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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 11:48

Les militants des Verts et d'Europe Ecologie ont toujours été hostiles à la vidéo surveillance. Aux Lilas comme partout ailleurs, nous estimons que ce système qui s’appuie sur une technologie reliée à l’électronique, à la téléphonie et à l’informatique, ne peut être fiable tant ces systèmes évoluent vite, de manière anarchique et mal contrôlé, créant un vrai risque d’atteinte à liberté de chacun. La vidéo surveillance, ou vidéo protection pour parler plus politiquement correct, n’est toujours pas évaluée en terme de sécurité, son impact reste flou, ses résultats ne pouvant pas être corrélés avec les statistiques de la police, nationale ou municipale, encore moins avec la justice. A Londres où des milliers de caméra quadrille le territoire de la ville, le chef du Bureau des Images, Identification et Détections Visuelles de la police de Londres (VIIDO) déclarait déjà en 2008 « l’utilisation de cette technologie est un véritable fiasco, des milliards de livres ont été dépensés dans le matériel, mais on n’a pas réfléchi à la manière dont la police allait utiliser ces images et comment elles seraient présentées devant un tribunal ».

C’est dans ce contexte peu sûr, peu fiable et empirique, que la Ville des Lilas fait actuellement le choix d’installer la vidéo surveillance de trois sites, avec quatre caméras reliées à une salle d’exploitation. Le budget d’une étude d’impact a été voté en octobre 2007, celle-ci a été rendue en mai 2008, sans avoir été exploitée. Entre ces deux dates, une élection municipale. Pourtant en mars 2010, la société de service « Loopgrade » rend un rapport de synthèse très précis  « d’assistance à maîtrise d ‘ouvrage dans le cadre de la mise en place d’un système de vidéo protection aux Lilas ». Ce document décrit très précisément les systèmes d’exploitation, de fonctionnement et d’installation de ces 4 caméras. A l’absence de discussion au sein de l’équipe municipale, encore moins de concertation vis-à-vis de la population, un appel d’offre est lancé en mai, et dans la foulée un marché est signé en juillet entre la société Forclum et la Ville des Lilas.

Le débat est brièvement revenu au centre des discussions entre élus, durant le mois de juin 2010, au détour d’une délibération du conseil municipal proposant des conventions entre la Ville et les bailleurs d’immeubles amenés à être support de caméra. Evidemment les Verts ont voté contre. Comme on le voit, les débats n’ont vraiment existé qu’en mai 2008 à la lecture du rapport, depuis rien, voir même un certain flou et brouillard quand au choix et aux décisions effectives.

Pourtant une décision qui engage la municipalité dans une démarche qui peut portée atteinte à l’intimité, au droit et à l’éthique, ne peut être prise en l’absence de débat étayé par des données factuelles et sérieuses, discuté au sein de la population. De plus, une décision qui coûte 94000 euros à la Ville, remboursé à 50% par le gouvernement (quand ?...), ne peut être prise non plus sans comparaison avec des propositions alternatives à ce paravent technologique.

Il s’agit bien ici d’un leurre sur la sécurité promise aux habitants, une croyance en une technologie qui ne fait qu’entériner des choix gouvernementaux de déstructuration et de déshabillage du service public, ici la police, au profit de marchés hasardeux et inefficaces.

Evidemment, l’ensemble des élus des Lilas, les Verts comme les autres, sont soucieux de répondre à une société de plus en plus violente, de moins en moins fraternelle, dans laquelle de nombreuses personnes vivent avec un sentiment d’insécurité tenace. Ce sentiment est-il justifié, est-il mesuré ? Dans tous les cas il faut l’entendre, il est la traduction d’une réelle angoisse et d’un mal de vivre qui pollue et paralyse la vie de la Cité. Les Verts participent aux efforts qui peuvent réduire ce mal être, mais nous sommes certain que cela passera par un travail et un investissement humain, durable et solidaire ; et non par une technologie « cache sexe » qui contribuera toujours plus à l’isolement, à la peur, à l’angoisse des uns vis-à-vis des autres. Vivre ensemble, cela implique des droits et des devoirs de chacun vis-à-vis de son voisin, de la collectivité, vis-à-vis des individus, cela implique également des moyens financiers surement plus importants que 94000 euros. Cela implique évidemment profondément la justice et la police dans la vie de la collectivité, cela nous implique dans un projet de société où l’humain est cœur de nos envies, où la technique est une assistance mais pas une substitution, où la surveillance et la délation ne sont pas des outils, mais où plutôt les valeurs de responsabilité et de solidarité sont centrales.

Ce projet politique n’a pas besoin de charte éthique, ni déontologique encadrée par la loi.

Ce projet de société a juste besoin de bon sens, de justice et de droit, simplement une application des lois républicaines et les moyens pour les appliquer. Pas besoin d’avoir recours à un dossier administratif et technique d’autorisation préalable à l’installation, dans le cadre légal et obligatoire encadré par l’article 10 de la loi du 21 janvier 1995, comme s'il fallait une loi qui légifère sur une autre loi. La simple existence d’une charte déontologique, à ne pas confondre avec une garantie éthique, n’est-elle pas le signe véritable de l’incertitude du système proposé ?

Nous avons voté contre cette charte, lors du Conseil Municipal des Lilas du 29 septembre 2010, pour les raisons citées ci-dessus, mais aussi parce qu’elle ne fixe pas de règles du fonctionnement de la vidéo surveillance, et surtout qu’elle occulte le principe et les critères d’évaluation de l’expérimentation. En effet, l’installation des 4 caméras sur 3 sites est présentée comme une expérimentation. A titre indicatif, l’étude initiale de 2008 proposait l’implantation de x caméras, réparties sur 10 sites. Qui dit expérimentation dit évaluation, qui dit évaluation dit critères, qui dit critères dit comparaison factuelle de données, de statistiques, de faits. Aujourd’hui, afin d’évaluer l’expérimentation nous n’avons que très peu d’élément sur les croisements d’information entre police Nationale et police Municipale, ni sur les interventions des services communaux, ni sur un rapport des utilisateurs des sites surveillés, ni sur le déplacement de délits à travers le territoire communal et inter-communal, ni sur l’évolution des délits, ni sur leur gravité. Nous ne disposons que de quelques témoignages, quelques impressions. Finalement beaucoup d’intuition, de ressenti, qui laisse la porte ouverte aux excès et au clientélisme.

Avec d’aussi faibles éléments d’évaluation, nous ne sommes pas loin de penser que l’année d’expérimentation ressemble plus à une introduction progressive d’une installation beaucoup plus massive de caméras de surveillance à travers la ville des Lilas, qu’à une analyse possible sans conclusion préalable.

Quand la technique a besoin d’éthique, c’est bien que cette technologie peut être nuisible et nocive. Ethique : qui a trait aux règles de la morale…. Il s’agit effectivement d’une installation mal contrôlée où la morale peut être mise en défaut à partir du moment où on ne peut savoir qui regarde, qui observe qui, pourquoi, quand, qui décide d’intervenir, qui déclenche une procédure, quel est le rôle de la police Nationale, quelle relation entre justice et police, comment s’insère la vidéo surveillance dans un projet de sécurité global, quel est ce projet aux Lilas, dans l’intercommunalité, comment évoluent et se déplacent les délits… Tant de questions qui demeurent sans réponse et pour lesquelles en l’absence de cadre, de règle et d’un projet réfléchi, la technologie met en danger l’éthique, et où son mauvais usage peut porter atteinte au fondement même de la liberté individuelle. Une fois encore nous croyons que la réponse à l’insécurité viendra d’une démarche globale, sociale et humaine, et non du leurre d’une technique mal pensée.

Que ceux qui vivent des situations angoissantes, qui sont victimes d’actes violents et dangereux, ne se racontent pas d’histoire, la vidéo surveillance avec 4 caméras ou 44 caméras ne résoudront rien, ni leur stress légitime ni leurs peurs. Si des élus y croient, c’est parce que comme nous ils ont été mal informés, mais que par souci de bien faire, ou de vouloir faire plaisir à la population (attention au populisme camarade…), ils adoptent un système inadapté et inefficace face à un vrai problème de société où sécurité et insécurité sont amalgamé, mal identifié, mal analysé et mal combattu.

Les Verts participeront à toutes les initiatives et à toutes les décisions qui peuvent aider à rendre la vie meilleure aux gens, évidemment, mais sans faux semblant, sans mensonges, sans à priori, avec détermination, dans le respect de nos engagements de contribuer à bâtir une vie harmonieuse pour tous, dans une ville plus juste et plus solidaire.

 

Pour Les Verts-Europe Ecologie, Nicolas Karmochkine. Octobre 2010.

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