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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 10:21

Nous reproduisons ici l'article paru sur les blog des élus EELV de Pantin. Il apporte des éléments d'information sur le projet de l'usine de méthanisation qui doit remplacer à Romainville le centre de tri de déchets actuel. Il est aussi une réponse "pédagogique" à une pétition "apocalyptique" qui circule aujourd'hui sur notre territoire contre ce projet.Capture-d-ecran-usine.pngMéthanisation à Romainville : halte à la pédagogie de la terreur

Une association inonde les boites aux lettres et les boites mails de courriers alarmistes concernant la future usine de méthanisation de Romainville. Exagérations, désinformation... En bons écologistes, nous vous proposons un tri sélectif.

Ce sont des habitants inquiets qui nous ont transmis l'information : "J'ai préféré vous en parler parce que, vu le papier glacé et l'impression couleur, ça ne m'a pas l'air d'être une association très écolo" nous a-t-on dit... Puis des courriers sont arrivés directement en Mairie. Des pétitions ont aussi été diffusées en "toutes boites", autour du futur emplacement de l'usine de méthanisation.

Des moyens colossaux qui, déjà, nous avaient mis la puce à l'oreille. A la lecture des documents, plus de doutes : nous n'avons pas affaire à des gens sérieux. Exagérations et désinformation s'entremêlent sur fond d'argumentaire complotiste ("on vous ment" et autre "en catimini") le tout illustré d'images inquiétantes pour jouer sur les réflexes de peurs... Le moins que l'on puisse dire est que les auteurs de ces documents ne font pas dans la dentelle... Un peu plus et ils nous convaincraient qu'il est moins dangereux d'habiter Fukushima que Romainville. Une méthode qui les décrédibilisent entièrement à nos yeux.

Comme d'habitude, au milieu de tout ça, quelques vérités déformées, quelques inquiétudes justifiées. Aussi nous proposons-vous de faire le tri dans ce tas de tout venant.

Deux précisions en introduction :

  1. Nous ne sommes pas des défenseurs invétérés de la méthanisation comme outil de traitement des déchets ménagers. Il s'agit d'un procédé qui a ses avantages et ses inconvénients, comme tout les autres. Nous n'avons rien à vendre, rien à gagner dans cet article. Notre seule préoccupation est de donner à chacun les moyens de se fonder un avis en conscience.
  2. Tout processus industriel comporte un risque. Ne comptez pas sur nous pour vous dire "tout est sous contrôle, dormez braves gens". Ceux qui tiennent ce type de propos sont tout aussi peu crédibles que ceux qui nous occupent ici. Comme tout écologiste sérieux nous prônons une vision du monde qui intègre la compléxité dans les analyses et dans les réponses (tout n'est jamais ni noir, ni blanc).

Ces précisions faites, par où commencer tant les documents diffusés ressemblent à un gloubiboulga... Ouvrons donc le sac poubelle, et trions.


Quel projet prévu à Romainville ?

Le projet est détaillé sur le site du SYCTOM. Pour résumer, il s'agit de réaménager l’actuel centre de transfert et de tri de Romainville en une plateforme agrandie permettant à la fois :

  • La réception et le traitement biologique (méthanisation) sur le site
  • La collecte sélective, via la reconstruction du centre de tri
  • Un pré-tri des objets encombrants

Le centre sera construit selon des critères de Haute Qualité Environnementale. Il s'agit d'un bâtiment à très basse consommation énergétique labélisé BBC Effinergie. Deux chartes de qualité environnementale ont été signées avec le Président du SITOM93, l'une en janvier 2008 avec la Maire de Romainville et l'autre en mars 2008 avec le Maire de Bobigny.

Une enquête publique a eu lieu du 11 mai au 10 juin 2010 en mairie de Romainville. Le rayon du périmètre d'affichage de l'avis de l'enquête publique était de 3 km. Une réunion d'information a par ailleurs eu lieu le 26 mai 2009 à Bobigny.

 

Qu'est-ce que la méthanisation ?

La méthanisation est un processus naturel utilisé dans le cadre de la gestion des déchets agricoles et ménagers. On peut résumer assez simplement le fonctionnement de ce processus : La matière organique (épluchures, déchets verts, etc.) est introduite dans un "digesteur" dans lequel a lieu un processus de digestion anaérobie (sans oxygène). Cette digestion produit un gaz, le méthane, et un résidu organique, le "digestat".

L'intérêt de la méthanisation est double :

  • Un retour au sol de la matière organique : le digestat peut être épandu sur des terres agricoles ou transformé, après maturation, en compost, donc réduire l'envoi en décharge ou en incinération.
  • Lutter contre les émissions de gaz à effet de serre : le biogaz peut alimenter un moteur afin de produire de l'électricité et de la chaleur (plutôt que de faire appel à des énergies fossiles) ou être apuré puis injecté dans le réseau (avec le gaz de ville) ou encore être transformé en carburant pour véhicules fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL). Une tonne de déchets organiques peut produire de 100 m3 à 200 m3 de gaz.

"C'est à la fois une énergie renouvelable prometteuse et une méthode de traitement des déchets très pertinente ", selon le ministère de l'écologie.

Certaines stations d'épuration utilisent la méthanisation dans leur cycle de traitement de l'eau.

 

Pourquoi faire le choix d'une installation en ville ?

Bien que les volumes de déchets traités soient régulièrement en baisse ces dernières années (tendance locale et nationale), un des enjeux en matière de déchets aujourd'hui est de réduire au maximum les distances parcourues par les déchets ménagers. En réduisant ainsi les distances entre producteurs de déchets et centre de traitement, l'objectif est triple :

  • économiques : diminuer les coûts de transport et donc de traitement
  • écologiques : diminuer les émissions de CO2
  • sanitaires : réduire la pollution de l'air.

Un récent article dans le journal Le Monde soulignait qu'en 2015, un département français sur deux pourrait être obligé d'exporter ses déchets ménagers. Le syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères Pézenas-Agde (Hérault) était cité : après la fermeture de deux incinérateurs en 2001, et suite à des oppositions locales, le syndicat a ainsi dû se résoudre à envoyer ses déchets dans le Gard, le Tarn, la Haute-Garonne puis l'Aude. Il y a bien une question de responsabilité derrière ces choix : pratiquer le NIMBY et déplacer le problème ailleurs (si possible à la campagne, en grignotant sur les terres agricoles...) ou faire le choix responsable d'un traitement "au plus près".

 

Quels sont les risques ?

Dans leur incommensurable modération les auteurs de cette pétition qualifient la future usine de Romainville comme "la plus risquée au monde", une véritable "bombe à retardement", rien que ça... Essayons de regarder ça avec plus de sérieux et d'objectivité :

Tout procédé industriel comporte des risques. Le nier serait un mensonge ou dénoterait d'un réel manque de précaution. La question est de savoir quel niveau de risque nous somme prêts à accepter, pour quels types d'activités, quels outils et procédures sont mis en place pour minorer ces risques et/ou parer à tout accident, et quelles conséquences en cas d'accident. Une fois tout ça mis sur la table, il faut choisir.

Certains risques, c'est le cas pour nous de ceux courus via la production d'énergie nucléaire, nous paraissent trop importants au regard des conséquences possibles. Nous préférons ne pas le courir et développer des alternatives à la production d'électricité. Il ne s'agit pas d'une position dogmatique, une opposition primaire de principe, mais bien d'un positionnement réfléchi, une fois le pour et le contre pesés.

Lorsque je veux traverser la route, il y a un risque de me faire renverser. Pourtant je traverse le plus souvent avec sérénité car, outre les précautions individuelles (regarder à droite puis à gauche), des feux tricolores, des passages piétons, et tout un tas d'outils de prévention ont été mis en place pour limiter ce risque. Est-ce que malgré tout ça je peux me faire renverser ? Oui, malheureusement. Mais tout est fait pour minimiser ce risque. Par ailleurs la voiture est un objet familier, dont je peux apprécier les dangers. Un frisson vous a-t-il traversé le dos en passant à coté d'une station service ou en faisant le plein ? Pourtant le risque d'explosion existe...

Les risques principaux liés à la future usine de méthanisation sont les suivants :

  • risque d'incendie dans les zones de stockage des collectes sélectives, objets encombrants, tunnels de séchage
  • risque d'explosion dans les locaux de l'unité de méthanisation et dans la zone des digesteurs.

En outre des produits dangereux seront présents sur le site : biogaz (explosif, toxique), acide sulfurique (corrosif), compost (combustible).

Au regard de ces risques, quelles sont les mesures prévues ?

  • Mesures constructives (parois éventables, mise en rétention, confinement...)
  • Dispositifs de sécurité
  • Mesures de contrôle des atmosphères explosives (détection gaz reliée à la salle de contrôle-commande, mesures de protection du risque explosion)
  • Procédures d'organisation des secours (plan d'urgence)
  • Etc.

L'ensemble de ce dispositif a convaincu le conseil municipal de Pantin d'apporter un avis favorable à l'installation de ce centre en Mai 2010. Les risques (pour l'activité et pour les personnes) apparaissent bien maîtrisés par la mise en place des moyens de prévention et protection. Une analyse renforcée par l'expertise des deux entreprises retenues pour le projet (URBASER et VALORGA). Nous serions honnêtement plus tempérés si un grand groupe Français avait été retenu. Ces derniers commencent à peine à s'intéresser à la méthanisation et ne disposent pas d'expérience suffisante pour un projet d'une telle ampleur.

 

Quelles sont les nuisances possibles ?

L'association qui s'oppose au projet nous promet les 10 plaies d’Égypte, l'invasion de criquets en moins... Là encore une once de modération aurait donné de la crédibilité aux propos. Là encore, trions :

En matière de trafic routier pour commencer, la future usine de méthanisation devrait réduire le volume de camions qui accèdent au site (près de 35% par rapport à la situation actuelle). Deux raisons à cela :

Le volume de déchets traité par la nouvelle usine sera inférieur au volume traité aujourd'hui. En effet l'usine a été calibrée pour s'adapter à la diminution observée ces dernières années que ce soit au niveau local ou national. Le nouveau site traitera ainsi :

  • 315 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles (contre 380 000 t en 2006 sur le site actuel)
  • 30 000 tonnes de collectes sélectives multimatériaux (contre 40 000 t en 2006 sur le site actuel)
  • 60 000 tonnes d’objets encombrants (contre 80 000 t en 2006 sur le site actuel)

D'autre part ,le futur site a été pensé pour pouvoir, à terme, transporter des déchets par voie fluviale via le canal. Une démarche qui devrait permettre d'éviter près de 13 000 camions par ans (environ 5 péniches au lieu de 60 camions par jour). Deux infra-structures seront construites à cet effet :

  • Création d’une liaison entre le centre multifilière et le port de BOBIGNY via un passage inférieur sous la RN3
  • Création d’un port fluvial sur le site permettant l’évacuation des produits transformés et triés en provenance du centre multifilière de ROMAINVILLE ainsi que le chargement de fret de tiers (350 000 T / an au total).

 

Impact sur le paysage : Le site existant sera détruit. L'ensemble des installations sera intégré dans un bâtiment unique et ne sera pas visible de l'extérieur. La toiture du bâtiment sera entièrement végétalisée. Les façades seront composées de panneaux en polycarbonate alvéolaires claires, translucides et opaques. Comparé au site actuel, le nouveau centre limitera clairement son impact sur l’environnement et le cadre de vie des habitants.

 

Concernant les odeurs, il est très difficile de dire aujourd'hui si le futur site causera plus de nuisances olfactives que le site actuel. Ce que l'on sait en revanche, et la note de synthèse du bureau d'étude sollicité par l'association pétitionnaire le dit, le futur projet mettra en œuvre "les meilleures techniques disponibles disponibles, ainsi qu'un dispositif de suivi en continu fixé par arrêté préfectoral". Un traitement complémentaire au charbon actif activé (pour pallier aux émissions exceptionnelle) est, en outre, un outil complémentaire que l'on pourra mettre en place si ce qui est actuellement prévu ne suffit pas.

 

Par ailleurs des protocoles serrés ont été mis en place pour limiter tout impact sur l'eau (systèmes de traitement), la qualité de l'air (biofiltres et nez électroniques en limite de propriété pour respecter les seuils réglementaires), et le bruit (équipements insonorisés).

 

Reste la qualité du compost. Il y a là un vrai débat. On l'a expliqué en introduction à ce texte, l'usine de méthanisation produira un disgestat qui peut être valorisé sur les terres agricoles. Une norme Européenne (NFU 44 051) s'assure de la qualité du compost final. De nombreuses voix s'élèvent pour dire que cette norme n'est pas assez exigeante, et son renforcement est à l'ordre du jour. Nous y sommes évidemment favorables, et soutenons tous ceux qui agissent concrètement en ce sens.

La qualité finale du compost est évidemment fortement corrélée à sa composition, donc à la manière dont on récupèrent le tiers des ordures ménagères qui correspond à des biodéchets (déchets organiques, carton, etc.). Deux solutions existent :

  • Le tri mécano-biologique : les éléments organiques sont isolés du reste du contenu de la poubelle par un procédé qui alterne brassage mécanique et fermentation
  • La collecte séparée : c'est le citoyen qui, dans sa cuisine, sépare ses déchets (comme nous le faisons aujourd'hui pour le carton, le plastique ou le verre) et les éléments arrivent donc dans des poubelles séparées au centre de traitement.

L'usine de Romainville utilisera le tri mécano-biologique, choix qui peut rendre plus aléatoire la qualité du compost final. Deux remarques à ce sujet :

  • Si le compost final n'est pas suffisamment de bonne qualité, il ne pourra pas être commercialisé et sera mis en décharge ou incinéré. Au final, le volume de déchet incinéré ou mis en décharge sera inférieur à aujourd'hui (du fait de la méthanisation) mais l'objectif est bien de le réduire au maximum, donc d'agir au fortement en amont pour garantir la qualité du compost final.
  • Rien n’exclut, si la qualité du compost final est trop souvent insuffisante, de renforcer le travail en amont auprès de la population, et de mettre en place des protocoles simples en ce sens.

 

Conclusions

On le voit bien, la question de la méthanisation impose des réponses nuancées et oblige à se positionner en pesant le pour et le contre. Pour nous, le solde final est positif, et il y a un vrai intérêt pour tous à ce que la plateforme de Romainville voit le jour.  La méthanisation, comme tout autre procédé de traitement des déchets d'ailleurs, n'est pas la panacée. Mais c'est un bon compromis, et un outil d'avenir. Sortons de l'outrance, de l’exagération et de la dissimulation. Sortons aussi de la logique stérile qui consiste à dire "on ne veut pas de ça chez nous !". Quelles sont les alternatives ? Aller traiter nos déchets ailleurs ? Plus loin ? Dans d'autres territoires, voir dans d'autres pays ? L'incinération ou l'enfouissement sont-ils plus satisfaisants ?

Enfin, plus largement, et même si le volume global de déchet produit baisse tendantiellement, n'oublions pas que si nous sommes contraints à réaliser des usines de méthanisation, des incinérateurs, ou des sites d'enfouissement de déchets, c'est bien parce que nous en produisons, des déchets ! Un certain nombre de leviers pour réduire cette production relève il est vrai de législations nationale voire Européenne. Mais nous avons aussi une part de responsabilité individuelle. A nous, individuellement et collectivement d'agir au quotidien pour réduire le volume de déchets que nous produisons, via nos choix de consommation, mais aussi, par exemple, via le développement de jardins partagés sur la ville, permettant ainsi de réduire encore le circuit du déchet vert au compost.

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