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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 14:17

La programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit être publiée vendredi 28 octobre, prévoit une forte hausse des renouvelables d’ici à 2023

par Pierre Le Hir le 27 octobre 2016 pour Le Monde.

Avec dix mois de retard, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la France devait enfin être publiée vendredi 28 octobre. Le décret, signé depuis une semaine par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, et paraphé par ses collègues de l’économie, de l’agriculture et du logement, n’attendait plus que le sceau du premier ministre, Manuel Valls, pour paraître au Journal officiel.

« C’est un travail considérable que j’ai tenu à finaliser avant la COP22 [la conférence sur le climat qui se tiendra du 7 au 18 novembre, au Maroc, à Marrakech], comme promis », se félicite Mme Royal. En réalité, le document était initialement attendu fin 2015. Plusieurs fois reporté, il a finalement été présenté début juillet, puis soumis à une multiplicité d’organismes (Conseil national de la transition écologique, Comité d’experts pour la transition énergétique, Conseil supérieur de l’énergie, Autorité environnementale), ainsi qu’à une consultation publique en ligne.

Ce très long processus d’élaboration a abouti à un cadrage énergétique qui annonce une embellie pour les filières renouvelables, mais n’en déçoit pas moins fortement les associations environnementales, de même que des parlementaires, de la majorité comme de l’opposition. Car il passe quasiment sous silence la question cruciale de l’évolution du parc nucléaire.

Prévue par la loi de transition énergétique promulguée en août 2015, la PPE constitue la feuille de route qui permettra à la France de se mettre en phase avec les grands objectifs de cette loi : quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre en 2050 (par rapport à 1990), deux fois moins d’énergie consommée au milieu du siècle, moins 30 % de fossiles en 2030 dans le mix énergétique, 32 % de renouvelables à la même échéance. Le tout assorti d’une baisse à 50 % [contre 77 % en 2014] de la part de l’électricité d’origine nucléaire « à l’horizon 2025 ». Cette planification porte pour l’instant sur deux périodes successives, 2016-2018 et 2019-2023.

Electricité et chaleur vertes

Si elle est suivie, la trajectoire fixée pour les énergies vertes donnera à celles-ci un essor sans précédent. Il est prévu d’atteindre une capacité totale installée de 52 gigawatts (GW) en 2018, contre 41 GW en 2014, pour grimper entre 71 et 78 GW en 2023. Soit, par rapport à la situation présente, un bond spectaculaire, de 73 % dans l’hypothèse basse et 90 % dans l’hypothèse haute.

Une embellie pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque - Ministère de l'environnement.

Une embellie pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque - Ministère de l'environnement.

Certes, cette progression s’effectuera en partant d’un niveau très bas, les renouvelables ne constituant que 14,3 % du mix énergétique hexagonal en 2014. Il n’en s’agit pas moins d’un cap ambitieux pour ces filières, notamment pour le solaire photovoltaïque, dont la capacité doit presque quadrupler (de 5,3 GW à 20,2 GW dans l’hypothèse haute) et l’éolien terrestre, dont le potentiel doit presque tripler (de 9,3 GW à 26 GW).

En revanche, pour l’éolien en mer, il n’est visé que 3 GW en 2023, ce qui correspond aux parcs déjà programmés au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes. Quant aux nouvelles énergies marines (éolien flottant, hydroliennes), moins matures, elles ne pèseront que pour 0,1 GW à cette échéance. Des possibilités de développement sont toutefois prévues dans ces deux filières, en fonction du retour d’expérience de fermes pilotes et de la compétitivité de ces technologies.

Parallèlement au secteur électrique, la PPE va aussi donner un coup d’accélérateur à la production de chaleur d’origine renouvelable. Entre la biomasse, les pompes à chaleur, le solaire thermique, le biogaz et à la géothermie, cette production devrait croître de 50 %, pour atteindre 19 mégatonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2023.

La biomasse au coeur de la chaleur renouvelable - Ministère de l'environnement

La biomasse au coeur de la chaleur renouvelable - Ministère de l'environnement

« Socle » nucléaire

Prolixe sur les renouvelables, la PPE est en revanche très laconique sur le volet nucléaire. Elle reprend bien l’objectif de réduction à 50 % de la part de l’atome dans le bouquet électrique à l’horizon 2025. De même que le plafonnement de la capacité nucléaire française à son niveau actuel de 63,2 GW, comme en a décidé la loi de transition énergétique. La fermeture des deux réacteurs de la centrale alsacienne de Fessenheim, par décret abrogeant l’autorisation de leur exploitation, est elle aussi entérinée, en prévision de l’entrée en service, fin 2018, de l’EPR de Flamanville (Manche).

Mais, au-delà de ces deux unités, combien de réacteurs seront-ils mis à l’arrêt – et quand – pour organiser la décrue du nucléaire ? Le document n’en dit mot. Il avance seulement une fourchette de réduction de la production annuelle d’électricité nucléaire allant de 10 à 65 térawattheures (TWh), en 2023. Ce qui, rapporté à une production de 417 TWh en 2015, équivaut à la déconnexion de deux réacteurs, dans l’hypothèse basse, et d’une dizaine, dans l’hypothèse haute.

« Cette fourchette pourra être révisée, en fonction de l’augmentation de la production renouvelable et des efforts d’efficacité énergétique », souligne Mme Royal. La ministre, qui refuse toute « posture idéologique » sur l’atome, dit ne pas vouloir « opposer les énergies » entre elles. « Le nucléaire restera le socle de notre mix électrique, précise-t-elle, mais il sera progressivement réduit dans le respect des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire et des enjeux de sécurité d’approvisionnement. »

Les décisions sur le dimensionnement du parc nucléaire, sur les réacteurs appelés à fermer et ceux maintenus en activité, sont donc remises à plus tard. Elles seront prises « au cours de la deuxième période de la PPE ». C’est-à-dire après 2019… sous un autre gouvernement. Cela, même si EDF devra, dans « un délai maximal de six mois » à compter de la publication de la PPE, établir « un plan stratégique compatible avec les orientations de [cette] programmation », en respectant l’objectif de 50 % de nucléaire.

« Sujet tabou »

Pour les ONG, le compte n’y est pas : « Si la PPE donne des orientations ambitieuses concernant le développement des énergies renouvelables, elle reste muette sur le nucléaire, sujet tabou, déplore Anne Bringault, du Réseau action climat et du Réseau pour la transition énergétique. En ne faisant pas, dans les faits, la place aux renouvelables et à l’efficacité énergétique, le gouvernement met en péril la tenue des objectifs de transition énergétique et la création de milliers d’emplois locaux associés. »

Les associations ne sont pas seules à rester sur leur faim. La mission parlementaire sur l’application de la loi de transition énergétique, dans un rapport présenté mercredi 26 octobre par Jean-Paul Chanteguet, député (PS) de l’Indre et président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, regrette « que la PPE ne joue pas son rôle programmatique, en n’anticipant aucune piste ».

Membre lui aussi de la commission du développement durable, Bertrand Pancher, député (UDI) de la Meuse, est encore plus sévère. Il dénonce « une absence totale de trajectoire claire pour le nucléaire » et, plus largement, une « incapacité à enclencher une véritable transition énergétique ».

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