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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 14:34

L’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire chiffre à 430 milliards d’euros le coût d’un sinistre majeur sur un réacteur standard du parc hexagonal.

 

Golfech-centrale-nucleaire.jpg

La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), en novembre 2012. AFP/ERIC CABANIS

 

" Sous-estimer le coût d'un accident conduit à sous-estimer la valeur de la prévention." Alors qu'est engagé le débat national sur la transition énergétique, c'est le message qu'a voulu faire passer l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en présentant, les 6 et 7 février à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une étude choc sur l'impact économique d'un accident nucléaire en France.

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûterait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

Jamais ce calcul n'avait été effectué. L'économiste Patrick Momal – qui a travaillé six ans à la Banque mondiale – a pris comme scénario une fusion du coeur du réacteur provoquant des "rejets massifs" de particules radioactives dans l'environnement. Il en a évalué le préjudice à l'aune des leçons tirées de cataclysmes naturels (tsunami de 2004 en Indonésie, ouragan Katrina de 2005) ou de crises sanitaires (vache folle, fièvre aphteuse, SRAS).

La perte du réacteur lui-même ne représente que 2 % de la facture. Près de 40 % sont imputables aux conséquences radiologiques : territoires contaminés sur 1 500 km2, évacuation de 100 000 personnes. Aux conséquences sanitaires s'ajoutent les pertes sèches pour l'agriculture. Dans une même proportion interviennent les "coûts d'image" : chute du tourisme mondial dont la France est la première destination, boycottage des produits alimentaires, même exempts de tout becquerel.

RECOURIR, À MARCHE FORCÉE, À D'AUTRES ÉNERGIES

Entre enfin en jeu, pour 21 %, un "effet parc" : le choc dans l'opinion serait tel que l'hypothèse "la plus probable" est une réduction de dix ans de la durée d'exploitation de toutes les centrales, ce qui obligerait à recourir, à marche forcée, à d'autres énergies : le gaz d'abord, puis les renouvelables. Au-delà des frontières, "l'Europe occidentale serait affectée par une catastrophe d'une telle ampleur".

En comparaison, un "accident grave" – fusion du coeur avec des rejets radioactifs en partie contrôlés – coûterait "seulement" 120 milliards d'euros, le sol n'étant contaminé qu'aux abords immédiats du site et l'évacuation touchant 3 500 personnes. Il s'agit là, pour M. Momal, d'une "crise économique nationale" mais qui resterait "gérable". Les dommages sont d'un tout autre ordre de grandeur que ceux du naufrage de l'Erika en 1999, ou de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001, évalués à 2 milliards d'euros.

Ces chiffres ne sont qu'une moyenne. Ils pourraient être deux fois inférieurs – ou deux fois supérieurs – en fonction des conditions météorologiques, des vents poussant plus ou moins loin les panaches radioactifs, ou de la densité de population. Un accident grave à la centrale de Dampierre (Loiret) ne forcerait à évacuer que 34 000 personnes, alors qu'à celle du Bugey (Ain), il ferait 163 000 "réfugiés radiologiques". Un chiffrage précis doit être fait cette année pour chacune des 19 centrales françaises.

Pour tempérer ce tableau apocalyptique, l'IRSN met en avant "les probabilités très faibles de tels événements". Faibles mais pas nulles : 1 sur 10 000 par an pour un accident grave, 1 sur 100 000 par an pour un accident majeur. "Le risque zéro n'existe pas, même si l'objectif est d'y parvenir", martèle le patron de l'Institut, Jacques Repussard.

"L'ÉCONOMIE EST UN ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA SÛRETÉ"

Le but de cette étude, dit-il, n'est pas de brandir "un épouvantail", mais de faire comprendre que "l'économie est un élément fondamental de la sûreté". Et que l'importance de la prévention doit être évaluée en conséquence. Ainsi des mesures de renforcement des réacteurs que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposées à EDF, à la suite de Fukushima, et qui sont estimées à quelque 10 milliards d'euros. Un investissement considérable dans l'absolu, mais minime au regard des risques potentiels évités. De même, l'IRSN juge "prioritaire la préparation à la gestion de tels événements et de leurs conséquences post-accidentelles".

La recherche a bien sûr un rôle à jouer. La France est le seul pays à avoir mené, dans le réacteur expérimental Phébus de Cadarache, des essais réels reproduisant une fusion du coeur, pour étudier les risques de relâchement de substances radioactives dans l'environnement. Ce qui a donné à l'IRSN une expertise mondiale sur l'accident de Fukushima, où les coeurs de trois réacteurs ont fondu en totalité ou en partie. Au cours de ces essais, elle a constaté que "la fusion est intervenue à des températures de 400 à 600 oC plus faibles qu'attendu, ce qui a conduit à des dégradations plus précoces et plus importantes que ne le prédisaient les logiciels".

Autre enseignement : le comportement de l'iode est "plus complexe qu'attendu". Une observation cruciale, puisque l'iode 131 est le radioélément le plus pénalisant dans les premiers jours d'un accident. Or, les réacteurs actuels ne sont équipés d'aucun filtre pour l'iode gazeux, et les recherches en cours doivent aider à y remédier.

Reste que la prise en compte du facteur économique dans le débat sur l'avenir de l'atome doit encore progresser, y compris au sein de l'IRSN qui, sur 1 700 agents, ne compte que... deux économistes.

(Pierre Le Hir, Le Monde, samedi 9 février)

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