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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 18:31

Alors que les intentions du gouvernement autour des hydrocarbures non conventionnels restent ambiguës, concernant notamment la réforme du code minier, une journée mondiale d'opposition à la fracturation a été décidée en juin dernier au Sommet des peuples à Rio de Janeiro. Le 22 septembre prochain, le Global Frackdown day sera une journée d’action mondiale contre la fracturation hydraulique, technique nécessaire pour extraire gaz et huiles de schiste.

Pierre Stoeber


Les dégâts du progrès

NMamere.jpg

Par Noël Mamère, député EELV de Gironde.

 

« Les dégâts du progrès ». C’est le titre que la CFDT avait choisi dans les années 1970 pour montrer les limites d’une conception du progrès fondée sur le productivisme et la croyance quasi religieuse dans les vertus de la technique. En ce sens, elle ne faisait que reprendre les analyses prémonitoires de Jacques Ellul dans La technique ou l’enjeu du siècle, datant de… 1953. Un demi siècle plus tard, force est de constater que cette conception archaïque du progrès, appliquée à un monde aux ressources limitées et vivant largement au dessus de ses moyens, est encore dominante chez nos élites bien pensantes, politiques, scientifiques et faiseuses d’opinion.

Les derniers exemples en date nous viennent du journal Le Monde, à coup de reportages et d’éditoriaux consacrés à l’exploitation des gaz de schiste. Le sujet est hautement emblématique pour tous ceux qui se battent sur cette planète pour un changement de nos modes de vie et de nos modes de production et qui réclament la fin de notre dépendance au pétrole, conventionnel ou pas.

L’un de ces articles, daté du 18 juillet dernier, intitulé Les nouvelles frontières de l’Amérique, présente les gaz de schiste comme la « révolution » industrielle du XXIe siècle, censée défaire les Etats-Unis de leur dépendance aux pays pétroliers du Golfe et assurer leur prééminence sur le monde. L’autre, daté du 26 juillet dernier, nous conduit à Fort Worth, au Texas, redevenu l’eldorado de l’Amérique grâce à cette nouvelle manne pétrolière… Il prolonge un éditorial étonnant – le deuxième consacré à ce sujet – intitulé N’enterrons pas le débat sur les gaz du schiste, rédigé de telle manière qu’on est ne peut être ni vraiment pour ni farouchement contre !

Il faut attendre le 27 juillet pour découvrir un article plus critique, révélant que le professeur de l’université d’Austin (Texas) qui avait minimisé l’impact de l’exploitation des gaz de schiste sur l’environnement et la santé, est en fait « membre du conseil de direction et actionnaire de PXP, une société de forage spécialisée dans les gaz de roche » ! Il a fallu toute l’opiniâtreté d’une ONG environnementale pour débusquer cette vérité peu reluisante que l’administration américaine s’employait à dissimuler. De l’amiante aux OGM, des pesticides au médiator, nous ne sommes pas surpris de ces connivences entre scientifiques vénaux et industriels prêts à tout pour augmenter leurs profits, y compris en saccageant notre fragile planète.

Car la question est bien celle-ci : au nom de notre voracité et de notre addiction au pétrole, sommes-nous prêts à assumer devant les générations futures la destruction massive de notre environnement et tous les dégâts collatéraux qu’elle induit en termes de santé, de modes de vie, de production de gaz à effet de serre ? Quand la planète est à bout, doit-on s’obstiner à défendre une idée du « progrès » qui peut être criminelle ou proposer un autre modèle de société, sobre, juste, solidaire, plus humain ?

Que serait un « débat » sur l’exploitation des gaz de schiste, comme le propose l’éditorialiste du Monde, si ce n’est cautionner une logique infernale inscrivant le destin de nos sociétés dans la dépendance à l’or noir? Comme s’il n’existait pas d’autres voies.

Après tout, quand l’humanité est passée de l’âge de pierre à l’âge de fer, ce n’est pas par manque de pierres, mais parce que son mode de vie avait évolué. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas de savoir si nous manquons ou pas de réserves pétrolières, mais de sortir de cette dépendance qui ne cesse d’accumuler les dégâts environnementaux et humains. Savoir que notre sous-sol possède d’énormes réserves de gaz de roche ne doit donc pas nous obliger à les exploiter, quels que soient les progrès techniques. Ce n’est pas la technique qui doit s’imposer aux sociétés humaines, mais l’homme qui doit en garder la maîtrise. A défaut, il choisit la « servitude volontaire » (La Boëtie) ou se trouve condamné à la « honte prométhéenne », autre nom donné à la fuite en avant et au délire de puissance par le philosophe allemand Günther Anders. En ce sens, l’éditorial du Monde est fondé à dire qu’il s’agit d’un problème moral, philosophique et politique.

Mais les écologistes ont démontré à maintes reprises que les pétroliers, les semenciers, l’agro-industrie, les lobbies de la chimie, de la pharmacie ou du nucléaire, se fichent comme d’une guigne de ces questions. Ils les considèrent, au mieux comme secondaires, au pire comme nuisibles et leurs moyens de pression sur les politiques sont, pour l’heure, plus efficaces que les mobilisations citoyennes. Il suffit pour s’en convaincre de considérer le combat de la société civile japonaise contre le nucléaire. Jamais il n’avait pris une telle ampleur, pourtant Tepco et le gouvernement continuent à mentir et rouvrent des centrales sur des failles sismiques très actives.

Quoi qu’en pensent nos élites et de nombreux politiciens conservateurs – il n’en manque pas à gauche sur ces sujets – le « progrès » n’est plus dans les vieux pots des Trente Glorieuses ni de l’ère de l’opulence. Nous sommes à la fin d’un cycle dont nous mesurons aujourd’hui les limites. Il est temps de changer le logiciel et d’affirmer haut et fort que gaz de schiste et autres ressources fossiles ne seront pas les « nouvelles frontières » de notre monde en mutation.

(finalement paru dans Le Monde du mercredi 8 août 2012 ;-)

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