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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 19:14

L'homme a hérité de la tendance marquée des primates à s'entre-tuer

Par Nathaniel Herzberg pour Le Monde le 29 septembre 2016

Deux siècles et demi que ces deux-là s'affrontent. Que, par -disciples interposés, leurs théories sur l'origine de la violence humaine déchirent -philosophes et scientifiques. Thomas Hobbes contre Jean-Jacques Rousseau, le " loup pour l'homme " contre le " bon sauvage ", l'humain intrinsèquement agressif envers son semblable contre l'individu pétri d'innocence, poussé au mal par une société corruptrice. Dans une étude publiée mercredi 28  septembre par la revue Nature, une équipe espagnole tranche le débat : la violence létale humaine plonge ses racines dans la théorie de l'évolution. En d'autres termes, si l'homme " descend du singe ", il en va de même de ses tendances meurtrières.Pour aboutir à ce constat sans appel, José Maria Gomez, écologue à la station expérimentale des zones arides d'Almeria, et ses collègues de trois autres universités espagnoles se sont livrés à un incroyable travail d'accumulation de données. Pendant deux ans, ils ont dépouillé cinquante ans de littérature scientifique : 3 500 articles analysant la violence entre membres d'une même espèce chez les mammifères et 1 000  articles portant sur les causes de la mortalité parmi les humains.

Pour ces derniers, ils ont étendu leurs sources aux analyses bio-archéologiques ou paléontologiques, aux relevés ethnographiques, aux bilans d'autopsie ou encore aux registres portant les causes de décès (à partir du XVIIe  siècle). Et ils ont fait tourner les ordinateurs. Sur les 1 024 espèces de mammifères étudiées, 40  % étripent joyeusement les leurs. " Cela a  été notre plus grande surprise, admet José Maria Gomez. La violence létale n'est pas concentrée dans des groupes considérés comme a priori violents, tels les carnivores. Elle sévit aussi de façon importante chez les rhinocéros, les marmottes, les chevaux… "

Les scientifiques espagnols livrent un chiffre moyen : l'agression intraspécifique constitue 0,3  % des causes de mortalité chez l'ensemble des mammifères. Elle n'est " pas fréquente, mais répandue ", concluent-ils. Mais c'est famille par famille que l'examen trouve toute sa richesse. " Jamais je n'avais vu un travail aussi détaillé sur la violence parmi les mammifères ", s'enthousiasme Michel Raymond, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'équipe de biologie évolutive humaine de l'université de Montpellier.

" L'étude est formidable "

L'étude démontre que la position dans l'arbre phylogénétique des espèces explique fortement la tendance à tuer ses congénères. Fauves, ursidés, rongeurs : quelques familles se distinguent particulièrement. Avec une mention spéciale pour les primates – nos cousins et nos ancêtres, faut-il le rappeler ? –, chez qui le poids de la violence létale atteint 2  %. La raison ? " L'étude est formidable mais elle n'explique pas les causes de cette concentration, souligne Mike Wilson, anthropologue à l'université du Minnesota (États-Unis). Pour moi, c'est le large recours à l'infanticide chez les primates. "

L'arbre de l'évolution des espèces n'explique pourtant pas tout. Là où les chimpanzés se tuent à plaisir, les bonobos, leurs plus proches parents, présentent des mœurs beaucoup plus pacifiques. Peut-être faut-il y voir la place prépondérante des femelles chez ces derniers. Les chercheurs ont, plus globalement, tenté d'isoler d'autres causes. Résultat : plus une espèce est sociale et territorialisée, plus la violence létale s'y exprime. Les disciples de Rousseau y trouveront une petite consolation. Car pour le reste, l'examen des 600 populations humaines à travers le temps et l'espace détruit allègrement le mythe de notre innocence originelle.

Les relevés archéologiques -confirment en effet que la pitié pour son frère n'étouffait ni sapiens ni Neandertal : " Pour ces temps anciens, les résultats enregistrés sont conformes avec le niveau de violence attendu compte tenu de la position de l'homme dans l'arbre phylogénétique ", commente José Maria Gomez. " L'homme n'a pas attendu l'accumulation des richesses au néolithique pour être violent, souligne l'archéologue Jean Guilaine, professeur honoraire au Collège de France et auteur du Sentier de la guerre (Seuil, 2001). On a montré que les chasseurs-cueilleurs s'affrontaient eux aussi. "

" Données robustes "

Il est vrai que la situation se gâte encore par la suite. L'âge du fer en Europe et en Asie (à partir de – 1100) et la période dite " formative " dans le Nouveau Monde (environ – 1000) connaissent une poussée importante de violence létale, nettement au-dessus des prévisions évolutives qui devraient la situer au même niveau que celle des grands singes. Et, à en croire les données présentées par l'article, cela dure jusqu'à la fin du Moyen Age. De quoi nourrir la thèse du psychologue américain Steven Pinker : en  2011, dans un livre qui fit événement aux États-Unis, il avait brillamment mis en évidence le déclin de la violence depuis la période moderne.

Certains ne manqueront pas de mettre en cause la fiabilité des données anciennes. Peut-on tirer une règle statistique d'une série de tombes du néolithique ou d'un cimetière médiéval ? Certes pas. Mais de centaines de cimetières, répartis dans de multiples points du continent, accompagnés parfois de témoignages écrits ou de registres : l'affaire paraît nettement plus sérieuse. " Cette partie est évidemment la plus fragile, elle sera controversée, convient Mike Wilson. Mais ils ont malgré tout fait preuve d'une grande prudence, en sélectionnant des données robustes. "

L'étude de Nature va plus loin encore. Elle classe les données humaines en fonction du type de société dont elles portent le témoignage. Il apparaît cette fois que les organisations tribales ou claniques affichent un degré de violence nettement plus élevé que les sociétés étatiques.

Cette fois, ce n'est plus le combat entre deux philosophes morts, mais la guerre entre deux familles d'anthropologues rivales que l'article devrait réveiller. Par exemple, les travaux de l'Américain Napoleon Chagnon sur l'extrême violence des Yanomami d'Amazonie restent aujourd'hui encore très controversés. La publication de Nature ne passera pas inaperçue dans ce milieu.

Pour la primatologue Elise Huchard, ces résultats viennent rappeler que, " quelle que soit l'approche utilisée pour comprendre et expliquer l'intensité et les motifs de notre violence, il ne faut pas oublier que l'homme est un mammifère, car ce simple fait biologique contribue à  expliquer notre comportement social ".

Un mammifère ni plus ni moins violent que les autres. Simplement particulièrement flexible dans son agressivité, car particulièrement divers dans son organisation sociale. Et plus paisible que jamais, ce que souligne l'anthropologue Mike Wilson. " A l'heure où Donald Trump martèle que la société est violente, il est de salubrité publique de rappeler qu'on vit mieux dans une ville américaine que dans l'ancien Far West.

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Published by Vert Lilas - dans Culture
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 20:16

Plusieurs publications scientifiques revoient à la hausse les perspectives du réchauffement à venir

Par Stéphane Foucart pour Le Monde le 27 septembre 2016

Climat : les mauvaises nouvelles s’accumulent - La pollution de l’air touche 92 % de l’humanité

Que l’on regarde l’élévation du mercure ou les revues scientifiques, les nouvelles du climat ne sont franchement pas bonnes. Côté thermomètre, la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine vient d’annoncer que le mois d’août avait été, en moyenne mondiale, le plus chaud jamais observé depuis le début des relevés en 1880. Pour ne rien arranger, il est aussi le seizième mois consécutif à battre son record de température – une telle séquence n’a jamais été enregistrée en cent trente-sept ans de mesures.

Les derniers travaux de recherche publiés dans les revues savantes – sur l’élévation future des températures, sur la capacité des sols à éponger les émissions humaines de gaz à effet de serre ou sur la stabilité des glaciers polaires – ne sont pas plus réjouissants.

Comme souvent en matière climatique, les mauvaises nouvelles viennent aussi de l’étude des climats du passé. Mardi 27 septembre, la revue Nature Climate Change devait publier la première reconstruction continue des températures terrestres au cours des deux derniers millions d’années, suggérant une sensibilité du climat au dioxyde de carbone (CO2) bien plus forte qu’estimée généralement.

Grande prudence

Selon l’auteure de ces travaux, Carolyn Snyder, chercheuse à l’Environmental Protection Agency de Washington, le corollaire de cette reconstruction est que les niveaux atmosphériques actuels de CO2 – environ 400 parties par million (ppm) – pourraient mettre la planète sur la voie d’un réchauffement à long terme de quelque 5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Très impressionnants, ces chiffres doivent être pris avec grande précaution. D’abord, ils représentent un réchauffement attendu sur des échelles de temps de l’ordre du millénaire – le temps nécessaire à certains grands processus (redistribution de la végétation, fonte des glaces, etc.) de s’accomplir et se stabiliser. Ensuite, ils sont très supérieurs aux chiffres généralement acceptés par les scientifiques. Selon l’analyse de Carolyn Snyder, atteindre 550 ppm, soit un doublement du CO2 atmosphérique par rapport au XIXe siècle, conduirait ainsi sur le très long terme à un réchauffement de... 9 °C !

« Cette estimation est tellement au-dessus de celles qui prévalent actuellement, autour de 5 °C à 6 °C, qu’elle doit être considérée comme une singularité et doit être traitée avec un niveau de scepticisme approprié », estime le paléoclimatologue Michael Mann, professeur à l’université de Pennsylvanie. Une grande prudence partagée par plusieurs chercheurs cités par la revue Nature. M. Mann s’interroge notamment sur le caractère représentatif de la soixantaine d’échantillons de sédiments marins analysés pour reconstruire les températures passées.

« Je vois cette étude comme provocante et intéressante, ajoute-t-il, mais ces estimations chiffrées doivent être prises avec des pincettes jusqu’à ce qu’elles soient examinées soigneusement par la communauté scientifique. »

Toutefois, ajoute en substance le chercheur, si ces chiffres étaient confirmés, ils signifieraient que la sensibilité climatique à court terme – celle qui se joue à l’échelle du siècle et qui intéresse plus particulièrement les humains – serait plus élevée que les estimations actuelles.

Celles-ci reposent en partie sur des modèles de simulation du climat, qui situent aujourd’hui l’augmentation de la température moyenne entre 1,5 °C et 4,5 °C pour un doublement de la concentration atmosphérique de CO2. Fourchette qu’il faudra donc, peut-être, revoir à la hausse. De quoi rendre plus compliqué encore le respect des engagements des Etats à maintenir le thermomètre terrestre « nettement en dessous de 2 °C » de réchauffement.

D’autres mauvaises nouvelles pourraient conduire à une telle révision. Dans l’édition de la revue Science du 23 septembre, la biogéochimiste Yujie He (université de Californie à Irvine) et ses coauteurs publient une série de mesures montrant que le carbone présent dans le premier mètre de sol est bien plus vieux que ce que simulent les modèles numériques.

En clair, écrivent les chercheurs, « les modèles surestiment le potentiel de séquestration du carbone par les sols de près d’un facteur deux ». Lorsqu’ils simulent le climat futur, les modèles attribuent donc aux sols une capacité à éponger le CO2 – en stockant plus ou moins durablement les débris végétaux, par exemple – beaucoup plus importante qu’elle ne l’est en réalité... « En conséquence, une plus grande fraction des émissions humaines de CO2 pourrait demeurer dans l’atmosphère et contribuer au réchauffement », concluent les auteurs.

Une conclusion que tempère toutefois Jean-François Soussana, directeur scientifique chargé de l’environnement à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Selon le chercheur, qui n’a pas participé à ces travaux, une grande part de l’erreur des modèles concerne surtout les couches les plus profondes du sol, c’est-à-dire le vaste stock de carbone enfoui « entre 20 cm à 40 cm, et un mètre de profondeur », explique-t-il.

Rôle tampon de l’agriculture

Or l’objectif de ralentir le changement climatique en adaptant les usages des sols (agriculture, foresterie, etc.) pour y accumuler du carbone, précise M. Soussana, « porte uniquement sur l’horizon de surface, c’est-à-dire jusqu’à 40 cm de profondeur ». Rendre l’agriculture « climatiquement vertueuse » et lui faire jouer un rôle tampon reste donc possible.

Ralentir la dislocation des calottes de glace polaires sera en revanche beaucoup plus compliqué. Or, dernière mauvaise nouvelle, l’inlandsis du Groenland perd ses glaces plus rapidement que les mesures satellites ne l’ont jusqu’ici suggéré. Dans l’édition du 21 septembre de la revue Science Advances, une équipe de chercheurs européens et américains revoit à la hausse la masse glaciaire perdue par la grande île. En tenant compte des mouvements du manteau terrestre, il faudrait, selon les auteurs, ajouter environ 8 % aux décharges de glace mesurées jusqu’à présent. Soit l’équivalent de 20 milliards de tonnes par an.

La correction peut sembler mineure. Mais le Groenland est un contributeur important à la hausse du niveau marin. Surtout, les spécialistes n’ont cessé d’aggraver, au cours des dernières années, leur diagnostic sur la stabilité de ses glaces. C’est le cas dans la majorité des compartiments de la science climatique : la réalité excède bien souvent les prévisions des chercheurs.

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La pollution de l’air touche 92 % de l’humanité

La Méditerranée orientale, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental sont les plus touchés.

Le nombre de décès liés à la pollution atteint 6,5 millions de personnes par an.

La pollution de l’air affecte la quasi-totalité de la planète. Selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée mardi 27 septembre, 92 % de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air extérieur ne respectent pas les limites fixées, notamment pour les particules fines très dangereuses pour la santé dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM 2,5).

Ces polluants sont émis principalement par les transports, le chauffage, l’industrie et l’agriculture, mais l’activité humaine n’est pas seule en cause. « Les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d’un désert, peuvent avoir une influence sur la qualité de l’air », note l’agence onusienne.

L’OMS s’appuie sur des données très détaillées provenant de mesures prises par satellite, des modèles de transport aérien et des moniteurs de stations au sol pour plus de 3 000 lieux à travers le monde, en milieu rural ou urbain. Ce modèle a été élaboré en collaboration avec l’université de Bath, au Royaume-Uni.

Les niveaux de pollution de l’air sont « particulièrement élevés » en Méditerranée orientale, dans l’Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental. A l’exception de la région des Amériques, toutes les autres régions du monde ont moins de 20 % de leur population vivant dans des lieux où la qualité de l’air correspond aux normes de l’OMS. L’agence recommande de ne pas dépasser une moyenne annuelle de 10 microgrammes par mètre cube d’air (μg/m3) et 25 μg/m3 sur vingt-quatre heures. Le jour de Noël 2015, la concentration de PM 2,5 avait, par exemple, atteint 620 μg/m3 à Pékin.

Action urgente

L’enjeu en termes de santé publique est considérable : 3 millions de décès par an sont liés à la pollution de l’air extérieur. Si l’on ajoute celle de l’air intérieur, le nombre de décès atteint 6,5 millions de personnes, soit 11,6 % des décès dans le monde. Les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer du poumon, sont à l’origine de 94 % des décès liés à la pollution de l’air extérieur. Près de 90 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de deux décès sur trois surviennent dans les régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.

« La pollution de l’air pèse lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables : femmes, enfants et personnes âgées, assure le Dr Flavia Bustreo, sous-directrice générale à l’OMS.

L’OMS appelle à une action urgente. « Il existe des solutions, des systèmes de transports plus viables, la gestion des déchets solides, l’utilisation de poêles et de combustibles propres pour les ménages ainsi que les énergies renouvelables et la réduction des émissions industrielles », rappelle le Dr Maria Neira, directrice du département santé publique à l’OMS.

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 16:38

Par Vanina Delmas pour Politis le 23 septembre 2016

Des députés européens aux chefs cuisiniers français, tous espèrent que la Commission européenne fera barrage à la fusion de Monsanto et Bayer.

Une lettre signée par cinquante-cinq eurodéputés, principalement de gauche (verts, socialistes et gauche radicale), a été envoyée le 22 septembre à la Commission européenne, seule instance à pouvoir encore empêcher le rachat de Monsanto par Bayer, estimé à 59 milliards d’euros. Ils interpellent la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, sur les risques d’un tel oligopole agrochimique, en commençant par réduire la concurrence dans le marché intérieur, et lui demande de prendre ses responsabilités face à une multinationale qui totaliserait un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars :

Le chiffre d’affaires total réalisé sur le plan mondial par Bayer et Monsanto est bien au-dessus du seuil des cinq milliards d’euros qui permet à la Commission de déclencher une enquête sur l’impact d’une telle acquisition.

Les députés citent un rapport du Centre pour la sécurité alimentaire (CFS) publié en 2013 qui montrait déjà qu’une telle fusion augmenterait indéniablement les prix des semences. Si celle-ci se confirme, Bayer contrôlerait 30% du marché mondial des semences, et 24% du marché des pesticides. De son côté, la Confédération Paysanne alerte sur « la mise sous dépendance des paysans qui n'auront plus d'autres choix que d'acheter les produits de ce nouveau monstre. »

Premier signe encourageant, la réaction à chaud de Margrethe Vestager. « Ce qui est important pour nous est que les agriculteurs aient le choix après la fusion », a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse à Paris. Deuxièmement, la Commission européenne a plusieurs fois mis son veto à des opérations de fusion d’entreprises, comme en 2013 pour le projet de rachat de la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus par la compagnie aérienne à bas prix Ryanair.

La société civile n'est pas restée muette face à cette menace pour l’agriculture, la biodiversité, la santé et la culture culinaire. Une centaine de chefs cuisiniers, pâtissiers et vignerons français, dont Michel et Sébastien Bras, Yannick Alléno ou encore Thierry Marx, ont signé une « Lettre ouverte contre l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes », publiée sur le site d’actualité gastronomique Atabula, dans laquelle ils expriment leurs inquiétudes :

« Sans un produit sain et de qualité, sans diversité des cultures, le cuisinier ne peut plus exprimer son talent créatif. Il n’est plus en mesure de faire son métier comme il l’aime et de le transmettre avec passion. Quant au paysan et à l’agriculteur, ils se transforment en simples exécutants d’un grand tout agrochimique qui les dépasse : des ouvriers à la solde d’une entreprise apatride, hors sol. »

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 11:13

Par Patrick Piro le 21 septembre 2016 pour Politis sur http://www.politis.fr/articles/2016/09/transition-energetique-limpasse-industrielle-francaise-35406/

Transports, énergie, sidérurgie… La politique du gouvernement se réduit à des interventions d’urgence pour tenter de sauver l’emploi, incapable de relever les défis de l’après-pétrole.

C’est une pièce de théâtre française rodée. Alstom annonce la fermeture de son usine de Belfort, avec destruction de 450 emplois dans la construction de locomotives pour le fret ferroviaire : émoi en France, un « champion » industriel national est à la peine. Le gouvernement entre en ébullition : « Hors de question que le site ferme », clame Manuel Valls. La direction de l’entreprise est tancée pour la brutalité de l’annonce et, dans une période électorale très délicate, on peut s’attendre à ce que le gouvernement dégaine une aide d’urgence.

Un scénario assez similaire à celui écrit par PSA en avril 2012 : après avoir obtenu (conjointement avec Renault) une aide de 6,5 milliards d’euros contre promesse de ne fermer aucun site de production et d’investir dans l’innovation, le groupe français annonce juste après la présidentielle la fermeture de son site d’Aulnay – 8 000 emplois touchés. C’est l’échec du redressement, innovation comprise. « PSA a un retard traditionnel en la matière », souligne Yannick Jadot. Bruxelles a montré qu’en 2012 l’entreprise avait investi 2,4 milliards d’euros en recherche et développement, soit deux fois moins par voiture produite que le champion Volkswagen.  « Pas étonnant, poursuit l’eurodéputé EELV, pourquoi faire des efforts puisque le gouvernement n’a eu de cesse depuis des années de soutenir le diesel, fer de lance des modèles de PSA ? » Alors que le désamour est désormais amorcé auprès du public français, sensible aux graves dommages sanitaires causés par le diesel, dont les ventes sont tombées de 75 % à 52 % en cinq ans, le groupe français apparaît à la traîne. « Avec la Yaris, modèle hybride, Toyota a dix ans d’avance dans les véhicules “propres” sur nos constructeurs nationaux. Et, construite en France, elle contribue à l’activité industrielle et à l’emploi. »

Le virage du véhicule électrique, tant vanté par la loi de transition énergétique, est déjà bien mal négocié. « La subvention à l’achat d’une voiture n’est qu’une aide de niche, critique Pascal Canfin, directeur du WWF. Il n’y a pas de stratégie ni d’investissements structurants pour basculer vers la mobilité électrique. »

Ainsi des bus : le chinois BYD est le mieux positionné sur le marché français, il vient d’obtenir la mise en test de l’un de ses modèles électriques par la RATP, qui vise la conversion écologique de son parc de 4 500 bus en région parisienne d’ici à 2025. « Cette percée n’est pas à mettre au compte d’un dumping, mais de l’innovation », constate Yannick Jadot. À partir de 2003, cet industriel autrefois spécialisé dans les batteries a décidé d’investir le marché des véhicules électriques, dont il ambitionne de devenir le numéro un mondial.

Dans le même temps, le gouvernement annonçait un plan d’amélioration… des autoroutes ! Un milliard d’euros, financés par une augmentation des péages, ainsi que par les collectivités. D’ordinaire, le gouvernement fait payer les sociétés exploitantes en échange d’une rallonge de leurs concessions. Un petit pas vers la récupération par les pouvoirs publics de ces usines à cash ? Après le fiasco de l’abandon de l’écotaxe « poids lourds » il y a deux ans, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, avait suggéré qu’une ponction sur les péages autoroutiers compense le milliard d’euros qu’aurait rapporté cette fiscalité sur le fret par camion, pour financer des infrastructures de transports plus écologiques que la route.

Le plan d’amélioration fait exactement le contraire, montage dont le but avoué est d’épargner au gouvernement de longues négociations avec les sociétés exploitantes. Son espoir : le lancement rapide de travaux pour créer « 5 000 emplois » dès 2017, et avant la présidentielle. Pascal Canfin est choqué. « La négociation aurait pu au moins porter sur la création d’un réseau de bornes de recharge pour soutenir l’essor des véhicules électriques ! Zéro contrainte pour les constructeurs automobiles et les sociétés autoroutières, c’est le degré zéro de la politique industrielle. »

Le cas Alstom est dans la continuité de ces contresens, se désole Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche. « Les gouvernements successifs ont saboté le fret ferroviaire en favorisant le mode route, le plus destructeur pour le climat. » Et le cannibale du secteur, avec près de 90 % des tonnages transportés. Le rail, lui, est tombé à moins de 10 %. Il était à 14 % en 2007 quand le Grenelle de l’environnement visait 25 % en 2022 – niveau où se situe aujourd’hui l’Allemagne, contrepoint classique de la France en matière de politique industrielle. « Un sabotage », juge Martine Billard, alors qu’Alstom Belfort dépendait essentiellement des commandes des collectivités publiques, dont l’État, par ailleurs actionnaire de l’industriel à hauteur de 20 %.

Le Parlement européen a adopté en juin dernier une résolution appelant la Commission à stimuler la compétitivité du secteur européen de l’équipement ferroviaire par des commandes publiques. « Cette résolution ne doit pas rester lettre morte, nous nous mobiliserons pour que l’Union européenne définisse une vision plus stratégique et offensive en matière de politique industrielle », lançaient la semaine dernière les eurodéputés socialistes français, qui ne semblent guère croire que l’Union puisse sauver Belfort.

Le secteur de l’énergie subit les mêmes atermoiements, notamment dans les renouvelables, où la France a déjà raté plusieurs coches. -L’Allemagne, le Danemark ou -l’Espagne, grâce à des politiques très incitatrices, ont suscité l’émergence d’industriels de poids. En France, Areva, en pleine restructuration, vient de confirmer la vente à l’allemand Siemens de son département « éoliennes » – qui n’était encore que balbutiant tant le nucléaire reste hégémonique pour l’industriel surendetté. Idem pour Alstom, qui a lâché cette même activité de construction à General Electric en novembre dernier. « L’installation de parcs éoliens en France échappe donc à toute orientation industrielle nationale », constate Martine Billard.

Avec le photovoltaïque, la politique de Gribouille atteint un sommet. Deux ans après avoir enfin mis en place des incitations financières performantes, le gouvernement Fillon décide un moratoire brutal en mars 2011 : l’inflation des installations solaires, qu’il n’a pas vue venir, pèserait trop sur les budgets. Bilan : plus de 10 000 emplois détruits en quelques mois, essentiellement dans le tissu des PME qui avaient investi dans le photovoltaïque. À rebours de la plupart des pays du monde, où le secteur est souvent un des plus dynamiques en matière d’embauche. Un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime qu’une réorientation économique et industrielle guidée par la limitation du réchauffement planétaire à 2 °C pourrait créer 800 000 emplois en France, dans l’isolation des bâtiments, l’agriculture, les transports, l’énergie…

En mars 2015, EDF, forteresse du nucléaire dont l’État détient la majorité des parts, -décidait d’abandonner sa filiale Nexcis, spécialisée dans un procédé unique au monde de fabrication de cellules photovoltaïques à bas coûts. « La pire des caricatures », fustige Martine Billard. La France, qui dispose du 2e potentiel en énergies renouvelables dans l’UE, est le seul pays, avec les Pays-Bas, à n’avoir pas atteint son objectif intermédiaire de déploiement, en 2012. La part des renouvelables culmine aujourd’hui en France à 14 % : l’objectif de 23 % en 2020 est hors de portée.

Liquidation de la filière pâte à papier, fermeture en juin dernier de l’usine Ecopla, premier fabricant européen de barquettes aluminium (recyclables à l’infini) et dont les salariés n’ont pas obtenu du gouvernement le soutien pour une reprise en coopérative, etc. « Ce n’est pas faute de disposer de compétences reconnues dans le monde, analyse Yannick Jadot. Le problème français tient à des politiques publiques pensées par des fonctionnaires, où l’État désigne la “bonne technologie”, déploie des “champions” industriels pour la développer, et les fait vivre par la commande. Et quand ça ne va plus, c’est l’État, c’est-à-dire le contribuable, qui finit par payer la casse. »

Martine Billard accuse une absence de volonté politique, relevant qu’entre 1980 et 2013 le poids de l’industrie dans l’économie nationale est passé de 24 % à 11,5 %, avec une augmentation des importations (et du déficit de la balance commerciale) et des émissions de CO2 induites. « Alors que la France a développé un écosystème favorable à l’économie numérique, on en est encore très loin dans les activités industrielles nécessitées par la transition énergétique », estime Pascal Canfin. Or, toutes les expériences montrent qu’il est indispensable de faire émerger des pôles industriels nationaux forts dans le domaine. « La voie adoptée en France est à l’opposé », résume Martine Billard.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 16:55

Alors que les économistes "classiques" Pierre Cahuc et André Zylberberg ont publié "Le négationisme économique et comment s'en débarrasser", nouvelle manoeuvre pour décrédibiliser les économistes critiques et à plus forte raison les "économistes atterrés", voilà un rappel historique utile !

Par Bruno Amable, Professeur à l'université de Genève le 26 septembre 2016 pour Libération

C’est au moment de la «révolution conservatrice» aux Etats-Unis, que le système de représentation économique, qui règne aujourd’hui sans partage, a supplanté la macro-économie keynésienne.

Le débat sur la pertinence (défaillante) de la théorie dominante en macroéconomie connaît un nouvel épisode avec la publication récente d’un papier de Paul Romer. Celui qui sera bientôt le chief economist de la Banque Mondiale considère que la macroéconomie a régressé depuis au moins trois décennies, avec la domination quasi-exclusive de la modélisation dite «DSGE» (dynamic stochastic general equilibrium).

Cette dernière s’est développée à partir du modèle de croissance néoclassique, qui repose sur l’hypothèse d’une concurrence parfaite dans tous les marchés ; modèle auquel on a ajouté des «chocs» aléatoires de productivité pour tenter d’obtenir des fluctuations (les cycles dits «réels») proches des variations observables de l’activité. Des éléments supplémentaires ont ensuite enrichi la spécification de base : monnaie, concurrence imparfaite, rigidité des prix, etc.

Mais l’ajout de divers éléments censés apporter du réalisme et de la pertinence ne doit pas dissimuler que les bases de ces modèles sont profondément irréalistes. Les fameux «fondements microéconomiques» supposés établir la supériorité des modèles DSGE sur leurs prédécesseurs inspirés de la théorie keynésienne ne sont que l’extension à l’économie entière du comportement supposé parfaitement rationnel d’un individu isolé. On sait d’une part que cette hypothèse est irréaliste à l’échelle individuelle et que d’autre part, même si elle était vérifiée, une société composée d’individus se comportant ainsi ne se comporterait pas en général comme un individu soi-disant «représentatif».

L’utilisation pratique de ces modèles soulève aussi des problèmes. La prise en compte de variables supposées ajouter du réalisme à la spécification ne rend que plus arbitraire encore leur application empirique en vue d’expliquer les évolutions macroéconomiques (PIB, chômage, etc.) observées ou de prévoir les évolutions à venir. Le nombre de paramètres à estimer par des méthodes statistiques est trop grand au regard de l’information disponible, ce qui conduit à imposer des restrictions soi-disant fondées théoriquement à un nombre croissant de ces paramètres. La complexité des modèles fait que des restrictions aux conséquences importantes peuvent être introduites plus ou moins subrepticement par le modélisateur.

Les partisans de cette modélisation admettent son irréalisme mais la défendent par l’argument classique : tous les modèles sont faux. Ils font ainsi une confusion volontaire entre la fausseté résultant des simplifications indispensables à tout exercice de modélisation et celle qui découle de l’incorporation d’éléments en contradiction flagrante avec la réalité observable. Cette macroéconomie est comme une astronomie postulant l’existence d’astres cubiques utilisée pour discuter savamment de l’influence des sommets et des arêtes de la Lune sur les marées.

Alors que la modélisation est supposée permettre de saisir et analyser une réalité inaccessible autrement, la macroéconomie dominante, elle, empêche de voir, et encore plus de comprendre, ce que même un profane pourrait observer. Ce n’est que dans les périodes de crise, alors que se produit un événement imprévu parce qu’inenvisageable dans le cadre théorique concerné, que les critiques les plus radicales contre la représentation orthodoxe peuvent éventuellement se faire entendre.

Il y a peu d’éléments nouveaux dans le débat critique sur la théorie macroéconomique dominante qui s’ouvre à la suite du papier de Romer. Les objections maintes fois soulevées dans le passé n’ont pas eu de conséquences pratiques.

Il y a certainement des raisons politiques derrière le «succès» (au moins académique) de cette macroéconomie. Ce n’est pas une coïncidence si elle a supplanté la traditionnelle macroéconomie keynésienne au moment où s’imposait la «révolution conservatrice» aux États-Unis.

Mais un des intérêts du papier de Romer est la façon dont il explique comment un groupe d’économistes parvenus à s’imposer dans le champ à la faveur de la crise des années 1970 a progressivement éliminé la concurrence d’autres paradigmes par des méthodes associant la collusion, la loyauté à l’égard des membres de la secte, la déférence envers ses gourous, le rejet des hérétiques… La méthode scientifique d’évaluation par les pairs s’est transformée en une pratique d’autovalidation d’une pensée quasi-religieuse. Romer dit aussi pourquoi il se sent libre de rendre public ses critiques : il ne se soucie plus guère de ses perspectives de publications dans les grandes revues du champ.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:45
Fusion Monsanto-Bayer : « C’est un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur »

Par Vanina Delmas le 15 septembre 2016 pour Politis sur http://www.politis.fr/articles/2016/09/monsanto-bayer-cest-un-empoisonneur-qui-achete-un-autre-empoisonneur-35377

L’industriel allemand Bayer a annoncé le 14 septembre le rachat de l’américain Monsanto pour la somme astronomique de 59 milliards d’euros. Arnaud Apoteker, coordinateur du « Tribunal Monsanto » et spécialiste des OGM, commente cette fusion de deux géants de l’agrochimie.

Pour quelles raisons Bayer souhaite-t-il racheter Monsanto ? Est-ce une surprise ?

Cet accord est loin d’être une surprise majeure puisque cela se négocie depuis des mois entre ces deux compagnies. Et cela s’inscrit également dans une tendance continue depuis des décennies. À partir des années 1970, nous sommes entrés dans une sorte de course au gigantisme notamment pour des questions commerciales et de capacités de recherches. Monsanto a d’ailleurs tenté de racheter Syngenta, qui a décliné son offre et qui est aujourd’hui en cours d’acquisition par le géant chinois ChemChina. Monsanto est donc passé du statut de candidat au gigantisme à la position de proie. Autre élément important : les brevets. Lors de ces opérations, ils achètent également tous ceux toujours en cours. Et Monsanto a besoin d’augmenter son portefeuille de brevets dans l’agrochimie depuis que son produit phare, le Roundup [un herbicide, NDLR], est rentré dans le domaine public.

Marches mondiales contre Monsanto, « Tribunal Monsanto »… Les actions de la firme sont régulièrement critiquées et pointées du doigt. Ce rachat peut-il être considéré comme l'occasion de profiter de la meilleure réputation de Bayer ?

Le « Tribunal Monsanto » est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide.

Pour le moment, ce n’est qu’un accord qui a été rendu public. Nous ne sommes pas sûrs à 100% que l’achat aura lieu. Et puis, ce n’est pas certain que le nom Monsanto disparaîtra car il reste très connu des agriculteurs donc un argument de vente imparable. De toute façon, cela n’aura pas d’influence sur le tribunal de Monsanto qui se tient en octobre. Je dirai même que les conclusions de ce procès pourraient justement permettre à Bayer de voir toutes les questions de responsabilités qu’engendrent ce rachat, les risques juridiques et financiers qu’il prend.

Si Bayer a une meilleure image pour le grand public, dans le fond, ce n’est pas le cas. Il a eu moins de succès que Monsanto dans les plantes OGM mais il vend des produits tout aussi toxiques, notamment les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles », et a recourt aux mêmes pratiques de lobbying. Il existe depuis des années une coalition d’associations qui dénonce les dégâts causés par Bayer, présentes aux assemblées générales de la société. C’est vrai que Bayer est moins grand public et moins emblématique, mais pour moi, cela reste un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur.

Quelles seront les conséquences concrètes de ce « mariage infernal » pour l’agriculture ?

C’est une accélération considérable de la perte de la biodiversité alors que nous avons déjà perdu 75% de notre biodiversité agricole en un siècle. Des compagnies seront encore plus puissantes pour promouvoir un modèle d’agriculture basé sur la monoculture donc le choix sera beaucoup plus réduit pour les agriculteurs. Ce monopole est extrêmement regrettable de mon point de vue et cela devrait être un signal d’alarme pour les paysans du monde entier qui leur diraient : « Vous ne devez pas rester poings et pieds liés à ces sociétés, il faut regagner votre autonomie ! »

Cent treize prix Nobel - dont quatre Français – ont signé une lettre pour demander aux leaders de Greenpeace de cesser leurs campagnes anti-OGM, notamment contre le riz doré qui pourrait être une solution à la malnutrition. Comment percevez-vous cette demande ?

J’ai été totalement surpris qu’autant de prix Nobel signent cette lettre, également adressée aux gouvernements et aux Nations unies. Des personnes, qui ont sans doute travaillé dans la chimie ou la biologie moléculaire, ont réussi à convaincre ces prix Nobel que les OGM sont une solution pour lutter contre la faim dans le monde. Et ces derniers ont certainement accepté car c’est un autre prix Nobel qui les a sollicité, malgré leur manque de connaissances sur le sujet. Le riz doré est un excellent alibi pour ceux qui connaissent peu le domaine car il apparaît comme un OGM humanitaire. Or, même les scientifiques qui travaillent dessus reconnaissent qu’il n’est pas encore au point et on ne sait même pas s’il apportera la dose suffisante de vitamine aux personnes qui le consommeront.

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 18:00

Par Claude-Marie Vadrot pour Politis le 19 septembre 2016

Le professeur John DeCicco, chercheur à l’Institut américain de l’Énergie, vient de publier une étude détaillée expliquant pourquoi et comment, aux États-Unis, le recours systématique aux carburants d’origine végétale, essentiellement à partir de maïs, est encore plus néfaste pour le climat que l’essence ou le diesel produits à partir du pétrole.

Cette étude, consultable sur le site de l'université du Michigan, est d’autant plus importante que depuis le lancement du programme fédéral américain de substitution énergétique en 2005, la quantité de maïs énergétiquement gaspillé est passé de 10 661 milliards de boisseaux (1) à 13 692 milliards de boisseaux par an pour la saison 2015-2016, soit environ 34 millions de tonnes d’après les statistiques du ministère de l’Agriculture américain. Production à comparer avec la récolte annuelle de 16 millions de tonnes de maïs en France dont 2,5 millions sont consacrés, sur 300 000 hectares, à la production d’éthanol faussement baptisé « biocarburant ».

En parallèle, les récoltes de maïs destinés à la production de carburant ont triplé malgré les protestations des écologistes et des scientifiques américains. Ce qui a fait passer la proportion d’essence d’origine végétale distribuée dans les stations-service de 12,4 à 38,6% en 2015.

Une « réussite » qui encourage les grandes sociétés agro-industrielles à prospecter l’Europe, dont la France et la Pologne, pour y acheter des terres à maïs. Un point des discussions du TAFTA - pour l’instant au point mort -, porte d’ailleurs sur ce sujet. Les négociations viseraient à priver les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) de leurs droits de préemption ou de refus sur le commerce des zones agricoles.

Pas de neutralité carbone

Le chercheur américain et son équipe ont soigneusement analysé la chaîne des émissions liées au carburant classique et celles engendrées par l’essence d’origine végétale. Pour cette dernière, ils ont évidemment inclus les conséquences du recours aux engrais et aux pesticides. Ces derniers étant beaucoup plus utilisés que pour la production destinée au maïs entrant dans l’alimentation humaine et animale.

La neutralité carbone, explique le scientifique, a longtemps été un postulat et nous avons démonté une assertion qui avaient été "gelée" par de nombreux intérêts. Nous avons ainsi démontré que s’agissant du réchauffement climatique, la nocivité du carburant produit avec des végétaux, était pire que pour les carburants fossiles. Nous nous sommes rendus compte que le lobby des carburants végétaux et tous ceux qui se sont lancés dans ces cultures diffusaient de fausses informations à chaque fois que des interrogations remettaient en cause leurs argumentations.

En prenant l’exemple de l’État du Michigan, un de ceux où la culture du maïs industriel est développée, les scientifiques auteurs du rapport, expliquent notamment que la reforestation serait bien plus efficace pour limiter ou diminuer les rejets de gaz carbonique.

Un rapport qui contredit ce que racontent en France les producteurs d’éthanol dans leurs campagnes de relations publiques, affirmant « que cette alternative est bonne pour la planète »…

(1) « Ancienne mesure de capacité pour les grains et autres solides granuleux, restée en usage au Canada et dans les pays anglo-saxons pour les céréales (bushel). [Au Canada et en Grande-Bretagne, il équivaut à 8 gallons, soit 36,3 l ; aux États-Unis, il vaut 35,2 l.] »

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:26

Un grand rassemblement anti-nucléaire s'organise le 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville (Manche). Aller-retour en car possible dans la journée du samedi.

Tous à Flamanville - non à l'EPR !
Tous à Flamanville - non à l'EPR !

Un bus partira de Paris le 1er octobre à 6h15, avec un retour le même jour à 18h30 de Siouville/Flamanville, arrivée 23h30 à Paris.

RDV fixé à l’angle de l’Avenue de Friedland et de la Place du Général de Gaulle ÉTOILE.
Inscriptions prises en compte à l’envoi du règlement, par chèque, à l’ordre de
Sortir du Nucléaire Paris à envoyer à Laurence Esquieu, 9 rue Fénelon, 75010 Paris

Tarifs :

Soutien: 50€
Ordinaire : 40€
Réduit : 25€

Réservations et renseignements : laurence.esquieu@hotmail.fr
ou o6 95 11 24 36, de préférence par texto

Orga : Sortir du nucléaire Paris

Programme du rassemblement :

programme

Le rassemblement aura exactement lieu à Siouville-Hague, avenue des peupliers.

Il y aura des animations, des associations, des stands de buvette et restauration.

Samedi 1ER octobre

  • 11h : accueil

  • 14h : départ de la marche depuis Siouville plage vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 15h : prise de parole au port de Dielette (Flamanville) et reprise de la marche

  • 18h : retour à Siouville plage

  • 20h : concert entrée libre:

  • Les Pieds dans le bocal

  • Les Provisoires

  • Les Ramoneurs de Menhir

Dimanche 2 octobre

  • 9h : conférence "Les risques techniques et sociétaux du nucléaire"

  • 9h : conférence " Les alternatives au nucléaire"

Comment venir ?

  • En car : Plusieurs dizaines départs en car sont déjà prévus. 

  • En covoiturage : une page est ouverte ici

PLUS D'INFOS  http://www.can-ouest.org/  http://sortirdunucleaire.org/Grand-rassemblement-a-Flamanville-les-1er-et-2

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:21

Parce que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et qu’ils sont souvent traités de façon indigne par l’industrie alimentaire, notre société doit faire le choix de la fin du régime carné

Une tribune collective courageuse que nous soutenons !

À la suite d’enquêtes menées dans plusieurs abattoirs français et diffusées par l’association L214, la question de l’abattage des animaux a suscité un débat d’ordre national. Devant l’implacable réalité des images, les Françaises et Français commencent à prendre conscience des souffrances endurées par les animaux d’élevage. Après la tenue de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat portant sur la sensibilité animale, une commission d’enquête parlementaire a même été créée au printemps afin d’étudier les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.

Nous avons été profondément bouleversés par ces images d’êtres vivants et sensibles luttant pour leur vie dans les abattoirs. Quelles que soient la méthode d’abattage et la taille de l’abattoir, toutes les enquêtes montrent des animaux en détresse et en grande souffrance, conscients du sort qui leur est réservé. Certains tentent de fuir, de se débattre, de résister à une mise à mort programmée. En vain.

Les lapins, vaches, cochons, moutons, poules, poissons et autres animaux sont des êtres sentiments, doués de sensibilité et qui ressentent des émotions telles que la peur ou la joie. En 2012, lors d’une déclaration signée à Cambridge (Royaume-Uni), un groupe d’experts internationaux en neuroscience et cognition animale a affirmé que ses recherches démontraient la réalité de la conscience animale. La viande n’est pas un simple produit de consommation, mais provient d’un animal qui a été mis au monde et élevé, souvent dans d’épouvantables conditions carcérales, dans le seul but d’être vendu et tué. Ainsi, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs terrestres, sans oublier les dizaines de millions d’animaux marins victimes de la pêche.

UN MASSACRE INSTITUTIONNALISÉ

Au-delà de cette incommensurable souffrance destinée à nous nourrir, les conséquences environnementales de l’élevage sont dramatiques. L’élevage est, en effet, responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (soit davantage que l’ensemble des transports, aériens compris) et de 50 % des émissions de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, nous ne pouvons ignorer plus longtemps que l’élevage est la cause de 70 % de la déforestation mondiale. Ainsi, à l’heure où plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas d’accès à l’eau potable, il faut en moyenne 15 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de viande de bœuf.

Pour ces raisons, nous décidons de prendre parti et d’être solidaires des animaux. Nous ne pouvons être complices plus longtemps d’un massacre quotidien et institutionnalisé. Les techniques d’abattage en elles-mêmes rendent impossible toute amélioration concrète du sort des animaux d’élevage ; l’industrialisation de la mort est une condition de la survie économique de la filière de l’élevage, soumise aux lois du marché et de la concurrence, et elle se paie au prix de la grande souffrance des animaux. Les solutions proposées par la commission d’enquête parlementaire n’y changeront rien et ne rendront pas moins nécessaires un changement profond de nos modes de consommation et une transition vers un modèle agricole durable et respectueux de la vie des animaux et de notre environnement.

Les connaissances actuelles en nutrition ne laissent planer aucun doute. Une alimentation végétale équilibrée peut, en effet, parfaitement se substituer à une alimentation omnivore, comme l’ont démontré de grands spécialistes de la nutrition. L’Association américaine de diététique, par exemple, confirme que cette alimentation est appropriée à tous les âges de la vie et même souvent bénéfique pour la santé. De plus en plus répandues et faciles d’accès, les solutions végétales alternatives aux produits carnés offrent la possibilité d’une cuisine diversifiée, riche et savoureuse.

Certains d’entre nous ont déjà franchi le pas et refusent depuis plusieurs années de consommer des produits issus de l’exploitation des animaux. Pour d’autres, cette décision est plus récente. D’autres encore ont fait le choix de réduire leur consommation de viande. Mais nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme.

Laurence Abeille, députée ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, président de Good Planet ; Aurélien Barrau, astrophysicien, professeur, université Grenoble-Alpes ; Christine Berrou, humoriste ; Ingrid Desjours, écrivain ; Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, réalisateur, président de la LPO ; Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris ; Jean-Baptiste Del Amo, écrivain ;  Mylène Demongeot, actrice ; Rokhaya Diallo, journaliste, auteure, réalisatrice ; Dalibor Frioux, écrivain, agrégé de  philosophie ; Martin Gibert, philosophe, auteur de « Voir son steak comme un animal mort » ; GiedRé, auteure, compositrice, interprète, humoriste ; Héloïse Guay de Bellissen,  écrivain ; Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick ; Stéphanie Hochet, romancière et journaliste ; Renan Larue,  professeur de littérature française, université de Californie (Etats-Unis) ; Lolita Lempicka,  styliste de mode ; Vincent Message, écrivain, maître de conférences en littérature, université Paris-VIII ; Guillaume Meurice, humoriste ; Amélie Nothomb, écrivain ; Ovidie, réalisatrice, documentariste ; Martin Page, écrivain ; Guillaume Pot, journaliste ; Matthieu Ricard, biologiste, fondateur de Karuna-Shechen ; Philippe Reigné, professeur de droit privé, Conservatoire national des arts et métiers ; Sanseverino, chanteur ; Henry-Jean Servat, journaliste, écrivain.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:47
Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Une société minière entend exploiter le sous-sol breton. Une résistance citoyenne s’est formée contre ce projet archaïque.

Par Vanina Delmas pour Politis du 15 septembre 2016

Un jour d’été 2015, un bruit d’hélicoptère résonne dans la campagne bretonne. Un survol inhabituel qui interpelle quelques habitants de Merléac et des communes voisines. Quelques mois plus tard, une autre scène insolite se joue sous les yeux des agriculteurs bretons, mais au sol cette fois. Des jeunes gens polis et bien vêtus se promènent dans les champs et demandent aux propriétaires s’ils peuvent ramasser des cailloux. Aucun agriculteur ne peut refuser. Qui sont ces bénévoles sortis de nulle part ? Des géologues en reconnaissance. Et l’hélicoptère appartient à la société Variscan Mines. L’air de rien, l’engin volant commence à cartographier la présence de métaux rares dans la région à l’aide d’un radar électromagnétique. Il faut dire que le sous-sol de l’antique Massif armoricain, à cheval entre les Côtes-d’Armor et le Morbihan, recèle des richesses jamais tombées dans l’oubli. Mais personne n’imaginait la réouverture de mines au XXIe siècle pour extraire du zinc, du plomb, de l’or, du cuivre, de l’argent et des « substances connexes ».

Pourtant, une société australienne, Variscan Mines, a jeté son dévolu sur la région bretonne, entre autres [^1]. Et le gouvernement a suivi, dans l’idée de retrouver une indépendance industrielle, notamment par rapport à la Chine. « Il y a vingt ans, on utilisait une quinzaine de métaux. Aujourd’hui, plus de cinquante sont nécessaires pour développer les nouvelles technologies destinées à la transition énergétique (éoliennes, panneaux solaires, etc.), l’industrie aéronautique, -l’armement, l’électronique, l’automobile, etc., énumère Michel Bonnemaison, directeur général de Variscan Mines. C’est aussi une réflexion éthique, car beaucoup de métaux sont produits par des pays qui n’hésitent pas à envoyer des gamins au fond des mines. »

Demandé en 2011, le permis exclusif de recherches de mines (Perm) de Merléac est accordé par le ministère de l’Économie en 2014. Suivent ceux de Silfiac et de Loc-Envel. Une fronde citoyenne s’est formée et tente d’informer le reste de la population sur les conséquences d’un tel projet. « Le Perm de Merléac a été accordé un an avant les autres car il n’y avait pas d’associations, pas de résistance. Ici, il n’y a pas trop de conscience écolo, contrairement à Silfiac ou à Loc-Envel, relève Lucie, du collectif Vigil’Oust. Trente-trois communes sont impliquées, mais, comme le permis s’appelle “Perm de Merléac”, la plupart des habitants ne se sentent pas concernés. Variscan n’a pas fait ces choix-là au hasard. »

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

En effet, la zone a déjà été visitée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), chargé de dresser un inventaire minier de la France à partir des années 1960. Le site de la Porte aux Moines, fermé en 1981, est dans le viseur de la société minière, notamment pour sa richesse en zinc. « Leur but est d’élaborer un catalogue. À Merléac, ils ont ressorti de vieilles carottes pour montrer qu’il y a des ressources, et donc une possibilité de spéculer. Ils doivent aussi préparer le terrain social pour éviter une rébellion lorsqu’un plus gros groupe ouvrira la mine d’exploitation », analyse Lamine, du collectif Douar Didoull, qui défend le site de Loc-Envel.

Malgré l’énergie déployée par les bénévoles de Vigil’Oust depuis plus d’un an, notamment grâce aux « Bar à mines » pour informer la population, certains habitants n’étaient pas conscients de l’avancée du projet minier. « Je pensais qu’on n’en était qu’au stade de l’hélicoptère, avoue Christophe, un riverain de Gausson, à 15 kilomètres de Merléac. Je faisais partie du conseil municipal l’année dernière, et on n’a jamais abordé ce sujet ! » En une semaine de mobilisation, ces citoyens alarmés ont enchaîné opérations de porte-à-porte et réunions d’information publiques. Une pétition en ligne [^2] a recueilli plus de mille signatures en trois jours.

À Plélauff, près de Silfiac, les vestiges d’une ancienne mine de plomb et de zinc sont visibles depuis la petite route qui longe le ruisseau du Crénard. Aucune végétation n’a repris ses droits. Aucun panneau ne prévient qu’on s’aventure sur le terril minier, désormais intégré à la propriété d’un agriculteur biologique. Ce dernier a d’ailleurs fait analyser son terrain, et la teneur en plomb y est supérieure à la normale. Lorsqu’il pleut, les déchets sont lessivés et ruissellent directement dans le cours d’eau qui alimente d’autres sources d’eau potable, dont le lac de Guerlédan – 15 % des eaux du Morbihan. « La mobilisation fonctionne mieux à Silfiac qu’à Merléac, car il y a beaucoup plus d’agriculture biologique et de tourisme vert,précise Claire Mériaux, présidente du collectif Attention mines. On se bat aussi pour défendre nos maisons, dans lesquelles nous avons investi du temps et de l’argent, et qu’on a envie de transmettre à nos enfants. »

Après les prospections réglementaires, Variscan Mines devrait lancer les sondages à Merléac, « certainement vers le milieu de l’hiver », selon son directeur général. « Nous avons déjà eu des mines d’uranium, et il reste beaucoup de poches contenant du radon et de l’arsenic, alerte Goulven, de Douar Didoull. Les risques de pollution de l’air et de l’eau sont indéniables ». Pour Dominique Williams, représentante de l’association Eaux et Rivières de Bretagne, c’est « une catastrophe annoncée » sur le plan environnemental, car la plupart des métaux recherchés sont des sulfures qui s’oxydent au contact de l’eau ou de l’air. Toute l’eau deviendrait acide. « Deux tiers de l’eau potable en Bretagne provient des cours d’eau et un tiers des eaux souterraines, explique-t-elle. Si des galeries sont creusées, toutes les réserves d’eau souterraines contenues dans les cavités rocheuses se rejoindront et tout sera contaminé. De plus, aucun béton ne résiste à cette acidité, donc les galeries risquent de s’effondrer. Le béton se désagrège et les produits chimiques s’accumulent dans l’eau. » Un véritable cocktail chimique à volonté, et pour tous : commerces, riverains, animaux de ferme…

Prêt à affronter les arguments environnementaux, Michel Bonnemaison a affûté ses propres armes en vantant les mérites d’une « mine verte ». « On peut apprendre des erreurs du passé. À l’époque, l’environnement était encore considéré comme une lubie de certains. On a souvent laissé des mines non rebouchées qui crachaient de l’eau acide, ce qui a laissé une image déplorable de l’extraction minière, reconnaît Michel Bonne-maison. Aujourd’hui, on sait concevoir des machineries, du monitoring et des pilotages à distance pour traiter les minerais directement sous terre. Les déchets seront transformés en “ciment-colle” pour -reboucher les galeries. On réinjecte dans le sous-sol ce qu’on a pris, on ne remonte à la surface que la partie commerciale. » Pourtant, personne ne parvient encore à imaginer une mine propre.

La promesse d’emplois séduit une partie non négligeable, mais très discrète, des habitants des communes en question. Les nostalgiques de l’ancien temps adhèrent également à l’argument économique. « Enfant, j’ai connu ce terrain de 1960 à 1963. Toute une activité s’était développée : commerces, restaurants, écoles, agriculture, car les mineurs allaient acheter des poulets ou des œufs chez les fermiers… Quand ils sont partis, on a ressenti un grand vide. Certains locaux ont même suivi les mineurs dans les Pyrénées, raconte Bernard Rohou, maire de Plélauff. Mais la population a manifesté son mécontentement, et je considère que le conseil municipal représente l’avis de sa population. Nous avons donc décidé de nous opposer au projet. »

L’une des solutions pour contrer -Variscan Mines est de l’empêcher d’accéder aux terrains. Les propriétaires remplissent alors des bordereaux de refus, récupérés par les mairies et envoyés à Variscan par les associations. Pour Michel Bonnemaison, cette campagne ne représente pas le sentiment général de la population et ne bloque que le bilan environnemental nécessaire à la progression du chantier. Il qualifie ses opposants d’« obscurantistes ».

« Nous ne sommes ni des obscurantistes ni des “anti-tout”, s’indigne Samuel, du -collectif Mines de rien. Tout cet argent est investi dans un ancien modèle d’extraction et non pas dans des recherches pour recycler les métaux lourds. Nous voulons aussi mettre en avant les alternatives qui existent pour tous ceux qui souhaitent vivre différemment. »

[^1] Permis exclusif de recherches de mines : Dompierre (Ille-et-Vilaine), Penlan et Loperec (Finistère), Beaulieu (Loire-Atlantique) et Saint-Pierre (Maine-et-Loire), Tennie (Sarthe).

[^2] « Stop aux projets miniers en Bretagne », Change.org.

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