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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 11:53

Agnès Sinaï, journaliste spécialisée en environnement, fait partie des tenants de la théorie de la collapsologie. Celle-ci prédit un effondrement brutal de la société industrielle et envisage les solutions que pourra déployer la population pour y faire face. Ainsi, Agnès Sinaï invite élus et collectivités à infléchir leurs politiques publiques afin de bâtir un modèle plus résilient. Entretien de Laura Fernandez Rodriguez et Romain Gaspar publié le 15 octobre 2019 par La Gazette des communes. Lire aussi Pour éviter la catastrophe, il faut la considérer comme certaine, selon Pablo Servigne, Effondrement et justice sociale, Il faut immédiatement mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle et Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050.

Agnès Sinaï, par V. Vincenzo / La Gazette

Agnès Sinaï, par V. Vincenzo / La Gazette

Se définir collapsologue (néologisme issu du latin « collapsus », « s’écrouler », et du suffixe « logos », « discours ») et prédire un effondrement de la société industrielle n’est pas commun. C’est pourtant ce qu’a fait la journaliste spécialisée en environnement Agnès Sinaï, qui dit avoir eu « un déclic de conscience » en 2007 lorsqu’elle a réalisé « que l’humanité et les sociétés industrielles étaient un facteur de transformation accélérée de la terre ». Pour celle qui a initié dès 2010 un cours sur les politiques de décroissance à Sciences-po, il faut arrêter « de réfléchir en silo et essayer de penser l’interdépendance des phénomènes, afin d’avoir une vision d’ensemble ». En 2011, pour structurer le mouvement connu aujourd’hui sous le nom de collapsologie, elle fonde l’Institut Momentum, think tank qui s’intéresse aux issues de la société industrielle et aux transitions nécessaires pour amortir le choc social de la fin du pétrole.

Agnès Sinaï dérange certains scientifiques. Elle répond aux critiques : « Les membres sont bénévoles. Nous ne sommes pas un bureau d’études financé par les grandes entreprises et nous ne voulons pas l’être. » Elle a récemment réalisé, avec l’ex-député écologiste Yves Cochet et l’ingénieur Benoît Thévard, une étude sur le devenir de l'Île-de-France en 2050 parue sur ce blog, pour le think tank de la SNCF Forum vies mobiles. Ils ont imaginé à quoi ressemblerait la plus riche région de France à la suite d’un effondrement environnemental de grande ampleur. Il ne s’agissait pas de dérouler un scénario chaotique où la violence aurait pris le dessus, mais de dessiner une région rendue plus agréable à vivre, et qui aurait mis fin à un clivage délétère entre villes et campagnes. Agnès Sinaï plaide pour une cohérence réelle entre l’utilisation des fonds publics et des objectifs de résilience territoriale. En prévision de l’effondrement, elle invite élus et collectivités à infléchir leurs politiques publiques afin de bâtir un modèle plus résilient.

Comment les élus perçoivent-ils la collapsologie ?

Pour les élus, il est délicat de s’avouer collapsologues car ils doivent proposer aux citoyens une forme de sécurité qui est en contradiction avec notre constat d’un effondrement à venir. La collapsologie n’est pourtant ni pessimiste ni démobilisatrice. Elle prône une inflexion radicale des politiques publiques qui n’est pas facile à vivre pour un élu qui n’a pas toutes les clés. S’avouer collapsologue, c’est risquer de passer pour un fou, car la dominante du moment n’est pas celle-là. Mais, pour les élus, l’importance est à davantage de résilience des territoires face aux tensions climatiques, énergétiques, agricoles et économiques qui s’annoncent. Comment créer une sécurité face à ces risques ? Catastrophe climatique, crise financière, panne énergétique, électrique ou d’acheminement dans la mondialisation… L’élu local ne peut pas ne pas y penser.

Les citoyens sont souvent en avance sur leurs élus. Ils ouvrent la voie car les élus sont en retard sur ces questions. Les maires sont pourtant en première ligne, mais il faudrait les titiller davantage sur le sujet ! Les initiatives émergent encore trop souvent à la discrétion de la sensibilité des édiles, comme ce qu’a tenté Damien Carême (ex-maire EELV) à Grande-Synthe (Nord). L’approche du municipalisme portée par Murray Bookchin (militant et essayiste écologiste libertaire américain, ndlr) me semble une piste intéressante, pour repenser une démocratie locale plus forte. Il faut, en tout cas, réhabiliter la noblesse du commun, du communal, de la commune. On pourrait imaginer des assemblées plus variées, pourquoi pas par tirage au sort pour les citoyens, où les métiers, les associations, et les ressources naturelles seraient représentés, par le biais d’écologues venant nous parler de l’eau, de la terre, de l’air. Les conseils municipaux manquent encore de diversité et de parité.

A quels signaux faibles les collectivités doivent-elles se montrer attentives ?

Avec les prévisions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dont l’un des scénarios prévoit une hausse de 7 °C de la température d’ici 2100, les élus ne peuvent que mettre ces thèmes à leur agenda. Il faut observer les signaux faibles tels que les alertes climatiques, les sécheresses, le risque de crise alimentaire… L’hyperdépendance des territoires vis-à-vis de flux mondialisés, y compris énergétiques ou alimentaires, est vraiment à prendre au sérieux. Sur l’énergie par exemple, on vit dans l’illusion que tout fonctionne mais il faut imaginer que cela puisse ne plus être le cas parce que le système est très centralisé autour de quelques centrales nucléaires. Imaginons qu’il n’y ait plus d’eau autour d’elles pour les refroidir, ou qu’elles arrivent à terme dans dix ans. On est beaucoup trop dépendant de cet évangile des macrosystèmes techniques. Les citoyens ont besoin de reconquérir une certaine forme de souveraineté sur leur vie quotidienne. Il faut lutter contre leur impuissance face à ces réseaux mondialisés qui arrivent jusqu’au cœur des territoires.

Comment la notion de résilience peut-elle se développer sur nos territoires ?

Il y a énormément d’initiatives de la part des collectivités qui prennent ces questions au sérieux. Je ne jetterai pas la pierre aux élus locaux. Santé, transport, habitat, gestion des ressources… Les collectivités locales ont les leviers. Les grandes villes du monde s’organisent déjà à travers le C40 (le Cities Climate Leadership Group, une organisation qui rassemble 81 des plus grandes villes de 49 pays), qui vise à lutter contre le dérèglement climatique. D’ailleurs, dans la gouvernance mondiale et les COP, les collectivités demeurent dans un principe de réalité par rapport aux délégués, négociateurs et professionnels, qui gardent un langage technocratique.

En France aussi, certains élus sont en pointe. La ville de Paris a nommé un haut responsable de la résilience, rémunéré par la Fondation Rockefeller. A Avignon s’organise une mobilité douce avec le tramway dans les quartiers populaires. A Grande-Synthe, un revenu écologique est en test. Mais les forces conservatrices dominent encore. Notre planche de salut ne peut passer que par des éléments concrets des collectivités sur les transports en commun, la densification ou l’étalement urbain

En Ile-de-France, quels sont les grands risques que vous identifiez, et comment les dépasser ?

Nous avons réalisé un scénario à l’horizon 2050 selon trois hypothèses : l’effondrement du système a eu lieu, les territoires ont dû trouver une nouvelle forme d’autonomie (énergie, alimentation, mobilité) et une décroissance démographique en a résulté. Nous avons identifié trois grands risques, ayant la même cause : des réseaux contrôlés par très peu d’acteurs. Ainsi, le réseau énergétique et pétrolier qui alimente l’Ile-de-France dépend d’un pipeline arrivant du Havre. S’il ne fonctionne plus, il n’y a plus de carburant, or 96 % de la mobilité francilienne dépend des produits pétroliers. Autre point de vulnérabilité : l’agriculture. Le point d’entrée, Rungis, est dépendant des camions, des autoroutes. Et quasiment toute l’agriculture est exportée. On peut aussi s’interroger sur l’eau potable, même si un réel effort est mené par Eau de Paris.

Nous proposons de mobiliser 1,5 million d’actifs dans les 40 prochaines années pour participer à des travaux agricoles, avec une dimension coopérative de polymétiers, et où les habitants vivraient à 8 kilomètres maximum de leur travail. Nous passerions de 2,5 tonnes équivalent – pétrole par habitant par an à 1 tonne, soit le niveau de vie du début des années 60, ce qui n’est pas un sacrifice énorme, mais correspondrait à l’arrêt de l’utilisation massive de l’auto, à une dédensification et à une détertiarisation du système. On se déplacerait moins, on redéploierait les activités et la démographie en vidant Paris d’une part de ses habitants, ce qui repeuplerait des régions périphériques en déshérence. La ruralité retrouverait une plus juste considération.

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Biorégion, l’Ile-de-France après l’effondrement en 2050

L’institut Momentum a réalisé pour le Forum Vies Mobiles, un think tank de la SNCF, une étude de plus de 240 pages disséquant à quoi pourrait ressembler cette région après un effondrement. Les trois hypothèses testées étaient les suivantes : la prise de conscience a trop tardé et l’effondrement du système actuel a eu lieu, les territoires ont dû trouver une nouvelle forme d’autonomie en termes d’approvisionnement énergétique, de production alimentaire et de modes de déplacement, et une décroissance démographique d’envergure en a résulté. Trop dépendante à un réseau mondialisé et pas assez résiliente pour faire face aux crises, la région doit alors changer radicalement de visage, pour se réorganiser en plusieurs biorégions, plus autosuffisantes et résilientes.

Rapport sur l'Île-de-France après l'effondrement

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