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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 12:00

Entretien avec Giannis Tsironis du 4 juillet 2015, par Marie Astier pour Reporterre.

Alors que la Grèce joue son destin, et celui de l’Europe, dans le référendum du dimanche 5 juillet, le ministre grec de l’Environnement explique pourquoi le plan de la Troïka est insupportable. Il souligne son lourd impact environnemental.

Giannis Tsironis

Reporterre - Le gouvernement grec appelle à voter « non » à ce référendum : pensez-vous que le peuple grec vous suivra ?

Giannis Tsironis - Je suis optimiste, les gens vont comprendre que ce dimanche, on ne vote pas pour ou contre le maintien de la Grèce dans la zone Euro et que d’ailleurs, le meilleur moyen d’y rester, c’est de voter non.

Pourquoi ?

Parce que si le « oui » gagne, il est certain que l’économie grecque ne pourra pas supporter toutes ces folles mesures que Bruxelles tente de lui imposer. Tous ces plans n’ont pas seulement détruit notre économie, mais celle de toute l’Union Européenne. Neuf pays pays de la zone euro, comme la France, la Belgique, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, ou encore Chypre ont des dettes publiques qui dépassent 100 % de leur PIB (produit intérieur brut).

Cela montre que cette vision de l’Europe n’est pas soutenable, nous devons tous faire un virage à 180 degrés pour corriger nos erreurs. Toutes les autres puissances économiques mondiales ont surmonté la crise de 2008, sauf la zone euro ! Cela veut dire que tous les mémorandums [Les séries de mesures d’austérités imposées par la Troïka en échange de plans d’aide - NDLR] vont contre un développement durable de notre économie.

Si le « oui » l’emporte, votre gouvernement devra-t-il démissionner ?

Le sort du gouvernement n’est pas forcément lié au résultat du référendum. Quel que soit le résultat, nous devrons le respecter, et nous devrons renégocier avec les institutions européennes. Bien sûr, nous croyons que si le « non » l’emporte avec beaucoup d’avance, les négociations aboutiront à un meilleur résultat. Si le « oui » l’emporte, nous respecterons la décision des citoyens grecs et nous devrons négocier dans le cadre qui nous a été imposé par la Commission et la Banque centrale européenne.

Enfin, si ces négociations échouent, là, nous devrons réfléchir à ce que nous faisons.

Pensez-vous vraiment que votre gouvernement obtiendra une restructuration de la dette grecque ?

Nos créanciers sont obligés d’accepter une restructuration. Car s’ils ne le font pas, la dette ne pourra jamais être remboursée. Quand les mémorandums ont commencé, notre dette représentait environ 130 % de notre PIB. Désormais, elle atteint 180 %. Il est hors de question de supporter une telle dette.

Il est certain que nous devons faire de sérieuses réformes pour faire croître notre PIB, et avoir ainsi la capacité de rembourser notre dette. Mais en cinq ans, notre PIB a diminué de 25 %. Le fait que nous ne remboursions pas notre dette n’est pas une décision politique : la réalité est qu’il nous est impossible de le faire.

Vous fustigez les mesures d’austérité imposées depuis cinq ans à la Grèce. Quelles ont été leurs conséquences environnementales ?

Cela a été catastrophique. D’abord, les employés de mon ministère ont tous été renvoyés ou mis à la retraite, et n’ont pas été remplacés. Cela veut dire que les personnes chargées de la protection de l’environnement et de la biodiversité et celles qui s’occupent de la planification urbaine et rurale sont tellement peu nombreuses qu’on ne peut plus travailler.

Dans le même temps, les gouvernements précédents, en accord avec les mémorandums, ont vendu nos côtes, des forêts et des aires naturelles protégées à de gros investisseurs privés, ce qui a été désastreux en terme de protection de la nature.

Le site d’Hellenikon, une ancienne base militaire et un aéroport abandonné bradés par l’État à un grand groupe de tourisme.

La vente de ces espaces naturels a-t-elle permis à la Grèce de rembourser une partie de sa dette ?

Non, parce qu’ils n’ont pas été vendus au prix du marché, ils ont été offerts pour quasiment rien à des investisseurs privés. En cinq ans, cela a permis de récupérer moins de dix milliards d’euros [alors que l’objectif avait été fixé à 50 milliards d’euros - NDLR], donc autant dire zéro.

Reporterre est allé en Grèce, notamment pour enquêter sur la vente de ces aires protégées, ou encore pour un reportage sur le projet de mine d’or à Skouries. Voici ce que l’un des opposants à ce dernier projet nous a confié, en parlant des investisseurs étrangers : « Ils traitent la Grèce comme un pays du tiers monde. Vous n’avez plus de ressources humaines, vous n’avez plus d’industrie, alors il vous reste vos ressources naturelles... » Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?

Je ne crois pas que nous soyons déjà un pays du Tiers monde. Mais si les mémorandums continuent, oui, c’est ce que nous risquons de devenir. Nous serions un pays du Tiers monde au sein de L’Union Européenne, et ce serait un gros problème pour tout le monde, car il n’y a pas de frontières entre nos pays.

La mine de Skouries en janvier 2015

Avez-vous pris une décision, concernant ce projet de mine d’or dans le Nord de la Grèce, dans la forêt de Skouries ?

Nous menons de sérieuses investigations et discussions sur ce sujet. Mais je ne peux pas vous en parler avant que la décision ne soit prise, dans quelques semaines. Car cela concerne une multinationale, et toute déclaration de ma part sur ce sujet pourrait avoir une influence sur son cours de bourse.

Le tourisme est le secteur économique qui fonctionne en ce moment en Grèce, un nombre record de visiteurs est attendu cet été. Comment concilier cela avec la protection de l’environnement ?

Nous aimerions définir des plans urbains et ruraux, avec des zones clairement définies : celles qui sont protégées, où l’on peut faire de l’écotourisme, les zones industrielles, les zones proprement touristiques, etc.

Mais malheureusement, actuellement ce n’est pas ce que nous avons… Le constructions se développent de façon anarchique. Le problème n’est pas le développement du tourisme, mais le développement des constructions en dehors de toute planification.

Pour finir, beaucoup de médias disent que si le « Non » gagne, ce sera le chaos, on ne sait pas ce qui arriver… Qu’en pensez-vous ?

Les propositions faites par nos créanciers sont horribles, ils n’ont rien à proposer pour vendre le « oui » aux électeurs. Leur seule arme est la peur. Mais ils doivent comprendre qu’un tiers de la population n’a plus de travail, les Grecs n’ont plus les moyens d’avoir peur. C’est la peur qui nous a conduits dans cette situation. Ces gens qui imposent les mémorandums vendent de la peur et sont en train de détruire l’Europe.

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