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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 10:23

Le 15 septembre 2016 par martine orange pour Médiapart

Après deux mois d’atermoiements, la première ministre britannique a donné son accord au projet de construction de deux EPR par EDF. Cette décision jette la consternation au sein du groupe et parmi les opposants. Tous redoutent que le projet ne soit fatal à l’électricien public. « Le feuilleton n’est pas terminé », prédit cependant Greenpeace.

 « C’est une catastrophe. » Depuis qu’ils ont appris la décision du gouvernement britannique de valider le projet d’Hinkley Point, ce jeudi 15 septembre, les salariés d’EDF sont comme sonnés. EDF est en danger de mort, à les en croire.

Jusqu’au bout, les multiples opposants, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, en France comme en Grande-Bretagne, avaient espéré que Theresa May allait enterrer ce projet « suicidaire ». Le coup d’arrêt inattendu que la première ministre britannique avait donné fin juillet, quelques heures après son adoption très serrée par le conseil d’administration d’EDF, n’était-il pas le premier signe du retrait ?

Après deux mois de réflexion, Theresa May a finalement donné son feu vert au projet très controversé d’Hinkley Point. Le gouvernement britannique autorise EDF et son partenaire chinois China General Nuclear Power (CGNP) à construire deux EPR d’ici à 2025 pour un coût estimé à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros). Le projet est censé fournir à terme 7 % de l’électricité britannique.

Projet d'Hinkley Point © EDF

Le gouvernement français était particulièrement pressé d’obtenir cette annonce et a, semble-t-il, fortement incité Theresa May à annoncer ses intentions sur Hinkley Point rapidement, en tout cas bien avant la fin septembre, comme la première ministre britannique en avait l’intention à l’origine. Car la construction de deux EPR britanniques par EDF est la première pièce du puzzle imaginé par le gouvernement français pour réorganiser la filière nucléaire française. Ou, pour le dire plus brutalement, cacher sa faillite.

Le 22 septembre, le conseil d’administration d’EDF doit se prononcer sur le rachat d’Areva NP, la branche qui construit les réacteurs nucléaires. Aucun audit sérieux n’a été réalisé sur cette activité, en complète déroute. EDF s’est juste entendu avec le gouvernement pour la reprendre au prix fixé de 2,5 milliards d’euros. Sans Hinkley Point, il aurait été difficile d’en justifier le prix de rachat : Areva NP n’a aucune commande et des montagnes de risques juridiques à venir, à commencer par la cuve de Flamanville. Et l’État a un besoin impératif de l’argent d’EDF pour l’aider à recapitaliser Areva, en faillite. D’où le besoin d’une réponse rapide du gouvernement britannique.

Le principal obstacle soulevé par Theresa May pour donner son accord au projet d’Hinkley Point était la présence du partenaire chinois CGNP aux côtés d’EDF. Celui-ci doit, selon un accord signé en octobre 2015 entre David Cameron et le président chinois Xi Jinping, participer à la construction de deux autres EPR à Sizewell (dans l’est de l’Angleterre) et réaliser seul un autre réacteur de conception entièrement chinoise à Bradwell. Beaucoup soulignaient le danger de laisser des actifs essentiels à la sécurité nationale dans des mains chinoises. La préoccupation existe manifestement jusqu’à Washington : la justice américaine faisait opportunément savoir cet été que le groupe chinois et certains de ses responsables étaient poursuivis pour espionnage. Au cours de l’été, les relations entre Londres et Pékin se sont beaucoup tendues sur le sujet, le gouvernement chinois prenant ombrage des soupçons du gouvernement britannique.

« Après avoir réexaminé le projet d’Hinkley Point, nous allons introduire une série de mesures pour renforcer la sécurité et s’assurer qu’Hinkley Point ne pourra pas changer de main sans l’accord du gouvernement », a expliqué le secrétaire d’État à l’économie, Greg Clark, aux députés britanniques jeudi matin, en leur annonçant le feu vert du gouvernement, qui marque la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Selon ce nouvel accord, EDF ne pourra céder tout ou partie de sa participation dans Hinkley Point sans obtenir l’agrément préalable du gouvernement britannique. Par la suite, le gouvernement britannique entend disposer d’une « golden share » (action préférentielle) dans tous les projets nucléaires, afin de garder un droit de contrôle.

Officiellement, il s’agit de la seule modification dans l’accord signé sur Hinkley Point. En tout cas, c’est la seule qui a été notifiée pour l’instant par le gouvernement britannique. Celui-ci a insisté sur le fait que les termes de l’accord commercial n’étaient pas modifiés : le gouvernement britannique s’engage à racheter l’électricité produite par les deux EPR au prix constant de 92,5 livres (108 euros au cours actuel) le mégawatt pendant trente-cinq ans. Ce qui en fait l’énergie la plus chère par rapport à toutes les autres, renouvelables compris. Il n’est pas sûr pour autant que ce prix de rachat soit suffisant pour rendre rentable le projet. D’autant que l’opacité règne sur ce dossier : EDF peut avoir une garantie de prix, mais sans garantie de volume, cela ne vaut pas grand-chose.

Selon EDF, les modifications demandées par le gouvernement britannique sont « mineures » et ne nécessitent pas de nouvelles négociations. Une façon d’exclure par avance toute nouvelle discussion au sein du conseil d’administration. Le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, souhaite sans nul doute l’éviter. Son conseil est plus divisé que jamais sur le sujet. Après qu’il a caché à l’ensemble des administrateurs l’intention du premier ministre britannique de réexaminer le projet pour leur arracher un vote dans la précipitation, la défiance règne. Cinq administrateurs salariés ont engagé une action en justice pour contester les conditions de ce vote et faire sanctionner la situation de conflits d’intérêts dans laquelle se trouvent plusieurs administrateurs “indépendants”.

Cela ne semble guère embarrasser le président d’EDF : il a le soutien du gouvernement. Dès l’annonce de la décision britannique, Manuel Valls s’est fendu d’un tweet, pour se féliciter de cette « excellente nouvelle pour la filière nucléaire française et pour l'emploi dans l’Hexagone ». De son côté, Michel Sapin soulignait que ce projet était « un indéniable succès pour l’industrie française » et « serait d’un grand apport pour l’emploi en France ». Le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, parvient même en chiffrer déjà l’incidence : au moins 4 500 emplois seraient créés grâce à Hinkley Point. Un argument repris de l’autre côté de la Manche : le gouvernement britannique pense que Hinkley Point va permettre de créer au moins 26 000 emplois.

Les éléments de langage gouvernementaux mettant en avant les performances du nucléaire français et les emplois à venir ont du mal à trouver grâce auprès des opposants au projet. Tous soulignent les dangers encourus par le groupe qui risque, selon eux, de se retrouver piégé dans un projet industriel et financier à hauts risques, sans avoir les moyens de se développer dans les énergies renouvelables en France, de maintenir son parc et d’assurer la sûreté nucléaire. À terme, tous redoutent le démantèlement de l’électricien public.

 « Il est irresponsable d’engloutir des milliards dans ce projet au risque d’entraîner la faillite d’EDF », a réagi Martine Billard, au nom du Parti de gauche. « Au lieu d’investir dans cet exorbitant éléphant blanc, le gouvernement devrait faire tout ce qu’il peut pour soutenir l’éolien offshore, l’efficacité énergétique et les nouvelles technologies innovantes comme le stockage d’énergie », a dit en écho Caroline Lucas, responsable des Verts en Grande-Bretagne.

« Ce n’est pas la fin du feuilleton », assure Greenpeace à Paris comme à Londres. « Hinkley Point ne se fera pas, en raison des lourds risques techniques, légaux et financiers qui pèsent sur ce projet », soutient l’ONG, rappelant notamment les problèmes de la cuve de Flamanville et les dangers juridiques qui pèsent sur la recapitalisation d’EDF, qui pourrait être contestée au niveau européen.

Le secrétaire d’État à l’industrie a assuré qu’il avait entendu les peurs des salariés de l’entreprise. Il a assuré que l’État serait aux côtés d’EDF pour l’aider à se réorganiser. Cela suffira-t-il pour rassurer les personnels de l’entreprise ? Après les syndicats, les ingénieurs du groupe, la Cour des comptes, les écologistes, sans parler du directeur financier du groupe qui a spectaculairement démissionné pour dénoncer les dangers de ce projet, c’est autour de l’agence de notation Moody’s de lancer à son tour une alarme. Tout de suite après l’annonce, elle avait publié un avis soulignant les risques d’Hinkley Point pour EDF, compte tenu « de son ampleur et de sa complexité ». « Le bilan du groupe devra assumer les conséquences financières d’une très longue phase de construction au cours de laquelle cet investissement ne générera pas de trésorerie », prévient l’agence qui a déjà dégradé le groupe en mai. C’est exactement l’analyse que font les syndicats d’EDF, censés naturellement tout ignorer des réalités industrielles et financières.

Comment expliquer que le gouvernement et la direction d’EDF restent sourds à tant d’avertissements, venus d’horizons si divers, et qui disent tous la même chose ? Mais il est vrai que le nucléaire en France ne se discute pas. C’est juste le fait du prince.

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