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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:27

Cancun a sauvé le processus onusien de négociation climatique. Pour le reste, l’accord trouvé au Mexique en décembre 2010 reste très en-deçà des pas nécessaires pour lutter véritablement contre le changement climatique.

Geneviève Azam et Jacques Cossart - Tribune parue sur le site de Reporterre le 3 janvier 2011
http://www.reporterre.net/spip.php?article1506

La célébration, quasi unanime, de l’accord de Cancun, constitue en soi un évènement étrange. Nombre de mouvements sociaux, souvent déjà fermement engagés dans la recherche de solutions, se sont trouvés sans voix devant cette déferlante d’applaudissements alors que le texte ne répond pas aux engagements minimaux pour faire face à la crise climatique.

La feuille de route, élaborée à Bali en 2007, devant conduire à une nouvelle phase d’engagement de réduction des émissions après 2012 et le protocole de Kyoto de 1997 lui-même, semblent appartenir à la préhistoire, aux mots à éviter pour ne pas fâcher. Après une rude bataille de certains pays pour que soit pris à Cancun l’engagement précis d’un renouvellement du protocole, le texte évoque certes une telle étape, malgré l’opposition explicite du Japon et de la Russie, mais il laisse un flou tel qu’il n’est pas exagéré de penser que ce protocole pourrait être enterré.

Le texte de Cancun, en l’état, n’ouvre pas d’espace pour une inversion de la courbe du réchauffement climatique qui, en l’absence des réductions nécessaires mises en évidence par des rapports scientifiques successifs, conduirait à un réchauffement de l’ordre de +4°C à +6°C. Face à ce désastre, le communiqué final n’a pas même repris, dans les « éléments des accords », les 2°C maximum d’augmentation de température ; ils sont simplement évoqués comme une question à propos de laquelle il convient de « travailler ».

Quel sens alors donner à l’enthousiasme des États et de nombre d’ONG ? La séance finale fut d’abord certainement un grand moment de catharsis après l’échec médiatisé de la conférence de Copenhague. Nous pouvons en déduire qu’il ne s’agit là que d’une façade, de belles images pour la presse internationale et d’une justification pour les délégations de retour dans leur pays. Il y a cela bien sûr mais il y a plus. Les délégations des pays du Sud, celles des pays les plus pauvres en particulier, soumises à de multiples pressions et n’ayant pourtant obtenu aucune garantie réelle en échange d’engagements toujours plus importants, ont applaudi pour la plupart la poursuite du processus onusien. Les Nations unies sont la seule tribune, la seule arène où ils peuvent s’exprimer. L’absence d’accord aurait renforcé encore tous ceux, qui tout en célébrant, dans les mots, le multilatéralisme - un multilatéralisme entre soi - , considèrent les Nations unies comme une machine bureaucratique de trop, dont il faut réduire le poids. Ceux-là ont tout fait pour que ce texte ne soit pas le produit d’un compromis : les options des différentes parties n’ont pas été intégrées, c’est un compromis-consensus entre quelques-uns obtenu dans des réunions feutrées, sur le modèle si efficient des négociations de l’Organisation mondiale du commerce ! Malgré cela, ne pas avoir éliminé le processus onusien est le seul véritable point positif de Cancun.

Ce sommet de Cancun, bien plus encore que celui de Copenhague, est pris dans la tourmente de la crise globale et l’évanouissement de l’espoir d’en sortir par quelques mesures cosmétiques. Comme attendu, il a aussi buté sur les financements, les États-unis ayant fait preuve en la matière d’une extrême intransigeance. Le texte de Copenhague avait mentionné la création d’un Fonds vert, des financements rapides d’ici 2012 et des financements nouveaux, pour arriver à 100 milliards de dollars par an en 2020. Jusqu’ici ce sont quelques millions qui ont été vaillamment engagés. Le Fonds vert est certes créé mais aucun financement n’est véritablement prévu, car aucun des nouveaux outils envisagés n’a pu voir le jour, ni la taxe sur les transports aériens, ni celle sur les transports maritimes.

Quant aux recettes obtenues de la vente aux entreprises des crédits d’émission à partir de 2013, les décisions européennes annulent cette source : près de 90% des entreprises soumises aux quota d’émission en seront exonérées jusqu’en 2020 ; c’est la compétition qui prime ! En terme d’argent public, il ne reste plus qu’à puiser dans les maigres ressources de l’aide au développement, au mépris du texte onusien qui demande des financements additionnels.

Faute d’argent public, ce sont les capitaux privés et les financements par les marchés du carbone qui devraient fournir pour l’essentiel l’argent nécessaire. C’est une des raisons pour lesquelles le texte de Cancun laisse ouverte la possibilité de créer de nouveaux marchés du carbone, sur la forêt, sur les sols. Pourtant, un tel marché européen, mis en place en 2005, s’est révélé d’une grande inefficacité écologique et, pire, un lieu nouveau de spéculation et de délinquance financière. De nombreux rapports officiels, celui de la Deutsche Bank en particulier, en témoignent. Le Fonds vert, privé de ressources publiques, n’a plus qu’à être administré par la Banque mondiale, qui continue à financer des projets meurtriers pour la planète ou des méga-projets inaccessibles aux communautés de base et à ceux qui sont déjà engagés dans des expériences de transition. De plus, l’institution de Washington, fidèle malgré tout au Consensus du même nom, accorde les fonds sous forme de prêts, alors que le plus souvent les États qui en auraient le plus besoin sont déjà très endettés.

Mais alors, pourquoi l’Union européenne, après avoir été locomotive dans les négociations climatiques et alors qu’elle est emportée par la crise financière, ne prendrait-elle pas l’initiative d’une taxe sur les transactions financières ? Et pourquoi, immédiatement et dans un premier temps ne pas instaurer une taxe sur les transactions de change, dont les mouvements incessants minent l’euro et les sociétés européennes soumises au régime sec ? De nombreuses études montrent la faisabilité technique d’une telle mesure ; plusieurs sont d’ailleurs reprises par le très officiel, et international, Groupe pilote sur les financements innovants et pour le développement ! Rappelons que les seules transactions mondiales sur les devises représentent chaque jour quelques 4.000 milliards de dollars et que Londres et Francfort sont deux places essentielles dans ce dispositif ! Il ne s’agit pas de fétichiser une telle mesure, mais alors que les énergies sont là pour engager une transition écologique et sociale, comme le montrent les nombreuses expériences dans le monde, les financements doivent suivre. Ils doivent aussi permettre la protection de tous ceux qui sont déjà exposés aux conséquences du changement climatique.

Ce serait pour l’Europe une manière de retrouver des marges de manœuvre internes et de prendre acte de sa responsabilité particulière, celle d’avoir été le berceau d’un système fondé sur l’énergie fossile, sur l’extraction sans merci des ressources naturelles. Ce serait aussi une manière de reprendre l’initiative et de s’engager vers un véritable multilatéralisme et de nouvelles formes de coopération avec les pays du Sud. Est-ce encore trop espérer ?

   Geneviève Azam et Jacques Cossart, membres du Conseil scientifique d’Attac.

 

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