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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 12:57

A l’occasion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, du 4 au 6 décembre, entretien avec Maria Neira (OMS), qui pointe les ravages sanitaires causés par le changement climatique. Propos recueillis par Stéphane Mandard le 5 décembre 2017 pour Le Monde. Lire aussi La pollution, responsable de 9 millions de morts dans le monde par an et Le Conseil d’État enjoint au gouvernement de prendre des mesures urgentes contre la pollution.

Brouillard de pollution, à Lahore, au Pakistan, le 9 novembre. ARIF ALI / AFP

Brouillard de pollution, à Lahore, au Pakistan, le 9 novembre. ARIF ALI / AFP

L’Assemblée des Nations unies pour l’environnement se tient à Nairobi, au Kenya, du 4 au 6 décembre. De nombreux ministres vont se réunir à l’occasion de cette troisième édition, qui porte pour la première fois sur le thème de la pollution. Directrice du département santé publique et environnement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Maria Neira estime qu’il est temps de changer de stratégie et de faire de la lutte contre ses impacts sanitaires l’axe central de la mobilisation contre le changement climatique.

Que pensez-vous du mot d’ordre retenu par l’assemblée des Nations unies pour l’environnement : aller « vers une planète sans pollution » ?

A l’OMS, cela fait longtemps que l’on travaille sur cette question. C’est l’union des forces de la santé et de l’environnement qui va nous permettre de mener cette bataille. Avec nos ministres de la santé, on répète que 12,6 millions de personnes meurent chaque année à cause d’un environnement dégradé. On a commencé à tisser une alliance lors de la COP22 au Maroc, en 2016. Il faut la renforcer, avec un maximum d’agences des Nations unies pour combattre la pollution.

Chaque semaine, une nouvelle étude paraît pour rappeler que la détérioration de la qualité de l’air tue des millions d’individus dans le monde. Mais la communauté internationale a-t-elle pris la mesure de l’urgence à agir ? Non, pas encore. Et ce n’est pas faute d’avoir alerté, avec l’OMS, sur ces chiffres terribles : 6,5 millions de morts prématurées chaque année dans le monde sont liées à l’exposition à un air contaminé. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Il y a comme une sorte de refus à accepter une autre alerte globale en plus de celle sur le changement climatique.

Comprenez-vous que la COP23 ait encore mis la pression sur les Etats au sujet de leurs engagements sur la réduction des gaz à effets de serre mais ne fixe aucun objectif en termes de pollution ?

Jusqu’ici, je crois que l’on s’est trompé dans notre communication en insistant surtout sur le climat et en négligeant les ravages sanitaires causés par la pollution. On a donné l’impression aux citoyens que le changement climatique était quelque chose de lointain, qui va arriver à la planète, toucher les glaciers mais pas eux, et qui va concerner les générations futures mais pas la nôtre.

Lors de la COP23, l’OMS a organisé un événement où on a expliqué combien de morts dues à la dégradation de l’air on pourrait éviter en s’attaquant aux causes du changement climatique. J’espère que cela va provoquer un déclic. Nous avions invité l’ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. Il m’a lancé : « C’est dommage que je ne vous aie pas rencontrée plus tôt car c’est bien ça l’argument que l’on doit utiliser : la santé ! » Ainsi, 36 % des décès par cancer du poumon, 34 % par AVC et 27 % par infarctus sont liés à la pollution de l’air : ce sont ces chiffres terribles que les gens doivent avoir en tête.

Il faut donc changer d’approche ?

L’argument de la santé humaine peut être une locomotive pour accélérer le combat contre le changement climatique. Quand on parle des conséquences terribles de ce dernier pour la planète, on a tendance à paralyser les gens, on leur donne le sentiment que l’on ne peut rien faire et que les citoyens, eux-mêmes, ne peuvent rien faire. Alors que si on va sur le terrain de la santé, on peut souligner les bienfaits de la lutte contre la détérioration de notre environnement et contre le réchauffement.

La Chine l’a compris et a fait de l’amélioration de l’air sa priorité numéro un. Parce que les habitants de Pékin ne pouvaient plus respirer ! Ils sortaient dans la rue avec des masques qui ne les protégeaient pas. Ils ont quasiment entrepris un mouvement de protestation. La Chine ne pouvait plus le tolérer. D’après Pékin, les premières mesures auraient déjà permis de diminuer de 30 % les admissions hospitalières.

Cette prise de conscience ne semble pas concerner son voisin indien, qui vient encore de connaître un épisode de pollution très intense ?

Ce pays continue à nier la réalité des effets sanitaires. Les habitants de villes comme New Dehli vivent en permanence avec des seuils de pollution de l’air très au-delà des recommandations de l’OMS [10 µg/m³ en moyenne annuelle pour les particules fines PM 2,5] et avec des pics qui atteignent des niveaux absolument choquants : 900 µg/m³ en novembre par exemple. C’est terrible pour les gens qui sont obligés de respirer cet air.

Il faut arrêter avec cette excuse selon laquelle pour se développer économiquement, on est obligé de détruire l’environnement. Ça ne tient plus. Si on prend l’exemple de la Californie, c’était un Etat très pollué avec beaucoup de cas d’asthme et une croissance économique atone. Au nom de la santé, afin de diminuer les hospitalisations, la Californie a mis en marche une politique économique pour produire plus proprement, et la croissance a été renforcée. Et la Chine va nous le prouver à son tour : on peut avoir une croissance économique sans polluer.

L’Inde a-t-elle sollicité votre aide ?

Non, mais contrairement à la Chine, la demande de la société n’y est pas pressante. Pour l’instant, l’Inde se focalise sur les mesures d’urgence, sur la protection individuelle en particulier. Nous, nous voulons nous attaquer aux sources de la pollution. On sait que le dernier épisode était notamment dû à l’incinération des résidus agricoles. Et là, il faut une volonté politique pour agir.

Que dit le ministre de l’environnement indien ?

Il a déclaré que la pollution de l’air était embêtante pour les gens mais qu’elle n’était pas responsable de la mortalité. Les chiffres sont pourtant très clairs : 1,1 million de décès prématurés sont attribués à ce phénomène chaque année dans son pays. Le ministre nous a fait comprendre que ce n’était pas nos affaires. Mais l’OMS n’est pas seulement là pour distribuer des masques comme on nous l’a demandé. Quand il y a un incendie dans une forêt, il faut évacuer les gens, mais il faut surtout éteindre le feu en s’attaquant à ses causes.

En 2020, l’Europe doit abaisser la limite d’exposition aux particules fines PM 2,5 mais à un taux encore deux fois supérieur aux recommandations de l’OMS. En fait-elle assez pour protéger ses citoyens ?

Plus on baisse le niveau de particules fines, mieux ce sera pour nous tous. A l’OMS, nous sommes plus exigeants. Et nous devrions l’être tous car il n’y a pas de niveau acceptable. Zéro émission, ce serait souhaitable. On est en train de réviser les standards de la qualité de l’air. Car l’Europe doit servir de modèle, de locomotive.

On a la preuve scientifique aujourd’hui que les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires mais aussi dans le système cardio-vasculaire. Actuellement, on est fixé sur les PM 2,5 parce que c’est le sujet sur lequel on a le plus de données. Mais on va être de plus en plus ambitieux.

Les études scientifiques alertent depuis les années 1980 sur les dangers du diesel. Pourquoi a-t-il fallu attendre 2012 pour qu’il soit classé cancérogène par l’OMS ?

Promouvoir le diesel pour réduire les émissions de CO2 est peut-être une erreur qu’on a faite au nom du changement climatique. Malheureusement, il y a eu un impact dommageable sur la santé. Il faut désormais inclure la réflexion sur la santé publique dans les décisions prioritaires à prendre dans le cadre de la lutte contre le réchauffement.

Comment expliquez-vous que certains pays de l’UE affichent encore une fiscalité jusqu’à 50 % plus favorable pour le diesel ?

Malheureusement, il y a beaucoup de décisions politiques qui échappent aux acteurs de la santé publique, au nom des intérêts économiques et de l’emploi. Ce qui nous inquiète surtout aujourd’hui, c’est où va finir cette flotte de vieux véhicules diesel. Et j’ai déjà une petite idée : les marchés asiatique et surtout africain vont être inondés. On va encore répéter ce cycle d’erreurs.

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