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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 11:41

Le sixième Forum mondial de l'eau qui aura lieu du 12 au 17 mars prochain à Marseille « a un problème de légitimité », estime Jean-Claude Oliva, dans un entretien accordé à AEDD lundi 30 janvier 2012. Le président de la Coordination Eau Île-de-France, fédération d'associations franciliennes en faveur du retour de l'eau en régie publique, est co-organisateur du Fame (Forum alternatif mondial de l'eau) qui se tient du 9 au 17 mars dans la même ville. Les contenus du forum « restent très marqués par les références économiques des entreprises » et « ne répondent pas aux problèmes de l'eau des pays du Sud », estime-t-il. Le Forum alternatif rassemble 180 propositions issues de 50 pays « dont de nombreuses proviennent d'Afrique et d'Amérique du Sud ».

AEDD : Qu'attendez-vous du Forum mondial de l'eau de Marseille ?

Jean-Claude Oliva : Je n'en attends rien, d'où notre organisation d'un forum mondial alternatif de l'eau. Je suis plutôt à la recherche d'autres solutions. Le Forum a un problème de légitimité car il n'est pas onusien. C'est la critique de fond. Ce n'est pas non plus une ONG. Il regroupe des entreprises, des collectivités locales et les États. Les organisateurs reconnaissent les défauts du système, comme André Flajolet [député UMP du Pas-de-Calais, commissaire au Forum] mais ne l'ont pas modifié. Les contenus restent très marqués par les références économiques des entreprises. C'est comme si le Forum mondial pour la santé était organisé par les entreprises du secteur. Cela brouille les perspectives.

AEDD : Vous critiquez aussi le modèle économique du Forum…

Jean-Claude Oliva : Le Forum est payant : 150 euros par jour. Il est soi-disant ouvert à tous mais est organisé comme un salon commercial. Les entreprises auraient dû financer la moitié du budget du forum, de 38 millions d'euros. Finalement, il est passé à 29 millions d'euros, et elles n'en assurent plus du tout la moitié. La ville de Marseille a dû revoir à la hausse sa participation, passée de 1 à 5 millions d'euros. L'agence de l'eau Seine-Normandie a fait un don de 400 000 euros et un prêt de deux millions d'euros. Or, ce n'est pas son rôle de prêter de l'argent.

AEDD : Cette année, le Forum se veut plus participatif, il recueille des contributions sur une plateforme des solutions sur internet. Cela ne vous convainc pas?

Jean-Claude Oliva : Les décisions politiques ne sont pas prises en fonction de ces contributions. Ce n'est qu'une vitrine. Par ailleurs, ce sont toujours les mêmes solutions qui ressortent : « partenariat public-privé », « financements innovants », « recouvrement total des coûts de production et du capital investi ». Ces solutions répondent aux besoins des entreprises pour développer leur marché mais ne répondent pas aux problèmes de l'eau des pays du Sud qui se posent de manière aiguë.

Dire « l'eau paie l'eau » et faire payer les usagers, cela ne suffit pas. L'ONG italienne Acra a essayé de faire payer l'usager dans le cadre d'un projet au Sénégal : cela ne marche pas. Au pire, les gens ne paient pas, au mieux, ils parviennent à financer le fonctionnement, mais pas l'investissement.

En Europe, si nous avons les réseaux d'eau que nous avons, c'est parce qu'il y a eu d'importants investissements publics pendant des décennies. Et, en réalité, les entreprises investissent peu dans le secteur de l'eau, qui ne représente que 2 à 3 % des investissement mondiaux. Elles préfèrent les secteurs rentables, comme les télécoms, et ne s'installent pas n'importe où, seulement dans les pays où elles ont à y gagner en développant des marchés.

AEDD : Dès lors, comment résoudre les problèmes d'accès à l'eau des pays du Sud ?

Jean-Claude Oliva : Il faut que l'aide publique au développement soit dirigée sur le secteur de l'eau, sous forme de dons et non de prêts. Certains pays sont capables de faire d'autres choix et d'utiliser les financements pour l'armée par exemple. Il faut garder l'idée que l'eau est un bien public. Très peu de pays n'ont vraiment aucune solution. Il s'agit d'un problème politique.

Il faut se saisir de la reconnaissance du droit à l'accès à l'eau par l'ONU. Le Fame compte faire pression sur les chefs d'État à Marseille pour qu'ils s'engagent à l'appliquer dans leur législation.

AEDD : Pourtant, le dernier Forum mondial de l'eau, en 2009 à Istanbul, n'a pas reconnu le droit d'accès à l'eau.

Jean-Claude Oliva : En effet, ce n'est pas le lieu où le droit à l'eau a avancé, puisque c'est le Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui l'a reconnu en 2010. À Marseille, le Forum devrait le reconnaître dans sa déclaration, mais il est un peu à la traîne ! C'est le comble. Il devrait être à l'avant-garde sur ce sujet-là. Par ailleurs, peu de collectivités locales en France et dans le monde ont adhéré au pacte d'Istanbul [déclaration qui formalise l'engagement des autorités locales et régionales]. Et ses exigences ne sont pas respectées, comme l'information des usagers.

En France, le droit à l'eau est reconnu depuis 2006 : il s'agit d'une reconnaissance effective, mais qui n'a pas avancé. Un à deux millions de personnes dans le pays n'ont pas accès à l'eau. Les squatteurs, les gens du voyage, les SDF n'ont pas accès à l'eau dans de bonnes conditions. C'est aussi à ce genre de choses qu'il faut s'attaquer.

AEDD : Comment s'est organisée la préparation du Fame ?

Jean-Claude Oliva : Pour le Fame, nous avons fait un appel public aux associations dans le monde. Nous avons rassemblé 180 propositions issues de 50 pays, dont de nombreuses proviennent d'Afrique et d'Amérique du Sud. Nous privilégions un processus participatif comme pour les forums sociaux mondiaux. D'une part, il faut dépasser les constats. D'autre part, beaucoup de solutions existent déjà mais il faut les promouvoir, les faire connaître.

Une dizaine d'axes thématiques ont été déterminés et seront développés en 45 ateliers. Parmi ces thématiques : le droit à l'eau, la gestion publique, la privatisation-marchandisation de l'eau, l'eau et les femmes, l'accès à l'eau et à l'assainissement, santé, changement climatique, l'extractivisme…

AEDD : Pouvez-vous en dire plus sur l'agenda ?

Jean-Claude Oliva : Le Fame débute le 14 avec une session de formation des militants sur le forum de l'eau et son discours. Les 15 et 16 seront consacrés à des ateliers et des plénières sur l' « application du droit à l'eau, l' « eau économie verte et Rio+20 », et les « femmes et l'eau ». Le 17, il y aura une session sur l'avenir du mouvement pour l'eau et une plénière de clôture. Enfin, l'après-midi est prévue une marche de protestation dans Marseille. Nous allons sortir une déclaration qui sera notre carte d'identité commune avec les grands principes qui nous rassemblent. Nous ferons deux ou trois propositions sur les axes thématiques avec des leviers d'actions.

AEDD : Comment est-il financé ?

Jean-Claude Oliva : Le Fame se finance grâce à des subventions de collectivités locales, dont la région Paca, l'Île-de-France et Rhône-Alpes, et d'associations organisatrices au niveau international, national et régional, dont Food and water watch et Emmaus international et France libertés, de syndicats (Confédération paysanne, Attac, CGT, Sud).

Nous avons demandé au gouvernement de financer le Fame, dans un esprit de pluralité, mais Nathalie Kosciusko-Morizet [ministre du Développement durable jusque fin février] a refusé, nous invitant plutôt à venir au Forum. C'est un dialogue de sourd.

 

Contact : Coordination Eau Île-de-France, Jean-Claude Oliva, Président, jean-claude.oliva@wanadoo.fr

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