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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 11:46

Alors que débute aujourd'hui la 12e semaine des alternatives aux pesticides... la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondances internes du groupe américain agrochimique. On y découvre que Monsanto s'inquiétait dès 1999 de la dangerosité potentielle du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup.

Le Roundup. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Roundup. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Une information embarrassante pour l'Agence européenne des produits chimiques. Le 15 mars, elle estimait que le glyphosate n'était pas mutagène. Pour le groupe allemand Bayer, en passe de racheter Monsanto, la mauvaise image du semencier présente un risque élevé.

Lire aussi Le désherbant Roundup classé cancérogène, Fusion Monsanto-Bayer : « C’est un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur », Monsanto traduit devant un tribunal international citoyen à La Haye, Les citoyens se font justice face à Monsanto,

et aussi Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens, Halte à la manipulation de la science,                                                            Perturbateurs endocriniens : la fabrique d'un mensonge,                    Cancer au travail : la Commission européenne complice de l’industrie, Cancers professionnels : seulement dix-huit substances réglementées, et Une quarantaine d’ONG européennes lancent une initiative citoyenne contre le glyphosate !

Roundup : ce que révèlent les " Monsanto Papers "

Par Stéphane Foucart le 18 mars 2017 pour Le Monde.  

Rarement hasard du calendrier aura été plus embarrassant pour une agence d'expertise. Dans le cadre d'une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondances internes de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s'inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or le 15 mars, à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu'elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène – c'est-à-dire capable d'engendrer des mutations génétiques.

Pour Monsanto, l'affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

Ces documents internes de la firme de Saint Louis (Missouri) ont été rendus publics dans le cadre d'une action collective portée devant une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien (un cancer du sang). S'appuyant sur un avis rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), les plaignants attribuent leur maladie au contact prolongé avec l'herbicide commercialisé par Monsanto.

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), chargée aux États-Unis d'évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d'une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l'enjeu est de les convaincre que le produit n'est pas génotoxique.

" Science pourrie "

" Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l'entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu'un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité - du glyphosate - sera soulevée. "

Les messages échangés suggèrent qu'en interne, la crainte est forte que le glyphosate ne soit considéré comme génotoxique, c'est-à-dire nocif pour le matériel génétique et donc capable d'y induire des mutations susceptibles d'initier des cancers.

La firme de Saint Louis jette son dévolu sur James Parry, alors professeur à l'université de Swansea (Pays de Galles), l'un des papes de la génotoxicité – auteur de près de 300 publications. Mark Martens, alors directeur de la toxicologie de Monsanto pour l'Europe et l'Afrique, est chargé de cornaquer le savant britannique et le faire accoucher d'un rapport sur le sujet.

Hélas ! James Parry semble n'avoir pas saisi les règles tacites de l'exercice. Au lieu de défendre le glyphosate en mobilisant ses connaissances, il fait valoir de sérieuses inquiétudes. Le rapport qu'il remet à Monsanto ne sera jamais rendu public ni transmis aux autorités de régulation.

Et pour cause : sur la base d'études alors récentes, écrit M. Parry, " je conclus que le glyphosate est un clastogène potentielin vitro ". Une substance " clastogène " est un mutagène capable de casser l'ADN et d'induire des aberrations chromosomiques. Sur la foi d'observations menées sur des cellules sanguines (lymphocytes) bovines et humaines, James Parry ajoute que " cette activité clastogénique - du glyphosate - pourrait se produire in vivo dans les cellules ", à l'exception des cellules germinales (spermatozoïdes et ovocytes).

James Parry précise que le mécanisme en jeu serait la capacité du glyphosate à induire un " stress oxydatif " sur les cellules – c'est précisément ce processus qui sera identifié par le Centre international de recherche sur le cancer, dans sa monographie de mars 2015. Une monographie que Monsanto qualifiera immédiatement, dans un communiqué, de " science pourrie "

Le rapport de Parry est fraîchement accueilli. Le 31 août 1999, un cadre de la firme écrit à ses interlocuteurs qu'il est " déçu " par le texte rendu et interroge : " A-t-il déjà travaillé pour l'industrie sur ce genre de projet ? " Le scientifique britannique suggère à Monsanto, dans son rapport, de conduire des tests spécifiques pour explorer plus avant le potentiel mutagène du glyphosate.

En septembre 1999, l'un des toxicologues de Monsanto écrit à ses collègues que " Parry n'est pas la personne qu'il nous faut et cela prendrait pas mal de temps, de dollars et d'études pour l'amener à l'être ". " Nous n'allons simplement pas conduire les études qu'il suggère, ajoute-t-il à l'adresse de Mark Martens, le cornac de James Parry. Mark, penses-tu que Parry peut devenir un avocat solide sans mener ces travaux ? Sinon, nous devrions commencer sérieusement à chercher une ou plusieurs autres personnalités avec qui travailler. " L'intéressé ajoute, à propos de la génotoxicité possible du glyphosate : " Nous sommes actuellement très vulnérables. "

En interne, l'affaire crée des remous pendant plusieurs mois. Dans un courriel collectif envoyé en 2001 par une haute responsable de la firme, Mark Martens est stigmatisé : " Mark n'a pas bien géré cela et on en est presque arrivé à voir Parry déclarer le glyphosate génotoxique… "

" Aucune donnée "

Ce n'est pas tout. L'impact sanitaire des " surfactants " (ces produits ajoutés au glyphosate pour démultiplier son pouvoir herbicide) apparaît comme une autre épine dans le pied du géant de l'agrochimie. Selon les plaignants, leur présence augmenterait l'absorption du glyphosate par la peau, accroissant ainsi l'exposition des travailleurs agricoles au produit.

Interrogée le 11 janvier 2017 par les avocats des plaignants, Donna Farmer, l'une des toxicologues de Monsanto, assure " n'avoir aucune donnée certifiant " ce soupçon. Las ! Dans les documents déclassifiés, un rapport interne de 2001 et signé de scientifiques de la firme, liste six mécanismes par lesquels " les surfactants sont capables d'augmenter l'absorption du glyphosate par la peau ".

Interrogée par Le Monde, Monsanto rappelle que toutes les agences réglementaires considèrent le glyphosate comme sûr et conteste la classification de l'Organisation mondiale de la santé, qui l'estime mutagène et cancérogène probable pour l'homme.

Que pense M. Parry de l'affaire ? Difficile de le savoir : il est mort en 2010. La firme de Saint Louis assure, elle, que le rapport du scientifique britannique ne faisait que " répondre à quelques études isolées ", rudimentaires et irréalistes (injection directe de la substance, etc.). " Le Dr Parry a initialement cru que ces études montraient des effets génotoxiques possibles du Roundup et a suggéré à Monsanto de conduire plus d'analyses, par le biais d'études de génotoxicité ", précise la société au Monde.

Celles-ci auraient été conduites et auraient finalement changé l'opinion de M. Parry. Pour en avoir le cœur net, les avocats des plaignants demandent donc l'accès à plus de documents internes, dont les correspondances entre M. Parry et son cornac. Les révélations des " Monsanto Papers " ne font peut-être que commencer.

***Repères***

Classé " cancérogène " par la Californie

L'État de Californie pourra exiger la présence d'une mention " cancérogène " sur les bidons de Roundup, l'herbicide phare de la société Monsanto. Depuis plusieurs mois, la firme de Saint Louis (Missouri) contestait aux autorités sanitaires californiennes l'inscription du Roundup sur la liste officielle des substances cancérogènes devant être dûment étiquetées. Mais le 10 mars, une juridiction de l'État a rendu un jugement défavorable au groupe agrochimique, estimant que les exigences d'étiquetage de l'Office de la santé environnementale et de l'évaluation des risques étaient fondées. Ces dernières s'appuient sur l'avis rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer – l'agence de l'Organisation mondiale de la santé chargée d'inventorier les causes de cancer – selon lequel le glyphosate, principe actif du Roundup, est mutagène, cancérogène pour l'animal et cancérogène probable pour l'homme.

13,5   C'est, en milliards de dollars, le chiffre d'affaires du groupe en 2016

70 %  C'est la part de l'activité de la société qui repose sur la commercialisation de traits génétiques ou de semences, permettant une tolérance des cultures aux insectes ou à l'herbicide Roundup

30 %  C'est la part du chiffre d'affaires qui repose sur la vente d'intrants agricoles (pesticides, etc.), en majorité de marque Roundup

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 09:05

Le philosophe Frédéric Worms exhorte ceux qui dénoncent le " système " à faire preuve de mesure, de discernement, afin de ne pas faire le lit du totalitarisme. Par Frédéric Worms le 17 mars 2017 pour Le Monde.

Avoir la défense adoptée par M. Fillon face aux accusations qui lui ont été adressées par la presse, on est pris d'un vif regret portant sur l'efficacité et l'importance qu'une autre défense aurait pu avoir, non seulement pour lui-même, mais pour la France et pour la situation politique contemporaine, dans un de ses aspects les plus graves.

Car enfin, voici l'un des candidats qui se déclare le plus farouchement " antisystème " dans sa campagne, qui est accusé par certains articles de certains faits pouvant relever, à certaines conditions, de la justice. Qu'aurait donc pu et dû être sa défense, sa défense la plus logique et en quelque sorte même la plus obsessionnelle ? C'est bien simple, et il suffit pour le savoir de se rapporter à ce qu'est au fond un " système ".

Fillon, l'occasion manquée

Un " système ", le terme le dit assez, c'est quelque chose où " tout " se tient, et notamment des choses qui en apparence n'auraient rien à faire ensemble. Ainsi, dans quelques doctrines philosophiques, où " tout " découle d'un principe, de la logique formelle au sens de l'histoire en passant par les passions et les malheurs des hommes. Ou bien, dans quelques pratiques politiques, où l'on pratique en effet le mélange des genres entre les pouvoirs, parfois entre tous les pouvoirs, de la presse à l'argent en passant par le droit ou l'Etat (et par exemple dans les " conflits d'intérêts " qui sont toujours le principe de ces " systèmes ").

Mais alors, si tel est le cas, si tel est ce qui définit un " système ", quelle est la seule réponse au système, ou au risque de système ? La réponse qui est, et qui doit d'ailleurs rester au principe de toute démocratie réelle, et de toutes les institutions réellement républicaines ? Cette réponse est bien simple, elle aussi, et elle saute aux yeux par contraste. C'est bien sûr la critique, et la séparation. La critique, qui signifie (et pas seulement par son étymologie) séparation et distinction. Une séparation qui, en politique et en République, est d'abord la séparation des pouvoirs. Mais plus largement encore, une critique qui peut s'exercer, jusque dans chaque pouvoir. On peut en tout cas le poser en principe : la seule réponse au système, c'est la distinction, c'est la séparation, c'est la critique.

On comprend alors comment M. Fillon aurait pu et dû se saisir avec force de cette occasion presque unique de lutter contre le système ! Distinguons, aurait-il pu et dû dire, presque -obsessionnellement. Faisons appel aux institutions chargées de la distinction, à ces institutions que nous appellerons critiques. Heureusement d'ailleurs qu'elles existent et qu'elles se sont développées, dans les trente dernières années ! La plus récente sans doute, cette  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique que l'actuel gouvernement a mise en place après une " affaire " redoutable et -potentiellement mortelle surgie en son sein - (Cahuzac). Ou bien celles qui ont sauvé, on s'en souvient, le - " système " de santé français, ces agences qui ont interdit, surveillé et critiqué sans relâche les conflits d'intérêts, après le scandale de la vache folle ou celui du sang contaminé. Sans elles, la propagande et la propagation du -soupçon seraient devenues plus -redoutables encore qu'elles ne le sont déjà ; et cette propagande le sait bien, puisqu'elle s'emploie sans relâche à les discréditer.

M.  Fillon aurait donc pu et dû non seulement recourir ou attendre que d'autres recourent à ces institutions, mais les soutenir et les revendiquer, jusqu'à l'obsession, justement contre le " système " ! Et, au-delà même de ces institutions politiques, distinguer, -distinguer toujours ! Entre les articles de presse eux-mêmes, et parfois dans un même article : faire preuve de sens critique, et non pas tous les rejeter en bloc dans un " système ". Car il faut -distinguer en effet, partout, et ne pas admettre que l'on confonde tout : la description des faits, le soupçon sans fondement et l'insulte parfois ignoble (jusqu'à l'accent d'une épouse qui en vient ainsi à porter sur elle une partie de la xénophobie ambiante).

Le travail critique, ressource vitale de la démocratie. Non pas certes une autocritique systématique, car elle devient alors (et ça s'est vu) aussi totalitaire que son contraire ; mais des distinctions dans chaque discours, et chaque institution, non pas pour ébranler, mais pour renforcer leur légitimité et la confiance publique, comme ligne de défense non seulement d'un individu, mais de la vérité, de la politique et de la République.

Opposition massive

Au lieu de quoi qu'avons-nous entendu ? Encore un discours " antisystème ". Et qui conduit à en redoubler encore le danger. Car il y a un premier danger. C'est de remplacer les distinctions critiques par l'opposition massive entre un " système ", d'un côté, où " tout " serait mal, et, de l'autre côté, celui qui le critique et chez qui, bien entendu, " tout " serait bien ! Comme si tout était permis à celui qui dit que tous (les autres) sont pourris. Or, s'il y a toujours des progrès à faire dans les institutions contre le risque en effet chronique de devenir un système, il y a certes aussi des progrès à faire du côté de ceux qui critiquent ces institutions, s'ils croient pouvoir tout se permettre, et c'est toujours le cas.

Mais le danger se redouble encore, si celui qui s'en prend au système le fait pour se défendre, lui-même, d'y avoir participé. Non pas que nous en accusions ici quiconque (et par exemple M. Fillon) à notre tour ! Nous nous garderons bien de le faire, en tout cas de cette façon, et attendrons les études et les jugements critiques qui seront, par définition, mesurés. Mais il est facile de voir le nouveau danger qui risque de surgir alors. C'est le risque de la surenchère des " antisystème ", qui chercheront chacun à placer tous les autres du mauvais côté de la barrière, ou dans le même sac, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un – ou une.

Alors en effet tout le monde y aura perdu, et on risque d'y avoir tout perdu. On s'apercevra trop tard qu'en se trompant de défense, qu'en ne critiquant pas le " système " ou le tout, grâce à des distinctions, grâce aux principes qui dans chaque démocratie nous en préservent, mais en le renforçant encore, à force de confusion, on aura renforcé un autre véritable système. Le système de ceux qui prétendent critiquer (sans distinction) le système, mais qui risquent ainsi de produire ce qu'ils prétendaient dénoncer chez les autres, et de l'aggraver encore, pour nous imposer non pas un tout, ou une totalité mais, bel et bien, le totalitarisme.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 12:39

Les géants de la gestion de l'eau font face depuis plusieurs années à un réveil citoyen. Et 2017 pourrait marquer un nouveau tournant. Par Erwan Manac’h le 15 mars 2017 pour Politis.

Cf Une nouvelle manœuvre pour faire taire les défenseurs du droit à l’eau.

Public-privé : La guerre de l’eau

Le commerce de l’eau n’est pas une pratique nouvelle. Les deux plus grandes multinationales du secteur, Veolia et Suez, ont conquis la France et le monde depuis la fin du XIXe siècle. En réussissant, grâce à des jeux de pouvoir et d’argent, à se construire des marchés captifs et à s’en adjuger la rente.

Mais ces géants font face depuis plusieurs années à un réveil citoyen. Après Grenoble en 2000 et Paris en 2010, une multitude de villes ont repris en main la gestion de leur eau, mettant chacune à leur tour en lumière les pratiques des multinationales et les bienfaits d’un retour en régie publique.

Cette vague citoyenne pourrait connaître en 2017 un nouveau rebondissement. Avec la réforme territoriale, les communes doivent transférer leurs contrats aux intercommunalités. L’occasion pour les dizaines d’experts citoyens, de plus en plus familiers de ces dossiers techniques et opaques, d’y exercer un droit de regard. L’inertie politique est encore importante, mais ils ont pour eux des arguments convaincants, à commencer par celui du prix, directement perceptible sur la facture des usagers.

2017, année de l’eau publique ?

La réforme territoriale offre une occasion historique de reprendre au privé une grande part de la distribution de l’eau. À moins que les multinationales ne parviennent, au contraire, à accroître leur emprise.

C’est un petit monde en ébullition. D’ici à trois ans, la gestion de la production et de la distribution d’eau devra être transférée des communes vers les intercommunalités. Partout en France, les villes doivent donc passer le relais. Une occasion inespérée de rouvrir des dossiers souvent opaques et verrouillés par des jeux de pouvoir ancrés depuis des décennies.

Les multinationales de l’eau (Veolia, Suez et la Saur) contrôlent aujourd’hui 61 % de la distribution d’eau en France, en nombre d’usagers. Elles en tirent une rente confortable grâce à une clientèle forcément captive. Plusieurs grandes villes, cependant, ont fait le choix d’une régie municipale. Et la France est constellée de petites régies publiques gérées directement par les communes. Un juteux marché potentiel ! En se réunissant en communautés de communes, les futures régies des eaux aiguisent donc l’appétit des multinationales. « Le risque, est important, du fait de la mutualisation dans les petites communes, que les multinationales gagnent du terrain », pointe Gabriel Amard, membre de la Coordination nationale eau-bien commun, ancien maire Parti de gauche de Viry-Châtillon (Essonne). Mais les partisans d’une gestion publique pourraient tout autant emporter des victoires majeures.

Ce sera l’enjeu d’une guerre féroce en région parisienne. Depuis un siècle, les deux leaders mondiaux de la gestion privée, Veolia et Suez, se partagent le territoire. Ils cohabitent malgré eux depuis 2010 avec l’énorme régie publique Eau de Paris, devenue un symbole mondial d’une reprise en main citoyenne de ce bien commun qu’est l’eau.

Grâce à ses nombreux appuis politiques, Veolia a verrouillé son emprise sur la distribution d’eau à 4,5 millions de Franciliens, dans 150 communes d’Île-de-France. Depuis 1923, cette « délégation de service public » est gérée pour les communes par le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), contrôlé par la droite et présidé depuis 1982 par André Santini, le maire UDI d’Issy-les-Moulineaux. Pour une ville, sortir de ce syndicat – et donc de l’emprise de Veolia – est mission quasi impossible. Il faut l’accord des deux tiers des communes membres, chacune ayant une voix, y compris les petites villes acquises à la droite.

Mais, avant le 31 décembre 2017, en vertu de la réforme territoriale, les intercommunalités du Grand-Paris (les « EPT ») doivent voter leur adhésion au Sedif, afin de formaliser le transfert de la compétence eau. En l’absence de vote, la collectivité quittera de fait le Sedif. L’ouverture est furtive, mais elle offre une possibilité historique d’ouvrir un débat sur la gestion publique de l’eau.

Les défenseurs du service public de l’eau comptent bien s’engouffrer dans cette brèche, en arrachant des mains du Sedif des morceaux d’Île-de-France. « Il y a un mouvement de fond. Cela prend du temps, mais, politiquement, nous sommes au début de quelque chose », observe Célia Blauel, adjointe EELV à la Ville de Paris et présidente de la régie parisienne. L’exemple de la capitale – reconnu comme une réussite jusque dans un rapport de la Cour des comptes de 2014 – a montré la crédibilité des défenseurs de la régie publique. « Depuis, il y a beaucoup de retours en régie, et les négociations sont plus serrées. Berlin a repris la gestion de son eau en utilisant l’exemple de Paris dans les discussions », témoigne Anne Le Strat, ancienne adjointe de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, en charge de la remunicipalisation de l’eau [1]. Rennes, Montpellier et même Nice (pourtant gouvernée par la droite) ont depuis opté pour le public.

Les gardiens du modèle actuel se montrent d’ailleurs inquiets. « La loi NOTRe a inutilement bouleversé le paysage du service public de l’eau, qui fonctionnait bien. Il y a un chamboule-tout destructeur de valeurs », se désole Philippe Knusmann, directeur général des services du Sedif et adjoint de Santini à Issy-les-Moulineaux. Selon un sondage récent, un quart des villes réfléchissent à un changement de mode de distribution de l’eau, quel que soit leur bord politique [2]. « Si quelques villes réussissent à partir, ce serait un signal fort. Au contraire, si les villes manquent cette occasion, il sera difficile d’en sortir par la suite », prévient Jean-Claude Oliva, de la Coordination eau Île-de-France.

Dans cette région, trois territoires pourraient à leur tour basculer en régie publique, à la faveur d’un rapprochement avec Eau de Paris. Le Grand-Orly-Seine-Bièvre, qui regroupe 24 communes du Val-de-Marne et 700 000 habitants, et deux territoires de Seine-Saint-Denis, « Est-Ensemble » et « Plaine commune », qui rassemblent 18 communes de proche banlieue parisienne et 800 000 habitants. Ces territoires, présidés par le Parti communiste, sont la cible privilégiée des militants de la régie publique.

« Ça va être une guerre dingue », prévient Gabriel Amard. Car les multinationales ne vont pas se contenter d’opposer une résistance farouche : elles doivent passer à l’attaque pour espérer conquérir de nouveaux territoires, afin de réaliser des économies d’échelle. En effet, le secteur de l’eau est en surcapacité, car la consommation d’eau potable baisse : délocalisation des usines hors des villes, moins de fuites dans les réseaux de distribution, technologies industrielles et appareils ménagers plus performants… Pour préserver leurs marges, les multinationales doivent donc étendre leur toile. Elles rêvent donc d’un rapprochement avec Eau de Paris.

Anne Hidalgo, maire de la capitale, s’est invitée fin janvier dans ce débat, sortant de la discrétion qu’elle observait sur ce dossier depuis son élection. Profitant du lancement solennel d’un plan de modernisation d’une usine, elle adressait à ses voisins franciliens un appel du pied. Un cauchemar pour les multinationales. Si les communes limitrophes venaient à se raccorder au réseau d’Eau de Paris, leurs pertes potentielles seraient considérables. Dans la fenêtre inédite qui s’ouvre en Île-de-France, celles-ci peuvent néanmoins compter sur un agenda favorable. Le renouvellement ou non de l’adhésion au Sedif doit intervenir avant la fin de l’année. Or, le contrat avec Veolia ne prend fin qu’en 2022. Une période de cinq ans devra donc être comblée en cas de départ du Sedif. Les villes qui souhaitent reprendre le flambeau devront engager une bataille juridique et payer des compensations si elles choisissent de résilier leur contrat avec Veolia avant son échéance. Elles pourraient, sinon, acheter leur eau de manière transitoire au Sedif… qui affichera sûrement des tarifs dissuasifs. « La liberté à un prix, que la commune doit chiffrer. Et, comme dans un divorce, il y a une facture à payer, en l’occurrence la quote-part de la dette du syndicat que la commune quitte », lance Philippe Knusmann, du côté du Sedif, en guise d’avertissement.

En parallèle, les défenseurs du modèle privé sont à l’offensive avec un projet intitulé « Grand Ring de l’eau », qui consiste à faire tourner des tuyaux tout autour de Paris pour « mutualiser » les moyens et fermer deux usines. Le Sedif et son corollaire Veolia pourraient ainsi s’imposer comme les patrons métropolitains de l’eau. Un projet jugé dangereux et inutile par les défenseurs de la régie publique.

En définitive, le sujet reste éminemment politique. « Le jeu est ouvert. Les attaques des multinationales sont réelles, il y a un risque évident qu’elles progressent, mais je reste confiante, car nos arguments sont imparables », assure Anne Le Strat. Au premier rang de ces arguments : le prix. Les régies publiques affichent des tarifs en moyenne 25 à 30 % inférieurs à ceux des multinationales, pour des raisons évidentes : elles n’ont ni actionnaires à rétribuer, ni holding à faire fonctionner, ni service communication, juridique ou « relations institutionnelles » à financer. Les régies ne paient pas non plus d’impôts locaux et sur les sociétés.

Selon la Coordination eau Île-de-France, l’ampleur du « racket » des multinationales vient d’être une nouvelle fois démontrée avec le passage de l’eau en régie publique dans le Val-d’Orge, une communauté de 10 communes de l’Essonne, comptant 130 000 habitants. Au regard du premier budget annuel de la régie, voté fin janvier, l’association estime que les ménages de ce territoire « ont eu à subir près de 85 millions d’euros de surfacturation pour les seules vingt dernières années d’exercice (en euros constants). Pour une famille de quatre personnes de Sainte-Geneviève-des-Bois, une des communes les plus lourdement facturées, c’est de l’ordre de 100 euros par an en moyenne [3] ». Autre exemple mis en avant par l’association : une famille d’Aubervilliers, ville pourtant limitrophe de la capitale, paye son eau 100 euros de plus chaque année qu’un foyer parisien.

Le Sedif a consenti en décembre une baisse de 10 centimes par mètre cube. En 2011, Veolia a également dû diminuer ses tarifs de 16 %, mais cette chasse aux coûts pèse sur les salariés. Les tenants de la gestion privée doivent donc chercher d’autres arguments. « L’intérêt des grands syndicats est d’avoir une capacité de financement que n’ont pas les communes », juge Philippe Knusmann. Une idée réfutée par les défenseurs des régies publiques.

Second grief de taille : la gestion de l’eau par les multinationales échappe au contrôle des élus et des citoyens. Elles fournissent des informations partielles sur l’état des réseaux, leur taux réel de rendement financier, les coûts réels de leur service et de leur masse salariale. L’eau est traditionnellement un nid à corruption. Vu l’ampleur des enjeux, les multinationales entretiennent également des liens serrés avec les élus locaux. Le conflit d’intérêts est parfois criant. Le vice-président du Sedif, Christian Cambon, sénateur-maire Les Républicains (LR) de Saint-Maurice (Val-de-Marne), a notamment nommé comme adjoint (et futur successeur) le directeur des relations institutionnelles de Suez, Igor Semo. Autre exemple, entre deux mandats de député, Alain Marsaud (LR) a officié comme directeur général adjoint du pôle eau de Veolia (à l’époque où elle s’appelait encore Compagnie générale des eaux), « bénévolement », selon ses dires [4].

Les citoyens ont peu à peu pris conscience de cette situation. « Il existe une expertise citoyenne de très haut niveau, et ce contre-pouvoir a montré qu’il permettait de faire changer les choses », s’enthousiasme François Guieu, réalisateur d’un documentaire sur ce mouvement citoyen de reprise en main [5]. «Il y a un contexte plus propice qu’avant, observe aussi Anne Le Strat. Les choses ne peuvent plus se régler dans la discrétion. »

[1] Elle raconte cette aventure dans Une victoire face aux multinationales. Ma bataille pour l’eau de Paris, Les Petits matins, 2015.

[2] Baromètre TNS- Sofres-CIEAU, « Les Français et l’eau » 2015.

[3] eau-iledefrance.fr

[4] Bastamag, 7 janvier.

[5] Vague citoyenne, informations sur vaguecitoyenne.org

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:25

Parce qu’elles défendent le droit à l’eau des plus démunis en luttant contre les coupures d’eau illégales, des associations dérangent une multinationale. Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation France Libertés, et Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Île-de-France, sont directement visés par l’attaque de Veolia. La Ligue des Droits de l’Homme soutient la Fondation France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France, poursuivies pour diffamation par Veolia ! Par la LDH le 16 mars 2017.

La lutte pour le droit à l’eau pour tous
Depuis trois ans, les coupures d’eau pour impayés sont illégales dans les résidences principales, tout au long de l’année. Les multinationales Veolia et la Saur ont tout fait pour ignorer et contester cette loi. La Fondation France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France ont mené des actions en justice aux côtés des usagers démunis victimes de coupures d’eau pour défendre leurs droits.
Elles ont obtenu la victoire devant de multiples tribunaux, cours d’appel et même devant le Conseil constitutionnel : tous ont confirmé l’interdiction des coupures d’eau et des réductions de débit.

Une poursuite-bâillon
N’ayant pu obtenir gain de cause en justice, Veolia tente une nouvelle manœuvre : faire taire les défenseurs du droit à l’eau et de la loi. Au-delà de la question des coupures d’eau, cette attaque du leader mondial de l’eau concerne tous les défenseurs des droits humains, sociaux et environnementaux.

Comment les aider?
Une campagne de financement participatif est lancée pour aider France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France à couvrir leurs frais de justice : http://bit.ly/2mlH1U9. Contribuez et relayez cette campagne dans nos réseaux. Ils ont besoin de nous dans cette lutte de David contre Goliath.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 17:36

Le système Nutri-Score, qui reste facultatif, doit aider le consommateur à manger sainement. Par Pascale Santi le 16 mars pour Le Monde.

La France se dote d'un logo nutritionnel

Mieux vaut tard que jamais, diront certains. La ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé mercredi 15 mars, dans Le Parisien, la mise en place d'un logo nutritionnel sur les produits dans les supermarchés. Le but est d'améliorer la qualité nutritionnelle du panier d'achat des consommateurs, les informations actuelles étant peu lisibles. Ce choix sera fixé par arrêté en avril.

C'est le Nutri-Score qui a été choisi, au vu des résultats d'une étude qui a testé quatre systèmes durant dix semaines dans soixante magasins : celui de l'industrie agroalimentaire, celui de la grande distribution, les " feux tricolores " britanniques et le Nutri-Score, un système à cinq couleurs développé par l'équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) de l'Inserm.

" Le Nutri-Score apparaît comme le système le plus efficace ", -concluent ces études, notamment pour " ceux qui achètent les produits les moins chers ". " L'intérêt d'un logo nutritionnel et l'efficacité du Nutri-Score sont démontrés ", a déclaré Mme Touraine dans un communiqué. Le Nutri-Score, ou " 5 C ", propose une échelle de cinq couleurs allant du vert au rouge en fonction notamment de quatre paramètres : l'apport -calorique pour 100 grammes, la teneur en sucre, en graisses saturées et en sel.

Hostilité des industriels

La plupart des industriels n'ont jamais caché leur hostilité à l'égard du Nutri-Score, dont l'efficacité a pourtant été démontrée par des études scientifiques. Dans un communiqué, l'Association nationale des industries alimentaires dit attendre " la présentation officielle des résultats de l'expérimentation en conditions réelles prévue dans les prochains jours ". Seul Fleury Michon a annoncé qu'il " rendrait visible ce logo dès le prochain renouvellement d'emballage (…), souhaitant même aller plus loin ".

Ce feuilleton dure depuis des années. Le système devait d'abord être choisi par décret, après avoir été adopté par la loi de santé de janvier 2016, qui avait suscité de vifs débats. Dès janvier 2014, le professeur Serge Hercberg, qui dirige l'EREN, avait remis à la ministre un rapport sur la politique nutritionnelle, dont le logo était l'une des mesures préconisées. Mais les industriels s'étaient élevés contre ce dispositif pourtant prôné par le Haut Conseil de la santé publique. Le jugeant pénalisant, ils avaient réclamé une étude en conditions réelles d'achat. Une étude qui n'est pas exempte de critiques : conflits d'intérêts dans le comité scientifique, présence des industriels dans le comité de pilotage… Quant au coût, il s'élève à 2,2 millions d'euros, dont près de la moitié est financée par l'Assurance-maladie. Pour autant, " les études viennent de montrer que le plus pertinent des logos pour aider à manger sainement est le Nutri-Score ", répond la ministre.

Cet étiquetage sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas qu'il soit obligatoire, ce que regrette Mme Touraine : " Je compte sur la pression des consommateurs pour que les industriels s'engagent dans cette voie. " " C'est une victoire de la santé publique car la bataille a été complexe ", se félicite M. Hercberg, qui espère que la France portera ce dossier devant les instances européennes pour rendre un tel logo obligatoire.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 11:14

Biodiversité, AFP.

Whanganui est le nom de cette ville et aussi du troisième plus long cours d'eau du pays.

Whanganui est le nom de cette ville et aussi du troisième plus long cours d'eau du pays.

Un fleuve sacré pour les Maoris a été reconnu par le Parlement néo-zélandais comme une entité vivante, une décision qui pourrait être une première mondiale. Le Whanganui, troisième plus long cours d'eau du pays, a été doté, mercredi 15 mars, d'une " personnalité juridique, avec tous les droits et les devoirs attenants ", a détaillé le ministre de la justice. Traduction : les intérêts du cours d'eau seront défendus dans les procédures judiciaires par un avocat représentant la tribu et un autre le gouvernement. La tribu maorie locale Iwi, qui lutte pour la reconnaissance de ses droits sur le fleuve depuis les années 1870, a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52 millions d’euros) au titre des frais de justice, et 20 millions d'euros pour améliorer l'état du fleuve. « La nouvelle législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre iwi [tribu] Whanganui et son fleuve ancestral. »

Le fleuve Whanganui, dans l’île du Nord, en Nouvelle-Zélande. JAMES SHOOK / CC-BY-2.5

Le fleuve Whanganui, dans l’île du Nord, en Nouvelle-Zélande. JAMES SHOOK / CC-BY-2.5

" Vision du monde "     (Ajout d'après Caroline Taïx le 20 mars 2017 pour Le Monde).

" Aujourd'hui, nous reconnaissons le sacrifice et la souffrance de la tribu Whanganui, qui s'est battue près de cent cinquante ans pour arrêter l'exploitation de cette force vitale ", a salué Te Ururoa Flavell, du Parti maori. Le texte fait valoir que le fleuve, dont le nom maori est Te Awa Tupua, est une entité vivante, " partant des montagnes jusqu'à la mer, y compris ses affluents et l'ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ".

Les droits et les intérêts du Whanganui pourront être défendus devant la justice. Le fleuve sera alors représenté par deux personnes : un membre de la tribu et un autre du gouvernement – de la même manière qu'un adulte parle au nom d'un enfant devant le juge. Le fleuve est ainsi mieux protégé et des plaintes pourront être déposées en son nom. La tribu n'est pas la propriétaire du fleuve mais son gardien, chargé de le protéger pour les générations actuelles et futures.

Certains pourraient juger étrange cette reconnaissance de droit pour un fleuve, a reconnu le député travailliste Adrian Rurawhe, lui-même maori. Mais pour les peuples autochtones, c'est normal, a-t-il expliqué à des journalistes néo-zélandais, avant de citer un adage maori : " Je suis la rivière et la rivière est moi. "

" Notre terre est personnifiée, explique Jacinta Ruru, codirectrice du centre de recherche maori à l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande. Nous nous percevons comme faisant partie de l'environnement. Notre bien-être et notre santé dépendent de ceux de notre environnement et réciproquement. " La loi a " embrassé la relation des Maoris à la terre et renverse l'idée d'une souveraineté humaine ", se félicite-t-elle.

Cette législation a été présentée par le gouvernement néo-zélandais comme une première mondiale, mais pour la juriste internationale Valérie Cabanes, auteure d'Un nouveau droit pour la Terre (Seuil, 2016), il existe des précédents. " La reconnaissance des droits de la nature est en pleine évolution dans le monde ", précise-t-elle, en évoquant des exemples en Equateur et en Bolivie, mais aussi des comtés aux Etats-Unis, ou la ville de Mexico, qui ont inscrit les droits de la nature dans les législations locales.

La croyance des peuples premiers, qui ne font pas de distinction entre humanité et nature, est à l'origine de cette affirmation des droits de la nature. Mais " de plus en plus d'Occidentaux s'engagent dans cette démarche ", explique Valérie Cabanes. Elle met en avant " la crise climatique et environnementale " pour expliquer cette évolution : " Depuis le judéo-christianisme et la suprématie de l'Occident sur le monde, l'homme s'est positionné comme dominant. Mais ce n'est qu'une vision du monde, qui est manifestement arrivée à ses limites. "

Fin mars, une initiative doit être lancée au Parlement européen pour demander la reconnaissance des droits de la nature.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 18:02

En 2014, le Premier ministre a voulu affaiblir la loi censée encadrer les loyers. La plus haute juridiction administrative, saisie par Julien Bayou, vient de rendre sa décision. Par Hugo Boursier le 16 mars 2017 pour Politis.

Loi Alur : le Conseil d'État confirme un « excès de pouvoir » de Manuel Valls

Loi Alur : 1 – Manuel Valls : 0. Le Conseil d’État a mis fin, mercredi 15 mars, au régime d’exception décidé par l’ancien Premier ministre, à propos de l’encadrement des loyers. En août 2014, le socialiste avait décidé que la mise en place de cette disposition serait limitée « à titre expérimental à la ville de Paris ». L'institution a jugé qu'il n'appartenait pas au membre du gouvernement de s'opposer à l'application de la loi.

Loi Alur : le Conseil d'État confirme un « excès de pouvoir » de Manuel Valls

Cette décision du Premier ministre avait empêché des millions de citoyens d'accéder à des loyers réduits dans les zones dites « tendues », où la demande, largement supérieure à l’offre immobilière, fait grimper les prix.

En août 2015, le porte-parole d’Europe écologie-Les Verts, Julien Bayou, avait donc déposé un recours – sous l’égide de l’association Bail à part – auprès de la plus haute juridiction administrative française, pour faire annuler ce qu’il considérait comme un recul de la loi, en requérant un « excès de pouvoir » de la part du gouvernement.

Le Conseil d’État lui a donné raison. Le candidat aux législatives dans les IIIe et Xe arrondissement de Paris, explique sur son site : « Se pliant à la volonté du gouvernement, les préfets n'ont pas édicté les valeurs maximales de location, et les collectivités n'ont pas fondé d'observatoires des loyers. En conséquence, par la volonté de Manuel Valls, ce sont plusieurs millions de locataires qui ont été privés du bénéfice de cette mesure, qui était l’une des rares avancées sociales de ce quinquennat raté. »

Loi Alur : le Conseil d'État confirme un « excès de pouvoir » de Manuel Valls

Le porte-parole d’EELV a donc mis en ligne une pétition pour que l’encadrement des loyers soit mis en place rapidement par le gouvernement.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 09:01

Par Nicolas Truong le 14 mars pour Le Monde.

Edgar Morin dialogue avec le mystère

Edgar Morin a conservé intact son regard d'enfant et son goût de l'émerveillement. Né en  1921, il a, de son propre aveu, gardé indemnes les curiosités de l'adolescence. Mais le sociologue n'est pas un candide. Il a appris à se méfier autant du scientisme que de ce qu'il appelle l'" ignorantisme ". Dans Connaissance, ignorance, mystère, ouvrage qu'il présente comme son testament scientifique et poétique, l'équivalent de ce que La Voie (Fayard, 2011) est sur le plan philosophique et politique, il prévient : " N'embellissons pas l'univers en dépit de ses splendeurs. Ne le rationalisons pas non plus, malgré ses cohérences, et voyons aussi ce qui échappe à notre raison. " Car plus la connaissance augmente, plus le mystère grandit. Plus le savoir progresse, puis le mystère s'épaissit. Selon les scientifiques, la naissance de notre univers proviendrait d'un événement générateur, le Big Bang, lui-même issu d'un vide soumis à des fluctuations quantiques. Un vide plein de virtualité, en quelque sorte. Preuve que l'être ne s'oppose pas au néant.

C'est pour cette raison qu'Edgar Morin préfère le dialogique (qui intègre les contradictions) à la dialectique (où elles se résolvent par un dépassement). Chaque découverte s'accompagne de nouveaux trous noirs du savoir. " Les progrès du savoir produisent une nouvelle et très profonde ignorance, écrit-il, car toutes les avancées des sciences de l'univers débouchent sur de l'inconnu. " La philosophie des sciences doit donc " dialoguer avec le mystère ". Edgar Morin sait bien qu'il s'aventure en terrain glissant. Que le lecteur, toutefois, se rassure. Aucune concession n'est faite ici à l'idée d'un dieu tout-puissant qui aurait dans sa tête " un dessin intelligent ". Mais Edgar Morin rejette toutefois aussi bien le créationnisme que le scientisme.

héritiers d'une " Terre patrie "

Selon lui, " la vie a été banalisée et trivialisée " par la biologie moléculaire. Or la crainte de l'idéologie créationniste tout comme l'absence de finalité ne doivent pas escamoter la créativité. On le sait, les êtres vivants ont répondu au défi de la survie et se sont adaptés à leur milieu. De la photosynthèse des plantes au caractère amphibie des poissons, les exemples sont légion. Edgar Morin va plus loin, et passe de l'idée d'adaptation à celle d'aspiration. Et ose même la question : " Est-ce que ce qui a tant de fois fait émerger des ailes chez des êtres terre à terre pourrait venir d'une aspiration à expérimenter la légèreté et l'ivresse du vol ? "

Edgar Morin en est convaincu, il y a une créativité du vivant qu'une partie de la science occulte par crainte de tomber dans l'obscurantisme du créationnisme qui fait tant de dégâts au moment même où triomphent populisme et complotisme.

Car il y a bien, selon Morin, une poétique du vivant. Non seulement une esthétique, mais comme le terme grec ancien de poíêsis l'indique, " une création " à laquelle on ne prête plus guère attention. Bien sûr, cette intuition sera contestée, voire moquée. Mais Morin n'en a que faire. Aussi proche ici du mathématicien Norbert Wiener que du surréaliste André Breton, il s'émerveille de toutes les métamorphoses, de la magie de l'existence et de l'énergie créatrice des songes. Notre héritage n'est peut-être précédé d'aucun testament, comme dit le poète René Char, mais nous avons d'innombrables ascendants en nous, assure Edgar Morin. Car il y a une histoire, mais aussi une mémoire du vivant. Et nous sommes reliés aux espèces animales ou au cosmos comme à nos parents. Nous sommes les héritiers d'une " Terre patrie " qui nous a transmis gènes et ADN, mais aussi possibilité de bifurquer et d'inventer. A l'heure où le monde s'apprête à basculer dans la post-humanité avec la révolution de l'" homme augmenté " (par les prothèses et greffes en tout genre), la réflexion d'Edgar Morin tombe à point nommé. Car seule la performance technique est recherchée dans l'idéologie du transhumain, et non la recherche d'une communauté de destin.

Or il est possible d'inventer une autre manière de produire, de vivre et d'habiter la Terre. Dans le sillage de l'épistémologiste Gregory Bateson, Edgar Morin a élaboré, trente ans durant, une méthode pour relier les connaissances, contre la compartimentation du savoir. Tour à tour résistant, chercheur, intellectuel, il sait que la vie est paradoxe, dissonance et contradiction. Le voici donc qui livre un ouvrage savant sous forme de credo, voire de confession. " Une création humaine est une combinaison de transe et de conscience, de possession et de rationalité ", écrit-il. En chamane de la connaissance, Edgar Morin s'aventure aux confins des territoires du savoir. On dit souvent qu'une théorie n'est bien souvent qu'une biographie objectivée, qu'une expérience de vie conceptualisée.

Edgar Morin n'a cessé d'être à la recherche de cet " état second ", de cette extase cosmique, amoureuse ou esthétique dont il rappelle l'urgence et l'importance à l'heure de la réduction de l'homme au calcul, de l'esprit à l'ordinateur. En dépit du formidable progrès du savoir humain, " le mystère quotidien de nous-mêmes et du monde ", comme dit le philosophe Vladimir Jankélévitch, demeure. A sa manière singulière, Edgar Morin allume une lueur dans le noir afin de mettre en lumière l'obscurité qui nous entoure, dans un monde irradié par le savoir. Il reste en cela aussi fidèle aux savants qu'aux poètes, à Arago qu'à Victor Hugo, qui disait : " L'homme qui ne médite pas vit dans l'aveuglement, l'homme qui médite vit dans l'obscurité. "

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 09:06

62,50 euros le mégawattheure, le solaire distance désormais sensiblement l'éolien, dont le coût est estimé en moyenne à 80 euros. Le Figaro, 10 mars 2017.

Le nouveau solaire deux fois moins cher que l'EPR

Les gains de compétitivité du solaire ne sont pas un vain mot. Jeudi, les résultats du quatrième appel d'offres photovoltaïque lancé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) se sont soldés par un prix moyen de rachat de l'électricité - il correspond au seuil de rentabilité des installations - autour de 62,50 euros le mégawattheure (MWh), soit deux fois moins que l'EPR de Flamanville http://www.lefigaro.fr/societes/2016/11/16/20005-20161116ARTFIG00282-edf-martele-que-l-epr-de-flamanville-sera-termine-en-2018.php (Manche). La production du réacteur nucléaire de nouvelle génération actuellement en chantier devrait « sortir » aux environs de 120 euros le MWh.

Parmi les lauréats de l'appel d'offres de la CRE, le français Neoen, premier producteur indépendant d'énergies renouvelables - et troisième dans la hiérarchie derrière Engie (ex-GDF Suez) et EDF - a remporté quelque 86 MW, répartis à travers dix centrales, ce qui en fait le principal lauréat. «Ces installations devraient être opérationnelles à l'horizon de deux ans, expose Xavier Barbaro, le président de Neoen, le fait de pouvoir s'appuyer sur des prix très compétitifs tient à la fois à la baisse du coût des composants, à des conditions de financement attractives et à des critères de rentabilité plutôt sobres de la part des investisseurs.»

Fort de ce prix de 62,50 euros, le solaire distance désormais sensiblement l'éolien, dont le coût est estimé en moyenne à 80 euros. Même si les partisans respectifs de chaque énergie prennent bien soin de ne pas les opposer, force est de constater que le solaire prend de plus en plus le leadership des énergies renouvelables, à la fois en France et dans le monde. Même si, à l'échelle de la planète, les deux énergies sont aujourd'hui au coude-à-coude avec environ 70 gigawatts (GW) de puissance installée.

«Dans le solaire, nous assistons à un autre phénomène intéressant, à savoir que les centrales photovoltaïques vieillissent mieux que prévu, poursuit Xavier Barbaro, dans la plupart des cas, elles vont pouvoir tourner pendant 30 ans alors que les contrats initiaux partaient sur des durées de 20 ou 25 ans.»

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 09:50

Six ans après la catastrophe nucléaire, le chantier du démantèlement de la centrale reste titanesque en raison de son son coût, de sa dangerosité et de sa complexité. Par Philippe Mesmer, envoyé spécial à Fukushima (Japon) le 11 mars 2017.

Eau contaminée stockée à Okuma près de Fukushima le 23 février. TOMOHIRO OHSUMI / REUTERS

Eau contaminée stockée à Okuma près de Fukushima le 23 février. TOMOHIRO OHSUMI / REUTERS

Ces défis font craindre de nouveaux retards dans le démantèlement de la centrale, déjà prévu pour durer quarante ans, et une augmentation des coûts. En novembre 2016, le gouvernement avait revu à la hausse l’enveloppe totale allouée à la résolution de la catastrophe, à 165 milliards d’euros, contre 91 auparavant.

Rassurer les populations

Autre enjeu : rassurer les populations. Désireux de relancer l’activité économique de Fukushima, le gouvernement investit massivement dans la décontamination. L’objectif est de ramener les niveaux d’exposition pour les populations à 1 millisievert par an – norme légale d’exposition au Japon comme en France –, ce qui devrait coûter 45 milliards d’euros.

Satisfait des résultats, le gouvernement a annoncé la levée, fin mars, de l’ordre d’évacuation pour quatre nouvelles municipalités, représentant 32 000 habitants. « Après, il ne restera que 2,5 % du ­territoire de Fukushima soumis à un ordre d’évacuation », souligne le ministre de la reconstruction, ­Masahiro Imamura.

Les autorités cherchent à attirer les investissements, notamment dans les énergies renouvelables et la robotique, et à relancer les activités traditionnelles, essentiellement la pêche et l’agriculture. Pour cela, elles ont mis en place un important réseau de vérification des niveaux de radiation des aliments, poissons, viande, fruits et légumes. Les normes ont été fixées à des niveaux bas, 100 becquerels par kilo, contre 1 000 par exemple en Europe.

« Nous traitons les produits des 50 municipalités, explique Kenji Kusano, directeur adjoint au Centre de technologie agricole installé à Koriyama (département de Fukushima). C’est obligatoire pour les professionnels. Chacun peut venir faire évaluer gratuitement ses produits. » Le centre gère onze machines de Canberra, une entreprise de fabrication d’instruments de détection et de mesure de la radioactivité, à 165 000 euros l’unité. D’autres sites de vérification sont en place dans le département.

Les produits ne sont pas tous traités de la même manière. La totalité de la production de riz, soit 10 millions de sacs de 30 kg chaque année, est contrôlée. Mais pour les pêches, par exemple, seuls des échantillons prélevés aux trois points de l’exploitation affichant les niveaux de radiations les plus élevés sont vérifiés.

Par souci de transparence, les informations sont mises en ligne sur un site traduit en plusieurs langues. A l’en croire, aucun produit n’a dépassé les normes en 2016, à l’exception de poissons de rivière et de plantes ramassées dans les montagnes.

Relancer les réacteurs

« Tout cela a été évalué positivement par l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] et la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture] », souligne M. Imamura, qui juge par ailleurs « irrationnel » le maintien par certains pays et territoires de l’interdiction d’importer des produits de Fukushima.

Les efforts consentis passent également par un travail sur la perception du département. Des événements permettant la découverte et la dégustation des produits de Fukushima se multiplient à Tokyo. L’image du boys band Tokio est abondamment utilisée.

Il s’agit aussi, pour le gouvernement, de relancer les réacteurs nucléaires à l’arrêt. Sur 43, cinq l’ont déjà été. Le 8 mars, Hideo Kishimoto, le maire de Genkai (département de Saga, Sud-Ouest), a donné son accord pour celui des tranches 3 et 4 de la centrale installée sur sa commune. En janvier, l’Autorité de régulation du nucléaire avait estimé qu’elles répondaient aux normes mises en place après la catastrophe de Fukushima.

Pour autant, la mauvaise image du nucléaire, alimentée par les mensonges formulés par le secteur, perdure. Le secteur de la distribution juge toujours difficile de proposer des produits estampillés Fukushima. Et seulement 10 % des populations évacuées, essentiellement des personnes âgées, sont revenues dans les zones où l’ordre d’évacuation a été levé.

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