Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 12:51

Dans l’Oklahoma, le gaz de schiste provoque des séismes à répétition

in Le Monde, le 15 janvier 2016, par Stéphane Bussard (du journal Le Temps, Suisse)

Dans l’Oklahoma, l'exploitation des gaz de schiste grâce à la technique de fracturation hydraulique a provoqué une explosion du nombre de séismes.

Pour les habitants de l’Oklahoma, c’est presque devenu une routine. La terre tremble régulièrement. Le 6 janvier, deux séismes d’une magnitude de 4,7 et 4,8 ont secoué la région septentrionale de cet État du centre des États-Unis. Les dégâts ont été mineurs mais ont néanmoins alerté les autorités locales. L’une des secousses, au début d’octobre 2015, a eu lieu à proximité de la ville de Cushing, qui abrite un énorme complexe de stockage de brut contenant jusqu’à 60 millions de barils d’or noir et considéré comme une infrastructure stratégique nationale. En 2015, l’Oklahoma a recensé plus de 900 tremblements de terre d’une magnitude proche de 3, soit deux et demi par jour.

Pression de sociétés pétrolières

Pour 2016, les prédictions ne sont pas meilleures. Selon le National Earth­quake Information Center de Golden, dans le Colorado, la barre des mille séismes devrait être franchie. La région centrale du pays n’avait enregistré que 21 séismes de magnitude 3 et plus entre 1973 et 2008. Depuis 2008, l’augmentation du nombre de tremblements de terre est exponentielle. La cause de cette forte activité sismique est, à en croire une majorité de scientifiques, la fracturation hydraulique des formations de gaz et pétrole de schiste et la multiplication des sites de forage – même si, en 2011, des failles parcourant l’État du nord-est au sud-ouest ont été à l’origine du plus puissant séisme que l’État ait connu (5,7).

Depuis 2008, l’Oklahoma, à l’image des États-Unis, connaît un boom pétrolier grâce à la révolution de l’hydrofracturation. Il a grandement bénéficié des retombées fiscales qui en découlent, même si aujourd’hui il souffre du bas prix du baril de pétrole. Le secteur pétrolier représente 20 % des emplois de l’État et deux tiers des emplois créés depuis 2010 lui sont attribuables.

La fracturation hydraulique des schistes s’accompagne toutefois d’effets secondaires. Des volumes considérables d’eaux usées et de produits chimiques utilisés pour les forages sont réinjectés dans les formations de schiste, car pour l’heure l’industrie n’a pas trouvé d’alternative à ces dépôts « sauvages ». En­­tre 2009 et 2014, les volumes utilisés dans la région, en particulier dans la formation de schiste du Precambrian Basement Rock, ont augmenté de 140 %, selon l’International Business Times, passant de 68 milliards à 162 milliards de litres. Pour les sismologues, cela ne fait au­­cun doute, la fracturation hy­­drau­­lique, qui nécessite parfois dix barils d’eau pour chaque baril de pétrole produit, est directement en cause. Les volumes d’eau injectés peuvent avoir pour effet de soulever des plaques près de failles au lieu de les rapprocher, explique l’US Geological Survey.

Les autorités politiques ont été très lentes à réagir. La gouverneure de l’État, la républicaine Mary Fallin, a tout d’abord nié le problème avant de se rendre à l’évidence au vu du nombre croissant de preuves scientifiques. Selon Bloomberg, l’Oklahoma Geological Survey, une instance scientifique, a subi des pressions de la part des sociétés pétrolières pour ne pas établir de liens entre l’hydrofracturation et les séismes et a longtemps affirmé que les secousses étaient un phénomène naturel. Le régulateur du secteur, l’Oklahoma Corporation Commission, n’a pas fait preuve d’une grande indépendance non plus, se contentant de réduire le nombre de nouveaux puits de forage pour répondre à une montée de la colère de la population. Le régulateur et la gouverneure se sont souvent renvoyé la balle. Puis, le régulateur a fini par inviter les sociétés pétrolières à réduire sur une base volontaire les volumes d’eau réinjectés dans le sol, tandis que l’Oklahoma Geological Survey a reconnu que la fracturation hydraulique était « très probablement » la cause des séismes.

Cité par le New York Times, Daniel Mnamara, géophysicien au National Earthquake Information Center, est catégorique quant aux risques futurs : « Il y a une forte chance que l’Oklahoma soit confronté à une forte secousse. » Les spécialistes pensent en particulier à la faille Edmond, longue de 20 km. Pour l’État et plus largement pour les États-Unis, les conséquences pourraient être considérables. Si le complexe de stockage de brut de Cushing devait être endommagé au même titre que le vaste réseau d’oléoducs, c’est toute la chaîne d’approvisionnement du pétrole qui pourrait être perturbée.

Les grandes citernes de cette petite ville de l’Oklahoma servent à stocker le pétrole en provenance de la formation géologique des Bakken, dans le Dakota du Nord, avant qu’il ne soit acheminé vers les raffineries installées le long du golfe du Mexique. Récemment, l’Oklahoma Corporation Commission a tout de même exigé que plusieurs puits dans un rayon de dix kilomètres autour du complexe de Cushing soient fermés.

L’Oklahoma n’est pas le seul État touché par des séismes induits par l’activité pétrolière et gazière. La Californie, le Dakota du Nord ainsi que le Texas connaissent le même type de phénomène. Dans certaines régions du Texas, des pétitions demandant l’arrêt du « fracking » ont été signées.

-------------

Au Canada, des séismes quotidiens dans une région de fracturation hydraulique

Pour Le Temps, le 16 janvier 2016, http://www.letemps.ch/sciences/2016/01/16/canada-seismes-quotidiens-une-region-fracturation-hydraulique

La multiplication des sites de forage et les énormes volumes d’eau injectés dans le sol par la fracturation hydraulique provoquent près d'un séisme par jour

Une secousse sismique est enregistrée en moyenne chaque jour dans une région de l'Alberta, dans l'ouest du Canada, où des sociétés exploitent le pétrole par la fracturation hydraulique, selon les statistiques de l'Agence de réglementation de l'énergie de l'Alberta (AER).

Cette agence a relevé vendredi, depuis le 15 janvier l'an dernier, 363 secousses autour de Fox Creek, une petite bourgade de 2000 habitants à 260 km au nord-ouest d'Edmonton. Certains jours, l'activité sismique est plus importante avec, par exemple, un record de 18 séismes enregistrés le 11 septembre dernier, selon les relevés de l'AER.

Mardi, une secousse de magnitude de 4,8 sur l'échelle de Richter a été enregistrée sur un champ pétrolier de la compagnie espagnole Repsol à 30 km à l'ouest de Fox Creek.

«Au moment de l'incident, la compagnie menait des opérations de fracturation hydraulique sur le site», a indiqué Repsol dans un communiqué en annonçant la suspension de son exploitation sur ce site.

Sables bitumineux

La technique de fracturation hydraulique consiste à injecter un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques à très haute pression dans le sol pour briser des couches rocheuses et libérer le pétrole ou le gaz. Ce procédé est largement répandu aux Etats-Unis et au Canada.

L'AER n'a pas confirmé le lien entre l'incident mardi et les opérations de fracturation hydraulique menées par Repsol et d'autres sociétés pétrolières.

«Il y avait des opérations de fracturation hydraulique dans la région au moment où le tremblement de terre est survenu», a confirmé à l'AFP Carrie Rosa, porte-parole de l'AER.

Avec une activité sismique, même légère, dans cette région de Fox Creek depuis plusieurs années «possiblement liée à la fracturation hydraulique», selon l'AER, les entreprises pétrolières de la province albertaine ont l'obligation de cesser immédiatement leur exploitation en cas de secousse supérieure à une magnitude de 4.

Les nappes phréatiques polluées

La municipalité de Fox Creek alerte les autorités politiques et les pétroliers depuis plusieurs mois sur les impacts environnementaux de l'exploitation des sables bitumineux à grande échelle.

«L'industrie et le gouvernement provincial ferment les yeux sur ce qui se passe dans notre région», a écrit Jim Ahn, le maire de Fox Creek, à l'AER.

Les sociétés pompent «l'eau de nos rivières et de nos lacs à un rythme que nous pensons bien supérieur à leur capacité de réapprovisionnement naturel», selon le courrier du maire obtenu par l'AFP.

Le maire dénonce par ailleurs la pollution des nappes phréatiques et, régulièrement, l'impossibilité de consommer l'eau du robinet. «En 2015, nous avons dû acheminer de l'eau potable (...) à nos résidents pour un budget de plus de 300 000 dollars», soit environ 150 dollars par habitant.

L'Agence de réglementation de l'énergie de l'Alberta ne veut pas lier nécessairement l'activité sismique et la fracturation hydraulique, mais «c'est quelque chose sur quoi nous enquêtons», a indiqué la porte-parole de l'AER. Sur la forte secousse mardi aux installations de Repsol, «nous ne pouvons pas confirmer qu'elle était due à la fracturation mais c'est quelques chose que nous regardons de près», a expliqué Carrie Rosa.

Repsol a indiqué vendredi «travailler avec l'AER pour analyser les données de ce séisme et il n'y a pas de calendrier pour la reprise des opérations sur ce site».

La commission de réglementation de l'industrie pétrolière et gazière de la Colombie-Britannique avait fait le lien, l'été dernier, avec un séisme de magnitude 4,4 en août 2014 au nord-est de cette province voisine de l'Alberta. Cette commission avait alors expliqué que la secousse «avait été provoquée par l'injection de fluides pendant la fracturation hydraulique».

Cette technologie a également été mise en cause par le service géologique américain (USGS) dans la multiplication des secousses sismiques enregistrées ces dernières années dans le centre des États-Unis.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet