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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 09:16

Viande et produits laitiers - l’État laisserait il les lobbies contrôler l’assiette de nos enfants ? Dans les cantines scolaires, entre deux et six fois trop de protéines sont servies aux enfants par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Partant de ce constat accablant, Greenpeace France a publié le 4 décembre 2017 un rapport à télécharger ici, résumé ci-dessous, qui démontre comment les représentants des filières viandes et produits laitiers influencent les recommandations officielles de l’État en matière d’achat pour la restauration scolaire.                  Sur ce sujet, aux Lilas, lire aussi Ces parents qui mijotent une cantine publique, Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre et Scandale sur la viande, et rejoignez le collectif de parents d'élèves lilasiens Pas d'usine, on cuisine, cf. page Face book https://www.facebook.com/Pas-dusine-on-cuisine-377940582369854/.

Un repas écologique servi dans une école maternelle à Guabiruba, au Brésil. © Peter Caron

Un repas écologique servi dans une école maternelle à Guabiruba, au Brésil. © Peter Caron

Un milliard de repas servis par an

La restauration scolaire, c’est plus d’un milliard de repas servis par an, de la maternelle au lycée. Près de sept millions d’élèves sont concernés. Plus de 80 000 tonnes de produits carnés et plus de 120 000 tonnes de produits laitiers sont distribués chaque année, pour un chiffre d’affaires de plus de 460 et 280 millions d’euros respectivement. Des chiffres qui semblent démesurés, et pour cause : à la cantine, on sert de la viande ou du poisson tous les jours ou presque. Or, cette surconsommation de protéines animales a des conséquences désastreuses sur la santé des enfants, mais aussi sur l’environnement.

Les impacts de cette surconsommation sur la santé des enfants

Une alimentation trop riche en graisses et en protéines animales peut entraîner une augmentation des maladies chroniques d’origine nutritionnelle, comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou encore les cancers, d’après un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les enfants ne sont pas épargnés par ce constat alarmant, puisqu’ils consomment au minimum deux fois trop de viande par rapport à leurs besoins nutritionnels. Pourquoi les menus des cantines scolaires sont-ils constitués presque uniquement de repas carnés, alors même que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) conseille de réduire la part des protéines animales au profit des protéines végétales ? En menant une enquête sur la restauration scolaire, Greenpeace France a découvert que les lobbies ont une réelle emprise sur les contenus des assiettes des cantines.

L’influence des lobbies sur les textes officiels - jusqu’à six fois trop de protéines dans l’assiette

Si l’on prend les chiffres, les recommandations nutritionnelles officielles du GEM-RCN conduisent à des apports en protéines démesurés en comparaison des recommandations nutritionnelles scientifiques (« Apport Nutritionnel Conseillé » ou ANC, établis par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, ANSES) :

* En ne prenant en compte que la portion de viande du plat principal et le produit laitier, les protéines contenues correspondent à plus de 200 % de l’ANC pour un enfant de 11 ans. Cela va jusqu’à plus de 400 % pour un enfant de 3 ans.

* Sur l’ensemble d’un repas (viande du plat principal et produit laitier mais aussi un peu de pain, pâtes et légumes), nous arrivons à plus de 600 % de l’ANC en protéines établi par l’ANSES pour un enfant de 6 ans.

Comparaison entre les Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) en protéines par l’ANSES et l’apport obtenu si on suit les quantités recommandées par le GEM-RCN aux cantines scolaires

Comparaison entre les Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) en protéines par l’ANSES et l’apport obtenu si on suit les quantités recommandées par le GEM-RCN aux cantines scolaires

Des instances de décisions totalement déséquilibrées

Les défenseurs d’intérêts privés pèsent au sein des instances de gouvernance du PNNS et du GEM-RCN, et en influencent les orientations.

Par exemple, au sein du GEM-RCN, un relevé de présence que Greenpeace s’est procuré, concernant l’année de réunions qui a précédé la dernière mise à jour des recommandations, permet de constater que :

•  les représentants de l’Etat (ministère de la Santé et ministère de l’Agriculture) ne sont pas présents aux réunions,

•  les scientifiques sont eux aussi absents,

•  les représentants des filières viandes et produits laitiers pèsent autant sur les décisions que les nutritionnistes, alors que ces derniers sont bénévoles et ont donc moins de moyens que des organisations aussi puissantes que l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) et le GécoFood, association qui regroupe tous les géants de l’industrie agro-alimentaire, qui sont eux bien présents.

Part des membres du GEM qui assistent à plus de 3 réunions par an

Part des membres du GEM qui assistent à plus de 3 réunions par an

Les lobbies de la viande et des produits laitiers jusque dans les écoles

 

Depuis plusieurs années, certains lobbies agro-alimentaires ont poussé les portes des écoles pour venir y « informer » les enfants sur les bienfaits de leurs produits, et les inciter ainsi, dès leur plus jeune âge, à les consommer. Il s’agit notamment des lobbies du lait, du sucre et plus récemment de la viande.

Des animations et ateliers sont proposés pour continuer à perpétuer ce mythe erroné que les protéines animales sont indispensables à tous les repas.

L’exemple d’Interbev (interprofession du bétail et de la viande) : Interbev, c’est un budget annuel de 36,5 millions d’euros en 2016, dont 20 millions (55 %) sont consacrés directement à la communication. C’est également une organisation de lobbying politique, en France et en Europe.

Elle a déclaré entre 100 000 et 150 000 euros dépensés pour des activités directes de représentation d’intérêts à l’Assemblée nationale en 2013, et entre 100 000 et 200 000 euros pour sa représentation à l’Union européenne en 2016.

Parmi ses nombreuses activités « informatives », Interbev propose des activités pédagogiques et intervient directement dans les écoles pour promouvoir des kits comme celui intitulé « La Planète, les Hommes, les Bêtes » (un dispositif soutenu par le gouvernement). Ces supports font bien sûr la part belle aux viandes et à l’élevage, et passent sous silence ou minimisent les bienfaits des protéines d’origine végétale qui peuvent également contribuer à l’équilibre alimentaire.

 

L’exemple du Cniel (interprofession du lait)

 

Le Cniel, avec son slogan « Les produits laitiers sont vos amis pour la vie », représente un budget de 40 millions d’euros en 2016. Il reçoit également des financements publics de la France et de l’Union européenne pour certaines actions de communication, à savoir 7,4 millions d’euros en 2016. Au total, le Cniel a ainsi consacré 29 millions d’euros à la communication de la filière et à la promotion des produits laitiers en 2016, soit plus de 60 % de son budget total.

En 2009, le Cniel a par exemple lancé la campagne « À table pour grandir » dans les classes de CM1-CM2, dont « l’objectif est d’aider les enfants à mettre en pratique le repère de consommation de 3 à 4 produits laitiers par jour », programme qui a déjà touché près de 125 000 enfants. Le Cniel a également des partenariats avec l’Education nationale et certaines Inspections académiques.

Pour Greenpeace France, ces défenseurs d’intérêts privés n’ont strictement rien à faire dans les écoles. S’il est compréhensible que l’Éducation nationale et ses personnels cherchent à s’informer auprès d’acteurs extérieurs et à mettre à jour régulièrement les contenus pédagogiques destinés aux enfants, il n’apparaît pas normal que sur certains sujets – ici les produits laitiers, la viande, le sucre et même le goût –, ces contenus proviennent d’organisations dont l’objet même est de défendre les professionnels qu’ils représentent et les produits issus de leurs filières. Cela semble encore plus scandaleux quand ces derniers entendent apporter une éducation à la santé, en ne s’appuyant que sur des contenus issus de leurs propres centres de ressources et publications scientifiques.

 

Quelques données sur l’impact de l’élevage

 

La surconsommation et la surproduction de viande a un impact dévastateur sur l’environnement. L’élevage est responsable de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, d’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La fermentation entérique des animaux produit du méthane et l’entretien des terres est l’une des causes des émissions de CO2 et de protoxyde d’azote. L’élevage contribue aussi à la déforestation car les terres boisées sont rasées pour en faire des zones de pâturage pour le bétail ou pour produire des cultures qui sont ensuite utilisées pour nourrir les animaux.  L’élevage industriel détériore les ressources en eau en perturbant les équilibres et en polluant les cours d’eau.

Côté santé, l’alimentation d’aujourd’hui, riche en graisses et centrée autour d’aliments d’origine animale, a entraîné une augmentation des maladies chroniques d’origine nutritionnelle (obésité, diabète...). Pour les enfants, un fort apport en protéines animales, et en particulier celles issues de produits laitiers, à l’âge de 12 mois pourrait être associé à des problèmes de surpoids à l’âge de 7 ans. Enfin, l’antibiorésistance, liée à l’élevage industriel, est aujourd’hui une menace majeure et mondiale.

 

Les mesures que l’État doit mettre en œuvre selon Greenpeace

1 -Réformer en profondeur la gouvernance des politiques publiques en matière d’alimentation.

2 - Assurer les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ces politiques en faveur d’une alimentation plus saine et plus durable. Par exemple, la formation des personnels de cuisine aux notions d’équilibre nutritionnel, l’accompagnement pédagogique des élèves pendant les repas ou encore celui des collectivités locales, pour qu’elles puissent s’approvisionner en produits locaux, sains, de saison, le moins transformés possible, à dominante végétale et biologique.

3 - Interdire les interventions des lobbies de la viande et des produits laitiers dans les écoles.

Ces interventions viennent pallier les lacunes de l’État en la matière, qui doit donc allouer des budgets au développement d’outils pédagogiques objectifs.

4 - Introduire deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires, à horizon 2020.

5 - Augmenter la part du bio dans toute la restauration scolaire, issu le plus souvent possible de filières locales, pour garantir une alimentation sans pesticides, sans OGM, sans additifs chimiques.

Pour des menus plus éco-responsables à la cantine

Modifier la constitution des menus dans les cantines scolaires, c’est agir sur un milliard de repas distribués chaque année, et donc limiter de façon non négligeable les conséquences désastreuses de l’élevage industriel sur le climat. Il est urgent de stopper la surconsommation de viande et de produits laitiers dans les cantines !

Vous pouvez signer ici la pétition de Greenpeace

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