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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 09:05

Au palais du littoral de la ville du Nord, près de 2 000 personnes ont participé, les 1er et 2 mars, à la première Convention nationale sur l’accueil et les migrations destinée à infléchir la politique d’accueil des migrants en s’inspirant d’expériences locales. D’après Eugénie Barbezat le 4 mars 2018 pour l’Humanité. Lire aussi 470 associations lancent les États généraux des migrations pour soutenir les lanceurs d'accueil, Monsieur le Président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure et L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui.

L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe

Durant deux jours, le palais du littoral de Grande-Synthe a été en effervescence. Dans cette ville du Nord devenue un symbole en parvenant à imposer à l’État l’ouverture d’un camp humanitaire pour les migrants, 2 000 militants associatifs, citoyens, élus et chercheurs se sont réunis, jeudi et vendredi, pour participer à la première convention nationale pour l’accueil des migrants. Avec un ordre du jour : partager les expériences réussies d’intégration et montrer ensemble qu’une autre politique migratoire est possible. Dès le départ, les débats ont permis de « mettre un coup de projecteur sur ce qui fonctionne en matière d’accueil, de complémentarité entre les associations, les citoyens et les collectivités locales », souligne Damien Carême, maire écologiste de Grande-Synthe. Ils ont aussi permis aux militants et aux élus qui luttent au quotidien de se rencontrer et de développer des convergences. « Nous retrouver nous fait énormément de bien, cela nous donne de la force, on réalise que l’on n’est pas seuls à agir », témoigne Geneviève Jacques, présidente de la Cimade.

L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe
L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe

Le rejet des migrants n’est pas une fatalité. C’est ce qu’a permis de mettre en lumière la convention en se penchant sur la situation de ces villes et villages où des migrants ont été répartis dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO) ouverts à la suite de l’évacuation de la « jungle » de Calais. « À chaque fois, au départ, il y avait une hostilité du maire et de la population. Mais, dans 99 % des cas, au bout de six mois, la situation s’est inversée. Non seulement cela s’est arrangé au niveau des élus mais, surtout, la population est venue donner un coup de main », souligne Patrick Doutreligne, le président de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux). Une analyse partagée par nombre de citoyens venus apporter leurs témoignages. « Des enfants syriens sont venus dans ma classe et j’ai compris toutes les conséquences de la guerre chez eux. Quand je vois des gens dans la rue, je leur apporte des vêtements chauds, on n’a pas besoin d’être adulte ou de faire partie d’une association pour aider », a expliqué Rose, une collégienne de 13 ans. D’autres se sont interrogés sur les modalités de leur participation. « Comment aider ? À qui s’adresser pour proposer nos compétences, nos idées ? », s’interroge une jeune Dunkerquoise. Pour Patrick Doutreligne, il y a un problème de « doxocratie, c’est-à-dire, pour reprendre Platon, le pouvoir de ceux qui pensent connaître l’opinion. Les politiques sont persuadés que l’opinion est défavorable ou mitigée sur l’accueil des migrants et qu’il faut se montrer très ferme, mais ils ont tort ».

« Contrer l’instrumentalisation de la peur de l’autre »

« Nous pouvons opposer des vérités scientifiques aux mensonges sur les exilés », affirme l’anthropologue Michel Agier, qui dirige le programme de recherche participatif Babels, destiné à sortir du « gouffre d’ignorance » qui caractérise les polémiques sur l’accueil des réfugiés. « La plupart des chiffres qui circulent à la télévision ou dans la bouche de nos gouvernants sont faux ou totalement instrumentalisés. Nous ne sommes pas face à une invasion. Il y a 504 millions d’habitants dans l’Union européenne et seulement 3,4 millions de titres de séjour délivrés, dont 7 % en France. » Autre idée reçue dénoncée par la politiste Catherine Wihtol de Wenden : « En France, on pense que plus on accueille mal les migrants, moins ça fera un “appel d’air”, toutes les études prouvent le contraire ! » Reconnaissant la nécessité de livrer bataille contre ces fake news, Benoît Hamon, l’ex-candidat socialiste, dit espérer que cette convention sera « un point de départ pour contrer l’instrumentalisation de la peur de l’autre comme ciment social ».

Face à la diversité de la situation, il n’y a pas de réponse universelle. C’est un des constats qui s’est dégagé au fil des débats. Dans les villes qui servent de points de passage comme Calais, Grande-Synthe, Briançon, Menton ou même Paris, les migrants n’ont souvent besoin que d’un lieu d’accueil pour se reposer, reprendre des forces avant de poursuivre leur route. Les localités choisies par les migrants pour s’installer, comme Nantes ou Grenoble, doivent, elles, s’engager dans l’accompagnement des nouveaux arrivants à travers la scolarisation, l’inclusion sociale et citoyenne, mais aussi pour les recherches d’emploi et de logement. Répondant à ces situations diverses, des centaines de collectifs militants et associatifs locaux ont développé des expertises en parallèle de celle des grandes organisations nationales. Rassemblés en réseau depuis juin 2017 dans le cadre des états généraux des migrations (EGM) pour partager leurs expériences et leurs savoir-faire, ces acteurs ont pu pour la première fois se réunir de visu à l’occasion des journées de Grande-Synthe. « L’idée est de permettre aux grosses organisations nationales d’avoir des retours précis et diversifiés de ce qui se passe sur le terrain, et aux petites associations locales de pouvoir se prévaloir du label EGM, pour avoir davantage de poids quand il s’agit d’interpeller les institutions locales », a précisé Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs International et initiatrice des EGM. Aujourd’hui, cette mise en commun, qui permet de faire l’inventaire des situations de déni de droits et de mettre en place des stratégies communes, est plébiscitée : la rencontre de Grande-Synthe a permis de réunir des collectifs militants, des associations, mais aussi des élus venus d’agglomérations allant du petit village de l’Aisne aux villes de Strasbourg et Nantes.

Mais les initiatives locales se heurtent à la politique de l’État, qui refuse d’accorder des droits aux réfugiés. « C’est l’État qui est hors la loi en empêchant les personnes de circuler », a martelé Cédric Herrou. L’agriculteur de la Roya, également président de l’association Défends ta citoyenneté, était venu à Grande-Synthe témoigner de l’acharnement dont il est victime à cause de ses actions de solidarité envers les migrants à la frontière franco-italienne. Damien Carême l’a rappelé : devant à la criminalisation de la solidarité, « il faut mettre l’État face à ses contradictions, faire appel à d’autres textes comme le Code de la famille et les règlements internationaux signés par la France, concernant les villes durables par exemple ». « Nous sommes dans un combat politique, a rappelé la députée PCF Elsa Faucillon. Et la loi asile immigration qui se prépare est une attaque violente à notre idéal républicain. » À Grande-Synthe, le maire n’a pas baissé les bras malgré l’incendie qui a ravagé le camp des migrants en avril 2017. Cet hiver, il a ouvert le gymnase de sa ville aux réfugiés. Parallèlement, il se bat « contre les accords passés entre Emmanuel Macron et Theresa May qui prévoient la fin des dispositifs d’accueil dans les villes côtières ». En évoquant la bataille qui se mène aussi au niveau européen pour obtenir la révision des accords « injustes et inefficaces » de Dublin, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a conclu : « C’est ici, à Grande-Synthe, que l’on est dans le sens de l’histoire. » Ce premier grand rassemblement aura sans doute contribué à démontrer que le réalisme et la sécurité sont du côté des solidaires et des hospitaliers.

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