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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:01

Des aides d’État massives en faveur des énergies renouvelables ont fait de l’Allemagne le premier exportateur européen d’électricité, fragilisant les systèmes de production des autres États membres. Plutôt que de favoriser ce mercantilisme, l’avenir de l’Europe de l’énergie passe par une politique commune de soutien à la transition énergétique. Par Nicolas Govillot et Pierre Jérémie, polytechniciens, ingénieurs des mines, pour Les Echos le 21 février 2017.

L'Allemagne a fait le choix de l'Energiewende, pour sortir du nucléaire et investir massivement dans les énergies renouvelables (ENR). Ces dernières ne pouvant pas être déployées à grande échelle aux conditions de marché, l'État allemand a développé un mécanisme de soutien public ambitieux dès les années 2000. La part des ENR dans l'électricité allemande a ainsi triplé entre 2004 et 2014, de 9 % à 28 %, gagnant 19 points : une performance inégalée en Europe.

Ces investissements entraînent des surcapacités en Allemagne et chez ses voisins. Lorsque les 45,5 GW d'éoliennes allemandes (l'équivalent de 32 réacteurs nucléaires de 1400 MW) produisent, il arrive que la puissance apportée sur le réseau excède largement la demande allemande. Cette énergie est alors exportée à travers les interconnexions. L'interconnexion France-Allemagne est utilisée à 76 % dans le sens de l'import ; elle est alors saturée à 90 %.

Les exportations d'électricité allemande à bon marché sont favorables aux consommateurs européens, car elles diminuent le prix de l'électricité. Mais elles pénalisent les producteurs d'électricité (allemands et européens) en réduisant la rentabilité de leurs installations conventionnelles. Comme le montre l'analyse économétrique des prix de marché français et allemand et des parts respectives de production d'origine renouvelable, pour chaque gigawatt supplémentaire d'éolienne qui tourne en Allemagne, c'est 0,73 EUR en moins sur le prix de gros français.

Pour un acteur comme EDF, l'Energiewende "coûte" donc de l'ordre de 35 à 45 MEUR par an pour les seules centrales thermiques françaises (cf. article de P. Jérémie disponible en ligne).. En principe, toute aide d'État doit être proportionnée aux objectifs visés pour être autorisée par la Commission européenne. Or, l'aide d'État allemande va bien au-delà du minimum nécessaire : au rythme actuel, l'Allemagne dépassera de 4 points sa cible de 18 % en 2020 imposée par la directive sur les énergies renouvelables.

Osons le terme : la politique allemande, sans l'assumer explicitement, est mercantiliste. Cette politique n'est soutenable, et acceptée par le consommateur allemand (qui supporte 6,88 c€/kWh sur sa facture), que parce qu'elle conduit à un dumping : la balance commerciale allemande en électricité est aujourd'hui excédentaire de 50 TWh annuels contre 20 TWh en 2008.

Ce dumping est payé par l'équivalent allemand de la CSPE, qui représente près de 25 Mds€ cette année soit un montant cumulé de l'ordre de 400 Mds€ pour les 20 prochaines années (contre environ 100 Mds€ dans le cas français). Et il alimente un compte courant déjà largement excédentaire, de plus de 8 points de PIB en 2015. En somme, le soutien massif aux ENR allemands est un programme de grande ampleur de soutien à l'exportation d'électricité, qui a un impact fort sur l'équilibre européen du système électrique et les filières de production des autres États membres.

Si tous les pays reproduisaient l'exemple allemand, les déséquilibres commerciaux en matière électrique se résorberaient, mais au prix d'une gigantesque surcapacité de production à l'échelle européenne, qui ne manquerait pas d'entrainer des difficultés à maintenir l'équilibre du système électrique. Dans ce jeu à somme nulle, évitons la fuite en avant : l'Allemagne dispose d'une plus forte capacité d'endettement que nous.

Aucun énergéticien européen n'a jusqu'à présent contesté le mécanisme d'aide d'État allemand devant la Cour de justice de l'UE. Dans le cas d'EDF, il serait effectivement politiquement délicat pour son actionnaire principal, l'État, de mettre ainsi en cause une politique structurante de notre partenaire allemand. Il n'en demeure pas moins qu'une question légitime de proportionnalité des aides allemandes aux objectifs visés, une fois pris en compte les effets négatifs sur d'autres États membres, pourrait, en droit, être posée.

Pour avancer dans l'Europe de l'énergie, il faut sortir du mercantilisme et construire une véritable politique européenne commune de soutien à la transition énergétique. Le projet de directive révisée sur les ENR, publié par la Commission le 30 novembre dernier, se refuse désormais à fixer des objectifs nationaux contraignants après 2020. Cet arbitrage renonce à trancher le nœud gordien : comment promouvoir la décarbonation de l'économie européenne par des outils nationaux sans entraîner de fortes perturbations des échanges entre États membres ?

Au sein du couple franco-allemand et dans l'intérêt européen, nous devons plaider pour une transition d'un soutien aux ENR par des aides d'État déterminées au niveau national vers une véritable politique commune, dont le cœur serait une augmentation du prix du carbone au service de la transition énergétique. C'est le prix du carbone qui rémunérera durablement les énergies renouvelables, à proportion des émissions de gaz à effet de serre évitées, dans le cadre d'un mécanisme de marché. L'Europe de l'énergie brûle, et nous regardons ailleurs.

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