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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 16:33

Ce mercredi 9 mars à 19h, La Fabrique made in Bagnolet nous invite dans ses (super) locaux pour parler de choses sérieuses et tenter de mettre des mots sur l'actualité sombre, et mieux « Comprendre la crise syrienne »,

avec Michel Morzière, président d’honneur de Revivre et Emmanuel Wallon, politique. Ingénieur de métier, il se consacre depuis plus de dix ans, via son association « Revivre », à l’aide aux anciens prisonniers d’opinion en Syrie et plus récemment à l’accueil des réfugiés syriens.

et Emmanuel Wallon, professeur de sociologie, article Le martyre de la jeunesse syrienne doit cesser, Le Monde, 29 janvier 2016 : http://e.wallon.free.fr/spip.php?article144

Entrée libre, à La Fabrique, 11 rue Paul-Vaillant-Couturier, Bagnolet

à lire ou voir pour mieux comprendre :

Ignace Dalle, La tragédie Syrienne
Salazar, Paroles armées
Hans Blumenberg, Naufrage avec spectateur
Ossama Mohammed, Eau argentée, Syrie, autoportrait

http://www.arte.tv/guide/fr/048385-000-A/eau-argentee-syrie-autoportrait

une pièce magnifique à soutenir et une expérience à vivre :

http://www.kisskissbankbank.com/winter-guests-experiences-d-exil

et une autre façon d'agir :

http://singa.fr/la-communaute/calm-comme-a-la-maison/

--

Université populaire de Bagnolet, 26, rue socrate, 93170 Bagnolet

"On n'est jamais intelligent tout seul !"

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:20

 

 

Le 3 mars 2016 par Maxime Combes pour son Blog : Sortons de l'âge des fossiles !

Dans une communication publiée mercredi, la Commission européenne refuse de se donner plus d'ambition d'ici à 2030 et institutionnalise la procrastination à l'échelle mondiale. En repoussant à demain ce qu'elle ne veut pas faire aujourd'hui, elle pulvérise l'objectif des 2°C de réchauffement maximal. Choquant et criminel.

Un statu quo synonyme de capitulation climatique

En clôture de la COP21, même les plus enthousiastes des commentateurs avaient reconnu que les « contributions » des Etats étaient insuffisantes, conduisant la planète vers un réchauffement climatique supérieur à 3°C. Mais l'essentiel n'était pas là, nous avaient-ils assuré. L'important était que les Etats se soient engagés à revoir leurs contributions à la hausse dans des délais relativement courts (2018, 2020 ou 2023 selon les commentateurs) ! En acceptant ce principe, nous a-t-il été dit, les Etats ont ouvert la possibilité de revenir en dessous des 2°C fatidiques. Le discours final de François Hollande, promettant de « réviser au plus tard en 2020 les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre » de la France, était pris en exemple de cette bonne volonté.

Patatras. Dans sa communication intitulée « la voie après Paris », la Commission européenne balaie d'un revers de la main cette jolie petite histoire qui nous a été racontée, avec plus ou moins d'emphase, depuis le 12 décembre dernier. La Commission estime que l'objectif dont l'UE s'est doté, à savoir une réduction de 40% des émissions de GES d'ici à 2030, est largement suffisant puisque « basé sur des projections mondiales qui sont en ligne avec l'ambition à moyen terme de l'Accord de Paris ». Pour la Commission, l'UE doit donc se limiter à « mettre en œuvre le paquet énergie climat 2030 tel que validé par le Conseil européen ». Rien de plus. Pas question de soumettre auprès de l'ONU une contribution plus ambitieuse d'ici à 2020. La promesse de François Hollande du 12 décembre dernier est déjà à ranger aux oubliettes de l'histoire (la contribution française n'est rien d'autre que la déclinaison nationale des objectifs fixés au niveau européen).

Une proposition irresponsable qui nie les données scientifiques

En osant affirmer que les objectifs fixés sont suffisants, la Commission européenne fait basculer la politique de l'UE dans le déni climatique et le négationnisme scientifique. Les données scientifiques dont nous disposons, notamment celles réunies par le GIEC, sont claires : l'UE, tout comme les autres puissances économiques de la planète, est invitée à s'orienter le plus rapidement possible vers une décarbonisation complète de son économie. Les objectifs fixés ne le permettent pas : un objectif de 40 % de réduction d'émissions d'ici à 2030 revient à une réduction effective d'à peine 33 % compte tenu des surplus considérables de quotas existant sur le marché carbone européen.

Un si faible objectif revient également à repousser à l'après 2030 l'essentiel des efforts à mener pour obtenir une réduction de 80 % des émissions en 2050 par rapport à 1990 – le minimum exigible de l'UE selon les données du GIEC. A supposer que l'objectif de – 40 % d'ici à 2030 soit atteint, il faudrait encore diviser quasiment par trois les émissions de l'UE entre 2030 et 2050. Ce qui revient à planifier une diminution de 5 % par an de 2030 à 2050 – ce que personne ne sait faire et ne peut garantir – alors qu'un effort continu dans le temps permettrait de tabler sur un taux de réduction d'émissions plus raisonnable de 2,5 % par an : pour 2030, le taux planifié est d'à peine 1,3 % par an.

Pour le climatologue Kevin Anderson du Tyndall Centre for Climate Change Research, un si faible objectif pour 2030 montre que l'UE s'affranchit du budget carbone que le GIEC lui a assigné pour rester en deçà des 2°C. Cela revient à donner la priorité à « l'opportunisme politique au détriment de l'intégrité scientifique », écrivait-il dans une lettre ouverte rendue publique en octobre 2014. C'est au nom de cette intégrité scientifique que la majorité des ONG en Europe réclament de l'UE un objectif minimal de 55% de réduction d'émission de GES d'ici à 2030. C'est donc en toute connaissance de cause, hypothéquant de fait les objectifs assignés par l'Accord de Paris, que la Commission refuse de revoir ses objectifs à la hausse.

Procrastination institutionnalisée pour de nouveaux crimes climatiques

Ce statu quo voulu par la Commission européenne dynamite le story-telling construit autour de la COP21. Alors que l'Accord de Paris « note avec préoccupation que les niveaux d'émission globales de GES en 2025 et 2030 estimés sur la base des contributions prévues déterminées au niveau national ne sont pas compatibles avec les scénarios au moindre coût prévoyant une hausse de la température de 2°C » (point 2.17 de la décision), la Commission européenne institutionnalise la procrastination : elle repousse à plus tard ce qui devrait être fait aujourd'hui. Elle invite ainsi tous les grands pollueurs de la planète, des Etats-Unis à la Chine, à faire de même ! Bravo l'exemple !

Or, en matière de dérèglements climatiques, l'important n'est pas le niveau d'émissions une année donnée, mais l'accumulation des GES dans l'atmosphère au cours des années. Pour le dire autrement, l'important n'est pas tant de savoir quel sera le niveau d'émissions en 2050 que de connaître le chemin qui sera emprunté. Plus les émissions sont réduites fortement en début de période, plus le montant d'émissions accumulées dans l'atmosphère est faible. Plus on attend la fin de période pour réduire les émissions, plus le montant accumulé sera important. En repoussant à l'après 2030 l'essentiel des efforts, la Commission européenne maximise la quantité totale d'émissions que l'UE va accumuler dans l'atmosphère au cours de la période 2020-2050. Et elle invite tous les grands pollueurs de la planète à en faire autant.

Au final, le résultat est connu d'avance. On ne compte plus les rapports et études qui le montrent avec clarté : ce sont les populations les plus démunies, celles qui sont le moins à-même de faire face aux dérèglements climatiques – et qui n'en sont pas à l'origine – qui paieront le prix fort de l'inertie des politiques climatiques européennes et mondiales. C'est donc en toute connaissance de cause que la Commission européenne planifie ce qui s'apparente à de nouveaux crimes.

climatiques.

C'est inadmissible et intolérable que des telles propositions soient faites en notre nom. Au nom des populations européennes.

Les ministres européens de l’Environnement ont la possibilité de modifier l'orientation de cette communication lors de leur réunion de ce vendredi 4 mars.

Les Chefs d'Etat et de gouvernement des Etats-membres auront une possibilité identique lors du Conseil européen des 17 et 18 mars.

Le story-telling de la COP21 ne va plus fonctionner très longtemps.

Le voile va se lever sur la sincérité des paroles prononcées à Paris.

François Hollande voulait que la COP21 pose les jalons de la « révolution climatique ». Si révolution climatique il doit y avoir, c'est à Bruxelles qu'elle doit débuter.

François Hollande et Ségolène Royal ne pourront pas, cette fois-ci, se retrancher derrière de beaux discours – ni derrière la mauvaise volonté de la Pologne.

Des actes, il n'y a que cela qui compte.

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

 PS : je vous passe les autres inepties contenues dans la contribution de la Commission européenne. Signalons tout de même :

  1. l'erreur consistant à dire que 98% des émissions mondiales sont couvertes par l'accord de Paris alors qu'au bas-mot 10% des émissions mondiales ne le sont pas, puisque les émissions liées au secteur de l'aviation civile, du transport maritime et des armées ne sont pas assignées aux Etats et ne sont donc pas couvertes par l'Accord de Paris.

  2. l'importance donnée aux enjeux de compétitivité, de croissance, d'investissements et de marchés des capitaux, au détriment des politiques de sobriété et d'efficacité énergétiques ;

PPS : les journalistes et commentateurs, y compris ici sur Médiapart, qui ont expliqué que fixer un objectif de long terme à 1,5°C permettait de « consacrer l’idéal du dépassement des intérêts nationaux particuliers et de court terme » vont-ils revoir leur jugement ? ;-)

 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 10:09
Reprenons le mouvement de réduction du temps de travail et instaurons le revenu universel d'existence
Reprenons le mouvement de réduction du temps de travail et instaurons le revenu universel d'existence

La loi El Khomri de réforme du code du travail contient de nombreuses atteintes aux droits des salariés, renverse la « hiérarchie des normes » et ainsi instaure un code, non pas simplifié, mais dangereusement libéralisé. Europe Ecologie-Les Verts appelle à se mobiliser le 9 mars prochain contre la loi travail et inventer l’avenir.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 11:13

Seules instances où les juges sont aussi ouvriers ou informaticiens, et ont donc une expérience de l’entreprise, les conseils de prud’hommes sont menacés. Après avoir supprimé l’élection des conseillers, M. François Hollande veut désormais plafonner le montant des amendes pour les délits patronaux, réduire les recours, faire payer les plaignants et remplacer les juges par des magistrats professionnels.

par Hélène-Yvonne Meynaud pour le Monde Diplomatique de mars 2016.

Chen Wei - « Some Dust » (De la poussière), 2009 - Leo Xu projects, Shanghaï

En audience de référé — une procédure d’urgence parfois rebaptisée « cour des miracles » —, Mme Fatoumata M. [1] est venue réclamer 452 euros, son dû pour trois mois de travail en tant qu’auxiliaire de vie. Elle est seule, mais elle s’accroche face aux deux juges qui l’écoutent. Son employeur est absent ; il a demandé par courrier le renvoi de l’affaire à une autre date, il est malade… Celui de M. Tewfik Z., présent, lui, assure qu’il lui a payé son salaire de nettoyeur de cuve, mais il n’a aucun document pour le prouver.

En audience de jugement qui suit la tentative de conciliation, voici M. Jean K. Directeur d’une usine rentable grâce à la vente d’un produit de grande qualité et à l’augmentation de la productivité dans un climat social serein, il a pourtant été licencié. Il présente des lettres de soutien de tous les salariés et des syndicats de l’usine, à commencer par la Confédération générale du travail (CGT). Il se voit reprocher de ne pas appliquer un management rigoriste en matière de « dégraissage » du personnel, tel que celui mis en œuvre dans d’autres pays par la multinationale propriétaire de l’usine. S’il gagne et obtient des dédommagements, il n’en est pas moins écarté de son poste et privé d’emploi. Quant à son usine…

Toute personne ou entreprise qui s’estime lésée peut se présenter devant le conseil des prud’hommes, sans payer de droits. Elle peut venir avec ou sans avocat, seule ou avec un salarié de son entreprise, un représentant d’une organisation de salariés ou d’employeurs, son conjoint légal ou de fait. Les cas traités — 187 651 en 2014 — sont majoritairement des licenciements « pour motif personnel », soit pour « faute lourde », soit pour « insuffisance professionnelle ». Le salarié conteste l’appréciation portée sur la qualité de son travail et son licenciement subséquent. L’employeur expose les raisons qui justifient sa décision. Les juges délibèrent en évaluant « la réalité et le sérieux » de la faute ou de l’insuffisance. Le conseil est formé d’un nombre égal de juges (...)

(cf http://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/MEYNAUD/54924 ou en kiosque pour la suite de l'article ;-)

 

Hélène-Yvonne Meynaud, Juge des prud’hommes, sociologue.

Notes : (1) Les plaignants aux prud’hommes ne souhaitent pas donner leur nom, par peur de représailles dans le monde du travail.

(2) Cf. Dominique Lhuilier et Hélène-Yvonne Meynaud (sous la dir. de), « Le travail syndical », Nouvelle Revue de psychosociologie, no 18, Paris, automne 2014.

(3) Rachel Spire, « Agir contre la discrimination syndicale : le droit en pratique », Le Droit ouvrier, no 693, Montreuil, avril 2006.

(4) Laurent Willemez, « Les prud’hommes et la fabrique du droit du travail : contribution à une sociologie des rôles judiciaires » (PDF), Sociologie du travail, no 54, Paris, 2012.

(5) Lire Martine Bulard, « Déluge de bombes sur le code du travail », La valise diplomatique, 19 février 2016.

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 12:22
Un nouveau permis de polluer ?

Un amendement au projet de loi biodiversité remettrait en cause le principe du pollueur-payeur

par Émile Torgemen pour Le Parisien le 2 mars 2016

UN AMENDEMENT explosif ! Déposé hier par le gouvernement, il pourrait remettre en cause le principe pollueur-payeur et donner aux industriels un permis de polluer aux frais du contribuable. Cette modification du projet de loi biodiversité stipule en effet que « n’est pas réparable [...] le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ». En clair, si ’activité a été dûment autorisée par l’Etat par un permis de construire, une autorisation de forer ou d’exploiter, par exemple, l’industriel pourra se laver les mains en cas de pollution ultérieure : marée noire, pollution aux boues rouges ou même catastrophe nucléaire, pourquoi pas.

Le contribuable paierait

Le projet de loi, qui reviendra en deuxième lecture devant l’Assemblée le 15 mars, devait pourtant être une avancée écologique majeure en inscrivant le préjudice écologique dans le Code civil. « Mais il reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre, explique l’avocat spécialiste de l’environnement Arnaud Gossement. C’est une régression très importante. L’amendement part du principe que l’industrie qui crée de l’emploi est profitable pour tous. C’est au citoyen de payer en cas de catastrophe. » L’idée n’est pas nouvelle. Selon l’avocat de l’environnement, « la menace planait depuis 2008 et l’élaboration de la loi sur la responsabilité environnementale ».

Une source proche du dossier confie que ce sont « les organisations patronales Medef et Afep (NDLR : Association française des entreprises privées) qui ont rédigé cet amendement avant de l’imposer au ministère de l’Économie ».

Concrètement, si ce texte avait été adopté avant la marée noire provoquée par l’Erika, en 1999, Total aurait pu s’en saisir pour ne pas payer un centime. Le groupe pétrolier, qui a été condamné à plus de 170 M€, aurait pu tendre la facture aux contribuables.

« Et, à l’avenir, si les boues rouges rejetées dans la Méditerranée à Gardanne (NDLR : Bouches-du-Rhône) polluent une énorme zone sous-marine, l’usine, protégée par un arrêté préfectoral, ne sera pas inquiétée. C’est grotesque ! » s’étrangle l’eurodéputée Europe Ecologie-les Verts Michèle Rivasi (EELV). C’est à Barbara Pompili, nouvelle secrétaire d’Etat à la Biodiversité, elle aussi encartée à EELV, qu’il va revenir de défendre ce projet de loi. « C’est à croire que le gouvernement teste sa capacité à avaler des couleuvres », persifle Michèle Rivasi.

PS : la nuit dernière, face au tollé, le gouvernement a retiré en commission son amendement, estimant que le sujet devait être retravaillé d’ici la séance publique.

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Couac sur le " préjudice écologique "

Le gouvernement a vainement tenté de saper le principe du pollueur-payeur

Rude baptême du feu pour la nouvelle secrétaire d'Etat à la biodiversité, l'éco-logiste Barbara Pompili. Mardi 1er mars au soir, lors de l'examen en deuxième lecture, en commission de développement durable de l'Assemblée nationale, du projet de loi sur la reconquête de la biodiversité, elle a dû ré- tropédaler en catastrophe sur la question emblématique du préjudice écologique. Un amendement gouvernemental, qui remettait en cause le principe du pollueur-payeur, a été purement et simplement retiré, devant la bronca des défenseurs de l'environnement, mais aussi de nombreux députés.

L'inscription dans le code civil du préjudice écologique devait constituer l'une des avancées majeures de la loi de biodiversité. Le texte adopté par le Sénat en première lecture, fin janvier, disposait ainsi que " toute personne qui cause un dommage grave et durable à l'environnement est tenue de le réparer ". Il précisait que cette réparation " s'effectue prioritairement en nature ", c'est-à-dire par une restauration du milieu aux frais de celui qui l'a dégradé. Ou, à défaut, par " une compensation financière versée à l'Etat ou à un organisme désigné par lui et affectée (…) à la protection de l'environnement ".

Une façon de conforter, dans le droit français, le principe du préjudice écologique, né à la suite de la catastrophe de l'Erika, un pétrolier affrété par Total qui, le 12  décembre 1999, s'était brisé au large du Finistère, provoquant une gigantesque marée noire. En  2012, la Cour de cassation avait créé une jurisprudence en reconnaissant le préjudice écologique et, en plus des dommages et intérêts accordés aux parties civiles, Total avait déboursé 200  millions d'euros pour le nettoyage des plages.

" Atteinte autorisée par les lois "

Or, un amendement déposé par le gouvernement mettait à mal ce principe, en stipulant que " n'est pas réparable (…) le préjudice résultant d'une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application ".En clair, au motif qu'ils résultent d'activités autorisées, les dégâts infligés à l'environnement, par exemple par un accident industriel, n'appelleraient pas de réparation. Et les responsables des dommages seraient dispensés d'en supporter le coût.

" Une régression incompréhensible, estime Laurent Neyret, juriste spécialisé en droit de l'environnement. C'est comme si l'on disait que les victimes d'un médicament comme le Mediator, parce que sa mise sur le marché a été autorisée, n'ont pas droit à une indemnisation. " Ce faisant, ajoute-t-il, " un texte destiné à réparer le préjudice écologique se transforme en texte protégeant ceux qui causent ce préjudice ".

" Quinze ans d'efforts avec les élus atlantiques pour gagner - sur - l'Erika détruits par trois articles infâmes d'une loi. Total l'a rêvé, la loi le fait ! ", s'est indignée sur son compte Twitter Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et présidente du mouvement Le Rassemblement citoyen-CAP 21. De son côté, Europe Ecologie-Les Verts parle d'un véritable " permis de polluer  et un feu vert donné aux multinationales les moins scrupuleuses " et va jusqu'à dénoncer une " déclaration de guerre faite à notre environnement ", " quelques semaines seulement après la COP21 ".

Récusant toute volonté du gouvernement d'attenter au " principe constitutionnel du pollueur-payeur ", et évoquant de simples " interprétations divergentes ", Mme Pompili s'est finalement résolue dans la soirée de mardi, au terme de vifs échanges en commission parlementaire, à retirer l'amendement controversé.

Le dossier reviendra devant les députés en séance publique à partir du 15  mars. " Nous avons quinze jours pour travailler tous ensemble à une rédac- tion ", a indiqué la ministre pour apaiser les esprits.

D'autres épreuves l'attendent. Mardi 1er  mars également, une soixantaine de députés socialistes et écologistes, dont l'ancienne ministre de l'écologie Delphine Batho et le président de la commission du développement durable de l'Assemblée, Jean-Paul Chanteguet, ont annoncé qu'ils défendraient un nouvel amendement visant à interdire les néonicotinoïdes, des pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs, l'environnement et la santé. Une interdiction à laquelle les sénateurs avaient, en première lecture, mis leur veto.

P. L. H. © Le Monde

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 10:36

par Marie Astier le 1er mars 2016 pour http://www.reporterre.net/Les-riverains-des-cultures-sont-lourdement-exposes-aux-pesticides

Une étude réalisée et publiée par Générations futures aujourd'hui montre que les riverains des grandes cultures, vignes et vergers, sont soumis aux dangers des pesticides dans leur propre maison. Et notamment des perturbateurs endocriniens.
Avant, leur maison dans les plaines vertes de la Normandie était entourée de prairies. Mais en 2009, elles ont été converties en champs. « On en a subi les conséquences », raconte Vessela Renaud. « La maison est cernée », explique-t-elle à Reporterre au téléphone. Les cultures arrivent à la lisière de son jardin, et poussent également en face, de l’autre côté de la route.
Dès que pointe la belle saison, avec son mari, David, ils comptent : l’épandeur passe en moyenne dix fois dans l’année. « Désormais, quand le tracteur arrive, les enfants savent qu’il faut rentrer. On ferme les fenêtres et on reste dedans, ou on va ailleurs », raconte le père. Une fois, un matin, sa femme n’a pas fait attention, elle a respiré des vapeurs alors qu’elle buvait son café sur la terrasse : « J’ai eu des vertiges et des nausées pendant un mois », se rappelle-t-elle.

Amélie est moins optimiste. « J’ai participé à cette étude pour avoir des chiffres et amorcer la discussion avec notre voisin. Mais c’est le maire du village… Quand il nous a vu arriver, il nous a fait comprendre qu’il n’était pas question d’aborder cette question des pesticides. Donc, pour l’instant, parler n’a pas été possible », regrette-t-elle.

L’association Générations futures compte de son côté utiliser ce rapport pour influencer la position de la France au niveau européen. En 2009, l’Union européenne a adopté un règlement qui exclut a priori les pesticides perturbateurs endocriniens ayant un effet nocif sur les humains. « Le problème est qu’il faut définir les critères qui permettent de définir ce qu’est un perturbateur endocrinien, explique François Veillerette. Or, on attend encore la définition. Les lobbys retardent l’application de ce règlement et proposent des critères qui n’aboutiraient qu’à retirer deux substances du marché ! Nous plaidons pour des critères qui en excluraient une trentaine. » Les associations de protection de l’environnement sont donc très vigilantes, et tentent d’inciter la France à prendre position pour une définition efficace.

« La société civile ne peut pas laisser faire ces lobbys », soutient David Renaud. Et il croit, qu’enfin, la prise de conscience est là : « Il y a dix ans, quand on disait aux enfants de rentrer quand ils épandaient, les voisins se moquaient ouvertement de nous. Aujourd’hui, ils font pareil. »

 
 

 

Epandage de pesticides en bordure du jardin de Mme Vessela Renaud

Chez Amélie (le prénom a été changé), ce sont des vignes qui se plantaient quand elle a emménagé dans sa maison de la campagne lyonnaise. « Et en face, on avait une prairie, qui est devenue un champ l’été dernier », déplore-t-elle. « À partir de mars et jusqu’à octobre, le tracteur passe tous les dix à douze jours. On a planté une haie pour tenter de se protéger, on évite de sortir quand ils épandent, j’ai arrêté d’étendre mon linge dehors, je ne fais plus de potager. En période de traitement, mon chat sens parfois très fort, alors il ne rentre plus dans la maison car on fait attention pour les enfants », énumère-t-elle. Elle envisage de déménager.

Ces deux foyers font partie des vingt-deux familles riveraines de champs, vignes ou vergers qui ont accepté de participer à la dernière étude de l’association Générations futures, publiée ce mardi 1er mars. Après avoir testé notre alimentation, les cheveux des enfants ou ceux de femmes en âge d’avoir des enfants, l’association s’intéresse, dans ce sixième volet de son étude Exppert, aux riverains de zones agricoles, afin de savoir s’ils « sont exposés en permanence et jusque dans leur habitation aux pesticides », explique le rapport dévoilé ce matin.

Des poussières ont été prélevées à l’intérieur des habitations, puis analysées. 8 à 30 pesticides différents ont pu être identifiés dans chaque maison. La poussière de celles proches de grandes cultures (céréales, maïs, colza, par exemple) présentaient en moyenne 14,37 pesticides. On arrive à 23,8 pesticides pour les vergers et 26 pour les vignes. « Les résultats montrent des différences nettes selon l’environnement, estime François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. On constate que les échantillons prélevés dans les zones de pomiculture et de vigne présentent plus de pesticides que ceux prélevés près des grandes cultures : c’est cohérent avec le nombre de traitements pour chacune de ces productions. »

François Veillerette : « Il y a davantage de pesticides près des vergers et des vignes. »

Surtout, l’association s’est intéressée aux pesticides dit perturbateurs endocriniens. Risques de cancers (testicules, prostate ou sein), troubles du développement (malformations, autisme) et de la reproduction (baisse de la fertilité), les conséquences sur la santé de ces substances sont de mieux en mieux documentées. Les nourrissons et jeunes enfants, les femmes enceintes ou les adolescents sont les plus vulnérables. Les analyses ont montré que plus de 60 % des pesticides identifiés étaient des perturbateurs endocriniens potentiels. Si l’on s’intéresse aux quantités retrouvées pour chaque pesticide, le chiffre grimpe à 98 % de la masse totale.

Difficile de dire combien de riverains de zones de cultures sont concernés dans toute la France, le porte-parole avance une estimation au doigt mouillé : « Je dirais un million d’habitants si l’on prend une zone de cent mètres autour des habitations. Cela fait en tout cas forcément beaucoup de monde. »

Pour compléter les prélèvements de juillet, l’association a demandé à cinq familles de répéter l’analyse en janvier : au cœur de l’hiver, il n’y a plus de traitements… Donc plus de pesticides ? Pas tout à fait, la concentration diminue de 30 % à 95 %, mais il reste toujours entre 14 et 30 pesticides recensés dans chaque prélèvement. Un résultat « rassurant – la concentration diminue réellement – mais qui reste inquiétant car la présence de ces résidus semble demeurer toute l’année », estime le rapport.

Plus généralement, « cela confirme que l’ensemble des zones habitées proches des cultures sont à risques, estime François Veillerette. En plus, il s’agit de poussières, donc les enfants sont particulièrement exposés, et il y a de nombreux pesticides différents donc il y a un risque d’effet cocktail [mélangées, l’effet des substances peut être démultiplié]. Cela montre qu’il faut changer les pratiques agricoles, arrêter de pulvériser à côté des habitations et, pourquoi pas, privilégier le bio dans les zones habitées ? »

En Normandie, David et Vessela Renaud ne blâment pas pour autant leur voisin agriculteur : « Il nous a expliqué qu’il ne choisit ni le prix qu’il paye pour les produits qu’il utilise ni celui auquel il vend les siens. Il travaille à perte. Il est entre le marteau et l’enclume. Pour moi, ceux qui achètent de l’alimentation pas chère sans savoir d’où elle vient sont plus responsables que cet agriculteur. »

Quand les pesticides sont répandus dans le champ voisin, oubliez les activités extérieures
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 13:24
Local et global, le slogan qui décolle à NDDL !

27 février 2016, le plus gros des rassemblements anti-aéroport depuis le début de la lutte contre Notre-Dame-des-Landes. Pas de cortège vraiment structuré mais des drapeaux en nombre, EELV (qui disait l’écologie foutue ?), Solidaires, Ensemble, la Confédération paysanne, des cerfs-volants chinois, des banderoles à tritons, les nanars,… Bien plus proche des 50 000 des organisateurs que des 15 000 des flics, et en tout cas un flot de 80 bus, dont 8 au départ de la Nation en ce petit matin frais.

Fraîche mais une journée qui réchauffe pour 10 ans, comme me disait une ancienne du Larzac et de Plogoff. D’ailleurs, ce qui frappe est le mélange des générations et des histoires, entre baggies surmontés de dreadlocks et têtes blanches … et beaucoup de barbes de tous poils (parfois un peu sectaires mais pas intégristes pour autant).

Une journée de marche mais aussi d’occupation de la 2-fois-2-voies, ce qui donne un air coquin, comme la journée « La voie est libre » à Montreuil. Les talus invitaient d’ailleurs à s’allonger sur l’herbe au soleil. Mais tofu généralisé, voilà le problème.

Une journée vigoureusement antigouvernementale, le référendum est un bon motif de colère. Antisocialiste aussi, je ne sais pas combien de fois j’aurais entendu « C’est fini, qu’ils ne comptent pas sur moi, même au 2e tour ».

Pour tous les marcheurs, le projet d’aéroport est mort. NDDL est d’ailleurs devenu un symbole international, les témoignages venaient de Stuttgart21 (la gare souterraine), du Lyon-Turin, de Heathrow (l’aéroport londonien), d’où ce slogan « du local au global » martelé sur le bitume et les glissières de la route nationale.

Prochain RV… tout dépend si les socialos tentent l’évacuation à partir du 26 mars. Sinon, grand rassemblement estival les 9 et 10 juillet. Cette fois, promis, les lilasiens font un cortège ?

Grindorge

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 09:00

 

 

le 25 févr. 2016 par Benjamin Dessus sur son Blog sur Mediapart.

 

Il sera toujours temps, passé 2018, d’expliquer au prochain président de la République que le maintien du couperet des 50% n’est pas possible, bien malgré EDF, dans une période si difficile pour le portefeuille des consommateurs. Et on pourra toujours spéculer sur le coût réel de démantèlement d’une centrale nucléaire puisqu’on en aura soigneusement évité l’expérience….

Le propos tenu dans les échos du 19 février [1] par Stéphane Feutry, délégué à l’état-major à la Direction de la production nucléaire d’EDFselon lequel «  le parc nucléaire a toujours su faire de la modulation, mais ce qui change avec l’intermittence des énergies solaire et éolienne, c’est que nous avons besoin de faire varier davantage de réacteurs en même temps » vient éclairer très utilement l’une des déclarations de son président qui a particulièrement retenu l’attention deux jours plus tôt : « Notre parc, disait il, doit continuer de fonctionner au niveau actuel. La puissance globale de 63 gigawatts [2] est un plafond, mais aussi un plancher » [3].

On pouvait en effet légitimement se poser la question de la compatibilité de cette déclaration du président d’EDF avec les prescriptions de la loi sur la transition énergétique : division par deux de la consommation finale d’énergie en 2050, sa chute de 20% en 2030 (et donc une diminution de l’ordre de 15% en 2025), et la limitation à 50% du nucléaire dans la consommation électrique française en 2025.

Comment y parvenir alors que le nucléaire contribue aujourd’hui à plus de 75% de la consommation intérieure française ? Il faudrait en effet une augmentation de cette consommation de 50% en 2025 à laquelle personne ne croit pour y parvenir sans toucher à la production nucléaire actuelle (440 TWh). Elle stagne en effet depuis plusieurs années comme le montre la fig 1 et évoluera, selon RTE, de plus ou moins 0,16%/an en France dans les années qui viennent, malgré les nouveaux usages de l’électricité régulièrement invoqués pour justifier un retour à la hausse [4] ; quant au bilan exportations/importations d’électricité (62 TWh en 2015), il est limité par la capacité des lignes transfrontalières mais aussi par la surcapacité croissante en Europe qui entraîne la chute des prix de gros (de 60 €/MWh en 2012 à 26 €/MWh actuellement ).

fig. 1 : Evolution de la consommation d’électricité en France depuis 2006 (TWh) Source RTE

Il faudrait donc logiquement fermer des réacteurs, une vingtaine selon la Cour des Comptes.

C’est hors de question pour EDF qui propose de maintenir la puissance du parc nucléaire à son niveau actuel et de l’utiliser chaque fois que nécessaire comme roue de secours de l’électricité renouvelable quand celle ci, intermittente vient à manquer. Un prêté pour un rendu, en somme, de ce qui se passe aujourd’hui où notre parc nucléaire, bien incapable de se débrouiller tout seul aux périodes de pointes de consommation électrique appelle les barrages hydroélectriques et les centrales à combustibles fossiles à la rescousse!

Mais pour cela il faut rendre rapidement modulable la production de cet énorme outil qu’est un réacteur nucléaire. EDF le fait déjà à petite échelle et à grand peine depuis plusieurs années sur une partie de son parc. C’est peut-être faisable à plus grande échelle même si c’est très délicat, mais cela contribue à fragiliser les gaines de combustible et la cuve du réacteur soumis à des variations mécaniques et thermiques importantes et beaucoup plus fréquentes qu’en fonctionnement continu. En déclarant que «  moduler la production nucléaire oblige à un peu plus de maintenance, parce que les robinets ou les tuyaux sont un peu plus sollicités. Mais on est dans l’épaisseur du trait » Stéphane Feutray va donc un peu vite, comme s’il s’agissait d’un vulgaire problème de robinets. Il en va en fait de la sûreté de réacteurs vieillissants puisque la moyenne d’âge de 30 d’entre eux atteint 34 ans cette année. Que penserait-on d’un accident majeur survenant « dans l’épaisseur du trait » ?

Et puis, à supposer, ce qui est loin d’être acquis, que cette pratique se généralise sans risque de fausse manœuvre dangereuse ni augmentation des risques d’accident majeur par dégradation accélérée des caractéristiques de résistance de l’installation, reste un  problème économique de taille queBernard Salha le directeur des Etudes et Recherches d‘EDF éclipse en déclarant simplement que « cette manœuvrabilité permet de limiter les pertes de production ».

En effet, si le nucléaire doit satisfaire dans une proportion importante aux besoins complémentaires d’électricité renouvelable au point de ne plus représenter que 50% de la consommation, il ne produira plus, globalement (solde des exportations comprises), que 310 TWh environ [ 5] contre 440 aujourd’hui, une chute de production de plus de 40%. C’est dire que le nombre d’heures moyen d’appel au  parc nucléaire actuellement de 7100 heures/an devra descendre autour de 5000 heures par an.

Cette chute du taux de charge aura des conséquences majeures sur le coût de production nucléaire. Le poids de l’amortissement des investissements initiaux, des investissements de maintenance et des frais fixes d’exploitation (en particulier de personnels), voisin de 90%, rend en effet le coût du MWh extrêmement sensible au taux de charge annuel du parc comme le montre la courbe ci dessous.

 

 

 

Le coût au MWh du parc après « Grand carénage » estimé par la Cour des comptes entre 63 et 70 € sur la base du taux de charge annuel actuel pourrait ainsi subir une augmentation de 35% et atteindre de 85 à 96€.

C’est donc une proposition à la fois très risquée du point vue de la sûreté et désastreuse du point de vue économique que suggère EDF en faisant semblant de croire qu’elle pourra sortir du dilemme de réduction du parc à laquelle elle est confrontée du fait de la loi sur la transition énergétique en venant généreusement au secours des énergies renouvelables intermittentes.

EDF nous a longtemps expliqué, pour justifier l’ampleur de son parc nucléaire, que les énergies renouvelables électriques exigeaient du fait de leur intermittence de se voir adossées de capacités équivalentes d’électricité thermique à combustibles fossiles, ruineuses et très émettrices de gaz à effet de serre. Aujourd’hui que ces énergies deviennent compétitives par rapport au nucléaire, EDF fait le dos rond avec un discours plus conciliant vis-à-vis de ces énergies  et  leur propose même un projet d’alliance présenté comme gagnant–gagnant.

Il sera toujours temps, passé 2018, d’expliquer au prochain président de la République que le maintien du couperet des 50% n’est pas possible, bien malgré EDF, dans une période si difficile pour le portefeuille des consommateurs. Et on pourra toujours spéculer sur le coût réel de démantèlement d’une centrale nucléaire puisqu’on en aura soigneusement évité l’expérience…

 

_____

 

[1] http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021703800877-lelectricien-fait-de-plus-en-plus-varier-sa-production-nucleaire-1201336.php

[2]indiquée dans la loi de transition énergétique comme un plafond

[3] " L'électricité est la principale solution au problème du climat " le Monde 18 février

[4] En France par exemple, l’introduction de  2 millions de véhicules électriques dans le parc avant 2025, évidemment bien improbable (il n’en existe que 40 000 aujourd’hui) n’entraînerait qu’une augmentation de consommation de 5 ou 6 TWh d’électricité  et celle d’un million de pompes à chaleur en remplacement de  chaudières fioul  (actuellement au nombre de 2,4 millions)  également  improbable avec le prix du fioul actuel une augmentation 6 à 8 TWh, au total moins de 3% de la consommation actuelle.

[5] Dans l’hypothèse d’une consommation intérieure de 500 TWh en 2025, en augmentation de 5% par rapport à 2015.

 

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:05

le 26 févr. 2016 par Maxime Combes pour son Blog sur Mediapart :    Sortons de l'âge des fossiles !

Alors que les négociations du Tafta ont repris ce lundi 22 février à Bruxelles, le Guardian vient de révéler que la Commission européenne entendait utiliser cet accord pour faciliter l'exploitation pétrolière et gazière. Preuve du peu d'importance qu'elle accorde aux défis climatiques, comme l'illustre une série de décisions récentes prises après la COP21.

Ce mardi 23 février, le Guardian a révélé que l'ancien commissaire européen au commerce, Karel de Gucht a rencontré les représentants de la multinationale américaine ExxonMobil lors d'une réunion secrète en octobre 2013 au cours de laquelle il a tenu des propos en faveur de la dérégulation du secteur pétrolier et gazier. Fin novembre 2015, la Guardian avait déjà établi que la Commission européenne avait transmis des documents confidentiels à plusieurs entreprises pétrolières, dont Exxon Mobil. ExxonMobil, connue pour avoir financé ceux qui nient l'existence du réchauffement climatique, est actuellement poursuivie par la justice américaine pour avoir sciemment désinformé sur le sujet.

Selon les documents obtenus par le Guardian, De Gucht a mis en avant les avantages que le Tafta pourrait offrir à ExxonMobil, y compris vis-à-vis des pays extérieurs à l'accord. Comme d'autres multinationales, ExxonMobil se plaint en effet que des pays du Sud resserrent leur réglementation. Le Tafta pourrait « créer un précédent » et, comme le souhaite la Commission, déterminer l'avenir des normes et régulations du secteur, à l'échelle mondiale. Y compris supprimer les obstacles au développement des combustibles fossiles en Afrique et en Amérique du Sud, comme le révèlent les documents sur lesquels s'appuie Le Guardian. Au cours de cette réunion, l'exploitation des hydrocarbure de schiste, les sables bitumineux, ou encore la reconversion (coûteuse) d'un terminal méthanier d'ExxonMobil aux Etats-Unis afin d'exporter du gaz (de schiste?) vers l'UE ont également été évoqués : le climat et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne font pas partie de la liste.

Cette révélation du Guardian confirme ce que nous disons depuis l'ouverture des négociations du TAFTA : la Commission européenne ne tient aucun compte des défis climatiques lorsqu'elle négocie des accords de libre-échange, notamment dans le cas du Tafta et du Ceta (avec le Canada). Ce n'est guère étonnant : le mot climat n'apparait même pas dans le mandat de négociation que les 28 Etats-membres ont confié à la Commission européenne. Par contre, ce mandat, confirmé depuis par des documents fuités, prévoit de libéraliser le marché transatlantique de l'énergie, notamment pour faciliter les exportations de pétrole et de gaz vers les pays-membres de l'UE. Comme nous l'avons par ailleurs montré, la Commission européenne a oeuvré pour que la COP21 et l'accord de Paris ne traitent pas des enjeux commerciaux : même sur une planète morte, le commerce international devra se poursuivre sans entraves écrivions-nous en décembre.

Feu vert à l'importation de gaz de schiste

La Commission européenne vient d'ailleurs d'encourager l'importation massive de gaz de schiste venant des Etats-Unis. Le 16 février, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet d'Union de l'énergie (voir ce décryptage), elle a dévoilé de nouvelles propositions en matière d'approvisionnement en gaz. Alors que les études de la Commission européenne montre que la demande en gaz a plutôt tendance à décroître, et que l'UE disposerait des infrastructures suffisantes en matière de gaz naturel liquéfié (GNL), la Commission fait de l'importation de GNL et de la construction de nouveaux ports méthaniers, usines de regazéification et gazoducs une priorité. Une priorité extrêmement couteuse puisque des centaines de milliards d'euros devront être mobilisés.

A peine deux mois après la clôture de la COP21, la Commission européenne élude les objectifs climatiques et poursuit « la construction des infrastructures stratégiques nécessaires à l’achèvement du marché intérieur ». Elle privilégie une politique de l'offre au détriment d'une politique de la demande (efficacité et sobriété énergétiques) et elle multiplie les sources d'approvisionnement pour accroître l'interdépendance et la concurrence sur le marché intérieur. Interrogé lors de sa conférence de presse pour savoir si l'augmentation des importations de GNL n'était pas contraire à l'accord de Paris, le Commissaire européen Miguel Arias Cañete, ancien dirigeant d'entreprise pétrolière, a bien été en peine de répondre avec précision. Et ce alors qu'encourager des investissements massifs dans de nouvelles infrastructures fossiles contribue à verrouiller le système énergétique européen pour plusieurs décennies.

Vers de nouveaux gazoducs dépendant d'entreprises russes ?

Les conflits sur le gaz apparus ces dernières années entre certains pays européens et la Russie ont pris une importance diplomatique majeure, notamment au moment du conflit ukrainien. Certains pays disent craindre pour la sécurité de leur approvisionnement. Les pays membres de l'UE importent en effet 62 % du gaz qu'ils consomment, et près de 40 % de ces importations sont pourvues par Gazprom – six pays n'ont pour seul fournisseur que la Russie. C'est au nom de la réduction de cette dépendance – qui pourrait être obtenue par une réduction de la demande – que la Commission justifie sa décision d'importer du gaz d'outre-atlantique.

Pourtant, en début de semaine prochaine, Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et Maros Sefcovic, Vice-Président de la Commission européenne en charge de l'Union de l'énergie, se rendent à Bakou, en Azerbaïdjan, pour une réunion autour du Corridor gazier sud-européen qui vise à acheminer en Europe, via la Georgie et la Turquie, le gaz extrait sur le territoire d'un pays dirigé par l'un des régimes les plus autoritaires de la planète. Souvent présenté par la Commission comme une alternative à l’importation de gaz russe, ce corridor, dont la partie transadriatique (le TAP) pourrait être financé à hauteur de deux milliards d'euros par la Banque européenne d'investissement, doit être mis en œuvre par un consortium dont le géant russe de l’énergie Lukoil est un membre éminent. Lukoil contrôle d'ailleurs le champ gazier de Shah Deniz qui est supposé alimenter le gazoduc.

La Commission européenne piétine le (faible) accord de Paris

A peine deux mois après la COP21, l'une des premières décisions de la Commission européenne consiste donc à planifier l'augmentation de la consommation de gaz en Europe et poursuivre des investissements coûteux et inutiles. Ainsi, elle foule aux pieds l'engagement pris dans le cadre de l'accord de Paris – pourtant guère ambitieux – consistant à tout faire pour rester en deçà des 2°C de réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle. Celles et ceux, et ils sont nombreux, qui avaient annoncé que l'Accord de Paris « plaçait l'industrie des énergies fossiles du mauvais côté de l'histoire » avaient sans doute oublié que ce sont encore les intérêts de ces industries qui orientent les politiques de la Commission européenne et les négociations telles que celles du Tafta.

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

Auteur de Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition,Seuil, coll. Anthropocène.

@MaximCombes sur twitter

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 14:34

 

 

Par Jade Lindgaard le 24 février 2016 pour Mediapart

EDF veut prolonger la durée de vie de ses réacteurs, mais seule l’Autorité de sûreté peut l’y autoriser. Les exigences du gendarme du nucléaire exaspèrent le groupe, qui craint de ne pouvoir faire face aux énormes dépenses rendues nécessaires par le vieillissement de son parc de production.

« Alors ça, c’est une question qu’on ne m’avait jamais posée ! » Dans son bureau sans apparat de Montrouge, au sud de Paris, le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, prend quelques secondes de respiration.

La demande est : « Si EDF fait faillite, qui est responsable de la sûreté du parc ? » La réponse arrive en plusieurs temps pendant l’heure d’entretien qui suit : « S’il n’y a personne qui d’une quelconque manière reprend ou assure la mission, s’il n’y a pas d’exploitant, il n’y a pas de fonctionnement. Je ne peux pas vous répondre mieux. Il faut des gens en salle de commande et pour la maintenance. Mais s’il n’y a personne qui assure le cadre de sûreté, ça ne peut pas marcher. Si à un moment on constate que le fait d’être en situation de faillite, pour prendre un cas extrême, conduit à ce que concrètement les règles de sûreté ne puissent plus être appliquées sur tel ou tel réacteur, on les arrête. »

Polytechnicien, ingénieur général du corps des Mines, cet homme de 55 ans tient entre ses mains une grande partie du sort du système nucléaire français : en 2018, l’ASN rendra un avis générique sur la possibilité de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires les plus anciens (ceux des centrales de Tricastin, Gravelines, Blayais, Chinon, Bugey, Cruas) au-delà de 40 ans. EDF souhaite les faire tourner jusqu’à 50 ou 60 ans, mais est soumis à l’autorisation de l’ASN, agence indépendante créée en 2006, qui fixera les conditions de sûreté auxquelles la prolongation sera possible. Ses pouvoirs ont été renforcés par la loi de transition énergétique.

 

Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN (Reuters/Charles Platiau).

L’exploitant devra alors estimer s’il est techniquement capable et économiquement en état d’y répondre. Ce sera la décision la plus importante du secteur depuis le lancement du programme électronucléaire à la fin des années 1970. Chacun des 58 réacteurs du parc sera ensuite examiné, un à un, à partir de 2019. Même si le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, affirme ne vouloir fermer que deux réacteurs dans les dix ans à venir, et table donc sur le prolongement d’au moins la moitié du parc actuel, une période décisive s’ouvre pour le secteur. Pour EDF et Areva, le moment ne pourrait pas être pire, compte tenu de leur vulnérabilité économique. D’après Europe 1, Ségolène Royal donne en partie raison à l’électricien en acceptant le principe d’un prolongement de la durée de vie des centrales jusqu’à 50 ans. Mais cela contredirait les objectifs de la loi de transition énergétique (50 % de nucléaire en 2025) et surtout, ce n’est pas de son ressort. Contacté à plusieurs reprises à ce sujet, le cabinet de la ministre de l’écologie n’a pas répondu.

Début 2016, lors de ses vœux à la presse, Pierre-Franck Chevet secoue la trentaine de journalistes venus l’écouter en déclarant que « le constat en matière de radioprotection et de sûreté est particulièrement préoccupant. Je n’ai pas employé ces mots l’année dernière. Je les emploie aujourd’hui ». Trois sujets inquiètent le gendarme du nucléaire : la phase d’enjeux sans précédent, les difficultés économiques des industriels en première ligne, le manque de moyens pour l’autorité de contrôle.

« Quand je dis que la situation est préoccupante, ce n’est pas pour dire qu’EDF est au bord de la faillite », précise-t-il dans son bureau. Mais « je ne sais pas qui, il y a trois ans, aurait imaginé la situation actuelle. Ça change totalement la donne. On a beau être une très bonne autorité de sûreté, ce qui était le cas avant que j’arrive, sans avoir un bon exploitant, ça ne marche pas ». Un bon exploitant ? « Celui qui, techniquement, a les capacités et, économiquement, a les latitudes qui permettent de faire les investissements de sûreté quand il y en a besoin. Il faut des exploitants en état de marche, une autorité en état de marche et un processus de participation du public qui marche. Ce n’est pas un huis clos, la sûreté nucléaire. »

Ce discours exaspère EDF dont certains dirigeants s’en prennent ouvertement à l’autorité de contrôle, accusée d’en faire beaucoup trop. Lors d’une réunion récente de responsables de la production nucléaire, certains y déclarent que « l’ASN, ça commence à bien faire », selon un participant. Dans son document « Cap 2030 » sur ses orientations stratégiques des quinze prochaines années, le groupe se fixe officiellement l’objectif de « refonder la relation avec l’ASN ». Selon un spécialiste en sûreté au sein du groupe, « refonder la relation avec l’ASN », ça veut dire « l’ASN nous met des bâtons dans les roues, on ne pourra plus faire de nucléaire ». D’après le récit d’un expert maison, EDF bénéficiait d’une avance sur l’ASN en moyens de calcul sur les modèles servant à évaluer la sûreté des réacteurs. Elle a fondu, alors que l’électricien réduit ses budgets de recherche et que l’autorité de sûreté a renforcé ses compétences, notamment grâce à l’utilisation de codes open source de simulation. Résultat : l’exploitant a plus de difficultés à remplir les dossiers qu’il doit remettre au gendarme du nucléaire. Contacté à ce sujet, EDF répond que « Dans le contexte d'évolutions réglementaires produites par l'ASN très nombreuses, EDF s’attachera à toujours mieux anticiper et comprendre les demandes de l’ASN en amont des chantiers et ainsi garantir le succès du programme industriel. » Le groupe cite l'exemple de la réglementation sur les équipements sous pression nucléaire (ESPN) qui « a nécessité un travail conséquent pour être industriellement réalisable ce qui a eu un impact sur certains chantiers. »

 

 cap-2030

Dans une autre instance administrative où l’on traite des enjeux énergétiques, lors d’une réunion, un représentant syndical se lâche, selon un participant : « Il va falloir calmer l’ASN. » Un conseiller ministériel parle d’une « fatwa » contre l’ASN de la part des grands acteurs de l’énergie. Pour Pierre-Franck Chevet, président de l’autorité de contrôle : « Ils se plaignent, ça prouve que sans doute nous avons de l’effet. » Ces critiques l’inquiètent-elles sur sa capacité à se faire respecter ? « Pas particulièrement. Pour un gendarme du nucléaire, le fait de ne pas être adoré par tout le monde, on connaît. Je ne dirais pas qu’on en tire de la satisfaction, on n’est pas comme ça, mais globalement, ça fait partie du métier. On fait notre boulot. » De son côté, Greenpeace continue de trouver l’ASN « très prudente » dans ses critiques. « Il a fallu les relancer plusieurs fois pour qu’ils disent que ce sont eux et eux seuls qui décideraient in fine si le couvercle et la cuve de l’EPR sont OK », explique Cyrille Cormier, spécialiste énergie et climat de l’ONG.

 

1,7 milliard d’euros par réacteur en moyenne

En réalité, la pression qui s’exerce sur l’ASN est énorme. Pour les spécialistes, elle porte le nom codé de « VD4 », la quatrième visite décennale (« VD »). Tous les dix ans, les réacteurs des centrales électriques sont inspectés de fond en comble. Mais le contrôle des 40 ans est une étape beaucoup plus exigeante : « Il ne se passe pas des choses effroyables particulières quand elles atteignent 40 ans, par contre c’est un âge assez respectable pour une installation industrielle, explique Pierre-Franck Chevet. Peut-on les prolonger ? Peut-on améliorer la sûreté de ces installations ? Ce sont les dossiers devant nous, et il y en a beaucoup. »

Entre 1977 (construction de la centrale de Fessenheim) et 1986, EDF a construit 41 réacteurs nucléaires. Dans les dix ans qui viennent, ils vont tous atteindre leur 40e année, durée de vie que l’exploitant ne comptait pas dépasser au départ. « Quand on traduit cela en quantité de travaux à faire, ça veut dire qu’ils seront amenés à faire, à l’occasion de la quatrième visite décennale, quatre fois plus de travaux qu’ils ne le font maintenant sur leurs réacteurs, explique le président de l’ASN. Pour un industriel, être capable de délivrer en toute qualité et en toute sûreté quatre fois plus de travaux à horizon 2019/20, c’est une charge énorme… Entre 2020 et 2025, entre sept et huit réacteurs feront leur visite décennale chaque année. » 

 

 

 Carte des réacteurs nucléaires en France (ASN)

Yves Marignac, expert en sûreté nucléaire, directeur du bureau WISE Paris, est plus direct : « Les conditions dans lesquelles EDF aborde industriellement le mur des 40 ans sont les pires qu’on puisse imaginer. Les chantiers liés à la prolongation de la vie des centrales, lors de leurs quatrièmes visites décennales, vont très au-delà de la capacité qu’EDF a démontrée ces dernières années, alors que cette capacité est détériorée par la crise d’Areva et ses propres difficultés économiques. C’était déjà un mur. Et là on creuse un fossé en s’approchant de ce mur. EDF n’a pas les capacités pour assurer les délais de la prolongation de tout le parc. La maîtrise de cette opération est conditionnée par le "sacrifice" d’un certain nombre de réacteurs. » Selon son estimation, le volume de chantiers et les dépenses nécessaires au passage des 40 ans équivalent à construire cinq EPR en France chaque année. Or les travaux du réacteur de nouvelle génération à Flamanville ont pris dix ans de retard et leur coût a triplé. 

En 2011, EDF a lancé son « grand carénage », d’un montant global de 55 milliards d’euros : une série d’investissements à réaliser d’ici 2025 pour assurer la maintenance de ses centrales et répondre à la dégradation de la performance de son parc. Contrairement à une idée reçue, il ne couvre pas toutes les dépenses liées à la prolongation de la durée de vie des installations nucléaires, puisqu'il concerne pour une grande part des dépenses liées aux précédentes visites décennales. Selon la Cour des comptes dans son dernier rapport annuel, la réalisation du programme de maintenance pourrait atteindre près du double, 100 milliards d’euros (entre 2014 et 2030), soit 1,7 milliard d’euros par réacteur en moyenne. La moitié de ces investissements est liée à la sûreté. 

 

 Action de Greenpeace lors du transport de la cuve de l'EPR de Flamanville, le 12 février (©Greenpeace)

Dans ces conditions, le prolongement de la durée de vie des centrales ne pourra se faire qu’au prix d’un compromis entre sûreté et économie, selon Yves Marignac : « L’ASN et les dispositions globales de gouvernance de la sûreté ont beaucoup à perdre à ce compromis, selon lui. L’équilibre du compromis, sa possibilité même, dépendra du rapport de force sur ces questions. Il n’est pas favorable à la sûreté. Mais l’analyse technique reste ouverte, et nous verrons quelle exigence sera tenue, par exemple sur l’introduction de récupérateurs de corium [quand le cœur du réacteur entre en fusion – ndlr] ou le renforcement des piscines de stockage de combustibles. »

Du fait de leur cadence intensive de construction dans les années 80, tous les réacteurs sont du même type, par catégorie de puissance. Historiquement, ce fut un avantage en termes de sûreté : les mêmes réparations peuvent être réalisées partout. « Mais si jamais on passait à côté d’une anomalie à son stade précoce, on n’aurait qu’une solution : imposer l’arrêt d’une dizaine de réacteurs dans la semaine ou dans les 15 jours », analyse Pierre-Franck Chevet. « Cette situation peut arriver. Elle n’est pas totalement improbable. Je l’ai vécue personnellement au début des années 90 : j’étais à l’ASN, nous avons découvert un problème de corrosion sur un couvercle de cuve en fonctionnement à la centrale de Bugey [dans l’Ain – ndlr]. On ne savait pas d’où ça venait, ni le nombre de réacteurs concernés. Pendant une semaine, la question s’est posée : que fait-on pour les autres ? On arrête le parc ou pas ? Heureusement, en une semaine, EDF a proposé un système pour repérer une éventuelle fuite. Mais on est passé à deux doigts de la situation où l'on aurait dû arrêter une dizaine de réacteurs en une semaine. » 

D’un côté, l’ASN promet son extrême vigilance. De l’autre, EDF assure publiquement de son absolu respect des règles de sûreté. Mais la réalité est moins glorieuse. Les graves anomalies sur la cuve et le couvercle de l’EPR n’ont été détectées que grâce au contrôle de l’ASN. Areva, fabriquant de la cuve, n’a pas attendu le résultat des tests d’évaluation pour insérer la cuve à l’intérieur du bâtiment réacteur. Il n’a pas repéré les graves défauts de son produit, et EDF a décidé de démarrer le montage avant la fin des essais de qualification. Pour Pierre-Franck Chevet, « l’anomalie de la cuve à Flamanville a été détectée parce que nous avons fait un certain nombre de demandes insistantes. Les contrôles internes des entreprises Areva et EDF n’avaient pas fait ce qu’il fallait pour détecter l’anomalie. C’est une situation très compliquée pour nous parce qu’on travaille par sondage. On n’est pas derrière chaque geste ». Plus les difficultés économiques d’EDF s’aggraveront, moins les conditions de garantie de sûreté seront réunies.

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L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas