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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 19:15

2 points de vue sur le Rapport public thématique de 400 pages de la Cour des comptes publié en janvier 2012 : Les coûts de la filière électronucléaire.

 

Pour Greenpeace, le rapport de la Cour des comptes permet d'"entamer la discussion sur les coûts réels de l'énergie nucléaire". C'est l'éternel débat qui agite les anti et pro-nucléaire : combien coûte réellement la production d'électricité à partir de l'atome ? La Cour des comptes a tenté de répondre à cette question délicate, mardi 31 janvier, dans un rapport très attendu, intitulé Les Coûts de la filière électronucléaire. Pour Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace, ce travail permet d'"entamer la discussion sur les coûts réels de l'énergie nucléaire" mais "s'avère incomplet" et devra être approfondi à partir "d'audits indépendants".

 

Que pensez-vous du rapport de la Cour des comptes ?

C'est un travail inédit dans la mesure où il s'agit de la première fois qu'on l'on met sur la table l'ensemble des coûts de la filière électronucléaire, depuis la construction et l'exploitation des centrales jusqu'au démantèlement et au traitement des déchets, en passant même par l'assurance en cas d'accident. Il n'y a donc plus de coût caché.

Malgré tout, le rapport ne va pas assez loin dans la mesure où les coûts sont fortement sous-évalués. La Cour des comptes n'a en effet eu accès qu'aux devis établis par EDF, qui a pour habitude de minimiser les coûts, et n'a pas fait ses propres calculs et mesures. Enfin, nous sommes inquiets sur la conclusion du rapport et l'absence d'orientation stratégique de la France en matière d'énergie.

 

Estimez-vous que le coût du démantèlement des centrales est correctement estimé ?

La Cour des comptes estime le coût du démantèlement des 58 réacteurs français à 18,4 milliards d'euros, soit une moyenne de 317 millions d'euros par réacteur, tout en précisant que les charges pourraient augmenter. Selon l'institution, un doublement du devis de démantèlement entraînerait "seulement" une hausse de 5 % des coûts de production de l'électricité.

Ces coûts sont clairement sous-estimés. En effet, le démantèlement de la centrale de Brennilis (Finistère), le seul en cours actuellement, est pour l'instant chiffré entre 450 et 500 millions d'euros et l'opération n'est pas encore achevée. On se situe donc déjà au-delà des chiffres fournis par EDF pour le démantèlement moyen d'un réacteur, alors que la puissance du site, de 70 MW, est largement inférieure à celle des autres centrales (entre 900 et 1 400 MW). Selon nos calculs, le démantèlement du parc français ne va au final pas doubler mais quadrupler. Ce qui équivaudrait en réalité à une augmentation de 20 % du prix du mégawattheure.

 

Au final, le rapport donne-t-il le vrai prix du nucléaire ?

Non, car il faudra attendre que l'Autorité de sûreté nucléaire achève, en juin, ses prescriptions en ce qui concerne les investissements nécessaires au sein du parc nucléaire. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'on pourra connaître le vrai coût des installations nucléaires. Un audit indépendant et transparent sur les coûts qui présentent encore des incertitudes, notamment ceux liés au démantèlement, doit aussi être réalisé.

A défaut de donner le vrai prix du nucléaire, le rapport de la Cour des comptes met fin au mythe d'un nucléaire pas cher. Il reconnaît que le coût de cette énergie a toujours augmenté ces dernières années et qu'il va continuer à le faire. Que l'on choisisse de prolonger la durée de vie des centrales ou de les fermer, le coût du nucléaire va augmenter, et celui de l'électricité avec. Enfin, le rapport enterre l'EPR. En indiquant une fourchette de prix de 70 à 90 euros le MWh, soit aussi cher que l'éolien terrestre, il prouve que le réacteur nucléaire de troisième génération n'a plus aucun intérêt.

(Propos recueillis par Audrey Garric pour le Monde du 31 janvier 2012).

 

 

L’eurodéputé Europe Ecologie-les Verts Yannick Jadot réagit au rapport de la Cour des Comptes sur le coût du nucléaire et estime que la sortie de l’atome est plus que jamais d’actualité.

Saluez-vous, à l’instar de François Fillon, un «exercice de transparence» ?

C’est effectivement un premier exercice de transparence. Mais il en appelle d’autres. Après quarante ans de nucléaire civil, on n’arrive toujours pas à évaluer le coût des déchets et du démantèlement. Sur le fond, c’est un rapport extrêmement important. Car après l’effondrement du mythe du nucléaire «zéro risque» avec Fukushima, l’effondrement du mythe de l’excellence technologique avec les problèmes rencontrés par l’EPR en Finlande et à Flamanville [Manche, ndlr], l’effondrement du mythe social au regard des 400 000 emplois créés par les énergies renouvelables en Allemagne, on a là, en 400 pages, l’effondrement du mythe du nucléaire pas cher.

 

La Cour évoque pourtant une «appréhension correcte des coûts, passés et actuels de la filière

Le rapport estime le coût du kWh entre 50 et 58 centimes si on intègre la recherche. C’est beaucoup plus cher que le prix facturé par EDF. Le prix de l’électricité en France est moins cher qu’en Europe, parce qu’il est fixé par l’Etat. Le rapport confirme que ce prix ne couvre pas les coûts réels du nucléaire. En outre, si, comme le souhaitent EDF et le gouvernement, on renouvelle le parc nucléaire avec des réacteurs du type EPR, les magistrats estiment que cela va presque doubler le prix de l’électricité en France. La cour estime en effet jusqu’à 90 centimes le prix du kWh produit par les EPR, un coût supérieur à l’électricité éolienne aujourd’hui et solaire d’ici cinq ans.

 

Le rapport relève aussi des «incertitudes sur les coûts futurs». Quelles sont-elles ?

Un rapport récent de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exigeait des mesures qui entraînaient une forte augmentation des coûts de maintenance. Il ne prenait pourtant pas en compte toute une série de risques liés aux incendies, aux explosions ou aux actes de malveillance. Quelle que soit la technologie nucléaire retenue, on va, selon la cour, vers une augmentation importante des coûts de production dans les années qui viennent.

 

Les magistrats estiment néanmoins que prolonger la durée de vie des centrales actuelles serait la voie la moins coûteuse…

Aujourd’hui, la durée de vie légale d’une centrale est de trente ans. Ce que dit la cour, c’est que si on ne prolonge pas au-delà de quarante ans, il faudra construire onze EPR pour un coût très élevé. Prolonger est très risqué, car nous n’avons dans le monde aucune expérience d’un réacteur qui tournerait plus de quarante-cinq ans, voire soixante ans, comme les énergéticiens prétendent vouloir le faire. Ce que ne fait pas la Cour des comptes, c’est comparer les scénarios «poursuite et renouvellement du parc» et «sortie progressive du nucléaire».

 

Ce débat occupe déjà la présidentielle, puisque vous, écologistes, prétendez que sortir du nucléaire coûterait moins cher, quand le PS prône une diversification et la droite une poursuite…

La seule comparaison par des experts indépendants qui existe est celle de Global Chance, qui évalue à 410 milliards d’euros en investissement cumulés la sortie du nucléaire et à 470 milliards la poursuite. Comme la sortie mise à la fois sur le développement des renouvelables et les économies d’énergie, notamment par une meilleure isolation des bâtiments, cela réduirait in fine la facture d’électricité des ménages.

 

Ce rapport ne risque-t-il pas d’être instrumentalisé de part et d’autre ?

Ce que tentent de faire l’industrie et le gouvernement, c’est de fermer la parenthèse de remise en cause du nucléaire ouverte avec Fukushima. Dire que ce n’est pas si cher, que le risque est géré. L’enjeu pour nous, écologistes, est de poursuivre le débat avec les citoyens, qui découvrent peu à peu la vérité des prix, des risques et la vérité sociale et industrielle du nucléaire, et de les convaincre qu’il existe une alternative crédible. L’enjeu, c’est aussi de confronter nos partenaires socialistes avec ces nouvelles données : pendant combien de temps encore paierons-nous aussi cher un risque aussi grand ?

(Propos recueillis par Matthieu Ecoiffier, Libération du 1 février 2012)

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