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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:13
Le collectif citoyen 269 Life France mène des actions chocs pour informer le grand public, comme ici à Paris, le 26 septembre 2015

Le collectif citoyen 269 Life France mène des actions chocs pour informer le grand public, comme ici à Paris, le 26 septembre 2015

Effet de mode ou tradition ancestrale ? Être végane apparaît avant tout comme l’application d’une philosophie de vie refusant la supériorité de l’être humain sur les animaux. Abolir toute forme d’exploitation animale en est la priorité. Au XIXe siècle, le philosophe Jeremy Bentham repoussait déjà les limites de la réflexion en affirmant que le plus important n’était pas de savoir si les animaux peuvent parler ou raisonner, mais de savoir s’ils souffrent. Une dimension éthique mettant les hommes, « ces autres animaux », face à leurs responsabilités, tout comme les vidéos de l’association L214, révélant la réalité des abattoirs. Le masque dissimulant la violence envers les animaux pour satisfaire les besoins de la société se fissure, mais les avancées politiques, juridiques ou universitaires se font à pas de fourmi en France. Les militants recourent donc à des campagnes choc et à l’action directe pour interpeller l’opinion. Si les quolibets et le mépris envers les véganes s’atténuent, les motivations profondes de leur mode de vie restent encore un mystère pour beaucoup. Or, que ce soit pour des raisons sanitaires, écologiques ou morales, tous partagent cette envie de changement, avant d’être mis au pied du mur par l’extinction de certaines espèces. Comme un instinct de survie.

Vanina Delmas pour Politis le 23 novembre 2016

Le véganisme est-il un humanisme ?

Véganisme : Animal politique

Si le véganisme apparaît à certains comme une nouvelle mode alimentaire, le combat auquel il se rattache a débuté dans l’Antiquité. En jeu : la domination de l’homme sur les bêtes et la mainmise sur son environnement par Ingrid Merckx pour Politis le 23 novembre 2016.

Le Parti animaliste a été lancé le 14 novembre. Il promeut « une évolution de société qui prend en compte les intérêts des animaux et qui repense la relation entre les animaux et les humains ».Objectif : faire émerger la question animale dans le champ politique, comme dans un certain nombre de pays d’Europe, dont les Pays-Bas, mais aussi l’Australie et les États-Unis.

Le 18 octobre, vingt-trois personnalités, dont le neurologue, psychiatre et éthologue Boris Cyrulnik, le moine bouddhiste -Matthieu Ricard et la philosophe Élisabeth de Fontenay [^1], signent une pétition réclamant la création d’un secrétariat d’État à la Condition animale : « Que devient notre légitimité à exploiter et à faire souffrir les animaux ? » Le 3 novembre, de nouvelles images diffusées par l’association L214 révèlent les conditions dans lesquelles sont abattues des vaches gestantes dans un grand abattoir public, à Limoges, alors qu’une commission d’enquête parlementaire a remis en septembre soixante-cinq propositions pour mettre fin à la « torture » et à la « barbarie ».

Les mots sont forts. Comme la plupart de ceux utilisés pour dénoncer l’exploitation animale : « meurtre » pour l’abattage, « viol » à propos de l’insémination artificielle, « vol » concernant le lait. Pour que les femelles donnent du lait, il faut qu’elles soient gestantes. « Les petits sont tués à la -naissance. C’est pourquoi véganes et anti-spécistes considèrent que le lait “c’est comme la viande” en matière d’exploitation animale », explique Marianne Celka, docteure en sociologie de l’université Paul-Valéry de Montpellier et chercheuse à l’Institut de recherche sociologiques et anthropologiques (Irsa-CRI) [^2].

« Végane » et « antispéciste » : ces deux appellations gagnent du terrain dans le débat public. « Les véganes sont antispécistes, mais l’inverse n’est pas forcément vrai », poursuit Marianne Celka. L’antispécisme étant, en France, considéré comme le versant le plus politique d’un mouvement qui va de la protection des animaux à leur libération. Quand le véganisme regroupe ceux qui décident de cesser de consommer tout produit provenant de l’animal : viande, poisson, œufs, lait, miel, mais aussi cuir, laine, soie et sous-produits alimentaires ou cosmétiques. « Une subculture », dit-elle. Un mode de vie, une « philosophie », une question morale ou éthique.

« Un choix politique », tranche la philosophe Florence Burgat [^3], consternée par la volonté de certains États américains d’accorder au véganisme un statut comparable à celui des pratiques religieuses. « Croire, c’est le contraire de savoir. Le véganisme ne relève pas d’une croyance, mais d’une démonstration qui se fonde sur le degré de sensibilité et de conscience des animaux pour aboutir à la volonté de leur voir reconnaître des droits moraux et légaux. »

« Après la libération des esclaves et des femmes, le temps serait venu de libérer les animaux », résume aussi Marianne Celka. Emphatiques, provocateurs, choquants les véganes ? « Ils emploient un vocabulaire très dur en réponse à l’obscénité de l’industrialisation », analyse la chercheuse. Mais ils campent moins des « illuminés préférant l’animal à l’homme », comme on les caricature, que des rationnels soucieux de rétablir les grands déséquilibres entraînés par l’industrialisation et la surconsommation. Lévi-Strauss, Kant ou Derrida à l’appui, ils interrogent la violence qu’on accepte sur les animaux comme préparation à l’acceptation de son pendant sur l’homme. Les antispécistes viennent plutôt de mouvances de gauche que du milieu de la protection animale, souligne aussi Yves Bonnardel dans Les Cahiers antispécistes.

« Notre ère postmoderne est marquée par un retour de la sensibilité pour la nature : il faudrait la respecter plutôt que l’exploiter. En ce sens, le véganisme est un écologisme », estime Marianne Celka. « Les véganes sont plutôt écolos, observe pour sa part Florence Burgat, mais l’inverse n’est pas vrai : le parti vert reste très anthropocentré. »

Francisation d’un concept anglais (« speciesism », créé dans les années 1970 par le psychologue Richard D. Ryder, par analogie avec les questions de racisme et de sexisme), l’antispécisme s’est forgé en France pour rassembler les critiques de l’anthropomorphisme. Le mot « végane » est plus ancien : il remonte à 1944, quand Donald Watson crée au Royaume-Uni la Vegan Society, par scission avec la Vegetarian Society, laquelle lui refusait un article condamnant la -consommation de produits laitiers. Le véganisme, ou végétalisme, est né officiellement comme une forme plus poussée, plus aboutie, plus « cohérente » du végétarisme. Car, au-delà des abattoirs, c’est tout le système d’exploitation de l’animal qui est condamné : élevage, laboratoires et loisirs (zoo, parcs d’attractions, animaux de compagnie…). Mais la matrice est la même : le rejet et le dégoût des violences exercées sur l’animal par l’espèce dominante.

Or, ce rejet est très ancien. Renan Larue [^4], titulaire d’une chaire sur l’histoire du végétarisme et du véganisme à l’université de Santa Barbara, en Californie, le fait remonter à l’Antiquité. En 268, le philosophe Porphyre de Tyre aurait rédigé un traité végétarien d’abstinence animale et le premier livre d’éthique animale en Occident. Chez les philosophes grecs, il y a une fracture entre les pythagoriciens, défenseurs de la cause animale, et les stoïciens anthropocentristes, pour qui « tout est fait pour servir l’homme ». On trouve déjà ce que Renan Larue appelle le « bingo de l’alimentation carnivore ». À savoir un concentré des arguments visant à contredire ou à ridiculiser les végétariens. Le plus étonnant étant que ces arguments se sont maintenus malgré des siècles de philosophie contraire, Voltaire, Rousseau, Derrida, Schopenhauer ou encore Adorno s’offusquant de notre cruauté envers les animaux.

Le droit a évolué. En 1850, les actes de maltraitance animale sont interdits en France et en Angleterre. En janvier 2015, dans l’Hexagone, l’animal est reconnu « comme un être vivant doué de sensibilité ». Mais les préjugés ont la vie dure : « L’homme s’est toujours nourri de viande, comme les lions » ; « Si l’animal souffre, l’arbre aussi ? » ; « Tu ne veux pas tuer des vaches, mais les moustiques ? » ; « Les droits des animaux, d’accord, mais devant les droits de l’homme ? »… L’histoire du véganisme, c’est aussi une affaire de dénigrement et de faux procès, s’agace Florence Burgat : « L214 s’est vu reprocher de ne pas défendre les migrants. Mais les associations ont un objet statutaire : dans leur cas, il s’agit des animaux destinés à la boucherie. Par ailleurs, pourquoi les causes seraient-elles concurrentes ? D’autant que, quand on s’oppose au système d’exploitation de l’animal, on s’oppose en général à toutes les formes d’exploitation. » Pas de hasard si l’animalisme est né à la fin du XIXe siècle, inspiré par le sort des ouvriers dans les usines anglaises.

Hors norme et autodidactes, les véganes sont rompus au démontage d’idées reçues. Mais ce combat est un peu recouvert aujourd’hui par la « mode végane », qui a explosé notamment grâce aux réseaux sociaux. Blogs, restaurants, boutiques… La tendance regrouperait aujourd’hui 2 % de la population française. Dans le monde, elle concerne plutôt les urbains des capitales occidentales, plutôt laïcs, y -compris à Tel Aviv, où le véganisme en vogue serait plutôt le fait d’une génération occidentalisée que d’une nouvelle tendance du judaïsme.

Les relations entre véganisme et religions nourrissent beaucoup de fantasmes. L’emploi du terme « holocauste » par les antispécistes de l’association internationale 269 Life, très active en Israël, n’aide pas. Et Renan Larue consacre un chapitre de son livre à l’incompatibilité entre le christianisme et l’éthique animale. « Mais il fait l’impasse sur l’abattage rituel commun au judaïsme et à l’islam,conteste Florence Burgat. C’est un trait commun aux trois religions monothéistes, qui sont des religions carnées. L’hindouisme et le bouddhisme sont plus portés sur le végétarisme, pour des raisons complexes qui ne sont pas forcément liées au respect de l’animal. Paradoxalement, l’Inde est un grand exportateur de viande. » Autre trait du véganisme : c’est un mouvement très féminin. Une caractéristique historique de la libération animale. « La sollicitude envers l’animal privé de raison est une vaine considération dont la civilisation occidentale a laissé le soin aux femmes », ironise Élisabeth de Fontenay.

Aujourd’hui, le nerf de la critique « anti-végane », c’est l’argument diététique : peut-on se passer de viande et de produits laitiers sans mettre sa santé en danger ? Plusieurs actions en justice, aux États-Unis et en Italie, ont été intentées contre des parents véganes accusés de maltraitance alimentaire sur leurs enfants. Le débat fait rage entre médecins, pédiatres, nutritionnistes et naturopathes. Les véganes citent la bio--nutritionniste Marion Kaplan, qui rappelle que les apports nutritionnels varient selon la personne et son âge. En gros, il faut surveiller et adapter : ce qui est mauvais pour les uns ne l’est pas forcément pour d’autres.

Autre référence : le médecin Jérôme Bernard-Pellet, selon qui l’hostilité du monde médical envers le végétalisme est encore très importante en France. « Pourtant, une alimentation végétalienne bien menée – notamment supplémentée en vitamine B12 – ne donne aucune carence », affirme-t-il, rappelant que toutes les protéines sont disponibles dans le monde végétal. Il cite également des revues médicales internationales qui font l’éloge du végétalisme en matière de réduction des maladies cardio-vasculaires et du nombre de cancers du côlon et de la prostate. Effet connexe : attentifs à la provenance de ce qu’ils ingèrent, les véganes consomment des produits de meilleure qualité.

Le bémol, c’est pour les nourrissons. En toute logique, les véganes et les antispécistes devraient se faire les défenseurs de l’allaitement maternel pendant les six premiers mois. Mais entre 6 mois et 3 ans ? Les études et les prises de position médicale manquent. Pour des raisons culturelles ? En vue de la présidentielle, 26 organisations se sont rassemblées en un collectif, Animal politique, qui défend trente propositions pour induire un changement de société.

[^1] Auteur du Silence des bêtes, Fayard, 1998.

[^2] « L’animalisme : enquête sociologique sur une idéologie et une pratique contemporaines des relations homme/animal », Marianne Celka, thèse disponible en ligne.

[^3] Auteur du Droit animalier (PUF, 2016) et de L’Humanité carnivore__, Le Seuil (à paraître en février 2017).

[^4] Auteur du Végétarisme et ses ennemis. Vingt-cinq siècles de débat, PUF.

Les happenings de rue (ici une militante de Peta en 2015) visent à populariser la cause animale

Les happenings de rue (ici une militante de Peta en 2015) visent à populariser la cause animale

Véganisme : Une lutte animale, mais pas seulement

Trop souvent réduits au statut d’amoureux des bêtes, les militants antispécistes défendent des idéologies plus complexes par Vanina Delmas pour Politis le 23 novembre 2016

Des corps nus, recouverts de faux sang ou de cellophane dans des barquettes en plastique géantes, en pleine rue, ou la distribution de faux membres humains aux passants… Ces happenings sanglants, volontairement choquants, se multiplient dans les grandes villes françaises, à l’initiative d’associations très déterminées dans leur défense de la cause animale. Début octobre, le joyeux cortège de la Veggie Pride défilait sous les fenêtres des Parisiens en criant : « Ni exploités ni maltraités, liberté pour les animaux ». C’était la 16e édition de ce festival antispéciste, faisant la part belle au véganisme. Preuve que ce mouvement n’est pas vraiment nouveau.

Un an plus tôt, une enquête de l’association L214 faisait tomber les murs de l’abattoir d’Alès (Gard) en montrant la souffrance des chevaux, vaches et porcs lors de leurs derniers instants. La vidéo mise en ligne montre notamment les cochons rassemblés dans une fosse pour être asphyxiés au CO2. La caméra filme leur regard, obligeant à détourner les yeux. Leurs cris obligent à couper le son. Le choc des images fonctionne : les médias s’emparent du sujet, l’opinion publique est ébranlée, l’établissement ferme et, six mois plus tard, une commission d’enquête parlementaire « sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français » est créée à l’Assemblée nationale. Des réactions à la vitesse de l’éclair qui cachent un travail de longue haleine.

« Nous nous sommes formés sur le tas car nous sentions l’urgence du problème, explique Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. Mais les journalistes, les juges et nos détracteurs nous poussent à aller plus loin dans la vérification de nos sources. Certaines de nos enquêtes pas suffisamment abouties restent dans un tiroir pour le moment. Tout cela montre aussi que la question animale n’est plus seulement associée à la sensibilité d’individus, mais qu’elle est devenue sérieuse. »

À l’ère des réseaux sociaux, Youtube n’a pas échappé à la communauté végane. Jihem Doe, végane depuis cinq ans, a lancé sa chaîne, qui compte déjà plus de 11 000 abonnés. Un format court, fondé sur la bataille d’idées, un rythme énergique et de l’humour pour « démocratiser » ce sujet. « Je peux parler de tout, sur le ton que je veux, sans me soucier d’une ligne à suivre comme dans une association lambda, explique-t-il. Je trouvais que la communauté de vidéastes véganes en France se focalisait trop sur l’alimentation et que ça manquait de lutte animale. J’essaye d’incarner le végane qu’on aimerait croiser. » Une autre méthode pour déconstruire le stéréotype hippie et sectaire.

Pourtant, la popularité récente du mouvement végane ne convainc pas tous les militants. Ulrike Seitan (il s’agit d’un pseudonyme), membre du collectif Les Panthères enragées, regrette que l’on soit toujours dans une optique de consommation. « Aujourd’hui, de plus en plus de produits labellisés véganes remplissent les rayons des -supermarchés, il y a même des industries comme Herta qui produisent des saucisses végétales ! Pour moi, la lutte se fait encore et toujours absorber par le capital », s’indigne-t-elle. Ce collectif, l’un des plus radicaux, prône l’action directe, du sabotage économique d’industries à la libération d’animaux. « Au tout début, le mouvement de libération animale était tourné en ridicule. Puis le phénomène s’est inversé, jusqu’à ce que l’on nous considère comme des terroristes, il y a environ six ans, car tous prenaient en exemple le groupe d’activistes anglais Front de libération des animaux », rappelle Ernesto Gayvara (un pseudonyme également !), militant depuis une dizaine d’années. Leur intransigeance les rapproche de l’essence du mouvement antispéciste français, qui a émergé dans les années 1990.

Marginale en France, la question de l’éthique animale a été prise en considération dans les pays anglo-saxons dès les années 1970. En 1976, le philosophe utilitariste Peter Singer associait le concept d’altruisme aux rapports hommes/-animaux dans son livre La Libération animale, devenu une référence mondiale. Novices, les Français ont pioché dans ces exemples pour importer la lutte, tout en la modelant à leur façon : moins dans le sensible et plus dans le rationnel, incarné par la naissance des Cahiers antispécistes. De plus, les influences anarchistes les ont incités à inscrire la lutte contre le spécisme dans une critique -globale de la société, au même titre que les combats contre le capitalisme, le fascisme ou le racisme. « Entre la filiation anarchiste, les références utilitariste et juridique, associées à la méfiance à l’égard de l’affectif […], les militants français ont forgé un style qui leur permet à la fois de se démarquer de la défense animale – ils ne veulent pas être considérés comme les partisans des animaux – et de l’écologie – ils se déclarent antinaturalistes », écrit Catherine-Marie Dubreuil, ethnologue qui suit le mouvement français depuis ses balbutiements, dans Libération animale et végétarisation du monde, ethnologie de l’antispécisme.

Au fil du temps, les divergences sur les modes d’action plus ou moins radicaux ou le choix des collaborations avec d’autres groupes ont divisé la cellule-souche du mouvement. Même le vocabulaire tend à se transformer : « abolition » est préféré à « libération », tout comme « végane », jugé moins élitiste qu’« antispéciste ». Une myriade d’associations s’est donc créée, avec le même objectif, lutter contre l’exploitation animale par l’homme, mais différents moyens pour y parvenir.

L’association 269 Life France a connu plusieurs dissidences. Venue d’Israël en 2012, elle se duplique rapidement ailleurs, notamment dans l’Hexagone. Repérée par ses opérations de marquage au fer rouge, elle a toujours tenu à mettre en avant la souffrance animale comme argument prioritaire et à rester dans la légalité. Puis Alexandra Blanchard a décidé de quitter son poste de présidente pour créer sa propre association en 2015, Vegan Impact. Ses motivations profondes, liées à l’alimentation, à la santé et à l’environnement, étaient incompatibles avec celles de 269 Life France. Il faut avouer que ce sont là des arguments peu revendiqués par les autres associations antispécistes.

Dans le même temps se crée 269 Life Libération animale. « Le mouvement était trop frileux. Nous préférons aller au-devant des ennemis, choquer et prôner la désobéissance civile pour incarner un vrai contre-pouvoir », souligne Tiphaine Lagarde, la présidente. À l’inverse de L214, qu’elle juge trop prudente, elle souhaite une abolition immédiate et totale de l’exploitation animale, à coup d’actions choc et médiatiques, comme l’occupation du « couloir de la mort » d’un abattoir pendant huit heures, début novembre.

La médiatisation est un filon très exploité par les défenseurs des animaux. Cette année, Peta France a obtenu une grande victoire : la marque française de prêt-à-porter The Kooples a annoncé qu’elle bannirait la fourrure à partir de 2017. Le résultat des pressions répétées de l’association (manifestations, pétition, vidéos sanglantes) et de l’intervention très médiatisée du rockeur Pete Doherty. Une méthode à l’américaine assumée : « La réputation et la longévité de cette association viennent de ses campagnes très médiatiques et soutenues par des personnalités connues, résume Anissa Putois, chargée de campagne pour Peta France. C’est très efficace pour inscrire la question animale à l’agenda médiatique et faire changer les choses au niveau des entreprises. »

Frapper un grand coup aux portes des industriels et lancer des campagnes nationales contre la maltraitance animale donne l’espoir d’avancer à pas de géant. Mais les petits pas à l’échelle locale comptent tout autant. En Bretagne, le Collectif rennais pour l’égalité animale (CRPEA) multiplie manifestations et conférences. « Nous souhaitons diffuser la notion de spécisme et faire prendre conscience de l’oppression qu’elle représente tout en travaillant avec la mairie pour des changements concrets : trouver des solutions éthiques pour les animaux “nuisibles”, sensibiliser les écoles au végétarisme et au végétalisme, prévoir un vétérinaire municipal pour les personnes démunies », énumère François, végane depuis 2009 et membre actif. La révolution n’a pas encore eu lieu. Mais, loin des happenings de rues et du tourbillon médiatique, quelques-uns prennent soin, au quotidien, d’animaux rescapés ou « sauvés de la mort » au dernier moment dans des refuges paisibles, véritables sanctuaires dédiés à la protection des animaux.

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