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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

5 octobre 2018 5 05 /10 /octobre /2018 09:08

Le Parlement a adopté mardi 2 octobre la loi Alimentation, censée notamment améliorer le revenu des agriculteurs en relevant le seuil de vente à perte. Cela va surtout augmenter les bénéfices de l'agro-industrie. D'après Bénédicte Alaniou et Séverine Cazes le 2 octobre 2018 pour Le Parisien. Lire aussi L’Agriculture au glyphosate reste en Travert de la gorge des consommateurs et Un rapport parlementaire contre la malbouffe industrielle : « Reprendre le pouvoir sur nos assiettes ».

Les étiquettes risquent de flamber dans les rayons… Mais les agriculteurs en profiteront-ils ? Rien n’est moins sûr. (Illustration) LP/Olivier Lejeune

Les étiquettes risquent de flamber dans les rayons… Mais les agriculteurs en profiteront-ils ? Rien n’est moins sûr. (Illustration) LP/Olivier Lejeune

Michel-Édouard Leclerc qui traite le ministre de l’Agriculture de « politicard de première ». Ledit ministre, Stéphane Travert, qui la veille accusait le président des centres Leclerc de « prendre en otage les consommateurs ».

Alors que la loi Alimentation, censée permettre de mieux rémunérer les agriculteurs et d’alimenter plus sainement les Français, a été définitivement adoptée ce mardi à l’Assemblée nationale, l’une de ses dispositions phare divise : c’est le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte, c’est-à-dire le prix en deçà duquel les commerçants n’ont pas le droit de vendre.

Augmenter ce prix plancher va-t-il, par ricochet, faire augmenter les prix en caisse ? « Pas du tout. Nous demandons que les distributeurs puissent diminuer leurs marges sur les produits agricoles, tout simplement pour mieux rémunérer » les agriculteurs, martèle le ministre de l’Agriculture.

Michel-Édouard Leclerc, qui a même écrit au Premier ministre ce mardi, n’y croit absolument pas. Il a aussi rappelé dans son courrier à Edouard Philippe que la hausse des prix sur les grandes marques n’avait rien à voir avec les revenus des agriculteurs et a demandé au Premier ministre de reporter au minimum l’application de ces hausses après les fêtes de Noël pour ne pas pénaliser les consommateurs. « Cette hausse des prix de 1 % à 10 % touchera de 3 000 à 3 700 articles et portera sur les grands produits d’appel qui ne sont pas des produits agricoles » comme le Coca-Cola, le Nutella, le Nescafé, affirmait-il dans une interview au « Parisien »- « Aujourd’hui en France ». Selon lui, « cet enfumage » va coûter 1 milliard d’euros aux consommateurs.

«C’est une tartufferie !»

L’UFC-Que choisir va encore plus loin. « Le gouvernement a missionné une étude d’impact qui fait état d’une augmentation des prix de 0,7 % à 2 %, indique Alain Bazot, son président. Ce qui, en monnaie sonnante et trébuchante, représente une hausse de 1,7 milliard à 5 milliards d’euros sur deux ans. »

La future flambée des étiquettes ne fait donc aucun doute pour lui. Alors même que « rien dans la loi ne garantit que cela profitera aux agriculteurs », assure-t-il. Il dénonce une forme de « culpabilisation : on dit aux Français payez plus cher, et les agriculteurs vivront mieux. C’est une tartufferie ! ».

L’autre grande association de consommateurs, la CLCV (Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie) reste plus prudente quant à l’impact de la loi sur le porte-monnaie. « On ne sait pas de combien cela fera augmenter les prix car leur mécanisme de fixation est extrêmement complexe », estime François Carlier, délégué général de la CLCV.

Mais si l’objectif était vraiment d’améliorer le sort des agriculteurs en difficultés, il regrette que « la FNSEA ait dès le début écarté l’idée d’une répartition plus équitable des aides européennes de la PAC. C’est ça le gros tabou ! »

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 09:22

Manifeste pour un « Fonds nature » métropolitain  Par Daniel Breuiller, vice-président de la Métropole du Grand Paris en charge de la nature en ville, le 1er octobre 2018.                                                                                                      Lire aussi Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30 ...

 

Avec ses sept millions d’habitants, son activité produisant 26 % du PIB national, ses projets majeurs comme le Grand Paris Express ou Inventons la Métropole, et la perspective des JO, il ne se passe pas une semaine sans un colloque sur l’attractivité du Grand Paris, l’innovation ou la Smart City. Nous affirmons pour notre part que le défi majeur est, avec la réduction des inégalités territoriales, celui de la qualité de vie et de la place du végétal au cœur de la métropole.

La crise climatique souligne la fragilité de nos systèmes métropolitains. Deux inondations majeures en dix-huit mois et une sensibilité accrue face aux pluies intenses. Des épisodes caniculaires de plus en plus nombreux et qui sont aggravés par l'artificialisation excessive des sols des 131 villes de la métropole. Des "îlots de chaleurs" mettant en cause la santé des plus fragiles. Une pollution atmosphérique dépassant les seuils réglementaires et provoquant une diminution de l’espérance de vie en bonne santé de 6 mois à 1 an. Une exposition au bruit qui finit elle aussi par nuire à la santé des habitants.

81 des 131 villes de la Métropole du grand Paris sont carencées en espaces verts.

Face à ces constats, les 30/40 ans quittent la métropole malgré les opportunités très fortes qu’offre le Grand Paris. Qui voudra demain, vivre, travailler et investir dans la Métropole du Grand Paris si la qualité de vie s’y dégrade ?

La nature offre des solutions bon marché qui sont plébiscitées par nos concitoyens. De nombreuses communes commencent à inscrire l’agriculture urbaine, la désimperméabilisation des sols et la renaturation de la ville au cœur de leurs politiques publiques ; une nouvelle intimité entre nature et urbanité s’invente.

Pourtant la lutte est inégale face à l’intensification du bâti et à l’étalement urbain. Si elle rend des services essentiels (lutte contre les inondations, et contre les ilots de chaleur par l’évapotranspiration, préservation de la biodiversité, amélioration de la santé et du bien-être…), la nature a une grande faiblesse: elle ne paie pas de droits à construire.

Dans une période où les budgets des collectivités sont mis à mal et où de nouvelles opportunités d’aménagement et de valorisation foncière se font jour autour du Grand Paris Express notamment, le risque est grand que le béton l’emporte encore et toujours sur la nature.

Nous devons donc nous doter de nouveaux outils réglementaires et financiers.

En 20 ans, 1 500 hectares de pleine terre (agricole ou espaces verts) ont été artificialisés, sur le territoire de la MGP. Il faut aujourd’hui stopper cette consommation de sols et inverser la courbe en dés-imperméabilisant, partout où c’est possible, en créant de nouveaux îlots de fraîcheur, en renforçant les trames vertes et bleues, en ré-ouvrant rivières et rus. En préservant les jardins potagers collectifs hérités du passé et en créant de nouveaux En valorisant le potentiel naturel des délaissés urbains, des friches industrielles et commerciales. En renforçant le rôle de réserve de biodiversité des haies et jardins des quartiers pavillonnaires, des pieds d'immeubles des grands ensembles ; en renaturant les espaces inutilisés des bâtiments collectifs, les cours d'école et les parkings aériens... Et en faisant de l'arbre et de la nature de vrais alliés dans notre lutte contre la chaleur et la pollution. 

Dès aujourd'hui, plus aucun projet d’aménagement ne devrait se traduire par un affaiblissement de la place de la nature sur le périmètre concerné, ni bien sûr du ratio m² de nature par habitant. Ratio dont nous savons déjà à quel point il est insuffisant.

Le SCOT - schéma d'aménagement de la Métropole, en cours de d’élaboration - doit garantir réglementairement cette sanctuarisation des terres agricoles et cette exigence de plus de nature. 

Dans les années 1950, l'Etat, en créant le 1% culture, a permis de mettre l’art et la culture au cœur de la ville. Il est temps d’en faire de même pour la nature.

Il est temps de créer le 5 % nature, un montant obligatoire pour toute opération de construction ou d’aménagement indispensable pour garantir une réelle renaturation des villes de la métropole. En attendant qu’une mesure législative crée ce 5% nature, proposons une charte de la « Métropole nature », qui donnera aux constructeurs la possibilité, voire l’obligation de s'engager dès maintenant.

Les aménageurs offriront ainsi une qualité de vie bien meilleure aux futurs occupants des logements ou bureaux construits. Ils prendront leur part dans la nécessaire transition des villes.  Les équipes d'architectes, d'urbanistes et de paysagistes rivaliseront d’inventivité pour créer cette nouvelle intimité entre nature et ville. Cette renaturation sera un projet qui fera toute leur place aux habitants de la Métropole. Et elle dynamisera un secteur vert et agricole grand-parisien, renforçant son impact écologique, social et économique.

Nous, les citoyens et nos enfants, bénéficierons de cette qualité de vie renforcée et la Métropole du Grand Paris pourra revendiquer son ambition d’être une ville durable, résiliente et agréable à vivre, qui aura choisi une voie innovante et nécessaire, au moment où le rapport entre la nature et l'homme est au cœur des préoccupations de tous et où la transition écologique doit devenir une volonté partagée et prioritaire.

 

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 17:00
Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

Le vendredi 5 octobre à 18H30, les signataires de l’Appel se retrouvent devant les mairies de leurs villes et villages. Ça va swinguer, coquelicots à  la boutonnière ! Il y aura des instruments de musique, des chorales, des verres de vin, de champagne et d’orangeade, des cris d’enfants, des sonnettes de vélos, des tambours et des casseroles, des clowns de toute sorte. Juré, on va s’amuser et faire du bruit. N’oubliez pas de prévenir la presse locale, d’enrôler les pêcheurs à la ligne, les mamies du club de scrabble, les pongistes, les pompiers bénévoles, les chefs cuisiniers, étoilés ou non, les amoureux, les fous de musique classique, sans oublier les écorchés vifs. Bien sûr, on se congratulera d’être déjà si nombreux, en se donnant rendez-vous le mois suivant, car tout recommencera 23 fois au total, soit les 24 mois de durée de notre Appel. N’oubliez pas les appareils photos. Plusieurs centaines de rassemblements sont prévus en France. https://nousvoulonsdescoquelicots.org/agir-ensemble/. Lire aussi Nous voulons des coquelicots....

 

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 10:50

Plus d’un an après que le Conseil d’Etat a exigé du gouvernement français un plan d’action urgent pour réduire la pollution de l’air, 77 requérants, parmi lesquels des médecins et des associations de défense de l’environnement et de la santé, ont porté mardi 2 octobre un nouveau recours pour dénoncer l’inertie du gouvernement. D’après Les amis de la terre le 2 octobre 2018. Lire aussi Médecins et associations unissent leurs voix pour rappeler l’urgence d’agir face à la pollution de l’airTreize nouveaux polluants dans l’air à surveiller selon l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire ANSES, Pollution de l’air : le match du siècle , La Commission européenne attaquée sur la pollution de l’air renvoie la France devant la Cour de justice de l’Union européenne et La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année.

100 000 euros d'astreinte journalière demandés à l'Etat face à l’inaction sur la pollution de l’air

Malgré la victoire historique obtenue avec l’arrêt du 12 juillet 2017 du Conseil d’Etat sur une requête des Amis de la Terre France [Le Conseil d’État enjoint au gouvernement de prendre des mesures urgentes contre la pollution], le gouvernement continue d’ignorer cette décision de justice et tarde à prendre des mesures efficaces pour améliorer la qualité de l’air sur l’ensemble du territoire,

En effet, les feuilles de route envoyées par le gouvernement à la Commission européenne ne présentent aucune mesure urgente, malgré l’injonction qui était faite et alors que scientifiques, personnels soignants et citoyens multiplient les alertes, notamment concernant les concentrations excessives de particules fines et de dioxyde d’azote. La pollution de l’air est ainsi la troisième cause de mortalité en France, après l’alcool et le tabac, affectant en premier lieu les personnes les plus vulnérables. De plus, le rapport de la cour des comptes européenne (CCE) du 11 septembre 2018 sur la pollution de l’air rappelle que cette nuisance est le principal facteur environnemental de risque pour la santé dans l’Union européenne.

Pour les 78 requérants, parmi lesquels des médecins et des associations de défense de l’environnement et de la santé nationales comme Les Amis de la Terre, Greenpeace, France Nature Environnement, UFCNA, Notre Affaire à Tous, Respire, mais aussi des associations locales [liste disponible ici], l’objectif de ce recours est de contraindre le gouvernement à respecter la décision de la plus haute juridiction de l’Etat par une exécution forcée de la décision sous astreinte. Le taux de l’astreinte demandé est fixé à 100 000 euros par jour de retard, un montant dérisoire comparé au coût exorbitant de la pollution de l’air estimé à près de 100 milliards d’euros par an [L’incroyable coût de la pollution de l’air].

L’objectif est ainsi de contraindre l’Etat à prendre des mesures au plus vite, sans attendre le procès européen. La Commission européenne a en effet également décidé de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) en vue de demander la condamnation de la France. Parmi ces mesures, les organisations attendent notamment la mise en oeuvre urgente de zones à faibles émissions dans les agglomérations les plus exposées à la pollution, un soutien financier ambitieux de l’Etat aux collectivités territoriales pour leurs projets de transports en commun et de développement du vélo, et la relance du fret ferroviaire en France sur les lignes existantes, en particulier pour désengorger les vallées alpines.

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 09:09

La tribune du groupe Les Lilas Autrement, représenté au Conseil municipal par Marie-Geneviève Lentaigne (EELV), parue dans Infos Lilas lundi 1er octobre 2018.

Chaine humaine des amis de la Corniche des Forts le 2 septembre 2018 (DR)

Chaine humaine des amis de la Corniche des Forts le 2 septembre 2018 (DR)

La forêt urbaine de la Corniche des Forts est une chance unique à nos portes. Sa préservation  s'avérerait particulièrement bénéfique pour s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique. La Région Ile-de-France choisit pourtant de relancer les travaux  de la future "île de loisirs de la Corniche des Forts". Une trentaine d'ha sont déjà aménagés et 24 ha  sont actuellement préservés de la présence humaine depuis l'abandon des carrières de gypse. La nature y a repris ses droits et permis la constitution d'un réservoir unique de biodiversité. Un premier projet heureusement abandonné, avait prévu un remodelage de la zone avec déboisement et reconstruction d'un espace dédié aux loisirs avec belvédère artificiel, pelouses et galerie commerciale semi-enterrée... Depuis les études se sont focalisées sur le comblement des carrières - et les passages de camions nécessaires - afin d'ouvrir 8 ha supplémentaires au public. Vingt ans de tergiversations sans trouver l'équilibre entre la nature et de nouveaux parcs de loisirs : il est temps d'envisager autrement la place des forêts en zone urbaine. Des projets d'aménagement "doux" préservant les sentiers naturels, la flore et la faune sont possibles. De nombreuses associations ont émis des propositions et s'opposent au nouveau projet. Encore faudrait-il que le débat soit ouvert sérieusement et non en catimini.  Inconnu du public, le projet sur cet espace exceptionnel mérite mieux qu'un passage en force.

Marie-Geneviève Lentaigne (EELV) et Mathieu Agostini (Parti de Gauche) – http://leslilas-autrement.fr; http://leslilasecologie.fr; http://pgleslilas.fr

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 16:10

Le 12 septembre 2018, le Parlement européen a adopté à plus des deux-tiers de ses élus le rapport de la députée écologiste Judith Sargentini. Dans ce rapport, le Parlement invite le Conseil à constater, conformément à l’article 7 du traité sur l’Union européenne, l’existence d’un risque clair de violation grave par la Hongrie des valeurs sur lesquelles l’Union est fondée. C’est la première fois que le Parlement adopte un tel rapport. Par le groupe local EELV Le vPré Saint-Gervais-Les Lilas le 30 septembre 2018.                                                Des mêmes auteur.e.s, lire aussi Hulot démissionne, pas nous ! . . ..

L’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini (au centre), à qui l’on doit le rapport sur la politique du premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Strasbourg, le 12 septembre. VINCENT KESSLER / REUTERS

L’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini (au centre), à qui l’on doit le rapport sur la politique du premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Strasbourg, le 12 septembre. VINCENT KESSLER / REUTERS

Pourquoi ce vote du Parlement européen est-il important pour nous ?

La construction européenne, a permis à trois générations d'Européen-ne-s de vivre en paix. Elle a été fondée sur des valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité et de respect des droits de l'Homme. Ses Etats membres ont adhéré à des valeurs de solidarité, de pluralisme et de non-discrimination.

Elle est aujourd'hui fortement remise en cause par une partie de ses citoyens, car elle se montre insuffisamment protectrice face aux injustices du modèle économique libéral qui s'est imposé dans le monde. L'absence de règles convergentes sociales et fiscales génère de la concurrence entre pays européens et réveille parmi les travailleurs des sentiments mortifères d'exclusion et de désignation de l'Autre comme bouc-émissaire. C'est un danger pour nos peuples. 

La Hongrie, dirigée par Victor Orban, s'illustre depuis plusieurs mois par sa politique violemment anti-migrants, mais aussi antisémite, et des réformes de la Constitution et de la justice dangereuses pour les libertés démocratiques, notamment la liberté de la presse. Ses accents nationalistes extrêmes sont rejoints par l'Italie de Salvini, la Pologne, et les pays dits du « groupe de Visegrad ».

Le vote historique du Parlement européen, qui a su rassembler les voix de presque toutes les composantes – extrême-droite exceptée, sur le rapport présenté par la députée écologiste néerlandaise, est un coup d'arrêt symbolique fort contre les dérives de tous ceux qui prônent le repli nationaliste sur soi, et l'exclusion des étrangers.

Les députés écologistes européens, notamment nos six députés français, se félicitent de ce vote et sont plus que jamais engagés pour défendre une Europe à refonder d'urgence.

Celle-ci devra s'articuler sur plusieurs piliers :

1 - Démocratiser l'Union, doter les citoyen.ne.s d'outils d'action, pour sortir des blocages dus aux gouvernements d'Etats-nations,

2 - Etablir une protection sociale unifiée et étendue,

3 - Construire de nouvelles solidarités, notamment vis à vis des réfugiés, sans distinction,

4 - Engager résolument l'Europe vers la transition énergétique et l'adaptation au changement climatique,

5 - Mobiliser les richesses de l'Europe, démocratiser la finance et lutter contre l'évasion fiscale,

6 - Des régions vivantes et inter-connectées grâce au ferroviaire,

7 - Définir une citoyenneté européenne,

8 - Passer outre les intérêts privés pour protéger la santé et garantir une alimentation saine.

Pourtant l'Europe reste à juste titre fortement désirable pour nombre de peuples. Une grande partie de la jeunesse a intégré une vision ouverte et fraternelle des relations entre ceux qui la composent.

Nous écologistes serons présent.e.s avec vous pour dessiner les contours de l' Europe que nous désirons : une communauté démocratique qui tourne le dos au libéralisme et se donne les moyens d'agir sur le quotidien.

30 septembre 2018

Contactez-nous !    Europe Écologie Les Verts Le Pré Saint-Gervais - Les Lilas   80 bis rue de Romainville, 93260 Les Lilas, http://leslilasecologie.over-blog.com - 06 03 00 54 72 - 01 48 97 22 97.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 09:08

35 % des zones humides, des milieux naturels à la biodiversité particulièrement riche, ont été détruits depuis 1970 sous le double effet de l’action de l’homme et du réchauffement. Par Martine Valo pour Le Monde le 27 septembre 2018. Lire aussi Sécheresse, surexploitation : le monde a soif et Les leçons de la crue.

Dans la mangrove de l’archipel des Bijagos (Guinée-Bissau). Jean-François Hellio & Nicolas Van Ingen / Biosphoto

Dans la mangrove de l’archipel des Bijagos (Guinée-Bissau). Jean-François Hellio & Nicolas Van Ingen / Biosphoto

Rarement avisé à l’égard de la nature, l’homme est en train de gommer de la surface de la terre l’un des écosystèmes qui lui rendent les services les plus fondamentaux : les zones humides. Lacs, rivières, marécages, marais, tourbières, mangroves ou récifs coralliens disparaissent trois fois plus rapidement que les forêts naturelles.

Drainés, asséchés, interrompus par de multiples barrages, canalisés, étouffés par les proliférations d’algues ou de plantes que dopent les engrais agricoles : 35 % de ces milieux à la biodiversité particulièrement riche ont été détruits depuis 1970 dans le monde. Sous l’effet accélérateur du réchauffement climatique, le rythme des destructions s’emballe depuis 2000 et atteint entre 0,85 % et 1,6 % par an (le taux annuel moyen de disparition des forêts s’élevait à 0,24 % par an entre 1990 et 2015).

Face aux besoins urgents de protéger les milieux humides restants, la Convention de Ramsar, du nom du traité adopté en 1971 dans cette ville iranienne, a établi un bilan inédit de la situation. La première édition de ses perspectives mondiales des zones humides est parue jeudi 27 septembre, en amont d’une conférence des parties consacrée à ces écosystèmes prévue à Dubaï du 21 au 29 octobre. L’objectif de cette publication est de rappeler leurs responsabilités aux 170 Etats et autres signataires du traité, qui vise à « conserver et utiliser de façon rationnelle les zones humides » en contribuant au « développement durable » dans le monde.

Selon les données agrégées pour ce rapport, ces biotopes fragiles, submergés plus ou moins régulièrement selon les saisons ou les marées, occupent encore 12,1 millions de kilomètres carrés à l’intérieur des terres (à 93 %), et sur les côtes. Entre 13 % et 18 % d’entre eux (soit plus de 2 300 sites) sont classés comme « d’importance internationale » et inscrits à ce titre sur la liste de Ramsar. Cela ne suffit pas forcément à les protéger – le secrétariat de la convention recense aussi les sites naturels présentés comme remarquables, mais bien mal en point dans les faits.

« On constate un lent éveil à la valeur des zones humides, estime néanmoins Martha Rojas Urrego, secrétaire générale de la Convention de Ramsar. Les législateurs doivent les intégrer dans les programmes politiques et investir dans leur pérennité. Nous devons éduquer le mon

 

Ressources génétiques

de à l’importance critique de cet écosystème dont la disparition est très rapide. Sans les zones humides, nous sommes tous menacés. »

Ressources génétiques

La tâche s’annonce ardue, car les ruisseaux, les fonds d’estuaires, et autres prairies humides sont largement sous-estimés. L’agriculture, l’industrialisation, la pression démographique concourent à la dégradation de ces écosystèmes. On y prélève en excès de l’eau, des sédiments, des poissons. Voire on les assèche pour gagner des terres. Boueuses, considérées comme des nids à moustiques, elles n’ont pas bonne réputation malgré leur grande diversité biologique.

Pourtant, riches d’une eau douce ou saumâtre selon les cas, elles fournissent poissons, coquillages et crustacés à des millions de personnes. Dans les sites de pêche à l’intérieur des territoires, on capturait 2 millions de tonnes de poissons en 1950, pour arriver à plus de 11,6 millions de tonnes en 2012. Sans compter la pisciculture pratiquée en eau douce.

Les zones humides procurent aussi des ressources génétiques pour la pharmacopée, elles filtrent certains contaminants, modèrent la sécheresse, protègent des inondations. Sur les littoraux où les mangroves n’ont pas été sacrifiées au profit de bassins aquacoles ou des marinas, elles atténuent l’impact des tempêtes. Les auteurs du rapport notent que les zones humides jouent en outre un rôle important dans les secteurs du transport, du tourisme, et qu’elles comportent des valeurs culturelles et spirituelles aux yeux de bien des peuples.

Qu’ils viennent s’y reproduire ou qu’ils y vivent, les animaux sont les premiers touchés par cette régression. Tortues marines, grands mammifères, reptiles d’eau douce, amphibiens, mollusques non marins, coraux, crabes, écrevisses figurent parmi les populations plus en danger de disparition, tandis que les oiseaux d’eau ne cessent de diminuer depuis la fin des années 1980.

Sur plus de 19 500 espèces dépendant des milieux humides, un quart sont désormais menacées d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature – davantage que la faune terrestre –, en particulier dans les régions tropicales. De fait, de toutes les populations animales, ce sont celles qui vivent dans les rivières et les ruisseaux qui connaissent le déclin le plus marqué, davantage encore que celles des lacs et des marais. Depuis 1970, les poissons d’eau douce se sont effondrés de 81 % dans le monde. Le constat pour ces derniers est accablant à Madagascar, en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Europe et dans les Andes.

Tandis que les zones humides naturelles régressent comme peau de chagrin, étangs et surtout réservoirs et rizières artificiels se développent, mais sont loin de les compenser. C’est l’Asie qui en est globalement la mieux dotée : elle abrite 32 % de la superficie mondiale ; suivie de l’Amérique du Nord (27 %), de l’Amérique latine et des Caraïbes (16 %), de l’Europe (13 %), de l’Afrique (10 %), et de l’Océanie (3 %). Dans le trio des contrées qui ont le plus dilapidé leurs richesses, l’Amérique latine et les Caraïbes arrivent en tête avec près de 60 % de superficie en moins entre 1970 et 2015 ; l’Afrique en a perdu 42 % et l’Europe 35 % pendant à peu près la même période.

Les sociétés humaines se privent ainsi d’un autre service essentiel que leur rend la nature. Ainsi, bien qu’elles n’occupent que 3 % de la surface terrestre, les tourbières stockent deux fois plus de CO2 que toutes les forêts du monde. Les marais, les herbiers marins, les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent aussi de 20 % à 25 % du méthane émis autour de la planète. Et l’augmentation des températures devrait augmenter leurs émissions de ce gaz à effet de serre, en particulier dans les régions de pergélisol.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 16:31
Votre fournisseur d’électricité est-il vraiment vert ?

L’électricité a beau être invisible, cela n’empêche pas les fournisseurs aujourd’hui présents en France de proposer des offres de toutes les couleurs, dont une trentaine dites « vertes »… Il était donc temps de démêler le vrai (vert) du faux. C’est ce que fait Greenpeace France en lançant un classement des fournisseurs et un Guide de l’électricité verte.

En publiant ce premier classement, Greenpeace France souhaite aider les consommateurs et consommatrices à :

  • Repérer les fournisseurs d’électricité vraiment verts, qui produisent ou achètent de l’électricité à des producteurs d’énergies renouvelables et soutiennent activement le développement de ces énergies.

  • Tourner le dos aux fournisseurs qui achètent et produisent des énergies toxiques comme le charbon, les hydrocarbures et le nucléaire, ou investissent dans ces filières.

Pour établir ce classement, Greenpeace France a évalué au total 19 fournisseurs d’électricité (ceux qui ont été actifs toute l’année 2017) et a regardé de près l’électricité qu’ils produisent, celle qu’ils achètent ainsi que leur politique d’investissement. En tenant compte de ces critères, chaque fournisseur a été réparti dans l’une des quatre catégories suivantes : « Vraiment verts », « En bonne Voie », « À la traîne » et… « Vraiment mauvais ».

Le résultat de cette évaluation est présenté sur un site Web, le Guide de l’électricité verte. Y sont publiés l’intégralité du classement, une fiche pour chaque fournisseur détaillant son action en matière d’énergies renouvelables, fossiles et nucléaire, ainsi que des informations pratiques pour comprendre le marché de l’électricité verte en France et changer facilement de fournisseur pour soutenir réellement les énergies renouvelables.

De l’électricité nucléaire repeinte en vert

Première mauvaise nouvelle : les fournisseurs sont nombreux à acheter de l’électricité essentiellement nucléaire et à la repeindre en vert grâce au mécanisme des certificats de « garantie d’origine ». Cela s’apparente à du greenwashing… mais c’est tout à fait légal, au regard de la réglementation européenne. Pour le-la consommateur-rice, il est très difficile de savoir si son fournisseur achète de l’électricité d’origine nucléaire, fossile ou renouvelable – mis à part auprès des rares fournisseurs qui jouent volontairement la carte de la transparence. C’est tout l’objet de ce classement : remonter la source de l’électricité et mettre en lumière les vraies actions des fournisseurs en matière d’énergies renouvelables et non renouvelables.

Les géants de l’électricité freinent la transition énergétique

Deuxième mauvaise nouvelle : les plus gros fournisseurs d’électricité sur le marché français investissent l’essentiel de l’argent de leurs client-es dans le nucléaire et les énergies fossiles, et ralentissent la transition énergétique. C’est le cas dEDF, par exemple, qui est en train de construire quatre fois plus de capacités nucléaires que renouvelables en Europe ; ou de Total (maison mère de Direct Energie et Total Spring) qui, en 2017, consacrait encore 94 % de ses investissements à l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers et gaziers.

Des fournisseurs vraiment verts, ça existe !

Malgré cela, une très bonne nouvelle ressort aussi de ce classement des fournisseurs d’électricité : oui, il est aujourd’hui possible de choisir entre plusieurs fournisseurs vraiment verts ! Vous avez désormais le choix entre trois fournisseurs dont l’électricité est vraiment d’origine renouvelable, sans nucléaire ni énergie fossile. Opter pour l’un de ces fournisseurs permet de réduire drastiquement son empreinte écologique et de contribuer activement à la transition énergétique.

Votre fournisseur d’électricité est-il vraiment vert ?

Enercoop vous permet de consommer une électricité véritablement renouvelable et de soutenir des petits producteurs indépendants. De plus, Enercoop est une coopérative : plus de la moitié des bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise, notamment dans des projets citoyens d’énergie renouvelable. Et les producteurs et les consommateurs participent ensemble aux prises de décision.

NB: C’est à Enercoop que la Société coopérative Électrons solaires vendra l’électricité produite (http://electrons-solaires93.org/Cooperative.html)

Votre fournisseur d’électricité est-il vraiment vert ?

Ce tout petit fournisseur regroupe des petits producteurs d’électricité hydraulique et investit aussi dans le développement des énergies renouvelables à un rythme soutenu.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:15

Figure de l’École de Francfort, Hartmut Rosa critique la logique de croissance au nom de la « vie bonne ». Une traduction de son dernier ouvrage et un recueil de textes ont paru récemment : Résonance, de Hartmut Rosa, La Découverte, 544 pages, 28 euros. Remède à l’accélération, de Hartmut Rosa, Philosophie magazine éditeur, 93 pages, 14 euros. Par Laurent Etre le 27 septembre 2018 pour l’Humanité. Lire aussi Le « revenu universel », entre utopie et pragmatisme , Revenu garanti, l’invité-surprise et Reprenons le mouvement de réduction du temps de travail et instaurons le revenu universel d'existence.

Hartmut Rosa sous-titre son dernier livre, Résonance, par « Une sociologie de la relation au monde ». Plainpicture/Cavan Images

Hartmut Rosa sous-titre son dernier livre, Résonance, par « Une sociologie de la relation au monde ». Plainpicture/Cavan Images

Depuis la sortie de son best-seller Accélération. Une critique sociale du temps (La Découverte, 2010), Hartmut Rosa touche un large public, du moins celui qu’intéresse la critique de nos modes de vie dans le capitalisme contemporain. Disciple d’Axel Honneth, lequel interroge pour sa part la société actuelle du point de vue du besoin humain de reconnaissance, Hartmut Rosa s’inscrit dans le cadre théorique de l’Institut de recherche sociale de Francfort (créé en 1923 et communément appelé « l’École de Francfort » à partir des années 1950), dont il incarne la quatrième génération. Les grands noms de la première sont Horkheimer, Adorno, Marcuse, Fromm… Croisant un certain marxisme, avec les apports de la psychanalyse freudienne et une sociologie consciente des limites des méthodes empiriques, l’École a dans sa ligne de mire la société de consommation et ses industries culturelles, la course au rendement… Avant de s’édulcorer quelque peu sous la houlette de Jürgen Habermas (deuxième génération) et son « éthique de la discussion », soluble dans la social-démocratie la plus tempérée. Avec Honneth, figure de proue d’une troisième génération francfortoise, et directeur de thèse de Rosa, on a pu croire à un retour aux ambitions transformatrices des origines, sa théorie de la reconnaissance remettant au premier plan la conflictualité sociale. Las, l’horizon revendiqué ne va pas plus loin que le retour à un « capitalisme organisé » (lire l’Humanité du 22 janvier 2015).

Contre la frénésie productiviste

Et voilà donc Rosa. Lui revendique ouvertement une « pensée anticapitaliste », dans la conclusion de son dernier livre, Résonance, sous-titré « Une sociologie de la relation au monde ».

De la critique de l’accélération à la recherche de résonance, le chemin est plus direct qu’il n’y paraît. L’accélération se définit par une « croissance quantitative par unité de temps », rappelle le philosophe et sociologue. Le problème n’est donc pas la vitesse en soi mais le fait que celle-ci nous soit imposée et nous emporte dans une frénésie productiviste. « Pour produire plus, dans la même unité de temps, il n’y a qu’une solution. À population égale, il faut aller plus vite », résume-t-il dans l’un des articles composant « Remède à l’accélération », le recueil publié par Philosophie magazine. La préoccupation de Rosa, au fond, c’est notre réduction à de purs supports de croissance et le développement, concomitant, de relations déshumanisées, instrumentales, vides de sens.

L’émancipation humaine suppose donc de cultiver, envers et contre tout, des rapports d’authentique réciprocité, ou « résonnants ». Ce qui suppose d’abord d’identifier les différents « axes de résonance » : horizontaux (les relations aux autres), verticaux (l’expérience de la nature, l’art, la religion) et diagonaux (croisant les deux précédents, comme c’est le cas, par exemple, avec le travail).

Cette démarche a le grand mérite d’interpeller chacun dans son positionnement à l’égard du cours actuel de la société, à rebours à la fois des postures victimaires et culpabilisantes, en reprenant simplement la discussion des sagesses antiques sur la « vie bonne ».

N’est-ce pas, en effet, de ce débat, moral au meilleur sens du terme, et ancré dans les expériences du quotidien, que peut naître l’envie du changement social ? Débat qu’un certain déterminisme marxiste a pu ignorer dramatiquement. La description de la résonance, et de tout ce qui peut y faire obstacle, a quelque chose de performatif : elle nous reconnecte à nos aspirations profondes, nous place en résonance d’abord avec nous-mêmes.

La « justice distributive »

Rosa, nouveau penseur du New Age ? Loin s’en faut. Il ne ménage pas ses coups, d’ailleurs, contre un certain discours de développement personnel enjoignant chacun à identifier et optimiser ses « ressources ». Pour lui, l’épanouissement individuel ne doit jamais être dissocié de la réflexion sur le « cadre socio-politique ». Mais inversement, celle-ci ne saurait occuper tout l’espace d’une théorie critique de la société. à suivre Hartmut Rosa, les tendances actuelles de la philosophie sociale et de la sociologie à se focaliser, respectivement, sur la « justice distributive » et l’accroissement (réel) des inégalités comptent aussi au nombre des effets de l’incapacité de nos sociétés à faire place à la question du bonheur. C’est l’échec à penser cet enjeu qui a conduit les sciences humaines à se rabattre sur le quantitatif. Alors, que faire, concrètement, pour favoriser la résonance ? La seule piste tangible avancée par Rosa est celle d’un revenu universel. L’argumentation formulée à l’appui n’est pas inaudible. « La garantie des ressources sans la contrainte de leur augmentation continuelle me semble une condition préalable à toute réorientation de la conduite de vie », écrit-il. Certes. Mais, outre les dilemmes non tranchés sur le financement d’une telle mesure, la réorientation de vie espérée n’a-t-elle pas plus de chance d’aboutir si la garantie des ressources découle d’une socialisation des moyens de production, par l’action consciente et délibérée des producteurs eux-mêmes ? C’était la voie esquissée par Marx.

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 09:04

Les aides promises lors des sommets climat soutiennent un mouvement mondial de libéralisation des marchés de l’énergie, dénonce Aurélien Bernier, essayiste et auteur des Voleurs d’énergie (1). Entretien réalisé par Marie-Noëlle Bertrand pour l’Humanité le jeudi 27 septembre 2018.

La centrale hydroélectrique de Soubre. En Côte d’Ivoire, le secteur de l’énergie a déjà été libéralisé. Xinhua/Xinhua-Réa

La centrale hydroélectrique de Soubre. En Côte d’Ivoire, le secteur de l’énergie a déjà été libéralisé. Xinhua/Xinhua-Réa

Les One Planet Summits se succèdent, et avec eux les promesses d’investissements qui se chiffrent en milliards dans les énergies renouvelables. Sommes-nous en voie de sauver le climat ?

Aurélien Bernier Qu’elles viennent du secteur privé ou des pays occidentaux, ces promesses sont réitérées à chaque sommet. Au final, les fonds publics n’arrivent pas. En revanche, ce que l’on voit, ce sont les multinationales qui se déploient dans les pays du Sud. Car ce que l’on dit moins, c’est que cette aide affichée cache une mécanique perverse de libéralisation des marchés. Pour que les énergies renouvelables (ENR) privées – car c’est bien de cela qu’il est question – se développent, on crée des fonds qui vont en grande partie financer le risque pris par les multinationales. L’étape préalable étant de démanteler les services publics là ou ils existent encore.

Le privé négocie argent contre révision des systèmes énergétiques nationaux ?

Aurélien Bernier C’est cela. Plus pervers encore : ces prétendus financements verts servent aussi à financer les bureaux d’études et cabinets juridiques pour conseiller les gouvernements sur le démantèlement à opérer. En Côte d’Ivoire, par exemple, qui a été l’un des premiers pays africains à libéraliser son service public de l’énergie, des bureaux d’études français ont conseillé l’État sur la meilleure façon de l’ouvrir à la concurrence. Ensuite, les multinationales se sont engouffrées dans la brèche.

Est-on en train de perdre la bataille de l’énergie publique ?

Aurélien Bernier Le XXe siècle a connu un mouvement mondial de nationalisation de l’énergie. Aujourd’hui, il se passe l’inverse. En ce moment, l’objectif est vraiment le marché africain. Lors des conférences climat, on prêche le développement des ENR sous forme de partenariat public-privé. Or, on sait ce que cela veut dire : les États financent ce qui n’est pas rentable, et le privé fait des bénéfices avec ce qui l’est. Dans l’énergie, ce qui n’est pas rentable, c’est le réseau, et ce qui l’est, c’est la production et la commercialisation. Cette logique est planétaire.

On perçoit bien le problème social. En quoi est-ce négatif pour le climat ?

Aurélien Bernier Les libéraux ont présenté la crise climatique comme un simple problème de pollution. Or, la crise environnementale n’est pas fondamentalement un problème de pollution, mais de surconsommation. Dans ce système, les ENR s’ajoutent aux énergies fossiles plutôt que de s’y substituer. Plutôt que d’impulser la sobriété et de réduire la consommation, on crée des capacités de production supplémentaires. On n’a jamais produit autant,ni transformé autant de matières premières. C’est cela qui crée l’empreinte écologique.

Il y a trente ans on reprochait au monde libéral de nier le changement climatique. Aujourd’hui, on s’inquiète qu’il s’empare de la bataille…

Aurélien Bernier La récupération de la bataille environnementale est vieille comme la lutte écologique. Dès 1970, une Journée de la terre était organisée aux États-Unis. Ce jour-là, Monsanto, Ford ou Dow Chemical ont multiplié les événements pour montrer leur implication. Elles ne s’embarrasseront plus de ce discours quand, au moment du tournant ultralibéral des années 1980, Ronald Reagan virera les responsables des agences environnementales. Cela reviendra dans les années 1990 avec la notion de développement durable. Entre-temps, le secteur privé s’est assuré que cela n’aurait pas d’impact pour lui.

Comment ?

Aurélien Bernier Dès 1972, le texte issu du premier sommet de la Terre, à Stockholm, autorisait les États à prendre des mesures, à condition de ne pas remettre en cause le libre-échange. Ce credo libéral consistant à soumettre l’environnement au commerce international est, depuis, repris dans toutes les déclarations. Si l’on assiste à un vrai positionnement en faveur des technologies vertes, c’est parce qu’il y a un marché. Des entreprises espèrent y faire tout leur chiffre d’affaires et font du lobbying pour des réductions d’émission de gaz à effet de serre. D’autres jouent sur les deux tableaux. Total investit d’une main dans les ENR et de l’autre fait des forages de gaz de schiste.

(1) Éditions Utopia, 10 euros, 200 pages.

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