est responsable des principaux maux dont souffre aujourd’hui la zone monétaire européenne. Et conduira, si rien ne change, les pays membres dans l’impasse, prévient-il.

Dans L’Euro. Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, son nouvel ouvrage publié le 14 septembre (Les liens qui libèrent, 462 pp., 24 euros), il dresse des pistes de réformes pour sauver l’union monétaire. Mais il évoque aussi, sans tabou, la possibilité d’un « divorce à l’amiable » au sein de l’Union européenne.

Question : Vous décrivez l’euro comme un échec économique. Quelles erreurs avons-nous commises ?

Joseph Stiglitz : Les malfaçons de la monnaie unique remontent à sa création. En 1992, les Européens ont imaginé qu’une union monétaire, où les pays ne seraient plus en mesure d’ajuster leurs économies par les taux de change et les taux d’intérêt, fonctionnerait néanmoins tant que les gouvernements maîtriseraient leurs finances publiques et que l’inflation serait sous contrôle. Ils ont donc instauré des règles budgétaires strictes et une banque centrale veillant sur les prix. Ils imaginaient que le marché corrigerait les autres déséquilibres. Ils avaient tort. L’euro n’a pas apporté la prospérité promise, mais la division et la divergence. Pire, il a aggravé les choses lorsque la crise a frappé.

Q : « Pendant la crise, les pays du sud de la zone euro n’ont pas pu dévaluer leur devise pour dynamiser leurs exportations » Pourquoi ?

Pendant la crise, les pays du sud de la zone euro n’ont pas pu dévaluer leur devise pour dynamiser leurs exportations et soutenir leurs économies. Ils ont dû réduire les salaires pour tenter de regagner de la compétitivité, tandis que le chômage a explosé. Face à cette situation, les jeunes diplômés ont massivement émigré, privant leur pays d’une précieuse ressource. Austérité oblige, les gouvernements ont cessé d’investir dans les infrastructures et l’éducation, ce qui a affaibli leur croissance future. Il est urgent de briser ce cercle vicieux.

Q : « Plus la zone euro tarde à accomplir les réformes nécessaires, plus le risque qu’une nouvelle crise frappe » La zone euro a renforcé ses institutions depuis la crise, notamment en instaurant l’union bancaire. N’est-ce pas suffisant ?

Non. Le troisième pilier de l’union bancaire, par exemple, à savoir l’assurance commune des dépôts, est encore inexistant. Certains États rechignent à le mettre en œuvre. Or plus la zone euro tarde à accomplir les réformes nécessaires, plus le risque qu’une nouvelle crise frappe et que des pays soient tentés de quitter la monnaie unique sera grand.

Q : Quelles devraient être les priorités ?

Achever l’union bancaire et mettre en place une forme de mutualisation des dettes publiques. Mais aussi, créer un fonds européen de solidarité pour la stabilisation, qui aiderait les pays confrontés à une récession. Il existe aujourd’hui des fonds structurels soutenant les États intégrant l’Union européenne. Pourquoi cesser de les aider une fois qu’ils sont à l’intérieur ? Enfin, il est crucial d’assouplir les règles budgétaires, afin que les États ne soient pas contraints de tailler dans les dépenses d’avenir pendant les récessions.

Q : « Une forme de budget européen, plus ambitieux que celui d’aujourd’hui, est indispensable. »  Vous appelez à augmenter les dépenses publiques. Où trouver l’argent ?

Une forme de budget européen, plus ambitieux que celui d’aujourd’hui, est indispensable. Les revenus pourraient provenir d’un petit impôt progressif instauré sur les particuliers et les entreprises. Cela aurait un double avantage : créer des recettes publiques européennes, mais aussi harmoniser les pratiques des États en la matière. Cela aiderait, au passage, à réduire la concurrence fiscale pratiquée notamment par l’Irlande et le Luxembourg. En outre, une base fiscale européenne commune crédibiliserait l’émission d’obligations européennes.

Joseph Stiglitz en entretien avec des journalistes de la presse internationale, en juillet 2015. GUIA BESANA POUR LE MONDE

Joseph Stiglitz en entretien avec des journalistes de la presse internationale, en juillet 2015. GUIA BESANA POUR LE MONDE

Q : Émettre des obligations européennes à l’heure où les gouvernements peinent à se faire confiance semble utopique…

L’argument du manque de confiance entre pays est une misérable excuse. Il est parfaitement possible d’émettre de la dette en commun tout en instaurant des règles qui limitent les excès et assurent la bonne gestion des finances publiques des membres.

Q : Quel est le problème avec la Banque centrale européenne (BCE) ?

Son mandat, à savoir assurer que l’inflation se rapproche de la cible de 2 %, est trop étroit. Il a conduit à de grossières erreurs, comme celle d’avoir relevé le taux directeur en 2011, en plein cœur de la crise. La mission de la BCE devrait être élargie à la croissance et à l’emploi, avec une grande flexibilité selon les périodes. Aujourd’hui, la priorité devrait être la baisse du chômage.

Q : Vous évoquez la possibilité d’un « divorce à l’amiable » entre pays membres. Comment se déroulerait-il ?

Si elle est organisée, une sortie de la zone euro par l’un des pays membres pourrait se passer dans de bonnes conditions. Plusieurs cas de figure sont possibles. Si l’Allemagne sortait, la valeur de l’euro pour les autres pays membres baisserait automatiquement, ce qui soutiendrait leurs exportations. L’Allemagne, elle, profiterait d’une monnaie plus forte, ce qui allégerait le poids de sa dette, toujours libellée en euros. « L’exemple de l’Argentine montre à quel point un pays libéré du fardeau de la dette (...) peut prospérer économiquement. » Si un pays tel que la Grèce sortait, il verrait automatiquement la valeur de sa devise s’effondrer – ce qui regonflerait sa compétitivité. En revanche, le poids de sa dette publique, toujours en euros, s’envolerait. Une restructuration de celle-ci serait donc inévitable : si elle est bien négociée, cela se déroulerait sans difficulté majeure. L’exemple de l’Argentine montre à quel point un pays libéré du fardeau de la dette, retrouvant au passage la pleine maîtrise de son taux de change, peut prospérer économiquement.

Q : Mais l’Argentine est aujourd’hui en plein marasme !

Après 2002, lorsque Buenos Aires a fait faillite et est reparti de zéro, le pays a enregistré une croissance forte, de 8 % par an, jusqu’en 2008. Les difficultés actuelles du pays sont liées aux erreurs de pilotage économique qui ont suivi.

Q : Un pays quittant la monnaie unique ne serait-il pas immédiatement attaqué par les spéculateurs ?

La zone euro vit déjà sous la menace permanente des spéculateurs. Si le non l’emportait au référendum italien sur la réforme constitutionnelle, organisé cet automne, par exemple, les spéculateurs s’en prendraient probablement aux banques du pays, très fragiles. Mais il existe des outils pour se protéger de telles attaques, comme le contrôle des capitaux. L’Islande y a eu recours en 2008 pour protéger sa devise, et son économie se porte aujourd’hui très bien. « L’adoption d’une monnaie électronique (...) faciliterait le suivi des transactions financières. Le cash est tellement XXee siècle !  »

Q : Vous suggérez qu’en cas de sortie de l’euro la Grèce adopte une monnaie électronique. Comment faire, dans ce pays où le cash est roi ?

Le cash est tellement XXe siècle ! Dans certains pays, notamment dans le nord de l’Europe, il a déjà quasiment disparu. Les particuliers utilisent le paiement sans contact, les entreprises font des virements… En la matière, les habitudes changent vite. L’adoption d’une monnaie électronique en Grèce, comme dans toute l’Europe, faciliterait le suivi des transactions financières. Elle limiterait les possibilités de fraude et d’évasion fiscale.

Q : En matière de divorce, le Brexit constitue un premier test. Comment gérer correctement une sortie britannique de l’Union européenne ?

Le risque serait de vouloir rendre la séparation très douloureuse pour le Royaume-Uni, afin que l’exemple britannique serve de repoussoir aux autres pays membres tentés par une sortie. Cela signifierait que le ciment de l’Union européenne est la peur plutôt que la solidarité. Ce serait un très mauvais signal. Les dirigeants européens devront trouver une nouvelle forme d’intégration économique avec les Britanniques, qui correspondra aux exigences de chacun et profitera à tous. Dans le cas contraire, tout le monde sera perdant.

Q : Outre le divorce à l’amiable, vous évoquez la possibilité d’un « euro flexible ». Comment fonctionnerait-il ?

L’idée serait de faire une pause au sein de l’union monétaire, afin de prendre le temps d’instaurer les réformes assurant la viabilité de la monnaie unique. D’ici là, deux, trois ou quatre groupes de pays homogènes se créeraient au sein de la zone euro, utilisant un euro différent, avec un taux de change différent. Une fois les réformes adoptées, ils retrouveraient la même monnaie, mais cette fois dans des conditions assurant la prospérité de tous.

Q : Cela ne résoudrait pas tous les problèmes de la zone euro, tels que les excédents courants ou le manque d’investissement de l’Allemagne, souvent pointés du doigt comme une source de déséquilibre. Que faire ?

L’excédent courant allemand signifie qu’en face, un ou plusieurs pays enregistrent un déficit, et c’est une mauvaise chose pour tout le monde. Instaurer une taxe sur les excédents serait une façon d’inciter Berlin à agir en la matière.

Q : Début août, vous avez quitté le comité de transparence du Panama, créé par le pays pour rendre son système financier plus transparent après le scandale des « Panama Papers ». Pourquoi ?

C’est très simple. Moi et l’expert anti-corruption, Mark Pieth, avions demandé une chose au gouvernement panaméen, à savoir que nos rapports d’enquête sur le système financier du pays soient rendus publics. Le gouvernement a refusé. Nous avons donc démissionné. Je doute que la volonté de transparence du président panaméen soit aussi solide qu’il ne l’affiche.