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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 13:02

Les hydrofluorocarbures utilisés pour le refroidissement constituent de puissants gaz à effet de serre

Par Clémentine Thiberge pour Le Monde le 15 octobre 2016.

C'est une nouvelle victoire dans la lutte contre le changement climatique. Les 197 Etats signataires du protocole de Montréal, réunis à Kigali (Rwanda) pour le 28e sommet des parties au protocole, ont négocié, dans la nuit du 15  octobre, les derniers détails d'un accord sur le climat, qui aura mis sept ans à aboutir. Les discussions ne se sont pas déroulées sous les feux des projecteurs, contrairement à l'accord de Paris de décembre  2015. Mais ses résultats pourraient avoir un impact aussi significatif, voire davantage, sur le ralentissement du changement climatique. L'amendement de Kigali – nom officiel de l'accord – signe en effet la fin progressive des hydro-fluorocarbures (HFC), gaz dont l'effet de serre est 14 000 fois plus puissant que le CO2. Ces gaz sont principalement utilisés comme réfrigérants, dans les climatiseurs et les réfrigérateurs.

Les réunions ministérielles, qui ont débuté jeudi, se sont déroulées sous haute tension car, selon Clare Perry, une responsable de l'ONG Environmental Investigation Agency, " aucun pays ne veut être responsable de l'échec de la plus grande avancée de l'année 2016 en matière de climat. "

En effet, cet amendement vient se greffer au protocole de Montréal, un des traités environnementaux les plus efficaces jamais négociés. Adopté en  1987 par la communauté internationale, ce traité a abouti, entre autres, à la suppression définitive des chlorofluorocarbures (CFC), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone. Les CFC font également partie des gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. Grâce aux efforts consentis depuis cette date, le trou dans la couche d'ozone a diminué d'une superficie équivalente à celle de l'Inde.

Hausse annuelle de 10  % à 15  %

Seul point noir : ce traité a engendré une explosion de l'utilisation des hydrofluorocarbures. Introduits après le protocole de Montréal comme produits de substitution aux CFC, employés principalement comme gaz réfrigérants et agents propulseurs dans les aérosols. Selon une étude de l'université de Berkeley, leurs émissions progressent aujourd'hui à un rythme annuel de 10 à 15  %.

L'élimination des HFC est donc désormais un des leviers d'atténuation du changement climatique les plus rapides, disponible à moyen terme. Les premières estimations montrent que l'accord trouvé dans la nuit du 15  octobre permettra d'atteindre environ 72  milliards de tonnes équivalent CO2 d'émission évitées d'ici à 2050 – ce qui représente l'équivalent des émissions annuelles de l'Allemagne. A plus long terme, la réduction cumulée des émissions mondiales pourrait éviter jusqu'à 0,5  °C de réchauffement à l'échelle mondiale d'ici à 2100, et ainsi permettre de réaliser un quart de l'objectif de 2  °C fixé par l'accord de Paris sur le climat, selon une étude publiée l'an dernier par l'Institut pour la gouvernance et le développement durable (IGSD), un think tank basé à Washington.

" Un amendement ambitieux sur les HFC est probablement l'action la plus importante que nous puissions réaliser à ce stade pour limiter le réchauffement de notre planète et la protéger pour les générations futures, a annoncé le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, dans son discours à l'attention des parties. Aucun pays n'a le droit de tourner le dos à cet effort. "

Et tous ont joué le jeu en fonction de leurs capacités. Le texte de l'accord divise les pays en trois groupes en fonction de la date à laquelle ils devront réduire l'usage de ces gaz industriels. Tous ensemble, les pays devront réduire les niveaux de HFC de 85 % d'ici à 2047. Les pays développés, comprenant les Etats-Unis et la plupart des pays d'Europe, ouvriront le chemin : ils s'engagent à diminuer l'usage des HFC de 10  % d'ici à 2019 pour les supprimer progressivement d'ici à 2050. Le groupe ambitieux de pays en voie de développement, qui inclut la Chine, a décidé de geler leur production d'ici à 2024. Enfin, alors que le pays était pressenti comme un des freins à l'amendement, l'Inde a consenti, avec un petit groupe de pays moins ambitieux, à geler sa production de HFC d'ici à 2028. L'accord trouvé pour ce dernier groupe a permis de tenir compte des inquiétudes des pays situés dans les régions les plus chaudes de la planète – principalement les pays du Golfe – qui dépendent énormément des systèmes de climatisation.

" Victoire pour le climat "

Afin d'accompagner la transition de ces régions, seize pays – dont les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne et la France – et plusieurs -organismes et donateurs privés ont promis de verser une aide de 80  millions de dollars (71,5  millions d'euros). A titre d'exemple, la suppression des HFC d'ici 2050 coûterait à l'Inde environ 34  milliards de dollars (30  milliards d'euros), selon une étude du -Conseil en énergie, environnement et eau.

Pour Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS, la transition ne devrait pas être difficile. " Les industriels ont montré qu'ils étaient capables de le faire pour les CFC. Il n'y a pas de raison pour que ce soit différent pour les HFC, explique-t-il. Le protocole de Montréal a été bénéfique pour l'ozone dans l'élimination des substances nocives, il devrait l'être aussi pour le climat. " Pour le chercheur, l'amendement adopté est " le lien entre le protocole de Montréal et l'accord de Paris, entre la protection de l'ozone et celle du climat. " Et, à la différence de l'accord de Paris, le protocole de Montréal est un traité cœrcitif qui engage tous les pays dans des mesures d'atténuation obligatoires, et qui est soutenu par des sanctions. Une bonne nouvelle, donc, pour l'application du traité.

" C'est une grande victoire pour le climat, confirme Miguel Arias Cañete, commissaire européen au climat et à l'énergie. Nous avons pris des mesures concrètes pour honorer nos engagements faits à Paris au mois de décembre  2015. " Lors de l'accord de Paris, qui devrait entrer en vigueur en novembre lors de la COP22 de Marrakech, la communauté internationale s'était en effet engagée à contenir la hausse des températures " bien en deçà des 2°  C " et " poursuivre les efforts " pour la limiter à 1,5  °C. Jusqu'à présent les engagements volontaires des Etats mettent le climat terrestre sur la trajectoire d'un réchauffement d'environ 3  °C.

Une avancée majeure saluée par la              communauté internationale

L'accord de Kigali, adopté samedi 15  octobre, n'a pas bénéficié de la même mise en lumière, ni de la même couverture médiatique, que l'accord de Paris. Il est pourtant autant, sinon plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique. La communauté internationale, qui a travaillé depuis sept ans sur ces négociations, s'est félicitée d'un " accord historique ".

" Nous nous souviendrons de ce jour comme l'un des plus importants dans nos efforts pour sauver la seule planète dont nous disposons ", a souligné l'Agence américaine pour la protection de l'environnement. Application concrète de l'accord de Paris, cet amendement doit permettre d'éviter l'émission de 73  milliards de tonnes d'équivalent CO2 d'ici à 2050. " A Paris, nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique, a réagi le directeur du programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim. Aujourd'hui, nous honorons cette promesse. "

" Cet amendement est une avancée majeure, confirme David Doniger, le directeur du programme Climat et air de l'ONG américaine Natural Defence Resources council. C'est le plus grand pas que nous pouvions faire dans l'année suivant l'accord de Paris contre les menaces croissantes du changement climatique. C'est un signal clair envoyé au marché pour commencer à remplacer les produits chimiques dangereux avec une nouvelle génération d'alternatives respectueuses du climat et économes en énergie. "

Les alternatives aux HFC sont disponibles

Hydrocarbures, eau, dioxyde de carbone, ammoniac, les alternatives aux HFC sont aujourd'hui déjà disponibles. Mais leur gestion sera le point crucial de ces prochains mois. " Le succès de cet accord sera déterminé par la façon dont les pays en développement vont se passer des HFC, prévient Paula Tejon Carbajal, de l'ONG Greenpeace International. Et il faudra surtout éviter encore une autre alternative chimique comme les HFC toxiques et adopter des réfrigérants naturels. Ce sera décisif dans les mois et les années à venir. "

Pour la France, la ministre de l'environnement s'est " réjouit de l'accord obtenu " mais, contrairement au secrétaire d’État américain John Kerry, Ségolène Royal n'a pas fait le déplacement pour ces négociations. Le pays, représenté par l'ambassadeur Xavier Sticker, s'était investi en amont sur les engagements financiers mis en place pour permettre aux pays des régions les plus chaudes une transition plus efficace.

Cet accord intervient à la veille de l'ouverture de la COP22, qui aura lieu au Maroc du 7 au 18  novembre. " La marche vers Marrakech commence aujourd'hui à Kigali. C'est l'étape la plus importante de la mise en œuvre de l'accord de Paris, a précisé Hakima El Haite, la ministre marocaine de l'énergie, l'eau et l'environnement et Championne du climat pour la COP22. Un mouvement global d'actions concrètes a commencé, et nous ne retournerons pas en arrière. "

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