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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 11:25

Un premier pas timide contre le mercure, poison du système nerveux central. Il aura fallu huit ans de négociations pour parvenir à encadrer l’extraction et les rejets dans l’environnement de ce métal lourd très toxique. Par Stéphane Foucart le 16 août 2017 pour Le Monde.

Le mercure se stocke et s’accumule dans la chaîne alimentaire où il est omniprésent – dans certains produits de la mer en particulier (thon, espadon, etc.). SONNY TUMBELAKA / AFP

Le mercure se stocke et s’accumule dans la chaîne alimentaire où il est omniprésent – dans certains produits de la mer en particulier (thon, espadon, etc.). SONNY TUMBELAKA / AFP

Traité international méconnu du grand public, la Convention de Minamata sur le mercure devait entrer en vigueur, mercredi 16 août, huit ans après le début de négociations internationales lancées par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Signé par 128 États, le texte a franchi le cap des 50 ratifications en mai, ouvrant ainsi la voie à sa mise en application. Depuis, 24 pays supplémentaires ont ratifié cette convention, notamment la France, le 15 juin.

L’objectif de ce texte est de « protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et rejets anthropiques de mercure et de composés du mercure », comme l’explique son préambule. Il pourrait paraître accessoire, tant le mercure a, semble-t-il, déjà disparu des quelques objets du quotidien qui en contenaient. À commencer par les thermomètres, remplacés par de nouvelles générations d’instruments numériques. Le problème est en réalité plus vaste, et toujours d’actualité.

Le mercure, précise le traité, « a des impacts importants au niveau mondial » justifiant « une intervention internationale visant à réduire les risques qu’il présente pour la santé humaine et l’environnement ». La mesure-phare est la disparition programmée des mines de mercure dans les quinze ans suivant la ratification du texte. Les États-parties s’engagent aussi à trouver des moyens de réduire les rejets de ce métal lourd dans l’environnement, à encadrer son commerce et les productions industrielles l’impliquant dans leurs procédés, à favoriser son stockage de façon « écologiquement rationnelle », et dépolluer les sites contaminés.

Car le mercure est hautement toxique, notamment pour le système nerveux central. De plus, une fois mis en circulation dans l’environnement, il ne se dégrade pas : au contraire, il se stocke et s’accumule dans la chaîne alimentaire où il est omniprésent – dans certains produits de la mer en particulier (thon, espadon, etc.).

Les ONG jugent le texte laxiste sur plusieurs points

Du fait de ces propriétés, les populations les plus soumises à ses effets dans le monde sont les communautés autochtones des régions arctiques, notamment en raison de leur régime alimentaire traditionnel. De nombreux travaux montrent qu’une exposition, même faible, d’une femme enceinte au mercure induit une baisse des facultés intellectuelles et cognitives de l’enfant à naître, ainsi qu’une susceptibilité accrue à une variété de pathologies touchant le système digestif, l’immunité, etc.

Les deux principales activités humaines responsables de l’émission de mercure dans l’environnement sont l’exploitation de mines d’or et la combustion du charbon, qui en diffuse de grandes quantités. « La Convention de Minamata est une première étape vitale vers une action globale contre le mercure, dit Pamela Miller, coprésidente du Réseau international pour l’élimination des polluants organiques persistants (IPEN), qui fédère environ 700 organisations non gouvernementales, dans une centaine de pays. Cela signale un engagement mondial pour traiter la crise sanitaire représentée par la contamination par le mercure des océans, de la nourriture et des populations. » Cependant, les ONG jugent aussi le texte laxiste sur plusieurs points. Comme tous les traités environnementaux, cette convention n’est que peu, voire pas contraignante.

Célébration du cinquantième anniversaire de l’apparition de la « maladie de Minamata », le 1er mai 2006, dans la ville en bord de mer du Kyushu, au Japon, dont la population fut intoxiquée au mercure. AFP / AFP

Célébration du cinquantième anniversaire de l’apparition de la « maladie de Minamata », le 1er mai 2006, dans la ville en bord de mer du Kyushu, au Japon, dont la population fut intoxiquée au mercure. AFP / AFP

Financement problématique

En outre, elle « autorise le commerce international de mercure à destination des petites mines d’or, qui contaminent l’environnement ainsi que les communautés les plus pauvres, et les contraintes faites aux centrales à charbon pour réduire leurs émissions de mercure sont très faibles », précise Mme Miller. En effet, les États-parties à la convention s’engagent à imposer de telles réductions mais seulement lorsqu’elles sont « faisables ». Enfin, le financement des mesures demeure problématique, les pays du Nord renâclant à aider les pays en développement.

Dans ce dossier, la communauté internationale a fait preuve d’inertie. Car c’est dès 2001 que le conseil d’administration du PNUE a saisi le directeur général de l’organisation onusienne du problème posé par le mercure. Il aura donc fallu attendre seize années pour qu’entre en vigueur un traité encadrant une substance dont l’extrême toxicité pour le système nerveux central est connue depuis près de soixante-dix ans.

L’affaire débute en effet en 1950, lorsque commence à se répandre parmi les habitants de la baie de Minamata, au Japon, une mystérieuse épidémie de troubles neurologiques graves, de malformations congénitales et de maladies neuro-développementales souvent fatales. En 1959, le rôle du mercure contenu dans les poissons de la baie était démontré : une usine de chlorure de vinyle vidangeait là, depuis plusieurs années, ses catalyseurs à base de mercure empoisonnant l’écosystème et, du même coup, les communautés de pêcheurs de la région. Le nombre de victimes de la « maladie de Minamata » n’a jamais été clairement établi – certaines sources mentionnant des dizaines de milliers de victimes.

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