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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 12:02

Un premier recours pour « carence fautive de l’État » doit être déposé mercredi devant le tribunal administratif de Paris. D’autres devraient suivre dans plusieurs régions. Par Stéphane Mandard le 7 juin 2017 pour Le Monde. Lire aussi Chiche, on attaque en justice la Commission européenne ?, La pollution de l'air, troisième cause de mortalité en France, La France désarmée face à la plus grave pollution de l’air depuis 10 ans et Paris annonce la création d’un observatoire mondial de la pollution de l’air, mais aussi les premières plaintes en 2015 2,3 millions de Franciliens respirent un air trop pollué, ou  Vivre près des axes routiers accroît le risque de démence et Qualité de l'air : l'ultime coup de semonce de l'Europe à la France.

Clotilde Nonnez, professeure de yoga, pratique la chandelle pour désencombrer ses bronches, chez elle, à Paris le 2 juin. AGNES DHERBEYS POUR LE MONDE

Clotilde Nonnez, professeure de yoga, pratique la chandelle pour désencombrer ses bronches, chez elle, à Paris le 2 juin. AGNES DHERBEYS POUR LE MONDE

Chaque matin, c’est le même rituel. Lorsqu’elle se lève, Clotilde Nonnez lance fébrilement l’application Airparif sur son smartphone pour découvrir l’indice de pollution de la journée. Puis elle prend deux grandes bouffées d’Innovair 200, un comprimé de Singulair, un sachet d’Exomuc et se lance dans quelques exercices de respiration et de méditation. « Si je ne faisais pas de yoga, je vivrais depuis longtemps sous assistance respiratoire », dit-elle.

Elle souffre de problèmes respiratoires qui se transforment en cauchemar à chaque pic de pollution. Lors du dernier épisode de décembre 2016, elle a bien cru qu’elle allait « y laisser [sa] peau ».

Alors, cette Parisienne de 56 ans, qui donne des cours de hatha yoga, a décidé de réagir. Et de demander des comptes à l’État. Mercredi 7 juin, son avocat, François Lafforgue, doit déposer une requête devant le tribunal administratif de Paris pour « carence fautive ». Une première.

« Nous engageons la responsabilité de l’État, car nous considérons que les déboires médicaux subis par les victimes de la pollution sont le résultat de l’inaction des autorités administratives contre la pollution de l’air, qui cause chaque année 48 000 morts prématurées en France », explique François Lafforgue. L’avocat, qui s’est forgé une solide réputation dans les dossiers de santé publique (AZF, amiante, Monsanto), assure qu’une vingtaine de recours, au total, sont prêts à être déposés dans les prochaines semaines auprès de tribunaux des agglomérations de Paris, de Lyon, de Lille et dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie).

« Des gens meurent tous les jours »

Le cas de Clotilde Nonnez, s’il est emblématique, n’est pas isolé. L’association Respire, qui l’accompagne dans sa démarche avec Écologie sans frontière (ESF) et Générations futures, a recueilli près de 600 témoignages, en trois ans, de personnes souffrant de la mauvaise qualité de l’air. « Les victimes de la pollution de l’air sont comme la pollution : invisibles, résume Olivier Blond, le président de Respire. On est un peu comme dans la situation de la Gay Pride il y a vingt-cinq ans, des gens meurent tous les jours et tout le monde s’en fout. On veut les rendre visibles. »

Et comme « rien d’autre ne marche pour faire bouger les décideurs », ils ont convaincu Clotilde Nonnez de se retourner contre l’État. « Jusqu’à maintenant, il nous a toujours manqué le lien de causalité avec les victimes, explique Franck Laval dont la plainte – avec son association ESF – pour mise en danger d’autrui lors du pic de pollution de 2014, déjà avec Me Lafforgue, avait été classée sans suite après l’ouverture d’une enquête préliminaire. Mais là, le dossier est solide judiciairement. »

Que dit précisément le dossier de Clotilde Nonnez ? Que cette ancienne danseuse du Crazy Horse aux yeux bleu délavé a commencé à développer, trois ans après son arrivée en 1979 dans la capitale depuis sa Bretagne natale, des pathologies respiratoires (asthme et bronchites chroniques). Qu’elle a enchaîné les traitements lourds à base de corticoïdes, d’antibiotiques, d’injections, de kinésithérapie respiratoire et autres cures thermales. Qu’elle a multiplié les séjours à l’hôpital (« une dizaine, souvent au moins dix jours ») pour des pneumopathies à répétition, des sinusites, des otites et une pleurésie.

Clothilde Nonnez, chez elle à Paris le 2 juin. Elle souffre de problèmes respiratoires qui s’accentuent à chaque pic de pollution. AGNES DHERBEYS POUR LE MONDE

Clothilde Nonnez, chez elle à Paris le 2 juin. Elle souffre de problèmes respiratoires qui s’accentuent à chaque pic de pollution. AGNES DHERBEYS POUR LE MONDE

« Vous auriez pu faire un arrêt cardiaque »

La dernière hospitalisation remonte à l’hiver 2016. Dans la nuit 5 au 6 décembre, alors que l’Ile-de-France vient de passer en état d’alerte pollution (les taux de particules fines PM10 ayant atteint 104 µg/m³, soit deux fois le seuil limite), Clotilde Nonnez est victime d’un malaise associé à une crise d’insuffisance respiratoire aiguë.

Les bouffées de Ventoline et d’Innovair ne la calment pas. Prise de douleurs thoraciques, elle est emmenée par son compagnon aux urgences à l’hôpital Cochin, où on lui diagnostique une infection virale. Le lendemain, elle consulte son médecin traitant qui fait immédiatement « un lien direct avec l’épisode de pollution », comme elle l’écrit sur le certificat que Clotilde Nonnez a soigneusement conservé.

Malgré la prise de cortisone et d’antibiotique, la douleur se fait plus intense. La professeur de yoga n’est plus en mesure d’assurer ses cours. Elle prend rendez-vous le 13 décembre chez son pneumologue. « J’avais mal au cœur, c’était à hurler », raconte Clotilde Nonnez, qui croise alors son cardiologue qui lui fait passer aussitôt un scanner. « Vous avez beaucoup de chance, car depuis huit jours, vous auriez pu faire un arrêt cardiaque à tout moment », lui lance le médecin, qui diagnostique une péricardite avec un épanchement important. « J’avais de l’eau autour du cœur, c’est pour ça que j’étais totalement épuisée », traduit Clotilde Nonnez pour qui le jargon médical n’a plus de secret.

Pour soigner sa péricardite, la Parisienne, qui vit dans le 5e arrondissement, a dû ajouter pendant cinq mois à son traitement de fond quotidien des prises de Colchicine, trois séances de kinésithérapie respiratoire par semaine et un antibiotique (l’azithromycine) pour prévenir les infections bronchiques, qu’elle devra sans doute garder à vie.

« Quitter Paris pour ne pas y laisser ma peau »

Mais aujourd’hui, Clotilde Nonnez n’a pas retrouvé ses capacités d’avant le pic de pollution et a dû réduire ses cours de yoga. « Il n’y a pas un jour où je suis bien, confie-t-elle sans pouvoir contenir les crépitements qui montent de ses poumons et l’obligent à cracher régulièrement dans un mouchoir. Le week-end de l’Ascension, il y avait de la pollution à l’ozone à Paris, personne n’en parlait, mais moi je peux vous dire que j’en ai encore pleuré. »

Elle qui ne supporte plus la cortisone et les séances de kiné a dû se lever en pleine nuit pour faire la chandelle contre le mur, tête en bas, afin d’essayer d’évacuer ce qui l’encombre, raconte-t-elle en joignant le geste à la parole.

« Je vieillis… Un jour, je ne pourrai plus faire tout ça, et je serai obligée de quitter Paris pour ne pas y laisser ma peau, dit Clotilde Nonnez, qui a conservé son port de danseuse. Mais mon avocat m’explique que ce n’est pas à moi de partir, mais à l’État de payer. »

François Lafforgue, dont la première demande d’indemnisation, le 28 février, auprès du ministère de l’environnement et du préfet de Paris, est restée lettre morte, attend aujourd’hui du tribunal administratif qu’il « déclare l’État responsable du préjudice subi » par sa cliente et le condamne au paiement de 140 000 euros.

La France mise en demeure par Bruxelles

Dans le cas du pic de pollution de décembre 2016, qui a duré quasiment un mois, l’avocat reproche notamment aux services de l’État de ne pas avoir pris les mesures efficaces comme l’interdiction d’utiliser du bois en chauffage individuel d’appoint ou d’avoir attendu une semaine avant de décider la circulation alternée et de ne pas l’avoir maintenue.

Des « carences fautives de l’État » au regard du droit national (le code de l’environnement reconnaît à chacun le « droit à respirer un air qui ne nuise pas à santé ») et du droit européen (la France fait l’objet d’une mise en demeure de Bruxelles pour dépassement des valeurs limites des particules fines et de dioxyde d’azote, particulièrement en Ile-de-France).

« Ce combat, c’est pour améliorer notre air à tous, dit simplement Clotilde Nonnez, qui confie avoir de plus en plus de « problèmes déontologiques : je passe ma vie à expliquer aux gens comment respirer… un air pollué ».

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