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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 16:55

Alors que les économistes "classiques" Pierre Cahuc et André Zylberberg ont publié "Le négationisme économique et comment s'en débarrasser", nouvelle manoeuvre pour décrédibiliser les économistes critiques et à plus forte raison les "économistes atterrés", voilà un rappel historique utile !

Par Bruno Amable, Professeur à l'université de Genève le 26 septembre 2016 pour Libération

C’est au moment de la «révolution conservatrice» aux Etats-Unis, que le système de représentation économique, qui règne aujourd’hui sans partage, a supplanté la macro-économie keynésienne.

Le débat sur la pertinence (défaillante) de la théorie dominante en macroéconomie connaît un nouvel épisode avec la publication récente d’un papier de Paul Romer. Celui qui sera bientôt le chief economist de la Banque Mondiale considère que la macroéconomie a régressé depuis au moins trois décennies, avec la domination quasi-exclusive de la modélisation dite «DSGE» (dynamic stochastic general equilibrium).

Cette dernière s’est développée à partir du modèle de croissance néoclassique, qui repose sur l’hypothèse d’une concurrence parfaite dans tous les marchés ; modèle auquel on a ajouté des «chocs» aléatoires de productivité pour tenter d’obtenir des fluctuations (les cycles dits «réels») proches des variations observables de l’activité. Des éléments supplémentaires ont ensuite enrichi la spécification de base : monnaie, concurrence imparfaite, rigidité des prix, etc.

Mais l’ajout de divers éléments censés apporter du réalisme et de la pertinence ne doit pas dissimuler que les bases de ces modèles sont profondément irréalistes. Les fameux «fondements microéconomiques» supposés établir la supériorité des modèles DSGE sur leurs prédécesseurs inspirés de la théorie keynésienne ne sont que l’extension à l’économie entière du comportement supposé parfaitement rationnel d’un individu isolé. On sait d’une part que cette hypothèse est irréaliste à l’échelle individuelle et que d’autre part, même si elle était vérifiée, une société composée d’individus se comportant ainsi ne se comporterait pas en général comme un individu soi-disant «représentatif».

L’utilisation pratique de ces modèles soulève aussi des problèmes. La prise en compte de variables supposées ajouter du réalisme à la spécification ne rend que plus arbitraire encore leur application empirique en vue d’expliquer les évolutions macroéconomiques (PIB, chômage, etc.) observées ou de prévoir les évolutions à venir. Le nombre de paramètres à estimer par des méthodes statistiques est trop grand au regard de l’information disponible, ce qui conduit à imposer des restrictions soi-disant fondées théoriquement à un nombre croissant de ces paramètres. La complexité des modèles fait que des restrictions aux conséquences importantes peuvent être introduites plus ou moins subrepticement par le modélisateur.

Les partisans de cette modélisation admettent son irréalisme mais la défendent par l’argument classique : tous les modèles sont faux. Ils font ainsi une confusion volontaire entre la fausseté résultant des simplifications indispensables à tout exercice de modélisation et celle qui découle de l’incorporation d’éléments en contradiction flagrante avec la réalité observable. Cette macroéconomie est comme une astronomie postulant l’existence d’astres cubiques utilisée pour discuter savamment de l’influence des sommets et des arêtes de la Lune sur les marées.

Alors que la modélisation est supposée permettre de saisir et analyser une réalité inaccessible autrement, la macroéconomie dominante, elle, empêche de voir, et encore plus de comprendre, ce que même un profane pourrait observer. Ce n’est que dans les périodes de crise, alors que se produit un événement imprévu parce qu’inenvisageable dans le cadre théorique concerné, que les critiques les plus radicales contre la représentation orthodoxe peuvent éventuellement se faire entendre.

Il y a peu d’éléments nouveaux dans le débat critique sur la théorie macroéconomique dominante qui s’ouvre à la suite du papier de Romer. Les objections maintes fois soulevées dans le passé n’ont pas eu de conséquences pratiques.

Il y a certainement des raisons politiques derrière le «succès» (au moins académique) de cette macroéconomie. Ce n’est pas une coïncidence si elle a supplanté la traditionnelle macroéconomie keynésienne au moment où s’imposait la «révolution conservatrice» aux États-Unis.

Mais un des intérêts du papier de Romer est la façon dont il explique comment un groupe d’économistes parvenus à s’imposer dans le champ à la faveur de la crise des années 1970 a progressivement éliminé la concurrence d’autres paradigmes par des méthodes associant la collusion, la loyauté à l’égard des membres de la secte, la déférence envers ses gourous, le rejet des hérétiques… La méthode scientifique d’évaluation par les pairs s’est transformée en une pratique d’autovalidation d’une pensée quasi-religieuse. Romer dit aussi pourquoi il se sent libre de rendre public ses critiques : il ne se soucie plus guère de ses perspectives de publications dans les grandes revues du champ.

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