Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 09:56

Les cas d'intoxications mortelles sur le littoral breton restent non élucidés malgré les alertes des associations. Par Martine Valo le 26 avril 2017 pour Le Monde.

Ramassage d’algues vertes à  Saint-Michel-en-Grève (Côtesd’Armor), en juin 2015. CASTELLI/ANDIA.FR

Ramassage d’algues vertes à Saint-Michel-en-Grève (Côtesd’Armor), en juin 2015. CASTELLI/ANDIA.FR

Yves-Marie Le Lay et André Ollivro forment un tandem d'irréductibles lanceurs d'alerte bien connu en Bretagne. Ils dénoncent sans relâche les méfaits des algues vertes, conséquence de l'agriculture intensive, qui s'échouent sur les côtes par dizaines de milliers de tonnes chaque année à la belle saison. Jeudi 27 avril, les deux dirigeants de l'association Halte aux marées vertes ont prévu de porter leur combat sur le terrain judiciaire à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor.

Leur démarche est double : d'une part, ils veulent assister à l'audience du tribunal des affaires de Sécurité sociale consacrée au dossier de Thierry Morfoisse, un conducteur de camion mort en juillet 2009 alors qu'il déchargeait une cargaison d'algues vertes. Sa famille attend depuis des années que sa mort brutale soit reconnue comme un accident du travail.

D'autre part, MM. Le Lay et Ollivro ont prévu de se rendre au tribunal de grande instance de la ville déposer une plainte contre X pour " mise en danger de la vie d'autrui ". Les deux hommes souhaitent se constituer partie civile avec l'association Générations futures à la suite d'un autre décès, celui de Jean-René Auffray, ce joggeur retrouvé sans vie le nez dans un mélange de sable et d'algues en décomposition, le 8 septembre 2016, dans l'estuaire du Gouessant, entre Hillion et Morieux (Côtes-d'Armor).

Pourquoi ne pas admettre comme explication une banale crise cardiaque ? Parce que, à cet endroit précis, au moins trente-six sangliers ont péri, intoxiqués à l'hydrogène sulfuré (H2S), six ans plus tôt. Et parce que plusieurs accidents survenus sur le littoral des Côtes-d'Armor méritent plus d'attention qu'un classement sans suite. Si les algues vertes sont ramassées sur les plages, les vasières se révèlent un piège mortel.

En 2011, après l'hécatombe de sangliers, les analyses de leurs dépouilles avaient établi la responsabilité du H2S, un gaz que les algues dégagent en pourrissant. Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l'écologie, commande deux rapports d'experts. Ces derniers soulignent que respirer pendant quelques secondes des concentrations de 1 000 parties par million (ppm) d'hydrogène sulfuré cause des formes suraiguës d'intoxication chez les humains, avec des atteintes du système nerveux central et des symptômes de détresse respiratoire. La mort survient ensuite par arrêt cardiaque au bout de cinq à dix minutes.

Affaires classées

Pourtant, le procureur de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc, n'a pas immédiatement été frappé par les circonstances de la mort de M. Auffray. Dans un premier temps, il n'a pas demandé d'autopsie du défunt, sportif confirmé de 50 ans, avant de se raviser et d'ordonner l'exhumation de son corps quinze jours plus tard. Entre-temps, les associations de défense de l'environnement s'étaient bruyamment mobilisées pour réclamer une enquête.

En décembre 2016, le procureur concluait que les médecins légistes n'avaient pas " exclu un décès d'origine toxique ". Il notait aussi que les vasières du Gouessant, où les émanations de gaz peuvent " atteindre rapidement plus de 1 000 ppm ", paraissent constituer " un risque réel ". Néanmoins, début avril, il classait l'affaire, faute " de lien de causalité direct ",comme pour les cas précédents. L'appel de huit médecins et toxicologues réclamant la communication du compte rendu de l'autopsie n'a pas été entendu.

" On est dans un certain déni, parfois, reconnaît Thierry Burlot, vice-président (PS) du conseil régional chargé de l'environnement. Le danger existe, je pense qu'on sous-estime les risques. " Le propos est méritoire, car, en Bretagne, on ne s'épanche guère publiquement sur ce phénomène. La préfecture des Côtes-d'Armor, par exemple, refuse d'évoquer ce " sujet sensible " en période électorale.

D'autres accidents attendus

" Il y aura d'autres accidents, pronostique Pierre Philippe, médecin urgentiste au centre hospitalier de Lannion, mais je ne suis pas sûr que cela changera quoi que ce soit. " Le docteur Philippe est l'un des premiers à avoir tenté d'alerter sur la toxicité de l'hydrogène sulfuré. Il a commencé à s'interroger sur ce danger après avoir reçu, en juin 1989, le corps d'un premier joggeur, âgé de 26 ans, retrouvé sur un amas d'ulves à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).

" J'ai essayé d'obtenir les résultats de son autopsie, on m'a renvoyé de laboratoires en procureur, je n'ai -jamais pu les consulter ", témoigne le médecin. Dix ans plus tard, un conducteur d'engin est pris de convulsions et tombe dans le coma en collectant des algues vertes sur la même plage. Puis, le 28 juillet 2009, un cheval est foudroyé lors d'une promenade au bord de la mer, toujours à Saint-Michel-en-Grève. Son cavalier -arrive aux urgences.

" Si je n'avais pas été de service ce jour-là, l'animal serait parti à l'équarrissage en un rien de temps, relate Pierre Philippe. Nous avons dû insister, son propriétaire et moi, pour obtenir que des prélèvements soient réalisés. " La présence très importante de H2S est finalement attestée. " Au fur et à mesure, je me suis rendu compte qu'il existe de toute évidence une volonté de désinformation sur ce sujet, affirme M. Philippe. A chaque fois, on commence par nier la réalité du lien -entre des œdèmes pulmonaires et l'hydrogène sulfuré. "

Conséquence directe de l'agriculture intensive, les marées vertes s'étendent désormais de la Normandie à la Vendée, mais la Bretagne reste la plus touchée, dans huit baies en particulier. Deux d'entre elles ont enregistré plusieurs accidents : à Saint-Michel-en-Grève et à Hillion. Avant l'épisode des sangliers, cette côte-là avait déjà défrayé la chronique à l'été 2008, avec la mort de deux chiens de 13 kg et 20 kg, tombés raides morts sur un tas d'ulves en quelques instants. Leur propriétaire avait porté plainte. La justice n'avait pas donné suite, les prélèvements réalisés sur les chiens ne permettant pas de conclure.

Après plusieurs plaintes déposées à leur sujet par des défenseurs de l'environnement, le cas des sangliers, lui, continue d'être instruit au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris.

La famille de Thierry Morfoisse a reçu au contraire une même fin de non-recevoir. Le conducteur de 48 ans est décédé le 22 juillet 2009, juste après avoir déchargé pour la troisième fois de la journée le contenu de sa benne à la déchetterie de Launay-Lantic. A cette époque, les ulves y mijotent plusieurs jours à l'air libre et les employés ne portent aucun équipement de protection. Le 7 septembre, une enquête est ouverte par le pro-cureur de Saint-Brieuc d'alors, -Gérard Zaug. Il classe l'affaire sans suite deux mois plus tard, en mettant en doute l'état de santé préalable de M. Morfoisse, et sans entendre les collègues du chauffeur.

Halte aux marées vertes, l'association d'André Ollivro et Yves-Marie Le Lay, s'est battue pour que l'on n'en reste pas là. En 2010, des analyses finissent par être rendues publiques : une forte présence de H2S est décelée dans le sang de M. Morfoisse. La famille porte plainte. Le pôle santé se saisit du dossier et ordonne une expertise toxicologique. Celle-ci ne sera finalement pas jugée probante, faute d'un échantillon correctement conservé. Par ailleurs, la caisse primaire d'assurance maladie des Côtes-d'Armor a refusé de reconnaître le caractère professionnel de l'accident.

Le défenseur de la famille, Me François Lafforgue, va tenter d'obtenir un arbitrage plus favorable. Il tient à la disposition des juges des affaires sociales la liste des accidents survenus dans les -Côtes-d'Armor. L'avocat conseille aussi MM. Ollivro et Le Lay, qui espèrent que toutes leurs démarches juridiques parviendront au moins à imposer un nouveau protocole en cas de décès suspect sur le littoral. Ils demandent que soient prélevés et conservés dans de bonnes conditions deux échantillons de sang de la victime.

----------------

Des échouages précoces et massifs

Le littoral breton enregistre le pire début de saison des marées vertes depuis 2009, avec des échouages massifs d'algues vertes apparus dès -janvier. Les ramassages ont déjà commencé alors qu'ils avaient démarré à la mi-mai en 2016 et 2015. Plus de 1 600 tonnes d'algues ont été récoltées dans la baie de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor) depuis début 2017.

Il est trop tôt pour pronostiquer ce qu'il en sera cet été, mais les spécialistes savaient que le printemps s'annonçait mal, à cause des fortes concentrations d'ulves observées à l'automne 2016, après un printemps précédent pluvieux.

La région a conduit un plan de lutte entre 2011 et 2016 – de 114 millions d'euros au total –, qui vise à convaincre les agriculteurs de changer de pratiques. Depuis 2010, les taux des nitrates sont en baisse dans les rivières, mais la Bretagne n'a pas fini de payer ses pratiques agricoles passées.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet