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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 17:11
Des écolières pataugent dans les eaux à Mabalacat (Philippines) le 8 octobre 2018 © AFP/Noel CELIS

Des écolières pataugent dans les eaux à Mabalacat (Philippines) le 8 octobre 2018 © AFP/Noel CELIS

AFP le 20 septembre 2019.

Des îles du Pacifique au delta du Gange, des centaines de millions de personnes risquent d'être chassées de chez elles par la montée des océans. Une fuite sans espoir de retour pour des "réfugiés climatiques" qui devront trouver une terre d'accueil.

Même si le monde parvenait à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, l'augmentation du niveau des mers pourrait submerger les foyers de 280 millions de personnes, selon un projet de rapport des experts du climat de l'ONU obtenu en août par l'AFP.

Même à +2°C, les calottes glaciaires continueront à fondre et même si les scientifiques ne savent pas combien de temps ça prendra, à terme cela signifie "plus de 4,5 mètres d'élévation du niveau de la mer, probablement six mètres", explique à l'AFP Ben Strauss, le patron de l'institut de recherche Climate Central.

"C'est suffisant pour effacer de la carte la plupart des villes côtières", poursuit le chercheur qui avait déjà mis en avant dans une étude publiée en 2015 ce chiffre de 280 millions.

Selon ses recherches, une partie importante de la population de grandes villes se retrouverait sous l'eau, à Hong Kong (31%), Shanghaï (39%), Bombay (27%), Calcutta (24%), Amsterdam (92%), Bangkok (42%) ou Miami (43%).

Là où ce sera techniquement et financièrement possible, certains aménagements pourront être réalisés pour éviter la submersion. New York envisage par exemple des travaux de protection qui coûteront des milliards de dollars.

Les scientifiques estiment que la montée des eaux pourrait être de près d’un mètre d’ici 2100 si les émissions ne diminuent pas. AFP/François Lo Presti

Les scientifiques estiment que la montée des eaux pourrait être de près d’un mètre d’ici 2100 si les émissions ne diminuent pas. AFP/François Lo Presti

"Des digues de plus en plus hautes devront être construites", mais "voulons-nous vivre au fond d'une cuvette et à quelle profondeur ?", lance Ben Strauss. "En cas de méga-tempête, ou si quelqu'un pose une bombe..., plus la cuvette est profonde, plus elle se remplit vite".

Certaines communautés, notamment dans les régions polaires, risquent de toute façon d'"atteindre les limites de l'adaptation bien avant la fin du siècle" et certaines Etats insulaires pourraient devenir "inhabitables", estime le projet de rapport de l'ONU examiné à Monaco à partir de vendredi.

Qui protéger ou sacrifier ?

Cette dernière prédiction pourrait se réaliser très rapidement. Selon une étude parue en 2018 dans la revue Science Advances, la plupart des milliers d'atolls tropicaux seront inhabitables d'ici à 2050. Non parce qu'ils auront disparu sous les eaux -ce qui ne devrait pas se produire avant 2100 ou 2150- mais parce que la fréquence des inondations marines provoquera la contamination de l'eau potable.

Face à cet avenir sombre, "beaucoup de gouvernements de petits Etats insulaires sont pris dans un dilemme", note François Gemenne, un spécialiste en géopolitique de l'environnement travaillant à l'université de Liège.

Réfugiés climatiques au Bangladesh, mars 2014

Réfugiés climatiques au Bangladesh, mars 2014

"Ça pourrait sembler une bonne stratégie de négocier des accords de migration", explique-t-il à l'AFP. Mais "ils estiment que ça signifierait baisser les armes face au changement climatique".

Dans tous les cas, petites iles peu peuplées ou grandes mégalopoles côtières, cette "redistribution d'une partie de la population mondiale" doit être "organisée", "sur plusieurs générations", plaide le chercheur.

"Le pire serait d'attendre le dernier moment et d'être obligé de déclencher des opérations humanitaires" pour reloger dans l'urgence ces populations "sans qu'elles aient pu décider où refaire leur vie ailleurs", souligne-t-il.

Et même si ces mouvements de population devraient être principalement internes, selon les experts, ils n'iront pas sans difficultés.

Quelles populations protéger ? Quelles populations déplacer, comment, avec quelles compensations ? Pour certains gouvernements, « les populations les plus défavorisées ne seront pas forcément en haut de la liste et on imagine les tensions que vont provoquer les choix entre ceux qu'on protège et ceux qu'on sacrifie », prédit François Gemenne.

Le niveau de la mer n'est en plus pas le seul effet du réchauffement appelé à chasser de plus en plus de gens de chez eux.

Selon l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), 16 millions de personnes ont été déplacées en 2018 par des événements météo extrêmes appelés à se multiplier. 680 millions de personnes habitent dans des régions dont l’altitude ne dépasse pas dix mètres. Le dérèglement climatique est devenu un "moteur de migration", mettait en garde l'an dernier la Banque mondiale, qui prédit 143 millions de "migrants climatiques" d'ici à 2050.

Et si pour certains, il existe un espoir de rentrer un jour, pour ceux acculés par la montée des eaux, "ce sont des migrations sans retour possible", insiste François Gemenne.

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 10:16

François Sureau, avocat aux conseils et écrivain, s’alarme du désintérêt croissant des citoyens pour ce fondement de la démocratie qu’est la liberté, tandis que les gouvernements grignotent l’Etat de droit dans une indifférence totale. Ecouté des politiques, proche de François Fillon comme d’Emmanuel Macron, l’avocat remet, sans prendre de gants et sans illusions, la liberté au cœur de ce qui devrait être la conscience politique. Extraits de « Sans la liberté » , à paraître le 26 septembre chez Gallimard, collection « Tracts ».

François Sureau (photo Editions Tallandier)

François Sureau (photo Editions Tallandier)

Chaque année un peu plus depuis vingt ans, les plaques tectoniques de notre société politique se déplacent dans une mesure telle que j’ai fini, comme bien d’autres, par me demander si l’amour de la liberté, ou celui de l’Etat de droit qui vise à le garantir, n’étaient pas un simple vernis, une référence morte, un propos de fin de banquet. Je parle moins ici des coups de canif, bientôt de scie égoïne, portés à la Constitution, que des raisonnements produits en nombre pour les justifier, et qui semblaient passer sans obstacle de la police aux procureurs, des procureurs aux parlementaires, personne ne paraissant s’aviser de l’étrangeté d’un ordre où on laisserait aux chiens de garde le soin de redessiner la maison.

Je me suis aperçu qu’il suffisait d’un rien – même si ce à quoi nous assistions pouvait chaque jour plus difficilement être assigné à cette catégorie – pour que l’air de la liberté se raréfie. Pire encore, que personne ne paraissait étouffer pour autant. Un jour viendra peut-être où nous pourrons recommander sans nous trahir de remplacer le blanc au milieu du drapeau tricolore par un beau gris préfectoral.

Que les gouvernements, celui d’aujourd’hui comme les autres, n’aiment pas la liberté, n’est pas nouveau. Les gouvernements tendent d’abord à l’efficacité. Que des populations inquiètes, après un demi-siècle passé sans grandes épreuves et d’abord sans guerre, du terrorisme ou d’une insécurité diffuse ne soient pas portées à faire le détail n’est pas davantage surprenant. Mais il ne s’agit pas de détails. L’Etat de droit, dans ses principes et dans ses organes, a été conçu pour que ni les désirs du gouvernement ni les craintes des peuples n’emportent sur leur passage les fondements de l’ordre politique, et d’abord la liberté.

C’est cette conception même que, de propagande sécuritaire en renoncements parlementaires, nous voyons depuis vingt ans s’effacer de nos mémoires sans que personne ou presque ne semble s’en affliger. Je tiens pour vain l’exercice de l’indignation. L’indignation suppose je ne sais quel optimisme que je ne partage plus, l’idée qu’une protestation bien argumentée pourrait faire dévier le cours des choses. Nous n’en sommes plus là. Nous nous sommes déjà habitués à vivre sans la liberté. (…)

Les hasards de la vie m’ont amené à voir comment se prenaient les décisions qui affectent nos libertés, qu’elles soient gouvernementales, législatives ou juridictionnelles. Je n’ai pas été rassuré à ce spectacle, qui m’est apparu comme celui de la démission des acteurs principaux de la démocratie représentative face aux réquisitions intéressées des agents de la répression. A eux non plus il n’est pas possible d’en vouloir, mais bien plutôt à ceux qui ont la charge de les contrôler et de les commander et qui s’en abstiennent, soit par incapacité, soit par inculture – je parle ici d’inculture constitutionnelle –, soit par démagogie. On peut tenir pour peu de chose la déclaration de tel ministre de l’intérieur selon laquelle les forces de l’ordre le trouveront toujours derrière elles, pour les suivre en effet et les absoudre autant qu’il est possible, et non pas devant elles, pour les commander. On peut aussi y voir l’aveu d’une démission que tous les grands mots du monde ne pourront plus effacer de notre mémoire collective, si du moins nous ne cessons pas d’oublier que nous sommes des citoyens avant d’être des électeurs.

Citoyens, tant que nous le restons, nous devons accepter de prendre sur nous une large part des fautes de ceux que nous nous sommes donnés pour nous diriger. Il n’y a pas de ministre de l’intérieur. Il dépend à la fin de nous que ceux qui gouvernent et répriment puissent ou non aller jusqu’au bout de cette inclination à l’autoritarisme qui est le lot de tout pouvoir, raison pour laquelle nos constituants ont voulu précisément que les pouvoirs fussent séparés. C’est pourquoi l’article 16 de la Déclaration dispose que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Ce texte, comme la plupart de ceux de son époque, mêle l’optimisme quant aux citoyens – jugés capables de discernement et d’action – et le pessimisme quant aux gouvernants – jugés portés à abuser des pouvoirs et à méconnaître les droits. Ces deux propositions tendent à s’inverser ces jours-ci.

Un édifice des droits parcouru de lézardes

Ce que je disais du ministre de l’intérieur vaut pour les autres. Le plus souvent les ministres n’existent pas, les ministres d’aujourd’hui moins que ceux du régime parlementaire. Sitôt nommés, ils vivent dans la crainte d’un mot du président, dans l’angoisse d’une note technique défavorable produite par un de ses conseillers, d’une révélation de presse, obligés d’être partout, au Parlement ou à la radio, de tweeter, d’exister enfin. Les ministres ne sont que notre miroir, certes taché par la buée de leurs ambitions, ou notre image collective par instants se voile, mais pas davantage. (…)

Après vingt ans, tous les gouvernements, tous les Parlements y ayant prêté la main, nous pouvons regarder un édifice des droits parcouru de lézardes. Une part de la difficulté vient de ce que ces lézardes ne sont pas toujours perceptibles, hors le spectacle des forces de l’ordre armées en guerre patrouillant dans les rues des villes, l’abus des sirènes de police, la recension des blessures mutilantes dues aux armes modernes. Lorsqu’on les perçoit, nombreux sont ceux parmi nous qui sont portés à détourner le regard, à absoudre les fautes parce que les temps sont difficiles. L’excuse est commode. Les temps sont toujours difficiles pour ceux qui n’aiment pas la liberté.

Notre système des droits n’a pas été pensé seulement pour les temps calmes. A l’époque où il est apparu sous sa forme moderne, l’insécurité était assez générale. On ne traversait pas la forêt de Bondy sans escorte. C’est en des temps bien plus calmes que nous nous sommes éloignés des principes. Il n’est pas nouveau que les gouvernants s’impatientent de la liberté. Il est plus étonnant que le citoyen y consente, parce qu’il est inquiet bien sûr, mais plus profondément parce qu’il se pense moins désormais comme citoyen que comme individu, réclamant des droits pour lui et des supplices pour les autres, prêt à ce que la liberté de tous s’efface pour peu qu’on paraisse lui garantir la sienne, sous la forme d’une pleine capacité de jouissance des objets variés qu’il aime. Bernanos écrit que la liberté des autres lui est aussi nécessaire que la sienne. Cette idée n’est plus si communément partagée. Les gouvernements n’ont pas changé. C’est le citoyen qui a disparu.

Nous pouvons voir à présent où ce chemin nous mène. Il s’en est fallu de peu que, sous prétexte de terrorisme, ne soit introduit dans le droit français un pur délit cognitif, celui de la consultation de sites Internet, motif pris de leur caractère dangereux ; c’est-à-dire que nous consentions à cette censure qui, à la fin, ne peut se fonder que sur l’idée que le citoyen n’est pas un être majeur et capable de discernement ; il s’en est fallu de peu que, répudiant une conception qui animait notre droit criminel depuis le Moyen Age, nous ne considérions qu’il était possible de condamner quelqu’un sur la vague intention du passage à l’acte, sans même pouvoir relever un commencement d’exécution ; il s’en est fallu de peu que les agents du gouvernement ne pussent assigner à résidence de simples suspects, comme sous la Terreur ou dans les pires moments de la Restauration. Gouvernements et Parlement de droite et de gauche ayant cédé sous la vague, par lâcheté, inculture ou démagogie, il n’a dépendu que du Conseil constitutionnel que ces errements soient arrêtés. Encore n’est-ce, on peut le redouter, que temporaire. Tout le monde voit bien, si l’on en juge par tant de déclarations fracassantes, que le moindre attentat nous met à la merci des mêmes emportements.

Ce qui est troublant, c’est qu’on ne peut pas les réputer fondés sur la recherche d’une efficacité maximale dans la répression. Le droit pénal français, modifié pratiquement chaque année depuis dix ans, est l’un des plus durs qui soient, et personne ne peut tenir les procureurs et les juges du siège pour des agneaux bêlant les litanies de l’humanitarisme. Ainsi le sacrifice des principes ne sera-t-il jamais payé d’une autre monnaie que celle de l’abaissement en pure perte. Tout se passe comme si, depuis vingt ans, des gouvernements incapables de doter, de commander, d’organiser leur police ne trouvaient d’autre issue que celle consistant à restreindre drastiquement les libertés pour conserver les faveurs du public et s’assurer de son vote, dans une surprenante course à l’échalote qui nous éloigne chaque année un peu plus des mœurs d’une véritable démocratie. (…)

Nous avons renoué avec une préférence ancienne

Ce qui est inattendu, c’est que les atteintes portées au droit depuis vingt ans ont été le fait de gouvernements et de Parlements en réalité plutôt centristes. De tels pouvoirs ne sont d’ordinaire pas portés aux excès dans la gestion des libertés publiques, puisqu’ils ne peuvent se réclamer d’aucun horizon, d’aucune perspective qui les justifieraient. Si bien que le viol des libertés par un gouvernement généralement centriste manifeste simplement son manque de fermeté d’âme dans l’occupation du terrain qui est le sien propre, ce qui, et de loin, ne permet pas de l’absoudre. Pris d’ailleurs dans une autre perspective cavalière, celle qui embrasse les deux camps opposés qui ont longtemps structuré la vie politique française, le paysage n’est pas plus hospitalier : la gauche a abandonné la liberté comme projet. La droite a abandonné la liberté comme tradition, comme élément central d’une tradition nationale au sens de Burke. Le premier camp réclame des droits « sociétaux » comme on dit aujourd’hui, dans un long bêlement progressiste, le deuxième réclame des devoirs dans un grand bêlement sécuritaire.

Nous avons renoué avec une préférence ancienne pour l’ordre social, justifiant de tenir pour négligeables, comme sous la Terreur, l’Empire, la République de l’ordre moral ou le régime de Vichy, les atteintes portées aux libertés individuelles. Nous nous sommes engagés dans cette logique de l’office si bien décrite par Agamben, une logique dans laquelle les droits sont définis par les titulaires des offices au lieu que les citoyens n’imposent à ceux-ci la norme de leur liberté. Et c’est ainsi que le ministre de l’intérieur a pu faire voter une disposition qui fait, sur près du tiers du territoire, du contrôle administratif au faciès la norme, et cela dans un texte visant à réprimer le terrorisme, liant ainsi de manière insultante et injuste le terrorisme à l’étranger, dans l’indifférence à peu près générale ; c’est ainsi que le président de la commission des lois du Sénat a réintroduit le délit d’opinion dans le droit français quarante-huit heures après l’annulation par le Conseil constitutionnel du délit de consultation des sites terroristes ; c’est ainsi qu’un Parlement égaré aura consacré, sans que le Conseil constitutionnel y fasse vraiment obstacle, le principe selon lequel les agents du gouvernement peuvent trier parmi les citoyens ceux qui sont admis à manifester. (…)

Nous avions fait des droits de l’homme le principe de notre gouvernement, mais nous n’avons pas cessé de nous trouver de bonnes raisons de les méconnaître, si bien que nous n’avons plus ni vraiment de liberté ni vraiment de gouvernement. Nous sommes devenus incapables, par voie de conséquence, de respecter ces instruments qui ne sont que des instruments mais qui conditionnent l’exercice de la liberté effective, et d’abord la séparation des pouvoirs, continûment violée dans sa lettre et dans son esprit depuis près de dix ans, au mépris des droits du citoyen.

C’est un ministre de l’intérieur ou des syndicats de police, on ne sait trop, critiquant les décisions des tribunaux répressifs. C’est un président de la République missionnant, à propos de la rétention de sûreté, le premier président de la Cour de cassation pour qu’il lui indique comment contourner la jurisprudence constitutionnelle. C’est le Sénat recueillant des déclarations sous serment en période d’enquête judiciaire au mépris des principes élémentaires de la procédure pénale. Les exemples sont innombrables de cette dégradation de nos mœurs.

A la fin nous sommes devenus cette nation que les pauvres indiffèrent mais qui va ficher les cyclistes, que le costume des femmes dérange sur les plages mais qui se voile la face devant le harcèlement d’une crèche par des fanatiques religieux, et qu’aucun principe ne retient plus lorsqu’il s’agit de réclamer les échafauds pour les puissants et des bagnes pour le commun des mortels. Qu’est-ce qu’une société juste ? Comment l’atteindre ? Qu’est-ce qu’une société libre ? Comment peut-on la défendre sans la faire disparaître ?

Devant nous ces questions, non pas, si je puis dire, intactes mais dégradées. Une génération de politiques formés par l’administration, serviteurs devenus maîtres, aura renoncé à l’action véritable tout en diminuant nos libertés. Nous ne jouissons plus vraiment des avantages, il y en avait, de l’Etat gaullien. Nous sommes régis désormais par ces autorités indépendantes anonymes dont la bureaucratie augmente paradoxalement avec les injonctions de la doxa concurrentaliste. Les fonctionnaires ne dirigent plus mais « animent », et dans le même temps, les juges ne sauraient vraiment, faute de moyens, remplir l’espace laissé vide par la décadence des exécutifs. Et je persiste à trouver étrange que, dans ces circonstances, on fasse plutôt le procès de la presse, qui n’est après tout qu’un pouvoir social, que celui des institutions que la Constitution a établies.

Soumis à l’imperium d’autorités dégradées et de personnalités faibles, nous nous sommes en outre laissé empoisonner l’esprit par un langage abâtardi qui emprunte à tous les registres, à la psychologie, à la mécanique des fluides, à tous les registres sauf à celui de la politique. Le vocabulaire proprement politique disparaît avec les idées qui le fondaient, et emprunte de plus en plus à la médecine (les « phobies »), à l’ingénierie (les « chantiers »), à l’art militaire (les « gardes rapprochées »), à l’anthropologie (les « familles politiques »), au théâtre (l’« acte XXX des « gilets jaunes » », l’« acte II » du quinquennat).

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 09:02
Sur le quai du RER B à la station Saint-Michel, à Paris, le 25 juillet 2015. (PAUL-MARIE GUYON / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Sur le quai du RER B à la station Saint-Michel, à Paris, le 25 juillet 2015. (PAUL-MARIE GUYON / CITIZENSIDE.COM / AFP)

« Trois cents bouches du métro rejettent des particules fines à des niveaux de danger exceptionnels », déclarait au Monde Anne Hidalgo, lundi 16 septembre, avant la publication d’une cartographie inédite révélant les zones les plus polluées de la capitale. Une équipe du CNRS, épaulée par l’association Respire, a mesuré en juin ces particules fines dans le métro et dans le RER avec un appareil de haute précision (LOAC). Les résultats, diffusés mercredi 18, sont sans appel : « L’air est nettement plus pollué en particules fines dans le métro que dans l’air ambiant extérieur. »

A la station du RER A, gare de Lyon, les concentrations de PM10 (inférieurs à 10 micromètres), les particules les plus grossières, ont atteint jusqu’à dix fois celles mesurées à la surface : 300 microgrammes par mètre cube (µg/m3) contre 30 µg/m3 à l’extérieur. L’écart est également important pour les PM2,5 (inférieurs à 2,5 µm) : 50 µg/m3 versus 15 µg/m3. Mais les résultats sont encore plus impressionnants lorsque l’on s’intéresse aux particules ultrafines (PUF), d’un diamètre inférieur à 0,1 µm, que ni les appareils de surveillance mis en place par la RATP sur son réseau ni ceux d’Airparif ne mesurent, en l’absence de normes.

« Un niveau jamais atteint en extérieur »

La concentration en PUF a atteint en juin environ 300 µg/m3, gare de Lyon. « Un niveau jamais atteint en extérieur, où on reste en général en dessous de 10 µg/m3 », souligne Jean-Baptiste Renard, du Laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace du CNRS, qui a conduit ce projet. Les mesures en concentration ne rendant qu’imparfaitement compte de la pollution lorsqu’il s’agit de particules aussi fines, il faut aussi les dénombrer. Et, sur le quai du RER A, les scientifiques en ont compté beaucoup : entre 300 millions et 800 millions de particules par mètre cube. Soit 10 fois plus qu’à l’extérieur. Des niveaux similaires ont été relevés sur les quais de la ligne 4 du métro, à la station Châtelet.

Des mesures ont également été faites à la station Cité et dans une rame de la ligne 10 entre Odéon et Gare d’Austerlitz. Les niveaux de pollution constatés à l’intérieur de la rame sont inférieurs à ceux mesurés dans les couloirs. Et sur les quais, c’est en tête que les pics ont été mesurés. Conseil d’Olivier Blond, le président de Respire : « N’attendez pas votre RER près de l’entrée du tunnel ! »

Pour le spécialiste de la pollution de l’air, il s’agit d’« en finir avec l’omerta ». « Tout le monde sait que le métro est pollué, mais rien ne changera tant que la RATP refusera de reconnaître la gravité du problème. Les mesures que nous avons effectuées, c’est la régie qui aurait dû les faire depuis longtemps. » A la RATP, on fait valoir que des mesures de qualité de l’air sont pratiquées « depuis vingt ans » et mises à disposition du public depuis 2018, que 56 millions d’euros auront été investis entre 2016 et 2020 pour renouveler les systèmes de ventilation, ou encore qu’une expérimentation est en cours pour « capter les particules métalliques au freinage », considérées comme la principale source de pollution.

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 09:13

L’étude menée à Paris, Berlin, Madrid, Londres… révèle des niveaux de pollution de l’air intérieur loin des normes sanitaires. D’après Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) et Stéphane Mandard pour Le Monde le 18 septembre 2019. Lire aussi La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève, Pollution de l’air : le match du siècle , Paris, encore loin des villes européennes modèles pour la pollution de l’air et la mobilité, La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année et Médecins et associations unissent leurs voix pour rappeler l’urgence d’agir face à la pollution de l’air.

Les écoles cernées par la pollution dans six capitales européennes

La pollution de l’air ne s’arrête pas aux portes des écoles, ni à celles des salles de classe. Telle est la conclusion d’une étude menée par l’ONG européenne Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) dans six capitales en proie à des problèmes récurrents de qualité de l’air : Paris, Londres, Berlin, Madrid, Sofia et Varsovie.

Trois polluants (dioxyde d’azote, particules fines et dioxyde de carbone) ont été mesurés entre mars et mai dans cinquante établissements. Les résultats ont été publiés mercredi 18 septembre. Ils font apparaître des tendances alarmantes communes à toutes les villes.

Du dioxyde d’azote (NO2), gaz toxique émis principalement par le trafic routier et en particulier les véhicules diesels, a été détecté à l’intérieur de toutes les salles de classe dans l’ensemble des écoles et parfois à des niveaux importants.

Les concentrations en particules fines (PM 2,5, inférieurs à 2,5 micromètres de diamètre) dépassent souvent la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) en moyenne annuelle. La plupart des salles de cours présentent des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) supérieurs au seuil recommandé de 1 000 particules par million (ppm).

Record dans une école parisienne

Les écoles cernées par la pollution dans six capitales européennes

Les résultats concernant le NO2 sont éloquents. Dans certaines classes, les concentrations frôlent les limites européennes en vigueur pour l’air extérieur (40 µg/m3 en moyenne annuelle). Ainsi, 35 µg/m3 ont été relevés dans une école de Madrid.

Dans d’autres établissements, les concentrations retrouvées à l’intérieur des salles dépassent même les niveaux mesurés en extérieur, à l’entrée de ces écoles : 30 µg/m3 versus 22 et 23 versus 16 pour deux écoles de Sofia, 13 versus 6 pour un établissement berlinois. Et, dans de nombreux cas, les niveaux mesurés à l’entrée des écoles oscillent entre 35 et 43 µg/m3, le record revenant à une école maternelle parisienne avec un taux de 52 µg/m3, soit largement au-delà de la limite légale européenne.

« L’objectif de notre travail n’était pas de comparer les villes entre elles, mais de mobiliser les décideurs locaux à travers l’Union européenne autour d’un défi de santé publique récurrent. A savoir que, pour garantir la qualité de l’air intérieur dans les écoles – là où respirent les membres d’une catégorie particulièrement vulnérable de la population –, il est indispensable de réduire la pollution extérieure », commente Sophie Perroud, de HEAL, qui regroupe plus de 70 organisations spécialisées dans les questions de santé-environnement.

A Paris, la campagne de mesures a été pilotée par France Nature Environnement (FNE). Elle complète les données publiées en mars par l’association Respire indiquant que les niveaux de pollution aux abords des établissements scolaires dépassent souvent les normes sanitaires. Six écoles maternelles et primaires représentant près de 1 000 élèves ont accepté de participer à l’étude. Choisies de façon à obtenir des profils différents (proximité avec un axe urbain, quartier…), elles ont préféré garder l’anonymat.

Mauvaise ventilation

Quatre écoles présentent des concentrations de CO2 « très supérieures aux niveaux recommandés » (entre 1 062 et 1 525 ppm), indiquant une mauvaise ventilation, pourtant indispensable pour la santé et la concentration des enfants. Les niveaux de particules fines PM 2,5, les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans l’organisme, dépassent la norme de l’OMS dans quatre d’entre elles, et de plus du double pour trois écoles (avec 20, 23 et 25 µg/m3).

Les résultats sont particulièrement préoccupants pour une école primaire du centre de Paris. Située à proximité d’un grand boulevard, elle cumule niveaux très élevés de CO2 (1 525 ppm) et de NO2 (52 µg/m3 à l’entrée de l’école, 27 µg/m3 en salle).

« La circulation routière et les chantiers de construction constituant la principale source de pollution de l’air extérieur, les écoles ont besoin que les maires agissent en vue de trouver des solutions permettant de la réduire, commente Alain Chabrolle, vice-président de FNE. Paris est en train de mettre en place quelques mesures, mais il est possible de faire davantage, en particulier autour des écoles avec, par exemple, des limitations de vitesse plus strictes, des zones à faibles émissions ou des zones à péage urbain. »

FNE et HEAL réclament aussi un « meilleur contrôle » et « des amendes plus dissuasives pour le non-respect de la vignette Crit’Air », qui interdit aux véhicules les plus polluants (Crit’Air 5 et 4) de circuler dans Paris en semaine. Les ONG plaident également pour un « renforcement du contrôle réglementaire et scientifique citoyen de la qualité de l’air dans les écoles ». Annoncé par la mairie avant l’été, le déploiement de 150 capteurs dans une cinquantaine d’établissements jugés prioritaires doit s’intensifier à partir du 20 septembre.

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 09:06

Le dérèglement climatique change les cadres du débat politique et devient un prisme incontournable de lecture du monde, explique François Gemenne, chercheur en sciences politiques, rattaché à l’université de Liège et enseignant à Sciences Po. Dans ce contexte, les chercheurs ont un rôle majeur à jouer et ne peuvent pas se dérober. Entretien avec Alexandre-Reza Kokabi et Lorène Lavocat pour Reporterre, mai 2019. Lire aussi  François Gemenne : « La France terre d’asile est une légende » et  Aux origines climatiques des conflits.

François Gemenne : « Le problème n’est pas tant le capitalisme que le court-termisme »

Reporterre — Dans votre enfance, quel était votre rapport à la politique et à l’écologie ?

François Gemenne — Mes parents étaient professeurs de lycée à Liège, en Belgique. J’ai grandi dans un milieu assez privilégié, très culturel. Petit, je regardais le journal télévisé et je connaissais les noms des principaux hommes et femmes politiques. Dans les supermarchés, je montais souvent sur des tabourets et je haranguais les gens en disant « je suis François Mitterrand », parce que j’avais identifié que Mitterrand portait le même prénom que moi.

J’étais déjà sensible aux questions écologiques, particulièrement la disparition des espèces. À l’école primaire, nous avions lancé un journal qui s’appelait Le Cri de la nature. Avec quelques amis, on rédigeait des articles sur les espèces en danger, on les photocopiait chez nous, et on vendait ce journal dans la cour de récréation. La revue marchait bien !

Plus tard, vous avez d’abord souhaité devenir diplomate, avant d’hésiter entre une carrière politique — vous étiez membre du parti belge Écolo — et le monde de la recherche… Qu’est-ce qui vous a fait pencher pour la recherche ?

L’affaire Francorchamps. Le parti Écolo avait réussi à faire voter une loi qui interdisait la publicité pour le tabac dans l’espace public. La Belgique avait un grand prix de Formule 1, Spa-Francorchamps, largement sponsorisé par les cigarettiers. Et l’infâme Bernie Ecclestone, grand patron de la Formule 1 à l’époque, avait dit : « Si la Belgique maintient cette loi, je retire le grand prix du calendrier. » La plupart des partis étaient prêts à faire une exception « Francorchamps », mais les Verts ont tenu bon. Ils sont apparus comme les fossoyeurs de l’économie, et ils se sont pris une dégelée électorale en 2004, où ils ont perdu la moitié de leur électorat.

Plutôt que de me retrouver politique dans l’opposition, j’ai décidé de mettre ce moment de disette électorale à profit pour faire une thèse sur les réfugiés écologiques. À l’époque, très peu de gens en parlaient, ça apparaissait comme un sujet de niche tout à fait anecdotique.

« En faisant de la recherche, je fais aussi de l’action politique, et je pense plus efficacement que si j’étais député. Nous devons nous investir dans les débats publics plutôt que de les fuir, comme certains collègues le font. »

« En faisant de la recherche, je fais aussi de l’action politique, et je pense plus efficacement que si j’étais député. Nous devons nous investir dans les débats publics plutôt que de les fuir, comme certains collègues le font. »

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Lors d’un stage à l’ONU, en 2001-2002, je me suis retrouvé coincé dans un ascenseur avec Enele Sopoaga, qui était ambassadeur du Tuvalu aux Nations unies. Il m’a expliqué que Tuvalu venait de réunir assez d’argent pour payer la cotisation d’adhésion à l’ONU et que sa mission était d’alerter les États sur la hausse du niveau des mers et la potentialité que les Tuvaliens deviennent des réfugiés climatiques. J’avais été fasciné par cette histoire. Par la suite, j’ai passé plusieurs mois à Tuvalu, un an à La Nouvelle-Orléans avec ceux qui avaient subi l’ouragan Katrina, puis avec les déplacés de la catastrophe de Fukushima.

Au cours de ma thèse, le sujet a trouvé de plus en plus d’écho et j’ai été sollicité pour en parler. En 2010, au moment de la COP16 à Cancún (Mexique), nous, chercheurs, sommes parvenus à faire passer dans la négociation internationale l’idée que les gens migrent aussi pour s’adapter, et pas seulement parce qu’ils ont échoué à s’adapter. Les migrations ont été reconnues comme une stratégie possible d’adaptation qui peut recevoir des financements.

Sur les migrations, des chercheurs se sont transformés en entrepreneurs politiques, pour porter cette cause, de la même manière que le Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] est un entrepreneur politique sur la question du changement climatique.

Aujourd’hui, vous vous considérez donc comme un « chercheur entrepreneur politique » ?

La recherche, c’est le contraire de la tour d’ivoire. Être chercheur, c’est la plus grande possibilité de changer les choses, car la science pose les cadres du débat. En faisant de la recherche, je fais aussi de l’action politique, et je pense plus efficacement que si j’étais député. Nous devons nous investir dans les débats publics plutôt que de les fuir, comme certains collègues le font.

Quitte à accepter, comme vous l’avez fait, de débattre dans les médias avec des membres du Rassemblement national ?

Il faut accepter des débats avec des gens qui ne pensent pas comme nous, et même avec des gens qui font leur fonds de commerce de mensonges et de rumeurs. Quand Benoît Hamon ou Europe Écologie-Les Verts (EELV) m’ont sollicité pour les conseiller, j’ai évidemment dit oui. Mais je considère qu’un chercheur n’a pas à être partisan : il est au service de tous les partis démocratiques, pour que la décision publique et les orientations politiques s’appuient sur des faits et sur de la science. Particulièrement aujourd’hui dans un monde de « post-vérité », où tout le monde a tendance à transformer les informations. C’est pourquoi, à l’époque où Sarkozy était à l’UMP, j’étais intervenu à sa demande lors d’un congrès. Et c’est pourquoi je ne suis plus membre d’aucun parti politique. En tant que chercheur, on ne peut pas sombrer dans la partisanerie.

On a souvent cette image du chercheur qui doit, au nom d’une objectivité, rester neutre. Pour vous, ça n’a pas de sens ?

Le chercheur doit être honnête, il ne doit pas être neutre. La science n’est pas neutre. Quand on travaille sur des phénomènes aux implications sociales aussi importantes que le changement climatique ou les migrations, on ne peut pas publier ses résultats dans des revues académiques et ne pas prendre part au débat. Le climatologue qui fait des mesures de concentration de gaz à effet de serre et qui voit que ça s’emballe, ne peut pas se contenter de publier ses travaux dans Global Environmental Change. Bien sûr qu’il doit sonner l’alarme, bien sûr qu’il doit s’impliquer dans le Giec ! Je me reconnais tout à fait dans la démarche du Giec : fournir un condensé de la science, et laisser les politiques prendre leurs décisions.

Que disent les migrations environnementales du monde dans lequel nous vivons ?

Elles disent que les problèmes sont profondément imbriqués les uns dans les autres : ces migrations sont tout autant économiques et politiques qu’environnementales, elles ne sont pas séparées des autres dynamiques migratoires. En Afrique subsaharienne, la moitié des gens dépendent de l’agriculture de subsistance, et c’est leur principale source de revenus. Si l’environnement se dégrade, si les températures ou la pluviométrie changent, ils perdent leur source de subsistance.

Avec le changement climatique, toute une série de cadres d’analyse n’a plus de sens : les frontières, la souveraineté. Qu’est-ce que veut dire la souveraineté nationale à Tuvalu, quand les côtes de votre pays sont grignotées par la mer en raison du mode de vie d’autres pays, à l’autre bout du monde ? Que veut dire le concept de frontière quand la géographie des cartes est complètement redessinée ?

Les migrations environnementales nous disent qu’aujourd’hui le futur et le présent de populations sont complètement transformés à cause de facteurs sur lesquels ils n’ont plus aucune prise. Ça implique de penser les choses de manière « anthropocénique » : notre place sur cette planète ne s’arrête pas à nos frontières nationales et notre responsabilité en tant qu’humains ne s’arrête pas à des frontières géographiques ou générationnelles. Il faut repenser les relations internationales pour les transformer en relations globales.

« Il faut concevoir les luttes et mobilisations locales comme étant une déclinaison de l’international. On ne peut pas se dire “je vais aller tout seul cultiver mon lopin de terre en permaculture et tant pis pour les autres” ».

« Il faut concevoir les luttes et mobilisations locales comme étant une déclinaison de l’international. On ne peut pas se dire “je vais aller tout seul cultiver mon lopin de terre en permaculture et tant pis pour les autres” ».

Lors de notre dernier entretien, vous aviez souligné la tendance des luttes écolos à se replier dans le cadre des frontières et se concentrer sur des solutions principalement locales. N’est-ce pas la preuve d’un échec de l’action internationale ?

Oui, mais c’est une défaite à laquelle je ne me suis pas encore résolu. La politique internationale est extrêmement décevante, malgré certaines avancées. L’Accord de Paris reste un succès important, le pacte mondial de l’ONU sur les migrations aussi. C’est compliqué de penser l’action au niveau international mais le localisme est un repli qui va à l’encontre de tout ce que je suis. Ce n’est pas un hasard si le Rassemblement national (RN) a choisi le localisme comme son nouveau credo écologiste.

Les mobilisations étudiantes pour le climat ou l’Affaire du siècle sont essentielles, mais exiger de la France qu’elle réduise ses émissions, c’est insuffisant. Même si nous devenions un pays exemplaire, ça ne changerait quasiment rien au dérèglement climatique global. Il faut aussi demander que la France fasse tout ce qu’elle peut pour réduire les émissions à l’étranger, en subsidiant massivement les renouvelables partout dans le monde, en cessant les subsides aux énergies fossiles.

Comment peut-on agir au niveau international ?

Il faut concevoir les luttes et mobilisations locales comme étant une déclinaison de l’international. On ne peut pas se dire « je vais aller tout seul cultiver mon lopin de terre en permaculture et tant pis pour les autres ».

Il faut soutenir des mouvements sociaux ou des ONG, comme 350.org ou Greenpeace, qui dépassent les frontières. Ensuite, il faut faire pression collectivement sur des banques ou des entreprises multinationales. Je suis révulsé quand des gens viennent me dire « qu’est-ce qu’on peut y faire, de toute façon, on est en France, ce sont des multinationales qui décident ». Les banques qui investissent massivement dans les énergies fossiles sont BNP Paribas et la Société générale. Lafarge est le numéro 1 du ciment, Nissan Renault est le numéro 1 de l’automobile ! Je suis effrayé de voir combien les gens se sentent déconnectés de l’action internationale. La France a un siège au Conseil de sécurité, nom d’un chien (sic) ! Qu’on puisse se sentir impuissant quand on est dans un minuscule pays comme Sao Tomé-et-Principe ou Tuvalu, d’accord, mais quand vous êtes Français, vous ne pouvez pas dire des choses comme ça.

Vous retrouvez-vous dans les actions d’ANV-COP21, qui a bloqué des sièges de multinationales ?

Bien sûr, ça permet de mettre l’accent là où il y a un problème. Mais la question c’est aussi : comment travailler avec ces entreprises pour les faire changer. Car, dans dix ans, ces entreprises seront toujours là. Donc, soit on se dit que ce sont de grands méchants avec qui on ne peut rien faire, soit on cherche à les faire changer. Le but n’est pas de fermer Total, mais de transformer l’entreprise en leader énergétique d’un monde post-carbone. Il faut aussi mettre le doigt sur l’hypocrisie, et dénoncer les partenariats de Total avec Sciences Po. Mais j’ai peur que si on se dit « il faut tout renverser, il faut sortir du capitalisme », on n’ait pas le temps.

« Je ne fais pas partie de ceux qui vont dire « sale flic », parce qu’eux aussi sont sous tension et ils ne sont jamais que les instruments d’ordres qui leur sont donnés par la préfecture ou par le ministère. Mais je pense que Castaner devrait démissionner immédiatement. »

« Je ne fais pas partie de ceux qui vont dire « sale flic », parce qu’eux aussi sont sous tension et ils ne sont jamais que les instruments d’ordres qui leur sont donnés par la préfecture ou par le ministère. Mais je pense que Castaner devrait démissionner immédiatement. »

À l’inverse, beaucoup de personnes disent qu’on n’a pas le temps pour les petits pas, pour changer les pratiques dans telle et telle entreprise, et que la seule solution, c’est de changer radicalement les choses. Qu’en pensez-vous ?

Je voudrais pouvoir croire au grand soir. Mais c’est un risque considérable à prendre, et vu les enjeux, je n’y suis pas prêt. Car peut-être qu’en 2022 tout va s’écrouler et qu’on mettra autre chose en place. Mais si ça n’arrive pas très très rapidement… on est foutus. Tandis que je vois ce qu’il est possible de faire au quotidien en travaillant avec ces entreprises, et ce n’est pas forcément une stratégie des petits pas. Il s’agit de leur montrer à quel point, sur le long terme, elles ont intérêt à la transition écologique, y compris en matière de profit. Le problème aujourd’hui n’est pas tant le capitalisme que le court-termisme. Les entreprises sont aujourd’hui otages de leurs actionnaires, qui s’en fichent de l’avenir à long terme. Si elles étaient à nouveau dirigées par leurs dirigeants, on aurait moins de licenciements économiques, et une stratégie de long terme.

Lors de notre dernière rencontre, vous aviez « acté que l’Europe serait bientôt gouvernée par l’extrême droite ». Maintenez-vous ce constat ?

Je suis très inquiet — sans doute davantage que lors de notre dernière rencontre — de la montée de l’autoritarisme. De plus en plus de gens, y compris parmi les Gilets jaunes, se disent prêts à accepter un régime autoritaire, souhaitent un leader fort pour faire table rase et mettre fin « à tous les privilèges ». Dans toutes les sociétés européennes, il existe une appétence pour les dictatures. Macron l’a bien compris.

Je suis très inquiet, aussi, de la manière dont le gouvernement réagit au mouvement des Gilets jaunes, avec la montée des restrictions aux libertés publiques. Ça devient compliqué de manifester en France, sans parler des blessures physiques. Les gens deviennent des ennemis les uns pour les autres. Même si tous proviennent a priori du même milieu social, connaissent les mêmes difficultés pour les fins de mois, les uns vont enfiler un gilet jaune, les autres un uniforme de CRS, et ils vont s’affronter. Je ne peux pas me résoudre à vivre dans une telle société, où il s’agirait de faire triompher le camp du bien sur le camp du mal.

En Belgique, j’ai fait plein de marches pour le climat avec mon gamin de 6 ans sur les épaules. Je n’oserai jamais le faire en France. On ne peut pas se résoudre à ça dans une démocratie. Je ne fais pas partie de ceux qui vont dire « sale flic », parce qu’eux aussi sont sous tension et ils ne sont jamais que les instruments d’ordres qui leur sont donnés par la préfecture ou par le ministère. Mais je pense que Castaner devrait démissionner immédiatement. Il faut repenser en urgence la gestion du maintien de l’ordre en France, avoir une vraie réflexion par rapport aux techniques policières, aux nasses, à l’utilisation des armes comme les grenades, les LBD, et plus globalement sur comment réinstaurer un dialogue entre les services de police, de gendarmerie et les manifestants.

Faut-il encore faire des enfants ?

Je comprends qu’on puisse se poser la question, sachant que les conséquences futures du changement climatique sont déterminées par les émissions passées, ça ne va pas être joli à voir pour ceux qui vont naître maintenant. Et sachant que faire un enfant en Europe ou dans un pays occidentalisé représente une empreinte carbone relativement conséquente.

Mais, d’un autre côté, s’il n’y a pas de générations futures, à quoi bon se battre ? Je vais aller travailler dans une banque, gagner trois fois plus d’argent et passer tous mes week-ends à Las Vegas. Je ne vais pas m’emmerder (sic) à être chercheur. Les enfants, c’est une bonne façon de s’extraire de la question de court-terme et de penser sur le long terme.

« Emmanuel Macron est arrivé comme le candidat du “nouveau monde” et on réalise qu’il était sans doute le dernier rempart de l’“ancien monde”. »

« Emmanuel Macron est arrivé comme le candidat du “nouveau monde” et on réalise qu’il était sans doute le dernier rempart de l’“ancien monde”. »

Prenez-vous toujours l’avion ?

Oui. En tant que chercheur, je le prends infiniment plus que la moyenne de la population, mais je l’assume parce que c’est justifié pour des raisons professionnelles. Il ne faut pas voir l’avion comme une sorte de grand méchant du changement climatique.

Lors des réunions du Giec, beaucoup s’interrogent quant au paradoxe à se retrouver à l’autre bout du monde pour écrire le prochain rapport sur le changement climatique. Non ! C’est une semaine nécessaire de travail intensif avec des chercheurs du monde entier, de pays en développement et de pays industrialisés. Quand la réunion se déroule en Inde, cela peut nous paraître le bout du monde, mais c’est en réalité plutôt proche pour de nombreux chercheurs.

Il y a donc toute une série de déplacements en avion qui restent légitimes. L’avion apporte des bénéfices sociaux, y compris l’aviation low cost, qui a permis à des familles de partir en vacances à l’étranger. Je ne voudrais pas qu’on en arrive à une situation où les gens ne prennent plus l’avion, où les billets d’avion deviennent trop chers, où les familles les plus pauvres, voire les classes moyennes, ne puissent plus du tout partir à l’étranger et soient obligées de rester chez elles.

Mais on peut prendre moins l’avion : il faut interdire les déplacements très courts, les petits vols intraeuropéens, et instaurer une taxe sur le kérosène. Ça implique de baisser drastiquement le prix des trains, de créer une agence européenne des chemins de fer.

Qu’est-ce qui fait que vous n’êtes pas déprimé, aigri ou angoissé ?

J’ai le sentiment qu’un basculement s’opère dans l’opinion. Les gens vont manifester dans la rue parce qu’ils identifient l’environnement comme une lutte profondément politique et sociale. On sort d’une phase incantatoire où les chercheurs disaient « il faut sauver le climat ». Et on entre dans une période difficile, où la question de l’environnement va devenir un sujet polémique et controversé, facteur de tensions.

Cette période peut déboucher sur le pire et le meilleur. Le choix collectif est tellement immense qu’on pourrait avoir une position de repli et dire « c’est trop radical comme changement », ne faisons rien. Sauf qu’on est la dernière génération à pouvoir changer les choses. C’est à la fois une terrible responsabilité, parfois écrasante, mais c’est aussi une formidable occasion d’inventer autre chose. Cette aspiration à « autre chose » explique aussi pourquoi le ressentiment envers Emmanuel Macron est si fort. Emmanuel Macron est arrivé comme le candidat du « nouveau monde » et on réalise que c’était sans doute le dernier rempart de l’« ancien monde ».

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 18:04
Marchons pour le climat les 20 et 21 septembre 2019

 

Cet été, la planète nous a envoyé des signaux d’urgence. La planète entière suffoque. L’Amazonie brûle. Nous n’en pouvons plus des discours : place aux actes ! Aux côtés de nombreuses organisations et syndicats, mobilisons-nous contre ce système qui détruit la planète et l'humain, en commençant par les plus vulnérables et précaires. Nous sommes une force et une vague qu’on ne peut arrêter : montrons-le !

 

Vendredi 20 septembre, Greta Thunberg et les jeunes du monde entier appellent à faire grève quel que soit son âge « pour mettre en pause l’espace d’une journée ce système économique ». A Paris, le rendez-vous est donné dès 12h30 à Nation pour une marche qui démarrera à 13h. Rassemblement au Parc de Bercy de 14h à 18h avec au programme des ateliers, des conférences, un village associatif et des assemblées citoyennes. Puis, à 18h, place à une soirée festive et engagée avec des concerts et performances artistiques.

Samedi 21 septembre, nous marcherons par milliers dans les rues, partout en France, pour dénoncer l’inaction climatique et exiger la justice sociale. Cette marche sera engagée, festive et familiale : que vous veniez seul·e, en famille ou entre amis, nous marcherons côte à côte pour faire du bruit dans les rues ! Nous ferons écho aux mobilisations qui se tiennent partout dans le monde, dans le cadre de la semaine internationale pour le climat du 20 au 27 septembre. Objectif ? Mettre la pression sur les responsables politiques et les pousser à prendre des mesures concrètes : lundi 23 septembre se tient à l’ONU un sommet spécial dédié à l’urgence climatique. Ne laissons pas aux Etats d’autre choix que d’agir !

Rendez-vous à 13h Place Edmond Rostang, devant les jardins du Luxembourg, pour une prise de parole à 13h30, puis un départ de la marche à 14h, arrive prévue vers 16h30.

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Appel de Gilets jaunes aux écologistes pour une marche commune le 21 septembre

« Si nous avons échoué jusqu'à maintenant, c'est parce que nous sommes restés séparés » ! Des Gilets jaunes et collectifs en lutte exhortent les écologistes à une marche commune le 21 septembre, à Paris.

Nous souhaitons envoyer un appel fort à toutes les organisations écologistes. Pour l'instant, il semblerait que Gilets Jaunes et Marche pour le climat vont manifester séparément le 21 septembre à Paris. Les Gilets Jaunes ont prévu de venir de toute la France à Paris, et de manifester autour des Champs-Elysées. A l'autre bout de Paris, la Marche pour climat est censée aller de Duroc à Place d'Italie. Nous ne voulons plus revivre ce scénario qui n'a permis aucune victoire le 8 décembre 2018 et le 16 mars 2019.

Nous rejoignons l'idée mentionnée dans la charte d'une de ces organisations écologistes, Alternatiba, selon laquelle il est nécessaire « d'unir tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, par les alternatives ou les combats dont ils sont porteurs, contribuent, parfois sans le savoir, à préserver le climat ».

Nous demandons à toutes les organisations écolos, jusqu'à présent frileuses ou inquiètes à l'idée de cette unification, de comprendre que désormais, seule une stratégie de décloisonnement pourra peser dans les combats sincères. Nous estimons que la situation écologique, économique et sociale va continuer à s'aggraver ainsi que les violences d'Etat et la répression. Les stratégies visant à diviser les mouvements sociaux doivent donc être réduites à néant par un rassemblement de forces inédit. Si nous avons échoué jusqu'à maintenant, c'est parce que nous sommes restés séparés.

Notre objectif est le même : construire une société, un environnement, un monde plus équilibrés, plus humains et plus justes. Il nous faudra rétablir la justice et la dignité de tous, entre et à l'intérieur des peuples. Les luttes écologistes et sociales ne peuvent donc se faire sans des mouvements comme celui des Gilets Noirs mais aussi bien d'autres.

Les luttes écologistes et sociales doivent s'allier à ces mouvements qui s'opposent à l'exploitation, à l'humiliation et à la chasse aux immigrés avec ou sans papiers ici, et, qui luttent contre le racisme et l'impérialisme de la France qui pille les ressources des colonisés là-bas. « Fin du monde, fin du mois, même système, même combat » : nous l'avions écrit sur nos banderoles, maintenant, nous voulons l'application de ce slogan dans la rue.

Le 21 septembre, à Paris nous devons tenter l'impossible, il n'y a pas d'autre alternative ! Pas de division des forces, pas de désolidarisation dans les médias ! Compte-tenu de l'urgence, une simple "coexistence" des différentes tactiques ne suffira pas. Il est temps de mettre en œuvre une véritable coordination de nos tactiques, dans le respect des modes d'expression de chacun.

Il y aurait plusieurs manières de nous allier, et nous devons en décider ensemble. La principale contrainte est que les Gilets Jaunes comptent se rassembler spontanément autour des lieux de pouvoir, qui sont dans l'ouest parisien. A partir de là, plusieurs options sont envisageables pour le 21 septembre. Il pourrait y avoir une manifestation commune dans l'ouest parisien à un moment de la journée, ou alors les écolos pourraient rejoindre les Gilets Jaunes le matin sur les Champs-Elysées, puis organiser un départ commun vers la Marche pour le climat. Quant aux Gilets Jaunes qui le souhaitent, ils pourront rejoindre la Marche pour le climat, mais elle a lieu très loin des Champs...

Autre proposition : un signal très fort, et très attendu par de nombreux Gilets Jaunes, serait que la marche climat du 21 septembre se termine dans l'Ouest parisien, aux alentours des Champs-Elysées. Cela ferait sens pour tout le monde de se rassembler à cet endroit, puisque c'est là que sont les lieux de pouvoir ! Une telle convergence serait assurément historique.

Une rencontre a déjà eu lieu entre Gilets Jaunes, collectifs en lutte et organisations écolos à Paris, actant ainsi le début de la prise de contact entre l'inter-orga climat et nous. Mais en l'état actuel des choses, la convergence en acte paraît très incertaine. Une future réunion est prévue et devrait être décisive. Aura-t-elle lieu ? Le temps presse. C'est pourquoi nous publions cette tribune. Maintenant, prouvons-nous que nos discours d'unité sont sincères. Tous ensemble le 21 septembre à Paris !

Ce texte est ouvert à signature jusqu'au 19/09/2019. Pour les organisations, vous pouvez envoyez votre signature à l'adresse suivante : 21septembre-paris@riseup.net

Signataires :

  • Action Antifasciste Paris Banlieue

  • Action Crolles - 38 (GJ)

  • ACTA

  • Association familiale laïque de Commercy

  • Blocage 17 novembre Toulouse (page GJ)

  • Clap33 Bordeaux

  • Climat Social

  • Cerveaux non disponibles

  • Collectif Peuple révolté

  • Collectif écoféministes Strasbourg

  • Comité Adama

  • Des Gilets Noirs en lutte

  • Désarmons-les

  • Désobéissance Ecolo Paris

  • Extinction Rebellion Boulogne

  • Extinction Rebellion Brest

  • Des membres de Extinction Rebellion Bretagne

  • Extinction Rebellion Metz

  • Extinction Rebellion Rennes

  • Femmes Gilets Jaunes Île de France

  • Floraisons

  • France en colère 08 (GJ)

  • Frric (French Ric) Bordeaux

  • Gilets Jaunes Argenteuil

  • Gilets Jaunes Belleville

  • Gilets Jaunes Brest Rebelle

  • Gilets Jaunes de Buchelay

  • Gilets Jaunes de Commercy

  • Gilets Jaunes de Gennevilliers

  • Gilets Jaunes Île Saint Denis

  • Gilets Jaunes Lyon

  • Gilets Jaunes Montélimar

  • Gilets jaunes Nancy Porte

  • Gilets Jaunes de Pantin

  • Gilets Jaunes Place des fêtes

  • Gilets Jaunes Poitiers

  • Gilets Jaunes Rungis Île-de-France

  • Gilets Jaunes Toulouse en Action (page GJ)

  • Gilets Jaunes Verdun

  • Grève Jaunérale : Riposte Générale (page GJ)

  • La Chapelle Debout !

  • Le Printemps du changement (GJ - Marche climat - Youth for Climate)

  • Le Peuple Uni (page GJ)

  • Les Zafficheurs Jaunes Bordeaux

  • Maison du peuple de Saint-Nazaire et alentours (GJ)

  • Plateforme d'enquêtes militantes

  • Plein le dos (collectif GJ)

  • Radiaction

  • Rennes en Lutte pour l'environnement

  • Résistance Ecolo Reims

  • Résistance Gilets Jaunes France

  • RESOME

  • Sanglier Jaune (automédia YouTube)

  • Sepanso Landes

  • Ultimatum Gilets Jaunes Occitanie

  • Youth for Climate Paris

  • Youth for Climate Brest

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 12:09

Une équipe scientifique a détecté des substances chimiques toxiques dans trois objets en plastique de consommation courante sur quatre. D’après Environmental Science and Technology et Stéphane Horel pour Le Monde.                           Lire aussi Le bisphénol S, substitut du bisphénol A, est un perturbateur endocrinien aussi dangereux, Les microplastiques polluent jusque dans les montagnes, Seule la plasticité pourra nous sauver des plastiques et Nous mangeons du plastique.

Une étude passe au crible la toxicité des plastiques d’usage quotidien

Pots de yaourt, couvercles de tasse à café ou flacons de shampooing : la majorité (74 %) des produits en plastique testés par un groupe de chercheurs basé en Allemagne (Université Goethe et Institut pour la recherche sociale et écologique de Francfort) étaient toxiques. Si elle ne concerne que trente-quatre produits, l’étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology mardi 17 septembre, est cependant la plus complète à ce jour. L’objectif du groupe de recherche, dénommé PlastX, était de tester in vitro des produits de consommation courante constitués de huit différents types de plastiques : polychlorure de vinyle (PVC), polystyrène (PS), polypropylène (PP), etc.

Les objets n’ont pas été choisis au hasard, mais sélectionnés en fonction de l’importance de leur part dans les déchets municipaux. Outre ceux déjà cités, éponges de bain pour enfants, tampons à récurer la vaisselle, sets de table ou encore sachets de bonbons ont été taillés en pièces puis passés au crible d’une batterie de tests. Le tout a été reproduit trois fois, si bien que l’ensemble de ces opérations fastidieuses a pris dix-huit mois.

Les chercheurs ont pu observer que ces plastiques déploient tout un éventail de toxicité. Six produits sur dix induisent une toxicité dite de référence ; quatre sur dix provoquent un stress oxydatif, à l’origine d’inflammations potentiellement nocives pour l’organisme ; trois sur dix sont toxiques pour les cellules ; trois sur dix également indiquent une perturbation endocrinienne, certains imitant les œstrogènes, d’autres bloquant les hormones sexuelles masculines.

Ces résultats, dans leur ensemble, n’ont pas surpris l’équipe, mais ont suscité une grande frustration. « Il est impossible de dire quels produits sont sûrs et lesquels ne le sont pas », regrette Martin Wagner, l’un des auteurs, biologiste spécialiste de l’impact des plastiques sur l’environnement et la santé. Sur quatre pots de yaourt par exemple, la moitié présentait une toxicité, l’autre, aucune. « Ce qui est frustrant pour nous mais aussi pour le public, car les gens ne peuvent pas savoir lesquels acheter. »

Leurs analyses, en revanche, permettent de désigner les plastiques renfermant un potentiel toxique plus important que les autres. C’est le cas du PVC (code 3 dans le triangle d’identification) et du polyuréthane (code 7, avec les autres types de plastique) – qui peut se présenter sous la forme de mousse dans les éponges ou les sets de table. « C’était attendu pour le PVC,explique Martin Wagner, qui contient beaucoup d’additifs. » Agents ignifuges, antioxydants, pigments, etc. : des composés issus de la pétrochimie sont intégrés aux plastiques lors de leur fabrication. Certains phtalates, par exemple, des plastifiants sont toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens.

Véritable « boîte noire »

Bien moins attendu, en revanche, le plastique biodégradable, l’acide polylactique (PLA), figure aussi parmi les plus toxiques. « Nous devons sortir des matières fossiles, mais il faudrait choisir des produits chimiques sûrs dès le départ », commente le chercheur. Le groupe PlastX a d’ailleurs décidé de tester ces bioplastiques en plus grand nombre. A l’inverse, le polytéréphtalate d’éthylène (PET, qui ne contient pas de phtalates contrairement à ce que son nom évoque) et le polyéthylène haute densité (HDPE) ne contiennent que très peu, voire pas du tout, de substances toxiques. Des produits plus sûrs existent donc sur le marché…

Tous ces tests ont été réalisés in vitrosur des bactéries ou des cellules. « Ce n’est pas parce qu’une substance tue des bactéries qu’elle tue les humains, explique Martin Wagner, mais le résultat de cette batterie de tests constitue « un bon indicateur de la présence d’un produit chimique ayant un potentiel toxique » et représente une première étape avant des études plus poussées.

Contrairement aux produits qu’ils contiennent ou constituent, les plastiques ne sont pas vendus avec la liste de leurs ingrédients, et leur composition en soi est une véritable « boîte noire ». Pas moins de 4 000 substances sont employées rien que pour la fabrication des plastiques destinés au contact alimentaire.

Or, parmi les 1 400 produits chimiques détectés dans leur petit échantillon, les chercheurs de PlastX ne sont parvenus à en identifier que 260. Et il leur reste impossible de désigner ceux qui provoquent une toxicité. Ce « challenge scientifique »,insiste Martin Wagner, ne fait que renforcer l’importance des études sur les « effets cocktail » des substances constituant les objets du monde moderne.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 09:09

Greenpeace a évalué les gaz à effet de serre émis au cours de leur cycle de vie par les véhicules des douze principaux constructeurs mondiaux. Les voitures vendues en 2018 laisseront une empreinte carbone de 4,8 gigatonnes de CO2. D’après Greenpeace et Stéphane Mandard pour Le Monde le 10 septembre. Lire aussi Contre la pollution de l’air aux particules ultrafines, la réduction du trafic automobile est nécessaire, La pollution diesel coûte plus de 50 milliards de frais de santé par an aux Européens« Une civilisation durable ne peut pas être une civilisation de la voiture » et Diesel : les constructeurs automobiles continuent d’enfumer nos villes.

Greenpeace indique que la «la part de marché des SUV, trop polluants, a quadruplé au cours des dix dernières années en Europe». LP/Philippe Lavieille

Greenpeace indique que la «la part de marché des SUV, trop polluants, a quadruplé au cours des dix dernières années en Europe». LP/Philippe Lavieille

Le chiffre ne manquera pas d’alimenter les discussions dans les travées du Salon de Francfort, la grand-messe de l’automobile qui s’ouvre mardi 10 septembre. Il devrait aussi être brandi en France, sur les bancs de l’Assemblée nationale, où doit être discutée cette semaine la loi sur les mobilités. Et pour cause, il est faramineux : 4,8 gigatonnes. C’est la quantité de dioxyde de carbone (CO2) que vont émettre les voitures vendues dans le monde en 2018 au cours de leur cycle de vie, selon un rapport inédit de Greenpeace auquel Le Monde a eu accès. C’est davantage que les émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) de tous les pays de l’Union européenne (UE), estimée à 4,1 gigatonnes d’équivalent CO2.

Pour établir ce chiffre, l’ONG a évalué l’empreinte carbone des 12 premiers constructeurs mondiaux sur les cinq principaux marchés : Etats-Unis, UE, Chine, Japon et Corée du Sud. La palme du plus gros pollueur revient sans surprise au leader mondial Volkswagen, avec 582 millions de tonnes d’équivalent CO2 émis par ses 10,8 millions de véhicules vendus en 2018. Il est suivi de près par le groupe Renault-Nissan (577 millions de tonnes). Le japonais Toyota complète le podium, avec un total de 562 millions de tonnes. Des émissions de GES bien supérieures à celles d’un pays comme l’Australie (533 millions de tonnes en 2018). Avec 878 millions de tonnes, l’empreinte carbone des trois marques allemandes (Volkswagen, Daimler et BMW) dépasse celle de l’Allemagne (866 millions de tonnes).

Fiat Chrystler, champion des émissions par véhicule

Si on rapporte cette empreinte par véhicule, c’est cette fois la firme italo-américaine Fiat Chrysler qui occupe la tête du classement, avec 63,1 tonnes de GES en moyenne par voiture vendue, devant les américains Ford (61,4 tonnes) et General Motors (61,3 tonnes).

Pour mesurer cette empreinte, Greenpeace a cherché à évaluer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre que vont émettre tout au long de leur cycle de vie (de la production au recyclage et pas seulement à l’échappement) les voitures que commercialise un constructeur au cours d’une année. Une gageure. Le calcul des valeurs des émissions de CO2 à l’échappement se fonde sur des cycles d’essais standardisés que les constructeurs sont dans l’obligation de suivre pour certifier chaque modèle, mais qui sous-estiment les niveaux d’émissions en conditions réelles de conduite. Aussi l’ONG a appliqué un facteur de correction issu des travaux de l’Agence internationale de l’énergie. Elle a opté pour 200 000 km comme « durée de vie » moyenne pour un véhicule.

Les données étant encore plus éparses concernant les émissions dues à la production et à la fin de vie (et au recyclage) des voitures, les experts de Greenpeace ont retenu respectivement 6,5 et 2,7 tonnes d’équivalent CO2 pour ces deux phases du cycle de vie. Pour être tout à fait complets, ils ont également tenté de prendre en compte les émissions en « amont » liées au carburant : extraction, raffinage, transport et distribution.

« L’urgence climatique est chaque jour plus palpable. Pourtant l’industrie automobile continue de conduire le climat droit dans le mur », commente Sarah Fayolle, spécialiste transport pour Greenpeace France.

La bataille des émissions de CO2 des voitures est d’autant plus capitale que le secteur du transport est le premier émetteur de GES au niveau européen. Et le trafic automobile représente à lui seul environ 12 % des émissions générées par les pays de l’UE. Or, si depuis 1990 l’UE a réussi à réduire ses émissions de 23 %, celles liées au transport routier ont crû d’environ 20 %.

Fin de vente des essences et diesel d’ici à 2025

La loi sur les mobilités, concoctée par la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, lorsqu’elle occupait encore le portefeuille des transports, prévoit la fin de la vente des véhicules à moteur thermiques (essence et diesel) en 2040. Beaucoup trop tard pour les écologistes. « Les constructeurs automobiles devraient planifier de toute urgence la fin des véhicules carburant au pétrole : pour limiter la hausse globale des températures à 1,5 °C, les dernières voitures essence, diesel ou hybride devront être vendues en Europe d’ici à 2028 », estime Sarah Fayolle, en se référant à une étude réalisée par le Centre aérospatial allemand.

Souvent présentées comme l’option la plus efficace (car moins onéreuse que les modèles tout-électrique) pour réduire les émissions du parc automobile, les hybrides, dont les ventes sont soutenues en France par la fameuse prime à la conversion, ne constituent pas des solutions pérennes. Utilisant une double technologie (combustion et électricité), ils peuvent produire d’importantes émissions de CO2, notamment s’ils ne fonctionnent pas de manière optimale, soit essentiellement sur des trajets courts.

Mais, pour Greenpeace, l’absence de progrès du secteur automobile dans la réduction des GES incombe surtout à la mode des SUV, ces grosses berlines aux faux airs de 4 × 4. Plus lourds et moins aérodynamiques, ils enregistrent des émissions de CO2 bien supérieures aux autres modèles. En Europe, leur part de marché a plus que quadruplé, pour passer de 8 %, en 2008, à 32 %, dix ans plus tard.

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A Paris, même les diesels les plus récents           dépassent largement les normes de pollution

Une étude inédite a permis de mesurer les émissions réelles des voitures et des deux-roues. Les nouveaux diesels aggravent les pics de pollution à l’ozone l’été.

Les voitures à moteur diesel, même les plus récentes, continuent à émettre des oxydes d’azote (NOx), gaz très toxique rendu célèbre par le scandale du « dieselgate », à des niveaux très supérieurs aux normes d’homologation et aux véhicules essence. Telle est l’une des principales conclusions d’une étude inédite à laquelle Le Monde a eu accès et dont les résultats devaient être présentés mardi 10 septembre.

Entre le 18 juin et le 16 juillet 2018, une campagne de collecte de données sans précédent a été menée dans les rues de Paris dans le cadre du projet TRUE (The Real Urban Emissions Initiative). Pilotée par le Conseil international pour un transport propre (ICCT), l’organisation non gouvernementale à l’origine de la révélation du « dieselgate », elle a permis d’obtenir une photographie précise de la réalité de la pollution automobile dans la capitale à partir des mesures effectuées sur près de 180 000 véhicules en circulation.

En utilisant des portiques équipés de lasers, les experts de l’ICCT ont pu analyser précisément la composition et la concentration des gaz et particules sortis directement des pots d’échappement. Sans possibilité de fraude, contrairement aux tests qui sont pratiqués en laboratoire lors de l’homologation des véhicules.

Premier enseignement, la majorité des véhicules qui sillonnent les rues de la capitale sont encore des diesels (64 %) et récents (28 % sont des Euro 6, immatriculés après 2014). Or, révèle l’étude, les Euro 6 diesel émettent six fois plus de NOx que la norme d’homologation (80 milligrammes par kilomètre) et 4,8 fois plus que les Euro 6 essence.

« Pas adapté à la ville »

« Cette étude nous montre une nouvelle fois que le diesel n’est pas adapté à la ville et que les émissions réelles des véhicules sont très différentes de celles annoncées par les constructeurs », commente Christophe Najdovski, adjoint à la Mairie de Paris chargé des transports. « Elle nous conforte dans notre opposition au projet du ministère de l’économie de requalifier les diesels les plus récents en Crit’Air 1 [catégorie aujourd’hui réservée aux essences les plus performantes et aux hybrides], poursuit l’élu écologiste. Il n’y a pas de diesel propre. »

Les diesels Euro 6 bénéficient pourtant de la vignette Crit’Air 2, c’est-à-dire qu’ils ne seront pas interdits à Paris avant le bannissement de tous les diesels en 2024 et qu’ils peuvent circuler même en cas de pic de pollution, le nouveau principe de circulation différenciée entrée en vigueur cet été ne s’appliquant qu’aux véhicules les plus anciens (Crit’Air 4 et 5).

Autre découverte majeure de la campagne menée par l’ICCT : au-delà de 30 °C de température extérieure, les diesels Euro 6 recrachent de 20 % à 30 % de plus de NOx qu’entre 20 °C et 30 °C. Or les NOx contribuent à la formation d’ozone lors des vagues de chaleur. « Ces résultats démontrent que les diesels mêmes récents viennent aggraver les épisodes de pollution à l’ozone auxquels nous avons été confrontés cet été et qui vont se reproduire. Aussi, tous les diesels devraient être interdits de circulation pendant les pics », considère M. Najdovski.

Dernier résultat marquant de l’étude : la pollution des deux-roues, jusqu’ici mal documentée. Les mesures de l’ICCT montrent que les motos et scooters, très présents à Paris, recrachent jusqu’à six fois plus de NOx et onze fois plus de monoxyde de carbone (CO) que les voitures essence les plus récentes. Très toxique pour l’homme, le CO est aussi un précurseur de la formation d’ozone et contribue, à l’instar des NOx, aux pics de pollution l’été.

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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 12:49

Ils sont massivement utilisés dans l’agriculture depuis les années 2000, et on en retrouve partout, jusque dans nos assiettes. Selon un groupe de spécialistes, qui réclament leur suspension, les fongicides SDHI présentent un risque important pour la santé. Et la Consultation publique sur les pesticides lancée par le gouvernement concernant la distance minimale entre les habitations et les zones d’épandage est hypocrite - seuls les commentaires sur 5 ou 10 m sont possibles. D’après Émilie Torgemen pour Le Parisien, Fabrice Nicolino et https://nousvoulonsdescoquelicots.org/, 6 au 12 septembre 2019. Lire aussi Fongicides SDHi : vers un nouveau scandale sanitaire ?

Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), en 2018. Parmi les fongicides SDHI, on compte notamment le Boscalid, vaporisé sur les champs de blé, d’orge et les vergers. (Illustration.) AFP/Rémy Gabalda

Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), en 2018. Parmi les fongicides SDHI, on compte notamment le Boscalid, vaporisé sur les champs de blé, d’orge et les vergers. (Illustration.) AFP/Rémy Gabalda

Fraises, salades, pommes, blé, gazons des terrains de sport… « Personne ne les connaît, ils sont pourtant épandus partout ! » s'alarme Fabrice Nicolino, qui publiera jeudi 12 septembre une enquête très fouillée sur les SDHI : « Le Crime est presque parfait » (Ed. Les liens qui libèrent, 224p., 20 euros). Cette famille de fongicides est au cœur d'une guerre de tranchées entre scientifiques et experts des autorités sanitaires.

Pourquoi ? Côté pile, les SDHI s'attaquent à la succinate déshydrogénasse, enzyme qui participe à la chaîne respiratoire des champignons, et permettent ainsi de détruire ces nuisibles qui attaquent les récoltes. Mais côté face, selon plusieurs chercheurs, ils peuvent de la même manière bloquer le système respiratoire des animaux et des êtres humains.

« Conséquences potentiellement catastrophiques »

« C'est une folie que d'utiliser massivement ce produit. Nous avons testé ces inhibiteurs en laboratoire, ils tuent aussi bien l'enzyme du ver de terre, de l'abeille que de l'homme avec des conséquences potentiellement catastrophiques », affirme Pierre Rustin, chercheur à l'Inserm.

Ce spécialiste mondialement reconnu a découvert par hasard que les agriculteurs utilisaient massivement ces produits potentiellement très toxiques. « On en relargue des centaines de tonnes dans la nature », se désole le scientifique, qui a aussitôt contacté les autorités sanitaires. Une alerte restée sans réponse pendant des mois.

Alors, aux côtés de huit autres chercheurs -cancérologues, médecins, toxicologues-, Pierre Rustin a publié une tribune appelant à « suspendre l'utilisation tant qu'une estimation des dangers et des risques n'aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants ». On soupçonne la SDHI d'entraîner de graves encéphalopathies et d'être à l'origine de cancers.

Des évaluations vont être lancées

En réponse, l'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, a publié un rapport en janvier qui conclut que l'alerte n'est pas fondée et qu'il n'y a pas lieu d'interdire ces produits. « Le rapport était d'une indigence incroyable, regrette Pierre Rustin. Il évoque par exemple l'effet dose de ces produits chimiques. Or, dans les maladies mitochondriales ( NDLR : pathologie en rapport avec la chaîne respiratoire ), on ne connaît pas grand-chose mais l'on sait que ce n'est pas la quantité de produit qui crée le problème. »

Les neuf spécialistes travaillent aujourd'hui d'arrache-pied pour publier dans des revues scientifiques des preuves de la dangerosité scientifique des SDHI. Contactée, l'Anses renvoie de son côté vers le point publié cet été sur son site. Ce communiqué rappelait d'une part qu'« à ce jour, aucun nouvel élément n'est venu confirmer l'existence d'une alerte sanitaire », tout en précisant que l'agence qui ne clôt pas ce dossier et va lancer des projets de recherche pour vérifier la dangerosité de ces pesticides.

Quels sont les noms de ces fongicides ?

Il y a le Boscalid, commercialisé par BASF et « vaporisé » sur le blé, l’orge, les vergers. Il y a aussi l’Exteris stressgard spécialiste des gazons de foot, ou encore l’Isopyrazam de Syngenta, entre autres pour protéger les bananes d’un terrible champignon. Sous ces noms commerciaux, onze substances actives de la famille des inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI) sont autorisées en France.

Controversés, ces pesticides luttent contre certains champignons et moisissures qui attaquent les cultures. Ces fongicides ont été utilisés entre les années 1960 et les années 1990, mais c’est surtout depuis les années 2000 que les SDHI font leur grand retour. La plupart ont été autorisées en 2013 en France.

Ils sont depuis omniprésents dans le traitement des récoltes, parfois utilisés en enrobage directement sur les semences. Jusqu’à 80 % des champs de blé sont traités avec des SDHI. Le Boscalid est selon les ONG, le pesticide qui laisse le plus de traces dans nos assiettes.

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Il faut cesser cette folie

Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques

Dans son nouveau livre d'enquête qui est sorti le 12 septembre, « Le Crime est presque parfait » (Ed. Les liens qui libèrent, 224p., 20 euros), Fabrice Nicolino s'est penché sur les très controversés fongicides SDHI. L'auteur de « Nous voulons des coquelicots », qui avait initié le mouvement anti-pesticides des coquelicots, réclame avec sa faconde un moratoire immédiat sur ces fongicides.

Pourquoi ? Côté pile, les SDHI s'attaquent à la succinate déshydrogénasse, enzyme qui participe à la chaîne respiratoire des champignons, et permettent ainsi de détruire ces nuisibles qui attaquent les récoltes. Mais côté face, selon plusieurs chercheurs, ils peuvent de la même manière bloquer le système respiratoire des animaux et des êtres humains.

Dans votre ouvrage, vous semblez accuser l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) d'avoir délibérément négligé l'alerte de grands chercheurs ?

Fabrice Nicolino : Bien sûr. L'Anses est l'organisme qui donne les autorisations de mise sur le marché pour les pesticides et qui doit ensuite en être le juge. De qui se moque-t-on? Cette agence a démontré que, même secoué par d'éminents scientifiques, elle ne peut pas fournir une expertise indépendante. Après la première alerte de Pierre Rustin (NDLR : ce chercheur à l'Inserm a publié une tribune appelant à « suspendre l'utilisation tant qu'une estimation des dangers et des risques n'aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants » ), qui aurait dû stopper la diffusion le temps d'avoir des études indépendantes, l'agence a fait le mort près de neuf mois.

Le problème n'est-il pas simplement celui des tests réglementaires moins performants que la recherche fondamentale ?

Non. Les autorités sont désormais trop liées aux industries. Chaque année, elles publient des notes pour vanter ce type de fongicides et dire comment épandre ces produits potentiellement toxiques. Est-ce le rôle de l'Anses qui vit de l'argent public et promet de protéger la société? Poser la question, c'est y répondre. Le problème est que cette famille de fongicide est un nouvel Eldorado. On estime que son chiffre d'affaires mondial de 2 milliards d'euros va encore augmenter.

Que réclamez-vous ?

Moi, je me contente de répéter la demande légitime de scientifiques reconnus. Ils estiment que les SDHI représentent un danger colossal, qu'il faut stopper l'utilisation immédiatement. De mon point de vue, rien ne changera sans une mobilisation massive de la société. Il faut cesser cette folie avant que les SDHI ne deviennent le nouveau scandale sanitaire, comme la chlordécone dans les Antilles (un insecticide cancérigène utilisé dans les bananeraies) ou le DDT (interdit depuis trente ans mais dont on trouve encore des traces).

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5 ou 10 mètres des habitations ? Vous vous        foutez de nous !
Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques

Le gouvernement organise depuis le lundi 9 septembre une consultation publique sur les conditions d’épandage des pesticides, à laquelle chacun est invité à donner son avis. Cette consultation publique est une farce, car le résultat en est d’ores et déjà annoncé: à partir de 2020, il faudra respecter une distance de 5 à 10 mètres entre les traitements chimiques et les habitations.

Ni 5 mètres, ni 10 mètres

Une telle décision est une insulte à la science et à notre santé, car les pesticides ne respectent pas les décrets. Ils voyagent sur des kilomètres, rejoignent les cours d’eau, montent dans l’air et les nuages, atteignent facilement le cœur des villes et jusqu’aux foetus. Ils saturent l’air et polluent les pluies. Le lobby des pesticides vient de montrer une nouvelle fois sa puissance. La seule solution scientifiquement fondée, comme le réclame le mouvement des Coquelicots depuis un an: la fin de tous les pesticides de synthèse.

Le gouvernement regarde ailleurs

Des maladies en pagaille. Une nature qui disparait silencieusement. Un monde agricole au désespoir. Une autonomie alimentaire qui n’est plus qu’un rêve… Si près de neuf Français sur dix sont pour la fin des pesticides en cinq ans, c’est qu’ils ont compris que ces poisons sont une impasse mortelle. Pour tous. Mais il n’y a pire sourd que celui qui a intérêt à ne pas entendre et l’incroyable scandale des pesticides montre le gouffre qui s’agrandit chaque jour entre dirigeants et dirigés. La démocratie, ce n’est pas cela. Un élu de la République n’est pas au service des intérêts privés. Il doit d’abord et avant tout protéger la population dont il a la charge. Et il ne le fait pas. C’est très grave.

A quoi joue l’ANSES?

Pour préparer son décret-scélérat, le gouvernement et son ministère de l’Agriculture s’appuient sur des recommandations de l’ANSES, notre agence publique sanitaire. Entre 5 et 10 mètres, donc. Mais nous n’avons plus aucune confiance en elle. L’affaire des SDHI https://www.youtube.com/watch?v=dDjHyukzu-k&t=22s – une nouvelle classe de fongicides toxiques pour la santé – montre qu’elle a partie liée avec l’industrie des pesticides (1). Car malgré des alertes lancées par des scientifiques indépendants, elle laisse ce redoutable poison être épandu dans toute la France. Cette agence, celle-là même qui donne les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces poisons peut-elle sérieusement nous protéger contre ses propres décisions? Cela ne peut plus durer. Cette consultation publique est une honte pour notre République.

Plus que jamais, l’Appel des coquelicots, qui exige la fin de tous les pesticides de synthèse, est la seule issue!

(1) Un livre paru ce 12 septembre 2019 raconte cette affaire: «Le crime est presque parfait, l’enquête-choc sur les pesticides et les SDHI» (LLL), par Fabrice Nicolino, fondateur de Nous voulons des coquelicots.

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 10:43

Revenu d’activité en France, revenu de citoyenneté en Italie, revenu universel en Finlande… Le philosophe Philippe Van Parijs et le politiste Yannick Vanderborght analysent ce qu’ils considèrent comme un véritable instrument d’émancipation. Tribune parue dans Le Monde le 5 septembre 2019. Lire aussi À la base … un revenu ?, « Gilets jaunes » : il est temps d’expérimenter un revenu de base et 13 départements prêts à expérimenter le revenu de base.

Yannick Vanderborght (à g.) et Philippe Van Parijs - Sylvain Bourmeau

Yannick Vanderborght (à g.) et Philippe Van Parijs - Sylvain Bourmeau

Mark Zuckerberg et Yanis Varoufakis le défendent. Les Suisses lui ont consacré un référendum, les Finlandais l’expérimentent. Et l’Italie, dit-on, vient de le mettre en pratique. En France, Benoît Hamon en a fait sa proposition phare lors des primaires de la gauche, en 2017, et le gouvernement actuel est en passe de créer un dispositif portant un nom fort proche. Mais lorsqu’on parle de « revenu de base », de « revenu de citoyenneté », de « revenu universel » ou de « revenu universel d’activité », s’agit-il bien de la même chose ?

Quand la popularité d’une idée explose et que l’intérêt qu’on lui porte se met à franchir allègrement clivages politiques et frontières nationales, il est inévitable que la confusion s’installe. C’est pour contribuer à dissiper cette confusion et à fournir un aperçu approfondi de l’histoire de l’idée de revenu de base et des débats qu’elle suscite aujourd’hui que nous avons publié un livre, dont la version française vient de paraître [Le Revenu de base inconditionnel. Une proposition radicale, La Découverte, 588 pages, 26 euros]. Nous sommes en effet convaincus que les variantes les mieux conçues de cette idée doivent guider les futures réformes de la protection sociale.

L’argument le plus fondamental en la faveur d’un revenu de base inconditionnel peut être exprimé très simplement : fournir un socle de sécurité économique constitue le moyen le plus efficace de garantir un minimum de liberté réelle à chacune et à chacun, et en particulier à celles et ceux qui en ont le moins. Dûment calibré et intégré à notre sécurité sociale, le revenu de base n’a pas seulement l’avantage de réduire la trappe inhérente aux filets de sécurité conventionnels et de diminuer le taux de non-recours parmi les personnes les plus vulnérables et les moins bien informées.

Il facilite aussi un va-et-vient souple entre l’emploi, la formation et les activités bénévoles, et constitue de ce fait aujourd’hui, en complément de l’apprentissage tout au long de la vie, un instrument crucial au service d’une économie efficace. Il est surtout l’ingrédient central d’une société dans laquelle la liberté de s’épanouir, par le travail et en dehors du travail, sera plus largement partagée et plus équitablement distribuée.

Au-delà de l’assistance sociale

C’est sa triple inconditionnalité qui fait du revenu de base un puissant instrument d’émancipation. Revenu régulier payé en espèces à chaque membre d’une société, indépendamment de sa situation familiale, de ses autres revenus et de sa relation à l’emploi, il s’écarte radicalement des dispositifs existants de revenu minimum relevant de l’assistance sociale. Ceux-ci réservent en effet les paiements aux plus pauvres, tiennent compte de la composition des ménages pour en fixer le montant et obligent leurs bénéficiaires à être disponibles sur le marché du travail. Le revenu de base, lui, est individuel, universel et libre d’obligation.

Le revenu universel d’activité promis par le gouvernement actuel demeure, comme le revenu de solidarité active (RSA), un dispositif d’assistance sociale. Il en va de même du Hartz IV instauré en Allemagne en 2005, du universal credit graduellement mis en place au Royaume-Uni depuis 2013, et du reddito di cittadinanza introduit cette année en Italie. Certes, ces dispositifs diffèrent sensiblement les uns des autres sous de multiples aspects : le montant maximum par personne, sa dégressivité en fonction de la taille du ménage et des revenus issus d’autres sources, le caractère plus ou moins strict de l’obligation de travailler. Mais il s’agit chaque fois de dispositifs ciblés sur les ménages pauvres.

En revanche, on peut supposer que c’est bien un vrai revenu de base que Mark Zuckerberg avait en tête lorsqu’il s’est fait l’avocat d’un « universal basic income » dans son discours à Harvard en 2017, et c’est certainement un tel revenu que Yanis Varoufakis avait à l’esprit lorsqu’il a fait du « basic dividend » une proposition centrale de son mouvement DIEM25. C’est indiscutablement aussi une proposition de revenu de base que les citoyens suisses ont rejetée à une majorité de 77 % en juin 2016, ou que Benoît Hamon a lancée lors des primaires de la gauche fin 2016, et enfin qui a été soumise à un test expérimental impliquant 2 000 chômeurs finlandais de janvier 2017 à décembre 2018.

Deux calculs et un dilemme

Bien sûr, ici aussi, on note des différences notables entre les propositions. Ainsi, les initiateurs de la consultation populaire suisse défendaient un montant de l’ordre de 2 300 euros par personne et par mois, tandis que le montant expérimenté en Finlande était de 560 euros. Mais pour se faire une opinion sur une proposition particulière, le montant du revenu de base importe moins que la manière dont il serait financé et le degré auquel il remplacerait les transferts existants.

Un exercice très prisé par ceux qui ne raffolent pas de l’idée consiste en effet à effectuer deux calculs et à conclure à un dilemme. Premier calcul : on abolit tous les transferts existants et on affecte la somme ainsi épargnée à un revenu de base uniforme distribué à tous. Mais on constate alors que le sort d’innombrables ménages pauvres s’en trouverait détérioré. Deuxième calcul : on ajoute le revenu de base à tous les revenus, y compris les transferts, et on augmente les prélèvements en conséquence. On observe alors que les taux marginaux d’imposition exploseraient. Conclusion : l’idée est soit socialement inacceptable, soit économiquement insoutenable.

Les exercices pertinents, cependant, doivent prendre une autre forme. Il s’agit certes de réduire ou supprimer des allocations sociales et des exonérations fiscales, mais de manière à ce que le revenu de base compense ou surcompense l’impact de ces réductions et suppressions sur le revenu des ménages les plus défavorisés. Il s’agit ensuite de calculer le coût net qui subsiste et de le couvrir par une augmentation des prélèvements – directs ou indirects – sur les revenus élevés. C’est à un exercice de ce type que s’est par exemple livré l’économiste Marc de Basquiat pour la version qu’il propose en France.

L’ampleur de ce coût net est largement inférieure au coût brut obtenu en multipliant simplement le montant du revenu de base par le nombre de bénéficiaires. Mais avec un montant dépassant les 2 000 euros comme dans la proposition suisse, ce coût net n’en serait pas moins prohibitif.

Comment avancer ?

Pour déterminer quel niveau il est alors raisonnable de choisir, est-il utile de recourir à des expérimentations du type de celle qui a été menée en Finlande ? La réponse est non. Cette expérimentation peut, à juste titre, être considérée comme portant sur un véritable revenu de base, puisque l’allocation était rendue inconditionnelle aux trois sens indiqués, et les résultats provisoires actuellement disponibles pour la première année ne sont pas inintéressants.

Ainsi, ils révèlent une diminution de la participation des bénéficiaires au marché du travail au cours du premier semestre, mais une augmentation de cette participation au cours du second. En outre, des entretiens menés au terme de la deuxième année suggèrent une amélioration significative de leur état de santé et un optimisme accru quant à leurs perspectives d’emploi.

Mais même lorsque tous les résultats seront connus, ils ne permettront pas de trancher la question de la soutenabilité d’un revenu de base dans le contexte de la Finlande d’aujourd’hui. D’abord, les participants savaient bien sûr que cette situation ne durerait que deux ans, pas toute la vie. Ensuite, l’échantillon n’incluait que des chômeurs de longue durée. L’expérimentation ne permet donc d’étayer aucune conjecture sur la modification de l’offre de travail des personnes actuellement occupées. Enfin, bon nombre d’effets probables d’une réforme s’appliquant à toute la population d’un pays sont indétectables lorsqu’elle n’est appliquée qu’à quelques milliers d’individus dispersés sur l’ensemble du territoire.

Que faire alors pour avancer sans se rendre coupable d’une témérité irresponsable ? Il faut d’abord procéder à des réformes moins radicales, qui rendent plus crédible l’introduction d’un revenu de base substantiel tout en réduisant son coût net.

Il peut par exemple s’agir de rendre les dispositifs conditionnels de revenu minimum plus généraux, plus inclusifs, moins compliqués – ce que à quoi devrait contribuer la mise en place du « revenu universel d’activité » en France. Ou d’intégrer mieux revenu minimum et fiscalité. Ou encore d’instaurer un dividende-carbone universel pour accompagner l’introduction d’une taxe carbone qui le financerait. Et surtout de transformer la base des dispositifs assistanciels en un véritable socle, modeste mais pleinement inconditionnel.

Comme après l’introduction des très petites premières pensions de retraite, on pourra ensuite s’enhardir à aller plus loin. Et l’on ne tardera pas à se demander comment nos sociétés ont pu aussi longtemps se passer d’un tel instrument, simple et efficace, au service de la liberté de toutes et de tous.

Philippe Van Parijs, professeur à l’université de Louvain, a fondé en 1986 le Basic Income European Network, rebaptisé en 2004 Basic Income Earth Network (BIEN); Yannick Vanderborght est ­professeur à l’Université Saint-Louis à Bruxelles

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En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas