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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 09:02

Suite de Huit idées concrètes pour créer des emplois sans casser le Code du travail : Alors que les opposants à la loi Travail ont manifesté dans toute la France mardi, Reporterre a demandé à neuf chercheurs, syndicalistes et associatifs de proposer d’autres réformes que la flexibilisation pour lutter contre le chômage. Aujourd'hui les bonnes idées de Pablo Servigne : « Mettre en place des aides à la reconversion pour créer des millions d’emplois paysans. »

Pablo Servigne, coauteur de Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, ainsi que d’un rapport pour le Parlement européen, Nourrir l’Europe en temps de crise, qui fera l’objet d’un livre publié cet automne

Pablo Servigne, coauteur de Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, ainsi que d’un rapport pour le Parlement européen, Nourrir l’Europe en temps de crise, qui fera l’objet d’un livre publié cet automne

Le système alimentaire industriel est à la fois extrêmement toxique et très vulnérable. Sous l’effet domino de l’ensemble des crises — dérèglement climatique, épuisement des énergies fossiles, effondrement de la biodiversité, essor des maladies environnementales —, ce système va s’effondrer… d’ici une quinzaine d’années.

Concrètement, pour éviter des famines à venir, il faut transformer notre modèle agricole, pour qu’il ne dépende plus des énergies fossiles. Un baril de pétrole correspond à 12,5 années de travail humain. Labourer un champ en traction animale demande beaucoup plus de temps humain (mais aucune énergie fossile) que labourer un champ avec un tracteur. Et les systèmes alternatifs, comme l’agroécologie, peuvent produire des rendements à l’hectare comparables ou même supérieurs à l’agriculture industrielle.

À Cuba, après la transition énergétique inachevée dans les années 1990, on a estimé les besoins en main-d’œuvre agricole à 15 à 25 % de la population active. Une simple extrapolation montre qu’en France, il faudrait donc former en moins d’une génération entre 4,3 et 7,2 millions d’agriculteurs, contre un peu plus de 1 million de personnes aujourd’hui. Les néoruraux seront le plus grand mouvement social du XXIe siècle !

Il y a donc urgence à amorcer cette transition, via des investissements publics massifs dans la formation agroécologique (traction animale, agroforesterie, permaculture). Et pourquoi pas mettre en place des aides à la transition et à l’installation agricole, comme des prêts à taux zéro ou des allocations, pour accompagner celles et ceux qui veulent changer de vie et devenir paysan.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 15:20

Artisans de la candidature de Paris, l’ancien patron du rugby mondial Bernard Lapasset, son bras droit Étienne Thobois, issu de l’agence Keneo, et le champion Tony Estanguet ont réussi leur coup. Mais l'opacité de la gestion du Groupement d'intérêt public et le versement contesté de «primes de succès» font débat. Le 13 septembre 2017 Par Antton Rouget pour Médiapart.

Étienne Thobois, Tony Estanguet et Bernard Lapasset autour d'Anne Hidalgo  © aroundtherings.com

Étienne Thobois, Tony Estanguet et Bernard Lapasset autour d'Anne Hidalgo © aroundtherings.com

Trois hommes : un dirigeant sportif, un lobbyiste et un champion olympique. Pour un joli coup : réussir à convaincre puis à mobiliser les pouvoirs publics en vue d’organiser les Jeux olympiques à Paris. Ce mercredi 13 septembre, à Lima (Pérou), Bernard Lapasset, Étienne Thobois et Tony Estanguet savourent leur victoire devant les caméras du monde entier. Le Comité international olympique (CIO) a officiellement désigné la France pour accueillir les JO 2024. Le fruit d’une opération périlleuse pour ce triumvirat couronné de succès.

Il y a quatre ans à peine, même au sommet de l’État, peu de personnes croyaient pourtant en la possibilité d’une candidature française : les JO coûtent cher, leur image est durablement ternie par les scandales de corruption et le traumatisme de l’échec de la candidature de Paris 2012 est encore trop vif. Le défi est alors immense pour Bernard Lapasset, l'ancien homme fort du rugby mondial qui a créé en avril 2013 le Comité français du sport international (CFSI), une coquille vide pour promouvoir l’accueil des Jeux en France.

Lapasset présente sur le papier le profil idéal pour porter un tel projet : président de l’International Rugby Board (IRB) jusqu’en 2016, il est alors l’un des rares dirigeants français à la tête d’une fédération internationale. Il connaît par ailleurs parfaitement les arcanes du CIO depuis qu’il a réussi à faire du rugby à 7 une discipline olympique. Et il jouit dans le petit monde sportif d’une réputation sérieuse, que même les récentes révélations de Mediapart sur son ancien conseiller Claude Atcher, n’ont jusqu’à présent pas écornée.

Dès 2013, Lapasset enchaîne les rencontres ministérielles et convainc Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, d’activer le réseau diplomatique du Quai d’Orsay. Son bras droit au sein du CFSI, Michaël Aloïsio, un ancien de la Fédération de taekwondo et du ministère des sports, rencontre lui, en janvier 2014, les membres de la « délégation interministérielle à l’intelligence économique », rattachée aux services du premier ministre. Ce premier rendez-vous discret a pour objet de commencer à « cartographier les “boards et collatérales” des différentes instances, notamment ceux du Comité international olympique », et d'entamer les opérations de lobbying auprès de ces derniers en « nouant des alliances de circonstance avec des acteurs publics ou privés et avec d’autres comités très influents ». Dans le même temps, Lapasset fait, avec succès, le forcing auprès de Manuel Valls et de François Hollande, lequel se déclare publiquement, le 6 novembre 2014, « favorable » à une candidature de Paris.

Lettre de Bernard Lapasset à Laurent Fabius © Document Mediapart

Lettre de Bernard Lapasset à Laurent Fabius © Document Mediapart

L'opacité de la gestion du GIP en question

Cette déclaration d'intention se concrétise par la création du groupement d’intérêt public (GIP) « Paris 2024 » fin 2015. Cofinancé à hauteur de 60 millions d'euros par le public (État, la Région Île-de-France et la ville de Paris, 10 millions chacun) et des partenaires privés, le GIP est, dans les faits, contrôlé par le mouvement sportif. Les comités olympique et paralympique (CNOSF et CPSF) disposent au sein de son bureau, son conseil d'administration et son assemblée générale de 55 % des voix contre 45 % pour la ville de Paris, la région et l'État (15 % chacun). Et les sportifs se montrent bien peu soucieux de l’information au public.

Si elles sont certifiées par un contrôleur d’État, les dépenses du GIP n’ont jamais été communiquées en détail. Un document interne consulté par Mediapart permet uniquement d'avoir une vision globale sur ses principaux postes de dépenses. En tête du palmarès, se trouvent les salaires :  pour une cinquantaine d'employés (selon cette dépêche de l'AFP), la masse salariale atteint plus de 14 millions d'euros sur toute la période d'activité de la structure (moins de trois ans). La planification et les études (autour de 12 millions d'euros) arrivent en seconde position, suivis de près par la communication et les opérations de mobilisation du public (10 millions d'euros). La section « Relations internationales » comprenant notamment les missions d'« Intelligence et analyse » est dotée de près de 6 millions d'euros.

Une opacité similaire règne sur le versement de primes. Selon nos informations, le bureau exécutif de Paris 2024 du 29 août 2017 a voté l'attribution de « primes de succès »  aux salariés du GIP. Celle-ci était conditionnée à l'attribution des JO à Paris, au dégagement d'un excédent financier ainsi qu'à la levée de plus de 30 millions d'euros de fonds privés. Trois objectifs remplis. Mais l’épisode n’a pas fini de faire jaser. D’abord parce que le « succès » de Paris a été acquis face à… personne, depuis le retrait de son seul concurrent Los Angeles. Ensuite parce qu’une grande partie des membres concernés sera vraisemblablement réembauchée dans les nouvelles structures qui verront le jour pour organiser les JO. Enfin, et surtout, parce que le montant des primes a été calculé proportionnellement aux salaires. Si les enveloppes dédiées aux petites mains ayant donné de leurs soirées et week-ends resteront modestes, la facture pourrait s'envoler pour les postes les plus importants. Ce dernier point a d'ailleurs provoqué des remous au sein de Paris 2024, certains acteurs estimant en privé qu'il s'agit d'un mauvais signal adressé à l'opinion. Sollicité par Mediapart, le GIP nous a répondu que « cette prime s’élèvera à 12% de la rémunération pour l'ensemble des salariés avec un maximum capé à 3x la valeur moyenne », sans donner la grille de salaires y afférant, ni croire bon de nous expliquer s'il s'agit de rémunération mensuelle, annuelle, ou sur la totalité de l'exercice.

Le coup de force du mouvement sportif

La candidature a également été verrouillée d'un point de vue opérationnel. Dès la création de la structure, Lapasset a pris soin de placer ses hommes aux postes stratégiques. Aux côtés d’Aloïsio, l’ancien président de l’IRB a poussé au poste de directeur général de « Paris 2024 » Étienne Thobois, qui fut déjà son bras droit lors de la Coupe du monde de rugby en France en 2007.

Thobois présente une autre particularité : en 2008, avec d'autres anciens de la Coupe du monde, il a fondé le cabinet Keneo, devenu en moins d’une décennie une machine de guerre qui phagocyte le marché de l’événementiel sportif. En 2011, la société a été mandatée par le CNOSF pour rédiger un rapport d’analyse des quatre dernières défaites des candidatures françaises aux Jeux. Ce document – complété par une étude d’opportunité commandée par le CFSI et rendue en février 2015 – a servi de feuille de route à l’équipe de candidature pour 2024. Dans ses conclusions, Keneo insiste sur sa doctrine : le « mouvement sportif », qui aurait été trop en retrait lors des dernières candidatures, doit désormais être à l’avant-garde. « Une vaste fumisterie ! », peste un ancien du ministère des sports, qui y voit une « logique très anglo-saxonne, correspondant à la vision de Bernard Lapasset et visant à écarter la puissance publique des décisions ».

Les chantiers de Tony Estanguet

Avec Thobois à la tête du GIP, l’agence Keneo (dont il a cédé toutes ses parts) a bénéficié de plus de 2 millions d’euros de contrats, comme Mediapart l’a déjà raconté ici. Dans les colonnes du Monde, le directeur général de Paris 2024 s’est dit touché par la « polémique » née de notre publication. « Que quelqu’un dont le métier est de conseiller les candidatures se retrouve ensuite à la tête d’une candidature, ce n’est pas anormal. C’est même logique de ne pas embaucher des gens déconnectés de ce pour quoi vous les engagez », a-t-il justifié. Une explication qui fait grincer : « Dans le sport, ce sont toujours les mêmes à l’entrée et à la sortie », tacle un autre cadre du ministère. Comprendre : ceux qui fournissent les études récupèrent ensuite les fruits de leurs recommandations.

Ce circuit fermé est alimenté par le pantouflage de nouveaux arrivants chez Keneo ; des cadres du public (cabinet ministériel ou exécutifs locaux), au premier rang desquels figure Loïc Duroselle, l’ancien responsable des « grands événements sportifs » auprès du premier ministre Manuel Valls promu directeur général adjoint de la société.

 Anne Hidalgo, Emmanuel Macron et Tony Estanguet, à Lausanne, le 11 juillet. © Reuters

Anne Hidalgo, Emmanuel Macron et Tony Estanguet, à Lausanne, le 11 juillet. © Reuters

Dans une synthèse de son étude sur les échecs des précédentes candidatures françaises, Keneo avait aussi noté que si « le leader de la [prochaine] candidature n’était pas issu de la “famille olympique” », il conviendrait alors de « renforcer la présence des “sportifs” dans son entourage immédiat ». Tony Estanguet cochait dès lors toutes les cases pour émerger aux côtés du binôme Lapasset-Thobois. Triple champion olympique, porte-drapeau de la délégation française à Pékin en 2008, le sportif palois est aussi réputé fin politique depuis qu’il est parvenu à se faire élire au Comité international olympique en juillet 2013.

Son profil idéal lui a permis de trouver progressivement sa place à la direction de Paris 2024, dont il est aujourd’hui la tête d’affiche dans les médias. Tandis que Bernard Lapasset, qui aura 76 ans en 2024, devrait être contenu dans un rôle de président d’honneur, Tony Estanguet, 39 ans aujourd’hui, est clairement appelé à être dans sept ans « l’homme des Jeux », à l’instar de l'ancien athlète Sebastian Coe lors des JO de Londres en 2012.

Il ne fait pas l'ombre d'un doute que l'ex-champion prendra la tête du Comité d'organisation des Jeux olympiques (COJO), la structure chargée de l’opérationnel. Dans son entourage, on réfléchit également à une candidature à la tête du Comité national olympique du sport français (CNOSF) dont l’actuel président, Denis Masseglia, ne sera plus en poste en 2024. Aux côtés du COJO, la Société de livraison des équipements olympiques (Solideo) sera chargée du suivi de la construction des infrastructures. Solideo est présidée par Anne Hidalgo, qui pourrait hésiter à ne garder que la tête de cette structure dans laquelle il n’y a « que des coups à prendre [entre retard des travaux et surcoûts – ndlr] », selon les termes d’un fin observateur.

« Anne Hidalgo sera aussi vice-présidente du COJO », tempère Jean-François Martins, adjoint aux Sports de la mairie de Paris, qui estime de surcroît que la coopération entre les acteurs sera désormais « plus facile » que pendant la phase d'organisation : « Chacun mettra son savoir-faire au service de son domaine de compétences. Les sportifs vont gérer les parties sportives. Les politiques vont gérer les aménagements. Et nous aurons certains sujets communs, comme la question environnementale ou les politiques tarifaires en matière de billetterie. » Un troisième pôle, chargé de l’héritage des JO (le devenir des infrastructures mais aussi l’impact de l’événement sur les politiques publiques), voire de l’accompagnement d’une nouvelle génération d’athlètes jusqu’aux Jeux, est également en gestation.

Projet de construction du village olympique sur le site Pleyel – Bords de Seine en Seine-Saint-Denis. © DPA / Luxigon / Paris 2024

Projet de construction du village olympique sur le site Pleyel – Bords de Seine en Seine-Saint-Denis. © DPA / Luxigon / Paris 2024

Cette architecture institutionnelle est tout sauf anecdotique. Car de sa composition découlera l’articulation entre les différentes parties (mouvement sportif, collectivités locales et État), et notamment le poids des pouvoirs publics dans les prises de décision. Autre point non négligeable : les relations avec le CIO, dont les penchants interventionnistes pourraient rapidement générer des tensions. Le souvenir de l’Euro 2016 de football, de l’influence de l’UEFA sur l’organisation de la compétition et de ses exigences démentes – notamment en matière de fiscalité –, est encore dans toutes les têtes. « Il faut bien mesurer que le CIO rêve de JO “en kit”, que l’on peut déplacer de pays en pays, notamment dans l’espoir de les organiser un jour en Afrique. Il faudra donc instaurer un rapport de force sur certains aspects de l’organisation », plaide un ancien ministre, plutôt confiant.

Une gageure qui se combine avec un autre enjeu : la guerre de l’opinion. « Il est faux de dire que les Français sont aujourd'hui derrière les JO, estime un proche de la candidature. On est dans une phase transitoire. Et sur ce point, les jeux sont encore loin d’être faits. Tout s’est pour l’instant fait dans l’ombre. L’enjeu pour Tony Estanguet est désormais de convaincre l’opinion que Paris 2024 est une bonne chose pour la France. »

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Published by Vert Lilas - dans International
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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 11:53

Suite de Huit idées concrètes pour créer des emplois sans casser le Code du travail : Alors que les opposants à la loi Travail ont manifesté dans toute la France mardi, Reporterre a demandé à neuf chercheurs, syndicalistes et associatifs de proposer d’autres réformes que la flexibilisation pour lutter contre le chômage. Aujourd'hui les bonnes idées d'Aurore Lalucq : « Relancer le débat public sur la réduction du temps de travail. »

Aurore Lalucq

Aurore Lalucq

La flexibilisation n’a jamais créé d’emplois. C’est efficace pour redistribuer de la misère et créer de la pauvreté. Aux États-Unis, si on intègre dans les chiffres du chômage celles et ceux qui ne sont pas inscrits à l’équivalent de Pôle emploi, on frôle les 20 % de chômeurs ! La seule politique efficiente que l’on connaisse, c’est la réduction du temps de travail. Le passage aux 35 h s’est fait dans un cadre démocratique, il a donné lieu à des discussions et à des négociations dans les entreprises. Aujourd’hui, les gains de productivité se poursuivent, avec pour principal effet la destruction d’emplois. Il faut donc ré-imposer la réduction du temps de travail dans le débat public.

En Allemagne ou aux États-Unis, les gens ne travaillent pas plus que nous, si on prend en compte le temps partiel subi. Ils arrivent aussi à 35 h hebdomadaires, mais de manière plus sauvage et plus injuste socialement. Aussi, plus on réduit le temps de travail, plus on réduit les impacts écologiques. Juliet Schor, chercheuse au Boston College, explique que les personnes en surtravail sont également en surconsommation. Comme elles n’ont pas le temps de faire ou de réparer les choses par elles-mêmes, elles consomment plats préparés, produits neufs, transports rapides et polluants.

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 14:33

Suite de Huit idées concrètes pour créer des emplois sans casser le Code du travail : Alors que les opposants à la loi Travail ont manifesté dans toute la France mardi, Reporterre a demandé à neuf chercheurs, syndicalistes et associatifs de proposer d’autres réformes que la flexibilisation pour lutter contre le chômage. Aujourd'hui les bonnes idées de Philippe Bihouix : « Basculer les charges sociales vers une fiscalité écologique. »

Philippe Bihouix est ingénieur, et l’auteur du livre l’Âge des low-tech.

Philippe Bihouix est ingénieur, et l’auteur du livre l’Âge des low-tech.

Aujourd’hui, partout, on supprime des emplois pour mettre des machines. On ne parle plus que de robots, de drones, de logiciels d’intelligence artificielle, d’interfaces numériques… Le faible coût de l’énergie ou des ressources, contre le coût du travail élevé, est à l’origine des nombreuses décisions dans les entreprises, les administrations, chez les consommateurs, certes totalement rationnelles, ou même pratiques, mais stupides d’un point de vue environnemental, et très certainement mauvaises pour l’emploi : remplacement de postes par des machines, achat de matériel neuf au lieu de réparer… Le « travail » des machines coûte moins cher à l’entreprise en créant de la productivité (c’est-à-dire en économisant du travail humain), mais consomme beaucoup de ressources et d’énergie qui deviennent rares, ou dont la production est de plus en plus destructrice pour l’environnement. À l’inverse, nous avons beaucoup de travail humain « disponible ». Pour creuser une tranchée, il faut quelques dizaines de personnes ou un seul conducteur de tractopelle. Bien sûr, il ne faut pas commencer par « démécaniser » les travaux les plus pénibles, mais un des combats du XXIe siècle sera le combat pour le travail humain.

En asseyant le coût de l’assurance maladie, du chômage, des retraites, sur la fiscalité écologique plutôt que sur les salaires, les consommateurs et les entreprises feraient des économies d’un côté (salaire net plus élevé), mais dépenseraient plus pour l’énergie, les produits neufs. Cela devrait alors favoriser les comportements « vertueux », ainsi que l’emploi. Il faudrait imaginer une mise en place progressive, par étape. Ce qu’Emmanuel Macron s’apprête à faire, en basculant une partie des charges salariales sur la Contribution sociale généralisée (CSG), montre qu’une telle mesure n’a rien d’utopique. Elle pourrait impulser un système économique et social post-croissance et de plein-emploi. # Make human work great again ! Mais évidemment, ça fait moins label « French Tech » ou « Start Up Nation »...

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 17:57

Alors que les opposants à la loi Travail ont manifesté dans toute la France ce mardi, Reporterre a demandé à neuf chercheurs, syndicalistes et associatifs de proposer d’autres réformes que la flexibilisation pour lutter contre le chômage. Voici les bonnes idées des Pinçon-Charlot, de Philippe Bihouix, Pablo Servigne et d’autres analystes. Par Lorène Lavocat le 12 septembre 2017 pour Reporterre. Nous diffuserons ces bonnes idées sur plusieurs articles. Lire aussi Réforme du marché du travail : des mesures idéologiques sans effets sur l’emploi et de graves reculs des droits des salariés.

D’après « Les Temps modernes », de Charlie Chaplin. © La Lanterne magique

D’après « Les Temps modernes », de Charlie Chaplin. © La Lanterne magique

Ce mardi 12 septembre, plusieurs organisation syndicales et associations manifestent « pour refuser les ordonnances de destruction sociale ». Reporterre a déjà abordé le contenu de ces textes « pour le renforcement du dialogue social » qui doivent être adoptés par le Conseil des ministres le 22 septembre. Aujourd’hui, nous avons souhaité vous présenter des réformes alternatives pour « lutter contre le chômage de masse », suivant l’objectif affiché par Emmanuel Macron.

Et, puisque pour le président, les opposants aux ordonnances ne sont que des « fainéants », des « cyniques », des « extrêmes » qui ne proposent rien, nous avons demandé à neuf personnes — chercheurs, syndicalistes, associatifs — de nous donner « leur » mesure pour créer des emplois. Voici leurs idées.

  • « Mettre fin au CICE et au Pacte de responsabilité pour réorienter les fonds publics vers d’autres politiques d’emploi plus efficaces », par Michel et Monique Pinçon-Charlot.
  • « Basculer les charges sociales vers une fiscalité écologique », par Philippe Bihouix.
  • « Relancer le débat public sur la réduction du temps de travail », par Aurore Lalucq.
  • « Mettre en place des aides à la reconversion pour créer des millions d’emplois paysans », par Pablo Servigne.
  • « Soutenir l’économie sociale et solidaire », par Mireille Bruyère.
  • « Renforcer la lutte contre les discriminations raciales et sexistes au travail », par Omar Slaouti.
  • « Investir dans les secteurs du bien-être social et de la transition écologique », par François-Xavier Devetter.
  • « Créer une vraie sécurité sociale professionnelle pour accompagner la transition écologique de notre modèle productif », par Julien Rivoire.

Aujourd'hui :

Michel et Monique Pinçon-Charlot : « Mettre fin au CICE et au Pacte de responsabilité pour réorienter les fonds publics vers d’autres politiques d’emploi plus efficaces. »

Michel et Monique Pinçon-Charlot sont sociologues, auteurs de nombreux ouvrages consacrés aux classes riches, notamment Les Prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir, publié cette année.

Michel et Monique Pinçon-Charlot sont sociologues, auteurs de nombreux ouvrages consacrés aux classes riches, notamment Les Prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir, publié cette année.

La France est devenue le plus gros payeur de dividendes en Europe avec 33,9 milliards d’euros versés, au deuxième trimestre 2017, aux actionnaires, selon l’indice Janus Henderson Global. Le patron de l’entreprise Radiall, Pierre Gattaz, lobbyiste en chef du Medef, vient de s’acheter un domaine dans le Lubéron pour 11 millions d’euros. Emmanuel Macron, le porte-parole du Medef à l’Élysée, ne pouvait donc pas donner d’autre signe d’allégeance à ses camarades de classe, les soi-disant « créateurs de richesse », que de pilonner les travailleurs, transformés eux en « coûts » et en « charges », en leur enlevant encore plus de protections et de droits.

Pierre Gattaz s’était engagé en 2014 à créer 1 million d’emplois en échange du « Pacte de responsabilité », conçu par Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée. Ce pacte diabolique représentait 40 milliards d’euros de prélèvements en moins pour les entreprises sur 3 ans. Aucun contrôle n’étant prévu par le couple Hollande-Macron, le million d’emplois n’a jamais vu le jour. Il en a été de même pour le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), dont le coût est estimé à 33 milliards d’euros pour les années 2013 et 2014, toujours, donc, sans contrepartie. Aussi n’avons-nous pas été étonnés d’apprendre, par le Canard enchaîné du 6 mai 2014, que l’augmentation des dividendes versés, en 2013, aux actionnaires de l’entreprise Radiall, dirigée par Pierre Gattaz, soit 646.843 €, correspond aux trois quarts de ce que l’entreprise du patron du Medef a perçu au titre du CICE. Ces milliards d’euros perçus indûment doivent impérativement être restitués dans les caisses de l’État pour créer des emplois !

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 10:48

Présentant la loi sur les hydrocarbures, le gouvernement a cherché un effet de communication, mais en diffusant une version inexacte du projet à la presse et aux ONG. Surtout, il a assoupli le texte, n’osant pas faire prévaloir l’intérêt général du climat sur les droits acquis des opérateurs miniers. Par Hervé Kempf le 11 septembre pour Reporterre. Lire aussi Avec le méthane, la fracture pourrait être élevée.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique

C’est un étrange pas de deux qui s’est joué la semaine dernière avec la présentation par le ministre Hulot du « projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures ».

Pour le dire sobrement, le ministre de la Transition écologique a communiqué le mercredi 6 septembre en diffusant aux ONG et à la presse des informations inexactes. Il avait annoncé le 6 juillet que tout nouveau projet de recherche et d’exploration des hydrocarbures serait interdit par une loi présentée dans l’année. Le 23 août, le texte du projet de loi était présenté au Conseil national de la transition énergétique, et c’est sur la base de ce texte qu’ONG, juristes et journalistes ont préparé les articles publiés le 6 septembre sur cette annonce. Une belle opération de communication, vraiment, sur le « comportement exemplaire » de la France dans la lutte contre le changement climatique.

Sauf qu’en fait, on se rendait compte le soir même que le texte transmis à l’Assemblée nationale n’était pas le même que celui sur lequel le gouvernement avait communiqué. Qu’il y avait eu un avis du Conseil d’État le 1 septembre, lui aussi seulement publié le 6 septembre au soir, qui avait conduit à modifier la première version. Et que, lorsque les ONG d’environnement, subodorant des évolutions, avaient interrogé le ministre lors d’une réunion à l’Élysée le mardi 5 février, celui-ci avait répondu que « quelques détails avaient été modifiés, mais que cela ne changeait rien ».

En fait, on va le voir, les modifications ne sont pas insignifiantes. Dans cette affaire, le ministre et ses services ont mal informé la presse et les ONG. « Ce ne serait pas Hulot, je serais très en colère », dit Florent Compain, président des Amis de la Terre, qui a posé la question des changements lors de la réunion de l’Élysée. « Au mieux, dit Nicolas Haeringer, de 350.org, c’est un problème de communication. Au pire, c’est une manipulation. »

Mais les raisons pour lesquelles le gouvernement a modifié le texte initial posent un problème de fond, qui va au-delà du mépris manifesté à l’exactitude de l’information. Au vu de l’avis du Conseil d’État, le gouvernement a choisi de modifier le texte du projet de loi, pour éviter de le voir censuré par le Conseil constitutionnel. Le Conseil d’État a ainsi proposé d’assouplir plusieurs dispositions pour préserver les droits des opérateurs miniers. Plutôt que de parler d’« interdiction », le texte présenté aux députés parle ainsi de « fin progressive ». Surtout, au lieu de prévoir que les concessions de recherche qui viendraient à expiration ne seraient pas renouvelées, on prévoit maintenant qu’elles pourront être renouvelées jusqu’en 2040. D’autres détails techniques amoindrissent l’ambition initiale.

Ces changements sont-ils importants ? Non, selon l’avocat Arnaud Gossement, spécialiste du sujet minier : « Je ne partage pas l’idée selon laquelle la deuxième version du projet de loi constituerait un “recul” », écrit-il sur son blog. Si, dit à Reporterre Juliette Renaud, chargée de campagne aux Amis de la Terre, pour qui « le seul gain de ce texte est qu’on n’accordera pas de nouveaux permis ; mais en ce qui concerne l’existant, tout pourra continuer jusqu’en 2040 ». Or, le nombre de concessions existantes n’est pas mince : plusieurs dizaines. Qui pourraient nourrir autant de demandes d’indemnisations financières par l’État si celui-ci refusait leur réalisation. Mais aussi autant de résistances locales et de foyers de rébellions s’il autorisait leur mise en œuvre.

L’intérêt général du climat contre le droit des propriétaires

Les choses ne sont donc pas aussi claires que veut le laisser croire le ministre. Elles auraient pourtant pu l’être plus si le gouvernement avait eu plus de courage politique, plus de conviction de l’importance de l’enjeu, plus d’audace, en fait. Car les avis du Conseil d’État ne sont pas contraignants : ils éclairent les choix du gouvernement, mais ne l’obligent pas. Or, quel est le cœur de l’argumentation du Conseil, qui poussait à atténuer le texte pour préserver les droits des opérateurs miniers ? Ceci, qu’il écrit : « Le Conseil constitutionnel déduit de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 que le législateur méconnaît la garantie des droits s’il porte aux situations légalement acquises une atteinte qui ne soit pas justifiée par un motif d’intérêt général suffisant ». Autrement dit, sont mis en balance l’intérêt général et les situations légalement acquises. Qu’est-ce qui, en l’occurrence, doit peser le plus ?

La nécessité de se protéger du changement climatique, qui est l’objectif du projet de loi, relève incontestablement de l’intérêt général, comme le reconnaît le Conseil d’État (article 9). Il est aussi, indirectement, présent dans la Constitution, dont le préambule intègre la Charte de l’environnement, qui stipule que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré », condition que risque fort de détruire le changement climatique.

Le gouvernement, sur un tel sujet, pouvait prévoir l’approbation d’une Assemblée nationale presque unanime. Il aurait donc pu, au nom de l’intérêt général qu’incarne la lutte contre le changement climatique, maintenir un projet de loi fort, excluant notamment le renouvellement des concessions. C’est le choix qu’il n’a pas fait, anticipant une censure du Conseil constitutionnel dont la jurisprudence récente place souvent le droit de propriété au-dessus de tout. Mais, en renonçant à mener ce combat, le gouvernement et le ministre ont choisi leur camp : une fois de plus, celui des intérêts privés.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 12:49

Alors que l'état d'urgence perdure, le débat législatif continue. Associations, collectifs et partis invitent à une mobilisation contre cet état d'urgence permanent qui ne constitue pas un outil efficace de lutte contre le terrorisme mais continue à nous priver de nos libertés. Des manifestations ont lieu ce 10 septembre à Nantes, Strasbourg, Nice, et Paris - à 15h au métro Père-Lachaise. Soyons nombreuses et nombreux dans la rue ce jour là pour rappeler notre opposition. Lire aussi Etat d'urgence : sans retour ? et L’état d’urgence sert à restreindre le droit de manifester, constate Amnesty International.

N’enterrez pas nos libertés !

L'état d'urgence a été renouvelé jusqu’à début novembre par le parlement. Or il a largement démontré son inefficacité contre les attentats. Il a été dévoyé contre les mouvements sociaux et les militant.e.s, contre les musulman.e.s ou supposés l’être, contre les migrant.e.s et leurs soutiens, contre les habitant.e.s des quartiers populaires, contre les mineur.e.s et les jeunes majeur.e.s. Des centaines d’interdictions de manifester ont été délivrées. Les discriminations et contrôles au faciès se sont multipliés et avec eux, des violences policières. La France est le seul pays d'Europe à avoir instauré l'état d'urgence en réponse aux attentats.
Au prétexte d’y mettre fin, le gouvernement Macron présente un projet de loi reprenant dans la loi commune les principales mesures de l’état d’urgence. Il instaurerait ainsi un état d’urgence permanent :

  • Le préfet pourrait créer des périmètres de « protection » dans la rue, dont l’étendue et la durée, fixée à un mois renouvelable, seraient laissées à son libre arbitre. Ils donneraient lieu à des fouilles de véhicules, de bagages et à des palpations par la police municipale ou des agents de sécurité privés. Ce nouveau quadrillage de l’espace public imposerait une limitation dangereuse de l’expression culturelle, sociale et politique dans notre pays. Cela viserait à bâillonner le mouvement social qui s’annonce face aux attaques contre la protection sociale, les droits des salarié.e.s, les services publics, les APL, et les manifestations de solidarité internationale…
  • Le projet de loi introduit dans le droit commun les assignations à résidence et bracelets électroniques, les perquisitions 24h sur 24, les perquisitions informatiques, à l’initiative du préfet ou du ministre de l’Intérieur sur des critères vagues et des éléments provenant des services de renseignements tels que les notes blanches anonymes.
  • Les contrôles dans les gares et les zones frontalières seraient renforcés ciblant essentiellement les migrant.e.s et les stigmatisant encore davantage.
  • Sur simple suspicion, les fermetures de certains lieux de culte seraient facilitées- …

Le projet de loi est examiné en procédure accélérée, il a été discuté le 18 et le 19 juillet au Sénat et passera en septembre à l’Assemblée.
N’acceptons pas la mise à mal des garanties judiciaires !
Non à la rupture avec l’état de droit et la séparation des pouvoirs !
Ne tolérons pas la bascule dans l’arbitraire et la restriction de nos libertés individuelles et collectives !
Contre l’instauration d’un état d’urgence permanent !

Pour nos droits et nos libertés !
Dimanche 10 septembre,
Manifestons partout en France !

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 09:04

Assemblée générale des citoyen-nes, élu-es, associations, collectifs, favorables à la gestion publique des territoires Grand Orly-Seine-Bièvre, Est Ensemble et Plaine commune. Retrouvons-nous vendredi 8 septembre à 19h à l’Hôtel de ville de Bagnolet (salle du conseil municipal), Métro Galliéni. Par la Coordination Eau Île-de-France. Lire aussi  Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau sur la campagne lancée par EELV 93, et Une nouvelle manœuvre pour faire taire les défenseurs du droit à l’eau.

L’eau publique, c’est maintenant !

C’est dans les toutes prochaines semaines que les décisions concernant l’avenir de la gestion de l’eau vont être prises. Dans chacun de nos trois territoires, des avancées vers la gestion publique peuvent être réalisées. Ensemble, faisons le point de la situation dans chaque territoire et créons une dynamique citoyenne et collective pour l’emporter.

Nous avons une occasion unique d’affaiblir la domination des multinationales de l’eau en région parisienne, saisissons-la. Déverrouiller le système actuel, c’est aussi renforcer l’expression des citoyen-nes et la libre gestion par les collectivités.

Tout l’enjeu est de nous appuyer les uns sur les autres et de prendre des initiatives communes et fortes pour faire nous faire entendre et faire bouger les lignes.  

Vous avez des questions ? Ce sera le moment de les poser. Des arguments, des idées, des propositions ? Ce sera le moment de les partager. La voix de chacun-e va compter ! Nous avons besoin de tou-tes.

N’hésitez pas à faire passer cette invitation à votre réseau, à vos ami-es…

Rappel des derniers épisodes :

Plaine commune: vraie « fausse note »

Patrick Braouezec, président de Plaine commune, pratique-t-il le double langage? Présent dans nombre de Forums sociaux mondiaux,  depuis leur création, accueillant même à l’occasion un Forum social européen (en 2003), son territoire déroule en même temps le tapis rouge à la multinationale Veolia qui a installé son siège social à Aubervilliers en 2016, à Vinci et à bien d’autres…

Cette ambiguïté, le mot est faible, se confirme une nouvelle fois en ce qui concerne la gestion de l’eau. Dans une note au bureau territorial du 5 juillet, Plaine commune prévoit sa ré-adhésion au SEDIF, dès le 26 septembre. Une position qui a bien du mal à passer notamment à Saint-Denis et à Aubervilliers où se développe au sein de la population, des associations et des élu-es de différentes tendances politiques, un mouvement de résistance à la privatisation de la gestion de l’eau. Analyse d’une vraie « fausse note » aux arguments éculés.

https://i1.wp.com/eau-iledefrance.fr/wp-content/uploads/2017/08/plaineCommune.gif?resize=198%2C96

La note au bureau territorial du 5 juillet 2017 affirme tout d’abord « la régie publique directe semble permettre d’assurer une meilleure gestion publique de l’eau« . Nous retenons notre souffle… Un vent d’insoumission soufflerait-il sur Plaine commune? Il suffit de tourner la page pour s’apercevoir qu’il n’en est rien.  Un large satisfecit est accordé au SEDIF (auquel Plaine commune est adhérente depuis 2003)  « Les installations de production et de distribution présentent des résultats très satisfaisants« .  Visiblement le rapport de la chambre régionale des comptes épinglant la gestion du SEDIF dérapant au plus grand bénéfice de Veolia, n’est pas arrivé jusqu’à Plaine commune… Concernant le tarif, « la part potable payée par les usagers du SEDIF s’élève à 1,37 € /m3 au 1er janvier 2017 et ne représente qu’une petite partie du prix de l’eau » Le qualificatif « petite » est sans doute trop modeste: c’est grosso modo un tiers de la facture (le reste étant l’assainissement et les taxes prélevées par l’agence de l’eau) et surtout, c’est bien plus cher qu’Eau de Paris (LIRE ICI comment s’explique la différence de tarif entre Eau de Paris et le SEDIF).

La possibilité d’une sortie du SEDIF des communes qui le souhaiteraient, on peut imaginer que ce soit le cas de Saint-Denis,  est d’emblée écartée par la note: « la possibilité d’une adhésion partielle au SEDIF par l’EPT, différenciée par commune, n’est donc pas pertinente ; elle présente aussi plusieurs fragilités juridiques et des conséquences techniques et financières très complexes à gérer. » Plaine commune ne semble pas avoir eu connaissance non plus de l’étude juridique réalisée par le cabinet d’avocats Seban pour le territoire Grand Orly Seine Bièvre qui démontre tout le contraire. La complexité technique et financière est l’argument classique des élu-es qui ne veulent pas s’occuper de la gestion de l’eau et préfèrent se décharger de leurs responsabilités en la confiant au privé.

Suivent ensuite des vœux pieux,  concernant « un prix de l’eau unique à l’échelle du bassin versant » dont nous sommes forts éloignés aujourd’hui: comment comptent s’y prendre les experts de Plaine commune pour parvenir à cet objectif? Ou encore, « La gouvernance du service public de l’eau doit s’appuyer sur des élus représentant l’établissement public territorial  pour les décisions relatives à l’eau, en prenant en compte les poids des territoires »; rappelons que dans la vraie vie, au SEDIF, il en va tout autrement: une ville comme Saint-Denis avec plus de 100 000 habitants a le même poids (un élu) qu’une ville comme Margency (Val d’Oise) avec ses …3000 habitants! Cherchez l’erreur!

Mais où est cohérence entre la forte satisfaction affichée  vis à vis du SEDIF et des  propositions de refonte radicale de son fonctionnement? Si tout va bien, pourquoi vouloir tout changer? S’il faut changer en profondeur, le système actuel convient-il si bien?

La fin est sans équivoque: « En définitive, il est proposé que Plaine Commune adhère au SEDIF ».  Comme la pilule est sans doute difficile à faire passer pour ces grands défenseurs du service public (dans les forums internationaux en tout cas),  il est proposé que « l’échéance de la fin de la délégation de service public (DSP) en 2022 soit  l’occasion d’un retour en régie publique directe, au sein de ce syndicat. » Rappelons ce qu’a valu l’engagement pro-régie des élus communistes et socialistes  au moment du précédent renouvellement de la DSP en 2008; une bonne partie d’entre eux avait alors voté, à bulletin secret, la continuation de la DSP! M. Poux, vice-président (PCF) de Plaine commune et du SEDIF, et maire de La Courneuve, avait ensuite, lors du choix de l’entreprise délégataire, fait part de son « abstention positive » en faveur de Veolia! Il n’y a pas de majorité en faveur d’une régie publique au sein du SEDIF, il s’agit donc d’une pure clause de style pour mieux faire passer le choix du SEDIF, c’est à dire de Veolia.

De son côté, Kader Chibane, vice-président de Plaine commune et président du groupe des élus EELV de Saint-Denis notait, lors d’une réunion publique à Est Ensemble le  7 juillet que l’adhésion au SEDIF est irréversible. Si la sortie du SEDIF est possible en théorie à tout moment, elle est pratiquement et politiquement impossible, car il faut l’approbation d’une majorité qualifiée des deux tiers des membres du SEDIF pour en sortir ! On ne pourra pas en sortir en 2022, échéance de fin du contrat entre le SEDIF et Veolia, c’est un leurre repris par ceux qui ne veulent pas sortir du SEDIF.

C’est donc maintenant que se présente la vraie occasion pour avancer vers la gestion publique. Et pour un certain nombre d’élu-es, de mettre en concordance leurs discours et leurs actes. La pression citoyenne doit monter encore pour éviter le retour au SEDIF. Elle a déjà permis d’empêcher le vote de l’adhésion au SEDIF, mis déjà deux fois à l’ordre du jour du conseil territorial, en catimini, et deux fois retiré au dernier moment. Pour couper court au débat qui monte, Plaine commune prévoit maintenant de faire voter l’adhésion au SEDIF dès le mardi 26 septembre! Seule la mobilisation citoyenne peut mettre en échec ce mauvais plan.

Lire aussi Est Ensemble: la pression citoyenne monte http://eau-iledefrance.fr/elu-es-et-citoyen-nes-sont-au-rdv/, et Grand Orly-Seine-Bièvre: le chemin s’éclaire et s’élargit http://eau-iledefrance.fr/le-chemin-seclaire-et-selargit/.

Coordination Eau Île-de-France.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:04

Plutôt que de contempler la destruction du monde, tentons de comprendre à quelles conditions il est possible de vivre dans les ruines du capitalisme. C’est le point de départ d’un livre magistral, Le champignon de la fin du monde, de l’anthropologue Anna L. Tsing. Par Jade Lindgaard le 3 septembre 2017 pour Mediapart.

Le monde est un champignon sauvage dans une forêt détruite

Catastrophe, désastre, effondrement, anthropocène : un glossaire de la destruction a envahi les tribunes de journaux et les rayons de bibliothèque des lecteurs sensibles aux conséquences délétères des dérèglements climatiques et du capitalisme.

Que faire de ce savoir sur les démolitions en cours ? Le point de départ d’un voyage à travers les ruines du monde pour comprendre comment, malgré tout, on continue d’y vivre, propose l’anthropologue Anna L. Tsing dans un livre extraordinaire, tout juste traduit en français, Le champignon de la fin du monde. Et pour suivre ce grand dessein, la chercheuse choisit de raconter l’histoire d’un champignon sauvage, le matsutake.

La particularité de cette espèce rare est de pousser dans les forêts qui ont été surexploitées par les humain.e.s. « Comme les rats, les ratons-laveurs et les cafards, ils sont prêts à supporter une partie du désordre environnemental que les humains ont créé », explique-t-elle en introduction. Le matsutake apprécie les forêts de l’Oregon, sur la côte ouest des États-Unis, victimes de déboisement intensif au XXe siècle. La disparition des arbres les plus grands et les plus forts a laissé la place aux pins, qui sont l’espèce compagne du matsutake. Mythifié au Japon pour sa rareté et son arôme singulier, il fait l’objet d’un commerce international lucratif et codifié. Il est donc aussi un véhicule de mondialisation. Au fil des pages, le petit champignon prend de l’épaisseur sous la plume de l’auteure : espèces survivante, délice gastronomique, figure poétique, objet de spéculation. Il est tout à la fois être discret de la forêt et témoin direct des transformations du système de production de valeurs.

Partie en promenade de cueillette dans les bois au début du livre, Tsing rencontre des migrants du Sud-Est asiatique qui vivent de la vente du matsutake, si difficile à dénicher sous l’humus des feuilles. À sa surprise, elle découvre que des Mien, Hmong et Lao reconstituent dans la forêt américaine des campements villageois semblables à ceux qu’ils ont connu de l’autre côté du Pacifique, souvent sur les routes de l’exil. Dans la forêt américaine, ils côtoient d’anciens soldats de la guerre du Vietnam, des hippies et des survivalistes qui, eux aussi, y ont trouvé un refuge. Autour du champignon, des communautés de vies précaires se sont reconstituées. La chercheuse part à leur rencontre sur d’autres continents : en Chine, au Japon, en Finlande. Son texte palpite de bruits forestiers et de voix aux accents multiples, habitées de mille manière par un incroyable enchevêtrement d’humain.e.s, de végétaux et d’animaux, les « plus qu’humains » que décrit David Abram dans un autre livre prodigieux de cette même collection dirigée par Philippe Pignarre : Comment la terre s’est tue (La Découverte).

Le matsutake est le guide d’Anna L. Tsing dans son périple, mais il n’est pas le but de sa recherche. À quelles conditions la vie est-elle toujours possible dans les ruines du capitalisme ? La question organise tout son récit. La chercheuse récolte des réponses, qu’elle amène par petites touches, en de courts chapitres, tissés de descriptions de choses vues. Cette forme n’est pas fortuite. Car une des grandes idées du livre est d’interroger la notion d’échelle : nul besoin qu’une expérience soit systémique pour qu’elle vaille la peine d’être observée, partagée et reconnue.

Elle propose de réfléchir en termes de « scalabilité », c’est-à-dire « la capacité d’un projet à changer d’échelle sans problème, c’est-à-dire sans que se modifie en aucune manière le cadre qui définit ce projet ». Une entreprise garde la même organisation même si elle se met à produire beaucoup plus, une recherche scientifique ne prend en compte que les données avalisées par les pairs. C’est un problème, car la scalabilité élimine la diversité, celle « qui pourrait bouleverser l’ordre des choses ». Tsing s’appuie sur l’exemple de la plantation coloniale qui a inspiré les formes de l’industrialisation et de la modernisation. Les Européens ont planté la même canne à sucre, clonée et interchangeable, partout. Elle n’avait pas d’espèces compagnes dans le Nouveau Monde. Les esclaves africains exploités dans les plantations étaient eux aussi parfaitement isolés de l’extérieur. Le système les déshumanisait et les rendait interchangeables. Il était scalable : les plantations pouvaient grandir et s’étendre, et leur régime d’aliénation avec elles. « Cette formule a donné sa forme aux rêves que nous avons appelés progrès et modernité », décrit Tsing.

Anna L. Tsing, anthropologue à l'université de Californie, Santa Cruz

Anna L. Tsing, anthropologue à l'université de Californie, Santa Cruz

La forêt de matsutake propose une expérience inverse : le fameux champignon « ne peut pas vivre en dehors de ses relations transformatrices avec les autres espèces. Ils sont la structure reproductrice d’un système souterrain qui ne s’associe qu’à certains arbres de la forêt. Les matsutake permettent à leurs abris hôtes de vivre sur des sols pauvres sans humus. En échange ils sont nourris par les arbres. Ce mutualisme transformatif a rendu impossible la culture humaine du matsutake. Il résiste au système de type plantation. Il a besoin de la diversité dynamique et multispécifique de la forêt avec laquelle il peut nouer des rapports cordiaux de contamination ». Tsing refuse de considérer comme mauvais ce qui est scalable et bon ce qui ne l’est pas. C’est la diversité, l’indétermination, la précarité qui se jouent dans ces agencements qui l’intéressent. Une force incroyable peut y naître, mais « elle peut aussi disparaître en un instant ».

À partir de là, de nouveaux savoirs deviennent possibles : donner de la valeur aux contaminations vues comme des formes métisses de collaboration, reconnaître l’existence de « communs latents » dans les écosystèmes et de pratiques de coopération qui ne sont pas exclusivement humaines. Ainsi, la chercheuse développe au fil de son texte, ponctué de photos prises sur le terrain, comme dans un carnet de travail, l’idée que le changement social ne peut plus se penser sans la collaboration des humain.e.s avec les autres êtres vivants. Que les savoirs précaires, les pratiques fragiles peuvent être aussi importants que les grandes théories bien carrées. Que pour comprendre ces réalités mouvantes, il ne faut pas seulement produire des enquêtes scientifiques, il faut aussi savoir écouter et raconter des histoires.

« À la question de la possibilité de vie dans les ruines du capitalisme, il n’y a pas de réponse globale, analyse la philosophe Isabelle Stengers en préface du livre. Les ruines, lieux de rencontres marquées par la contingence, de connexions marquées par la précarité, ne donnent pas d’assurance et le livre de Tsing n’en donne pas non plus. » De l’ouvrage, elle extrait la notion de « viabilité » : « La question “est-ce viable ?” sera peut-être la question rationnelle par excellence », écrit-elle. Viable pour qui et aux dépends de quoi ? Chaque piste ouverte par le livre de Tsing amorce de nouvelles questions.

Ce monde fragile et coopératif qui se fabrique autour du matsutake n’est ni un modèle ni une dystopie. Il présente des aspects admirables (courage des chercheurs de champignons, solidarité des bivouacs, amour de ses admirateurs pour la beauté des saisons) et des revers (cynisme commercial, défense de son territoire). Tsing ne le juge pas. Elle le repère et elle le situe sur la carte des lieux d’expérimentations sociales. Elle invite son lecteur à déplacer son regard sur son environnement direct et à y déceler les agencements entre humain.e.s et non-humain.e.s, entre survie économique et liberté subjective, entre rationalisation et émotion. Le texte et les images qu’il convoque continuent de vous habiter bien après en avoir terminé la lecture. Petit à petit, le matsutake vous prend dans ses filets.

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 09:05
Des environnementalistes brandissent des maquettes de papillons géants à côté d'un immense spray de désherbant au glyphosate devant la porte de Brandebourg à Berlin, le 8 février 2017 ( dpa/AFP/Archives / Britta Pedersen )

Des environnementalistes brandissent des maquettes de papillons géants à côté d'un immense spray de désherbant au glyphosate devant la porte de Brandebourg à Berlin, le 8 février 2017 ( dpa/AFP/Archives / Britta Pedersen )

Jamais avare de surprises, le feuilleton scientifico-réglementaire du glyphosate continue : le ministère de la transition écologique et solidaire a indiqué à l'Agence France-Presse que Paris s'opposerait à la proposition de la Commission européenne de remettre en selle pour dix ans l'herbicide controversé, " en raison des incertitudes qui demeurent sur sa dangerosité ".

Un vote des États membres, en comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, est prévu avant la fin de l'année et l'expiration de l'autorisation du pesticide sur le Vieux Continent. " La Commission ne cherchera pas à réautoriser le glyphosate sans une majorité qualifiée des États membres - obtenue avec le soutien de 55  % des États membres représentant 65  % de la population de l'Union - ", fait-on valoir à Bruxelles. Aucune date n'a été arrêtée pour le vote et les discussions se poursuivent.

Débuté il y a plus de quatre ans, le processus de réhomologation de l'herbicide – principe actif du désherbant Roundup et substance phytosanitaire la plus utilisée en Europe et dans le monde – a déraillé en mars  2015 avec le classement du glyphosate dans la catégorie " cancérogène probable " pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé chargée d'inventorier les causes de la maladie. L'agence onusienne prenait ainsi le contre-pied des évaluations diligentées par l'Europe.

Expertises irréconciliables

Devant ces divergences d'expertises, les États membres ne se sont pas accordés. En  2016, la France et Malte avaient ainsi voté contre la réautorisation du produit, tandis que sept autres pays – dont l'Allemagne et l'Italie – s'étaient abstenus. À l'été 2016, une réautorisation provisoire de 18 mois, jusqu'à fin 2017, avait été accordée au produit phare de Monsanto, le temps de trancher le débat scientifique.

Mais, depuis, ce débat a viré à la controverse, et la controverse à la polémique. Les expertises demeurent irréconciliables : selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), le glyphosate n'est pas cancérogène. Le CIRC, lui, maintient sa classification. Plusieurs scientifiques du monde académique lui ont apporté leur soutien, dénonçant la trop grande confiance des agences européennes dans les analyses de données fournies par la plate-forme des agrochimistes commercialisant des produits à base de glyphosate.

En mai, le toxicologue américain Chris Portier protestait dans une lettre à Jean-Claude Juncker, le président de l'exécutif européen : " Autant l'EFSA que l'ECHA ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d'augmentation d'incidence de tumeurs, dans les études menées sur les rongeurs. " Deux mois plus tard, l'ONG Global 2000 rendait public un rapport du toxicologue allemand Peter Clausing, accusant les agences européennes d'avoir enfreint leurs propres règles de travail dans leurs expertises.

Depuis plus de deux ans, l'affaire mobilise une énorme attention médiatique. En février, des ONG ont lancé une " initiative citoyenne européenne " (ICE) contre le renouvellement du produit. Cette démarche, prévue par la réglementation européenne, doit réunir au moins un million de signatures – contrôlées par les instances de l'Union – pour être prise en compte par Bruxelles. En moins de six mois, les ONG coalisées en avaient collecté 1,3  million.

L'annonce du ministère de la transition écologique et solidaire a été saluée par les associations de défense de l'environnement. Mais elle est fustigée par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), qui estime dans un communiqué du 30  août que " l'utilisation raisonnable du glyphosate " est nécessaire au développement " des bonnes pratiques agricoles parmi lesquelles l'agroécologie, l'agroforesterie ou l'agriculture de conservation ". Selon la FNSEA, " tant que des solutions alternatives ne sont pas accessibles, la suppression du glyphosate balayerait d'un revers de main les efforts entrepris de longue date par les agriculteurs français, leurs outils de recherche et de développement, et toute une filière de progrès acteur-clé de la transition écologique que la société appelle de ses vœux ".

Pour l'industrie agrochimique, les enjeux industriels sont considérables. Une interdiction du glyphosate en Europe risquerait de faire boule de neige et remettrait en cause le modèle économique de Monsanto, notamment fondé sur la vente liée du glyphosate et des cultures transgéniques qui le tolèrent. Cette fragilisation de l'activité du géant américain des semences et des pesticides pourrait peser in fine sur Bayer, le géant allemand de la chimie et de la pharmacie, qui a mis près de 60  milliards d'euros sur la table pour acquérir la firme de Saint-Louis.

La Commission européenne a d'ailleurs dit, fin août, qu'elle lançait " une enquête approfondie " sur cette fusion, craignant une situation de monopole. Le feuilleton du glyphosate se poursuit et son scénario est voué à devenir toujours plus compliqué.

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