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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 10:08
Pour l'arrêt des nucléaires civils et militaires ... avant qu'il ne soit trop tard

Le  moment est venu de faire converger ceux/celles qui luttent depuis des décennies contre les armes nucléaires et ceux/celles qui combattent avec la même ardeur les centrales nucléaires. Nous exigeons l’arrêt du nucléaire civil et du nucléaire militaire car ils constituent des dangers de même nature. 

Du côté du nucléaire militaire :  la récente crise en Corée, le chaos qui s’installe suite aux guerres en Libye et au Moyen-Orient avec ses déplacements de populations et de façon générale l’augmentation des réfugiés,  l’aggravation des crises écologiques liées à notre société productiviste et industrielle, la disparition de la biodiversité, le stress hydrique dans de nombreux pays sur la planète, etc., toutes ces tensions augmentent le risque de nous faire revenir aux pires heures de la guerre froide, lorsqu’une déflagration nucléaire était ressentie comme possible.

Jusqu’ici la bombe atomique a généré beaucoup de victimes au sein des pays détenteurs de la bombe ce qui en fait une nouveauté dans l’histoire de l’armement. Mais, l’explosion de seulement 0,3 % du stock mondial de têtes nucléaires suffirait pour imposer un « hiver nucléaire » qui éradiquerait toute vie sur Terre. Par conséquent, envisager d’utiliser la bombe est toujours aussi inconcevable alors que  Trump relance la course aux armements nucléaires et que les armes nucléaires dites préstratégiques et tactiques s’ajoutent aux armes stratégiques censées hier garantir la paix par l’équilibre dans la terreur. La France compte plus de 300 têtes nucléaires équivalentes à 3000 Hiroshima. Cette nouvelle « ligne Maginot » coûte 4 milliards d’euros chaque année à la France qui pourrait être utilisés pour satisfaire les besoins essentiels de la population.

Du côté du nucléaire civil : nous assistons à une prolifération des catastrophes (URSS en 1957, Etats-Unis 1979, URSS en 1986, Japon en 2011, etc…) et à une quasi faillite de cette industrie en France. AREVA n’existe plus, cette entreprise avait une dette presqu’aussi élevée que son CA, EDF s’apprête à consacrer 75 % de ses investissements à la construction des réacteurs EPR dont  on ne sait pas encore s’ils vont pouvoir fonctionner. Ceux en construction ont vu leur coût multiplié par trois. On découvre des falsifications dans la fabrication des cuves remontant à 1965. La confiance s’émousse…

Le comble, c’est que le nucléaire a été lancé sans qu’on ait réfléchi à la totalité du cycle, le résultat c’est qu’aujourd’hui on découvre qu’il nous a légué des problèmes insolubles : le démantèlement qui ne peut être fait dans des conditions de sécurité suffisante pour les travailleurs, ni en totalité car le « retour à l’herbe » est aujourd’hui un mythe, mais surtout le traitement des déchets. Ainsi, dans le rapport de l’ASN de  2017, nous apprenons que 18 % des déchets de moyenne activité risqueraient de provoquer des incendies (à cause de l’enrobage bitumé) en cas de stockage dans le centre d’’enfouissement de Bure, et ainsi libérer de l’hydrogène radioactif, en plus des autres problèmes liés à la durée de vie des déchets.

 Après l’abandon de l’aéroport de NDDL, une lueur d’espoir apparaît, celui de voir la mobilisation antinucléaire reprendre comme c’est le cas à Bure.

Nous appelons par conséquent à réagir avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’une catastrophe nucléaire majeure ne se produise en France, avant qu’un attentat ne détruise les « piscines » nucléaires où sont entreposés les déchets, avant que les eaux servant à refroidir les réacteurs ne soient trop polluées, avant que la faillite du nucléaire ne jette à la rue des centaines de milliers de personnes travaillant dans cette industrie, avant que le complexe  politico-militaire ne décide d’utiliser des armes nucléaires quelle qu’en soit le type.

Nous exigeons donc l’arrêt des nucléaires civils et militaires.

Premiers signataires
Paul Ariès (politologue, rédacteur en chef de la revue les Zindigné.e.s)
Jean-Luc Pasquinet (décroissance-idf, ADN)
Gabriel Amard, coanimateur du pôle Atelier des Lois de la France Insoumise
Christine Bergé, (anthropologue)
Bruno Boussagol (Brut de Béton-Productions)
KoLin Kobayashi (Echo-Echanges
Stéphane Lhomme (Observatoire du Nucléaire)
Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val de Marne
Pierre Péguin (CHANG, ADN)
Dominique Lalanne (Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance)
Dominique Malvaud (Stop-Nucléaire 26-07)
MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente )
Jean-Marie Mataigne (ACDN)
Christine Poupin (NPA)
Philippe Poutou (NPA)

 

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:02

Le déclin continu de la vie sauvage menace les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ». Par Audrey Garric et Pierre Le Hir le 23 mars 2018 pour Le Monde.              Lire aussi Les oiseaux des campagnes disparaissent à une vitesse vertigineuse, Ce que les abeilles murmurent à l’oreille des humains, Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, La disparition des surfaces boisées mondiales a bondi de 51 % en 2016 et En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe.

La savane africaine au Botswana. SW_Stock/Shutterstock.com

La savane africaine au Botswana. SW_Stock/Shutterstock.com

Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière.

Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant aujourd’hui 129 Etats, cette structure est qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, dont elle est l’équivalent dans son domaine. Sa mission est d’établir régulièrement la synthèse des connaissances disponibles sur la biodiversité, sur les impacts de son érosion et sur les pistes d’action possibles pour la préserver.

Elle livre le résultat d’un travail colossal, qui s’est étalé sur trois années. L’IPBES a divisé le globe en quatre régions : l’Afrique, les Amériques, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale – à l’exception, donc, des pôles et des océans. Chacune a fait l’objet d’un volumineux rapport de 800 à 1 000 pages réalisé par plus de 550 experts de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources gouvernementales ou non gouvernementales, ou encore de savoirs autochtones.

Pour chaque zone géographique, cette analyse approfondie est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est ce document, qui constitue une sorte de consensus politique, qui doit servir de base à l’action des gouvernements, même s’il n’a aucune valeur contraignante.

Une immense exploitation de soja à Campo Verde, au Brésil. Alf Ribeiro/Shutterstock.com

Une immense exploitation de soja à Campo Verde, au Brésil. Alf Ribeiro/Shutterstock.com

« Au cœur de notre survie »

« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »

On pourra juger restrictive cette approche, qui envisage la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que la survie des espèces animales et végétales est en elle-même précieuse. Mais l’objet des quatre rapports est de mettre en garde contre une chute de la biodiversité qui « met en danger les économies, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde ». Aucune des régions étudiées n’échappe à une régression spectaculaire de sa biodiversité, avec des projections très alarmantes.

  • Afrique

« L’Afrique est le dernier endroit sur Terre avec un large éventail de grands mammifères, mais jamais par le passé il n’y a eu autant de plantes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et grands mammifères menacés qu’aujourd’hui, par une série de causes humaines et naturelles », note la Sud-Africaine Emma Archer. Quelque 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de la déforestation, de l’agriculture non durable, du surpâturage, des activités minières, des espèces invasives ou du réchauffement.

Cela, alors qu’en zone rurale, la subsistance de plus de 62 % des habitants dépend de la bonne santé des milieux naturels, et que la population du continent est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,5 milliards de personnes. Le défi est immense : à la fin du siècle, certaines espèces de mammifères et d’oiseaux pourraient avoir perdu plus de la moitié de leurs effectifs, et la productivité des lacs (en poissons) avoir baissé de 20 à 30 %, en raison du dérèglement climatique.

  • Asie-Pacifique

En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des menaces sans précédent, allant des phénomènes météorologiques extrêmes et de l’élévation du niveau de la mer, aux espèces exotiques envahissantes, à l’intensification de l’agriculture, à la surpêche et à l’augmentation des déchets et de la pollution. Malgré quelques succès pour protéger ces écosystèmes vitaux – les aires marines protégées ont augmenté de 14 % en vingt-cinq ans et le couvert forestier a progressé de 23 % en Asie du Nord-Est –, les experts craignent qu’ils ne suffisent pas à enrayer le déclin de la biodiversité et des services que retirent les 4,5 milliards d’humains qui vivent dans ces pays.

Aujourd’hui, 60 % des prairies d’Asie sont dégradées, près de 25 % des espèces endémiques sont menacées et 80 % des rivières polluées par le plastique dans le monde s’y trouvent. Si les pratiques de pêche se poursuivent au même rythme, la région ne comptera plus de stocks de poissons exploitables d’ici à 2048. Jusqu’à 90 % des coraux, qui revêtent une importance écologique, culturelle et économique critique, souffriront d’une grave dégradation avant le milieu du siècle, même en présence d’un changement climatique modéré.

Un homme collecte des plastiques apportés par la mer, à Manille, aux Philippines. aldarinho/Shutterstock.com

Un homme collecte des plastiques apportés par la mer, à Manille, aux Philippines. aldarinho/Shutterstock.com

  • Amériques

Sur le continent américain aussi, l’impact du dérèglement climatique sur la biodiversité va s’intensifier d’ici au milieu du siècle, devenant un facteur de déclin aussi puissant que le changement d’affectation des terres. Globalement, les populations d’espèces sauvages ont déjà décru de 31 % depuis la colonisation par les Européens. La forêt amazonienne a été réduite de 17 % par l’emprise des activités humaines. Et les récifs coraliens ont perdu plus de la moitié de leur superficie depuis 1970.

Au milieu du siècle, 40 % de la biodiversité originelle pourrait s’être éteinte. Les auteurs notent que jusqu’ici, « les peuples indigènes et les communautés locales ont créé une diversité de systèmes de polyculture et d’agroforesterie », qui ont bénéficié à la biodiversité. Mais cette synergie avec les écosystèmes et ces savoirs locaux sont eux aussi en voie d’extinction.

  • Europe

Enfin, en Europe et Asie centrale, la situation n’est guère plus positive : 42 % des animaux terrestres et des plantes ont enregistré un déclin de leurs populations au cours de la dernière décennie, de même que 71 % des poissons et 60 % des amphibiens. En outre, 27 % des espèces et 66 % des habitats évalués sont dans un « état de conservation défavorable ».

La première cause de cette hécatombe réside dans l’intensification de l’agriculture et de l’exploitation forestière, et particulièrement dans l’usage excessif de produits agrochimiques (pesticides, engrais). Résultat : la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables qu’elle n’en produit, l’obligeant à en importer massivement d’autres zones du monde. Le rapport souligne aussi le rôle du changement climatique, qui sera l’un des principaux fléaux pesant sur la biodiversité d’Europe et d’Asie centrale dans les prochaines décennies.

Un bateau de pêche dans la mer des Wadden, aux Pays-Bas. Split Second Stock/Shutterstock.com

Un bateau de pêche dans la mer des Wadden, aux Pays-Bas. Split Second Stock/Shutterstock.com

Ces quatre rapports confirment, même si l’expression n’est pas reprise, que la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse : selon les scientifiques, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mardi 20 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre national de la recherche scientifique alertait sur la « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises – leurs populations se sont effondrées d’un tiers en quinze ans – tandis que fin 2017, des chercheurs montraient que le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % en Allemagne depuis le début des années 1990.

Développer les aires protégées

N’y a-t-il donc aucun espoir ? Les scientifiques veulent croire qu’il est encore possible d’agir pour enrayer ce déclin. Ils appellent, pêle-mêle, à développer les aires protégées, à restaurer les écosystèmes dégradés (notamment les forêts), à limiter les subventions à l’agriculture et à l’exploitation forestière intensives, à intégrer la protection de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, à sensibiliser davantage le grand public pour inciter à des changements de comportement ou encore à poursuivre les efforts de conservation. En Europe, ces politiques ont par exemple conduit à sauver d’une extinction locale les populations de bisons ou de lynx ibériques, et à réhabiliter les régions boisées des Açores, de Madeire et des Canaries.

Un cinquième rapport sera publié lundi 26 mars, sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et les pratiques agricoles. Lors de la prochaine réunion plénière en mai 2019 – que la France a proposé d’accueillir –, l’IPBES produira son bilan mondial de la biodiversité. Il s’agira du premier du genre depuis l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire, qui avait déjà alerté, en 2005, sur le fait que l’humain a modifié les écosystèmes plus rapidement et plus profondément depuis cinquante ans que durant toute période comparable de l’histoire de l’humanité. Treize années se sont écoulées et le constat n’a fait qu’empirer.

Conflits d’intérêts sur les pollinisateurs

L’IPBES a produit un premier rapport en 2016 sur la pollinisation, dont la publication avait été entachée de doutes. Deux de ses chapitres-clés étaient en effet sous la responsabilité de scientifiques salariés de Bayer et Syngenta, les deux principaux producteurs d’insecticides dits « néonicotinoïdes », fortement suspectés de décimer les populations d’abeilles, bourdons, papillons.

Tous les experts doivent remplir un formulaire détaillant leurs liens d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas rendues publiques. De même, le financement du budget de la plateforme, qui s’élève à 5 millions de dollars (4 millions d’euros) en 2018, n’est pas connu dans le détail. Une vingtaine d’Etats y participent, en premier lieu l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 15:29

Labellisé Grand Paris, le projet de planter 1 300 hectares est défendu par les élus locaux afin de réhabiliter une plaine polluée sur laquelle des gens du voyage sont installés. Par Garance Feitama le 23 mars 2018 pour Le Monde.                                Lire aussi Les oiseaux des campagnes disparaissent à une vitesse vertigineuse, Sylvothérapie : « les bains de forêt » améliorent votre santé et Appel : bientôt il sera trop tard… Que faire à court et long terme ?.

Image de synthèse montrant le projet de création d’une forêt domaniale d’un million d’arbres sur 1 350 hectares, à cheval sur sept communes. LAND'ACT SMAP

Image de synthèse montrant le projet de création d’une forêt domaniale d’un million d’arbres sur 1 350 hectares, à cheval sur sept communes. LAND'ACT SMAP

« Regardez ! La plaine est devenue une véritable décharge à ciel ouvert. Chaque semaine, on retrouve au moins une voiture brûlée au milieu de ces parcelles », s’agace Bernard Tailly, le maire (divers droite) de Frépillon et président du syndicat mixte d’aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (Smapp), dans le Val-d’Oise.

Au loin, des tas de gravats, des déchets plastiques et des matériaux de toutes sortes ont envahi cette verte plaine, située à 25 kilomètres de Paris, entre Cergy-Pontoise et la vallée de Montmorency. Au milieu de ce chaos, le maire a vu fleurir depuis vingt ans de nombreux camps de fortune, où sont installées différentes communautés des gens du voyage.

La décrépitude des lieux a incité les élus locaux à prendre la décision, il y a plus de quinze ans, de transformer cet espace de 1 350 hectares à cheval sur sept communes (Méry-sur-Oise, Frépillon, Bessancourt, Taverny, Herblay, Pierrelaye et Saint-Ouen-l’Aumône) en une forêt domaniale d’un million d’arbres. Parallèlement, d’ici à 2030, 6 000 à 10 000 logements seront construits à l’orée des bois. Esquissé au début de ce siècle par un syndicat intercommunal prédécesseur du Smapp, le projet d’aménagement de la plaine – dont le plan de financement, estimé à 85 millions d’euros, n’est pas entièrement bouclé –, fait l’objet d’une concertation publique jusqu’au 2 avril ; cette phase doit marquer le début des opérations.

Ceinture verte régionale

Sur le papier, le projet labellisé Grand Paris séduit. Des arbres à perte de vue, des clairières, un centre équestre au cœur de la forêt, 90 kilomètres de chemins de randonnée, des parcours pédagogiques d’observation de la faune et de la flore, ainsi que des espaces de loisirs sont prévus. Sur le site se dressent les vestiges du domaine de la Haute Borne ; la maison de maître de cette ancienne ferme modèle, qui employait une centaine d’ouvriers, est encore en bon état, mais les bâtiments attenants, les écuries et les étables en ruine sont désormais des squats. Présentée comme un élément du patrimoine local, l’imposante bâtisse pourrait être transformée en maison de chasse.

« L’objectif est de conserver cet espace naturel qui sépare deux zones urbanisées qui ne doivent pas se rejoindre : la ville nouvelle de Cergy-Pontoise et la vallée de Montmorency, qui s’étend jusqu’à la Seine-Saint-Denis », explique Bernard Tailly.

L’implantation d’une forêt sur la plaine à proximité de celles de Saint-Germain-en-Laye et de Montmorency, et du parc régional du Vexin, entre la Seine et l’Oise, formera une ceinture verte régionale, un véritable poumon en Ile-de-France. Il faudra cependant trente à cinquante ans avant que la forêt n’arrive à maturité.

Contamination aux métaux lourds

L’initiative avait reçu l’approbation de Nicolas Sarkozy quand il était président de la République. Lors d’une visite à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, en 2010, il avait évoqué la nécessité de trouver dans le département une compensation écologique aux nuisances aériennes générées par le trafic. « Cette idée a donné une impulsion au projet de Pierrelaye-Bessancourt », se souvient M. Tailly. Mais là n’est pas l’unique but de la future forêt.

L’histoire du site se noue au XIXe siècle. Il était alors boisé aux deux tiers, lorsque la Ville de Paris acquiert plusieurs hectares pour y déverser ses eaux usées. L’épandage de cet engrais va permettre de développer les activités maraîchères sur plus de 1 600 hectares de champs et relancer l’activité locale. Pendant un siècle, on y cultive des légumes, qui finiront par être officiellement déclarés impropres à la consommation crue.

« La pollution des sols par l’eau des égouts a conduit à interdire totalement les produits du maraîchage et des cultures à la consommation humaine en 2000 », rapporte le sénateur et maire de Saint-Ouen-l’Aumône, Alain Richard (La République en marche).

Restait l’alimentation animale, mais « les rendements agricoles avaient baissé du fait de la mauvaise qualité du sol, trop sableux. Cela a précipité la dégradation du territoire, devenu un dépôt sauvage occupé par des activités illégales », résume-t-il. Une étude réalisée en 2014 par la direction départementale des territoires souligne la contamination de la plaine aux métaux lourds.

Les expropriations débuteront en 2019

« Seul l’arbre résistera à l’urbanisation et à la pollution », soutient Bernard Tailly. Mais pas n’importe lesquels : il est prévu de planter des feuillus – ne dépassant pas 40 centimètres de haut au départ – tels que le tilleul, le chêne ou encore le marronnier, car ils peuvent résister à la haute acidité des sols. Nulle place pour des conifères car leurs aiguilles, une fois tombées, acidifient naturellement la terre. Et il sera interdit de cueillir les fruits, ramasser les champignons ou consommer le gibier.

En bordure des parcelles, des bouches d’alimentation témoignent d’un siècle d’irrigation intensive. La plaine regroupe environ 6 000 parcelles, appartenant à plus de 2 500 propriétaires dont une vingtaine d’agriculteurs. Tous devront céder la place. Les négociations sont en cours pour la cession de la totalité de leurs terres. Les expropriations débuteront en 2019 avec compensation financière.

Christelle Hilbert est agricultrice à la retraite, son exploitation est installée au sud de la plaine, à Herblay. Elle possède une cinquantaine d’hectares sur le périmètre de la forêt à venir. « Il n’y a plus d’avenir à Herblay pour les agriculteurs, constate la retraitée avec amertume. On cultive encore un petit peu de céréales sur ces terres, mais elles sont seulement destinées à la consommation animale. De plus, nos champs sont détruits par le passage des voitures et des caravanes. J’ai donc hâte de m’en séparer. »

Gens du voyage à reloger

Ce que Christelle Hilbert évoque, c’est l’installation de plus d’un millier de caravanes des gens du voyage sur l’aire concernée par le projet de réaménagement. Ces derniers vont eux aussi être évacués et expropriés. Les services sociaux sont censés reloger les familles les plus défavorisées.

A Bessancourt, une cinquantaine de gens du voyage ont élu domicile à la lisière de la future forêt, le long du chemin de la Chasse. Sony Scherrer est le porte-parole de cette communauté. Il est propriétaire d’une parcelle agricole, où il a installé sa caravane en 2003. « On est sur la sellette alors qu’on n’est pas dans le périmètre de la zone. Nous sommes seulement en bordure de cette forêt, explique le trentenaire dépité. La mairie de Bessancourt a évoqué des logements sociaux dans le centre-ville pour nous mais ça ne correspond pas à notre mode de vie. Ce projet est une excuse pour nous faire partir. »

Une forêt d’un million d’arbres va être créée dans le Val-d’Oise
Une forêt d’un million d’arbres va être créée dans le Val-d’Oise
Une forêt d’un million d’arbres va être créée dans le Val-d’Oise
Une forêt d’un million d’arbres va être créée dans le Val-d’Oise
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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 09:07

Ce déclin « catastrophique », d’un tiers en quinze ans, est largement dû aux pratiques agricoles, selon les études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle. D’après AFP et Stéphane Foucart le 20 mars 2018 pour Le Monde.

Sur la zone-atelier du CNRS, étudiée sans interruption depuis 1994, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. McPHOTO / PICTURE ALLIANCE / BLICKWINKEL / MAXPPP En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html#T5FPlfHHDSUojcAx.99

Sur la zone-atelier du CNRS, étudiée sans interruption depuis 1994, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. McPHOTO / PICTURE ALLIANCE / BLICKWINKEL / MAXPPP En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html#T5FPlfHHDSUojcAx.99

Le printemps risque fort d’être silencieux. Cinquante-cinq ans après la publication en septembre 1962 de Printemps silencieux (Silent Spring) écrit par la biologiste Rachel Carson – le livre-repère qui a aidé la prise de conscience écologiste de milliers d’occidentaux, le désastre de notre biodiversité quotidienne s’accentue.

Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. »

Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles, et la raréfaction des insectes en général.

Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié ces deux dernières années.

Résultats de deux réseaux de surveillance

Le constat est d’autant plus solide qu’il est issu de deux réseaux de surveillance distincts, indépendants et relevant de deux méthodologies différentes. Le premier, le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) est un réseau de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il rassemble les observations d’ornithologues professionnels et amateurs sur l’ensemble du territoire et dans différents habitats (ville, forêt, campagne). Le second s’articule autour de 160 points de mesure de 10 hectares, suivis sans interruption depuis 1994 dans la « zone-atelier « du CNRS Plaine et val de Sèvre, où des scientifiques procèdent à des comptages réguliers.

« Les résultats de ces deux réseaux coïncident largement et notent une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles, comme l’alouette », constate l’écologue Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres (CNRS et université de La Rochelle). Ce qui est très inquiétant est que, sur notre zone d’étude, des espèces non spécialistes des écosystèmes agricoles, comme le pinson, la tourterelle, le merle ou le pigeon ramier, déclinent également. »

Sur la zone-atelier du CNRS – 450 km2 de plaine agricole étudiés par des agronomes et des écologues depuis plus de vingt ans –, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. « On note de 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990, mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés », précise M. Bretagnolle.

Déclin massif des insectes

Pour le chercheur français, « on constate une accélération du déclin à la fin des années 2000, que l’on peut associer, mais seulement de manière corrélative et empirique, à l’augmentation du recours à certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé, qui correspond à un effondrement accru de populations d’insectes déjà déclinantes ».

A l’automne 2017, des chercheurs allemands et britanniques conduits par Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) ont, pour la première fois, mis un chiffre sur le déclin massif des invertébrés depuis le début des années 1990 : selon leurs travaux, publiés en octobre dans la revue PloS One, le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % sur le territoire allemand.

Des mesures encore non publiées, réalisées en France dans la zone-atelier Plaine et val de Sèvre, sont cohérentes avec ces chiffres. Elles indiquent que le carabe, le coléoptère le plus commun de ce type d’écosystème, a perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années, sur la zone étudiée par les chercheurs du CNRS.

« Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie, explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées. »

Dégradations profondes de l’environnement

La disparition en cours des oiseaux des champs n’est que la part observable de dégradations plus profondes de l’environnement. « Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines, qui sont une ressource nutritive majeure pour de nombreuses espèces, relève Frédéric Jiguet, professeur de biologie de la conservation au Muséum et coordinateur du réseau d’observation STOC. Que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. »

La situation française n’est pas différente de celle rencontrée ailleurs en Europe. « On est dans la continuité d’une tendance lourde qui touche l’ensemble des pays de l’Union européenne », note M. Jiguet. Est-elle réversible ? « Trois pays, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, ont mis en œuvre des politiques nationales volontaristes pour inverser cette tendance lourde, en aménageant à la marge le modèle agricole dominant, explique Vincent Bretagnolle. Aucun de ces trois pays n’est parvenu à inverser la tendance : pour obtenir un effet tangible, il faut changer les pratiques sur des surfaces considérables. Sinon, les effets sont imperceptibles. Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 17:37

La victoire obtenue à Notre-Dame-des-Landes et la première bataille remportée à Gonesse contre le projet Europacity sont de formidables encouragements à poursuivre les luttes contre les grands projets inutiles, en particulier en Île-de-France sur le plateau de Saclay.

Samedi 24 mars, une journée à Saclay

Sur cette zone agricole parmi les plus fertiles d’Europe, 500 ha sont directement menacés par un « cluster » scientifique géant. À terme, c’est toute la vocation agricole du plateau qui disparaîtra si le projet de métro aérien -la ligne 18 du grand Paris- voit le jour.

Parce que rien ne vaut une visite sur place pour se rendre compte des enjeux et pour manifester notre soutien aux collectifs qui se battent, nous vous invitons à une découverte du plateau puis à une table ronde avec des acteurs/trices engagé·e·s localement :

* Rendez-vous à 11h au 8, rue Tronchet à Palaiseau pour un départ en voiture vers Saclay

* 12h buffet partagé à Palaiseau (Indiquez votre participation dans ce formulaire)

* 14h Table ronde - 8, rue Tronchet à PALAISEAU, RER B – à 5 min de la station Palaiseau.
Avec Claudine Parayre (membre de la COSTIF et de Saclay citoyen) ;

Laurent Sainte Fare Garnot (membre de la SCI Terres Fertiles) ;

Jacqueline LORTHIOIS (socioéconomiste spécialiste de la relation emploi-travail sur les territoires) ; un·e représentant·e du monde agricole ; les élu·e·s du territoire…

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 09:09

Une étude de Terra Nova publié lundi 19 mars a analysé différents scénarios qui incluent la proportionnelle aux législatives. D’après elle, au-dessous de 25 %, l’introduction de ce mode de scrutin serait symbolique. D’après Manon Rescan le 19 mars 2018 pour Le Monde.

SOURCE : TERRA NOVA ; AVEC LA COLLABORATION DE JÉRÔME LANG INFOGRAPHIE : EUGÉNIE DUMAS ; MANON RESCAN
SOURCE : TERRA NOVA ; AVEC LA COLLABORATION DE JÉRÔME LANG INFOGRAPHIE : EUGÉNIE DUMAS ; MANON RESCAN
SOURCE : TERRA NOVA ; AVEC LA COLLABORATION DE JÉRÔME LANG INFOGRAPHIE : EUGÉNIE DUMAS ; MANON RESCAN

SOURCE : TERRA NOVA ; AVEC LA COLLABORATION DE JÉRÔME LANG INFOGRAPHIE : EUGÉNIE DUMAS ; MANON RESCAN

Dose homéopathique ou remède de cheval ? La proportionnelle est avant tout affaire de posologie. C’est que la modification du mode de scrutin pour les élections législatives – promesse de campagne d’Emmanuel Macron, au cœur de la révision constitutionnelle en cours de finalisation – est convoquée comme un remède. Elixir à une démocratie qui fonctionnerait mal, le scrutin majoritaire privant certaines forces politiques d’une représentation au Parlement à la hauteur de leur poids dans les urnes.

Emmanuel Macron partage ce diagnostic. Lors d’un discours à Strasbourg, le 4 octobre 2016, à quelques semaines de sa déclaration de candidature à la présidentielle, il en avait fait l’une des causes de la « crise d’adhésion à la politique » avant de se dire favorable à « avancer sur la proportionnalité ». Cette question avait ensuite fait partie de l’accord d’alliance avec François Bayrou pendant la campagne. Le patron du MoDem souhaite qu’un quart des élus soient élus selon ce mode de scrutin. Le président de la République s’est, quant à lui, bien gardé d’avancer le moindre chiffre.

Un rapport du think tank de centre gauche Terra Nova publié lundi 19 mars, que Le Monde dévoile en exclusivité, invite à ne pas se tromper sur la prescription. Pour bien traiter ces maux de la démocratie, plusieurs conditions doivent être réunies. Afin de le démontrer, le document simule, à partir des résultats des trois dernières élections législatives (2007, 2012, 2017), l’impact d’une élection de 25, 50 et 75 % des députés à la proportionnelle. L’hypothèse à 15 % a également été testée avec le scrutin de 2017.

Impact très limité

Les auteurs de ce travail en ont tiré un enseignement majeur : « En dessous de 25 %, la réforme serait symbolique », est-il écrit. Cette conclusion offre un éclairage singulier alors que la première copie dévoilée par Edouard Philippe prévoit une « dose » inférieure, entre 10 % et 25 %. Après réduction d’un tiers du nombre de parlementaires, autre promesse au cœur de la réforme des institutions qui doit porter de 577 à 400 le nombre de députés, entre 40 et 100 d’entre eux seraient élus selon le nouveau mode de scrutin.

Si cette fourchette est insuffisante selon Terra Nova, c’est qu’à faible dose, dans certaines configurations, l’introduction de la proportionnelle aurait un impact très limité sur la composition de l’Assemblée. Rappelons d’abord qu’une partie des sièges restera distribuée comme aujourd’hui, aux gagnants des élections au scrutin majoritaire. Ensuite, cela se corse : plusieurs méthodes existent pour distribuer aux partis les sièges à la proportionnelle. « C’est à cela aussi qu’il faudra être attentif pour analyser la réforme du gouvernement », note Thierry Pech, directeur général du think tank.

Terra Nova a testé trois méthodes de distribution. Une première, la plus intuitive, serait de se fier au score de chaque parti au premier tour des législatives (méthode dite « additive »). Or le rapport révèle que, dans un scénario avec 15 % de proportionnelle (60 députés), le recours à cette méthode ne modifierait que de manière marginale la composition de l’Assemblée nationale. Avec une telle dose, le FN et Debout la France, qui avaient en 2017 recueilli près de 15 % des voix lors du premier tour, n’auraient obtenu qu’environ 4 % des sièges à l’Assemblée. Une représentation qui demeure très éloignée de leur poids électoral réel.

« Votre voix a de la valeur »

« Plus la dose est basse, plus il faut aller vers une méthode dite compensatoire », plaide M. Pech. Cette deuxième méthode exclut de la répartition les partis qui ont déjà obtenu plus de sièges au scrutin majoritaire que ce qu’ils auraient avec une répartition à la proportionnelle intégrale. Cette option est la plus favorable aux forces minoritaires. Avec une dose de 15 %, le Front national de 2017 compterait cette fois 31 élus à l’Assemblée nationale (7,75 % des sièges) contre 8 actuellement. Un nombre significatif quoiqu’en deçà de son score de 1986, quand l’Assemblée avait été élue à la proportionnelle intégrale et que le FN avait obtenu 35 députés. Un nombre suffisant cependant pour constituer un groupe politique au Palais Bourbon, ce que les députés d’extrême droite ne sont pas en mesure de faire aujourd’hui.

Ce scénario a ses détracteurs qui craignent une trop forte présence des extrêmes à l’Assemblée. « Est-ce que le problème n’est pas plutôt d’avoir un parti qui fait presque 15 % au premier tour et qui n’a que 2 députés, comme en 2012 ?, questionne Thierry Pech. On l’a vu en 1986 : cela n’empêche pas nécessairement la formation d’une majorité, et cela ne perturbe pas le fonctionnement de l’Assemblée nationale. » Terra Nova fait d’une meilleure représentation l’un des facteurs de retour de la participation des électeurs. « Avec une part de proportionnelle, votre voix a de la valeur », insiste M. Pech. Selon lui, la méthode la plus juste serait toutefois un troisième mode de calcul, intermédiaire, imaginé par le think tank. Celui-ci propose de distribuer les sièges entre chaque parti en fonction des voix qui se sont portées sur leurs candidats perdants. Avec 15 % de proportionnelle, le FN aurait, avec ce calcul, gagné 21 sièges en 2017, contre 8 aujourd’hui.

Les travaux de Terra Nova viennent par ailleurs battre en brèche le principal argument des opposants à la proportionnelle. La droite mais aussi, de plus en plus ces dernières semaines, certains élus de La République en marche redoutent qu’elle empêche la formation d’une majorité claire à l’Assemblée. Pour le think tank, le lien entre ces deux faits n’est pas arithmétique. Selon les calculs du rapport, l’introduction d’une très forte dose (75 %) de proportionnelle en 2007, n’aurait pas empêché la droite et ses alliés d’avoir la quasi-majorité absolue des sièges dans une Assemblée nationale à 400 députés.

Détracteurs

Ces travaux soulignent cependant que c’est le contexte actuel d’un très fort morcellement du paysage politique qui modifie l’impact de la proportionnelle. « L’instabilité politique naît bien moins du mode de scrutin que de la structure de la compétition politique », analyse Thierry Pech. Ainsi, avec une dose à 75 %, il aurait été plus compliqué pour le PS en 2012 d’avoir la majorité absolue, même avec l’appui de ses alliés écologistes, de même que pour LRM et le MoDem en 2017. Cependant, une élection de 50 % de députés à la proportionnelle, répartis selon la méthode additive, aurait permis, quoique de justesse, à ces deux forces d’avoir la majorité à l’Assemblée avec leurs alliés (209 sièges pour le PS en 2012, 202 pour LRM en 2017). L’argument des détracteurs de la proportionnelle tombe totalement dans le cas d’un taux à 25 %, avec une répartition des sièges à la méthode additive, qui aurait permis à ces deux formations d’avoir la majorité même sans leurs alliés.

C’est à la lueur de tous ces critères que l’on pourra lire les véritables intentions du gouvernement. Une faible dose avec une méthode dite additive ne bousculerait que peu les équilibres actuels. Quant à savoir si une plus forte dose dans le passé n’aurait pas empêché la formation de majorité, « on ne peut pas lire dans le passé ce qui se passera demain », prévient toutefois Jean-François Laslier, directeur de recherche en économie au CNRS et coauteur de ce rapport. Or la tectonique des plaques politiques a fortement bousculé les anciens équilibres depuis plusieurs années. Ceux qui trancheront sur la « dose » de proportionnelle auront en tête ce paramètre, autant que les réserves de la droite sur ce mode de scrutin, que l’exécutif doit rallier à sa cause pour faire adopter la révision constitutionnelle.

La méthode de l’étude

Pour obtenir ses résultats, Terra Nova a réalisé un redécoupage hypothétique de la carte électorale afin de prendre en compte la réduction du nombre de parlementaires et de l’introduction de différentes doses de proportionnelles. Pour cela, il a assemblé des circonscriptions. Les résultats des scrutins passés ont été ensuite projetés sur ce nouveau découpage. Par souci de simplification, ni les collectivités d’outre-mer (Mayotte, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna) ni les Français de l’étranger n’ont été pris en compte. Le mode de scrutin induisant des comportements et des stratégies différentes de la part des partis et des électeurs, on ne peut pas déduire que les scénarios évoqués se seraient exactement réalisés. La répartition des sièges en 2017 a par ailleurs été réalisée en tenant compte des jeux d’alliance traditionnels, qui sont néanmoins traversés par de profondes transformations, une partie des centristes et des élus écologistes s’alliant aujourd’hui avec La République en marche.

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 09:21

Au cours des années 1980 et 1990, l’idée qu’il n’existait aucune solution de rechange aux démocraties de marché a entraîné une forme de fatalisme. A contrario, le réarmement contestataire observable depuis deux décennies replace sur le devant de la scène les affrontements idéologiques. Au point, parfois, d’attribuer à la bataille des idées un rôle et un pouvoir qu’elle ne possède pas. Par Razmig Keucheyan pour Le Monde Diplomatique de mars 2018. En novembre 2015, Razmig Keucheyan était venu aux Lilas , pour nous parler de son travail, cf. La nature est un champ de bataille, Quand la finance se branche sur la nature, et son livre La nature est un champ de bataille ; Lire aussi du même auteur Ce dont nous avons (vraiment) besoin.

Paul Huxley. — « Fluid Forms 1 » (Formes fluides 1), 1964, Bridgeman images.

Paul Huxley. — « Fluid Forms 1 » (Formes fluides 1), 1964, Bridgeman images.

C’est Mme Najat Vallaud-Belkacem qui, après tant d’autres, le répète dans un article paru en janvier 2018 : le Parti socialiste (PS) a perdu la « bataille culturelle » — l’expression apparaît trois fois (1). Lorsque M. François Hollande a remporté l’élection présidentielle de 2012, le PS détenait pourtant tous les leviers du pouvoir : l’Élysée, Matignon, l’Assemblée nationale, mais aussi le Sénat et vingt et une régions sur vingt-deux. Rien ne semblait empêcher la mise en œuvre de la politique de gauche que Mme Vallaud-Belkacem, au gouvernement pendant toute la durée du quinquennat, appelle rétrospectivement de ses vœux. Mais les vents contraires soufflaient apparemment trop fort. La « bataille culturelle », ce mystérieux génie qui bride l’ardeur des gouvernements de gauche successifs, était perdue.

Au sein de la gauche — toutes sensibilités confondues — circulent à l’heure actuelle des notions qui paraissent politiquement pertinentes, mais qui s’avèrent dangereuses. L’une d’elles est l’argument des 99 % (2). S’appuyant sur des statistiques établies par les économistes Emmanuel Saez et Thomas Piketty, le mouvement Occupy Wall Street a avancé en 2011 l’idée que l’humanité se divise en deux groupes : l’un, les 1 % les plus riches, capte l’essentiel des bénéfices de la croissance ; l’autre, les 99 % restants, pâtit d’inégalités toujours plus vertigineuses. L’argument s’est révélé efficace pour un temps, suscitant des mobilisations dans divers pays. Mais le problème est vite apparu : les 99 % forment un ensemble extrêmement disparate. Cette catégorie inclut aussi bien les habitants des bidonvilles de Delhi ou de Rio que les prospères résidents de Neuilly-sur-Seine ou de Manhattan qui ne sont juste pas assez riches pour intégrer les 1 %. Difficile d’imaginer que les intérêts de ces populations convergent ou que celles-ci constituent un jour un groupe politique cohérent.

L’argument de la « bataille culturelle » souffre d’une malfaçon analogue. Il n’est pas à proprement parler faux, mais il débouche sur une stratégie politique problématique. On le rencontre souvent à gauche, du PS à La France insoumise, mais également à droite, notamment dans les courants qui se réclament de l’héritage de la « nouvelle droite ». Il découle d’une lecture hâtive d’Antonio Gramsci et de son concept d’hégémonie. L’idée est simple : la politique repose en dernière instance sur la culture. Mettre en œuvre une politique suppose au préalable que le vocabulaire et la « vision du monde » sur lesquels elle repose se soient imposés au plus grand nombre. Si les gouvernements n’appliquent pas leur programme, ce n’est pas qu’ils manquent de courage et d’ambition, ni qu’ils refusent de défendre les intérêts de ceux qui les ont élus : c’est que le « fond de l’air » politique s’oppose à son application. Il faudrait donc modifier l’atmosphère afin de rendre la politique en question concevable.

À l’ère de Facebook et de Twitter, on comprend l’attrait de cet argument. En y souscrivant, on peut faire de la politique confortablement installé chez soi, devant son écran d’ordinateur. Laisser un commentaire sur un site ou écrire un tweet rageur deviennent des actes politiques par excellence. Tout comme publier des pétitions ou des tribunes vengeresses dans les colonnes de quotidiens à l’audience déclinante en caressant l’espoir que ces textes fassent le « tour du Net ».

Identifier les vecteurs du changement

La « bataille culturelle » a bien entendu son importance. La Chine, par exemple, prend aujourd’hui très au sérieux son soft power. Il s’agit là d’un concept élaboré par le politiste américain Joseph Nye, qui a conseillé plusieurs administrations démocrates depuis M. Jimmy Carter. Selon Nye, au XXIe siècle, le pouvoir d’un pays se mesure moins à son hard power, c’est-à-dire sa puissance militaire, qu’à sa capacité à influencer la sphère publique mondiale en donnant une image positive de lui-même.

Le gouvernement chinois organise ainsi l’activité de netizens (contraction de net et citizens), des citoyens intervenant sur Internet pour défendre les intérêts de leur pays (3). Comme l’a suggéré le président Xi Jinping lors d’un discours au XIXe Congrès du Parti communiste chinois, en octobre 2017, il s’agit de « bien raconter le récit de la Chine et de construire son soft power  » en diffusant sur le Net une « énergie positive ». Certes, mais voilà : derrière les bataillons de netizens chinois se trouve l’une des grandes puissances mondiales. Son rang dans les relations internationales, la Chine ne l’occupe pas d’abord grâce à son soft power ou à une quelconque « bataille culturelle », mais grâce à sa puissance économique, que ses dirigeants s’emploient à transformer en puissance militaire.

L’expression « bataille culturelle » doit une partie de son succès à l’hypothèse selon laquelle, au cours des dernières décennies, la droite aurait imposé ses idées, donnant naissance au mélange de néolibéralisme économique et de conservatisme moral dans lequel nous baignons désormais.

Mais, d’abord, la droite n’a pas vraiment eu à gagner la « bataille culturelle », dans la mesure où ses catégories fondatrices, comme la propriété privée des moyens de production ou l’économie de marché, n’ont plus été fondamentalement contestées depuis le milieu des années 1970. Même l’impression que l’après-Mai 68 constitua un âge d’or pour la gauche, voire que ses idées y étaient hégémoniques, tient en partie de l’illusion rétrospective : en France, la droite a occupé le pouvoir sans discontinuer pendant toute cette période. Les politiques redistributives et de reconnaissance des droits des femmes qu’elle concéda furent mises en œuvre moins à l’issue d’une « bataille d’idées » que sous la pression du bloc de l’Est et de puissants mouvements sociaux.

Il n’est même pas dit que le racisme, dont on présente parfois la recrudescence comme le symptôme d’une « droitisation » de la société actuelle, se soit aggravé, bien qu’il ait changé de forme. La société française des années 1960 et 1970 n’était certainement pas moins raciste que l’actuelle (4). Depuis les années 1970, le capitalisme a subi de profondes transformations : financiarisation, effondrement du bloc de l’Est et intégration de cette région dans l’économie mondiale, tournant capitaliste de la Chine, désindustrialisation, crise du mouvement ouvrier, construction néolibérale de l’Europe… Dans ce contexte de crise et de restructuration du système, la droite se tenait prête à saisir des occasions. Elle ne s’en est pas privée, poussant dans le débat public des idées cohérentes dans le domaine politique et économique. Mais la nouvelle hégémonie néolibérale n’a pu émerger qu’à la suite des bouleversements structurels qui avaient objectivement affaibli les forces du progrès. S’imaginer qu’il suffirait de remporter la « bataille des idées » pour que le système change, c’est s’exposer à des désillusions.

L’argument des 99 % et celui de la « bataille culturelle » relèvent d’une même conception du monde social. Celle qui considère la société comme une entité indifférenciée, comme un espace fluide que l’on pourrait influencer dans un sens ou un autre en mettant en circulation des discours. Les théories d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe, sources d’inspiration de Podemos (5) et de La France insoumise, sont exemplaires de cette conception.

Des proches du mouvement dirigé par M. Jean-Luc Mélenchon ont créé au début de l’année une chaîne de télévision en ligne baptisée Le Média et lancé une école de formation. Aux dires de leurs animateurs, ces dispositifs visent à mener la « bataille culturelle », à préparer le terrain pour d’autres politiques (6). Ce faisant, La France insoumise s’inspire, en les actualisant, d’institutions sociales-démocrates et communistes : le journal ouvrier et l’école de cadres. Ceux-ci permettaient la diffusion chez les militants et au sein de leur base sociale d’une vision du monde cohérente.

Il manque pourtant un élément essentiel : quelles classes sociales ou coalitions de classes seront les vecteurs du changement ? À qui s’adressent prioritairement Le Média et l’école de formation ? Les communistes avaient pour base la classe ouvrière et les classes alliées, paysannerie et fractions dominées des classes moyennes notamment. Le « bloc social » concerné par le journal ouvrier et l’école de cadres était celui-ci. Mais dans le cas de La France insoumise ? Une « vision du monde » ne devient politiquement efficace que si elle est celle d’une coalition de classes qui s’oppose à d’autres classes. Reste donc à imaginer les contours d’un bloc social à venir.

Contrairement à ce que certains interprètes lui font dire, Gramsci n’a jamais voulu faire de la « bataille culturelle » le cœur de la lutte des classes. Évoquant l’évolution du marxisme de son temps, il affirme que « la phase la plus récente de son développement consiste justement dans la revendication du moment de l’hégémonie comme élément essentiel de sa conception de l’État et dans la “valorisation” du fait culturel, de l’activité culturelle, de la nécessité d’un front culturel à côté des fronts purement économique et politique (7)  ». Articuler un « front culturel » avec les fronts économique et politique existants : c’est là sa grande idée.

Cela ne suppose en aucun cas une prééminence du « front culturel » sur les autres. Ni que ce front devienne la chasse gardée de militants opérant dans la sphère des idées. Pour Gramsci, le syndicaliste se trouve souvent en première ligne sur le « front culturel ». Par les luttes qu’il organise, il fait évoluer les rapports de forces et laisse entrevoir ainsi la possibilité d’un autre monde. Ce que Gramsci appelle « culture » diffère très sensiblement de ce que nous entendons couramment par ce terme. La notion d’« hégémonie culturelle » ne désigne pas la péroraison incessante d’intellectuels ou de dirigeants contestataires dans les médias dominants, mais la capacité d’un parti à forger et à diriger un bloc social élargi en éveillant la conscience de classe. Les exemples ne manquent pas, ni à son époque ni aujourd’hui.

En décembre 2017, des salariés de l’entreprise de nettoyage Onet, en région parisienne, ont remporté une victoire importante (8). Ces sous-traitants de la Société nationale des chemins de fer (SNCF) chargés de la propreté des gares revendiquaient un rattachement à la convention collective de la manutention ferroviaire de la SNCF, le retrait d’une clause de mobilité qui les obligeait à effectuer de longs déplacements, l’augmentation de la prime de panier (indemnité repas) et la régularisation de collègues sans papiers. Au terme d’une grève de quarante-cinq jours, ils ont obtenu satisfaction sur l’essentiel. Pareille lutte s’annonçait d’autant plus improbable qu’elle était menée par des immigrés récents, au sein d’une entreprise sous-traitante et dans un secteur où l’interruption du travail n’a pas un impact vital sur le cours de la vie sociale. Bloquer une raffinerie, c’est bloquer le pays. Mais cesser de nettoyer une gare périphérique en Seine-Saint-Denis… ?

Et pourtant, à force de persévérance, les grévistes et leurs délégués syndicaux ont gagné. Les transformations structurelles du capitalisme depuis les années 1970 ont changé la classe ouvrière. Celle-ci n’a certes pas disparu ; elle est devenue plus diverse socialement, ethniquement et spatialement. Livrer la « bataille des idées » consiste à politiser ces nouvelles classes populaires, au moyen de luttes analogues à celle menée par les salariés d’Onet. Leur victoire montre que l’improbable n’en reste pas moins possible. Le « front culturel », articulé aux fronts économique et politique, c’est exactement cela. Ils ne le savent peut-être pas, mais les grévistes d’Onet sont les véritables héritiers de Gramsci.

Razmig Keucheyan, Professeur de sociologie à l’université de Bordeaux.

(1) Najat Vallaud-Belkacem, « Éloge de l’imperfection en politique », Le Nouveau Magazine littéraire, Paris, janvier 2018.

(2) Lire Serge Halimi, « Le leurre des 99 % », Le Monde diplomatique, août 2017.

(3) Cf. Yuan Yang, « China’s Communist Party raises army of nationalist trolls », Financial Times, Londres, 29 décembre 2017.

(4) Cf. par exemple Yvan Gastaut, « La flambée raciste de 1973 en France », Revue européenne des migrations internationales, vol. 9, no 2, Poitiers, 1993. Lire également Benoît Bréville, « Intégration, la grande obsession », Le Monde diplomatique, février 2018.

(5) Lire Razmig Keucheyan et Renaud Lambert, « Ernesto Laclau, inspirateur de Podemos », Le Monde diplomatique, septembre 2015.

(6) Cf. Laure Beaudonnet, « Aude Lancelin, auteure de “La Pensée en otage” : “Tout le circuit de l’information est pollué” », 20 Minutes, Paris, 10 janvier 2018.

(7) Cf. Antonio Gramsci, Guerre de mouvement et guerre de position, textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan, La Fabrique, Paris, 2012.

(8) Cf. Cécile Manchette, « Onet. Victoire éclatante des grévistes du nettoyage des gares franciliennes », Révolution permanente, 15 décembre 2017.

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 12:23

Triangle de gonesse En réponse aux autorités qui les ont sommés d’aller cultiver leurs légumes ailleurs, les opposants au projet EuropaCity, dans le Val-d’Oise, se sont armés hier de serfouettes et de houes pour semer de l’orge. D’après Alexandra Chaignon le lundi 19 Mars 2018 pour l'Humanité. Lire aussi EuropaCity: la justice annule la création du mégacomplexe commercial au nord de Paris, Contre la folie EuropaCity, cultiver le bien commun et Le projet EuropaCity jugé peu compatible avec l'environnement.

Hier, ils étaient une bonne cinquantaine à braver le froid pour retourner cette parcelle de terre et la préparer à de nouvelles plantations. Julien Jaulin/Hanslucas

Hier, ils étaient une bonne cinquantaine à braver le froid pour retourner cette parcelle de terre et la préparer à de nouvelles plantations. Julien Jaulin/Hanslucas

C’est au bout d’un chemin émaillé de nids de poule, après avoir longé un chantier de démolition puis un vieux hangar désaffecté bordé de détritus que se trouve la parcelle du Triangle de Gonesse cultivée par les Sauveteurs de terre, ces militants opposés à l’urbanisation de la zone et plus particulièrement au mégacomplexe de commerces EuropaCity. Hier, ils étaient une bonne cinquantaine, équipés de serfouettes et de houes, à braver le froid pour retourner une bande de terre située le long de la RD 170. Objectif du jour : semer de l’orge. « Ce n’est pas le temps idéal, ça risque d’être collant, prévient d’emblée Emmanuelle Bouffée, la jardinière en cheffe du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG). Mais à la guerre comme à la guerre, ou plutôt à la paix comme à la paix », rigole la militante, jardinière-paysagiste de métier et habituée des « cultures militantes », tout en dispensant ses conseils à des volontaires parfois un peu perdus.

L’opposition au projet ne cesse de croître

Cela fait bientôt un an que les opposants à l’urbanisation du triangle cultivent cette parcelle de 3 000 m2 prêtée par un agriculteur, lequel en avait gardé l’usufruit après avoir été expulsé. Le prochain grand rassemblement festif est prévu pour la fin mai, mais le 9 mars dernier, l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif), propriétaire du lopin de terre, a fait parvenir un courrier au collectif, le sommant de quitter la parcelle. « Dans le droit rural, quand un agriculteur cultive un champ, il n’a pas le droit d’être expulsé. C’est pour ça qu’on se dépêche de semer », rétorque Emmanuelle Bouffée, rappelant qu’il y a déjà du « seigle, semé à la fin de l’automne, qui pousse ». « Ce courrier est une réponse au jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a annulé la création de la ZAC devant permettre l’urbanisation du triangle de Gonesse », analyse Bernard Loup, le président du CPTG. D’où cet appel en urgence à venir semer ce dimanche. « L’enjeu, ce n’est pas juste cette parcelle, elle est symbolique, c’est l’ensemble du triangle », poursuit le militant environnemental, qui note que l’opposition au projet ne cesse de croître à mesure que « les nuages s’amoncellent au-dessus d’EuropaCity ».

Vanessa, habitante de Gonesse, a découvert ce mouvement il y a trois ans, un peu par hasard. « En allant travailler, j’ai vu les banderoles “Non à EuropaCity”. Comme beaucoup d’habitants de Gonesse encore aujourd’hui, je n’étais au courant de rien. J’ai voulu savoir de quoi il s’agissait », raconte la jeune femme qui, depuis, mène la bataille. « Je veux défendre notre cadre de vie et je pense que les arguments avancés par les promoteurs du projet en matière d’emplois sont surestimés. Sans compter qu’on est face à une urgence alimentaire et écologique en Île-de-France. »

Un sentiment partagé par Tania Souben, présidente de l’Amap Le Bio-Mesnil, militante de la première heure. « Au Blanc-Mesnil, notre Amap compte 56 familles. Notre problème, c’est qu’on a une liste d’attente d’au moins 20 familles. On n’a pas assez de producteurs pour fournir autant de paniers. Le projet alternatif de culture maraîchère sur le triangle pourrait permettre de répondre à la demande. » Son mari, Jean-Yves Souben, élu d’opposition au Blanc-Mesnil, dénonce pour sa part la « spéculation foncière » du projet.

La présence d’un piquet jaune surmonté d’un autocollant « Non à l’aéroport », planté au milieu du champ, rappelle que la victoire est possible. « Ici aussi, c’est une ZAD, au sens où on défend une zone, mais sans faire de copier-coller. On essaie de faire preuve d’imagination. » « Je pense que l’expérience Notre-Dame-des-Landes (NDDL) a été inspiratrice pour beaucoup d’entre nous », analyse pour sa part Emmanuelle Bouffé. « Je suis allée plusieurs fois à Nantes, pour manifester ma désapprobation au projet d’aéroport, c’est cohérent que je sois ici aussi », explique Rabha, habitante de Louvres et membre du conseil d‘administration du CPTG, par ailleurs militante de la France insoumise, qui a fait siens des propos de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

Pour l’heure, les autorités préfectorales ont deux mois pour faire appel de l’annulation de la ZAC, que le tribunal a motivée pour des insuffisances de l’étude d’impact, notamment sur la qualité de l’air.

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 09:07

L'Europe se divise sur la nécessité de limiter le taux de ce métal cancérogène dans les fertilisants agricoles. Par Stéphane Mandard le 17 mars 2018 pour Le Monde.

Le cadmium, ce " tueur " caché dans les engrais

Voilà un dossier sur lequel la France s'est montrée jusqu'ici très discrète. On aurait pourtant pu penser qu'à défaut du ministre de l'agriculture, son homologue à la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, se serait empressé de s'en saisir. Mardi 20 mars doit s'ouvrir une négociation serrée entre les Etats membres de l'Union européenne et le Parlement autour d'un projet de la Commission visant à réduire le taux de cadmium dans les engrais phosphatés.

Le cadmium est un métal lourd contenu dans les roches phosphatées. Il est utilisé pour fabriquer des engrais pour l'agriculture. Classé cancérogène pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé, il a des effets toxiques sur les reins, le squelette, l'appareil respiratoire, et est fortement suspecté d'être un perturbateur endocrinien. Or, l'utilisation d'engrais phosphatés dans les cultures est la principale cause de contamination des sols au cadmium, et donc de l'alimentation, qui représente 90 % de l'exposition au cadmium pour les non-fumeurs.

Depuis près de dix ans, les agences sanitaires alertent sur les dangers du cadmium et la nécessité de réduire son exposition. En 2009, l'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé un niveau hebdomadaire d'ingestion – 2,5 microgrammes/kilo – à ne pas dépasser. Aussi, convaincue qu'il présente " un risque inacceptable pour l'homme et l'environnement ", la Commission a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Fixée à 60 milligrammes (mg)/kilo, elle doit être abaissée à 40 mg/kg après trois ans et à 20 mg/kg d'ici douze ans.

Le projet de texte a reçu en octobre 2017 le soutien du Parlement européen, qui voudrait parvenir au 20 mg/kg en neuf ans. Le Conseil de l'Union européenne doit désormais se prononcer. Or, relève-t-on à Bruxelles, " les pays sont divisés ". Plusieurs pays se sont déclarés favorables au texte, comme l'Allemagne ou le Danemark. Quatorze Etats ont déjà instauré une limite inférieure ou égale à 60 mg/kg – et même à 20 mg/kg en Finlande, en Hongrie et en Slovaquie.

Silence radio

D'autres pays, en revanche, s'opposent à ce texte : l'Espagne, le Royaume-Uni et la Pologne. Et la France ? Silence radio. Les ministères de l'agriculture et de la transition écologique n'ont pas répondu aux sollicitations du Monde. " Comment se fait-il que nous n'entendions pas la voix de la France ? ", s'interroge le Réseau Environnement Santé (RES). Ce réseau, qui regroupe 28 associations nationales et locales, devait adresser, vendredi 16 mars, une lettre ouverte aux ministres de l'agriculture, de la transition écologique et de la santé pour demander à la France, " pays précurseur " dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens, de " peser de tout son poids pour l'adoption du projet de la Commission européenne ".

Associés à la baisse de qualité du sperme, aux malformations congénitales, à une puberté précoce, à l'obésité ou à l'autisme, " les perturbateurs endocriniens ne sont pas des substances comme les autres, rappelle André Cicolella, le président du RES. Il faut les éliminer à la source, car on ne peut pas les gérer par la dose. On s'est beaucoup focalisé sur les pesticides, mais le cadmium est un tueur caché, ajoute le toxicologue. Il est confirmé aujourd'hui qu'il est impliqué dans les cancers du sein et de la prostate ".

Or les engrais phosphatés sont encore massivement utilisés en France. Selon les dernières -données disponibles, l'agriculture française en a consommé 430 000 tonnes en 2015. Et une grande partie affiche des taux de cadmium élevés, selon RES. L'explication est simple. La majorité des fertilisants utilisés en France et en Europe sont fabriqués à partir des roches phosphatées marocaines, qui affichent des teneurs en cadmium comprises entre 30 mg/kg et 73 mg/kg.

Le projet de réglementation de la Commission inquiète le Maroc. Le pays possède les plus grandes réserves minières en phosphates (évaluées à 50 000 millions de tonnes) de la planète. Le leader mondial du secteur, OCP, réalise 32 % de ses ventes dans l'Union européenne. Il avait proposé à Bruxelles de relever le seuil à 80 mg/kg. En vain. Le Maroc a aussi exprimé ses craintes à la France. Voilà qui pourrait peut-être expliquer en partie la prudence du gouvernement dans ce dossier.
Autre élément : la peur des agriculteurs de voir s'envoler le coût des engrais. " Limiter le niveau de cadmium dans les engrais phosphatés aura un impact important sur le prix du produit fini en raison de la rareté des gisements de phosphates faibles en cadmium, a déjà prévenu Fertilizers Europe, le syndicat européen des producteurs d'engrais. L'augmentation des coûts sera transmise aux agriculteurs européens au détriment de leur compétitivité internationale. "

Avec sa nouvelle réglementation, la Commission entend aussi encourager l'usage des engrais -organiques et à base de déchets. Le projet de texte s'inscrit dans un train de mesures sur l'économie circulaire. Il précise que " l'UE importe environ 6 millions de tonnes de phosphates par an, mais pourrait remplacer jusqu'à 30 % de ce total par des boues d'épuration, des déchets biodégradables, des farines de viande et d'os ou du fumier ".

" Conflit d'intérêts "

Des orientations qui ne semblent pas partagées par tous les Etats membres. Si la France n'a pas encore exprimé publiquement sa position, dans d'autres pays, le débat fait rage. L'Espagne a fait savoir qu'elle était opposée au projet de la Commission. " Des limites trop strictes de cadmium nous excluraient du marché des engrais phosphatés ", a déclaré la ministre de l'agriculture et de l'environnement, Isabel Garcia Tejerina, le 21 février, devant les députés, affirmant que cette position était partagée par la France.

La ministre espagnole a également assuré que les teneurs en cadmium actuelles ne représentaient " pas de risque pour les personnes ni pour l'environnement ". Le parti d'opposition Podemos accuse Mme Garcia Tejerina de " parrainer les engrais toxiques " et de " corruption " – une allusion au parcours professionnel de la ministre de l'agriculture. L'élue du Parti populaire a été, entre 2004 et 2012, directrice de la planification stratégique de Fertiberia, le premier producteur d'engrais en Espagne, et conseillère de Fertial (Société des fertilisants d'Algérie) appartenant au même groupe Villar Mir.

A l'initiative de l'élu espagnol Florent Marcellesi, 38 députés européens, dont les écologistes français Yannick Jadot, Pascal Durand et Eva Joly, ont écrit à la pré-sidence bulgare du Conseil de l'Union européenne pour dénoncer un " conflit d'intérêts ".

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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 09:03

Au Japon, on ne se balade pas en forêt mais on prend un « bain de forêt ». Des scientifiques ont découvert pourquoi ce rituel fait tant de bien à nos organismes. D’après Emilie Torgemen le 14 mars 2018 pour Le Parisien.

Il est conseillé de passer deux heures par mois en forêt. LP/ARNAUD JOURNOIS

Il est conseillé de passer deux heures par mois en forêt. LP/ARNAUD JOURNOIS

Saviez-vous que se promener dans les bois peut être bon pour notre métabolisme ? C’est ce qu’explique le biologiste Qing Li dans son nouveau livre. Celui qu’on présente au Japon comme le pape des arbres publie ce jeudi « Shinrin Yoku » * (en français « les Bains de forêt »), un ouvrage grand public traduit en 35 langues. Le scientifique y raconte comment lui et ses équipes ont prouvé que la fréquentation des arbres diminuait le taux de cortisol, un indicateur de stress, donnait un coup de fouet à notre système immunitaire et même augmentait les cellules tueuses (NK), ces protéines qui protègent notamment contre le cancer…

Tout a commencé quand, en 1982, le ministre japonais de l’Agriculture lance un programme de recherche sur les « bains de forêt », un rituel de la culture nippone. Depuis, des centaines de cobayes ont vu leur sang, urine, temps de sommeil soupesés, décortiqués, analysés après des excursions au milieu des futaies tandis que les sites de soins fleurissaient au milieu des forêts l’archipel. On en compte aujourd’hui 62 au Japon et une poignée d’autres à travers le monde.

Sylvothérapie : « les bains de forêt » améliorent votre santé

Des effets dès la première demi-heure

Comment les arbres peuvent-ils nous faire autant de bien ? Grâce aux huiles naturelles « phytoncides », répond le Pr Qing Li. Il s’agit de défenses naturelles que les grands végétaux libèrent « pour se protéger des bactéries et champignons ».

Ces résultats ne surprennent pas Michel de Waard, directeur de recherche à l’Inserm au sein du Grenoble Institut des neurosciences. « Logique : si des composés chimiques que l’on respire comme les polluants de nos pots d’échappement nuisent à notre santé, pourquoi des substances émises par les arbres ne pourraient pas être bénéfiques ? » On observe les premiers effets dès la première demi-heure en forêt. Qing Li conseille d’y passer au moins deux heures par mois.

Sylvothérapie : « les bains de forêt » améliorent votre santé

Les forêts sont à la mode

La thérapie par les arbres — ou sylvothérapie — n’est pas une nouveauté en France. Durant l’entre-deux-guerres, la pratique était commune, « notamment à Fontainebleau (Seine-et-Marne) où l’on amenait la bonne société parisienne se ressourcer », rappelle Patrice Hirbec, écologue à l’Office national des forêts. Des cures détrônées par les thalassothérapies.

Mais les forêts redeviennent à la mode. Il suffit de voir le succès d’édition de l’allemand Peter Wohlleben pour s’en rendre compte. Sa Vie secrète des arbres s’est écoulée à plus de 250 000 exemplaires.

« Depuis un an, je vois un engouement que je n’avais pas anticipé », confirme Jean-Marie Desfossez, organisateur de « Shirin Yoku » à la française et auteur d’un livre sur le sujet*. « Peut-être que nous, humains, avons besoin de revenir à ce milieu qui nous a nourris et dans lequel nous avons évolué des millions d’années », avance-t-il. Un retour à nos racines ?

*« Shinrin Yoku, l’art et la science du bain de forêt », de Qing Li, First éditions, 320 p., 17,95 €.

**« Sylvothérapie : le pouvoir énergétique des arbres », de Jean-Marie Desfossez, Ed. Jouvence, 15,90 €.

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