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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 07:20

Le pire est d'insulter les Allemands. Des hommes politiques, notamment de la gauche de la gauche en France, le font et adorent ça, allant jusqu'à en publier des livres sordides. Par contre, critiquer sévèrement la politique européenne de l'Allemagne apporte davantage au débat et à la connaissance de ce pays, de son histoire et de celle l'Europe. C'est ce que nous livre Joschka Fischer, ancien ministre écolo des Affaires étrangères d'Allemagne, dans sa tribune du 26 juillet dernier parue dans le quotidien allemand, Süddeutsche Zeitung, dont en voici la traduction.

 

Crise grecque - Décision fatale pour une Europe allemande

 

Merkel et Schäuble ont négocié sans compromis à Bruxelles, l'Allemagne était à leurs yeux plus importante que l'Europe. Une grande idée pourrait donc échouer à jamais.

Par Joschka Fischer

La nuit du 12 au 13 Juillet 2015, l'Union Européenne a fondamentalement changé. Au cours de cette longue nuit de négociations à Bruxelles, quelque chose s'est cassé au coeur de l'Union européenne, ce qui a fondamentalement transformé la nature de la Communauté. Aujourd'hui, deux semaines plus tard, nous nous trouvons devant une autre Europe. Qu'est-il arrivé?

L'Allemagne, telle que nous la connaissons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, s'est fondamentalement transformée cette nuit-là, que cela soit son rôle ou sa définition d'elle-même en Europe et pour l'Europe. Il s'agissait, au premier plan, de la crise en Grèce; il fallait empêcher que la Grèce sorte de l'euro et que cela aboutisse à un grexit chaotique avec des conséquences fatales pour le pays et la zone euro. Parallèlement - ce qui est pratiquement encore plus important - il s'agissait du rôle du pays le plus peuplé et le plus puissant économiquement au centre de l'Europe, à savoir l'Allemagne.

L'Allemagne a travaillé dur pour avoir la confiance de l'Europe

La renaissance du pays après la barbarie de l'époque nazie repose sur plusieurs principes qui ont rétabli la confiance en l’Allemagne, dans la mesure où ceux qui étaient ses ennemis et ses victimes ont approuvé sa réunification en 1989, preuve de confiance sans précédent. En politique intérieure, l'Allemagne s'est développée avec succès en une démocratie stable, à laquelle s'est ajoutée la réussite économique sur la base d'un État-providence fort. La volonté de l'Allemagne de faire pleinement face à son passé nazi, en lien avec un profond scepticisme pour tout ce qui est militaire, a par ailleurs contribué de façon décisive à créer la confiance.

En politique étrangère, deux facteurs furent décisifs pour créer cette confiance: l'intégration occidentale et l'européanisation du pays. La « puissance au centre » de l'Europe ne devait plus jamais être une menace pour le continent et pour elle-même. A la différence de 1919 avec le traité de Versailles, l'Allemagne après 1945 ne devait plus être ni isolée, ni affaiblie économiquement, mais plutôt protégée militairement et solidement ancrée politiquement par le biais de son intégration à l'Ouest.

Encore plus: La force économique de la puissance centrale européenne devait, dans le cadre de la réconciliation avec la France, ancien "ennemi héréditaire", introduire ces deux facteurs dans un marché commun européen avec la perspective d'une union politique de l'Europe. En Allemagne, on aime aujourd'hui qualifier cela encore de "romantique" ou de "pathos de l'idéal européen" et on croit que c'est aujourd'hui dépassé. Désormais, il s'agit aussi en Allemagne concernant la question de l'Europe d'intérêts nationaux durs, comme c’est le cas également pour les autres questions.

"L'Allemand monstrueux" est-il de retour?

Quelle erreur! La question, quel chemin prendra l'Allemagne réunifiée au XXIe siècle - vers une Allemagne européenne ou une Europe allemande - est loin d'être une question de pathos ou même de romantisme politique, mais c'est la question fondamentale très dure, de realpolitik, voire historique pour toute politique étrangère allemande par excellence. Et c'est récemment au cours de cette longue nuit de Bruxelles que cette question a été tranchée au détriment de l'Allemagne européenne et au profit de l'Europe allemande, une décision fatale pour l'Allemagne et l'Europe. Angela Merkel et Wolfgang Schäuble savaient-ils ce qu'ils faisaient?

On pourrait en Allemagne dépeindre le monde sous le meilleur jour possible, seulement si on rejette la critique virulente déployée envers ce pays et ses acteurs en tant que propagande anti-allemande. Certes, il y a aussi cette critique, mais le cœur de la critique exprime un sens aigu pour cette rupture historique dans la politique allemande en matière d'Europe, qui a eu lieu à Bruxelles dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015.

Pour la première fois, l'Allemagne ne voulait pas davantage d'Europe, mais moins d'Europe, ce qui signifie en langage clair: la transformation de la zone euro, d'un projet européen en quasiment une zone d'influence allemande. On pourrait dire que c'est la forme spécifiquement allemande de "renationalisation en habit européen". Cette nuit-là, on assistait à la menace d'un grave conflit avec la France et l'Italie. La chancelière devait se décider entre son ministre des finances et la France.

Pour Schäuble, le Grexit reste sur la table

Un pays membre de l'euro devait être exposé à une pression massive pour quitter "volontairement" l'euro. L'alternative à l'instigation du gouvernement allemand pour la Grèce signifiait : soit la sortie de l'euro, soit accepter un programme, qui faisait du pays de fait un protectorat européen sans perspectives de reprise économique. On prescrit à la Grèce une recette qui n'a pas non plus fonctionné dans le passé et qui était principalement pensée pour la politique intérieure allemande et non pour la Grèce en difficulté.

Le conflit massif avec la deuxième et troisième économie de la zone euro est maintenant loin d'être éliminé, car pour Schäuble, le Grexit est toujours sur la table. Il veut faire de la réduction de la dette pour la Grèce un levier pour la réalisation de son idée d'un Grexit "volontaire". L'attitude du ministre allemand soulève la question fondamentale de la relation entre le sud latin et le nord de l'Europe avec une fermeté qui accable la zone euro. Croire que l'euro pourrait servir à rééduquer économiquement quasiment le Sud, s'avère être une erreur dangereuse, non seulement pour la Grèce, mais pour l'ensemble du projet européen, qui s'est construit sur la diversité et la solidarité.

C'est avant tout l'Allemagne qui a profité de l'unification européenne

L'Allemagne est non seulement matériellement, mais aussi politiquement, la grande gagnante de l'unification européenne. Il suffit de comparer l'histoire de l'Allemagne de la première moitié et de la seconde moitié du XXe siècle. Malheureusement, la création du premier Etat national allemand n'a pas eu lieu au XVIIIe siècle, siècle des Lumières, mais au XIXe, à l'époque suprême du nationalisme sous les signes avant-coureur de la Prusse. L'armée et le nationalisme étaient essentiellement liés à la puissance allemande.

La puissance allemande n'a jamais disposé d'une idée civilisationnelle qui dépassait sa seule puissance, comme ce fut le cas le cas en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. La création du deuxième Etat national allemand en 1989 repose sur une orientation occidentale irrévocable et sur l'européanisation du pays. C'est précisément l'européanisation de la politique allemande qui a rempli et comblé ce vide civilisationnel. Laisser s'éroder ces fondements, serait une folie sans pareil pour l'Allemagne et l'Europe et "l'Allemand monstrueux" serait de retour.

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Published by Vert Lilas - dans Europe
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