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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 17:54

Une chronique sur les événements de Sivens, un point de vue intéressant sans partager toutes les analyses, par Julien Faessel sur son blog http://julienfaessel.wordpress.com/2014/10/31/sirvens-tous-irresponsables-tous-coupables/

 

Le sang a coulé. La hyène médiatique peut s’abreuver, et noyer les masses sous un flot de non-information, d’images fixes et vides en boucle, de pseudo analyses creuses de comptoir, de déclarations sans intérêt de tartuffes opportunistes. Pour calmer cette bête écervelée, un bouc émissaire sera probablement sacrifié, puis tout cela sera oublié pour passer à un autre fait divers. Tout cela pour faire diversion des vrais enjeux et des vraies responsabilités.

Une multitude d’acteurs ont participé à cette triste farce qui s’est vite transformée en drame sans saveur. Ils ont tous leur part de responsabilité dans le dénouement final. En fil conducteur on retrouve la faillite intellectuelle, méthodologique et stratégique des mouvements alternatifs et écologistes. Durant les années 60 et 70, la libération sociétale a laissé envisager un renouveau du militantisme et de la gouvernance, via l’apparition de mouvements citoyens. Le mouvement du Larzac apparaissant comme l’idéal type d’une tendance à reproduire. Mais tant les dirigeants institutionnels que les opposants alternatifs ont échoué dans l’évolution vers une société intelligente et du 21ème siècle. L’histoire étant parfois taquine, cette situation peut être illustrée de façon cinglante. Si aujourd’hui il y avait un mouvement social par rapport au camp militaire du Larzac, ce serait pour le défendre et empêcher sa fermeture.

Absence de co-construction

Alors que nous avions les moyens de tendre vers une société de l’intelligence, avec l’augmentation du niveau d’étude et la démocratisation des savoirs, nous sommes toujours enfermés dans une gestion publique autoritaire. Trop d’élus se voient en potentiels prix Nobel d’intelligence, en phares de lucidité dans un océan d’obscurantisme. En conséquence ils imposent leurs vues, sans prendre le temps de co-construire des projets avec les différents acteurs concernés. La politique est prise en otage par les intérêts partisans et les imbécillités personnelles. Citons ici les premiers voyous de France, cette organisation agricole qui aime saccager, brûler, détruire en toute impunité, et qui a son influence sur le coté disproportionné du projet de barrage, et le choix de raser une zone protégée plutôt que d’utiliser quelques terres appartenant aux principaux bénéficiaires de la retenue d’eau. Les gouvernants ont leur responsabilité, mais également les opposants. Organisée ou non, l’opposition est constamment dogmatique et rétive à tout dialogue constructif. Entre les NIMBY de tout poil, dont le seul argument est « pas chez moi », et les organisations politiques et syndicales dont l’objectif principal est « ouhouh j’existe, on est bien au chaud ici, votez pour moi parce que le fauteuil est confortable », les gens de bonne volonté se retrouvent bien seuls. Les rares organisations associatives sérieuses sont prises en otage par ces intérêts partisans, leur propos est noyé et caricaturé, et leur bonne volonté utilisée contre eux. La coopération pourrait pourtant permettre la mise en place de solutions pérennes et bénéfiques pour tous.

Une opposition urbain-rural et un manque d’organisation

Le Larzac avait vu l’alliance de la ville et de la campagne. Les mouvements écologistes contemporains voient au contraire l’affrontement entre les boueux des champs et les bobos des centre-villes. Les mobilisations de ces dernières années sont généralement importées des zones urbaines. Les autochtones ne sont mobilisées qu’à de très rares exceptions individuelles. Il y a un gouffre énorme entre des militants idéologiques suivant le principe de « la terre est à tout le monde, il faut la défendre », et les voisins de la terre en question. Des spécialistes de la mobilisation contre les grands projets sont donc apparus, qui migrent d’une zone à l’autre aux quatre coins de France. S’y ajoutent des militants en pantoufles en quête de socialisation, qui sur le modèle des mouvements étudiants viennent participer à une aventure (quelle qu’elle soit) et rencontrer des gens aux idées proches, et plus si affinités. Il y a également les militants du dimanche, amateurs de camping le temps d’un week-end pour participer à « la lutte ». Et enfin des élus parasites en manque de photographes et de notoriété, qui aiment s’afficher, manipuler et récupérer les mouvements sociaux pour faire parler d’eux. Ces luttes se caractérisent donc par un grand bric-à-brac militant, qui pose un énorme problème au niveau de l’organisation. Je ne parle pas de la gestion du quotidien, mais bien de l’organisation du mouvement. Sans effectifs stables, sans relais locaux, sans colonne vertébrale de direction qui prend des décision et les transmet, sans militants formés selon les objectifs à atteindre, sans service d’ordre, ces mouvements relèvent du folklore. Ils sont constamment dépassés par des éléments violents et opportunistes, et leur seul chance de succès est de recourir à la violence et que le sang coule.

La non-violence oubliée au profit d’une généralisation de la violence

Le mouvement écologiste contemporain est caractérisé par une généralisation des violences. La première violence est l’opposition frontale et constante, le non à tout. Il s’agit là de la défense dogmatique de concepts inébranlables, qui engendrent un rejet massif de la part des interlocuteurs et des populations, qui ont l’impression d’être pris pour des c… par des arrogants. On parle souvent de société d’experts pour qualifier cette situation où tout le monde peut rapidement avoir des connaissances sur tout, mais cela engendre généralement des ânes qui foncent tête baissée dans ce domaine où ils croient tout savoir, sans recul ni analyse critique. Les nouveaux convertis sont souvent les plus fanatiques, et leur agressivité provoque le rejet. L’invasion des zones à défendre, devenues des zones occupées est également une violence vis-à-vis des populations locales qui sont au mieux méprisées, au pire menacées par des éléments agressifs. L’opposition frontale des « leaders » politiques, la paranoïa généralisée des petits groupes dogmatiques, l’absence de service d’ordre, la protection par les militants des individus violents, la prise à partie des ouvriers, des gendarmes avec parfois la volonté de tuer, aboutit immanquablement à des situations de grande brutalité. Il est d’ailleurs regrettable de constater une alliance de fait entre des écologistes de bonne foi, et des émanations de l’extrême droite pour qui toute occasion est bonne de « casser du flic ». La gestion cataclysmique de ces événements par le gouvernement ne rajoutant que de l’huile sur le feu. La « méthode Valls », à savoir la mollesse brutale, un gant de fer trop grand pour une main moite et incompétente, ne provoque qu’un regain de violence en réaction à des actes de brutalité gratuite de forces de l’ordre excédées de n’avoir pas de plan d’action clair. La même désorganisation régnant de part et d’autre, cela laisse le champ libre aux ultras pour que cela dégénère. Une éventuelle victoire par la violence n’est pourtant qu’un succès en trompe l’oeil. Le prix payé sera toujours trop lourd, et une fois l’attention médiatique tombée et les casseurs partis se battre ailleurs, un projet semblable pourra être mis en œuvre en toute discrétion.

La menace du changement climatique pour les cours d’eau de la région

Le conflit de Sirvens est donc la conséquence directe de l’immaturité extrême des différents acteurs en présence. Le pouvoir politique sort totalement décrédibilisé. Car loin des discours de façade de démocratie participative, de co-construction, c’est le lobbying et la crétinerie qui ont guidé la constitution de ce projet. Les opposants s’enferment eux chaque fois davantage dans un folklore inutile et tendant vers la violence. Tout ceci fait oublier l’essentiel. À savoir que si le projet de barrage est inadapté, tant en taille qu’en localisation, ce type d’infrastructure est nécessaire dans tout le sud-ouest de la France. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que l’Agence de l’eau est l’un des principaux contributeurs. Le changement climatique et les événements météorologiques extrêmes qu’il engendre vont profondément affecter les cours d’eau du bassin Adour-Garonne d’ici 2050. Des dizaines de retenues seront nécessaires le long des différents cours d’eau pour préserver l’accès des populations à l’eau potable (qui vient des rivières), l’agriculture et la survie des écosystèmes. Le projet inadapté de Sirvens ne doit pas faire oublier cette réalité qui nous menace.

Chronique publiée le 30 octobre 2014 sur le site d’informations Toulouse Infos

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