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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 09:08

Avec la diffusion de l’agriculture et l’apparition des États, le Néolithique, fin de la Préhistoire, a longtemps été perçue comme le début des progrès de l’humanité. Mais, à l’heure du réchauffement climatique, se dessine un portrait plus nuancé de cette période marquée par de grands défrichements et la naissance des inégalités : l’aube de la crise écologique ? L’anthropologue américain James C. Scott relit les bouleversements du Néolithique. Il affirme que la naissance de l’Etat n’avait rien d’inéluctable, et que la vie «barbare» était bien plus enviable. Par Jean-Yves Grenier le 27 février 2019 pour Libération à propos de « Homo Domesticus » de James C. Scott (ed. La Découverte).

Homo domesticus, de James C. Scott

Nul doute : la naissance de l’agriculture au Néolithique, puis de l’État vers la fin du IVe millénaire est à l’origine de la civilisation. Dans ce livre passionnant de bout en bout, James C. Scott, anthropologue renommé de la Yale University, ne remet pas en cause ce grand récit mais l’explication qu’on lui en donne. Il propose ainsi une autre histoire du commencement des sociétés humaines, introduisant une chronologie plus complexe. Il suggère surtout une analyse de l’avènement de l’État qui va à rebours de bien des certitudes.

La transformation par l’être humain de son environnement naturel est bien antérieure au Néolithique, estime Scott, qui situe ce moment à la domestication du feu. Les premiers feux d’origine anthropique remontent au moins à 400 000 ans, soit bien avant l’apparition des êtres humains modernes du point de vue anatomique (200 000 ans). La cuisson des aliments favorisant la digestion, l’Homo sapiens a pu dès lors se contenter d’une quantité bien moindre de nourriture. Ces gains d’efficacité nutritionnelle ont comme conséquence à la fois une notable augmentation de la taille du cerveau et une concentration accrue des populations. Les établissements sédentaires apparaissent cependant bien plus tard (vers 12 000 avant notre ère) quand des populations de chasseurs-cueilleurs s’installent dans des zones humides (Mésopotamie ou la vallée du fleuve Jaune, en Chine), dont les ressources alimentaires variées et abondantes mettent fin à leur nomadisme. La sédentarité, insiste Scott, n’est donc pas liée à l’agriculture et, au début, les céréales ne sont qu’un complément alimentaire. Elles s’imposent ensuite, peu à peu, du fait de la pression démographique et de la difficulté des populations sédentaires à extraire toujours plus de ressources de leur environnement. C’est donc un choix contraint. «Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’ils exigeaient.»

Cette naissance de l’agriculture doit-elle être comprise comme un «processus de civilisation», s’interroge Scott ? Sa réponse est négative. Les activités exigeantes et routinières des agriculteurs sont synonymes de discipline et de soumission à un travail ordonné jusqu’alors inconnu de l’espèce humaine. La moindre variété des ressources consommées a appauvri le régime alimentaire sans lui offrir de meilleures garanties en termes de subsistance, la dépendance à l’égard du climat devenant de plus en plus forte.

Sédentarité et agriculture rendaient possible, mais pas inéluctable, la naissance de l’État. En Basse-Mésopotamie, les villages néolithiques autonomes se maintiennent pendant au moins deux millénaires. Mais l’apparition d’une longue période sèche entre 3 500 et 2 500 avant notre ère provoqua une concentration accrue et un affaiblissement des populations, condition idéale pour l’émergence de l’État. Ce dernier leur assure aide et protection en échange d’un contrôle des richesses par le biais de l’impôt. Il est frappant de constater que les premiers grands États de l’Antiquité - Mésopotamie, Egypte, vallée de l’Indus, fleuve Jaune - «sont tous des États céréaliers». La raison, selon l’auteur, est que seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt du fait de leur divisibilité, de leur visibilité, ainsi que de la possibilité de les stocker et de les transporter. Une richesse fiscale idéale. Aucune autre plante ne possède toutes ces caractéristiques. A l’encontre de ceux qui pensent que des élites bienveillantes ont créé l’État pour être au service de la communauté, Scott affirme au contraire qu’il est «à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres» ! Contrôler et mettre au travail le plus grand nombre d’individus, voilà le premier objectif de l’État. En Basse-Mésopotamie, pendant ses deux premiers millénaires d’existence, l’État mène des guerres moins pour faire des conquêtes que pour soumettre de nouvelles populations ou empêcher les anciennes de fuir. Le recours massif à l’esclavage répond à la même exigence. Ces concentrations humaines - la ville d’Uruk, siège du premier État mésopotamien, compta peut-être jusqu’à 50 000 habitants - sont aussi la cause d’une grande fragilité, beaucoup d’États disparaissant après quelques générations. Outre le risque de révolte, les fortes densités favorisent les maladies. Beaucoup de celles qui nous sont familières (rougeole, diphtérie, etc.) sont apparues pour la première fois dans les États archaïques.

A l’inverse, insiste Scott, les populations nomades sont à la fois protégées des maladies et disposent d’une nourriture plus variée que les seules céréales. Elles «étaient souvent bien mieux nourries que les habitants des grands Etats, et leur vie était à la fois moins dure et plus longue». Ces populations nous sont cependant inconnues. L’histoire des peuples sans États est toujours écrite par les scribes des palais royaux, et pour eux, il ne s’agit que de «barbares».

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