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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 12:01

Lettre ouverte d'Emmanuelle Cosse, tête de liste du rassemblement écologiste et citoyen pour l'Île-de-France

Madame, Monsieur,

Une violence lâche et meurtrière s'est déchaînée sur notre jeunesse, nos quartiers, notre culture libre et ouverte. Elle a tué et blessé de façon indifférenciée des dizaines de femmes et d’hommes, simplement parce qu’ils étaient là, simplement parce qu’ils vivaient leur vie. Beaucoup de ces victimes étaient originaires d’Ile-de-France, d’autres venaient à Paris pour y passer un week-end ou quelques heures de bon temps.

C'est un coup très dur que nous avons reçu.

Mes premières pensées, au nom de tous les écologistes, vont aux familles et aux proches des victimes. Notre reconnaissance va aux forces de police et aux secours. À tous nos concitoyens, nous devons le réconfort dans la peine, la cohésion face aux menaces, la mesure et la dignité dans nos réactions.

L'objectif des terroristes est d'insuffler en nous la peur et la division. En massacrant à l'aveugle, ils cherchent à disloquer notre société. Ils veulent alimenter la source de haine dans laquelle ils s'abreuvent. Ils veulent que nous renoncions à nos libertés et à nos principes démocratiques car ils savent que ce sont nos forces.

Nous gagnerons si nous restons nous-mêmes, en réaffirmant notre confiance et notre fidélité envers la République et ses institutions. L'unité, le discernement, le sang froid et la dignité du débat démocratique sont des exigences qui s'imposent à tous. Toute récupération politique de ces terribles événements serait indigne et honteuse.

Notre réponse collective doit justement prendre appui sur ce qu'ils cherchent à détruire : notre démocratie, notre droit et notre justice, nos valeurs républicaines.

L'émotion est grande et pourrait nous conduire à la panique, à la recherche de boucs émissaires ou à la tentation de la vengeance. Ce n'est pas comme cela que nous obtiendrons justice. C'est au contraire en nous tournant vers ces moments de notre histoire qui nous rendent fiers, où des femmes et des hommes de tous horizons se sont levés pour défendre la liberté et tracer un chemin de tolérance et d'émancipation. Nous devrons pouvoir dire aux futures générations que nous avons réagi comme il fallait : c’est notre part de lumière qui doit prendre le dessus pour combattre l'obscurantisme.

Dans l'immédiat, nous devons agir pour assurer notre sécurité. L'augmentation des moyens humains pour la justice et la police est nécessaire. Les forces de l'ordre républicaines doivent avoir les moyens de protéger la population dans le respect des libertés fondamentales.

Beaucoup de réponses sont à trouver sur le plan international. Alors que la Conférence sur le climat se tiendra dans quelques jours, nous avons l'occasion de nous attaquer au financement des organisations terroristes qui repose en grande partie sur les ressources pétrolières. Nous pouvons, en nous appuyant sur une Europe plus forte et rassemblée, leur couper les vivres et les désarmer en créant des sociétés moins dépendantes au pétrole.

La sécurité se construit également dans une société rassemblée et apaisée. Défendre les services publics, être garant de l’égalité, assurer la présence d’adultes dans nos établissements d’éducation et d’agents dans les gares et transports en commun, faire que nos écoles soient le berceau d’une éducation à la citoyenneté, que la culture vive sous toutes ses formes et partout, lutter contre la précarité et créer des emplois, faire que la formation, condition de l’émancipation, bénéficie à tous. Voilà la meilleure réponse au besoin de sécurité qu’expriment aujourd’hui nos concitoyens.

La tenue des élections régionales et l'acte de vote seront un de nos premiers gestes de résistance. En Ile-de-France, nous allons reprendre notre campagne progressivement et nous vous présenterons un programme qui apporte justement des réponses au besoin de protection et de mieux vivre ensemble.

Le monde ne tourne pas rond. Il s'est rappelé à nous de la manière la plus brutale qui soit. Mais nous ne sommes pas impuissants. À nous de réagir avec fermeté et humanité.

Défendons les libertés. Notre démocratie est leur cible. Elle sera notre arme.

Emmanuelle Cosse

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 10:40

Par Maxime Combes le 19 novembre 2015 pour http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/191115/cop21-declarons-letat-durgence-climatique

Le gouvernement interdit les mobilisations citoyennes prévues les 29 novembre et 12 décembre, restreignant les libertés d'expression et de manifestation. Face au chaos climatique que prépare la COP21, impossible pourtant de se résigner. Il est temps de déclarer l'état d'urgence climatique !

En décidant d'annuler arbitrairement les mobilisations prévues les 29 novembre et 12 décembre, et de le faire sans véritable négociation avec les ONG, associations et syndicats qui les préparent depuis plus de deux ans, le gouvernement français vient de fouler au pied les libertés d'expression et de manifestation. Bien-entendu, la situation est grave et personne ne le nie. Mais celles et ceux qui sont « prêts à abandonner une liberté fondamentale, pour obtenir temporairement un peu de sécurité, ne méritent ni la liberté ni la sécurité » disait Benjamin Franklin. Liberté et sécurité vont de pair, comme l'ont prouvé les processus historiques d'émancipation et de démocratisation, en tant que « droits naturels et imprescriptibles » (Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen).

Pendant la COP21, on manifestera partout, sauf à Paris

Nous ne pouvons que « regretter qu’aucune alternative n’ait été trouvée pour permettre nos mobilisations » déclare la Coalition Climat 21, rappelant que des milliers d'initiatives seront organisées aux quatre coins de la planète les 28 et 29 novembre, ainsi que tout au long de la COP21 jusqu'au 12 décembre. Pendant la COP21, on manifestera partout, sauf à Paris. Un comble. Par ces graves atteintes aux libertés publiques, le gouvernement français cède à la terreur que veut imposer Daesh et accepte que la peur guide les décisions publiques et gagne la population. Là où il faudrait accompagner la riposte policière par plus de démocratie, plus d'ouverture et plus de tolérance, le gouvernement français répond par la guerre sans limite et la restriction des libertés.

Ne cédons pas. Refusons cet état de guerre permanent.

Affirmons sans relâche notre détermination à continuer à circuler, à travailler, à nous divertir, à nous réunir. Et à lutter librement. Notre droit est celui de pouvoir lutter librement « contre ce monde pourrissant » et pour imposer nos alternatives. Ces alternatives globales que nous portons comme autant d'exigences envers les gouvernements et ces alternatives locales que nous expérimentons au Sud comme au Nord, dans nos quartiers comme dans nos campagnes, à travers nos expériences propres comme à travers de celles que nous partageons avec nos voisins, nos amis et/ou nos collègues. L'Etat de guerre permanent c'est, nous le savons par expérience, une posture qui engage le monde entier dans une spirale de destruction mortifère.

N'acceptons pas l'arbitraire injustifié !

Le gouvernement interdit les marches citoyennes, interdit aux Restos du coeur de poursuivre leur distribution de repas chaud... mais autorise les marchés de Noël. Le gouvernement profite de la situation pour interdire des manifestations et mobilisations citoyennes revendicatives mais autorisent des activités lucratives en plein air extrêmement difficiles, également, à sécuriser. Ces choix-là ne sont pas techniques, ils ne sont pas liés à des exigences sécuritaires qui sont appliquées de manière indifférenciée, mais à des choix politiques clairement assumés. Les manifestations sont interdites mais le gouvernement s'est empressé de préciser (et de communiquer) que l'espace Génération Climat qui, en marge de la COP21 au Bourget, doit accueillir toute une série d'initiatives, à commencer par celles des entreprises privées, serait bien maintenu.

L'urgence climatique n'est plus à démontrer

L'urgence climatique ne disparaitra pas d'un coup de baguette magique. Pas plus qu'elle ne disparaitra par l'intermédiaire d'une COP21 aux ambitions terriblement limitées, retranchée derrière barbelés et forces armées. Sur les dix mois les plus chauds enregistrés depuis 1880, sept appartiennent à l'année 2015, selon l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). L'urgence climatique n'est plus à démontrer. Pourtant, les Etats font semblant. Un nouveau record mondial d'émissions de gaz à effet de serre a été atteint en 2014. Pourtant, la COP21 va entériner des décisions qui conduisent à une augmentation de plus de 10 % des émissions de GES d'ici à 2030, planifiant un nouveau record pour chaque année pendant quinze ans. Résultat ? Un réchauffement climatique supérieur à 3°C (voir nos analyses ici et ici)

Vers de nouveaux crimes climatiques

C'est en toute connaissance de cause que les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète préparent donc de nouveau crimes climatiques. Un crime ? Oui, un crime. Le terme n'est pas déplacé. Il est tout à fait approprié, y compris après les terribles attentats qui viennent de frapper Beyrouth, Paris et bien d'autres endroits. Il est légitime de parler de crimes climatiques pour caractériser l'ensemble de ces politiques et décisions des Etats qui portent atteintes au bien-être collectif de la société : 3°C de réchauffement climatique n'est pas une planète vivable. C'est une planète où les déséquilibres géopolitiques déstabiliseront nos sociétés, où des centaines de millions de personnes ne pourront pas se nourrir correctement, se déplacer pour subvenir à leurs besoins, sortir de la pauvreté, ou tout simplement survivre. Un crime, de toute autre nature que les attentats terroristes, mais un crime dûment documenté, répertorié et qu'il serait possible d'éviter (lire et signer l'appel Stoppons les crimes climatiques et le livre qui va avec).

Etat d'urgence climatique

Dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence d'un Etat, d'une population, alors les Etats dont la Constitution le permet, peuvent décréter l'Etat d'urgence. Le réchauffement climatique est un danger public d'une exceptionnelle gravité qui menace la pérennité même des conditions d'existence sur une planète vivable. Puisque les Etats et les institutions internationales rechignent à prendre toute la mesure de la gravité de la situation, c'est à nous, citoyennes et citoyens du monde entier, sincères dans nos engagements contre le réchauffement climatique, à décréter l'Etat d'urgence climatique et prendre les mesures qui s'imposent. Les mesures que nous pouvons imposer à travers nos mobilisations. Ce n'est pas en demandant la permission que l'on écrit l'histoire !

Etat de nécessité

L'état de nécessité est une notion juridique qui consiste à autoriser une action illégale pour empêcher la réalisation d'un dommage plus grave. C'est précisément la situation dans laquelle nous nous trouvons en matière de lutte contre les dérèglements climatiques. Pour empêcher de nouveaux crimes climatiques, alors que les Etats et gouvernements sont défaillants et que le gouvernement français nous interdit de manifester, nous n'avons pas d'autre choix que d'invoquer l'état de nécessité

et de passer à l'action. Qu'elles soient légales ou illégales, acceptées ou rejetées par des gouvernements incapables de lutter efficacement contre les dérèglements climatiques, nos actions doivent-être déterminées et continues. C'est l'état de nécessité qui les fonde en droit et qui en légitime l'opportunité politique. Désobéir est devenu une nécessité. Pour préserver la démocratie et la planète.

Au-delà des mots

Ce ne sont pas deux manifestations interdites qui vont saper notre détermination et le puissant mouvement pour la justice climatique qui s'organise et se renforce.

Que faire concrètement ?

  • Appeler à manifester partout où c'est possible et transformer les manifestations décentralisées en France et dans le monde en une puissante mobilisation internationale ancrée sur les territoires ;
  • La préfecture interdit par arrêté « les manifestations (festives et revendicatives) sur la voie publique » ; c'est sans doute à vérifier, mais l'ensemble des espaces qui nécessitent le franchissement d'une clôture (porte, grille, accès, etc.), tels que les centres commerciaux, ne seraient donc pas couverts par l'arrêté ; occuper un même jour, aux quatre coins du pays (et plus?) une série de centres commerciaux (ce n'est qu'une idée - peut-être pas la meilleure), d'entreprises privées ou de banques pour dénoncer (et bloquer) leurs agissements inacceptables en matière de réchauffement climatique, pourrait donc nous amener à ouvrir pendant la COP21 des mobilisations que nous pourrions poursuivre en 2016 ; le communiqué de Laurent Fabius ne dit-il pas que « la totalité des manifestations organisées dans les espaces fermés et aisément sécurisables seront maintenues » ? Chiche, fonçons dans les centres commerciaux (ou les marchés de Noël qui sont autorisés) ... ! ;
  • Il doit en être de même dans les transport collectifs ; organiser des actions ciblées pour rendre les transports gratuits en libérant l'accès à ces services essentiels de la transition énergétique, ou bien organiser, sur une même journée, une manifestation festive et informative décentralisée dans tous les transports ferrés d'Ile-de-France (et d'ailleurs), pour échanger avec la population, voilà qui devrait pouvoir être organisé sans tomber sous le coup de l'arrêté préfectoral ;
  • Soutenir et amplifier l'action de celles et ceux qui ont d'ores-et-déjà choisi de désobéir à l'arrêté préfectoral, comme le convoi de Notre-Dame des Landes qui a décidé de confirmer son départ pour Paris ce 21 novembre ;
  • Le gouvernement a décidé de maintenir l'Espace Génération climat, au Bourget, qui va (notamment) accueillir les initiatives et présentations des multinationales ; c'est un espace qui se veut dédié à la « société civile » : pourquoi ne pas l'occuper, de façon permanente et désobéissante, tout en empêchant tous les porteurs de propositions inacceptables (biotechnologies, géo-ingéniérie, business as usual, etc) de tenir leurs initiatives ?
  • Encourager l'ensemble des ONG, associations et syndicats, qui disposent d'une accréditation pour participer aux négociations, à réellement faire entendre leurs voix, quitte à provoquer une crise, au sein même des négociations ; en 2013, lors de la COP19 de Varsovie, l'ensemble des ONG, associations et syndicats avaient quitté les négociations pour dénoncer l'inertie des négociations (voir ici) ; pourquoi ne pourrait-il pas en être de même à Paris alors que rien de fondamentalement nouveau n'a changé ?
  • … Notre imagination peut-être sans limite.

Servons-nous de cette interdiction des manifestations des 29 novembre et 12 décembre pour être super créatifs et super inventifs. Nous sommes dans les dispositions mentales (fatigue, stress, consternation, déception...) pour inventer des pratiques nouvelles, se donner des objectifs nouveaux. À condition de garder des ambitions à la hauteur des enjeux. Il y a créativité et créativité. Ne nous contentons pas de quelques initiatives symboliques.

L'État d'urgence climatique nécessite des ruptures, pas des initiatives anecdotiques ou dérisoires. Pas d'être à la remorque d'États et de gouvernements défaillants.

Soyons à la hauteur des défis auxquels nous faisons face.

Nous en avons les moyens.

C'est à nous de jouer.

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

(a publié Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition, Seuil, coll. Anthropocène et il a co-coordonné Crime Climatique Stop ! L'appel de la société civile, Seuil, Anthropocène).

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 14:13

Ce jeudi 12 novembre, Emmanuelle Cosse a présenté le projet « Changeons d’air » du Rassemblement écologiste et citoyen. Bonne lecture !

Le projet du écologiste : « Changeons d’air » en Île-de-France à télécharger !

Le renouvellement, c’est l’écologie !

Emmanuelle Cosse a annoncé cette semaine la liste des candidates et candidats du Rassemblement écologiste et citoyen en Île-de-France; une liste militante, ouverte sur la société… et garantie sans cumul

Les listes en course pour les élections régionales de décembre 2015 en Île-de-France sont connues. Constituées de femmes et d’hommes engagés pour mettre en oeuvre le projet qu’ils présentent aux électeurs, leur composition est en elle-même révélatrice des valeurs et parfois, des doubles discours qu’elles véhiculent.

Ainsi, la liste du Front national est menée par Wallerand de Saint Just, conseiller régional sortant de Nord Pas de Calais/Picardie, grand pourfendeur du système mais pourtant mis en examen dans l’affaire du financement occulte du parti de Marine Le Pen.

Côté Les Républicains, on est décomplexé ! Valérie Pécresse et ses têtes de liste départementales sont 100% cumul et 0% diversité. Elle ne prend même pas la peine d’avoir de têtes de liste départementales paritaires. La députée des Yvelines et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, qui met en scène une passion exclusive mais très récente pour l’Île-de-France, fait bien de la politique à l’ancienne.

A gauche, c’est heureusement mieux, mais on est loin de l’exemplarité en matière de respect du non-cumul des mandats et de représentativité de la société. Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale et ses têtes de liste présentent un taux de cumul de 75%, quand Pierre Laurent, lui même sénateur de Paris, compte trois têtes de liste déjà titulaires d’un mandat local important.

Emmanuelle Cosse est la seule tête de liste régionale qui ne cumule pas. Elle est la seule parmiles principales listes à avoir réservé des places de têtes de liste départementales, en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine, à des personnalités non encartées dans un parti.

Il apparaît clairement qu’en matière de renouvellement, de respect des valeurs d’ouverture et de diversité les écologistes sont une nouvelle fois ceux qui mettent le plus en adéquation les paroles et les actes.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 18:48
Meeting élections régionales &  Forum Quartiers populaires  Samedi 14 novembre
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 08:58

Par Stéphane Foucart, pour Le Monde.fr, 10.11.2015

Dans la ville chinoise de Shenyang le 8 novembre 2015. | AFP

L’atmosphère terrestre semble synchronisée avec l’agenda de la diplomatie climatique. A trois semaines de l’ouverture, à Paris, de la 21e conférence mondiale sur le climat (COP21), le Met Office britannique et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont séparément annoncé, lundi 9 novembre, le franchissement en cours ou imminent de deux seuils symboliques importants. Ces deux piqûres de rappel coïncident avec la « pré-COP21 », la réunion préparatoire qui rassemble une soixantaine de ministres à Paris jusqu’à mardi, afin d’ouvrir la voie à un accord contraignant et universel prenant la suite du protocole de Kyoto.

Le Met Office a ainsi proclamé, sur la foi des neufs premiers mois de l’année, que 2015 sera la première année dont la température franchira le cap de 1 °C de réchauffement par rapport à la période préindustrielle. Entre janvier et septembre, la moyenne des températures relevées à la surface de la Terre est ainsi supérieure de 1,02 °C à celle enregistrée, à période équivalente, dans les dernières décennies du XIXe siècle.

Un niveau de concentration inédit

L’OMM a de son côté annoncé que le seuil des 400 parties par millions (ppm) de concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) devrait être franchi de manière imminente. Dans la semaine du 1er novembre, l’observatoire de référence de Mauna Loa (Hawaï) relevait une concentration de 399,06 ppm.

Un tel niveau de concentration de CO2 est inédit depuis le pliocène, voilà 5,3 à 2,6 millions d’années, à une époque où le niveau des océans fluctuait entre 5 mètres et 40 mètres au-dessus du niveau actuel, et où apparaissaient tout juste les premiers représentants du genre Homo habilis et rudolfensis. Ce taux était de 270 ppm environ au cours de la période préindustrielle et n’a jamais excédé 300 ppm au cours du dernier million d’années.

Urgence à agir

« Chaque année, les concentrations de gaz à effet de serre battent de nouveaux records », a déclaré dans un communiqué Michel Jarraud, le secrétaire général de l’OMM.

« Et chaque année, nous répétons que le temps presse. C’est maintenant qu’il faut agir pour réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre et pour qu’il nous reste une chance de contenir à un niveau raisonnable la hausse des températures. »

Le seuil des 400 ppm de CO2 atmosphérique a pour la première fois été atteint, ponctuellement et localement, en mai 2013. Mais les légères fluctuations saisonnières qui se superposent à la tendance haussière ont fait revenir le taux de gaz carbonique en deçà. Selon le bulletin de l’OMM, la moyenne annuelle de l’année 2014 a été relevée à 397,7 ppm. Au printemps 2015, dans l’hémisphère Nord, la concentration moyenne du principal gaz à effet de serre a franchi les 400 ppm. Et en moyenne mondiale annuelle, ce seuil pourrait être franchi dès l’an prochain.

La situation actuelle avait été correctement anticipée par les scientifiques dès les années 1970. Dans un article demeuré célèbre et publié en août 1975, le géochimiste américain Wallace Broecker (université Columbia, Etats-Unis) prévoyait non seulement l’imminence du « réchauffement global » – l’expression date de cette publication phare –, mais il estimait aussi que la vitesse avec laquelle les activités humaines modifiaient la composition de l’atmosphère porterait la concentration de CO2 à 400 ppm autour de 2010…

« Nous avançons en territoire inconnu »

« Nous ne voyons pas le CO2. C’est une menace invisible mais bien réelle, qui se traduit par des températures mondiales plus élevées, par une multiplication des phénomènes extrêmes – vagues de chaleur et inondations notamment –, par la fonte des glaces, la hausse du niveau de la mer et l’acidification des océans, a averti M. Jarraud. C’est la réalité d’aujourd’hui : nous avançons en territoire inconnu et la machine s’emballe à un rythme effrayant. »

Ce rythme est détaillé dans le bulletin de l’OMM. Au cours de la dernière décennie, la concentration atmosphérique de CO2 a augmenté de 2,06 ppm par an. Les deux autres principaux gaz à effet de serre, le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), sont également sur une pente ascendante. En particulier, le premier atteint aujourd’hui 2,5 fois son niveau du XVIIIe siècle.

Les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), non prescriptifs, ne déterminent pas de niveau à ne pas dépasser. Le seul seuil fixé est un niveau de réchauffement par rapport à la période préindustrielle, fixé à 2 °C par la communauté internationale, en 2009 à la conférence de Copenhague (COP15). Une équipe de chercheurs internationaux conduits par le climatologue américain James Hansen (NASA) avait quant à elle publié une étude cherchant à identifier la limite de concentration de CO2 à ne pas franchir pour éviter des bouleversements majeurs et avait conclu à un seuil de 350 ppm, atteint autour de 1990.

Lire aussi : Hoax climatique #1 : « Le réchauffement s’est arrêté en 1998 »

El Nino

Année cruciale pour les négociations climatiques, 2015 est aussi celle d’un puissant El Niño. Ce phénomène naturel, qui revient tous les trois à sept ans et fait grimper le thermomètre du Pacifique tropical, tire les températures mondiales vers le haut, en plus de la tendance lourde au réchauffement. L’année en cours est donc en passe d’être celle de tous les records.

« Cette année marque une première importante, mais cela ne signifie pas que toutes les années à partir de maintenant seront plus chaudes d’un degré ou plus par rapport aux niveaux préindustriels, car la variabilité naturelle jouera toujours un rôle déterminant, explique Peter Stott, chef de l’analyse climatique au Met Office, l’une des trois institutions chargées de colliger les températures mondiales. Cependant, à mesure que le monde se réchauffera dans les prochaines décennies, nous verrons de plus en plus d’années passant la barre des 1 °C de réchauffement, jusqu’à ce que cela devienne la norme. »

En attendant, la National Oceanic and Atmospheric Administration a examiné les mois les plus chauds de ses relevés, qui indexent 1 629 mois mesurés depuis 1880 : sur les dix mois les plus chauds, six appartiennent à l’année en cours. Qui n’est pas finie…

Comprendre les enjeux de la COP21 en 10 chiffres

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 14:27

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 07:45

 

A quelques semaines du rendez-vous de la COP 21 (Conférence sur le Climat), il est permis de s’interroger sur les moyens qui pourraient rassembler autant de composantes aux intérêts contradictoires. Certes le dérèglement climatique affecte toutes les parties du globe et l’on pourrait rêver d’un consensus large permettant de limiter à 2° la hausse des températures. Ce serait ignorer les causes économiques et sociales de ce désordre climatique. Issu de la naissance du capitalisme industriel et de son développement inégalitaire depuis deux siècles, il affecte d’abord les pauvres (au nord comme au sud). La malbouffe, la précarité énergétique et les emplois supprimés touchent toujours les plus pauvres. Face à eux les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir (pétrole, finance, industrie automobile, etc.) sont trop puissants pour permettre un rééquilibrage du monde. La nature n’échappe pas aux rapports de force sociaux et loin d’être une affaire de « bobos », le combat pour une justice environnementale est une impérieuse nécessité. Face à la tentative de récupération par le capitalisme financier des conséquences de ce désordre (par ex :création de nouveaux produits d’assurances pour ceux dont les intérêts seraient menacés), LLA vous invite à débattre avec Razmig Keucheyan,sociologue, autour de son livre La nature est un champ de bataille, le 17 novembre à la mairie à 19h. Entre guerres écologiques et progrès humains il nous faut choisir.

Marie-Geneviève Lentaigne (EELV) et Mathieu Agostini (Parti de Gauche) – http://leslilas-autrement.fr; http://leslilasecologie-over-blog.com; http://pgleslilas.fr

 

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 09:32

… avec un peu de retard, rapport remis le 23 octobre 2015 .

Le rapport de la Commission d’enquête de la LDH sur les conditions ayant conduit à la mort de Rémi Fraisse (Sivens, octobre 2014)

Suite aux événements qui ont provoqué la mort de Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, la Ligue des droits de l’Homme a constitué en novembre 2014 une Commission d’enquête citoyenne visant à recenser systématiquement les faits liés à cet événement, à analyser son contexte et à porter ainsi un éclairage sur les conditions qui ont conduit à la mort de ce jeune militant écologiste sur le site de Sivens.

Mobilisant une vingtaine de personnes, cette Commission a procédé, sur la période d’une année, à une trentaine d’auditions sur les lieux même de l’événement et à proximité, auprès de personnes ayant été directement ou indirectement les protagonistes de ce drame, qui ont bien voulu répondre à ses questions (« zadistes », responsables associatifs, élus, témoins directs des événements du 25 octobre et de la période qui les a précédés). Ce travail a été complété par la lecture et le visionnage critiques de l’ensemble des écrits et documents audiovisuels publics et privés disponibles concernant cette affaire.

Le rapport s’attache à l’historique du projet de barrage, aux conditions de gestion du dossier et de la décision publique, ainsi qu’au jeu des différents acteurs impliqués. Dans une deuxième partie, il considère l’ensemble des violences commises sur le site dès la mise en œuvre du chantier, tant celles commises sur les forces de l’ordre que celles perpétrées par ces dernières à l’encontre des opposants au barrage. Le rapport examine de façon particulière le contexte spécifique du décès de Rémi Fraisse et particulièrement les conditions d’intervention des agents et des autorités responsables du maintien de l’ordre. Enfin, il revient sur ce qu’ont été les réactions des autorités étatiques et judiciaires dans les heures et les jours qui ont suivi cette mort.

Se décalant très sensiblement des informations et des rapports précédents qui ont pu être diffusés durant toute la période considérée, et à l’occasion même des faits, ce rapport d’enquête les éclaire d’un jour original en les passant tant au crible du droit qu’à celui des pratiques démocratiques et citoyennes. Il se conclut par une série de préconisations, à partir de l’analyse critique développée.

Téléchargez le rapport

Téléchargez les annexes du rapport

Voici le début du résumé - pour lire la suite, Téléchargez l’abstract . Bonne lecture !

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 09:35

par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), le 29.10.2015 pour Le Monde.fr

Les tests d’émissions des gaz polluants par les véhicules automobiles seront désormais un peu plus contraignants en Europe. Mais ils ne le seront pas autant que la Commission européenne l’aurait voulu. Les pays européens n’ont pas souhaité se montrer aussi fermes avec les constructeurs que ce que leur proposait Bruxelles.

Près de deux mois après que le groupe allemand Volkswagen a reconnu avoir triché sur les émissions de gaz polluants de 11 millions de ses véhicules, les 28 pays membres de l’Union européenne ont accepté à une large majorité, mercredi 28 octobre, la mise en place progressive, à partir de 2017, de tests d’émissions des gaz polluants NOx (oxydes d’azote, principaux composants du diesel), supposés être mieux à même de déceler les tricheurs.

Mais pour arracher cet accord, la Commission a dû revoir ses ambitions, jugées déjà particulièrement modestes par les ONG. Les constructeurs auront ainsi jusqu’à quatre ans pour se mettre en conformité avec les nouveaux tests pour les émissions de NOx. Ceux-ci se dérouleront désormais en condition réelle de conduite, et plus seulement en laboratoire, à partir du 1er janvier 2017.

Entre 2017 et 2019, les voitures devront, lors de ces tests « en situation réelle », ne pas émettre plus de 2,1 fois le plafond autorisé dans l’Union, qui se situe à 80 mg de NOx par kilomètres. À partir de 2020, les véhicules pourront encore dépasser ce plafond de 50 %.

« Il faut voir le verre à moitié plein »

Selon les experts bruxellois, ce « facteur de conformité » de 1,5 a été décidé pour tenir compte des éventuelles erreurs de relevé des mesures durant les tests. Le délai de trois ans pour y parvenir – de 2017 à fin 2020 – a été jugé nécessaire pour laisser le temps aux industriels d’adapter leurs lignes de production.

On est toutefois loin des premières propositions de la Commission : elle avançait initialement, selon nos informations, un « facteur de conformité » de seulement 1,6 entre 2017 et 2019 (soit 60 % de dépassement du plafond de 80 mg/km), et d’un peu moins de 1,2 au-delà.

« Il faut voir le verre à moitié plein. Le scandale Volkswagen a mis la pression sur les États et a permis qu’on obtienne une très large majorité pour changer les procédures, explique après le vote une source européenne proche des discussions. Il fallait transiger par rapport à la proposition initiale de la Commission parce que beaucoup d’États refusaient de la voter en l’état. Maintenant qu’on a ce vote, les tests en conditions réelles de conduite vont pouvoir démarrer vite, c’est un point positif. Et la période transitoire sera courte »

La République tchèque a voté contre le compromis

De fait, les tests effectués en conditions réelles sont une réelle avancée, puisqu’ils ne devraient plus permettre aux constructeurs d’« optimiser » leurs véhicules, comme ils le font couramment pour les tests en laboratoires. Soit en trichant délibérément, comme l’a fait Volkswagen, grâce à un logiciel embarqué dans les voitures. Soit en préparant les véhicules spécialement pour les tests (en gonflant les pneus, etc.).

D’après nos informations, l’Italie, l’Espagne ou la République tchèque réclamaient un « facteur de conformité » de 2,6, pour 2017 et au-delà. Plus restrictive, l’Allemagne défendait un facteur de 2,1 fois le plafond pour 2017-2019. La France, elle, défendait un facteur de conformité de 1,8 pour 2017-2019, et de 1,4 au-delà.

Seule la République tchèque a finalement voté contre le compromis de Bruxelles, mercredi, l’estimant encore trop exigeant pour son industrie automobile. A contrario, les Pays-Bas se sont abstenus pour marquer leur déception face à une proposition jugée insuffisamment contraignante : c’est l’un des rares pays européens à prendre régulièrement position pour des normes environnementales plus contraignantes dans le secteur automobile.

« Les gouvernements ont fait fi du scandale Volkswagen »

Les Verts et les ONG environnementales ont vivement réagi, mercredi, à ce vote bruxellois. « Les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des émissions de NOx pour les véhicules diesel qui seront doubles des plafonds autorisés par une législation européenne datant de 2007 [les fameux 80 mg/km] », insiste l’ONG bruxelloise Transport & Environment dans un communiqué.

À la pointe du combat pour une industrie automobile plus propre, le lobby environnemental prônait un facteur de conformité de seulement 1,5 dès le 1er janvier 2017, et un strict respect du plafond d’émissions de NOx dès 2019.

« La décision prise par les gouvernements européens, sous la pression de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, est scandaleuse et d’un cynisme sans nom. Non seulement ils ont décidé de faire fi du scandale Volkswagen, mais en plus ils ont décidé d’ignorer les problèmes de santé publique liés à la pollution de l’air et les près de 100 000 décès prématurés causés par le diesel en Europe », a réagi, pour sa part, l’eurodéputé vert Yannick Jadot.

Manque de transparence

Autre sujet de critiques, la manière dont cette décision a été prise. Non pas lors d’une réunion – relativement publique – des ministres européens de l’environnement. Mais portes closes au sein du Technical Committee on Motor Vehicles (TCMV). Composée de représentants des 28 Etats membres et de la Commission européenne, cette instance est chargée de fixer les règles au niveau européen quand elles sont jugées très techniques.

Le fait de confier aux experts le soin de trancher autoriserait encore plus qu’ailleurs à Bruxelles, le jeu des lobbys.

Scandale des tests automobiles : EELV appelle à un rassemblement devant le ministère de l’Ecologie à 17h30

EELV appelle à un rassemblement devant le ministère de l’Ecologie à 17h30 ( 246 boulevard Saint-Germain 75007 Paris). En présence notamment d’Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, des eurodéputé-e-s (Karima Delli, Pascal Durand, Yannick Jadot) et de député écologistes (Denis Baupin) 

Le dépassement des normes d’émissions en conditions réelles est un cadeau au lobby automobile au détriment de la santé de tous.

Alors que le scandale Volkswagen n’en finit pas de révéler le trucage à grand échelle des constructeurs automobiles sur les normes d’émissions de leurs véhicules, les gouvernements européens viennent d’autoriser le dépassement de celles-ci en conditions réelles : de 110% jusqu’en 2019 puis de 50% ensuite.

Les écologistes s’indignent d’une telle décision qui s’établit au détriment de la santé de nos concitoyens et de l’environnement : le diesel cause chaque année 42 000 morts prématurés et la pollution aux particules fines engendre un air irrespirable pour les habitants des grandes villes.

Face à la fraude «en bande organisée» du premier constructeur automobile mondial et le mensonge au service de son profit, la réponse politique au niveau européen se devait de combattre les maux à sa source. Au contraire, c’est un aveu de faiblesse généralisée face au travail de sape du lobby automobile, avec une autorisation officielle donnée aux industriels de violer impunément la loi au détriment de l’intérêt général.

Les gouvernements européens prouvent ainsi leur incapacité à se saisir d’un enjeu majeur de santé publique, alors même que les normes européennes d’émissions de particules sont bien moins contraignantes qu’outre-atlantique. EELV constate la bienveillance de la France et de sa ministre de l’Ecologie envers une décision de relèvement des seuils d’émissions profondément incompatible avec l’urgence sanitaire et climatique.

Les écologistes rappellent leur volonté de sortir du Diesel cancérogène à horizon 2025.

Europe Ecologie-Les Verts 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 21:12

Les entreprises ont été largement plus épargnées par l’augmentation de la fiscalité, selon une étude de l’OFCE dévoilée jeudi 22 octobre dans LE MONDE, le 22.10.2015 par Patrick Roger

Qui, depuis 2010, a payé le prix fort des politiques d’ajustement structurel et de réduction des déficits ? La réponse est, sans ambiguïté, les ménages, en dépit des lamentations des responsables patronaux. Le pacte de responsabilité et de solidarité mis en œuvre depuis 2014 est loin d’inverser cette tendance, malgré les baisses d’impôt sur le revenu annoncées pour les ménages modestes. Bien au contraire, comme le démontre l’étude mise en ligne jeudi 22 octobre par deux économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Mathieu Plane et Raul Sampognaro.

Sur la période 2010-2016, les prélèvements obligatoires (PO) sur les ménages, intégrant les mesures contenues dans le projet de loi de finances pour 2016, auront augmenté de 66 milliards d’euros (+3,1 points de PIB), et ceux sur les entreprises de 8 milliards (+0,4). Ainsi, le taux de PO sur les ménages atteindra en 2016 un plus haut historique, à 28,2 % du PIB, tandis que les prélèvements sur les entreprises retrouveront un niveau de 16,4 %, inférieur à celui d’avant la crise de 2008.

Mieux encore, avec la mise en œuvre, en 2017, de la dernière phase du pacte de responsabilité, qui prévoit la suppression totale de la contribution sociale de solidarité des sociétés et la réduction de l'impôt sur les sociétés, auxquelles s'ajoutent les remboursements liés au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la fiscalité des entreprises devrait baisser de 10 milliards d'euros, ce qui ramènera leur taux de Prélèvement Obligatoire à un plus bas historique depuis le début des années 2000. Rarement, dans l'histoire récente, les entreprises auront enregistré une telle décrue de leurs charges alors que les ménages, eux, auront été très largement mis à contribution.

L'étude de l'OFCE procède à un découpage précis des prélèvements sur les ménages et sur les entreprises. Elle regroupe, pour les premiers, les prélèvements directs (impôts, sur le revenu, CSG, CRDS, taxe d'habitation), les impôts indirects (TVA, TICPE...), les impôts sur le capital (ISF, taxe foncière...) et les cotisations sociales. Sont considérés comme prélèvements pour les entreprises les impôts sur la production, les impôts sur les salaires et la main-d'oeuvre, les impôts sur les sociétés et les cotisations sociales patronales.

Choc fiscal

Globalement, les taux de prélèvements obligatoires ont fortement augmenté sur la période 2010-2013 : de 3,7% de PIB (2,4 % pour les ménages et 1,3 % pour les entreprises). C'est après que les choses se gâtent. En 2014, sous l'effet de la mise en place du CICE (6,4 milliards d'€), les PO des entreprises se sont réduits de 0,2 % de PIB tandis que ceux des ménages, en raison de la hausse de la TVA (5,4 milliards), de l'augmentation de la fiscalité écologique (0,3 milliards) et de la hausse de la contribution au service public de l'électricité (1,1 milliards) ainsi que de l'accroissement des cotisations sociales (2,4 milliards) ont continué à augmenter de 0,4 % de PIB.

La tendance s'accélère en 2015. Grâce à la montée en charge du CICE (6 milliards), aux premières mesures du pacte de responsabilité (5,9 milliards), même si d'autres mesures comme celles issues de la réforme des retraites pèsent en sens inverse pour 1,7 milliards au total, les prélèvements sur les entreprises baisseront de 9,7 milliards d'€. A l'inverse, ceux des ménages augmenteront de 4,5 milliards d'euros, soit 0,2 % de PIB, malgré la suppression de la première tranche d'impôt sur le revenu.

Et cela devrait se poursuivre en 2016, avec une baisse des PO de 5,9 milliards pour les entreprises et une hausse de 4,1 milliards pour les ménages, malgré une nouvelle baisse de 2 milliards sur l'impôt sur le revenu, qui ne permet pas de compenser la hausse des autres mesures fiscales. Car ces mesures d'allègement des impôts tant vantées par le gouvernement paraissent finalement bien faibles au regard du choc fiscal encaissé par les ménages.

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