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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 09:23

La conférence internationale consacrée à la préservation du vivant s’est conclue le 29 novembre en Égypte. Elle ouvre la voie à deux ans de négociations censées accoucher, en 2020, d’un nouveau cadre d’action mondiale pour sauver les espèces et les écosystèmes. D’après Marie-Noëlle Bertrand le jeudi 29 novembre 2018 pour l’Humanité.                                                              Localement, nous avons participé aux Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre. Lire aussi Sur tous les continents, la nature et le bien-être humain sont en danger, Le plan de Nicolas Hulot pour sauver la biodiversité ne répond pas à l’artificialisation des sols  et Les échanges commerciaux qui menacent la vie sauvage.

Les scientifiques s’accordent à dire que la 6e extinction massive des espèces nous pend au nez, l’érosion du vivant ne cesse de s’accélérer. Antonio Scorza/AFP

Les scientifiques s’accordent à dire que la 6e extinction massive des espèces nous pend au nez, l’érosion du vivant ne cesse de s’accélérer. Antonio Scorza/AFP

Vaste, interconnectée et furieusement menacée par certaines activités humaines, la biodiversité est d’abord un néologisme, la synthèse des mots diversité et biologie prononcé pour la première fois en 1984 par le biologiste Edward O. Wilson, marqué par la généralisation de l’idée qu’une crise aiguë menace le vivant. De fait, la biodiversité est un concept bien plus vaste que la simple collection d’espèces animales et végétales. « C’est la diversité de la vie à tous ses niveaux d’organisation, du gène jusqu’aux écosystèmes », relève la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, sur son site. Certes, elle comprend l’ensemble des êtres vivants. Mais elle définit aussi les interactions qui les relient entre eux et avec le milieu où ils vivent. Les humains en sont une des composantes, et interagissent dans le temps et dans l’espace avec les autres.

On a compris, dès le XVIIIe siècle, que l’être humain pouvait provoquer la disparition d’espèces. Le dodo, oiseau de l’île Maurice, a été le premier à en faire les frais. En revanche, il n’existe pas d’unité commune permettant de qualifier la globalité des dégradations dont souffre le tissu vivant de la planète, par définition trop divers. Reste que des indicateurs fiables existent. La liste rouge des espèces animales en danger d’extinction, installée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en 2000, est de ceux reconnus. « Nous travaillons à en construire d’autres, entre autres pour les écosystèmes », explique Cyriaque Sendashonga, directrice des politiques de l’UICN.

Les principales causes de cette érosion de la biodiversité sont connues, identifiées, incontestées. La destruction des forêts, des sols ou autres écosystèmes du fait de l’urbanisation, de l’extractivisme ou encore de l’intensification agricole, arrive en tête de liste. En mars 2018, l’Ipbes, équivalent du Giec dédié à la biodiversité, établissait que seul un quart des terres n’est pas ou peu affecté par les activités humaines. Les zones humides sont les biotopes les plus touchés, avec une perte de 87 % de leur étendue à l’ère moderne. La surexploitation des ressources, la pollution, l’essor des espèces invasives et enfin le réchauffement climatique complètent la liste des causes majeures de l’érosion de la biodiversité.

Les zones humides sont les biotopes les plus touchés, avec une perte de 87 % de leur étendue à l’ère moderne. Ici le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète en territoire brésilien, dans l'État du Mato Grosso. Photo Carl de Souaz/AFP

Les zones humides sont les biotopes les plus touchés, avec une perte de 87 % de leur étendue à l’ère moderne. Ici le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète en territoire brésilien, dans l'État du Mato Grosso. Photo Carl de Souaz/AFP

Un nouveau pacte mondial pour la biodiversité en 2020 ?

L’érosion de la biodiversité a beau être éclatante, elle peine à sortir de l’ombre que lui fait la crise climatique. La COP14 sur la diversité biologique, cousine silencieuse, pour ne pas dire aphone, de la COP24 sur le climat, s’est déroulée du 17 au 29 novembre à Charm el-Cheikh, sans avoir réussi à se faire entendre. Ce rendez-vous, orchestré par l’ONU, marquait pourtant un moment charnière de la mobilisation internationale contre la disparition des espèces végétales et animales. Avec lui démarre un cycle de négociations qui va durer deux ans : en 2020, la communauté mondiale devra s’entendre autour d’un futur cadre de lutte pour la préservation de la biodiversité. Accord, protocole, traité… simple document politique ? Sa nature n’est pas encore arrêtée. Quoi qu’il en soit, c’est lui qui définira la stratégie que les 196 États parties prenantes du processus suivront jusqu’en 2030, afin d’enrailler la 6e extinction massive des espèces, dont les scientifiques s’accordent à dire qu’elle nous pend au nez. En bref, il sera, pour le vivant, ce qu’est l’accord de Paris pour le climat.

Échec sur toute la ligne pour les objectifs d’Aïchi

Car tous les indicateurs le montrent : l’érosion du vivant ne cesse de s’accélérer. Les populations d’animaux vertébrés n’ont jamais décliné à un rythme aussi rapide, aujourd’hui 100 à 1 000 fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques, rappelle ainsi le WWF en octobre, dans son rapport annuel sur l’état de la planète publié en octobre (lire encadré). Qu’elles portent sur les oiseaux, les abeilles, voire sur des écosystèmes entiers, qu’ils proviennent d’ONG, d’équipes scientifiques ou de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), les synthèses alarmantes se multiplient, offrant toutes des perspectives peu réjouissantes (voir ci-dessus).

Et pourtant, depuis 1992, date de la création de la convention sur la diversité biologique (CDB), chargée de piloter le travail diplomatique dédié à la question, trois stratégies mondiales se sont succédé visant enrayer le phénomène.

La dernière en date remonte à 2010. Adoptée au Japon, lors de la COP10, baptisée « objectifs d’Aïchi », elle établissait vingt cibles à atteindre pour 2020. Entre autres celles de diviser par deux le taux de perte des habitats naturels, de créer des aires protégées sur 17 % des surfaces terrestres et 10 % des zones maritimes, de restaurer au moins 15 % des espaces dégradés ou encore de réduire au minimum les pressions anthropiques (liées aux activités humaines) exercées sur les récifs coralliens et les autres écosystèmes marins vulnérables.

Huit ans après, seules ont progressé les créations d’aires protégées. Les autres objectifs sont pour ainsi dire au point mort. Très logiquement, le constat est le même pour les précédents engagements internationaux : tous, à ce jour, ont failli.

La vogue des réserves exclusives passée de mode

« Savoir pourquoi l’on échoue à agir est compliqué et pourtant finalement assez simple », relève Aleksandar Rankovic, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). « Dès 2002, un premier bilan avait permis d’identifier une trentaine de problèmes, qui restent d’actualité. » Tous peuvent se synthétiser en un seul : le manque de volonté politique des États à transformer les choses en profondeur. « On peut créer toutes les aires protégées que l’on veut – et il en faut ! –, cela ne changera pas le problème sur le fond : nous restons partout pris par des contradictions entre les actions entreprises en faveur de la biodiversité et le modèle de développement actuel. » Visés, par le scientifique, les systèmes d’agriculture ou de pêche intensifs, la surexploitation des ressources, l’extraction minière ou encore les agrocarburants, dont l’essor grignote un peu plus les écosystèmes, entre autres forestiers. Autant de facteurs d’érosion de la biodiversité clairement identifiés, au point de ne quasiment plus faire débat.

« Contrairement à ce qui se passe dans le cadre des négociations climatiques, celles consacrées à la biodiversité abordent de front les responsabilités sectorielles », reprend Aleksandar Rankovic. La cible n° 3 des objectifs d’Aïchi commandait ainsi l’élimination des subventions néfastes à la biodiversité – autrement dit, celles accordées aux activités écocides. La cible n° 4 intimait les gouvernements à prendre des mesures « pour assurer une production et une consommation durables ». Mais les pays, ceux d’Europe singulièrement, « restent ancrés sur leurs vieux modèles », conclut le chercheur, lesquels continuent d’exercer une pression insoutenable sur le tissu vivant de la planète.

Longtemps, on aura tenté de contourner le problème. La vogue de créer d’immenses réserves exclusives, en Afrique ou en Amérique latine, interdisant toute forme d’activités humaines au point d’empêcher celles de populations autochtones, n’a plus le vent en poupe. Le principe, émergé au début des années 1990, de donner une valeur financière à la nature pour mieux la défendre est en revanche toujours d’actualité. « On a pu voir, au cours du temps, plusieurs projets de marchandisation, portés par l’idée très libérale selon laquelle on ne réussira à conserver la biodiversité que si cela rapporte, ou au moins que si l’on estime qu’elle a de la valeur », explique Valérie Boisvert, chercheuse à la faculté des géosciences et de l’environnement de Lausanne, en Suisse. Une vision pragmatique, supposée, aussi, parler aux décideurs. « Les milieux de la conservation eux-mêmes se sont convaincus qu’il n’y avait que cela qui parlerait aux gens », poursuit la scientifique.

Le mirage de la financiarisation fait long feu

Prenant pour modèle le rapport Stern, qui, en 2007, donnait une évaluation chiffrée des coûts induits par le réchauffement climatique, une flopée d’études ont fleuri pour démontrer ceux qu’aura la disparition des abeilles ou encore des mangroves. Dans la foulée, étaient créés des instruments de marché de la biodiversité, soutenus par l’idée que la nature regorgeait de ressources, entre autres génétiques, exploitables par milliers. Cette conviction ne devait pas manquer d’allécher les industriels, singulièrement ceux du secteur pharmaceutique, et les rendre du même coup désireux de protéger ce capital vivant. « Le problème, reprend Valérie Boisvert, c’est que cela reste de l’ordre de l’imaginaire. Donner un prix à ce qui n’en a pas est toujours compliqué. Quand on parle de quelque chose de vital, de grand cycle biogéochimique, de la présence d’espèces sur terre qui ne sont pas du domaine du marchand, ça n’a pas beaucoup de chance d’évaluer monétairement. » De fait, le mirage a passé, d’autant plus que les industriels ont vite appris à synthétiser les molécules dont ils avaient besoin.

A ce sujet, lire les analyses de Razmig Keucheyan sur ce blog, entre autre Quand la finance se branche sur la nature.

La question, cependant, continue de phagocyter les débats internationaux. Les problèmes éthiques qu’elle pose en matière d’accès et de partage des bénéfices, même limités, engendrés par l’exploitation de ces ressources génétiques, restent objet de conflits entre les pays dits du Nord et ceux dits du Sud. Schématiquement, ces derniers, qui ne disposent ni des mêmes forces industrielles, ni de la même recherche publique, mais qui abritent l’essentiel de la biodiversité mondiale, redoutent d’être, une fois de plus, les dindons de la farce. Un risque à conjurer d’autant plus vite qu’il contribue à ralentir, pour l’heure, les autres prises de décision.

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