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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 12:04

Par Martine Valo pour Le Monde le 29 août 2016.

Une truie et ses porcelets dans un élevage porcin de Ploeour-Lanvern (Finistère), le 11 août 2015. FRED TANNEAU / AFP

Landunvez, la cité bretonne, s’enorgueillit de ses plages de sable doré. Typique de ce littoral encore préservé du Finistère nord, elle a tout ce qu’il faut pour plaire : vieux château, menhir, dolmen, chapelles et un petit port de plaisance. Voilà pour son côté face.

Côté pile, la commune a gardé sa vocation agricole. Et dans le bourg, les tensions montent autour d’un élevage industriel de porcs, l’une des plus grandes usines à cochons de la région sur le point de s’agrandir – encore – pour atteindre une production de 26 000 porcs par an.

Cette fois, les riverains se rebiffent. Le 1er août, deux associations ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Rennes, afin d’obtenir l’annulation de l’autorisation préfectorale délivrée le 1er avril à la société Avel Vor.

22 200 tonnes de lisier par an

Les protestataires dénoncent une étude d’impact insuffisante mais leurs griefs tiennent en un mot : trop. Trop d’odeurs, trop de lisier (22 200 tonnes par an annoncées), trop d’algues vertes dans le port de plaisance, d’eaux marron non identifiées ruisselant vers la mer, de tracteurs et d’épandage, d’azote dans une zone déjà en excédent structurel, d’ammoniac, de poussières.

Ils pâtissent déjà de ces nuisances du fait de cette exploitation de bientôt 18 000 mètres carrés surplombée de quatre silos et qui a déjà beaucoup grossi en 2013. Le tout à 250 mètres de l’école et à 1,5 kilomètre de la mer.

Qu’en sera-t-il avec la nouvelle configuration qui va faire passer le nombre d’emplacements de 675 à 850 pour les truies, de 5 360 à 8 700 pour les porcs à l’engraissement et de 3 200 à 4 200 pour les porcelets ? De quoi concentrer 13 750 têtes à la fois sur un seul site, sans compter le millier de cochons logés par le même propriétaire dans deux autres installations à Landunvez toujours.

Les craintes des habitants sont d’autant plus vives que le projet ne s’accompagne pas d’une unité de méthanisation, jugée « pas rentable » par l’exploitant, mais d’une seconde lagune de stockage de lisier de 7 000 mètres cubes.

« Des tensions ? Il y a toujours des gens pour et des gens contre, élude le maire (sans étiquette) Jean Héliès. De toute façon, l’extension est presque terminée et le préfet a dit oui. Je n’ai aucune raison de remettre en cause l’avis de gens plus compétents que moi et d’assassiner ceux qui travaillent ! »

Malgré trois alertes aux bactéries fécales qui l’ont conduit à fermer les plages plusieurs fois cet été, l’élu assure que tout va bien. « Il y a moins d’algues vertes qu’il y a sept-huit ans » et « il n’y a jamais eu autant de touristes », affirme-t-il. Il lie ce mouvement d’humeur à la présidente de l’association Avenir et environnement en pays d’Iroise (AEPI), Anne Bertrand, « qui avait été battue aux élections municipales ».

2 000 signatures pour 1 500 habitants

Pas sûr que la polémique relève de la chronique clochemerlesque. La pétition lancée par l’AEPI contre l’agrandissement de la porcherie Arvel Vor a rapidement recueilli 2 000 signatures, soit davantage que les 1 500 habitants de la commune. La respectée association Eau et rivières de Bretagne a apporté son soutien et son expertise dans le dépôt du recours. « D’autres riverains m’ont contacté pour se joindre à notre démarche », confie l’avocat Sébastien Le Briéro, qui défend les deux associations.

Le 28 juillet, Anne Bertrand avait convoqué une assemblée générale. Elle ne s’attendait pas à ce que le dirigeant d’Avel Vor, Philippe Bizien en personne, s’y invite, avec une vingtaine d’éleveurs. « Je ne pouvais pas faire évacuer la salle, je ne suis plus au tribunal », sourit cette magistrate à la retraite.

Mais elle ne s’est pas laissée démonter et, « malgré les ricanements », a exposé sa vision du dossier jusqu’à ce que Philippe Bizien intervienne. Supputant des relents de « lutte des classes » autour de ses élevages, il a prévenu ses adversaires : « L’argent que je perdrai, j’irai le chercher. »

Produire toujours plus

Philippe Bizien, qui n’a pas voulu répondre aux sollicitations du Monde, est une personnalité de la filière porc. Il compte plusieurs maires de Landunvez parmi ses ancêtres. Il détient surtout de nombreuses responsabilités professionnelles. Président du Comité régional porcin, il est aussi vice-président d’Aveltis – un groupement qui vend trois millions de porcs charcutiers par an pour un chiffre d’affaires de 440 millions d’euros en 2015 –, et siège à l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne.

En Bretagne, la concentration de porcs ne semble pas inquiéter les élus. En 2016, la région a débloqué une enveloppe de 50 millions d’euros sur cinq ans pour aider les éleveurs, en particulier pour construire et rénover leurs bâtiments, soit une enveloppe de 180 millions d’euros en comptant les subsides de l’Etat, selon les comptes du vice-président du conseil régional, Olivier Allain.

Il s’agissait de lancer « un signal fort aux éleveurs qui veulent aller de l’avant », déclarait en mai dans une revue professionnelle, Réussir porc, cet ex-responsable de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles et de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, élu à la région sur la liste socialiste. Un appel à produire toujours plus malgré un marché en berne, concentré entre de moins en moins de mains : la moitié des éleveurs détenaient plus de 99 % du cheptel français en 2010.

« Pas sous les vents dominants »

Le message a été reçu à Landunvez. Mais le projet d’usine à cochons a été diversement apprécié par les différents services de l’Etat. Tandis que l’autorité environnementale s’interrogeait sur les impacts « d’une concentration de porcs aussi importante », notamment de la « gêne ressentie par les riverains », et des conséquences sur la qualité de l’eau, le commissaire enquêteur s’inquiétait, lui, de trouver dans une bande de 100 mètres à 300 mètres autour de l’élevage industriel « un lotissement, une école, une salle de sport ». Témoignant qu’il n’avait reçu que des points de vue critiques lors de son enquête, il a lui-même rendu un avis négatif.

De son côté, la direction départementale de la protection des populations du Finistère délivrait, en février, un satisfecit à ce projet. Aucun problème d’odeur par exemple, vu que « les habitations à proximité ne sont pas sous les vents dominants ». Pas de difficultés non plus avec les retombées d’azote ammoniacal, car « il n’existe pas de milieux naturels sensibles dans un rayon de 1 000 mètres ». Juste la quasi-totalité du bourg et la mer d’Iroise au bout.

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