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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:13

Depuis le début de la COP 25 à Madrid il y a une semaine, aucun État parmi les plus émetteurs de gaz à effet de serre n’a annoncé le moindre engagement immédiat, alors que la session inaugurale était explicitement conçue pour évoquer des mesures « à court terme ». Les négociations n’avancent pas, et les pays développés, dont la France, refusent toujours la mise en place d’un financement des pertes et dommages causés par des conditions climatiques plus extrêmes et par la montée des eaux liées au changement climatique. En l’absence de réglementation forte et d’un coût élevé, les marchés carbone permettent aux États de se dédouaner des exigences de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre. Le Chili a décidé de placer la question de la préservation des mers au cœur du sommet que le pays préside jusqu’au 13 décembre. D’après Reporterre et Martine Valo pour Le Monde le 07 décembre 2019. Lire aussi Alerte de l'ONU : après une décennie perdue pour le climat, les États s’éloignent toujours plus de leurs promesses de réduction des gaz à effet de serre, Les microplastiques sont omniprésents dans les grands fleuves européens comme dans les océans et Le réchauffement des océans accélère.

 Cent portraits du Président de la République dérobés dans les mairies de l'Hexagone ont été brandis dimanche 8 décembre à Paris pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de lutte pour l’environnement. THOMAS SAMSON/AFP

Cent portraits du Président de la République dérobés dans les mairies de l'Hexagone ont été brandis dimanche 8 décembre à Paris pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de lutte pour l’environnement. THOMAS SAMSON/AFP

L’océan est brièvement mentionné dans le préambule de l’accord de Paris de 2015 sur le climat : une petite place pour un gigantesque milieu qui occupe plus des deux tiers de la surface de la Terre. Encore a-t-il fallu attendre cette fameuse COP21 pour qu’il apparaisse, sous la pression conjointe de scientifiques et d’ONG, sur la scène des négociations internationales destinées à contenir le réchauffement planétaire.

Quatre ans plus tard, pour la COP25, le Chili a voulu lui consacrer deux journées, le 6 et le 7 décembre, et plus globalement présenter la 25e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) comme une « COP bleue » – même si celle-ci se tient à Madrid et non à Santiago comme prévu au départ.

Cette initiative du ministère de l’environnement chilien est un message probablement autant adressé au reste du monde qu’en interne. Santiago, qui s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 47 % d’ici à 2030, assure protéger 42 % de ses eaux, soit 1,3 million de kilomètres carrés de zones sur lesquelles veiller, trois fois plus qu’en 2010 – notamment avec une vaste aire marine autour de l’île de Pâques. Cependant, une bonne partie de ses plus de 5 000 km de côtes le long du Pacifique pâtissent de graves pollutions générées notamment par l’aquaculture et une pêche intense.

Mais quel rapport entre l’état de santé des écosystèmes marins et le système climatique ? C’est simple : de leurs interactions mutuelles à la fois chimiques et biologiques dépend la vie sur Terre. Car les océans produisent plus de la moitié de l’oxygène de cette planète et ils absorbent plus du quart du dioxyde de carbone (CO2) émis chaque année par les activités humaines. Ils ont également intégré plus de 90 % du réchauffement atmosphérique dû au surcroît de gaz à effet de serre depuis le milieu du XXe siècle. Autrement dit, sans eux, l’air serait déjà irrespirable.

Déroute de la cryosphère

L’un des processus complexes des échanges avec l’atmosphère repose sur la photosynthèse des algues, plantes aquatiques et cyanobactéries, et sur les cycles biologiques des organismes qui vont entraîner le CO2 vers les profondeurs. Les océans ont donc besoin d’écosystèmes vivants en bonne santé.

Or, avec le changement climatique, ils deviennent plus acides, se réchauffent, se dilatent et leurs niveaux s’élèvent. Réclamé lors de la COP21, le diagnostic rendu en septembre par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne laisse aucun doute : un emballement général est en train de bouleverser les fonds marins et cause la déroute de la cryosphère.

Les glaces fondent à vitesse redoublée, tandis que des canicules se multiplient au fond de l’eau, faisant blanchir les coraux et entraînant bien d’autres conséquences, pour certaines encore inconnues.

Il reste par ailleurs difficile de réaliser à quel point l’élévation du niveau des mers, qui pourrait atteindre 1,10 mètre par rapport à la période 1986-2005 selon le GIEC, va impacter les littoraux et contribuer à l’aggravation des épisodes météorologiques extrêmes. En France par exemple, le rapport rendu fin novembre par le député (La République en marche) de Vendée Stéphane Buchou sur l’érosion côtière indique que 650 km de littoral sont en recul, et se rétractent même de 50 centimètres par an pour 270 d’entre eux.

« Réseau global cohérent » d’aires marines protégées

Tout ce que l’océan compte de défenseurs au sein des fondations, des ONG et chez les scientifiques se fait entendre ces jours-ci pour ouvrir les yeux des décideurs réunis à Madrid : exposition de photos sous-marines dans l’enceinte de la COP par l’ONG Oceana, regroupements d’experts par l’initiative OneOcean, appels à mettre fin à la surpêche, rapports multiples…

La Plate-forme océan et climat – une alliance d’instituts de recherche, d’ONG, de musées, mais aussi des armateurs – publie pour l’occasion un nouveau plaidoyer. Elle demande entre autres à l’Organisation maritime internationale de bien vouloir « intégrer la pêche dans sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre » et aux Etats de poursuivre l’objectif de 30 % de l’océan sauvegardé d’ici à 2030 au moyen « d’un réseau global cohérent » d’aires marines protégées effectivement et durablement gérées « afin de restaurer d’urgence la biodiversité ».

Certains espèrent voir pris en compte les efforts de conservation et de protection des milieux marins au même titre que ceux des secteurs des transports ou de l’énergie par exemple. Ces mesures devraient donc selon eux figurer elles aussi dans les engagements que présentent les Etats membres de la CNUCC.

Les herbiers de posidonie, les forêts sous-marines de kelps, les palétuviers des littoraux stockent de grandes quantités de carbone. La capacité des mangroves en la matière serait dix fois supérieure à celle d’une forêt tempérée et même cinquante fois supérieure à celle d’une forêt tropicale, selon le copieux rapport de Greenpeace international publié le 4 décembre « sur la crise climatique et l’urgence de protéger au moins 30 % de l’océan d’ici à 2030 », selon un mot d’ordre désormais partagé.

« S’engager à restaurer, pas seulement cesser de dégrader »

L’Union internationale pour la conservation de la nature devait, pour sa part, présenter, samedi 7 décembre, une étude entièrement centrée sur l’extension des « zones mortes » à proximité des côtes et sur l’inquiétante baisse globale des taux d’oxygène dans l’eau de mer.

« Nous attendons de cette COP qu’elle apporte suffisamment de connaissances scientifiques pour pouvoir avancer, résume Sébastien Treyer, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Il faudrait que les Etats fassent preuve d’ambition, qu’ils s’engagent à restaurer, pas seulement à cesser de dégrader. Pour cela, nous devons mettre en avant des solutions opérationnelles à l’égard des gouvernements, dont beaucoup sont sceptiques. »

LIddri a donc passé en revue dix-huit mesures envisageables : des plus robustes, comme le développement des énergies marines renouvelables – à condition de ne pas altérer la biodiversité, aux plus risquées et moins convaincantes comme la fertilisation d’écosystèmes marins pour les rendre plus productifs.

L’importance de l’univers marin est loin de s’être imposée sur la scène des négociations climatiques jusqu’à présent, même chez la plupart des pays côtiers, rappellent les auteurs de l’Iddri. Ils citent une analyse de juin 2016 montrant que sur 161 engagements, 70 % évoquaient effectivement la mer, mais surtout comme une menace à laquelle se préparer.

« Meilleure chance »

Pour les ONG, il est temps de changer de point de vue. Et le moment paraît d’autant plus propice qu’un futur traité international sur la haute mer – un instrument international juridiquement contraignant « portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale » –, en discussion à l’ONU depuis plusieurs années, est censé aboutir en 2020.

Pour toutes ces raisons, cette « COP bleue » suscite un élan redoublé chez les ONG et beaucoup d’attentes de leur part pour une déclaration résolue en fin de session.

« C’est la meilleure chance qu’il y ait jamais eue de tenir compte de l’océan dans l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ces changements », a ainsi déclaré Rémi Parmentier, coordinateur de Because The Ocean. Cette initiative politique qui regroupe plus de trente Etats a été lancée à Paris à l’occasion de la COP21 par une vingtaine de signataires dont déjà le Chili, l’Espagne, la France, Monaco, le Canada, Fidji, la fondation Tara, l’Iddri…

La plupart des argumentaires sur le rôle fondamental de l’océan qui sont parvenus à cette COP bleue soulignent l’intérêt des solutions basées sur la nature, en particulier sur les côtes, pour tenter de contenir la crise climatique. Mais tous font aussi remarquer que le meilleur moyen de soulager l’océan gavé de gaz à effet de serre d’origine anthropique reste de… réduire nos émissions.

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