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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 09:50

Boris Cyrulnik, Matthieu Ricard et Elisabeth de Fontenay font partie des personnalités plaidant pour une vraie prise en compte de la maltraitance animale au niveau de l'État dans cette tribune pour Le Monde le 19 octobre 2016, suivi de Octroyer de nouveaux droits aux animaux  par Audrey Garric

Aux origines, les animaux ont été des compagnons et des partenaires, puis, en Occident, sous l'impulsion de la religion, ils sont devenus des êtres inférieurs. Avec le développement de l'industrie, ils ont été transformés en annexes de machines et en matière première exploitable pour servir l'économie humaine. La place de l'animal dans nos sociétés s'est ainsi construite sur des fondements culturels anciens. Une construction qui nous conditionne encore de nos jours, mais qu'une évolution scientifique a bouleversée. Ces dernières années, notre façon de considérer les animaux a, en effet, subi une profonde révolution. Nous savons que les capacités mentales des animaux varient selon les espèces et les individus et qu'elles ne dépendent pas de la taille de leur cerveau. Les animaux, jugés pendant longtemps sans raison, ont montré depuis qu'ils possèdent des compétences sophistiquées.

Moutons, cochons, éléphants… ils ont une vie sociale, une mémoire à long terme, reconnaissent leurs congénères individuellement, communiquent entre eux. Les poissons, comme les oiseaux, utilisent des outils, coopèrent, anticipent. Alors que des centaines de millions d'années d'évolution nous séparent du poulpe, son cerveau d'escargot lui permet pourtant d'avoir une excellente mémoire, un raisonnement logique, des capacités de déduction, d'innovation, de jeu, d'apprentissage. La recherche a constaté que l'intelligence est née plusieurs fois sur la planète, et qu'il n'existe pas, dans le cerveau, une catégorie de cellules spécifiquement humaines.

Des neuroscientifiques internationaux affirment que tous les mammifères, oiseaux et autres créatures, y compris le poulpe, possèdent une conscience, ce qui veut dire qu'ils sont sensibles au plaisir et à la souffrance. Grâce à de nombreux travaux, on sait aujourd'hui que la douleur et la souffrance existent chez les animaux, des poissons aux mammifères. L'intelligence, la conscience, l'empathie, la vie émotionnelle, le rire, la souffrance et même une forme de culture, ces attributs qui définissaient l'homme et lui seul, appartiennent désormais à un répertoire commun à l'homme et à l'animal, qu'il n'est plus possible de contester. Les animaux ne sont donc pas des machines ni des êtres à disposition des humains, ils sont des individus inventifs, expressifs. Ils ne devraient donc plus être vus comme un ensemble de matériaux constitutifs d'une biodiversité, mais une communauté d'individus capables de ressentir, d'agir et de réagir singulièrement.

Chaque jour, de nouveaux travaux scientifiques montrent que les animaux sont dotés de compétences. Ces nouveaux éclairages mettent en lumière un décalage flagrant entre des faits incontestables, le respect qui leur est dû, et les décisions politiques et économiques qui bafouent leur bien-être. Bien qu'ils soient donc devenus ces êtres sensibles au regard de la science et de la loi, les animaux restent pourtant soumis à une évaluation marchande et sont encore considérés comme des biens. Leur sort reste à la merci des souffrances utiles, des dérogations et des normes admissibles. En somme, la législation se soucie des animaux à condition que leur protection ne dérange pas. La satisfaction des enjeux culturels et économiques continue de primer sur les intérêts des animaux.

Punir les actes de cruauté

Si leur sensibilité n'est désormais plus contestable et si la souffrance constitue le point de départ de toute position éthique, à quoi tout cela doit-il nous engager ? Que devient notre légitimité à les exploiter et à les faire souffrir ? Comment doit-on aujourd'hui les considérer ? Comme des biens ou des personnes non humaines telles que la science les définit ? Le temps est venu de penser et d'instituer d'autres rapports avec eux. Quels sont les changements précis à opérer ? Comment -devrions-nous vivre demain avec les animaux ? Pour répondre à ces questions et être à l'initiative de réelles modifications dans nos rapports avec les animaux, nous demandons la création d'un secrétariat d'État à la condition animale conduit par des experts multidisciplinaires et légitimes, spécialistes de la question animale.

Pour que les évolutions scientifiques en faveur des animaux domestiques et sauvages soient prises en compte dans les décisions politiques, éducatives, juridiques, économiques et sociales ; que des budgets dignes de ce nom soient consacrés au développement des méthodes alternatives à l'expérimentation animale ; que de nouvelles économies alternatives à l'exploitation animale soient encouragées et soutenues, favorisant ainsi la création d'emplois et de nouvelles entreprises ; que la place de l'animal dans l'éducation soit repensée ; que soit favorisé un enseignement du droit animalier dans les universités ; que les policiers et magistrats soient formés au bien-être animal ; que les contrôles pour lutter contre la maltraitance soient renforcés et que les actes de cruauté soient punissables ; que des médiateurs pour les animaux soient envisagés pour veiller à l'application des lois et du droit.

Prendre en compte les intérêts des animaux, avec qui nous partageons ce monde, est devenu une question sociétale, politique et démocratique et ne peut que favoriser la construction d'une société plus humaine dans l'intérêt des hommes, des animaux, de la planète.

Collectif

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Octroyer de nouveaux droits aux animaux

C'est un tournant majeur dans notre société. Depuis quelques années, notre regard sur les animaux a radicalement changé. Ils ne sont plus les machines ou les objets d'autrefois, maltraités, dénigrés ou ridiculisés, mais des individus sensibles, conscients et expressifs.

Dans le livre Révolutions animales. Comment les animaux sont devenus intelligents, en librairie mercredi 19  octobre, 75 spécialistes internationaux de la question animale – des éthologues, des paléontologues, des philosophes, des psychologues, des juristes, des médecins ou des sociologues – démontrent comment cette prise de conscience entraîne une nouvelle façon de cohabiter avec les êtres vivants non humains. Une nouvelle voie qui ne passe plus par leur exploitation systématique mais conduit à repenser leurs droits et nos obligations à leur égard.

Marc Bekoff, Gilles Bœuf, Florence Burgat, Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Jane Goodall, Matthieu Ricard ou encore Peter Singer livrent un ouvrage de référence sur le monde animal, à la fois passionnant, dense et engagé, illustré par une centaine de magnifiques photos.

plaisir et souffrance

" La science a participé à faire évoluer la perception que nous avions des animaux, en nous rendant accessibles leurs univers mentaux ", explique l'auteure et documentariste Karine Lou Matignon, qui a dirigé l'ouvrage. Les preuves scientifiques s'accumulent quant au " génie animal ", tout ce qui constituait jadis et à tort le propre de l'homme : les bêtes sont douées de sensibilité et d'intelligence, capables d'entraide et de compassion, de souvenirs et d'anticipation.

Comme nous, elles éprouvent plaisir et souffrance et ressentent le deuil. " Les animaux savent climatiser leur habitat (termites), construire des barrages extraordinaires (castor) ou jeter un filet sur leur proie (araignée) ", rappelle Gilles Bœuf, professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie et ancien président du Muséum national d'histoire naturelle.

" Jugée hier avec condescendance, cette sollicitude pour les animaux induite par la connaissance est devenue une question sociétale bien vivace qu'on ne peut plus ignorer ", poursuit Karine Lou Matignon. De fait, le mouvement est en marche : alors que la société civile se mobilise, des cours de droit animalier commencent à être enseignés dans tous les pays, la question du bien-être animal est intégrée dans les Constitutions allemande ou autrichienne et le Parti pour les animaux néerlandais est représenté au Parlement européen depuis 2014.

Les auteurs appellent à cesser l'abattage industriel des bêtes, à développer des méthodes alternatives à l'expérimentation animale (comme la mise en culture de cellules humaines) et à reconnaître une personnalité non humaine aux animaux ainsi qu'un statut politique : une citoyenneté pour les domestiques et une souveraineté pour les sauvages.

 

Audrey Garric

 

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Published by Vert Lilas - dans Animal
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