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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:39

Voici un appel à manifester contre les forages gaz et pétrole de schiste en Ile de France,

puis nous reproduisons cet article de Basta! l'Agence d'information sur les luttes environnementales et sociales, qui fait le point sur l'exploitation des gaz de schiste :

 

Non aux forages schiste Collectif IdF

 

 

ALERTE : l’eau du bassin parisien est menacée !!!

Sans aucune concertation avec les citoyens et les élus, des permis d’exploration ont été délivrés à des sociétés qui s’apprêtent à extraire le pétrole de schiste en utilisant la technique de fracturation hydraulique. Les permis déjà attribués et les demandes en cours d’instruction couvrent 80% de la Seine-et-Marne. Le « château d’eau » du bassin parisien est en danger.

L’exploitation du pétrole de schiste, c’est : destruction des paysages, risques de graves pollutions des nappes phréatiques, des sous-sols et de l’air, trafic routier insupportable, prélèvements d’énormes quantités d’eau, utilisation massive de produits toxiques, cancers et maladies chroniques.
Les risques sont présents dès la phase d’exploration !

Vous vous sentez concernés ?

Venez dire  NON aux forages  en répondant à l’appel du Collectif STOP PETROLE DE SCHISTE 77 !

Rendez-vous à DOUE(Seine et Marne)
Samedi 5 mars 2011 à 15h

Non à la reprise des travaux !

Exigeons l’abrogation de tous les permis d’exploration !

 

Accès depuis Paris :

RER/TER au départ de la Gare de l'Est : toutes les heures à Xh15 pour Coulommiers (1h de trajet, à 10 km de Doue) ou toutes les heures à Xh50 pour La-Ferté-sous-Jouarre (40 min de trajet, 12 km de Doue). Compter 2h de marche, 30 min de vélo (de Coulommiers) ou 15 mn de voiture (des deux gares). Possibilité de co-voiturage. Infos pratiques : www.aldeah.org/fr/rassemblement-doue-seine-et-marne-samedi-5-mars-2011-stop-petrole-de-schiste

Adresse pour toute information : IDF-non-gaz-petrole-de-schiste@aldeah.org

 

Venez équipés de masques à gaz ou masques anti grippe H1N1, vêtements de chantier, gilets de sécurité fluorescents, pancartes disant non au pétrole de schiste…

Appel du collectif  STOP PETROLE DE SCHISTE 77 : www.aldeah.org/fr/non-au-saccage-de-nos-territoires-et-de-nos-vies-pour-quelques-gouttes-de-petrole

 

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La guerre du gaz de schiste aura-t-elle lieu ?

Par Agnès Rousseaux (25 février 2011)

Mise en place d’une mission d’évaluation, opérations de forage différées… Le gouvernement français semble avoir pris acte de l’opposition croissante à l’exploitation des gaz de schiste, menée par les associations environnementales et des élus. Une première victoire qui ne plaît pas aux entreprises concernées, qui commencent à perdre patience. Malgré ce moratoire, les mobilisations citoyennes se multiplient.

L’opposition ne cesse de croître en France contre l’exploitation des gaz de schiste. Le 17 février, les présidents des cinq régions [1] concernées par les permis d’exploration ont demandé leur annulation, soutenus par l’Association des Régions de France (ARF). Selon eux, c’est « dans une profonde opacité » et avec une « absence totale d’information aux élus locaux » que les permis ont été délivrés par l’ancien ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo. Ces permis d’exploration, sur une surface totale de 10.000 km² dans le sud de la France, ont été accordés en mars 2010 au groupe Total, à l’entreprise américaine Schuepbach Energy LLC alliée à GDF Suez, et au groupe suisse Mouvoil [2]. D’autres permis ont depuis été délivrés (voir la carte établie par le laboratoire Géosciences Montpellier).

Radioactivité et risques de cancer

En cas d’exploitation du gaz de schiste, les régions seront en première ligne, car elles devront organiser « le transit, le retraitement et l’élimination des eaux usées », rappelle l’ARF. Des eaux usées, qui selon les études scientifiques, s’apparenteront à des « déchets dangereux » – dont la gestion revient aux régions. L’exploitation du gaz de schiste suppose en effet des forages profonds, des pulvérisations d’eau, de sable et de solvants à forte pression. Pour l’ARF, « le manque de transparence » de la procédure actuelle d’octroi de permis « n’est pas acceptable, voire inconstitutionnel ». Et de citer dans son communiqué les « risques de cancer liés aux composés chimiques présents dans les solvants utilisés pour le forage » et le « réel potentiel de radioactivité des débris de forage et des eaux usées », mis en évidence par un récent rapport de l’Institut national de santé publique du Québec.

Deux jours plus tôt, les députés Pierre Morel-A-L’Huissier (UMP) et Pascal Terrasse (PS) ont annoncé la création d’un « comité de surveillance et de précaution sur le gaz de schiste », pour regrouper l’ensemble des députés « soucieux de contrôler l’exploitation industrielle du gaz de schiste ». Le 17 février, le syndicat du parc naturel du Lubéron a déclaré son opposition au permis d’exploration. La Fédération des Parcs naturels régionaux vient de demander l’annulation des permis d’exploitation concernant 7 parcs naturels. Des manifestations et réunions d’information citoyennes sont organisées un peu partout, comme à Cahors, dans l’Aveyron ou le Gard. Une grande manifestation est prévue en Ardèche le 26 février.

Moratoire et mission d’évaluation gouvernementale

Cette mobilisation, qui a pris une grande ampleur en quelques mois, semble profondément énerver les entreprises concernées. Christophe de Margerie, patron de Total, a déclaré lors de la publication des résultats 2010 du groupe pétrolier, être « agacé par le bruit qu’on fait autour (des gaz de schiste) » : « C’est bien de parler des problèmes que cela peut poser – si un jour il y en a – mais aujourd’hui, il n’y en a pas. » Car à l’heure actuelle, rappelle-t-il, « on ne sait pas s’il y a des gaz de schiste sur le territoire ». Total a pourtant décidé d’investir 37,8 millions d’euros pour les travaux d’exploration sur la zone concernée par le « permis de Montélimar », dans la Drôme. Autant que la société américaine Schuepbach Energy, associée avec GDF Suez, et qui détient le permis d’exploration de Villeneuve-de-Berg (Ardèche).

Total avait prévu de commencer les forages d’exploration début 2012. Et, selon Le Figaro, le pétrolier estime « à la louche » que la zone d’exploration pourrait contenir jusqu’à 2.380 milliards de m3 de gaz… Soit 10 à 20 fois la consommation annuelle de gaz en France. Mais face à la contestation grandissante, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Énergie, ont annoncé le 2 février la suspension des travaux d’exploration et le lancement d’une mission d’évaluation sur les gaz de schiste. Le 10 février, les deux ministres ont rencontré les entreprises concernées par les permis d’exploration, avec lesquelles ils ont « décidé conjointement » de différer certaines opérations. Les entreprises en ont profité pour évoquer en retour « une éventuelle prolongation de la durée des permis d’exploration ».

« On va commencer à tomber dans la paperasserie inutile »

Les tests devraient être reportés jusqu’à la fin de la mission d’évaluation, prévue en juin 2011. Vermilion Rep, qui possède un permis d’exploration pour les huiles de schiste en Seine-et-Marne, avait prévu d’effectuer un test par la méthode très polluante de fracturation hydraulique fin février 2011, sur trois puits existants. Nathalie Kosciusko-Morizet avait par ailleurs soutenu devant l’Assemblée nationale qu’aucun forage d’exploration n’avait eu lieu, information démentie par Mediapart, qui a publié un document de la Direction régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) évoquant deux forages réalisés en Haute-Garonne et en Ariège en 2007.

Total accueille « tout à fait favorablement » la mission d’évaluation, qui répond à des « préoccupations tout à fait légitimes », a annoncé le porte-parole du groupe. Le directeur général Christophe de Margerie semble un peu moins serein : « S’il faut demander l’autorisation pour avoir le droit un jour de demander l’autorisation, on va commencer à tomber dans la paperasserie inutile », a-t-il répondu à ceux qui critiquaient le fait que les permis d’exploration avaient été accordés sans enquête publique.

« Administrations inertes » et « médias orientés »

De son côté, l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole a réagi assez violemment. Le 22 février, le président de l’Amicale, Jacques Sallibartant, et son vice-président, Jean-Claude Rémondet, ont lancé une « Lettre ouverte à tous les détracteurs des hydrocarbures », pour dire « Halte à la désinformation » sur les gaz de schiste : « depuis quelque temps et sur un mode crescendo, dans les médias, radio, télévision, presse quotidienne et périodique, les chiens de garde les plus virulents de nos écolos-pastèques (bicolores : verts à l’extérieur et rouges vermillon à l’intérieur) ont engagé une virulente polémique sur les forages pétroliers en général et plus particulièrement sur le gaz et l’huile de schiste ». L’Amicale affirme se heurter « à des administrations inertes » et à « des médias orientés », et fustige politiques, responsables de collectivité territoriale et journalistes, « qui n’ont en commun que leur totale ignorance des techniques du forage pétrolier, et font du "sensationnalisme" en racontant tout et n’importe quoi sur ce sujet ».

Cette opposition met selon l’Amicale « en difficulté des sociétés et des entreprises qui ont programmé des travaux [d’exploration] ». Font-ils ici référence au pétrolier Total, qui vient d’annoncer un profit net de 10,3 milliards d’euros en 2010, en hausse de 32% !? Les demandes de permis exigent une procédure très longue et complexe, affirment-ils, ce que « feignent d’ignorer » les médias et certains politiques qui « condamnent unilatéralement les forages pétroliers en traumatisant une population toujours sensible aux annonces de catastrophes ».

Le « trouble comportemental politique » des opposants au gaz de schiste

Leur conclusion est sans appel : « Avec les responsables politico-administratifs que nous avons, affolés à l’idée d’explorer de nouveaux horizons et solidement accrochés au "principe de précaution", le chemin de fer n’aurait sûrement jamais vu le jour, et le gaz de Lacq serait toujours enfoui dans les profondeurs ! (…) Étrange posture politique que celle d’agiter des peurs ! Pour certains, l’immigration, pour d’autres maintenant les gaz de schiste : il s’agit exactement du même trouble comportemental politique. » Voilà qui fera certainement très plaisir à tous ceux qui depuis quelques mois se mobilisent et diffusent de l’information sur les risques environnementaux et de santé publique liés à l’exploitation des gaz de schiste, mis en évidence notamment au Québec et aux États-Unis [3]. Si le gouvernement a pour le moment tenté d’apaiser les critiques par un moratoire de quelques mois, les tensions ne semblent pas prêtes à diminuer entre industriels et opposants aux gaz de schiste.

Agnès Rousseaux

A lire, l’enquête de Basta ! : Gaz de schiste : l’inquiétant nouveau filon des compagnies pétrolières

Notes

[1] Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes.

[2] A cela s’ajoutent les permis de Toreador Energy France et Hess Oil France, ansi que Vermilion Rep, concernant l’exploitation de l’huile de schiste, dans le bassin parisien. Source : ministère de l’Ecologie

[3] Le gaz de schiste continue d’attirer les investisseurs outre-Atlantique : le groupe anglo-australien BHP Billiton, premier groupe minier mondial, vient d’investir 4,7 milliards de dollars dans le champ de gaz de schiste de Fayetteville (Arkansas). Les groupes pétroliers chinois, CNOOC et PetroChina, le groupe indien, Reliance Industries, ont également lourdement investi aux États-Unis dans le secteur des gaz de schiste

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:06

Près de chez nous, un beau film et un débat qui nous intéresse :

Les Amis de la Conf. Ile de France

proposent

le 17 mars à 20h au Cinhoche de Bagnolet :

Un autre horizon, de Catherine Guéneau et Gérard Leblanc,

une projection-débat

avec la participation du réalisateur, Gérard Leblanc,

d'Alain Crochot, maraîcher de l'AMAP de Bagnolet,

de paysans de la Confédération Paysanne.

 

flyer 1Bagnoletdébat17-3-11

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:26

Les téléphones portables et tablettes numériques sont devenus "objets usuels" pour beaucoup d’entre nous.

Or, pour émettre et recevoir des ondes, ces appareils nécessitent des antennes-relais dont l’implantation suscite des propositions de rémunérations très alléchantes par les opérateurs.

L’émission d’ondes de ces antennes pose encore nombre de questions non résolues : sur le niveau de puissance liée à la 3G et la durée acceptables, sur l’impact pour la santé des humains proches de celles-ci, et sur les précautions d’usage.

Aux Lilas, le principe de précaution est appliqué par la municipalité et les demandes d’installation sont refusées en l’absence d’informations sur la puissance émise, et aussi dans un périmètre de précaution qui concerne notamment les bâtiments scolaires et les crèches. Malgré cela, les opérateurs restent tout puissants et agissent à leurs guises en fournissant ou pas leur propre expertise (juge et parti comme les laboratoires par exemple).

La ville seule ne peut imposer une charte déontologique et rigoureuse aux opérateurs de téléphonie mobile, c’est pourquoi il devient urgent et nécessaire que la Communauté d’Agglomération Est Ensemble composée de ses neuf villes et regroupant près de 400 000 habitants, se saisisse au plus vite de ce dossier.

Une politique active, préventive et cohérente au sein des différentes collectivités territoriales (région, département, agglomération et communes) permettra d'encadrer les implantations des antennes relais et les actions des opérateurs de téléphonie mobile.

 

 

B.Berceron-Sigwald, I.Olivier-Barbrel, C.Falque, M.G.Lentaigne, N.Karmochkine, P.Stoeber, C.Paquis

Contact : 0603005472

 

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:08

Emprunté au blog de nos amis EUROPE ECOLOGIE - LES VERTS de Bagnolet:



Forum social mondial, Dakar 2011 - Interview de Jean-Claude Oliva

fsm-dakar-106.JPG

Jean-Claude Oliva à gauche sur la photo (Eric Faisse)

 

 

« Nous sommes porteurs d’alternatives et nous sommes légitimes »

 

Président de la Coordination Eau Île-de-France, Jean-Claude Oliva fait partie de la structure organisatrice du Forum alternatif mondial de l’eau (Fame). Il participait aux ateliers consacrés à l’eau lors du Forum social mondial de Dakar.

 

 

Trois ateliers « Eau, bien commun » étaient organisés. Le public était-il au rendez-vous ?

 

Jean-Claude Oliva : Oui, il y avait du monde. Mais l’organisation était un peu… compliquée. Le FSM avait lieu à l’Université de Dakar, or les cours continuaient. On manquait de salles disponibles. Mais avec France Libertés, nous avons mis la main sur la libraire Claire Afrique et nos ateliers se sont déroulés dans de bonnes conditions. Entre 100 et 200 personnes sont venues y participer.

 

 

Le premier atelier s’intitulait « Droit d’accès à l’eau : les solutions locales africaines pour la gestion publique de l’eau ». Quels types d’expériences ont-ils été présentés ?

 

En fait les thèmes de travail se recoupaient et la question a été abordée au cours des trois ateliers (organisés respectivement par France Libertés, le Transnational Institute et Acra, une ONG italienne de coopération rurale en Afrique et Amérique latine). Ce qui a dominé ce sont les témoignages d’expériences en zones rurales en Afrique, où l’accès à l’eau et à l’assainissement n’est pas assuré car les gens ne sont pas solvables et les multinationales ne sont pas intéressées. Des choses ont pu se faire avec ou sans le soutien d’ONG, ces expériences s’appuient sur une forte participation de la population, et surtout des femmes, qui étaient d’ailleurs très présentes au FSM. Ce sont elles qui portent véritablement l’organisation des projets liés à l’eau.

 

Ce qui m’a frappé également dans certaines interventions, c’est la logique de recouvrement total des coûts, où l’on sent l’influence du dogme libéral : ainsi un chercheur a conclu en affirmant qu’avec le peu de moyens dont disposent les populations locales, ces dernières ne pourraient jamais rembourser le capital nécessaire au développement des services de l’eau. Comme si tous les coûts devaient être supportés par les habitants.

 

La question politique est également intéressante. Une Camerounaise évoquait par exemple les interférences entre le travail des femmes autour de l’eau et les tentatives de récupération pour des chapelles politiques. Il existe un phénomène d’accaparement : certains utilisent l’eau pour renforcer le pouvoir politique qu’ils ont déjà, dans les pays du Sud comme du Nord.

 

 

Etes-vous parvenu à remplir vos objectifs liés au Fame (« Renforcer les échanges entre organisations africaines défendant le droit à l’eau comme bien commun », etc) ?

 

Nous avons rempli notre objectif consistant à se tourner vers l’Afrique, à nouer des contacts avec des associations locales. Ainsi, nous sommes repartis avec plusieurs centaines de coordonnées de personnes et d’organisations désireuses de participer au Fame, qui nous ont fait part de leurs centres d’intérêt, de ce qu’ils souhaitent voir figurer au programme du Forum alternatif. Par contre il n’y avait pas grand monde d’Asie ou d’Amérique latine.

 

 

L’atelier intitulé « Marseille 2012 : une autre politique mondiale de l’eau est possible ! » visait notamment à préparer et élaborer un plaidoyer commun à présenter au Fame et auprès du Conseil mondial de l’eau en 2012. Un « Appel de Dakar » a-t-il été rédigé ? Que proclame ce document ?

 

Nos ateliers ont été très vivants, interactifs, la salle a participé, beaucoup de monde est intervenu. Nous avons interpellé toutes les organisations présentes afin qu’elles précisent quels pourraient être leurs apports pour le Fame, leurs propositions, envies, etc. Nous avons ainsi élaboré un Appel de Dakar qui a ensuite été discuté, le lendemain, lors d’une « assemblée pour l’action sur l’eau ». Nous avons enregistré des amendements, des remarques, puis le texte a été réécrit et adopté.

 

Il affirme notamment que le droit à l’eau et à l’assainissement, désormais reconnu, doit maintenant devenir contraignant et effectif, que nous sommes porteurs d’alternatives et légitimes pour le faire, contrairement au Conseil mondial de l’eau et à son Forum, et que le Fame sera une plate-forme d’expression et de convergence ouverte à tous les apports. L’Appel déclare également que le Fame œuvrera à consolider et élargir « les réseaux de territoires et d’élus pour porter ces exigences dans l’agenda politique à tous les niveaux ».

 

Enfin nous avons discuté du FME. Car une représentante de la Coalition Eau [plateforme d’ONG et d’associations proche du Partenariat français pour l’eau, qui promeut la thèse officielle du modèle français basé sur la délégation au privé] était présente. Elle a en grande partie apporté les arguments contenus dans le dossier de présentation du FME [lire Inf’Eau n°13] – une position sévèrement critiquée. Parmi les participants, un consensus s’est dégagé pour dire que nous élaborons un Forum alternatif car on ne peut pas s’exprimer au sein du FME. Par contre on souhaite organiser la confrontation entre les idées des deux forums, mais le Fame ne doit pas s’inscrire dans le cadre du FME.

 

 

Plus largement, à Dakar la thématique eau cohabitait avec de nombreuses autres. A-t-elle quand même, selon vous, gagné en visibilité lors de ce FSM ?

 

Je serais prudent sur le sujet, car il y avait une telle désorganisation ! En tout cas la situation est très paradoxale : l’eau est une grande cause, c’était une préoccupation pour tous les participants au FSM. Mais en termes d’organisation, nous sommes des nains, il y a un hiatus complet entre ce que nous représentons, la cause, et ce que nous sommes, c’est-à-dire des petites structures, des associations, très dispersées. D’où le but du Fame : être à la hauteur de nos objectifs, de la cause que nous défendons.





Propos recueillis par Antoine Pateffoz (Journaliste association EAU)

Inf’EAU n°14

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:54

corniche des forts

Tout va se rejouer dans les semaines qui viennent. La décision vient d'être prise : l’avant-projet de la future base de loisirs de la Corniche des forts doit être retravaillé et validé d'ici mai (travaux, équipements, nature des activités, etc.). 

Jeudi 3 février, les membres (1) du comité syndical de la base de loisirsde la Corniche des Forts ont rencontré à leur demande Francis Parny, vice-président de la Région en charge du sport et des loisirs.

Le vice-président, accompagné des services de la Région en charge du dossier, a présenté un état des lieux du chantier et accueilli les doléances des membres du comité chargés de mettre en place la viabilité de cette nouvelle base de loisirs. Plusieurs points ont été abordés et le débat a débuté par un état des lieux du chantier en cours.

D'abord le point sur les travaux réalisés. A cette occasion, nous avons appris que :

- 7 à 8 millions d'euros ont été investis par la Région dans les travaux anticipés (jardins familiaux, cheminement Est-Ouest, et aménagement de l'Esplanade du château, entrée Romainvilloise de la future base de loisirs)

- la relance du chantier va débuter par les travaux de comblement de l'ancienne carrière, afin de sécuriser le site (risques d'effondrement). Le démarrage est prévu à l'automne 2011. Ces travaux nécessitent l'utilisation de quelque 800 000 m3 de remblais et devraient être effectués, par phase, sur 5 ans. Le concassage de déblais inertes (le site a fait l'objet de nombreux dépôts sauvages) ne suffisant pas pour ce comblement, les services de la Région envisagent l'utilisation de la terre de surface, impliquant, pour la seule première phase, la destruction de 10 ha de forêt.

- la dépollution des sols,là où on a constaté la présence de divers polluants, est envisagée via la technique de phytoremédiation (dépollution par les plantes).

D'autre part, un certain nombre d'aménagements envisagés nous ont été présentés.

L'ensemble de ces informations a suscité des débats vifs et nombreux d'un fort intérêt d'écologie politique et social.

Les deux élus écologistes du comité, Nadia Azoug, conseillère régionale et adjointe au maire de Pantin, et Gérald Calzettoni, adjoint au maire de Romainville sont largement intervenus.  Les deux élus se sont appuyés dans les débats sur les travaux du rapport (2) de Gérald Calzettoni remis en juin 2009 au comité syndical de la base.

Ce rapport, qui soulignait les faiblesses et les manquements du projet lauréat, proposait une réorientation complète dans le choix des investissements, des activités et les coûts de fonctionnement en vue de proposer la création de la première « éco-base », d'une base-nature innovante en Seine-Saint-Denis.

La publication de ce rapport avait permis fin 2009 que soit posée la remise à plat du projet. La Région, en réponse, a lancé à la veille des élections régionales de mars 2010 une nouvelle étude confiée au cabinet Pro-développement qui doit rendre ses propositions dans les prochaines semaines.

Armés des réflexions de ce rapport, les interventions de N. Azoug et G. Calzettoni ont notamment pointé:

- la nécessité, en cas de travaux par phases sur 5 ans, d'engager dès maintenant la phytoremédiation dans les zones où c'est nécessaire car cette technique de dépollution nécessite du temps et doit être intégrée à l’occasion des travaux de comblement

-  « la catastrophe écologique », selon les termes de G. Calzettoni, que représente le chantier annoncé de déboisement complet sur 10 hectares afin de se servir de la terre de surface ainsi dégaée comme matériau de comblement. Allons-nous vers une destruction importante ou totale de cette forêt, non entretenue depuis 50 ans, qui est, à ce titre, d'une qualité rare en Seine-Saint-Denis et milieu de vie d'une importante biodiversité ?

 

Nos élus écologistes ont exigé que soient étudiés et proposés par les services :

-  la recherche de solutions techniques(remblaiement par injection plutôt que par comblement, autres sources de remblais, autres lieux de stockage, etc.) afin qu'un minimum de destruction d'arbres ait lieu lors des travaux.

-  la prise en compte des zones sensiblespointées dans l'étude écologique menée par le bureau d'étude écosphère en avril 2002

- la nécessité de fixer, en amont des travaux, la surface boisée finale de la base de loisirs, ainsi qu’une proposition chiffrée de surface de forêt actuelle qui resterait à l’état de réserve naturelle protégée.

- une garantie de reboisementdans tous les cas d'impact fort sur l'ormeraie rudérale actuelle.

 

Concernant les aménagements, ils ont par ailleurs mis en avant, toujours sur la base du rapport de juin 2009 :

-       la nécessité de mettre en valeur le tunnel existant du fait de sa valeur patrimoniale (ce tunnel ferroviaire pavé était l'ancienne entrée principale de l'exploitation des carrières, menant aux fours à chaux) et de son intérêt en tant que liaison naturelle (d'autant que la base est coupée à quatre reprises par des voiries).

-       l'intérêt à réhabiliter les maisons des carriers (un engagement de la ville de Romainville lors des ateliers urbains des années 2000), et, dans la perspective d'un écomusée, à s'appuyer sur le Comité Départemental du Tourisme de Seine-Saint-Denis qui a rédigé une étude de 30 pages sur l'histoire ouvrière et industrielle du plâtre dans le département.

 

Concernant les activités et le fonctionnement de celles-ci :

-       la réorientation des activitésvers une forte présence des projets d'économie sociale et solidaire, d'actions inter-générationnelles en phase avec les principes d'éducation populaire et de découverte de la nature en ville, réorientation qui pourra être portée par des chantiers d'insertion pour la mise en valeur de la biodiversité et par la mise en place d'un restauration associatif d'insertion.

-       des partenariats possiblesavec les associations environnementalistes ou spécialistes d'activités scientifiques et techniques tels « Les petits débrouillards » ou « Planète Science » pour des découvertes pédagogiques notamment en reprenant le projet d'archipel de mares naturelles.

 

En outre, dans le projet actuel du lauréat, deux épines importantes persistent quant à leur coût et leur pertinence

 

-       le promontoire artificiel (avec passerelle reliant le plateau de Romainville). Sur ce promontoire artificiel, nos élus écologistes ont argumenté fortement en décrivant dans le détail ce qu’ils ont appelé « un caprice d'architecte », équipement incohérent sur quatre points :

-       ce promontoire est inutile d'un point de vue paysager : l'ensemble de la base propose déjà des points de panorama nombreux

-       il est écologiquement désastreux : il impliquerait la destruction de 20 ha de forêt

-       il est techniquement coûteux et amplifie les difficultés : cela demanderait un remblai supplémentaire alors qu'on ne sait déjà pas où en trouver, et le projet de passerelle reliant le plateau de Romainville au promontoire en augmenterait encore les coûts.

-       il est socialement destructeur : du fait de la pente, ce projet supprimerait une importante surface disponible pour le public

Et enfin, le projet d’équipement du cirque où ils ont souligné le décalage entre le projet initial d'esplanade (à même d'accueillir des manifestations, via l'installation de gradins temporaires) et le projets d'arcades à caractère commercial (comparables à celles du Quartier Dausmesnil à Paris) qui nous a été présenté. Ils ont demandé que ce projet soit revu, vers quelque chose de plus sobre, de plus cohérent et de moins coûteux.

Bref, c'est l'ensemble de la copie qui est à revoir. On est très loin pour le moment des exigences de préservation de la biodiversité et de sensibilisation aux questions environnementales présentes dans le cahier des charges de la base telles qu’elles figuraient déjà dans les contraintes que devaient prendre en compte les lauréats au concours européen pour ce projet en 2001.

En conclusion Monsieur Parny, reprenant la volonté de l’Ile-de-France d’être une éco-région et d'appliquer le programme de l'agenda 21 régional, a levé un grand nombre d’incertitudes qui perduraient depuis de nombreux mois et a indiqué que les élus avaient légitimement souligné qu'ils manquaient d'information.

Il a rappelé que c'est bien aux élus de faire remonter des propositions et aux services de les mettre en œuvre.

Le retour sur ces réflexions est attendu avec beaucoup d’attention, et nos élus écologistes comptent bien s’appuyer sur les prochains résultats de l'étude du cabinet Pro-développement (chargé de faire de nouvelles propositions, en particulier pour rétablir le volet environnemental) pour être force de proposition dans l'élaboration du futur avant projet, vers un projet d'écobase, de base nature en ville qui serait la première en Ile-de-France. En Seine-Saint-Denis, nos élus écologistes feront tout pour que ça puisse être possible !

(1) : le comité est constitué de 15 membres pour trois collèges : Un pour la région IdF avec Nadia Azoug (EELV), Djeneba Keita (PC), Martine Legrand (PS), Bruno Beschizza (UMP), Philippe Guglielmi (PS). Un pour le conseil général avec Josianne Bernard (PC), Corinne Valls (MGC), Gilles Garnier (PC), Daniel Guiraud (PS), Manuel Martinez (PS). Un pour les 4 villes concernées avec 1 représentant supplémentaire pour la ville de Romainville en raison de la surface du territoire concerné (75 %) : Gérald Calzettoni (EELV), Jacques Champion (MGC), pour Romainville, Claude Ermogeni (PC) pour Les Lilas, Bernard Giraud (NC) pour Noisy-le-Sec, Didier Segal-Saurel (NI), président du comité, pour Pantin.

(2)  : A consulter sur demande au format PDF

(cf http://lesvertseederomainville.over-blog.com/article-de-nouveaux-enjeux-pour-la-base-de-loisirs-de-la-corniche-des-forts-67530892.html, merci à eux !)


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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:05

Le Groupe Europe Ecologie-Les Verts au Conseil régional d'Ile-de-France soutiendra avec détermination les mesures pragmatiques et innovantes portées par Emmanuelle Cosse, vice-présidente au logement, dans le cadre du vote de la nouvelle politique régionale du logement. 

Priorité affichée lors de la campagne des régionales, la crise du logement n'est pas une fatalité, elle est le résultat direct de l'absence de volonté politique du Gouvernement. Les écologistes se refusent à cette forme d'évidence et souhaitent mettre en œuvre un ensemble de mesures qui apporteront des améliorations notables face à l'urgence du mal-logement. 

Les élus écologistes souhaitent initier en Ile-de-France, les prémices d'une politique plus globale, à l'échelle de la France, pour que leur action régionale soit la première pierre d'une politique de logement nationale ambitieuse. L'Ile-de-France deviendra ainsi un laboratoire d'idées et de mesures dans la lutte contre le mal-logement.

Tout en constatant l'échec de la politique du « tous propriétaires » de Nicolas Sarkozy, qui a encouragé la spéculation immobilière et les sur-endettements de milliers de ménages, les écologistes souhaitent agir sur l'ensemble des leviers possibles. 

En décembre dernier, les élus écologistes obtenait la hausse du budget régional : un milliard pour la mandature. Demain, ils proposeront un bouquet de mesures concrètes dont :

- LA CONSTRUCTION MASSIVE DE LOGEMENTS SOCIAUX ET TRES SOCIAUX 
Seuls 40 000 logements sociaux sont construits chaque année en Ile-de-France alors que 70 000 logement sociaux serait nécessaire. Les écologistes souhaitent rattraper 30 ans d'absence de programme de construction quand 65% des ménages franciliens sont éligibles. 
Face au désengagement de l'Etat, la Région va au-delà de sa compétence, et sous l'impulsion des
écologistes et de sa Vice-Présidente au logement, Emmanuelle Cosse. EELV souhaite pérenniser la construction de logements sociaux et très sociaux, indépendamment des éternels atermoiements entre plan de relance et période d'austérité. 

- RENFORCEMENT DE LA LOI SRU
Afin de réduire les inégalités sociales et territoriales, les écologistes souhaitent marquer le
coup et sanctionner durement les communes ne respectant pas la loi SRU.
Ainsi, la Région accordera dorénavant son aide à la construction de PLS (logement social intermédiaire) aux communes présentant 40 % de logements sociaux. 

- LA RECONQUETE DES ESPACES VIDES ET LA LUTTE CONTRE LE SCANDALE DES VACANCES 
Les écologistes franciliens feront voter un dispositif inédit de conversion des bureaux vides (5 millions de mètres carrés) en logements, grâce à l'attribution d'une prime supplémentaire de 1 500 euros pour chaque opération de transformation. 
De plus, alors que communes de plus de 200 000 habitants ont la possibilité de soumettre une taxe
sur les logements vacants, les écologistes proposeront le doublement de cette pénalité. Ils instaureront également un droit d'expropriation des logements en état de vacance anormalement longue. 

- LA LUTTE CONTRE LA PRECARITE ENERGETIQUE
Alors qu'un nombre croissant de ménages est confronté à la hausse de leur facture énergétique, obligeant certains à faire l'impasse sur le chauffage !, les écologistes proposeront et mettront en
œuvre un service public de l'énergie. Ce dispositif permettra de réhabiliter 200 000 logements chaque année et d'améliorer les conditions de vie au quotidien grâce à des réponses écologiques pragmatiques et ambitieuses.
Ces première mesures, incitatives mais aussi contraignantes, doivent être le tremplin vers une politique de logement solidaire et efficace à plus long terme. Ainsi, ils prônent leur plafonnement des loyers et le gel des augmentations face à la cherté grandissante des loyers, devenu un gouffre
financier pour de nombreux ménages. Le droit à un logement digne est un besoin fondamental, une condition sine qua non à l'épanouissement personnel et à un projet de société basé sur la justice
sociale. Le gouvernement y a renoncé, mais les élus écologistes se mobilisent pour inverser la tendance au fatalisme imposée de fait depuis trop longtemps. 

Emmanuelle Cosse, vice-présidente EELV au logement
Cécile Duflot, Présidente du groupe EELV en Ile de France
Augustin Legrand, conseiller régional EELV en Ile-de-France

 

 

 

DOSSIER DE PRESSE

 

GROUPE EUROPE ECOLOGIE LES VERTS

CONSEIL REGIONAL DʼILE - DE - FRANCE

 

LES SOLUTIONS ÉCOLOGISTES CONTRE LE MAL LOGEMENT

LʼACTION REGIONALE EN FAVEUR DU LOGEMENT

 

Le scandale du mal logement

Un français sur six est touché par la crise du logement, et 3,6 millions de personnes sont dites mal logées, soit sans abris ou vivant dans de très mauvaises conditions dʼhygiène et de confort. Et encore, beaucoup dʼindicateurs utilisent des chiffres dʼavant la crise. En Ile-de- France en 2010, on compte 380 000 demandeurs de logement social, 218 000 logements privés indignes et 78 000 personnes sans logement.

Les deux causes principales de cette crise sont le déficit de logement, estimé à 900 000, et lʼinsuffisance de lʼoffre locative à bon marché. En 10 ans, les prix des loyers ont augmenté de 50% (ils ont doublé à Paris) et les dépenses de logement captent désormais près de 40% des ressources des ménages modestes. Dans ce contexte, lʼeffort national que lʼon est en droit dʼattendre de la part des responsables politiques nʼest pas au rendez-vous. Pour citer la Fondation Abbé Pierre dans son dernier et 16ème rapport sur le mal logement, « cʼest bien à un affaiblissement de la solidarité que nous sommes confrontés ».

 

Le caractère inégalitaire du ʻtous propriétairesʼ

La politique du gouvernement est inégalitaire ! « La France des propriétaires » nʼest plus quʼun slogan rendu caduc par la crise de lʼimmobilier et la spectaculaire hausse des prix. Plutôt que dʼaffirmer lʼaccès au logement comme un droit, la promotion de lʼaccession à la propriété renvoie la charge financière du logement au ménage. Lʼaccès à la propriété nʼest pas un mauvais objectif en soi mais on ne peut fonder une politique du logement sur cette ambition exclusive, surtout lorsque le constat dʼéchec est partagé : lʼaccès à la propriété est inégal. Depuis 15 ans la part des ménages modestes dans les nouveaux propriétaires nʼa cessé de décroitre. 90% des accédants ont des parents propriétaires. Ils nʼont pas ou peu dʼendettement et peuvent donc investir dans un autre logement dans une perspective de rentabilité. Cʼest un cercle vertueux pour eux, vicieux pour dʼautres. En 2004 (avant la crise !) les 10% les plus riches possédaient 46% des logements, alors que les 50% les moins riches nʼen détenaient que 7%.

LʼÉtat alimente donc une crise quʼil est censé résoudre. Il consacre lʼessentiel de ses marges de manœuvre budgétaires à des dispositifs de défiscalisation (ʻRobienʼ, ʻScellierʼ) qui visent à multiplier les rentiers aisés, sans garantie que les logements construits seront loués à des niveaux de loyer accessible. Il participe ainsi à un processus de ségrégation spatiale qui voit les plus modestes constamment rejetés vers les périphéries.

En période de crise, les politiques publiques devraient changer de braquet et mettre en place des dispositifs à destination des ménages défavorisés. Or on observe plutôt un repli de lʼengagement de lʼEtat (effondrement des aides au logement social, fonds de solidarité transférés aux départements, suppression de la rétroactivité des APL, fongibilité de la CAF dont les trop perçus peuvent être récupérés sur lʼaide au logement, nouvelle taxe sur les bailleurs sociaux...). La priorité est bien aux rendements des investisseurs, les prix augmentent et les écarts se creusent.

En Ile-de-France, les écologistes, grâce à lʼengagement de la vice-présidente au logement Emmanuelle Cosse, ont élaboré une nouvelle politique régionale du logement. Ambitieuse et innovante, ils en ont fait le laboratoire des idées écologistes sur le logement.


 

 

DES SOLUTIONS RADICALES ET INNOVANTES

Le logement est au centre des projets de vie et du développement personnel. Lʼaccès au logement est un droit. Il ne doit pas être considéré comme un produit commercial et financier comme les autres. Il ne peut dépendre de la simple loi du marché et subir les conséquences dʼopérations financières non régulées et génératrice dʼune bulle spéculative. Pour le rendre accessible à tous, il faut encadrer les prix des loyers et construire massivement des logements et du parc locatif privé à bas prix. Ce nʼest quʼà cette condition que pourront être désengorgés les centres dʼhébergement dʼurgence, et facilitées les transitions entre hébergement et logement.

ENCADRER LES PRIX

Plafonner les loyers : il sʼagit de fixer une limite au loyer pour que celui-ci ne représente pas un taux dʼeffort trop important pour les ménages. Les loyers pourraient par exemple être plafonnés au mètre carré, et un permis de louer pourrait être mis en place.

Geler les augmentations de loyer : il faut stopper la fuite en avant des augmentations de loyer à la relocation. A chaque fois quʼun propriétaire change de locataire, les rotations étant dʼailleurs en accélération du fait de lʼinsolvabilité croissante de ces derniers, il peut augmenter le loyer. Il est urgent de geler, au moins temporairement lʼaugmentation des loyers à la relocation, en mettant lʼindice de référence des loyers (IRL), qui sert de base pour la révision des loyers, à 0%.

Faire baisser les coûts liés au logement, notamment ceux de lʼénergie : Les faibles revenus des ménages, conjugués à une mauvaise qualité thermique des logements et à lʼexplosion des coûts de lʼénergie, ont conduit ces dernières années à lʼaugmentation de situations de mal-logement relevant de la « précarité énergétique ». A partir de lʼenquête logement de 2006, on compte 3,4 millions de ménages touchés par la précarité énergétique (7 à 8 millions de personnes ! ), qui dépensent donc plus de 10% de leur revenu dans lʼénergie, et notamment le chauffage, quand la moyenne est de 5,5%.

 

LʼACTION ÉCOLOGISTE EN ILE-DE-FRANCE

En Ile-de-France, la Région met en place un dispositif inédit et ambitieux de lutte contre la précarité énergétique pour faire baisser les charges que de plus en plus de ménages ont du mal à supporter.

Objectif : réhabiliter 200 000 logements. Ce programme 2011-2013, inscrit dans le cadre du Plan climat régional, a vocation à être revu lors de la montée en puissance de la SEM Energies Nouvelles.

 

 

CONSTRUIRE

Il manque un million de logements en France. Il faut donc en construire 500 000 par an : deux tiers pour les besoins courants et annuels liés à lʼaccroissement démographique, un tiers pour rattraper progressivement le retard accumulé. En Ile-de-France, les besoins, inscrits dans la loi du Grand Paris, sont de 70 000 logements par an. La production actuelle ne dépasse pas les 40 000. Dʼautre part, 1,2 millions de ménages sont en attente dʼun logement social, dont 350 000 en Ile-de-France. Plus largement, 65% des ménages franciliens y sont éligibles. La demande se situe donc majoritairement du côté des logements à bas loyers, et cʼest dans cette optique quʼil faut accentuer lʼeffort.

Mettre en place un plan pluriannuel réorienté vers les besoins sociaux : depuis 30 ans les plan dʼaustérité succèdent aux ʻPlans Marshallʼ sans effet. Il faut augmenter lʼaide à la pierre de lʼEtat, garantir cette augmentation conséquente sur le moyen et long terme et produire en priorité des logements sociaux et très sociaux (PLUS et PLAI). On peut par exemple imaginer, comme le propose la Fondation Abbé Pierre, sanctuariser 2% du PIB qui seront chaque année consacrés au logement.

Légiférer sur le foncier pour protéger les terrains constructibles de la spéculation immobilière : tant sur le plan juridique quʼéconomique, lʼenjeu du foncier nécessite une remise à plat du système français. Cet impératif ouvre des questions relatives à la ville durable. On peut imaginer transférer le droit de délivrer les permis de construire aux intercommunalités afin de permettre une meilleure péréquation entre les territoires et une meilleure prévention contre la spéculation foncière.

Reconquérir les logements et bureaux vides: en 2008, la vacance représente une offre de 2 millions de logements mobilisables, sans compter les bureaux ou bâtiments dʼactivité vides. Rien quʼen Ile-de-France il y a 5 millions de mètre carré de bureaux vides. Non seulement cette vacance augmente la pression foncière et contribue à lʼétalement urbain en gâchant des terrains constructibles, mais elle représente également une forme dʼindécence morale vis à vis du nombre de sans abris ou très mal logés. Selon lʼagence Immogroup consulting, « lʼexcès de stock en locaux professionnels équivaudrait théoriquement au déficit cumulé dʼoffre en logements au cours de ces 5 dernières années. » Les écologistes proposent de doubler les taxes sur les logements vacants et dʼinstaurer un droit dʼexpropriation des logements en état de vacance anormalement longue.

 

LʼACTION ÉCOLOGISTE EN ILE-DE-FRANCE

En Ile-de-France le Conseil régional, alors quʼil nʼa aucune ressource supplémentaire pour remplir cette mission, participera au financement de 11 000 logements sociaux en 2011. Sous lʼimpulsion de la vice-présidente écologiste Emmanuelle Cosse, cet effort va être recentré sur le logement social et très social.

Les écologistes ont également introduit un nouveau dispositif de conversion des bureaux vides en logement. Ainsi, une prime supplémentaire de 1500 euros par logement pourra être engagée pour ceux qui lanceront une opération de transformation.

 

 

RÉDUIRE LES INÉGALITÉS

Le logement est également au cœur du processus de renforcement de la ségrégation et des inégalités territoriales. Comme le rappelle la Fondation Abbé Pierre, « le mal logement se manifeste aussi par rapport à lʼenvironnement social et physique. Cʼest pourquoi il sʼagit de réaffirmer comme intangible lʼobjectif de « mixité » et de diversité sociale et de penser le développement de lʼoffre de logements accessibles en relation avec sa localisation. »

Réformer la fiscalité du patrimoine et de sa transmission : 90% des personnes qui accèdent à la propriété ont des parents propriétaires. La fiscalité sur la transmission du patrimoine en France favorise la reproduction des inégalités. Il est important de poser un débat national sur ce sujet pour réintroduire plus de solidarité et de redistribution.

Renforcer la loi SRU : la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) fixe notamment, dans son volet habitat, un principe de solidarité qui impose aux communes de plus de 3500 habitants un quota de 20% de logements sociaux. Les amendes en cas de non respect sont faibles. 730 communes sont déficitaires et sont donc contraintes à rattraper leur retard. En Ile-de-France, 82 communes sur 382 concernées font lʼobjet dʼune carence et continuent dʼenfreindre la loi. Les écologistes souhaitent renforcer les objectifs sociaux de la loi SRU (quota par m2, type de HLM, par programme de construction) et en alourdir les sanctions (financières, politiques).

Apporter une aide dʼurgence aux copropriétés privées dégradées, véritables ʻbombes à retardementʼ du logement. Dʼaprès lʼenquête logement de 2006 il y a 357 000 logements en copropriété qui sont en difficulté (très mauvais fonctionnement, existence dʼimpayés nombreux et importants, mauvais entretien). Les propriétaires qui occupent ces logements en deviennent les ʻcaptifsʼ alors que les charges qui leur incombent sont de plus en plus lourdes et que la dégradation de leur bien empêche toute revente. Dans le cadre dʼune politique nationale de lutte contre lʼhabitat indigne il convient dʼaider massivement les opérateurs et de mettre en place un accompagnent social et pluridisciplinaire des propriétaires.

 

LʼACTION ÉCOLOGISTE EN ILE-DE-FRANCE

En Ile-de-France, plus de 10 millions dʼeuros seront consacrés en 2011 pour soutenir les copropriétés en difficulté, réhabiliter les appartements et les parties communes, aider les propriétaires et les syndicats de copropriétaires, former ces derniers et leur apporter un véritable accompagnement social.

Emmanuelle Cosse a également mis en place un système de critérisation des aides régionales qui vise à réduire les inégalités territoriales. Ainsi, une commune qui veut bénéficier de lʼaide régionale pour construire du PLS (logement social intermédiaire) devra avoir 40% de logements sociaux. Dans celles, qui possèdent moins de 20% de logements sociaux, tout programme financé par la Région devra comporter un taux dʼau moins 20% de logements très sociaux.

 

 

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 13:09

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                 Communiqué de presse

                    Le 31 janvier 2011

 

 

 

RDV mercredi 2 février 8h(!) devant le 22 avenue de Matignon (8e)

Dresscode Costume (texan) ou casque de chantier selon les goûts

 L'encre du texte Grenelle II est à peine sèche (et les décrets toujours en attente) que l'esprit du texte est déjà mort.

Avec les forages des gaz de schiste, on l'enterre définitivement !

Chers à extraire, sales et polluants, dangereux pour la santé, les gaz de schistes et les schistes bitumineux (pétrole) sont le nouvel eldorado des compagnies pétrolières… qui ont obtenu en toute discrétion des permis de forage de prospection sur un territoire équivalent à 10% de la France !

En Ile de France, c'est en Seine et Marne que va démarrer (ce mois-ci !) les forages d'exploration.

  non au gaz de schiste-200

 

 

Tel un chiffon rouge pour Sauvons les riches, Toreador Resources, dirigée par Julien Balkany (frère cadet)  est dans les starting blocks pour faire de la Seine et Marne un nouveau Texas, rempli de derricks et saturé de camions (il faut un ballet de 200 camions par forage), mais avec moins de réserve en eau (puisque chaque forage mobilise 3 piscines olympiques, sans compter les adjuvants et autres produits chimiques).

Sauvons les riches (qui aime bien aller au fond des choses) vous invite à une remise des prix un peu particulière, suivie d'un un forage pédagogique. Objectif : rappeler à nos amis les prospecteurs que la spéculation sur les ressources premières est une valeur qu'ils doivent définitivement abandonner s'ils veulent un jour etre sauvés...

Venir en costume (texan) ou muni d'un casque de chantier.

RDV à 8h au 22 avenue Matignon, Paris, Texas France

Contact presse : Elise 06 73 43 06 79 / Julien 06 20 21 10 53 / Manuel 06 22 59 95 07
La pétition : http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci 
Plus d'infos :
En très court et en images : http://app.owni.fr/gaz/
En un peu plus long :
http://owni.fr/2010/12/07/gaz-de-schiste-le-tresor-empoisonne-du-sous-sol-francais/
En vidéo, le documentaire de référence, sous-titré en français :
http://www.dailymotion.com/playlist/x1in97_LesInsoumis_gasland#videoId=xg7g0q 

Le Collectif Sauvons les riches, dans le cadre d' Europe-Ecologie, vise à instaurer un revenu maximal autorisé, de l'ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés. Dans ce but, les jeunes contestataires, armés de baguettes de pain et de paquets de spaghettis, interpellent à leur manière nos amis les riches, accros à un mode de vie destructeur, non-généralisable, et finalement tellement triste.

 

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La France, usine à gaz (de schiste) ?

 

Chers, sales, polluants, destructeurs des paysages et de l'environnement, dangereux pour la santé... les gaz de schistes et les schistes bitumeux sont des aberrations économiques, énergétiques, climatiques et environnementales. Si on ne fait rien, ils nous envahiront bientôt. Agissons maintenant !


Le gaz de schiste en question

Les Américains l'ont baptisé « shale gas »; les Canadiens ont opté pour « gaz de schiste ». Avec la hausse des prix des énergies fossiles et leur raréfaction, on assiste à une ruée vers cet or gazeux au Canada, aux États-Unis et bientôt en Europe et en France.


Gaz de Schiste ? Qu'est ce que c'est ?

Le gaz de schiste est un gaz « non conventionnel ». Contenu dans la roche à des profondeurs 2000 à 4000 mètres, son extraction étant trop couteuse, il n'était pas exploité. Il serait présent en très grande quantité sous le sol en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et en Australie. Pour l'extraire, il faut fracturer la roche. Pour cela les compagnies utilisent un mélange de sable ou d'argile, d'eau, et de plus de 500 composés et adjuvants chimiques propulsés à très haute pression avant de faire remonter le gaz à la surface.

Au printemps 2010, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Écologie, a octroyé 17 permis d'exploration de gaz de schiste à des groupes tels que Total, GDF-Suez , Schuepbach Energy ou encore Toreador Energy France SCS dans le Sud, l'Est, le Centre et le Nord de la France. D'autres permis seraient en cours d'attribution, au nord de Montélimar par exemple.


La Tour Eiffel transformée en « Tour Pétrole » ?

Tout près de Paris, en Seine et Marne et en Picardie, les compagnies prévoient d'extraire du pétrole et de l'huile des schistes bitumeux pour transformer la « région capitale » en poubelle irrespirable. En tout, c'est une grande partie du territoire français qui pourrait être concerné. D'après les premières infos de TOTAL, c'est plutôt en Ardèche qu'auraient lieu les premiers forages fin 2011, début 2012...

Quels sont les dangers ?

Pourquoi Europe écologie Les Verts se mobilise contre les gaz de schiste ?

Les gaz de schiste et les schistes bitumeux c'est :

  • Polluant : pour extraire le gaz de schiste, les compagnies utilisent un cocktail de produits chimiques extrêmement dangereux et dont la composition n'est pas même pas communiquée par les firmes.  Une partie de ce cocktail explosif remonte à la surface et rejette du CO², NOx et d'autres gaz à effet de serre;

  • Sale : les gaz défigurent le paysage, polluent le sol et les nappes phréatiques et détruit des espèces animales et végétales.  Les camions qui vont et viennent à longueur de journée pour leur transport produisent des nuisances et du CO2. L'air devient irrespirable et la zone inhabitable;

  • Un déni de démocratie : alors qu'il faut attendre 10 ans et obtenir de nombreuses autorisations pour installer, par exemple, une ferme éolienne, un permis d'exploitation de gaz de schiste  et de schistes bitumeux c'est rapide et simple. La population et ses élus locaux sont , encore une fois, méprisées et mise à l'écart;

  • Coûteux : exploiter les gaz de schiste c'est cher. Les lourds investissements qui iront à la recherche et à l'extraction, c'est autant de millions, voire de milliards d'euros en moins pour l'efficacité et la sobriété énergétique, les énergies renouvelables, les modes de transports alternatifs, la relocalisation de l'économie...

  • Mauvais pour le climat : Les émissions de CO2 produites par leur exploitation anéantissent tous les efforts et accélèrent de manière irréversible le changement climatique.

C'est pourquoi Europe écologie Les Verts demande l'arrêt immédiat des prospections et l'abrogation des permis sur l'ensemble du territoire français. Un véritable débat public sur nos choix énergétiques est doit avoir lieu au plus tôt.

  1. Pour vous mobiliser signez la pétition ici : http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci

 


Pour une transformation énergétique verte :


Avec cette usine à gaz de schiste, en plus de son caractère polluant, c'est encore une fois la transformation de notre modèle énergétique qui est remise en cause. La question de notre modèle de développement prédateur est clairement posée.

Face à cela, les écologistes proposent des solutions concrètes, durables et créatrices d'emplois :

  • Agir pour la sobriété et l'efficacité énergétique en isolant et rénovant les logements, en réduisant les déplacements en en limitant nos appétits en énergie;

  • Développer harmonieusement les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, géothermie...) pour assurer nos besoins et notre indépendance énergétique;

  • Atteindre les objectifs nationaux et internationaux de la France : 3% de réduction des émissions de gaz à effet de serre par an, 20 à 30% en 2020, 20% d'économies d'énergies et 23% d'énergies renouvelables;

  • Sortir progressivement de l'aberration nucléaire, civile et militaire, coûteuse, dangereuse, non-durable et peu créatrice d'emplois

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 14:45

Avec la Ligue des Droits de l'Homme, nous partageons souvent des objectifs communs, comme le droit de vote  pour les résidents étrangers (en 2006, nous avions participé au collectif lilasien "un habitant = une voix"); ou plus récemment, la protection des libertés individuelles face à l'engouement pour la vidéosurveillance.

C'est pourquoi nous vous recommandons cette projection-débat sur ce thème fondamental et peu médiatisé, organisée par la section Bagnolet-Les Lilas de la LDH,

lundi 7 février à 20h au Cinoche de Bagnolet

LDH-7-02-11-Bagnolet-Tous-fiches.jpg

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:02

Agir pour l'Environnement existe depuis longtemps, et Europe Ecologie Les Verts en sont partie prenante depuis sa création.

Alerte n°12 - Campagne initiée par Agir pour l'Environnement et soutenue par le Comité de Liaison des Energies Renouvelables, le Réseau Action Climat France, le Réseau Sortir du Nucléaire, Hélio International et WECF France.

Accédez directement à la nouvelle campagne >

Téléchargezle document de campagne >

Téléchargez les cartes-pétitions >

Commandez en ligne les documents de campagne  

Un gouvernement... contre vents et marées !  

En décidant le 9 décembre dernier de suspendre brutalement pour 3 mois les aides au développement du solaire photovoltaïque, l’état français a pris le risque d’asphyxier une filière en plein développement. Non content de suspendre les aides programmées, le gouvernement a également décidé que les projets encore non aboutis, quels que soient leurs degrés d’avancement, devraient recommencer l’intégralité des procédures administratives ! Après s’être félicité bruyamment du succès rencontré par le solaire photovoltaïque, le gouvernement a soudainement décidé de faire machine arrière... et ce à la surprise générale !   Alors que les décideurs politiques de notre pays peinent à s’affranchir du nucléaire, l’adoption d’un moratoire sur les tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque est un nouveau coup porté aux énergies renouvelables. Coup qui pourrait être fatal tant est grande la défiance des acteurs du secteur à l’égard de l’ambivalence et l’inconstance du gouvernement sur ce dossier.   En effet, en matière d’énergies renouvelables, le gouvernement ne brille pas par sa détermination… Contre vents et marées, il a durci les conditions d’implantation des éoliennes soumises notamment à une procédure dite ICPE destinée à encadrer les installations les plus polluantes. Durant l’adoption de la loi dite Grenelle 2, les parlementaires ont, de concert, multiplié les fausses notes en adoptant des amendements éolicides avec l’ambition à peine cachée de tuer dans l’œuf une filière dans le vent... Le gouvernement tergiverse également dans le lancement de grandes filières éoliennes en mer ou de biogaz, délaisse le solaire thermique et baisse le crédit d’impôt à l’installation d’énergies renouvelables. Et enfin, tout récemment, il a imposé ce moratoire sur les aides au développement du solaire photovoltaïque !
Mises bout à bout, l’ensemble de ces décisions fait sens… et nous éclaire sur la stratégie de responsables politiques qui fixent de grands objectifs en matière d’énergies renouvelables tout en prenant des mesures pour le moins contradictoires. Parallèlement et comme de mauvaise coutume, le gouvernement a aussitôt annoncé la tenue d’une grande « concertation » censée débattre de la décision prise auparavant ; concertation animée par l’auteur d’un rapport alarmiste sur le photovoltaïque et sans ambition pour la filière !  

 

Photovoltaïque : rien de nouveau sous le soleil ?
L’électricité photovoltaïque est produite en transformant la lumière (et non la chaleur) et peut donc être installée partout en France de façon décentralisée. Contrairement à une idée trop répandue, le bilan énergétique (période à l’issue de laquelle le panneau produit plus d’énergie qu’il n’en a consommée pour sa fabrication) est positif au bout d’une période de deux à trois ans, selon l’Agence internationale de l’énergie, pour une durée de fonctionnement qui dépasse largement 20 ans. Chaque mètrecarré de panneau photovoltaïque produit de 110 à 130 kWh/an. Le kWh produit par une cellule photovoltaïque présente un bilan carbone de 32 grammes équivalent CO2, soit trente fois moins qu’un kWh produit à partir du charbon. Faute d’investissements et à cause des multiples retards accumulés ces vingt dernières années, la France a encore du mal à répondre à une demande croissante. Mais 80% des aides versées en soutien à la filière photovoltaïque sont réinjectés dans l’économie française. Le secteur aurait ainsi créé en quelques années environ 20.000 emplois et envisage d’en créer autant au cours de la prochaine décennie. Mais après avoir promis monts et merveilles et incité les artisans et installateurs à investir et se former, ce moratoire pourrait sonner le glas d’une filière toute entière ! À court terme à cause de cet arrêt brutal des aides mais aussi à moyen et long terme en créant une défiance de toute une profession à l’encontre du solaire, désormais synonyme de miroir aux alouettes ! Cette perte de confiance de toute une profession est sans doute le plus grave car elle démontre par l’absurde que l’État est prêt à sacrifier tout un secteur économique au nom d’une orthodoxie budgétaire qui épargne encore et toujours l’industrie nucléaire !!!  

 

Le PV à l’amende ?
D’ici à 2020, notre pays doit produire 23% de son énergie à partir de sources d’énergie d’origine renouvelable. Pour ce qui est de l’électricité en particulier, la France prévoit d’atteindre 27% d’énergies renouvelables. Ceci passe par l’installation de 25.000 MW d’éolien dont 6.000 MW en mer et 19.000 MW à terre (soit l’équivalent d’une quinzaine de centrales nucléaires EPR...). La France s’est également engagée à installer 5.400 MW de solaire photovoltaïque. Au rythme actuel et bien que nos objectifs ne soient pas extrêmement ambitieux au regard des exemples allemands, espagnols ou danois, la France ne les atteindra pas ! En 2010, la France n’a installé que 1.100 MW d’éolien pour atteindre péniblement les 5.600 MW. Concernant le photovoltaïque, notre pays a atteint les 800 MW.
Mais l’échec qui semble déjà se dessiner n’est jamais assez prononcé pour certains lobbyistes très présents au sein du ministère de l’industrie. À trois reprises en moins d’un an, sous couvert de mettre un terme à la « bulle spéculative », le gouvernement a revu unilatéralement les tarifs d’achat de l’électricité. Or, la réalité de cette « bulle » est largement sujette à caution et semble avoir été créée de toute pièce pour les besoins de la cause !
Pire, le gouvernement a justifié ces mesures en indiquant que le développement des énergies renouvelables pesait sur la facture électrique payée par le consommateur. Un peu facilement, EDF a ainsi pu justifier les hausses de ses factures en raison du développement des énergies renouvelables. Ceci relève du plus parfait mensonge ! Le coût du développement du solaire photovoltaïque n’excédait pas 3 euros par an et par foyer en 2010, soit 0,75% du montant d’une facture ! Par contre, dans les années à venir, EDF va devoir mobiliser 35 milliards d’euros pour assurer la maintenance des centrales nucléaires vieillissantes. Somme à laquelle il faut ajouter le développement irraisonné de deux EPR à Flamanville et Penly (10 milliards !), la « gestion » des déchets radioactifs ainsi que le démantèlement en fin de vie des centrales dont le coût a été délibérément minoré !
À la lecture de ces montants abyssaux, les 126 millions d’euros mobilisés en soutien au solaire photovoltaïque semblent bien dérisoires ! C’est pourtant cette somme que l’État souhaite économiser avec l’ambition cachée de contenir l’émergence d’une filière qui pourrait bien faire de l’ombre aux projets de centrales nucléaires et gaz qui se multiplient.  

 

Le solaire à la niche ?  

Le système de soutien au solaire photovoltaïque doit reposer sur un cadre stable, durable, lisible et transparent. Pour ce faire, l’État doit définir un objectif de développement à long terme qui ne doit pas être perçu comme un seuil à ne pas dépasser, mais un objectif à éventuellement réévaluer, quitte à réduire progressivement les aides accordées une fois le seuil atteint. À titre d’exemple, la France s’est fixée un objectif de 5.400 MW à échéance 2020 alors même que l’Allemagne a déjà installé 9.800 MW et vise un objectif de… 52.000 MW en 2020 ! Pour assurer le succès des énergies renouvelables, la France doit enfin prendre conscience qu’une politique énergétique durable exige de la cohérence et de la stabilité.   Cette politique doit reposer sur trois piliers : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. Le développement des sources de production d’électricité décentralisées conduira bientôt les consommateurs à devenir des citoyens, à condition d’adapter nos réseaux de distribution. La réduction de la dette publique ne doit pas être l’occasion d’engager un combat d’arrière-garde purement idéologique à l’encontre des énergies renouvelables.
Le gouvernement français doit donc abroger immédiatement le décret n°2010-1510 suspendant l’obligation d’achat de l’électricité photovoltaïque, définir un cadre sain pour le développement de la filière et garantir sa transparence.  

Comment agir ?
• En envoyant les cartes-pétitions au Premier ministre, à la ministre de l’Écologie et au ministre de l’Industrie et de l’Énergie avant le 1er avril 2011 ;
• En diffusant ce document à vos ami(e)s
• En commandant ce document de campagne directement en ligne sur www.agirpourlenvironnement.org/boutique
• En faisant appel à Enercoop, fournisseur d’énergies vertes > www.enercoop.fr • En maîtrisant son énergie, notamment en éteignant les appareils en veille, en éteignant les lampes inutiles, en choisissant les appareils électroménagers de classe A et A+, en supprimant (quand ceci est possible) le chauffage électrique, en optant pour l’étend-à-linge plutôt que le sêche-linge...
• En reportant certains usages électriques non essentiels durant les pics de consommation entre 18h30 et 21h30.

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 13:53

Cyber action N° 389 mise en ligne le 28/12/2010
Elle sera envoyée à : Xavier Bertrand Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l'Ecologie. Elle prendra fin le : 31/03/2011

Les gaz de schiste connaissent présentement un essor extraordinaire aux États-Unis. En Europe, les compagnies pétrolières commencent à s'intéresser sérieusement à cette ressource de gaz non conventionnels. Leur exploitation causant une dégradation environnementale incommensurable, les écologistes et environnementalistes sont en alerte. C'est dans une certaine discrétion complice que la course aux gaz de schiste vient de commencer en France.

De quoi s'agit-il ?

Le gaz de schiste est souvent présenté comme une énergie plus propre car rejetant moins de CO2 que le charbon. Or, une étude de l’université de Cornell, montre que la technique de la fracturation hydraulique rend son impact sur le climat pire que le pétrole et au moins aussi mauvais que le charbon. Voir l'étude en pdf (et en anglais)
http://www.eeb.cornell.edu/howarth/GHG%20emissions%20from%20Marcellus%20--%20November%202010.pdf  
Le mode d’extraction de ce gaz pose de nombreux problèmes environnementaux : impact sur le paysage, sur la ressource en eau. Une étude de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) évalue actuellement l’impact de cette exploitation sur la santé et l’environnement.

L’exemple de l’Amérique du Nord
Alors que le pays compte plus de 500 000 puits répartis dans 31 Etats, le documentaire de l’américain Josh Fox, Gasland, diffusé cette année, a révélé au grand public les dégâts de cette technique avec des images choc comme l’embrasement de l’eau sortant d’un robinet d’une maison située sur une zone d’exploitation.
voir la bande annonce http://www.cyberacteurs.org/video/index.php  
En avril, l’Etat de New York a décrété un moratoire sur l’exploitation du gaz de schistes pour protéger les réserves d’eau potable de Big Apple. Suivi par le conseil municipal de Pittsburg. 50 représentants de la Chambre des représentants ont aussi présenté un projet de loi pour remettre en cause la loi de 2005 votée sous l’ère Bush par Dick Cheney -alors vice président et ex président d’Halliburton- exonérant la technique de la fracture hydraulique de la loi sur la sécurité de l’eau potable.
Le site de l'association québécoise contre l'extraction du gaz de schiste
http://www.aqlpa.com/extraction-du-gaz-de-schiste-dans-la-vallee-du-saint-laurent.html  

Et en France ?
En France, pour l’heure, trois permis exploratoires ont été accordés au début de l’année à Total, Gdf-Suez et Schuepbach Energy (cf carte plus haut). D’autres sont en cours d’étude au ministère.
http://tinyurl.com/2frjwcc  
Mais déjà, la résistance s’organise. José Bové, les Amis de la Terre et Cap 21 tentent d’informer la population par des réunions http://objecteursdecroissance-lr.fr/spip/spip.php?article29  
ou site internet dédié http://www.deleaudanslegaz.com/  

N'hésitez pas à lire ce dossier passionnant des Objecteurs de croissance gaz_de_schiste qui recense les explorations prévues en France, y compris en Ile de France.

Nous vous proposons de vous joindre à cette mobilisation pour réclamer un moratoire.


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