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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 19:44

 

2005-2015, la révolte des quartiers populaires. C'était le thème d'une émission exceptionnelle de « En direct de Mediapart », jeudi 22 octobre, retransmise en streaming. À cette occasion, La rédaction de Mediapart associée à l'équipe du Bondy Blog pour raconter ce qui s'est passé en 2005 et débattre de la situation des quartiers dix ans après les émeutes urbaines parties de Clichy.

Soirée animée par Nordine Nabili (Bondy Blog) et Edwy Plenel (Mediapart).

La démocratie d'interpellation : l’exemple de « Pas sans nous »

Du rapport remis à François Lamy, puis de l’inaction gouvernementale et des entraves des pouvoirs locaux, jusqu’à l’élargissement d’une coalition pour faire reconnaître un fonds de la démocratie citoyenne, des acteurs de quartiers et des universitaires spécialistes d’études urbaines et de démocratie participative tentent (encore) de croire aux institutions…
Marie-Hélène Bacqué (universitaire)
Mohamed Mechmache (AC le feu)
Benoît Hartmann (France nature environnement)
Djamel Blanchard (Pas sans nous - Angers)
et Balla Fofana du Bondy Blog

VIDEO 1 avec Mohamed Mechmache

Notre sélection d'articles :
Démocratie citoyenne : les “Pas sans nous” ne lâchent pas l’affaire
Les « Pas sans nous » entendent peser sur la démocratie de quartier
Acteurs des quartiers populaires et universitaires tentent une alliance inédite
Billet Vidéo de Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah
A Saint-Denis, les « racisé-e-s » lancent leur « marche de la dignité »
A Saint-Denis, la lutte contre l'islamophobie fait le plein

Les acteurs de la lutte contre l'islamophobie redoutent les répercussions des attentats
Comment Ali Ziri est mort asphyxié, «plié» par les policiers

L'équipe du Bondy Blog qui a participé à l'émission: Latifa Oulkhouir, Balla Fofana, Widad Ketfi, Mehdi Meklat et Badroudine Abdallah, Nadia Azzaz et Tahar Raaf, Victor Mouquet, Estelle Njandjo, Sandrine Dionys, Nina Di Batista, Assia Haddache, Ouafa Mameche, Sarah Ichou, Christelle Fabris, Myriam Bokhobza, Pénélope Champault.

Par ailleurs, Mediapart diffusera à partir du dimanche 25 octobre un documentaire en quatre épisodes : « Les Bosquets, An 10 », de Louise Oligny et Patrick Artinian. Entretiens, portraits croisés : quatre membres du collectif GEN ZU de la cité des Bosquets à Clichy-Montfermeil racontent les émeutes de 2005 mais, surtout, ce qu'ils sont devenus depuis. Louise Oligny et Patrick Artinian avaient également réalisé pour Mediapart « Notre France », quinze portraits d'habitants de la cité du Mont-Mesly, à Créteil (à voir ici).

Enfin, Mediapart publiera jusqu'au 2 novembre une série d'enquêtes et de reportages sur les quartiers populaires, vous les trouverez dans ce dossier déjà passablement bien fourni.

 

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 09:12

par Maxime Combes, le jeudi 15 octobre 2015, cf Blog Mediapart Maxime Combes

Un nouveau texte, pouvant préfigurer ce que pourrait être l’accord de Paris lors de la COP21, a été rendu public par l’ONU. Il est inacceptable. En endossant ce texte, les négociateurs des États accepteraient que le chaos climatique devienne l’horizon indépassable de l’humanité. Nous devons le rejeter. Un éventuel sursaut politique et citoyen est à ce prix.

Photo : niekverlaan, licence Creative Commons CC0 Domaine public.

Les deux présidents et facilitateurs de la négociation, Ahmed Djoghlaf et Dan Reifsnyder, ont rendu public un nouveau texte lundi 5 octobre (disponible ici en pdf), à moins de quinze jours de la dernière session de négociations intermédiaires à Bonn (19 oct – 24 oct). A la grande satisfaction de nombreux commentateurs et journalistes, ce texte ne fait qu’une vingtaines de pages, contre plus de quatre-vingt pour les textes qui l’ont précédé. Pour certains, c’est une « avancée » sur un texte « plus court, plus lisible (…) plus facile à manier » qui « permettra de faire avancer les négociations ».

Pourtant, ce texte n’est pas acceptable. Voilà pourquoi. En 10 points.

1. Le cœur du problème : les objectifs de réduction d’émission des pays ne font pas partie de la négociation

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les objectifs quantifiés de réduction d’émission post-2020 que les États sont invités à rendre publics avant la COP21 ne font pas partie des sujets de négociation. Ces objectifs, non contraignants et volontaires, et aujourd’hui largement insuffisants, ne seront pas revus à la hausse sous l’effet des négociations. Pourtant, la somme de toutes ces promesses est très éloignée de ce qui est nécessaire : là où les chefs d’État et de gouvernement se sont engagés à en rester à 2°C de réchauffement climatique maximal d’ici à la fin du siècle, leurs promesses de réduction d’émissions conduisent à un réchauffement climatique d’au moins 3°C. Il serait logique que l’écart entre le prévisionnel et l’objectif fasse l’objet de négociations et qu’il soit réparti entre les États. Logique, mais ce ne sera pas le cas à Paris. Ce n’est pas à l’ordre du jour de la négociation. Ce qui est à l’ordre du jour ? Savoir si les objectifs que les États ont posés sur la table s’appellent « contributions » ou « commitments » (engagements en langage onusien), comment on les mesure, les vérifie et les comptabilise. Bref, à l’ONU, on négocie le contenant. Pas le contenu.

2. L’ONU et les États prévoient de négocier avec le réchauffement climatique

L’article trois de ce projet de texte est emblématique de son inconsistance et du danger qu’il fait naître. Les scientifiques du climat ont clairement posé les objectifs de court, moyen et long terme, ainsi que les feuilles de route, qui permettraient de rester en deçà de 2°C d’ici à la fin du siècle – ou mieux 1,5°C. Ils préconisent ainsi de réduire de 40 à 70 % les émissions mondiales d’ici à 2050, considérant qu’un maximum d’émissions doit être atteint d’ici à 2020 et qu’il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre à 44 Gt de CO2eq par an d’ici 2020, 40 Gt d’ici 2025 et 35 Gt d’ici 2030. Aucun de ces objectifs à court et moyen terme n’est mentionné dans le texte. Les résultats et préconisations du GIEC sont ignorés par ce texte.

Que propose le texte comme objectif de moyen ou long terme ? On ne sait pas. Peut-être un pic d’émissions pour une année qui serait à déterminer, ou des termes encore plus génériques autour de la neutralité carbone, du zéro-net émissions, ou de faibles émissions. Autant de termes à la fois vagues, très éloignés de la précision que requièrent de telles négociations, et par ailleurs problématiques (voir plus loin). De plus, les États sont simplement « invités » à formuler des objectifs de long-terme. Quant à leurs objectifs à court et moyen terme, la négociation devra déterminer si les États « doivent les atteindre » ou « devraient les atteindre ». Une distinction entre « shall » et « should » qui montre toute l’ambivalence de négociations où l’on est prêt à adoucir les engagements dès que l’opportunité se présente. L’ONU et les négociateurs proposent donc de négocier avec le climat. Ce n’est pas acceptable : on ne négocie pas avec le réchauffement climatique : l’effet de serre ou les conséquences du réchauffement sur les territoires et les populations ne se négocient pas. Il est seulement seulement possible de les limiter et les freiner. CE que l’ONU et les États ne semblent pas avoir compris.

3. Un mécanisme de révision mal envisagé

Compte tenu de l’urgence climatique, les États devraient être tenus de revoir régulièrement, et de façon plus ambitieuse, leurs objectifs de réduction d’émission. De bon sens, ce mécanisme là n’est pourtant pas clairement défini. Le caractère progressif, qui obligerait à revoir les objectifs à la hausse, n’est qu’une option parmi d’autres. Tandis que les modalités pratiques de ce processus de révision ne sont pas précises. Ainsi, le projet de texte ne prévoit pas de faire de bilan de la mise en œuvre des objectifs des États avant 2023 ou 2024, soit dans plus de huit ans. D’ici là, de nouveaux records mondiaux d’émissions de gaz à effet de serre seront certainement battus et l’urgence climatique se sera sans doute encore aggravée. Peu importe, puisque le dispositif ne prévoit pas de cas où l’urgence climatique oblige les États à réduire plus significativement leurs émissions de gaz à effet de serre. Alors que leurs propositions de réduction d’émissions actuelles ne sont pas acceptables en l’état et que tous les scénarios exigent des efforts substantiellement supérieurs, ce dispositif repousse à dans dix ans – une éternité face à l’intensification des conséquences du dérèglement climatique – toute possibilité de revoir à la hausse les objectifs que les États s’assignent. Il n’y a rien de tel pour que l’humanité soit assurée de frapper à pleine vitesse le mur du chaos climatique !

4. Un projet de texte qui ignore l’origine de plus de 80% des émissions de CO2

Incroyable bis. Voilà vingt pages d’un texte qui est supposé organiser une politique internationale contre le dérèglement climatique et qui n’évoquent jamais les énergies fossiles. Imaginez-vous une conférence internationale sur le cancer du poumon dont le document de conclusion ne mentionnerait pas la consommation de tabac ? C’est pourtant ce qu’il se passe à l’ONU en matière de climat. Ce texte est d’ailleurs en retrait par rapport aux précédentes moutures qui envisageaient la possibilité d’une réduction des subventions aux énergies fossiles. Cela n’est plus évoqué. La diminution du texte – pour atteindre ce seuil de vingt pages dont les commentateurs se félicitent – n’a pas été faite au hasard : alors que le secteur des énergies fossiles reçoit chaque année plus de 700 milliards de dollars de subventions publiques directes et qu’il est soutenu, si l’on tient compte de toutes les aides indirectes, à hauteur de 10 millions de dollars par seconde, ce secteur n’est tout simplement pas mentionné. Une belle confirmation du schisme de réalité qui existe entre les négociations sur le climat et la réalité de la globalisation de la fuite en avant extractiviste.

Proposition est donc faite que la COP21 à Paris continue d’ignorer totalement les énergies fossiles. Pourquoi se priver ? Les compagnies pétrolières, gazières et charbonnières s’en frottent déjà les mains, elles qui ne cessent de répéter qu’il est illusoire de vouloir réduire drastiquement la part des fossiles dans le mix énergétique. Cette cécité des négociations à propos des énergies fossiles n’est pas nouvelle. En plus de vingt ans de négociations de l’ONU sur le changement climatique, il n’a jamais été question de laisser tout ou partie des réserves d’énergies fossiles dans le sol, et ce alors que la combustion des énergies fossiles représente au moins 80 % des émissions de CO2. Aucun État, aucune multinationale et aucune institution internationale ne propose de limiter à la source la production de charbon, de gaz et de pétrole. Ce projet de texte fait comme s’il était possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans réduire ce qui les génère. C’est impossible. De nombreux chercheurs demandent désormais une forme de moratoire international sur toute nouvelle exploration et mise en exploitation d’énergies fossiles. Ils sont rejoints en cela par des dizaines de milliers de citoyens à travers le monde qui exigent de geler au moins 80 % des réserves prouvées d’énergies fossiles (Appel à signer : Laissons les fossiles dans le sol pour en finir avec les crimes climatiques). Si ce texte devait devenir un texte de négociations, les États et l’ONU rejetteraient ainsi purement et simplement cette exigence légitime et scientifiquement fondée dont la mise en œuvre est urgente, préférant cautionner de nouveaux crimes climatiques.

5. Pas de financements adéquats

L’article sur le financement est l’un des plus vides de contenu du texte. Il ne dit rien de précis. Comme si mobiliser les financements nécessaires aux États et les collectivités territoriales pour opérer une transition énergétique vers des économies post-fossiles, ou encore permettre aux populations les plus touchées par le règlement climatique de s’adapter et de faire face aux conséquences des dérèglements climatiques, n’était pas une priorité. L’engagement pris à Copenhague en 2009, consistant à débloquer 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour soutenir les pays et populations les plus démunis, ne se concrétise toujours pas. Tout est laissé à la négociation, comme s’il n’avait pas été possible d’avancer sur ce sujet en six ans. Les pays les plus riches refusent de s’engager de façon contraignante à ce sujet et font tout ce qui est en leur pouvoir pour convoquer d’autres sources de financements, à commencer par le secteur privé. Enfin, aucune feuille de route n’est proposée pour indiquer comment les engagements financiers des États vont se maintenir, mieux s’accroître, au cours du temps pour faire face à l’aggravation des dérèglements climatiques.

6. L’aviation et le transport maritime épargnés

L’aviation et le secteur du transport maritime comptent respectivement pour 5% et 3% des émissions mondiales de CO2, soit les émissions respectives de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Depuis toujours, ces deux secteurs ne sont pas couverts par les objectifs de réduction d’émission nationaux établis dans le cadre des négociations internationales. Cela fait plusieurs années que de nombreuses organisations de la société civile se battent pour que des objectifs spécifiques soient assignés à ces deux secteurs, et que le presque dixième des émissions de C02 qu’ils représentent soit bien couvert avec un objectif spécifique de réduction d’émissions. Patatras. Intégrés dans les versions précédentes du texte, ces deux secteurs sont aujourd’hui exemptés de tout objectif de réductions d’émissions, alors que les émissions de ces deux secteurs pourraient augmenter de 250 % d’ici à 2050 en cas de scénario business as usual. Les pays les moins développés avaient également demandé que ces deux secteurs contribuent au financement international de la lutte contre les dérèglements climatiques, proposition qui n’apparait plus dans cette version du texte. Alors que les gouvernements des États les plus puissants, à commencer par le gouvernement français, ne cessent de répéter qu’il faut obtenir un « accord universel », ce texte laisse près d’un dixième des émissions de CO2 à l’extérieur du projet d’accord. Si ce texte était validé comme base de négociations, cela reviendrait à cautionner que deux secteurs jugés essentiels à la globalisation économique soient épargnés par les politiques de lutte contre les dérèglements climatiques.

7. Pas de plan pour le développement des énergies renouvelables

Dans une note publiée en 2011, le GIEC affirmait « que près de 80% de l’approvisionnement mondial en énergie pourrait être assuré par des sources d’énergies renouvelables d’ici au milieu de ce siècle si l’effort est soutenu par des politiques publiques adéquates ». Les négociateurs ont parfaitement entendu la recommandation du GIEC. Enfin presque. Le texte ne présente aucune mention des énergies renouvelables : le terme n’apparait pas, pas plus qu’un plan de déploiement à l’échelle internationale ou un dispositif de soutien financier et technique. On croit rêver. Et pourtant on ne rêve pas : si ce texte devait servir de base de négociation, les 196 parties de l’ONU auraient réussi l’incroyable exploit de négocier près de vingt-cinq ans à propos du réchauffement climatique sans ne jamais rien décider qui puisse soutenir le déploiement des énergies renouvelables. Pendant ce temps, l’organisme des règlements des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a cassé plusieurs plans nationaux et régionaux de soutien aux énergies renouvelables. Motif ? Ces plans n’ont pas été jugés conformes aux règles du commerce international. De fait, en refusant de s’opposer à cette logique, les négociateurs des États-membres de l’ONU confirment qu’ils accordent plus d’importance aux règles du commerce international qu’à la lutte contre les dérèglements climatiques !

8. Reléguer les droits humains, sociaux et politiques dans un article sans valeur

Les rédacteurs de ce texte ont réussi la prouesse de regrouper les droits humains, l’égalité de genre, les droits des populations indigènes, ainsi que l’ensemble des éléments qui font qu’une société peut rester société en cas de sévères impacts des dérèglements climatiques (sécurité alimentaire, politiques sociales, transition juste, travail décent, etc) dans un seul et unique paragraphe ! Un paragraphe qui ne veut plus dire grand chose si ce n’est qu’il regroupe un ensemble de sujets et de questions sur lesquelles se battent une très grande majorité d’organisations syndicales, humanitaires, paysannes, associatives, etc. Et que dit ce paragraphe ? Qu’il faut respecter et tenir compte de tous ces enjeux. On a connu verbes plus incisifs et contraignants. Où est placé ce paragraphe ? Dans le préambule de ce que serait le texte de décision issu de la COP21. Ce qui signifie qu’aucune mention de ces enjeux fondamentaux n’est maintenue dans le cœur du dispositif juridique qui doit gouverner les négociations sur le changement climatique à partir de 2020. Bref, ce paragraphe n’a aucune valeur. Ces objectifs et ces principes sont donc marginalisés comme rarement dans un texte issu de de l’ONU. Vous pensiez que la conférence de Paris pourrait être une étape importante dans la perspective d’une transition énergétique mondiale, s’appuyant sur la justice sociale, les droits humains et la souveraineté alimentaire ? Réveillez-vous, ce ne sera pas le cas.

9. Un affaiblissement généralisé de la Convention cadre de l’ONU

Dans la droite ligne du point précédent, ce projet de texte affaiblit considérablement les principes de la convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique, rédigée et adoptée en 1992 à Rio de Janeiro (Brésil). Cette convention est loin d’être parfaite. Mais elle est fondée sur un certain nombre de principes visant à assurer des critères de justice entre les différents pays et les différentes populations de la planète : tout le monde n’est pas également responsable de la crise climatique et ne dispose pas des mêmes moyens pour y faire face. Cette réalité s’inscrit dans le cadre du principe de responsabilité commune mais différenciée. Ce principe, largement édulcoré au cours du temps, l’est à nouveau ici : l’article 2 se limite à indiquer que ce texte d’accord « reflète » ce principe, laissant la place à toutes les interprétations possibles.

10. Des idées dangereuses ne sont pas écartées

Beaucoup de points pourraient être cités ici. Limitons-nous au concept d’émissions « nettes zéro », qui est une des options de l’objectif de long terme envisagé dans ce texte. Le terme « émissions nette zéro » peut sembler similaire au terme « zéro émission », et ainsi obtenir un soutien équivalent. Pourtant, les deux concepts ont des significations et des effets très différents. Ajouter « net » à un objectif de « zéro émission » dénature complètement l’objectif initial. Au lieu d’exiger des réductions d’émissions réelles, la comptabilité nette encourage la compensation carbone à une échelle globale et massive. Cette compensation pourrait mobiliser des milliards d’hectares de forêts et de terres arables pour stocker le carbone issu des émissions de gaz à effet de serre qui ne seraient pas éliminées. Beaucoup de communautés vulnérables des pays du Sud ont déjà perdu leurs terres et vu leur sécurité alimentaire compromise en raison de ces dispositifs de compensation carbone. Plutôt que d’en tirer les leçons, les négociateurs pourraient généraliser ces pratiques en fixant un objectif de long terme de « émissions nettes zéro », minant les droits fonciers et la souveraineté alimentaire des populations locales.

Conclusion : Pourquoi rejeter ce texte est la seule option sérieuse que nous ayons ?

C’est en 2011, à Durban, que les États ont donné mandat aux négociations de l’ONU d’aboutir d’ici fin 2015 à accord sur « un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale » qui prenne la suite du protocole de Kyoto (dont la deuxième période d’engagements prend fin en 2020). Depuis cette conférence de Durban, 85 journées de négociation ont eu lieu. Près de trois mois en cumulé. Des négociations qui ont nécessité un quantité incroyable d’émissions pour déplacer des négociateurs des quatre coins de la planète et au cours desquelles de nombreux ouragans, tempêtes, inondations et sécheresses ont ravagé de nombreuses régions de la planète. On ne peut pas dire que les négociateurs et les États aient manqué de temps pour prendre connaissance de la gravité de la situation et pour travailler dans la perspective d’un accord qui soit à la hauteur des enjeux. Pourtant, ce texte n’est pas à la hauteur des enjeux. Au contraire, il nous conduit au chaos climatique et institue le crime climatique comme mode de régulation des conséquences des dérèglements climatiques. Ce n’est pas acceptable.

Certains commentateurs affirment partout que disposer d’un texte plus court est un progrès et qu’il faudrait l’accepter comme base de négociation, pour ensuite l’améliorer. Ils poursuivent en disant que si ce texte devait être refusé, cela reviendrait à débuter la quinzaine de négociations à Paris avec un texte plus long et encore moins lisible et compréhensible. Certes. Mais quel rapport avec l’urgence climatique ? L’objectif est-il d’avoir n’importe quel accord à Paris ou bien d’avoir un accord à la hauteur des enjeux ? Que signifie accepter un tel texte comme base de négociation alors que chacun sait, sous réserve d’un minimum de lucidité, qu’il ne pourra être radicalement amélioré ?Pourquoi laisser croire qu’il pourrait être amélioré de manière significative alors qu’il résulte déjà des propositions minimales des États ?

ONG, syndicats, organisations sociales et écologiques doivent se prononcer sur le fond, et non sur la forme des négociations : ce texte est-il de nature à répondre à l’urgence climatique dans une perspective de justice sociale ? Absolument pas. Cela devrait largement suffire à le refuser de manière unanime et claire. Que risque-t-on ? Bloquer les négociations ? Les retarder ? Créer une crise politique au sein de l’ UNFCCC ? C’est supposer notre pouvoir bien grand face à des chefs d’État et de gouvernement, et des négociateurs, qui ne nous écoutent pas.

Accepter ce texte comme base de négociations revient peu ou prou à expliciter que les négociations sont sur la bonne voie ! Ce n’est pas le cas. Pourquoi ne pas le dire ? Pourquoi ne pas explicitement exprimer notre consternation face à des négociations qui nous conduisent à la catastrophe climatique ? Refuser clairement ce texte parce qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux, c’est indiquer explicitement à l’opinion publique qu’il y a un problème. C’est générer une tension politique salutaire. C’est faire événement pour expliciter les enjeux, pour lever les voiles et obliger toute le monde à jouer cartes sur table. Une telle proposition revient à interpeller l’opinion publique et expliquer clairement que, derrière les beaux discours, il n’y a rien. C’est enfin jouer notre rôle de lanceur d’alerte. Si nous ne le faisons pas, qui le fera donc à notre place ?

Maxime Combes

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:48

par Associated Press sur http://ww2.kqed.org/science/2015/10/07/new-study-downgrades-monterey-shales-fracking-potential/, adaptation sur http://stopgazdeschiste.org/2015/10/08/monterey-californie-reflet-de-la-speculation-sur-les-previsions-de-petrole-de-schiste/

Un rapport du bureau recherche géologique des États-Unis (US Geological Survey – USGS) paru mardi (6 octobre 2015) déclasse le potentiel en pétrole de schiste du vaste gisement de Monterey en Californie. Cette étude met à jour en l’abaissant considérablement la dernière estimation du département américain de l’Énergie datant de 2011 et qui présentait le gisement de Monterey comme un élément clé de la production pétrolière des États-Unis. Les réserves étaient alors estimées à 13,7 milliards de barils de pétrole récupérable.

Le grand mensonge spéculatif des prévisions

En lieu et place de ces prévisions mirifiques, la nouvelle étude de l’US Geological Survey indique que la partie la plus riche en pétrole de la formation schisteuse de Monterey détiendrait seulement 21 millions de barils de pétrole récupérables par des méthodes intensives, telles que la fracturation hydraulique ! Soit … 0,2% des prévisions globales pour ce bassin. Ce rapport se concentrait sur le bassin de San Joaquin, l’un des quatre bassins qui composent les 2800 kilomètres carrés du gisement de Monterey. Les prochains rapports de l’USGS fourniront une estimation du pétrole récupérable dans les trois autres bassins.

L’estimation de 2011 avait déclenché des fortes spéculations sur un boom pétrolier en Californie. Toutefois en 2014, les autorités fédérales de l’énergie avaient dégonflé les prévisions faites pour le gisement de Monterey, réduisant l’estimation globale de pétrole récupérable de 96 pour cent.

Malgré le dérèglement climatique un lobbying pro-gaz de schiste très actif

En Europe, en France, il existe encore un lobby très actif pour pousser à la recherche d’hydrocarbures non conventionnels. Dans un contexte actuel très peu propice aux investissements dans la recherche pétrolière et malgré les très nombreuses déconvenues en Pologne (qui devait être l’Eldorado européen du gaz de schiste) mais aussi en Roumanie, d’où les majors pétrolières se sont retirées les unes après les autres faute de résultats satisfaisants(voir 1 2 et 3), les puissantes compagnies pétrolières poursuivent lors lobbying pour freiner et saper l’établissement de réglementations européennes pour la protection des citoyens et de l’environnement. Pariant sur la remontée des cours des hydrocarbures ainsi que sur des changements politiques, ils pressent les gouvernements de leur délivrer des permis de recherche d’hydrocarbures.

Le pari de la déréglementation

En France, à la veille de la conférence internationale sur le climat (COP21), le gouvernement vient ainsi de délivrer de nouveaux permis de recherche de pétrole et de gaz autorisant ainsi les opérateurs à s’installer pour une durée de 15 ans (5 ans renouvelable deux fois). Ces derniers font le pari que la réglementation française interdisant de facto la prospection de pétrole et gaz de schiste (loi d’interdiction de la fracturation hydraulique) sera assouplie après les prochaines échéances électorales en 2017.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:46

 

Notre département est riche d’un patrimoine culturel, architectural, industriel,… Si vous en doutez consultez le site www.tourisme93.com . L’office du tourisme de notre département nous offre un programme varié de sorties parfois gratuites. Vous y trouverez même des visites en rapport avec l’écologie citoyenne, comme la Réserve des Arts, ou Lemon Tri, installés dans une ancienne imprimerie  à Pantin.

La Réserve des Arts collecte des matériaux ou des objets divers devenus inutiles pour des «  évènementeurs » ou des fabricants en tout genre. On y trie, remet en état et propose à bas prix (1,50 € le kg de tasseaux ce jour-là) à toute personne travaillant dans le domaine artistique ( designer, créateur de décors , costumière etc,), une cotisation à l’association est obligatoire.

Lemon Tri présente des machines (taille gros frigo ou distributeur de boisson), ce sont des trieuses de gobelets, bouteilles de plastique, cannettes. Ces machines sont louées pour des évènements, ou déposées gracieusement dans des lieux très fréquentés ( université de Nanterre) . Elles bénéficient d’une maintenance à distance. Une fois ce tri effectué, de très grosses balles sont constituées (150 kg pour les cannettes), puis envoyées dans des entreprises de recyclage.

Lemon Tri enregistre une croissance de 10 % par année, exemple de création d’emploi, de richesse, et de respect de la planète.

Voilà deux lieux bien fréquentables pour les visiteurs, comme pour les acheteurs : L'entrepôt, 53 rue Cartier Bresson, 93500 Pantin M° Aubervilliers-4 chemins, ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h.

 

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 11:23

par Timothy SNYDER, le 12 Septembre 2015 pour le New York Times, traduction parue dans Le Monde du mardi 6 octobre 2015, http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/04/demain-des-holocaustes-sur-fond-de-famine_4782250_3232.html.

Poline Harbali

Avant d’appuyer sur la gâchette, le commandant de l’Einsatzgruppe [commando mobile de tueries] a soulevé l’enfant juif et dit : « Tu dois mourir pour que nous vivions. ». A mesure que les massacres se poursuivaient, d’autres Allemands rationalisèrent l’assassinat des enfants juifs de la même façon : eux ou nous.

Aujourd’hui, nous considérons la « solution finale » nazie comme une sorte de sinistre apogée technologique. Il s’agissait en fait du massacre d’êtres humains à courte distance au cours d’une guerre pour les ressources. La guerre qui a amené les juifs sous contrôle allemand a été entreprise parce qu’Hitler croyait que l’Allemagne avait besoin de plus de terres et de nourriture pour survivre et maintenir son niveau de vie, et que les juifs et leurs idées constituaient une menace pour son projet expansionniste.

La Shoah peut sembler une lointaine horreur dont les leçons ont déjà été tirées. Malheureusement, les inquiétudes de notre époque pourraient à nouveau faire naître des boucs émissaires et des ennemis imaginaires, et les contraintes environnementales contemporaines, susciter de nouvelles variations sur les idées d’Hitler, en particulier dans les pays soucieux de leur démographie galopante ou de leur prospérité.

Au Bangladesh, des millions de personnes ont été déplacées par les inondations et la montée de la mer. Kadir van Lohuizen / NOOR, pour le New York Times.

Déni de la science

La quête pour la domination des Allemands était fondée sur le déni de la science. La solution de rechange à la science d’Hitler était l’idée d’espace vital. L’Allemagne avait besoin d’un empire européen à l’Est parce que seule la conquête, et non l’amélioration des rendements agricole, offrirait la possibilité de nourrir le peuple allemand. Dans le Second Livre – le deuxième tome, postume, de Mein Kampf, rédigé en 1928 - Hitler insiste sur le fait que le problème de la faim ne pourrait être résolu que par l'augmentation des récoltes, et que toutes "les méthodes scientifiques de gestion des cultures" ayant échoué, aucun progrès envisageable ne permettrait aux Allemands de trouver à se nourrir "sur leur propre terre et sur leur territoire". En particulier, Hitler dénie - à tort - que l'irrigation et la mise au point d'hybrides et d'engrais puissent change la donne dans la relation des gens à la terre. La poursuite de la paix et l'abondance par la science, dit-il dans Mein Kampf, est un complot juif pour détourner les Allemands de la nécessité de la guerre. Selon lui, " C'est le Juif, toujours lui, qui cherche à répandre de telles idées mortifères ".

Aussi étrange que cela paraisse, le concept de Lebensraum (espace vital) n'est pas très éloigné de nos façons de penser. Pendant la Première Guerre mondiale, l'Allemagne a été soumise à un blocus alors qu'elle dépendait des importations de produits agricoles pour sa subsistance. Hitler a fait de ces craintes un projet de conquête en vue d'une sécurité absolue. Le Lebensraum est ce qui relie guerre d'extermination et amélioration du mode de vie. Le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, pouvait ramener le but de la guerre à « un grand petit-déjeuner, un grand déjeuner et un grand dîner »Il a confondu mode de vie avec la vie.

Pour élargir le Lebensraum de l'Allemagne, Hitler a voulu arracher l'Ukraine à l'Union soviétique, faire mourir de faim 30 millions d'Européens de l'Est et transférer la nourriture à l'Allemagne. En envahissant l'Union soviétique, en 1941, Hitler avait deux objectifs principaux: le contrôle de la terre fertile d'Ukraine et la destruction des Juifs qui y vivaient. C'est cette invasion qui a placé les enfants juifs sans défense à la merci des unités meurtrières des Einsatzgruppen.

Le changement climatique menace de provoquer une panique écologique sans précédent. Jusqu'à présent, ce sont les pauvres d'Afrique et du Moyen-Orient qui ont supporté tout le poids de la souffrance. Le meutre de masse d'au moins 500.000 Rwandais en 1994 faisait suite à une baisse de la production agricole pendant plusieurs années. Si les Hutus ont tué des Tutsis, ce n'était pas seulement en raison d'une haine ethnique, mais pour s'emparer de leurs terres, comme de nombreux génocidaires l'admirent par la suite. Au Soudan, en 2003, c'est la sécheresse qui a conduit les Arabes sur les terres des pasteurs africains. Le gouvernement soudanais s'est rangé du côté des Arabes et a lancé une campgne d'élimination des peuples Zaghawa, Masalit et Four au Darfour et dans les régions environnantes.

Le changement climatique a également ramené l'incertitude alimentaire au coeur des politiques des grandes puissances. La Chine d'aujourd'hui, comme l'Allemagne d'avant-guerre, est une puissance industrielle incapable de nourrir sa population avec ses seules ressources. Elle se trouve de ce fait dépendante des marchés internationaux, par définition imprévisibles.

Cela pourrait rendre la population de la Chine perméable au retour d'idées telles que le  Lebensraum. Le gouvernement chinois doit compenser la mémoire de famines endémiques encore proches par la promesse de toujours plus de prospérité, tout en affrontant des conditions environnementales en constante dégradation. Le danger n'est pas que les Chinois, non plus que les Allemands pendant les années 1930, ne meurent effectivement de faim dans un avenir proche. Le risque est qu'un pays développé capable de faire parler sa puissance militaire cède, comme l'Allemagne d'Hitler, à la panique écologique et prenne des mesures drastiques pour garantir le niveau de vie de sa population.

Au Soudan, la sécheresse a conduit à un conflit et le déplacement de nombreux civils.

Lynsey Addario pour The New York Times.

Comment un tel scénario peut-il se produire ? La Chine afferme déjà un dixième des terres arables de l'Ukraine, et achète autant de nourriture qu'elle le peut à chaque resserrement des réserves mondiales. Pendant la sécheresse de 2010, les achats paniques des Chinois ont contribué à l’apparition des émeutes de la faim et des révolutions au Proche-Orient. Les dirigeants chinois considèrent d’ors et déjà l'Afrique comme une source de nourriture à long terme. Bien que de nombreux Africains souffrent eux-mêmes de la faim, leur continent détient environ la moitié de la superficie mondiale des terres arables non cultivées. Comme la Chine, les Émirats arabes unis et la Corée du Sud se sont d’abord montrés très intéressés par les régions fertiles du Soudan. Ils sont maintenant rejoints par le Japon, le Qatar et l'Arabie saoudite dans leurs efforts pour acheter ou affermer des terres à travers toute l'Afrique.

Il sera trop tard

Les États en manque de terres commencent toujours par négocier avec tact leurs baux ou leurs acquisitions ; mais en cas de tensions ou de nécessités aiguës, ces zones franches agraires ont de grandes chances de se transformer en colonies fortifiées, engendrant la violence.

Hitler a semé la panique écologique en affirmant que seule la terre apporterait la sécurité à l'Allemagne et en déniant à la science la possibilité d’éviter la guerre. En polluant l'atmosphère avec les gaz à effet de serre, les États-Unis ont fait plus que n’importe quel pays pour entraîner une prochaine crise écologique. Ils sont pourtant les seuls pays où la climatologie rencontre des adversaires au sein même des élites dirigeantes de la politique et de l’industrie. Ces dernières réduisent les résultats empiriques produits par les spécialistes à une conspiration et vont jusqu’à remettre en question la validité de la science - une posture intellectuelle désagréablement proche de celle d’Hitler.

Les pleines conséquences du changement climatique n’atteindront sans doute l’Amérique que des décennies après les ravages que le réchauffement aura provoqués dans d'autres régions. À ce stade, il sera trop tard pour les sciences du climat et les nouvelles technologies énergétiques fassent une quelconque différence. Quand la démagogie de la panique écologique s’installera aux États-Unis, les Américains ont déjà passé des années à répandre la catastrophe climatique à travers le monde. Si, à l’inverse, l’Union européenne prend très au sérieux le réchauffement climatique, c’est son existence qui est cette fois menacée. L'Afrique et le Proche-Orient continuant de se réchauffer, et la guerre d’y faire rage, les migrants économiques et les réfugiés politiques entreprennent de périlleux voyages pour gagner l'Europe. En réponse, les populistes européens en appellent au renforcement des frontières nationales et à la fin de l'Union. Beaucoup de ces partis populistes sont soutenus par la Russie, qui poursuit ouvertement une politique de division dans le but de provoquer une désintégration de l’Europe.

L’intervention de la Russie en Ukraine en 2014 a déjà brisé une ère de paix que les Européens avaient fini par tenir pour acquise. Le Kremlin, qui est économiquement dépendante de l'exportation d'hydrocarbures vers l'Europe, cherche désormais à vendre son gaz par des accords bilatéraux avec chacun des États européens afin d'affaiblir l'unité européenne et d'élargir son influence. Pendant ce temps, le président Vladimir Poutine ne cache pas une certaine nostalgie pour les années 1930, tandis que les nationalistes russes condamnent les gays, les étrangers et les juifs pour leur hostilité à la guerre. Rien de tout cela n’est de bon augure pour l'avenir de l'Europe – comme de la Russie.

Lorsqu’un meurtre de masse se profile, il ne s’annonce pas lui-même dans un langage familier. Le scénario nazi de 1941 ne réapparaîtra pas sous la même forme, mais plusieurs de ses éléments de causalité ont déjà commencé à assembler. Il n’est pas difficile d'imaginer des massacres ethniques en Afrique – ils s’y sont déjà produits; ou le triomphe d'un courant totalitaire violent de l'islam dans un Proche-Orient asséché; ou encore une opération chinoise visant à s’emparer de ressources en Afrique, en Russie ou en Europe de l'Est en enlevant les gens qui y vivent; ou une panique écologique mondiale croissante si l'Amérique abandonne les sciences du climat ; ou une Union européenne tombant en morceaux.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés aux mêmes choix cruciaux entre science et idéologie que les Allemands avant nous. Allons-nous accepter les preuves empiriques et soutenir les nouvelles technologies de l'énergie, ou permettre à une vague de panique écologique de se propager à travers la planète ?

Nier la science revient à mettre en péril le futur en convoquant les fantômes du passé.

traduit de l’anglais par Olivier Salvatori. Timothy Snyder est professeur d'histoire à l'Université de Yale, et l'auteur de « Terre noire, l'Holocauste comme histoire et perspective ».

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 09:00

Les conséquences inattendues d’une sécheresse en Chine

Ne pouvant plus nier les effets des activités humaines sur le climat, les dirigeants de la planète vont se retrouver à la fin de l’année à Paris pour la 21e conférence des Nations unies sur le climat (COP21). Mais ils ne semblent pas prendre toute la mesure du problème, alors que les accidents se multiplient. Les mauvaises récoltes en Chine, par exemple, pourraient avoir attisé les « printemps arabes ».

par Agnès Sinaï, pour Le Monde Diplomatique, août 2015.

Entre 2006 et 2011, la Syrie a connu la plus longue sécheresse et la plus importante perte de récoltes jamais enregistrée depuis les premières civilisations du Croissant fertile . Au total, sur les vingt-deux millions d’habitants que comptait alors le pays, près d’un million et demi ont été touchés par la désertification (1), ce qui a provoqué des migrations massives de fermiers, d’éleveurs et de leurs familles vers les villes (2). Cet exode a attisé les tensions provoquées par l’afflux de réfugiés irakiens qui avait suivi l’invasion américaine de 2003. Pendant des décennies, le régime baasiste de Damas a négligé les richesses naturelles du pays, subventionné des cultures de blé et de coton nécessitant beaucoup d’eau et encouragé des techniques d’irrigation inefficaces. Surpâturage et hausse démographique ont renforcé le processus. Les ressources hydriques ont chuté de moitié entre 2002 et 2008.

L’effondrement du système agricole syrien résulte d’un jeu complexe de facteurs dont le changement climatique, une mauvaise gestion des ressources naturelles et la dynamique démographique. Cette « combinaison de changements économiques, sociaux, climatiques et environnementaux a érodé le contrat social entre les citoyens et le gouvernement, catalysé les mouvements d’opposition et irréversiblement dégradé la légitimité du pouvoir d’Assad », estiment Francesco Femia et Caitlin Werrell, du Centre pour le climat et la sécurité (3). Selon eux, l’émergence de l’Organisation de l’Etat islamique et son expansion en Syrie et en Irak résultent en partie de la sécheresse. Et celle-ci ne relève pas seulement de la variabilité naturelle du climat. Il s’agit d’une anomalie : « Le changement du régime des précipitations en Syrie est lié à la hausse moyenne du niveau de la mer dans l’est de la Méditerranée, cumulée avec la chute de l’humidité du sol. Aucune cause naturelle n’apparaît dans ces tendances, alors que la sécheresse et le réchauffement corroborent les modèles de réponse à la hausse des gaz à effet de serre », estime la revue de l’Académie des sciences américaine (4).

Dans l’est de la Chine, durant l’hiver 2010-2011, l’absence de précipitations et les tempêtes de sable, qui ont conduit le gouvernement de M. Wen Jiabao à lancer des roquettes dans l’espoir de déclencher des pluies, ont eu des répercussions en cascade, bien au-delà des frontières du pays. La perte de récoltes a en effet contraint Pékin à acheter du blé sur le marché international. La flambée du cours mondial qui s’est ensuivie a alimenté le mécontentement populaire en Egypte, premier importateur mondial de blé, où les ménages consacrent couramment plus du tiers de leurs ressources à la nourriture. Le doublement du prix de la tonne de blé, passé de 157 dollars en juin 2010 à 326 dollars en février 2011, a été fortement ressenti dans ce pays très dépendant des importations. Le prix du pain a triplé, ce qui a accru le mécontentement populaire contre le régime autoritaire du président Hosni Moubarak.

Dans la même période, les récoltes de blé, de soja et de maïs de l’hémisphère Sud ont été frappées par la Niña, un événement climatique sévère qui a déclenché une sécheresse en Argentine et des pluies torrentielles en Australie. Dans un article de la revue Nature, Solomon Hsiang, Kyle Meng et Mark Cane établissent une corrélation entre les guerres civiles et le phénomène El Niño Southern Oscillation (ENSO), qui, tous les trois à sept ans, provoque une accumulation d’eaux chaudes le long des côtes de l’Equateur et du Pérou, ainsi qu’un renversement des alizés du Pacifique, associés à d’importants bouleversements météorologiques à l’échelle mondiale (5). Pour Hsiang et ses collègues, la probabilité de conflits civils double durant le phénomène ENSO. C’est la première démonstration du fait que la stabilité des sociétés modernes dépend fortement du climat global.

Le changement climatique est devenu un « multiplicateur de menaces » et modifie le cours des relations internationales. A la hard security héritée de la guerre froide succède la natural security, concept forgé par les militaires américains rassemblés au sein du Center for a New American Security. Ce think tank a été créé en 2007 pour contrer le climato-scepticisme des néoconservateurs et identifier les menaces globales émergentes.

Les sources de l’insécurité environnementale ne peuvent plus se réduire à des éléments purement exogènes et naturels comme les éruptions volcaniques, les tsunamis ou les séismes. Les activités humaines, l’accélération des cycles productifs et leur globalisation concourent à déstabiliser le climat. Le néologisme « anthropocène » désigne cette empreinte démesurée des sociétés industrielles sur le système terrestre.

En Arctique, où les glaces pourraient avoir complètement fondu d’ici à la fin du siècle, et où les effets du réchauffement global sont deux fois plus intenses qu’ailleurs, la revendication de nouvelles frontières terrestres et maritimes ravive les tensions entre pays circumpolaires (6). La Russie, qui explore l’Arctique depuis des siècles, est la seule nation à posséder une flotte de brise-glaces nucléaires. Un modèle géant, en cours de construction sur les chantiers navals de Saint-Pétersbourg, sera achevé en 2017 (7).

Moscou renouvelle aussi sa flotte de sous-marins ultrasilencieux de quatrième génération, lanceurs de missiles à tête nucléaire. Côté américain, l’ouverture de l’Arctique est présentée à la fois comme une aubaine commerciale vis-à-vis de l’Asie et comme une possibilité de sécuriser de nouvelles ressources énergétiques (8).

La fonte de l’Arctique impose ses effets systémiques. La variation du vortex polaire, courant d’air glacial du pôle Nord, explique le froid intense qui s’est abattu sur l’Amérique du Nord au cours de l’hiver 2013-2014. « L’interaction entre l’Arctique et le réchauffement global est quelque chose de nouveau dans l’histoire stratégique humaine, parce qu’elle transforme la rencontre entre géographie et géophysique dans cette région en un pouvoir nouveau et étrange, de nature géophysique, que nous nommons le “pouvoir environnemental de l’Arctique”. Celui-ci s’exerce à l’échelle de la planète avec des conséquences massives », observe l’expert en stratégie militaire Jean-Michel Valantin (9).

Pour autant, le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) souligne qu’il n’y a pas de théorie stabilisée permettant d’affirmer la survenue de conflits armés au pôle Nord. La fonte des glaces permettra de valider ou non la robustesse des institutions de coopération transfrontalière circumpolaires, tel le Conseil de l’Arctique. Les causalités s’avèrent complexes, instables et évolutives ; les effets du réchauffement pèsent plus ou moins sur les sociétés en fonction de la résilience des systèmes politiques, économiques et sociaux en place (10).

Dans son livre Climate Wars, le journaliste Gwynne Dyer décrit un monde où le réchauffement s’accélère et où les réfugiés, affamés par la sécheresse, chassés par la montée des océans, tentent de gagner l’hémisphère Nord, tandis que les derniers pays autosuffisants en nourriture, ceux des plus hautes latitudes, doivent se défendre, y compris à coups d’armes nucléaires, contre des voisins de plus en plus agressifs : ceux de l’Europe du Sud et des rives de la Méditerranée, transformées en déserts (11).

Face à ce que certains scientifiques nomment une « perturbation climatique d’origine humaine » (anthropogenic climate disruption), la géo-ingénierie, c’est-à-dire l’intervention délibérée pour enrayer le réchauffement de la planète, tente de prendre le contrôle du climat. Elle consiste en un ensemble de techniques visant à retirer une partie des excédents de carbone de l’atmosphère (carbon dioxyde removal) et à réguler les radiations solaires (solar radiation management), au risque d’une déstabilisation majeure des sociétés et des écosystèmes. La pulvérisation de soufre, par exemple, suppose que la couche répandue dans l’atmosphère soit suffisamment épaisse pour avoir un effet optique d’entrave du rayonnement solaire et, par là, rafraîchir la planète.

Mais l’observation des éruptions volcaniques conduit les climatologues à constater que, si les particules de soufre concourent à refroidir l’atmosphère, elles induisent aussi des sécheresses régionales et peuvent accessoirement réduire l’efficacité des panneaux solaires, entraîner la dégradation de la couche d’ozone et affaiblir le cycle hydrogéologique global. « De plus, sans accords internationaux définissant comment et dans quelles proportions utiliser la géo-ingénierie, les techniques de gestion du rayonnement solaire présentent un risque géopolitique. Parce que le coût de cette technologie se chiffre en dizaines de milliards de dollars par an, il pourrait être assumé par des acteurs non étatiques ou par des petits Etats agissant pour leur compte, contribuant ainsi à des conflits globaux ou régionaux », avertit le dernier rapport du GIEC.

Le changement climatique ne crée pas seulement des motifs supplémentaires de conflit violent, mais aussi de nouvelles formes de guerre, souligne pour sa part le psychosociologue Harald Welzer. La violence extrême de ces conflits excède le cadre des théories classiques et « instaure des espaces d’action pour lesquels aucun cadre référentiel n’est fourni par les expériences vécues dans le monde fort paisible de l’hémisphère occidental depuis la seconde guerre mondiale (12) ». Des combats asymétriques entre des populations et des seigneurs de guerre au service de grands groupes privés alimentent pêle-mêle les marchés de la violence, galvanisés par le réchauffement climatique. Le chaos du Darfour, au Soudan, qui perdure depuis 1987, est emblématique de cette dynamique autodestructrice aggravée par la fragilité des Etats. Dans le nord du Nigeria, la dégradation des terres a perturbé les modes de vie agricoles et pastoraux et interfère avec les routes migratoires. Plusieurs centaines de villages ont été abandonnés et les migrations qui en ont résulté ont contribué à déstabiliser la région, faisant le lit du mouvement islamiste Boko Haram.

Le dernier rapport du GIEC définit la notion de « risque composé » (compound risk), qui désigne la convergence d’ impacts multiples dans une aire géographique donnée : « Parce que la température moyenne du globe est susceptible d’augmenter de 2 à 4 °C par rapport aux températures de l’année 2000 d’ici à 2050, il y a un potentiel, toutes choses égales par ailleurs, pour de grandes modifications dans les schémas de violence interpersonnelle, de conflits de groupe et d’instabilité sociale dans le futur. »

Le chercheur Marshall B. Burke, de l’université de Berkeley, en Californie, et ses coauteurs anticipent une croissance des conflits armés de 54 % d’ici à 2030. Leur étude propose la première évaluation d’ensemble des impacts potentiels du changement climatique sur les guerres en Afrique subsaharienne. Elle met en lumière le lien entre guerre civile, hausse des températures et baisse des précipitations en extrapolant les projections médianes d’émissions de gaz à effet de serre du GIEC pour ces régions entre 2020 et 2039 (13).

L’afflux de réfugiés aux portes de l’îlot de prospérité qu’est l’Europe pourrait se poursuivre et s’accentuer au cours du XXIe siècle. « Il y a aujourd’hui au moins autant de personnes déplacées dans le monde à la suite de dégradations de l’environnement que de personnes déplacées par des guerres et des violences », estime le politiste François Gemenne (14). Ces migrants fuient des guerres qui se déroulent loin de l’Occident. Lequel, en dépit de sa responsabilité historique dans le réchauffement global, rechigne à leur reconnaître un statut : « Réfuter le terme de “ réfugié climatique ” revient alors à réfuter l’idée que le changement climatique est une forme de persécution à l’encontre des plus vulnérables. » Ceux-ci sont les victimes d’un processus de transformation de la Terre qui les dépasse.

Agnès Sinaï, fondatrice de l’Institut Momentum, enseignante en Sciences et politiques de l’environnement, auteure de « Économie de l’après-croissance - Politiques de l’Anthropocène I et II », que je vous recommande, et journaliste environnementale.

(1) « Syria : Drought driving farmers to the cities », IRIN News, 2 septembre 2009.

(2) Gary Nabhan, « Drought drives Middle Eastern pepper farmers out of business, threatens prized heirloom chiles », Grist.org, 16 janvier 2010.

(3) « The Arab Spring and climate change », The Center for Climate and Security, Washington, DC, février 2013.

(4) Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), vol. 112, n° 11, Washington, DC, 17 mars 2015.

(5) Solomon M. Hsiang, Kyle C. Meng et Mark A. Cane, « Civil conflicts are associated with the global climate », Nature, vol. 476, n° 7361, Londres, 25 août 2011.

(6) Lire Gilles Lapouge, « Fascination pour les pôles », Le Monde diplomatique, décembre 2010.

(7) « Russia lays down world’s largest icebreaker », Russia Today, 5 novembre 2013.

(8) « National strategy for the Arctic region » (PDF), Maison Blanche, Washington, DC, 10 mai 2013.

(9) Jean-Michel Valantin, « The warming Arctic, a hyper strategic analysis », The Red (Team) Analysis Society, 20 janvier 2014.

(10) Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), Climate Change 2014 : Impacts, Adaptation, and Vulnerability, 2 vol., Cambridge University Press, Cambridge et New York, 2014.

(11) Gwynne Dyer, Climate Wars : The Fight for Survival as the World Overheats, Oneworld Publications, Londres, 2010.

(12) Harald Welzer, Les Guerres du climat. Pourquoi on tue au XXIe siècle, Gallimard, coll. « NRF essais », Paris, 2009.

(13) Marshall B. Burke, Edward Miguel, Shanker Satyanath, John A. Dykema et David B. Lobell, « Warming increases the risk of civil war in Africa », PNAS, vol. 106, n° 49, 23 novembre 2009.

(14) Naomi Klein, Susan George et Desmond Tutu (sous la dir. de), Stop crime climatique. L’appel de la société civile pour sortir de l’âge des fossiles, à paraître au Seuil, coll. « Anthropocène », le 27 août 2015.

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 12:23
CourneuvePark ou Parc de la Courneuve : on choisit ?

 

Ce projet, intitulé le Central Park du Grand Paris, a suscité depuis quelques mois de nombreuses réactions dans le 93 et bien-au-delà. Petit état des lieux.

De quoi s’agit-il ?

D’un projet urbain de grande échelle (24 000 logements, 100 000 emplois …) construits, dans le cadre du Grand Paris, autour du parc de la Courneuve, à la fois sur des terrains libres situés en périphérie, mais aussi en empiétant sur le parc existant. Conçu et porté par Roland Castro, urbaniste très connu et contesté, le projet s’inspire du Central Park de New York, oasis de verdure au cœur des gratte-ciel de Manhattan.

Sitôt rendu public début 2015, ce projet a suscité l’indignation de nombreux habitants du 93, d’élus et de forces politiques (PC, EELV, Front de gauche, NPA …), qui lui reprochent à la fois sa démesure et le fait qu’il ampute d’un quart de sa surface le poumon vert du département, classé Natura 2000. Manuel Valls n’a fait que mettre de l’huile sur le feu en évoquant l’idée d’en faire une opération d’intérêt national (OIN), disposition qui verrait l’Etat se suppléer aux communes pour la délivrance des permis de construire. Notre personnalité locale, Claude Bartolone, a jugé le projet « exceptionnel » …. au début … Depuis le développement des réactions négatives, il se tait (sur le sujet).

Quelques éléments d’information

Central Park

La référence du projet est ce parc de 341 ha situé au cœur de Manhattan et bordé d’immeubles d’habitation parmi les plus chics de New York. Poumon vert de la ville, très fréquenté, montré dans de nombreux films il est un peu le symbole de la qualité de vie à New York… surtout celle des riches. Commercialement il est très tentant de s’y référer.

Le parc de la Courneuve

Officiellement dénommé Georges Valbon, il a été aménagé à partir des années 60 sur d’anciens terrains maraichers. Certains arbres ont donc maintenant près de 50 ans ; la faune et la flore s’y sont très bien développé, au point que le parc est désormais classé Natura 2000. Très fréquenté par les habitants du département, mais aussi par les parisiens, c’est l’un des rares grands parcs de Seine Saint-Denis, les deux autres parcs notables étant celui du Saussay (Aulnay) et de la poudrerie à Sevran. A cheval sur les communes de St Denis, Stains, Garges-les-Gonesse, Dugny, Le Bourget, La Courneuve, sa superficie est de 417 ha soit un peu plus que le parc New-yorkais.

Le Grand Paris

Pour le sens commun, ce devrait être l’union, sous une même autorité politique, de toutes les communes composant Paris et sa banlieue. Ceci existe déjà en province : Grand Lyon, Lille-Métropole, Metz-Métropole … Au plan de l’urbanisme, ceci permettrait une cohérence de l’aménagement du territoire.

On a d’abord parlé de Grand Paris à propos de la consultation lancée par Nicolas Sarkozy en 2008 : 10 équipes connues internationalement sont chargées d’élaborer le « Paris de l’après Kyoto ». En fait on avait donné aucun fil conducteur et les équipes étant parti « en live », il n’en est débouché aucune proposition concrète, aucun plan cohérent.

En l’état actuel, le Grand Paris se résume finalement à deux projets bien distincts :

  • un projet de transport, le Super Métro, lequel avait été travaillé avant la consultation internationale ; 180 kilomètres de nouvelles lignes en double boucle, 40 nouvelles gares …

  • un projet de gouvernance : constituer la Métropole du grand Paris en réunissant sous une entité de gouvernance commune Paris et les 4 départements de première couronne.

Projets aussi aberrants l’un que l’autre : le super métro parce qu’établi en faisant fi de toute cohérence urbanistique entre les zones desservies ; la Métropole parce qu’elle oublie les autres départements de l’Ile de France alors que la seule échelle pertinente est celle de l’agglomération dans son entier, c’est-à-dire de la région. Sans parler de l’énorme et complexe réorganisation administrative qu’elle implique.

Le super-métro desservirait le Central Park de la Courneuve ; à ce titre ce nouveau quartier aurait l’aval des promoteurs – au sens politique du terme- du Grand Paris.

Roland Castro

Architecte et militant politique. Sa pensée intègre l’aspect politique et citoyen d’une architecture urbaine. Son Mouvement de l’utopie concrète est, selon lui, « une tentative de refonder et rénover la politique autour de valeurs révolutionnaires ».

En 2008-2009, il est nommé par Nicolas Sarkozy à la tête d’une équipe pluridisciplinaire avec laquelle il participe à la consultation sur le Grand Paris intitulée « Le Grand Pari(s) de l’agglomération parisienne ». Il y défend notamment l’implantation de hauts lieux symboliques de la République et de la culture pour redonner de l’intensité et de la beauté à la « banlieue ».

Il a été membre du PC et du PS, candidat à l’élection présidentielle de 2007 (inabouti par manque de signatures).

Le projet

En utilisant une bande de 40 à 70 mètres de large sur le pourtour du parc, ce sont 1 700 000 m2 qui seraient dégagés à l’échelle du parc ; cette surface serait complétée en périphérie par deux autres périmètres, le tout représentant près de 10 millions de m2.

Le lieu serait attractif au plan du cadre de vie, mais il l’est également au plan économique : proche de Paris, bien desservi (autoroute, future gares SNCF et Grand Paris Express), il est également très proche des aéroports du Bourget et de Roissy.

Il prétend s’inscrire dans la maîtrise de l’étalement urbain, et de manière générale dans le développement durable ; pour compenser l’emprise gagnée sur le parc existant, « une nouvelle réserve naturelle protégée sera mise en place… les espaces verts pris par les nouveaux bâtiments seront restitués au double ».

Voir la présentation du projet

Les positions des acteurs politiques

Pour les maires des communes riveraines, le projet est séduisant : emploi, intérêt économique, logements, perspective de qualité de vie et de mixité sociale, amélioration de l’image de ces communes qui, au plan du logement, sont plutôt des zones de relégation.

Enthousiasme cependant vite tempéré par la montée au créneau très vive des acteurs de gauche déjà cités, et l’idée de Manuel Valls d’en faire une opération d’intérêt national, qui leur ferait perdre une grande partie de leur autonomie de décision sur le projet.

Jean-Paul Huchon, président de la région IDF, s’est très vite démarqué : « Ce projet, porté par Roland Castro, est le projet de Roland Castro lui-même, c’est-à-dire une initiative privée, une contribution au débat public. Pas plus »

Débat public que le département de Seine Saint Denis a décidé d’ouvrir en lançant de juillet au 20 septembre 2015 une consultation auprès de ses habitants sur le devenir du parc ; consultation sans vraie valeur juridique, mais « c’est une démarche qui donnera de la force et que personne ne pourra balayer d’un revers de la main », estime Stéphane Troussel, président du Conseil départemental (voir consultation en ligne).

Que peut-on en penser ?

Ce projet n’est sûrement pas le plus stupide de ceux qui fleurissent dans le périmètre du Grand Paris. Le territoire concerné présente de vraies opportunités en matière de disponibilités foncières, d’attractivité économique. Par ailleurs le 93 et les communes concernées ont de très forts besoins de logements, de mixité sociale, d’emplois : « Il faut faire quelque chose ».

L’impact écologique est bien réel, et l’amputation d’une partie du parc a fait réagir à juste titre les associations contre cette atteinte au bien commun.

Cependant ce que propose Castro parait complètement démesuré et sorti un beau matin de sa seule imagination : si consultation il y a eu, c’est peut-être en catimini celle de quelques politiciens ou techniciens, en aucun cas celle des populations. Sur ce plan, le département a beau jeu de reprendre l’initiative aujourd’hui.

Enfin, quelle que soit la taille du projet, quid de sa connexion avec les autres qui vont survenir sur le tracé du Grand Paris Express ? Il ne faut pas que, chacun tirant la couverture à soi, le projet des uns phagocyte celui des autres, auquel cas il risque bien de n’y avoir que des perdants.

Et quelle que soit sa taille aussi, quid des connexions avec les communes riveraines, quand on sait par exemple que Saint-Denis connait des difficultés sans nom pour scolariser tous ses enfants, suite notamment l’apport de population issu des nouveaux logements implantés à la Plaine.

Le gouvernement se penchera sur le dossier en Octobre. Soyons attentifs.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Michel Vial

NB : le week-end prochain : http://www.leslilasecologie.fr/2015/10/la-grande-convergence-au-parc-de-la-courneuve-dimanche-11-octobre-12h-18h.html

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 10:00
La grande convergence au Parc de la Courneuve Dimanche 11 octobre 12h-18h
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 11:49

par Joël Cossardeaux, pour Les Echos, http://www.lesechos.fr/journal20151002/lec1_enquete/021338331651-les-impacts-ravageurs-dun-rechauffement-de-plus-4-degres-1161405.php La COP21 veut limiter le réchauffement à plus 2 degrés d'ici à 2100. Et si c'était le double ? Malnutrition, disparition des forêts… les conséquences seraient dramatiques pour les pays du Sud.

Cela a commencé en 1990 par 3 degrés Celsius de plus qu'avant l'ère industrielle, puis 3,6 degrés en 2001, avant de passer à 4 degrés en 2007 et 4,8 à la fin de l'an dernier. Les projections les plus pessimistes que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a dressé au fil de ses rapports, n'ont cessé d'être revues à la hausse. C'est dire à quel point le réchauffement se fait plus palpable. Voilà pourquoi le sommet de la COP 21, à Paris, vise à obtenir des engagements des Etats suffisants pour limiter le réchauffement à plus 2 degrés d'ici à la fin du siècle. Pour l'heure, on est loin du compte puisque selon un rapport d'experts paru jeudi, les actions envisagées conduira ient à une hausse de 2,7 degrés.

Que se passerait-il concrètement si le scénario du pire (+4 degrés) se vérifiait ? La réponse est simple : la planète changerait complètement de visage en 2100. Les Pyrénées perdraient leurs glaciers et la plupart des gestionnaires de station de sports d'hiver fermeraient boutique, tandis qu'il ferait bon cultiver la vigne en Scandinavie. Ces conséquences pourraient presque passer pour bénignes au regard de « la probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles » qui s'accroît selon le GIEC. Surtout quand on sait que ce sont les pays du Sud, dont les moyens manquent pour s'adapter, qui vont subir les plus grands bouleversements provoqués par la montée du mercure.

L'agriculture, et en particulier la leur, va souffrir. Les terres arables pourraient sensiblement diminuer en Afrique, en Amérique latine, en Inde et dans le sud de l'Asie où la Banque mondiale chiffre à 10,7 % la part des surfaces cultivables qui pourraient y disparaître. Ce n'est vraiment pas le moment. Les Etats de ces régions vont compter de plus en plus de bouches à nourrir et le pic de croissance de la population mondiale, qu'elles tirent, ne sera en vue qu'en 2100 avec 11 milliards d'individus. D'ici là, les sécheresses et les submersions vont encore s'accélérer, mettant à mal le rendement de nombreuses cultures. La production de blé pourrait chuter de 14 à 25 % d'ici à 2050, celle de maïs et de soja respectivement d'au moins 19 et 15 %.

La planète aura également plus soif. Entre 43 et 50 % de la population mondiale, contre 28 % actuellement, habitera un pays en manque d'eau. L'Afrique, le Moyen-Orient, le pourtour méditerranéen seront les plus touchés par ce qui constitue une menace sur leur sécurité alimentaire. Les pays les plus au nord seront plus arrosés et n'auront pas à faire face à ce problème. Moins peuplés et dotés des bonnes technologies pour gérer la ressource, le réchauffement aura chez eux un impact plutôt positif. Cette carence en eau va aussi peser sur la sécurité énergétique des pays. Les barrages seront plus difficiles à remplir et les centrales plus compliquées à refroidir. Le débit du Danube, du Mississippi et de l'Amazone baisserait de 20 à 40 % avec « seulement » deux degrés de plus à la fin du siècle

Des déserts marins

Mais c'est aussi un appauvrissement considérable de la biodiversité qui est annoncé. Une élévation de la température de 2 à 3 degrés mettrait en jeu la survie de 20 à 30 % des espèces animales et végétales. La forêt en Amazonie, où le nombre d'incendies pourrait doubler d'ici à 2050, sera frappée de sécheresse. Elle pourrait même disparaître en Indochine, elle et ses espèces endémiques. Cette amputation du patrimoine naturel n'épargnera par les océans, dont le niveau s'élèvera de plus d'un mètre en 2100. Dans un scénario à +4 degrés, l'acidité de leurs eaux bondirait de 150 %, celles-ci ne pouvant plus absorber les rejets de CO2. Une catastrophe pour la faune marine et ses zones de reproduction, au premier rang desquelles les récifs coraliens. Et, au minimum, une perte de rendement importante pour les activités de pêche, notamment de coquillages et de crustacés. D'autres espèces, à l'inverse, vont se propager comme les insectes ravageurs.

En France, la chenille processionnaire du pin, un parasite d'origine méditerranéenne déclencheur d'allergies, est aux portes de Paris. Un problème sanitaire qui s'ajoute à bien d'autres, comme la recrudescence les maladies liées à la malnutrition dans les pays du Sud ou la hausse de la mortalité due aux canicules en Europe. De plus en plus soutenues, ces vagues de chaleur pourraient entraîner le décès de 60.000 à 160.000 personnes par an à partir des années 2080.

 

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 13:51

par Maxime Combes, membre d’Attac France et de l’Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives, pour Bastamag, 30 septembre 2015, http://www.bastamag.net/Le-gouvernement-francais-accorde-de-nouveaux-permis-d-exploration-petroliere

Les ministres de l’Écologie, Ségolène Royal, et de l’Économie, Emmanuel Macron, viennent d’accorder trois nouveaux permis de recherches d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Ils se situent en Seine-et-Marne, dans le Bas-Rhin et dans la Marne. Les deux ministres ont également prolongé deux autres autorisations jusqu’à fin 2018, en Moselle et sur l’île de Juan de Nova, en « terres australes et antarctiques françaises », entre Madagascar et le Mozambique. Ces cinq arrêtés ont été délivrés le 21 septembre. Ils marquent une nette inflexion du gouvernement en la matière, lui qui s’était jusqu’ici gardé d’accorder de trop nombreux permis.

L’entreprise pétrolière canadienne Vermilion Energy se voit attribuer le permis de Champfolie. Elle étend ainsi sa concession près de Chaunoy, un des plus importants gisements de pétrole exploité dans la région Ile-de-France. À terme, l’entreprise mise sur un assouplissement de la législation interdisant l’utilisation de la fracturation hydraulique : « On espère pouvoir démontrer que cette technique est respectueuse des règles de l’administration française et de l’environnement », affirmait Vermilion. De son côté, l’entreprise European Gas Limited, basée en Lorraine, pourra y poursuivre ses projets autour du gaz de couche – coal-bed methane en anglais, aussi appelé gaz de houille car présent dans les profondeurs des anciennes mines de charbon – grâce au permis « Bleue Lorraine ». L’exploitation de ce gaz en Australie nécessite la fracturation hydraulique, générant d’importantes pollutions (voir notre article sur le gaz de couche).

Le gouvernement français a également prolongé un permis de recherche d’hydrocarbures « en eaux profondes » au large de l’Ile Juan de Nova, au cœur du Canal de Mozambique. L’île tropicale est entourée d’une grande barrière de corail. Source d’un conflit entre l’État français et l’État malgache, les îles Éparses, dont l’île Juan de Nova fait partie, auraient dû être restituées à Madagascar à la proclamation de son indépendance le 26 juin 1960. Supposée riche en hydrocarbures, et située sur « l’autoroute du pétrole », cette région est l’objet de la convoitise des entreprises pétrolières, alors que les conséquences de l’exploitation d’hydrocarbures pourraient être dramatiques pour l’environnement.

Les climatologues invitent pourtant les chefs d’État à geler l’exploration de nouveaux gisements pétroliers, gaziers et charbonniers. A la tribune de l’ONU, François Hollande vient d’interpeller l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement de la planète : « L’humanité est-elle capable de prendre la décision de préserver la vie sur la planète ? », rappelant que, sans résultat à la prochaine conférence sur le climat à Paris, « ce serait trop tard pour le monde ». Il semble que le message n’a pas été entendu au sein du gouvernement.

Cf notre article du 14 septembre 2012 ci-dessous :

Laisser le gaz et le pétrole dans le sol, c’est maintenant !

« Je veux des progrès écologiques irréversibles », ambitionne la ministre de l’Écologie Delphine Batho, qui souhaite que la France soit « en pointe de la lutte contre le changement climatique ». Très bien. Mais cela signifie faire certains choix, en particulier laisser les hydrocarbures là où ils sont. Qu’en dira la conférence environnementale ?

Souhaiter que la France soit « en pointe de la lutte contre le changement climatique ». Voici une déclaration de Delphine Batho, ministre de l’Environnement, qui devrait être prise au pied de la lettre. À condition de s’entendre sur les mots. « Être en pointe » pourrait signifier vouloir être le moins pire des États de la planète en matière de lutte contre le changement climatique. Pas très difficile. La ministre réduirait ainsi son ambition à celle d’être la moins mauvaise des cancres du climat qui, de négociations en négociations, conduisent la planète dans le chaos climatique.

Etre « en pointe de la lutte contre le changement climatique », c’est pourtant tout autre chose. Il s’agirait notamment de satisfaire aux principales exigences établies par les scientifiques pour avoir une chance raisonnable de ne pas basculer dans une situation de réchauffement et d’instabilité climatique qui ne seraient pas maîtrisables. L’une de ces conditions est de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement climatique global d’ici la fin du siècle.

Laisser 80% des hydrocarbures dans le sol

Sur la base d’une étude du Postdam Institute for Climate Impact Research, il ne faudrait pas émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 ou équivalents CO2 d’ici à 2050 pour avoir de sérieuses chances de ne pas dépasser la barre fatidique des 2°C. La combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2795 gigatonnes de CO2, soit cinq fois plus ! Si l’on veut respecter les préconisations des scientifiques, ce sont donc 80% de ces réserves qui ne doivent pas être extraites et consommées. Bien entendu, les résultats peuvent être discutés et précisés. Mais les ordres de grandeur sont là.

Ne pas consommer 80 % des réserves prouvées d’énergies fossiles d’ici 2050, voilà donc une belle ligne directrice pour la transition énergétique. Il en sera question lors de la conférence environnementale. Les implications sont nombreuses. Cela implique logiquement ne pas chercher à constituer de nouvelles réserves. À quoi bon, alors, forer toujours plus loin et toujours plus profond, avec plus de risques environnementaux ? A rien. Sauf à gaspiller des ressources financières, techniques et humaines qu’il serait bon d’employer ailleurs. Delphine Batho semble avoir perçu l’argument et a récemment admis que « la transition énergétique, ce n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures ». Après les paroles, les actes fermes et définitifs sont attendus : gaz et pétrole de schiste doivent rester dans le sol. Le pétrole de Guyane également.

Un moratoire international sur les énergies fossiles

Autre implication : tous ceux, ministres compris, qui veulent extraire du pétrole ou des gaz de schiste – et plus largement toute nouvelle source d’énergie fossile – devraient d’abord expliquer publiquement comment ils comptent satisfaire à ces exigences climatiques. Il y a ceux qui vont nier le réchauffement climatique et ainsi se décrédibiliser totalement. D’autres pourraient tabler sur la séquestration du carbone ou la géo-ingénierie, autant de projets aujourd’hui portés par des apprentis sorciers. Il y a enfin ceux qui vont tenter de noyer le poisson en essayant de rassurer les chaumières sans apporter la moindre réponse. Les débusquer sera facile : sont-ils oui ou non d’accord pour un moratoire international sur toute nouvelle exploration de ressources énergétiques fossiles ?

Les implications d’une telle ligne directrice vont plus loin. Les valorisations et notations boursières des industries pétrolières et gazières sont notamment basées sur les réserves prouvées d’énergies fossiles qu’elles peuvent inclure dans leurs bilans. On comprend alors leur avidité à aller prospecter toujours plus loin et plus profond. Laisser 80 % de leurs réserves dans le sol reviendrait à diminuer leur valorisation boursière d’autant et dégonfler une bulle financière créée autour d’énergies fossiles que nous n’aurons plus le droit d’exploiter.

Démanteler les multinationales de l’énergie

Laisser du pétrole dans le sol revient à considérer que nous ne sommes pas confrontés à une pénurie de pétrole, mais à un trop-plein. Un trop-plein que ni les multinationales ni les marchés de l’énergie, s’apprêtant à forer jusqu’à la dernière goutte, ne sont en mesure de respecter. Laisser 80 % des réserves d’énergies fossiles prouvées revient donc à démanteler les multinationales de l’énergie pour que les populations et les pouvoirs publics en prennent le contrôle. En effet, alors que la possibilité ou non d’assurer une certaine stabilité climatique, bien commun de l’humanité, est en jeu, la recherche et l’extraction de ressources énergétiques fossiles peuvent-elles être laissées à la seule appréciation du secteur privé ? Certainement pas.

Pour devenir un pays « en pointe de la lutte contre le changement climatique », de nombreuses autres exigences seraient à respecter. En faisant une telle déclaration, Delphine Batho semble audacieuse. Reste à concrétiser ces paroles, dès la conférence environnementale. Laisser le gaz et le pétrole dans le sol, c’est maintenant !

Maxime Combes

 

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