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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 17:25

Depuis son élection, le Président de la République ne retient pas ses mots pour rappeler l’importance du défi auquel nous sommes confrontés à travers le dérèglement climatique...  À Bonn, lors de la COP23, Emmanuel Macron s’est exprimé pour la première fois à la tribune de la conférence de l’ONU sur le climat.  KezaCOP,  le décryptage de la COP23 tous les deux jours, par le Réseau Action Climat sur www.reseauactionclimat.org. Lire aussi Le gouvernement enterre les objectifs de la loi de transition énergétique, Les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse, Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec et Climat : les banques continuent de financer les énergies fossiles.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

Suite à l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, Emmanuel Macron s’est érigé en fervent défenseur de cet accord, tout en rappelant que la communauté internationale devait aller plus loin et plus vite pour lutter sérieusement contre le dérèglement climatique. Un cap a ainsi été fixé le 7 juillet, à travers le plan climat présenté par le Ministre d’Etat à la transition écologique et solidaire : atteindre, dans notre pays et d’ici à 2050, la neutralité carbone. Ambitieux, cet objectif ne se fera pas tout seul, par un simple ajustement des politiques actuelles. Il requiert au contraire d’importantes ruptures dans les pratiques et les secteurs qui, aujourd’hui, émettent des gaz à effet de serre.

Au delà des discours, qu’en est-il vraiment ?

Ainsi, au-delà des discours volontaristes et des objectifs de long terme, qu’en est-il vraiment des mesures structurantes adoptées par la France pour préparer l’avenir ? Après six mois d’exercice, force est de constater que le Gouvernement ne se donne pas les moyens de son ambition sur l’enjeu climatique.

La loi hydrocarbures, bien que positive par le message qu’elle envoie sur la fin de l’exploitation des énergies fossiles, comporte de nombreuses failles et ne vise qu’1% de l’énergie que nous consommons dans notre pays. Les énergies fossiles ont donc encore de beaux jours devant elles tant que le Gouvernement n’investira pas massivement dans les économies d’énergie, notamment à travers la rénovation massive des logements. Dans le même sens, l’annonce du Gouvernement pour interdire en France la vente des véhicules diesel et essence d’ici à 2040, ne doit pas occulter le fait que la réduction des émissions du transport routier se joue maintenant : sur la scène européenne alors qu’une proposition de législation laxiste vient d’être publiée par la Commission européenne pour limiter les émissions de CO2 des futures voitures et au niveau national, dans le cadre des assises de la mobilité, afin de réduire la part colossale que la voiture occupe aujourd’hui dans nos déplacements.

En matière fiscale, le Gouvernement a franchi un cap en actant l’augmentation progressive de la fiscalité carbone ainsi que le rattrapage diesel essence, la fiscalité étant l’un des principaux leviers pour orienter les investissements et les comportements. Si ces annonces méritent d’être saluées, elles conduisent en parallèle à renforcer l’avantage concurrentiel dont bénéficient de multiples secteurs exemptés partiellement ou totalement aujourd’hui de ces taxes, comme le transport routier ou aérien. Par ailleurs, les alternatives pour « faire autrement » face à l’augmentation de la fiscalité (transports en commun notamment) ne sont pas encore assez soutenues par le Gouvernement.

Ainsi, de politiques des petits pas en passant par des reculades (entrée en vigueur provisoire du CETA, suppression de l’élargissement de la taxe sur les transactions financières, report du calendrier pour atteindre l’objectif de baisse de la part du nucléaire dans notre mix énergétique, manque de soutien financier aux territoires à énergie positive pour la croissance verte, etc.), les mesures structurantes se font encore attendre.

Les solutions sont pourtant connues, des chantiers ont été lancés, qu’ils concernent les transports, l’agriculture et l’alimentation, la rénovation des logements ou notre futur modèle énergétique. La majorité de ces derniers doit se solder d’ici la fin de l’année.

Alors que la France accueillera le 12 décembre un sommet international sur le climat, deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, le Gouvernement doit s’atteler au plus vite à balayer d’abord devant sa porte, pour remettre de la cohérence et de l’ambition dans ses propres politiques publiques. C’est, au final, ce qui permettra à la France de passer d’une politique de vœux pieux à une contribution tangible pour la relève des engagements des différents pays prévue en 2018.

Bonn, COP 23

Bonn, COP 23

Le déplacement du Président de la République, deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, est un signal politique positif adressé à la communauté internationale. Mais Emmanuel Macron s’est contenté de prononcer de belles paroles et de recycler d’anciennes annonces, pourtant insuffisantes. Aujourd’hui, le climat n’attend plus : face à l’urgence d’agir, la France ne pourra pas se contenter d’une politique de petits pas. Réactions des ONG présentes à Bonn.

Pour Lucile Dufour, Responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat :
« A la COP du Pacifique, le Président la République a rappelé l’urgence de rectifier le tir pour éviter un réchauffement catastrophique de plus de 3°C. Mais le discours d’Emmanuel Macron est une nouvelle occasion manquée : si la France veut être crédible sur la scène internationale, elle doit accélérer dès à présent sa transition vers les énergies renouvelables, sans la paralyser au bénéfice de fausses solutions comme le nucléaire. Avant le sommet du 12 décembre, la France doit donner des gages concrets pour augmenter ses soutiens financiers pour l’adaptation des populations les plus vulnérables et enfin concrétiser ses grands discours. »

Pour Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire et climat au CCFD-Terre Solidaire :

« Face à l’aggravation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire causée par les dérèglements climatiques, Emmanuel Macron déclare vouloir répondre par l’action. Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que cette action ne peut être engagée à n’importe quel prix. Seule une transition agricole socialement juste et respectueuse des ressources permettra de lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante. Et cette transition est incompatible avec des initiatives “climaticides”, comme l’Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat (GACSA), dont la France fait toujours partie. Nous serons particulièrement attentifs, lors du sommet du 12 décembre à Paris, à ce que de fausses solutions de ce type ne soient pas promues. »

Pour Sarah Fayolle, chargée de campagne climat à Greenpeace France :

« Le discours d’Emmanuel Macron à la COP23 semble avoir été dicté par les industriels du nucléaire. Si la France est en retard sur sa transition énergétique, c’est justement parce qu’elle entretient une dépendance extrême au nucléaire, qui empêche le déploiement des énergies renouvelables sur le marché de l’électricité. En résumé, Emmanuel Macron vient de se livrer à une instrumentalisation de la tribune climatique pour défendre les intérêts du nucléaire. S’il y a un fétiche irréaliste à abandonner, c’est bien celui qui consiste à croire que le nucléaire doit être préservé à tout prix au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques.  »

Pour Armelle Le Comte, Responsable du plaidoyer climat à Oxfam France :

« Le leadership climatique passe par des actions concrètes, et pas par de simples discours aussi lyriques soient-ils. Malheureusement, Emmanuel Macron est venu les poches vides à la COP23 et n’a fait aucune nouvelle annonce financière pour les pays les plus pauvres, qui sont pourtant en première ligne du changement climatique. Le sommet climat du 12 décembre à Paris doit être l’occasion de rectifier le tir en annonçant un doublement des financements français pour l’adaptation, afin d’atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022, et en adoptant enfin la taxe européenne sur les transactions financières. De telles mesures concrètes enverraient un signal fort aux communautés les plus vulnérables »

Pour Emma Jagu, observatrice climat du REFEDD :

« Investir dans l’avenir de la jeunesse et des générations futures c’est avant tout désinvestir des énergies fossiles et s’assurer que notre mix énergétique soit cohérent avec les objectifs de l’accord de Paris. Le discours d’Emmanuel Macron aujourd’hui était une tentative de séduire la scène internationale, mais ne reflète pas la politique énergétique actuelle de la France. Nous attendons des mesures concrètes pour la transition vers une économie décarbonée. »

Pour Nicolas Haeringer, porte-parole de 350.org France :

« Emmanuel Macron a tenté d’incarner le rôle du leader mondial en matière climatique, expliquant n’avoir qu’une obsession – l’action – et qu’un horizon – maintenant. En l’absence de décisions fortes, le costume reste pourtant trop grand pour lui. A quelques semaines du sommet du 12 décembre, il a une opportunité unique de conjuguer l’action au présent : annoncer que la France n’accordera pas un euro de plus aux énergies du passé, afin d’investir dans la transition vers un future 100% renouvelable pour tous. »

Pour Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France :

« Emmanuel Macron a franchi le seuil maximal autorisé d’hypocrisie climatique, cherchant à dissimuler ses multiples renoncements : de la validation du CETA qui n’est pas climato-compatible au sabordage de la taxe sur le transactions financières, source de financements pour le climat, Macron, sans un mot sur l’évasion fiscale qui soustrait des milliards aux pouvoirs publics, a prouvé que sa seule obsession est de ne surtout pas toucher aux fondements de cette formidable machine à réchauffer la planète qu’est notre insoutenable système économique. A l’alerte scientifiques aurait dû succéder un sursaut politique. Raté : le BusinesAsUsual l’emporte encore sur MakeThePlanetGreatAgain. »

Pour Fanny Petitbon, Responsable Plaidoyer de CARE France :

« Cette après midi encore Emmanuel Macron a répété la nécessité de lutter contre l’injustice climatique. Mais pour l’instant la France reste aux abonnés absents à la fois sur la solidarité internationale et même nationale. La récente décision du gouvernement de supprimer du budget national les 20 millions d’euros du fonds vert destiné à aider les collectivités françaises du Pacifique à lutter contre les effets du réchauffement climatique, a envoyé un très mauvais signal. Réintroduit in extremis la semaine dernière par les député-e-s, le fonds vert français est encore sur la sellette. Le gouvernement français devrait tirer les leçons de la catastrophe qui a récemment touché de plein fouet les îles des Caraïbes dont Saint Martin. »

Pour Célia Gautier, responsable Energie-Climat à la Fondation pour la Nature et l’Homme :

« Emmanuel Macron a voulu montrer une direction et faire preuvre d’une volonté diplomatique. Mais, comme souvent, le diable est dans les détails. Le Président n’a pas fait d’annonce nouvelle pour accélérer la transition écologique de la France. Espérons qu’elles soient gardées pour le sommet du 12 décembre à Paris sur le financement du climat. Nous saluons sa volonté que l’UE se substitue aux Etats-Unis pour financer les travaux du GIEC, et le lien explicite que le Président a effectué entre régime climatique et les politiques commerciales. Mais un très long chemin reste à parcourir afin que la logique de la politique commerciale internationale soit renversée pour être subordonnée au droit de l’environnement. Enfin, au-delà des discours, nous attendons toujours un plan concret et conjoint de la part de Mme Merkel et de M. Macron pour booster les énergies renouvelables et sortir des énergies du passé que sont le nucléaire et les énergies fossiles. »

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