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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 12:11

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique, estime dans une tribune ce collectif de scientifiques. Tribune publiée le 9 octobre 2018 dans Le Monde.

Ces dernières semaines, depuis la démission de Nicolas Hulot, les manifestes et articles dans les journaux se multiplient pour tirer la sonnette d’alarme et appeler les pouvoirs publics à engager une action vigoureuse et immédiate en faveur de l’environnement : réduire notre consommation d’énergie polluante et notre production de déchets, accroître l’efficacité environnementale de nos modes de production, etc.

Mais il est frappant de constater que la croissance démographique est la grande absente de ces prises de position : on fait comme si démographie et environnement étaient deux sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés.

En effet, si les efforts pour améliorer l’efficacité environnementale des pays développés restent la première priorité à court terme, à moyen et long terme, les effets combinés de la croissance à venir de la population et de l’augmentation inéluctable de la consommation par habitant (à la fois dans les pays développés et encore plus dans les pays en voie de développement) conduisent à une véritable catastrophe pour notre planète : destruction de la biodiversité, ressources en eau menacées, montée des eaux par fonte des glaciers, raréfaction des ressources halieutiques, épuisement et salinisation des terres cultivées, réchauffement de plus de 5 °C en 2100 en France avec des pointes à plus de 50 °C, déplacements massifs de populations.

Pour éviter cette catastrophe il faudra, donc, et avant tout dans les pays développés, réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre : c’est la transition énergétique. Mais on ne pourra pas faire l’impasse sur une réduction importante de l’accroissement de la population mondiale : c’est la transition démographique, non achevée dans bien des régions du monde.

11,2 milliards d’humains en 2100 ?

La population mondiale a déjà crû de façon exponentielle : elle est passée de 2 à 7,6 milliards entre 1950 et 2017 ! Les dernières prévisions démographiques de l’ONU, qui datent de 2017 et qui font autorité en la matière, nous indiquent dans une hypothèse moyenne que la population mondiale atteindra 8,6 milliards en 2030, 9,8 en 2050 et 11,2 en 2100. Et il est intéressant de noter que ces projections moyennes ont une tendance nette à la hausse : en 2011, l’ONU prévoyait 10,1 milliards d’habitants en 2100… Tous les continents sont concernés, mais l’Afrique concentrera un peu plus de 50 % de cette croissance d’ici à 2050 et plus de 85 % d’ici à 2100 (le continent est supposé, toujours selon l’hypothèse moyenne, atteindre 4,3 milliards d’habitants en 2100).

En pleine COP23, qui se tenait à Bonn (Allemagne) en 2017, 15 000 scientifiques du monde entier ont publié un appel urgent concernant l’habitabilité de la planète. Il y est recommandé entre autres des mesures démographiques allant dans le sens d’une forte réduction du taux de fécondité. Cela concerne plusieurs régions du monde, mais nous prenons ici l’exemple de l’Afrique, de par sa proximité culturelle avec la France, et parce qu’il s’y est produit un événement important auquel nous proposons de réagir positivement.

Il s’agit de la conférence de Ouagadougou (Burkina Faso) de juillet 2017 au cours de laquelle les présidents des Parlements des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) plus le Tchad et la Mauritanie ont élaboré une charte. Conscients qu’une trop forte démographie est un obstacle à leur développement économique, ils se sont engagés à œuvrer pour faire baisser leurs indices de fécondité respectifs à trois enfants par femme au plus d’ici à 2030.

Ils partent de l’idée que c’est aux femmes de décider combien elles veulent d’enfants, quand et avec qui. Mais il faut qu’elles soient éduquées, il faut des agents de santé qui aillent à domicile pour proposer une gamme de contraceptifs, il faut diffuser des messages audios à la communauté dans les différents dialectes, en utilisant par exemple les téléphones portables.

Tout cela est possible : certains pays, comme l’Ethiopie par exemple, ont dégagé des moyens et obtenu des résultats fort encourageants.

Se servir du financement de la COP21

Tout cela coûte cher, mais peut être financé dans le cadre de budgets déjà décidés, sans engagements supplémentaires. Les signataires demandent que la France et l’Europe aident ces courageux Etats africains à mettre en place leur programme de baisse de la fécondité. Dans le cadre des accords signés lors de la COP21 à Paris en 2015, les pays riches se sont engagés à verser aux pays moins riches 100 milliards de dollars par an pour lutter contre le changement climatique.

Comme il est clair que la démographie a un impact direct sur les augmentations de dioxyde de carbone et sur le climat, il est parfaitement légitime de consacrer une part significative de cette aide aux programmes de « santé reproductive », terme utilisé pour désigner la contraception et le planning familial. Une telle politique offrirait aussi la possibilité d’améliorer le bien-être et la qualité de vie des femmes qui sont le plus souvent les premières à souffrir de la situation actuelle.

Il faut aussi tout faire pour favoriser le développement économique des régions pauvres à forte natalité, car c’est un des meilleurs moyens, grâce en particulier à l’éducation des femmes, de les amener à changer leurs comportements et à réduire le nombre de leurs enfants.

C’est sans doute le défi le plus important que nous ayons collectivement à résoudre dans les vingt prochaines années. Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue pour sauver l’habitabilité de notre planète d’un désastre annoncé. Car il n’ y a pas de planète B.

Liste des signataires : Jean-Claude André, Académie des sciences ; Jacques Bentz, président Tecnet participations ; Jean-Loup Bertaux, planétologue, directeur de recherche émérite CNRS, Académie de l’air et de l’espace ; Albert Bijaoui, astrophysicien, Académie des sciences ; Jacques Blamont, conseiller auprès du président du CNES, Académie des sciences ; Philippe Blime, chef d’entreprise ; Christian Bordé, physicien, Académie des sciences ; Roger-Maurice Bonnet, ancien directeur scientifique de l’Agence spatiale européenne ; Guy Brasseur, ancien directeur à l’Institut Max Planck de météorologie de Hambourg (Allemagne) et directeur associé du National Center for Atmospheric Research (Etats-Unis) ; Marie-Lise Chanin, Académie des sciences ; Claude Darmon, chef d’entreprise ; Bruno David, président du Museum national d’histoire naturelle ; Bernard Esambert, président de l’Institut Georges Pompidou ; François Forget, planétologue, Académie des sciences ; Alain Hauchecorne, Académie de l’air et de l’espace ; Georges Jobert, professeur honoraire université P.-et-M.-Curie ; Rosine Lallement, Académies des sciences des Etats-Unis et de Russie ; Serge Michaïlof, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et à la Fondation pour la recherche en développement international (Ferdi) ; Michel Pébereau, Académie des sciences morales et politiques ; Jean-Claude Pecker, astrophysicien, Académie des sciences ; Philippe Waldteufel, directeur de recherche émérite CNRS.

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commentaires

vinel 24/10/2018 01:05

Voila une idée ou proposition de haut fonctionnaire.
A t on vu qq part un frein apporté à l'évolution de la population à moins que,une dictature mondiale se précise,et pour quelle fin?
Je n'avais pas pris en compte que cela émane de scientifiques!tout se comprend!

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