Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 09:02

La Ligue des droits de l'Homme, l'Observatoire international des prisons, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont le plaisir de vous annoncer la sortie du film de campagne de l'Observatoire de l'état d'urgence, Attentifs ensemble. Lire aussi La France bascule dans l'état d'urgence permanent, Etat d’urgence : des mesures déclarées anticonstitutionnelles et Sécurité intérieure : le conseil Constitutionnel censure une fois de plus la loi de février 2017.

Lutte contre les actes de terrorisme et respect des droits et libertés : un débat nécessaire avec le film Attentifs ensemble

Parce que l'état d'urgence, loin d'avoir pris fin le 1er novembre 2017, est devenu permanent, l'Observatoire de l'état d'urgence désire alerter sur la menace que des mesures censées demeurer exceptionnelles et temporaires, mais désormais inscrites dans le marbre du droit commun, font peser sur les droits fondamentaux et les libertés publiques.

Ère du soupçon, règne de l'arbitraire, mesures disproportionnées et attentatoires aux libertés publiques, c'est ce qu'entend dénoncer l'Observatoire de l'état d'urgence avec son film Attentifs ensemble, dont chacun des trois chapitres dépeint une mesure liberticide emblématique de cette escalade sécuritaire qui risque de saper les fondements de la démocratie au prétexte de défendre celle-ci.

Avec ce film de campagne en trois volets, il s'agit de montrer la réalité de mesures sécuritaires qui menacent les libertés publiques au motif de lutter contre le terrorisme. Intrusion policière sur la base d'une simple dénonciation, privation de la liberté d'aller et de venir décidée arbitrairement et remise en cause de la liberté d'expression dont les différents thèmes abordés par les trois volets du court-métrage Attentifs ensemble, respectivement intitulés La Visite, La Note blanche, et La Mauvaise Fréquentation.

La Visite Ce premier volet du film "Attentifs ensemble", réalisé par Thibaut Oskian et produit par le Studio 84 pour l'Observatoire de l'état d'urgence, dépeint une intrusion policière sur la base d'une simple dénonciation pour rendre compte des atteintes aux droits et aux libertés qu'impliquent ces perquisitions administratives, désormais intitulées "visites domiciliaires" depuis la promulgation de la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (SILT) dite "loi antiterroriste", le 1er novembre 2017.

Relancer le débat public autour de la question est essentiel. Pour Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'Homme : « L'État de droit est gravement ébranlé quand l'exception devient la règle et la justice marginalisée. Au nom de la lutte contre le terrorisme, tout serait acceptable. Or, l’arbitraire, la logique du soupçon, les contrôles de masse sont des poisons pour l’unité nationale et la démocratie. »

Lutte contre les actes de terrorisme et respect des droits et libertés : un débat nécessaire avec le film Attentifs ensemble

La Note blanche Ce deuxième volet du film "Attentifs ensemble" pointe le caractère kafkaïen et liberticide des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), héritières directes des assignations à résidence de l'état d'urgence suite à la promulgation de la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (SILT) dite "loi antiterroriste".

Partager cet article
Repost0
15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 09:06

En février, le gouvernement a confirmé qu’il entendait lancer des appels d’offres sur les barrages hydroélectriques. Une vente qui reviendrait à privatiser l’eau. D'après Marie-Noëlle Bertrand le mercredi 14 Mars 2018 pour l’Humanité. Lire aussi Le droit à l’eau doit devenir une priorité politique, Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars et Sécheresse, surexploitation : le monde a soif.

Les lacs artificiels formés par les barrages sont des réserves d’eau stratégiques. Sylvia Roussel/Biophoto/AFP

Les lacs artificiels formés par les barrages sont des réserves d’eau stratégiques. Sylvia Roussel/Biophoto/AFP

Peut-on laisser le privé gérer ce qui compte au nombre des principales réserves d’eau de France ? Le débat crépite depuis que les projets de privatisation des barrages hydroélectriques français se précisent. Pris la main dans le sac par les organisations syndicales, l’État a admis, début février, qu’il entendait répondre positivement à l’injonction faite par l’Europe de céder une part de son patrimoine énergétique national. Depuis, le secteur est en ébullition. Hier, les hydrauliciens d’EDF ont multiplié les arrêts de travail à l’appel d’une intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO. Près de 500 agents se sont également rassemblés à Strasbourg, devant le Parlement européen.

Les acheteurs potentiels, eux aussi, se mettent en ordre de bataille, qu’ils soient européens (l’allemand EON, l’italien Enel ou encore le norvégien Statkraft sont sur le coup), internationaux (on évoque des groupes chinois et canadiens) ou encore français. Total et Engie sont entrés dans la danse, avec, selon le journal Libération, la bénédiction du gouvernement. Ce dernier espérerait ainsi contrecarrer l’accusation qui lui est faite de dilapider les bijoux industriels français. Peine perdue : qu’elle bénéficie aux entreprises nationales ou pas, la vente se fera quoi qu’il en soit au détriment des usagers, dénoncent ceux qui s’y opposent.

« Il faut se le dire une bonne fois pour toutes : tout ce qui concerne l’eau doit rester dans le secteur public », martèle Emmanuel Poilane, directeur de la fondation France libertés, laquelle a fait de la reconnaissance de l’eau comme bien commun un cheval de bataille. En d’autres termes, estime le militant, privatiser l’outil revient à privatiser la ressource, avec, dans le cas présent, des conséquences multiples.

Construits pour la plupart après-guerre, les barrages hydroélectriques sont aujourd’hui au nombre de 433, principalement implantés en zones montagneuses.

À eux tous, ils comptent pour 12 % dans la production électrique nationale. Ils représentent, surtout, la première source d’électricité renouvelable française (contre 3,9 % pour l’éolien et 1,6 % pour le solaire). Ultime singularité, ils sont l’unique source de production électrique à permettre de caler, en temps réel, la production sur la demande : il suffit d’ouvrir les vannes quand la demande augmente et de les fermer quand elle baisse, atout que ne possèdent ni le nucléaire, ni l’éolien, ni le solaire. « À ce titre, reprend Emmanuel Poilane, les barrages hydro­électriques sont le principal outil de notre régulation énergétique. »

Et pas uniquement. Qui dit barrage dit retenue. Et qui dit retenue dit pouvoir. Stock d’eau potable pour les populations, irrigation pour l’agriculture ou matière première pour l’industrie, les immenses lacs artificiels formés par les barrages sont des réserves d’eau stratégiques pour les territoires, administrées par les préfectures. Laisser le secteur privé, fût-il français, se mêler de la gestion de la ressource inquiète singulièrement ceux qui ont d’ores et déjà maille à partir avec lui. La semaine dernière, rappelle France libertés, les groupes Veolia et Saur ont de nouveau été condamnés pour avoir coupé ou réduit le débit d’eau dans des logements, habitude qu’ils ont faite leur, bien que la loi le leur interdise formellement. À cette aune, la perspective de laisser les multinationales manipuler les robinets des réserves d’eau nationales laisse perplexe. Selon les plans de l’État, 150 barrages pourraient être mis en vente dès 2018. 

Partager cet article
Repost0
14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 10:33

Dans cette étude publiée mercredi 14 mars, l'ONG WWF s'inquiète des effets catastrophiques du changement climatique sur la biodiversité. Et appelle une nouvelle fois à sortir d'urgence des énergies fossiles pour tenter d'enrayer le phénomène. D’après Audrey Garric pour Le Monde le 14 mars 2018. Lire Alors que les contentieux sur le climat se multiplient dans le monde, la Constitution pourrait intégrer le défi climatique, Un budget qui fait fi des engagements écologiques du gouvernement et Les émissions de gaz à effet de serre augmentent en France, en contradiction avec nos engagements climatiques, mais aussi Appel : bientôt il sera trop tard… Que faire à court et long terme ? et Réchauffement climatique : la bataille des 2 °C est presque perdue...

« La nature face au choc climatique » : la moitié des espèces des régions les plus riches en biodiversité menacées d’extinctions

Il y avait déjà la destruction et la fragmentation de l’habitat, sous l’effet de l’agriculture, de l’élevage ou de l’exploitation forestière, la chasse et le braconnage, les maladies et les pollutions. Dorénavant, au-dessus de ces menaces, s’ajoute le péril du changement climatique.

En témoigne une étude réalisée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et les universités d’East Anglia (Royaume-Uni) et James-Cook (Australie), dont les résultats sont publiés dans la revue Climatic Change mercredi 14 mars ainsi que dans un rapport intitulé « La nature face au choc climatique ». Les constats sont sans appel : si le réchauffement planétaire se poursuit jusqu’à atteindre + 4,5 °C, près de 50 % des espèces qui vivent actuellement dans les régions les plus riches en biodiversité seront menacées d’extinction locale d’ici aux années 2080.

Télécharger le rapport de WWF

Les chercheurs se sont focalisés sur trente-cinq « écorégions prioritaires » définies par le WWF – comme l’Amazonie, la Grande Barrière de corail, le désert de Namibie ou le delta du Mékong – qui abritent nombre d’espèces emblématiques, endémiques et en danger.

Modélisation de 80 000 espèces

Ils ont voulu déterminer comment le climat affectera ces zones à l’avenir, en fonction de quatre scénarios différents : celui de base, caractérisé par des émissions de gaz à effet de serre qui continuent à augmenter sans limitation pour atteindre une hausse des températures de 4,5 °C d’ici à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle ; la trajectoire dessinée par les promesses des Etats dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat, qui conduirait à une hausse du thermomètre de 3,2 °C (version pessimiste) ou de 2,7 °C (version optimiste) ; enfin, l’objectif de limiter la surchauffe à 2 °C maximum tel qu’il a été adopté par la COP21.

Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé un précédent projet (la Wallace Initiative) qui a modélisé l’aire géographique présente et future de 80 000 espèces de plantes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères en fonction des conditions de température saisonnières mais aussi de pluviométrie et de couverture nuageuse.

« Les calculs sont effectués sur une grille de 20 km par 20 km, de sorte qu’il est possible de compter, dans chaque cellule, le nombre d’espèces pour lesquelles le climat reste adapté à l’avenir et le nombre d’espèces pour lesquelles il ne l’est plus », explique la première auteure de l’étude, Rachel Warren, professeure à l’université d’East Anglia.

Son équipe a étudié deux hypothèses, selon que les espèces soient en mesure ou pas de migrer pour suivre leur niche écologique (le plus souvent vers les pôles, les sommets des montagnes ou les profondeurs des océans, aux températures plus fraîches). Ils n’ont pas analysé d’autres réponses au changement climatique, comme les mutations génétiques, plus difficiles à quantifier. Les chercheurs n’ont également pas pris en compte les événements climatiques extrêmes qui peuvent augmenter les risques d’extinction locale, ni l’évolution de la banquise et du permafrost ou encore les facteurs qui ne sont pas en lien avec le climat (la perte d’habitat liée à l’humain, les maladies ou les interactions entre espèces).

Contenir le réchauffement climatique

« Ce travail reste intéressant à cette échelle, afin de pouvoir connaître le pourcentage d’espèces à risque dans des régions très différentes du point de vue du climat et de la biodiversité », juge Franck Courchamp, écologue et directeur de recherches au CNRS, qui n’a pas participé à l’étude.

Martin Harvey, WWF

Martin Harvey, WWF

Les résultats montrent l’importance de contenir le réchauffement climatique. Alors que 48 % des espèces des trente-cinq écorégions seront menacées d’extinction dans un climat à + 4,5 °C, ce chiffre tombe à 37 % dans un scénario à + 3,2 °C et surtout à 24 % pour un monde à + 2 °C. De même, seulement 33 % des zones étudiées pourraient jouer le rôle de refuges climatiques dans le premier scénario, contre 47 % dans le deuxième et 67 % dans le troisième. De manière générale, les groupes les plus vulnérables s’avèrent les plantes, les reptiles et les amphibiens.

Dans le détail, les écorégions les plus affectées sont les régions boisées de Miombo en Afrique australe et centrale, le sud-ouest de l’Australie et l’Amazonie. Cette dernière, qui abrite actuellement plus de 10 % de toutes les espèces connues sur Terre et joue un rôle clef dans la régulation du climat mondial, risque de voir plus de quatre plantes sur dix disparaître localement dans un monde à + 2 °C (et près de 70 % à + 4,5 °C). Un tiers des mammifères seraient également menacés – un chiffre qui doublerait dans le pire scénario.

J.J. Huckin - WWF US

J.J. Huckin - WWF US

L’extrême sud-ouest de l’Australie, avec ses espèces emblématiques comme le Wallaby des rochers, sera exposé aux pertes de refuge parmi les plus fortes dans un monde à + 2 °C comme à + 4,5 °C. « Un scénario de laisser-faire pourrait se révéler catastrophique pour l’ensemble des groupes d’espèces », prévient le rapport, avec 81 % des espèces de mammifères, 89 % d’amphibiens ou 74 % des plantes menacées d’extinction localement. L’Australie a connu la première extinction mondiale d’une espèce de mammifère causée par le changement climatique : le Melomys rubicola, un rongeur victime de l’élévation du niveau de la mer.

Zones protégées et corridors écologiques

« En ajoutant le climat aux autres menaces qui pèsent sur la biodiversité, l’humanité risque d’alourdir son érosion, prévient Pierre Cannet, responsable du programme climat et énergie au WWF France. La gravité de la situation appelle à une mobilisation d’ampleur : les 2 °C d’augmentation des températures mondiales doivent bien être un plafond et non un plancher. »

L’étude montre ainsi que l’atténuation du changement climatique est bien plus efficace, pour protéger la biodiversité, que l’adaptation à l’augmentation des températures. Il s’agit de « réduire nos émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, en sortant des énergies fossiles et en changeant nos modèles de production et de consommation », rappelle le WWF.

Reste que « l’adaptation a un rôle à jouer au niveau local », par la création de zones protégées ou de corridors écologiques, la préservation des refuges climatiques ou encore la translocation d’individus ou de sous-populations vers ces aires.

« Pour nombre d’écorégions ou d’espèces, le climat est malheureusement une menace secondaire, après la destruction des habitats (comme pour les lémurs de Madagascar, ou les tigres de Sibérie) ou directement des espèces (braconnage des éléphants), prévient toutefois Sandra Lavorel, écologue au laboratoire d’écologie alpine de Grenoble. Il ne faudrait pas non plus perdre le message sur les causes premières de perte de la biodiversité. »

Partager cet article
Repost0
13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 12:06

Le tribunal administratif annulera-t-il l’attribution à Veolia d’une station d’épuration francilienne ? Plusieurs spécialistes français du traitement des eaux usées, dont une filiale de Veolia, auraient tenté d’écarter un concurrent italien. Deux ONG ont porté plainte pour favoritisme. D’après Franck Johannès pour Le Monde et Renaud Lecadre pour Libération le 13 mars 2018. Alors que La qualité de l’eau se dégrade encore en France, et qu'a été enregistrée Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France, Le droit à l’eau doit devenir une priorité politique ...

Un tunnel de transport des eaux usées reliant Sèvres (Hauts-de-Seine) à Achères (Yvelines). Photo Baptiste FENOUIL. REA

Un tunnel de transport des eaux usées reliant Sèvres (Hauts-de-Seine) à Achères (Yvelines). Photo Baptiste FENOUIL. REA

Patrick Barbalat s’est efforcé de rester calme. C’était un peu la réunion de la dernière chance. Il l’avait remporté, ce marché, bon sang, trois ans de travail, de négociations, de courbettes, d’arrangements, on jouait quand même pour 341 millions d’euros. Et puis il y a eu ce petit Italien, sorti de nulle part, qui n’avait pas compris qu’on était dans la cour des grands et qui s’apprêtait à aller devant le tribunal pour faire annuler le marché. Patrick Barbalat se rendait bien compte qu’il ne l’avait pas suffisamment pris au sérieux, que les premières manœuvres d’approche étaient maladroites. Cette fois-ci, ce 4 mars 2015, il était en mesure de mettre une trentaine de millions sur la table pour que l’Italien renonce à son recours en justice. Personne ne résiste à ça. Sauf Marco Schiavio, qui a tout enregistré et porté plainte pour « entente illicite », « corruption » et « trafic d’influence ».

Pour bien comprendre cette histoire, il faut sans doute commencer par s’aventurer dans les coulisses des marchés de l’eau en région parisienne, un monde où tout paraît réglé comme du papier à musique. Le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, le Siaap, lance des appels d’offres, et les principales sociétés du secteur l’emportent chacune leur tour, seules ou en association avec d’autres. Le Siaap, c’est le plus grand donneur d’ordres en France pour l’environnement, un budget de 1,3 milliard d’euros pour nettoyer les eaux usées de 9 millions d’habitants de quatre ­départements, dont Paris. Il est dirigé par 33 conseillers départementaux et présidé, depuis 2001, par un élu communiste, avec la bénédiction de la droite, qui l’avait, elle, dirigé les années précédentes.

Trois entreprises engrangent régulièrement des marchés : OTV, une filiale du groupe Veolia (l’ex-Générale des eaux), ­Degrémont (une filiale de Suez), et Stereau, du groupe Saur (le numéro 3 du secteur de l’eau). Ainsi en 2009, Degrémont a décroché un ­premier marché sur l’usine d’Achères (Yvelines) ; OTV, associée à Degrémont, en a obtenu un deuxième dans la même usine en 2010 ; OTV et Stereau l’ont emporté dans un troisième en 2016, ils avaient déjà décroché ­celui de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) en 2015, et la modernisation de l’usine de Valenton (Val-de-Marne) a été attribuée à Veolia en 2017… Des marchés colossaux, entre 300 et 700 millions d’euros chacun.

Patrick Barbalat est directeur général adjoint d’OTV, le bras armé de Veolia pour le traitement des eaux. Il sait bien comment tout cela fonctionne, et est aux petits soins avec les dirigeants du Siaap : le stand obligatoire à la Fête de L’Humanité, les pleines pages de publicité dans les petits journaux du Parti communiste français, et un solide budget « divertissements » pour égayer le code des marchés publics : il a reconnu en garde à vue, en mai 2017, disposer de 800 000 euros pour entretenir l’amitié, et a notamment offert un week-end de découverte des vignobles de Beaune en octobre 2011 au président et aux cadres du Siaap : une facture de 50 000 euros, selon l’Ebdo du 2 mars.

En 2012, un appel d’offres est lancé pour la refonte de l’usine de Clichy-la-Garenne (Hauts-de Seine) qui « prétraite » les eaux usées de la région et en déverse l’excédent dans la Seine. Patrick Barbalat s’inquiète un peu quand il apprend qu’un nouveau venu veut entrer dans le jeu : Marco Schiavio, un Milanais de 47 ans, patron de la société Passavant, spécialisée dans le traitement de l’eau depuis un demi-siècle. Voilà un moment que le marché parisien l’intéresse, mais sans grand succès jusque-là. Passavant a déjà tenté de monter un groupement d’entreprises en 2009, puis en 2010, pour répondre aux appels d’offres du Siaap, mais les entreprises françaises, d’abord intéressées, ont mystérieusement renoncé au dernier moment. Marco Schiavio revient à la charge à Clichy, avec une équipe franco-italienne cette fois, et compte bien monter une offre.

A quoi rime cet étrange rendez-vous ?

Son arrivée n’est pas une bonne nouvelle pour Patrick Barbalat d’OTV, ni pour l’un de ses partenaires, Stereau, du groupe Saur, qui préféreraient que le Milanais s’occupe des eaux sales de son pays. Une première phase d’approche pour l’écarter a lieu le 28 mars 2013. Le directeur général de Stereau invite Marco Schiavio à déjeuner au restaurant Le Standard, porte Maillot, à Paris. Les deux hommes se connaissent un peu. Stereau et Passavant, la société de Schiavio, avaient déjà essayé de monter un dossier commun à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), jusqu’au jour où Stereau avait cessé donner des nouvelles, pour finalement enlever seul le marché. Marco Schiavio avait peu apprécié, et le déjeuner est remarquablement froid. Le patron de Stereau se contente de lui demander s’il tient vraiment à candidater pour la refonte de l’usine de Clichy. Le Milanais répond que oui, et se demande à quoi rime cet étrange rendez-vous.

Deux personnes mises en cause répondent

Dans un entretien au « Monde », deux dirigeants d’une filiale de Veolia mis en cause par l’entreprise italienne Passavant nient toute tentative de corruption. Sans savoir que certaines conversations ont été enregistrées à leur insu.

Le deuxième épisode intervient le 14 janvier 2014, aux vœux du Siaap, passage obligé du petit monde de l’eau. Patrick Barbalat est présenté à Marco Schiavio par son compatriote Andrea Lasagni, de GLS, une société d’ingénierie qui fait partie du groupement Passavant. Lasagni a travaillé une bonne dizaine d’années chez Veolia, et Patrick Barbalat, qui le connaît bien, en profite pour demander à Marco Schiavio s’il peut venir le voir à son hôtel le lendemain matin, à 7 h 30. L’Italien s’étonne mais n’a pas de raison de refuser.

A l’heure dite, le patron d’OTV passe à l’hôtel en coup de vent. Andrea Lasagni est présent, lui aussi. « M. Barbalat m’a dit que beaucoup de temps avait été perdu, explique Marco Schiavio, puisque la date limite de dépôt des offres pour Clichy était moins d’un mois plus tard. Il a dit que le représentant de Stereau n’avait pas fait le boulot et m’a demandé d’augmenter mon offre de 100 millions d’euros en échange d’un million d’euros. Ça n’a pas duré plus de trois minutes. »

Estomaqué, le Milanais ne répond pas. Mais la manœuvre lui paraît claire : son offre est si basse, 110 millions d’euros de moins que celle d’OTV, qu’il a toutes les chances de l’emporter. En l’augmentant d’un coup de manière artificielle – moyennant une jolie enveloppe –, il devient trop cher et le Siaap peut attribuer en toute tranquillité l’usine de Clichy à la filiale de Veolia. Les mois suivants, le marché est finalement déclaré infructueux, et chaque groupement doit retravailler son offre. Mais Marco Schiavio commence à se dire que la compétition est truquée. C’est à ce moment-là qu’il décide de s’acheter un stylo enregistreur – on en trouve à moins de 15 euros.

Un stylo enregistreur lors de l’entretien

Il ne l’a pas avec lui lors d’un troisième et curieux épisode, le 2 avril 2014, lors d’un rendez-vous organisé à Lens (Pas-de-Calais), chez un cabinet conseil. Il y a là un certain « Monsieur Pascal » que Marco Schiavio a certes déjà croisé, mais, espion novice, dont il ne ­connaît ni le nom ni la fonction. Ce « Monsieur Pascal » lui explique que Jacques Olivier, le directeur général du Siaap, est « très nerveux » à l’idée que Stereau et OTV aient laissé sa société déposer une offre – « Il a montré sa gorge, avec un geste de la main », indique Marco Schiavio – en clair, « il avait les boules ». « Il m’a dit qu’il connaissait parfaitement le système, et qu’il était sûrement possible de trouver une compensation. » L’Italien répond qu’il n’est pas intéressé. On en reste là.

Le stylo enregistreur trouve enfin son utilité le 4 mars 2015. Cette fois, Patrick Barbalat demande à Andrea Lasagni (GLS) de faire venir Marco Schiavio à l’Hôtel Méridien, porte Maillot, où il a ses habitudes. Le patron d’OTV est en position de force : son groupement vient de remporter le fameux marché de Clichy avec une offre superbe – bien qu’un peu chère : 341 millions d’euros. Degrémont, avec 371 millions, n’est pas dans la course, mais Passavant, avec 270 millions, est écartée, et Marco Schiavio ne l’admet pas. Son offre est plus basse de 71 millions que celle de Veolia, et le Siaap n’est-il pas censé ménager les deniers publics ? Le Syndicat explique qu’il n’attribue naturellement pas les marchés à l’offre la moins chère (le moins-disant), mais à la plus complète et la plus sûre (au mieux-disant), avec un système de notation complexe sur les solutions techniques proposées.

Un système complexe, mais contestable. Patrick Barbalat sait que Passavant va contester l’attribution du marché devant le tribunal administratif. Or l’annulation ou un report serait à coup sûr une catastrophe, et OTV n’a que quelques jours pour convaincre le Milanais de renoncer à son recours.

« Ça foutrait un bordel pas possible »

Patrick Barbalat arrive au Méridien avec l’un de ses proches, Didier Le Tallec, alors patron opérationnel d’OTV, qui gère les grands projets de l’Europe de l’Est à la région parisienne. En face, ils sont trois. Les trois perdants du groupement Passavant : Marco Schiavio (le mandataire et chef d’équipe), Andrea Lasagni (GLS), et Alessandro Chemise, de Tecnimont, une société de génie civil italienne. Il est un peu plus de 10 heures du matin. On confisque les téléphones pour garantir une complète confidentialité ; on prend un café, un thé citron. Le duo Barbalat-Le Tallec avance à pas prudents ; Marco Schiavio a sorti négligemment son stylo enregistreur, et laisse venir.

« Nous déjà, bien évidemment, on n’aimerait pas que vous fassiez un recours sur Clichy, attaque Le Tallec. C’est évident, parce que ça foutrait un bordel pas possible, ça nous mettrait dans une situation difficile, même globalement nos entreprises, je dirais, de l’eau française… Donc on est prêt à discuter, justement pour éviter ça. » Il admet que Passavant « a mis énormément d’investissement dans Clichy, beaucoup de temps, beaucoup d’argent, beaucoup de développement ». Et il propose « qu’en tout cas, que tout ça pour vous soit une ardoise qui soit effacée, que cette opération au minimum ne vous ait rien coûté ». C’est clair : Passavant renonce à aller au tribunal, on lui trouve en échange une aimable compensation. Andrea Lasagni le dit sans détour : « Il faudra à un moment donné faire marchand de tapis. »

Didier Le Tallec essaie d’abord de s’en tirer à moins de 10 millions d’euros, et propose à Alessandro Chemise, de Tecnimont, dont c’est le métier, de lui garantir un chiffre d’affaires d’études d’ingénierie. Qui serait prélevé sur un autre marché, et réglé par Eiffage, le grand groupe de travaux publics. « Ils s’engagent à faire en sorte de faire travailler ta boîte sur le projet, assure Didier Le Tallec, à définir le montant, Eiffage, je te parle du groupe Eiffage qui le fait. » « Et pas Bouygues ? » demande Chemise. « Pour Eiffage, y a pas de problème, poursuit Didier Le Tallec, pour Bouygues, je peux pas te dire aujourd’hui. Je ne pourrais pas comprendre que Bouygues ne suive pas, en tout cas, on s’assurera que des gens puissent leur dire qu’il faut qu’ils arrêtent leurs conneries, il faut qu’ils fassent un effort. »

Entente entre géants de l’eau et du BTP

La conversation en dit long sur les mœurs du métier : un géant de l’eau décroche un marché, il en confie les travaux à un groupe de BTP, qui en échange doit en régler les petits arrangements s’il veut continuer à travailler. Pour Clichy, Eiffage a bien compris, et le groupe est même prêt à aller à Milan en discuter avec le groupement Passavant. « Eiffage, c’est bon, on a vu le patron », confirme Patrick Barbalat. Il s’agit de Philippe Seitz, le directeur général d’Eiffage génie civil - qui n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde. A quelle hauteur ? « Vous avez déjà une idée, hein ? » dit Marco Schiavio. « Moi j’ai une idée en tout cas sur la partie génie civil, entre 5 et 10 millions, répond Didier Le Tallec, c’est ce que je veux essayer de faire admettre, je veux dire, est-ce que ce sera oui, je ne sais pas jusqu’où ils iront, jusqu’où ils accepteront. »

Voilà de quoi attendrir Tecnimont, dont les études techniques constituent le cœur du métier. Reste Passavant. « Parce qu’il y a trois phases, dans notre proposition, reprend Patrick Barbalat. La première phase, je le répète, Didier dit, On sait que ça coûte de l’argent, beaucoup d’argent ces études, je dis on est prêt en gros à effacer la dette, on voit à peu près ce que ça coûte un. Deux : on reprend, en gros, voire même en détail les montants d’études de 5 à 10 millions d’euros, mais qui restent à négocier avec nos partenaires génie civil. Trois, pour notre famille, pour la partie génie épuratoire, Didier a aussi des propositions à faire. »

Effectivement. « On est dans la même logique du remboursement, insiste Didier Le Tallec. Est-ce que ça vous intéresse de vous joindre à moi, de faire des affaires à l’export, et on continue jusqu’à ce que vous ayez un chiffre d’affaires… » Il lui propose de lui sous-traiter un lot dans un autre marché Veolia, que ce soit au Bangladesh, au Qatar, en Colombie ou en Slovénie. « Je tourne vers l’export, parce que pour moi c’est plus compliqué de, de… La France, c’est pas raisonnable », convient Le Tallec. Parce que plus visible. Il propose donc, sur les appels d’offres que Veolia a gagnés, d’en rétrocéder une partie à Passavant. Sans appel d’offres, sans complications bureaucratiques, avec une façade légale et une marge conséquente. « C’est facile à faire sur une grosse opération », explique Didier Le Tallec. « Même pour les raisons de sécurité », ­confirme Patrick Barbalat. « C’est pas la première fois que j’arrive à placer des gens plus chers que d’autres, hein », conclut Didier Le Tallec.

Un bon chiffre d’affaires sur plusieurs années

Marco Schiavio lui demande quels montants il a en tête. Il ne s’agit pas de glisser une enveloppe sous la table, mais de garantir un bon chiffre d’affaires sur plusieurs années. En Slovénie par exemple, Veolia a construit une usine d’épuration pour 20 millions d’euros près de Ljubljana. « Ça coûte pas 20 millions d’euros, estime Didier Le Tallec. Ça coûte 16 millions d’euros, donc euh, Ljubljana par exemple, ce serait 5 millions [pour vous], un truc comme ça. Cinq ou sept millions. » Patrick Barbalat, pour emporter la décision, va jusqu’à 25 millions. « Parce que 25 qui rentrent, ça te fait deux années de chiffres d’affaires », dit-il à Marco Schiavio. Il ne s’agit évidemment plus de « remboursement » des frais engagés pour répondre à l’appel d’offres de Clichy, et l’Italien a bien compris : 25 millions de chiffre d’affaires garantis, plus 8 à 10 millions d’études, c’est ce qu’il peut encaisser pour renoncer au tribunal.

Marco Schiavio demande à réfléchir. Il promet d’en parler aux autres membres du groupement, à Milan. Il est quand même sidéré par les mœurs françaises, et les liens troubles avec les élus qui attribuent les marchés. « Je suis étonné de voir comment le monde politique pense avoir la capacité de couvrir le problème, dit-il. En Italie, c’est impossible. Moi je travaille en France depuis dix années, j’ai vu des choses absurdes. Absurdes… » « Oui, mais si tu veux, répond Patrick Barbalat, tu as les deux plus grands groupes mondiaux, mondiaux, en construction, qui sont français… »« Parce que vous avez le monde politique qui est avec vous », insiste Marco Schiavio. « C’est pas qu’il soit avec nous, mais enfin, bon, euh, explique Patrick Barbalat, on leur propose depuis soixante ans des technologies… Tu prends le Siaap, on a travaillé ensemble à développer des procédés, recherche et développement… Il y a aussi, avec monsieur le ministre, des choses comme ça… »

On se sépare bons amis. Six jours plus tard, le 10 mars 2015, on se retrouve au Méridien avec les patrons italiens de Tecnimont. Patrick Barbalat confirme son offre, en échange d’un renoncement à la procédure. Mais après avoir, non sans mal, obtenu du Siaap une partie des documents sur l’appel d’offres perdu, Passavant saisit le tribunal administratif en référé dès le lendemain. Veolia s’inquiétait pourtant à tort : la requête des Italiens est rejetée le 1er avril 2015. Le 21 juin suivant, ils demandent au tribunal l’annulation du marché. L’affaire est en cours.

Marco Schiavio a également porté plainte au pénal le 12 janvier dernier pour « entente illicite, corruption active, trafic d’influence et toute infraction que l’enquête mettrait à jour en relation avec les marchés publics passés par le Siaap ». Le Parquet national financier (PNF) a ordonné une enquête préliminaire, qui prendra quelques mois. « Cette affaire met en lumière la fermeture des marchés, les ententes entre groupes industriels, qui conduisent à augmenter le prix de l’eau pour les consommateurs, analyse Me Pierre-Alexandre Kopp, l’avocat de l’entrepreneur milanais. Et si les faits étaient avérés, il y aurait bien ici la preuve d’une volonté de payer quelqu’un pour qu’il retire sa plainte. »

Un recours administratif du préfet d’Île-de-France

En septembre, le Siaap confiait à Veolia la gestion de sa station d’épuration de Valenton, sur la Seine, en amont de Paris. Cette société possédait déjà l’exploitation de l’autre principale usine située en aval, à Achères. Suez, concurrent éconduit, a légitimement contesté la décision (1) : il était 10 % moins cher que son concurrent (sur un marché de 400 millions d’euros), le Siapp ayant plus ou moins pondéré un critère de gouvernance pour estimer que le mieux-disant financier (Suez) ne serait pas forcément le mieux-disant tout court (Veolia).

Plus surprenant, le préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, avait illico contesté cette décision. Non content d’avoir obtenu en décembre la suspension du contrat, il en réclame depuis l’annulation pure et simple - la justice administrative devant rendre sa décision ce mardi. Qu’un très haut fonctionnaire se mêle d’une bagarre proverbiale entre marchands d’eaux (toujours les mêmes, Veolia et Suez, les Dupont et Dupond du secteur, la Saur osant ponctuellement marcher sur leurs plates-bandes) est rarissime.

Deux ONG ont porté plainte au pénal

Son recours administratif est strictement technique. Néanmoins, deux ONG (l’Association pour un contrat mondial de l’eau et le Front républicain d’intervention contre la corruption), toutes deux animées par un ex-syndicaliste de Veolia, Jean-Luc Touly, en ont donné une traduction pénale dans le cadre d’une plainte pour favoritisme déposée la semaine dernière. « Le financement de la vie politique par les marchés publics n’intéresse pas forcément les usagers de l’eau, mais ça suffit », s’indigne Touly. Ce genre de propos pourrait lui valoir une nouvelle plainte en diffamation (il en a l’habitude). Sauf que le marché du Siaap se prête particulièrement à une telle interprétation…

Ce syndicat interdépartemental reste un bastion communiste, alors que ces derniers ne cessent de reculer aux élections locales en région parisienne. Et Veolia est un « compagnon de route » historique du PCF, sponsor historique de la Fête de L’Huma. Dans un récent livre (Plongée en eaux troubles, éditions Michalon), le journaliste Thierry Gadault pointait le « double langage permanent du parti », défenseur officiel des divers services publics, mais partisan de leurs délégations au privé, de préférence à Veolia, dès qu’il est aux manettes de collectivités locales. Au point de susciter l’indignation de la CGT du Siaap, dont la direction militait pour une gestion privée du traitement des eaux usées, ses salariés préférant d’évidence une gestion publique. Dans une note consultée par Libé, les cégétistes s’insurgent : « Il faudrait 246 fonctionnaires pour faire le travail de 155 agents du privé ??? De qui se moque-t-on ? »

Le partage des eaux ne concerne pas que les communistes, qui cogèrent la question en parfaite harmonie avec la droite francilienne, via André Santini, maire UDI d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et inamovible président du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) depuis un quart de siècle. Premier syndicat intercommunal de France (144 communes), le Sedif règne sur la distribution d’eau, délaissant son traitement aux communistes. Le tout pour le plus grand bénéfice de Veolia. En 2015, après une ultime déroute aux élections locales, un coup de pouce conjoint d’André Santini et Anne Hidalgo, la maire de Paris, a permis au PCF de conserver cet ultime bastion. A l’époque, seul Patrick Devedjian, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, osera contester ce nouveau Yalta.

Depuis, la maire de Paris qui, sous la mandature Bertrand Delanoë, avait remunicipalisé sa distribution d’eau (mais pas son assainissement, sous gestion interdépartementale) semble ménager la chèvre et le chou. En mode pédale douce, un de ses adjoints en charge de l’eau, Mao Peninou, vient tout juste de se résoudre à un article 40, qui fait obligation à tout dépositaire d’une parcelle d’autorité publique de dénoncer au parquet un éventuel fait délictueux. Et encore, selon Marianne, ce n’est qu’après un récent coup de fil d’un confrère de France Télévisions qu’il s’y serait résolu… « Hidalgo a œuvré en 2015 à la reconduction d’un système qui était déjà en pleine tempête judiciaire, sa posture de chevalier blanc ne va pas être tenable très longtemps », résume Marc Laimé, fin connaisseur du secteur via son blog «Les Eaux glacées du calcul égoïste».

Car les affaires du Siaap ne datent pas d’aujourd’hui, la justice pénale étant déjà saisie de précédents marchés suspects, toujours pour ses usines d’assainissement. Le Canard enchaîné, et plus récemment Ebdo, ont déjà détaillé les faveurs de Veolia pour des élus franciliens : voyages à l’étranger, matchs de rugby, visites de vignobles…

Partager cet article
Repost0
12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 14:39

Nous vous l’annoncions le 20 février dans Le droit à l’eau doit devenir une priorité politique : Notez aussi, pour amplifier cette "victoire pour l'eau publique", la création d'un Collectif Eau Publique Les Lilas, qui peut être joint à collectifeaupubliqueleslilas@mail.fr, ou en laissant un message sur ce blog.

Dans la continuité d’un débat sur une régie publique de l’eau pour les habitants d’Est Ensemble, tenu en 2010, puis en 2012, et à chaque fois perdu contre la délégation de notre service public de l’eau à Véolia comme depuis une centaine d’années… voir Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France, dans un contexte mondial Sécheresse, surexploitation : le monde a soif...

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Intérêts privés ou gestion publique ?

Ici, l'eau est gérée par VEOLIA, une multinationale dont le seul vrai métier est de rapporter de l'argent à ses actionnaires. A Paris, à l'inverse, c'est une entreprise 100% publique qui produit et distribue l'eau à tous les usagers et qui doit donc être juste en équilibre budgétaire (les gains couvrent les coûts). Il existe une opportunité de faire aux Lilas comme à Paris. Mais pour cela, nous devons nous mobiliser au plus vite, informer et faire partager cette exigence.

Pour quelle qualité ?

Notre eau, celle de VEOLIA, provient à 100% des eaux de surface, les plus polluées. Elle est décantée avec des sels d'aluminium, fortement soupçonnés d'être une des causes de la maladie d'Alzheimer. Les toxicologues recommandent de l'éviter au maximum. Elle contient aussi des résidus de pesticides de l’agriculture intensive francilienne. L'eau de Paris est à plus de 50% produite à partir d'eaux souterraines, moins polluées., elle est décantée avec du chlorure de fer, inoffensif. Aux Lilas comme à Paris, nous voulons une eau de qualité.

Égalité ?

VEOLIA a été condamnée 9 fois pour des coupures d'eau ou des réductions de débit. Le 93 est un des départements où il y a le plus de coupures. Or l'accès à l'eau doit être garanti.

Que faire ?

Grâce à la mobilisation citoyenne, nos élus ont voté pour ne pas ré-adhérer au SEDIF, lié à VEOLIA et qui gère l'eau dans une logique financière, et pour préparer le passage en régie publique mais cela ne se fera pas sans la vigilance, l'information, la mobilisation et la participation des habitants.

Nous ne disposons que de deux ans pour changer de système. D'autres villes d’ Est-Ensemble sont déjà engagées dans l'action à cette fin. Des études sont en cours, et nous voulons que les citoyen-ne-s y soient associé-e-s.

 

Le Collectif eau publique des Lilas dialogue avec la Coordination IdF et Eau de Paris le 21 mars

Réunion publique le 21 mars 2018 à 19h30,                                                              Salle des Commissions, Mairie des Lilas (entrée parking derrière la mairie)

avec 

Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Île-de-France

Jérôme Gleizes, administrateur de Eau de Paris,                           

et la participation de Daniel Guiraud, Maire des Lilas,

                                     Conseiller communautaire d’Est Ensemble.

Collectif « Eau Publique Les Lilas »

Nous vous invitons à nous rejoindre en écrivant à l'adresse collectifeaupubliqueleslilas@mail.fr.

 

Partager cet article
Repost0
10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 09:07

Dans leur dernier rapport, les Amis de la Terre dénoncent les engagements de la Société générale dans l’exportation des gaz de schiste des États-Unis vers l’Europe. D’après Eric Serres le 7 mars 2018 pour l’Humanité.

Première livraison de Gaz de schiste en Norvège, il y a un an, d’autres vont suivre dans les ports français . Llja C. Hendel/Laif-REA

Première livraison de Gaz de schiste en Norvège, il y a un an, d’autres vont suivre dans les ports français . Llja C. Hendel/Laif-REA

La semaine risque d’être chargée pour la Société générale. Les agences de la banque française sont submergées depuis quelques jours de demandes de rendez-vous pour ouvertures de comptes ou autres. Un flux jamais connu, qui a une histoire. Une sale histoire « qui a rapport avec le rôle clé joué par la banque dans l’exportation du gaz de schiste américain vers l’Union européenne », explique Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée des Amis de la Terre, avant d’ajouter : « C’est une nouvelle forme d’action que nous avons mise au point. Tous les rendez-vous que nous avons pris sont évidemment fictifs. Les agents de la banque se retrouveront face à des fauteuils vides à l’heure dite. » Après le vol des chaises de la BNP à la suite de son rôle de conseiller financier dans le projet texan de Rio Grande LNG et finalement son retrait, c’est aujourd’hui « la politique de la chaise vide » que les Amis de la Terre ont mise en place.

Faisant fi du climat et des enjeux liés et des impératifs climatiques et injonctions scientifiques, la banque française persiste en effet à donner conseil et aussi à financer à coups de milliards de dollars les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. « Elle a, par exemple, accordé plus de 2,4 milliards de dollars aux entreprises développant ce type de projets en Amérique du Nord entre 2014 et 2016 », explique-t-on du côté des Amis de la Terre.

BNP Paribas se retire, la Société générale persiste

Un chiffre qui fait d’elle, ni plus ni moins, la 7e banque internationale et la 1re française la plus impliquée dans les énergies fossiles : « Loin devant BNP Paribas, Crédit agricole ou Natixis », continue la chargée de campagne finance. Alors que BNP a annoncé, fin 2017, son retrait de tout le secteur du gaz de schiste (exploration, production, transport et exportation sous forme liquéfiée), sa concurrente persiste et signe.« Pis, elle s’en vante ! s’insurge Lorette Philippot. Son argument est de dire que le gaz naturel liquéfié, lorsqu’il brûle, émet moitié moins de CO2 que le charbon. Mais elle omet de préciser que le gaz produit aux États-Unis est pour grande partie dû à l’extraction de gaz de schiste, dont on connaît les conséquences sur l’environnement. »

De fait, pour ce nouveau terminal de Rio Grande LNG, qui fera le double de taille du projet suivi par la BNP, la Société générale dispense ses conseils afin d’obtenir des aides financières à hauteur de 20 milliards de dollars. Et comme si cela ne suffisait pas, elle est aussi impliquée auprès de NextDecade, entreprise américaine chargée de la construction du double gazoduc Rio Bravo Pipeline. Entreprise américaine, d’ailleurs pas peu fière de cet appui français, qui explique sans se démonter que la banque a été « impliquée dans l’intégralité des projets de terminaux GNL autorisés aux États-Unis et a participé dans le monde à 45 opérations dans le secteur du gaz liquéfié ». C’est dire la notoriété de l’institution financière « made in France » ! Mais aussi de quoi agacer l’ONG environnementale et surtout faire monter au créneau les populations locales et plus particulièrement amérindiennes qui, dans ce sud du Texas à la frontière du Mexique, voient dans ces projets la destruction d’une terre vierge et surtout d’une économie locale essentiellement fondée sur la pêche et le tourisme. « La banque a beau expliquer qu’il y a dialogue avec les populations, en fait, il s’agit juste d’information, sans que les comités opposés au projet ne puissent intervenir », conclut la chargée de campagne finance.

Partager cet article
Repost0
9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 14:04

Le Collectif des salariés et usagers de la SNCF pour des transports écologistes, sociaux et gratuits propose d'ouvrir un grand débat national sur l'avenir du chemin de fer en France. Une tribune collective publiée le 3 mars 2018.

Pour un plan B écolo et social à la SNCF

Salariés et syndicalistes de la SNCF et usagers de ce service public, mais aussi signataires de l’appel à la convergence antiproductiviste, nous exigeons un grand débat public sur le devenir du chemin de fer. Le statut des cheminots, loin d’être un obstacle à la transition écologique, est la condition du développement d’un grand service public ferroviaire.

La France compte déjà deux fois moins de lignes ferroviaires (30 000 km) qu’à la création de la SNCF (60 000 en comptant les lignes locales). La France est en retard par rapport aux autres pays comparables. Le rail ne représente plus que moins de 10 % des trafics de personnes et de marchandises alors que ce mode de transport est le plus écologiste, le moins dangereux et, potentiellement, le plus juste socialement. Le rail ne représente que 2 % de l’énergie consommée par les transports et 1 % seulement des émissions de gaz à effet de serre.

Au moment où le gouvernement abandonne le projet de Notre-Dame-des-Landes, il est incompréhensible qu’il s’en prenne au chemin de fer !

Nous proposons d’ouvrir un grand débat national autour de dix questions :

1) Le développement prioritaire du fret ferroviaire. La part du ferroutage est passée sous les 10 % en raison des choix politiques favorables aux transports routiers. Nous défendons le transport combiné rail-routes comme nous défendons le transport fluvial et par oléoduc.

2) Le retour au maillage du territoire. Nous exigeons l’abandon du projet de suppression de 9 000 km de lignes, la réouverture des lignes locales abandonnées et la création de nouvelles.

3) L’instauration de la gratuité des transports dans les TER. L’instauration de la gratuité dans les TER, comme dans les transports en commun urbains, est la bonne solution, car les transports collectifs sont le seul choix écologiquement et socialement responsable, car la gratuité est la seule façon de réussir la transition écologique dans l’égalité. L’augmentation constante des tarifs a abouti en effet à écarter les milieux populaires, déjà victimes de la gentrification urbaine, du ferroviaire, TER compris, et à privilégier les milieux aisés.

4 ) L’abandon du système hypercapitaliste de tarifs variables (yield management).

5) Le retour aux trains de nuit contre la grande vitesse. Les pays du Nord de l’Europe comme la Norvège, la Suède mais aussi l’Autriche prouvent le succès de ces trains. Le train de nuit est la meilleure alternative à l’avion. Nous soutenons le réseau européen au train de nuit « Back on Track ».

6) La démocratisation de la SNCF avec une réelle participation des cheminots et des usagers aux choix d’équipements ferroviaires afin d’avancer vers une société des usagers maîtres de leurs usages.

7) La priorité absolue aux trains locaux sur les TGV. La SNCF doit être un vecteur de la relocalisation nécessaire. Une rame TGV coûte entre 40 et 50 millions d’euros. Une rame TER coûte entre 1,5 et 15 millions d’euros. Moins de grande vitesse mais plus de ferroviaire.

8) Le retour du TER au ferroviaire contre l’autobus. On compte aujourd’hui 260 lignes de trains et 240 autobus.

9) Le maintien de la SNCF comme établissement public.

10) La défense des droits des salariés de la SNCF et d’ailleurs, contre la division créée par le pouvoir et la majorité des médias.

Collectif des salariés et usagers de la SNCF pour des transports écologistes, sociaux et gratuits, avec le soutien de l’Observatoire international de la gratuité (OIG). Contact : Paul Ariès, revue Les Zindigné(e)s.

Partager cet article
Repost0
9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 09:11

A l’occasion de la réforme institutionnelle dont les consultations débutent mardi, l’Elysée veut introduire dans l’article 34 la lutte contre le réchauffement, alors que l’article 1er parait plus adapté à l’immensité de l’enjeu. D’après Simon Roger et Patricia Joly le 6 mars 2018 pour Le Monde.

Mesures de températures en Antarctique, le 2 février. MATHILDE BELLENGER / AFP

Mesures de températures en Antarctique, le 2 février. MATHILDE BELLENGER / AFP

La lutte contre le réchauffement climatique devrait trouver une place dans la Constitution à l’occasion de la réforme des institutions. Le premier ministre, qui débute les consultations mardi 6 mars, devait le confirmer aux parlementaires. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, soutenu par certaines ONG, militait depuis plusieurs mois auprès d’Emmanuel Macron pour cette constitutionnalisation.

En attendant d’y voir tout à fait clair dans les intentions gouvernementales, les ONG ont relayé, le 5 mars, l’information publiée la veille par le Journal du dimanche, et confirmée depuis par l’Elysée, évoquant une entrée du climat dans l’article 34 de la Constitution. Dans sa formulation actuelle, l’article consacré au champ d’action du législateur indique que la loi détermine, notamment, « les principes fondamentaux de la préservation de l’environnement ».

La réforme pilotée par le premier ministre, Edouard Philippe, devrait intégrer aussi une refonte du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Dans un discours prononcé le 30 janvier devant les forces vives de la nation, Emmanuel Macron envisageait déjà de transformer l’institution en une plate-forme de pétitions citoyennes.

« L’idée n’a pas de coût »

Notre Affaire à tous, l’association aspirant à faire évoluer le droit et à l’adapter aux préoccupations environnementales, accueille cette réforme comme une « excellente nouvelle ». Selon Marie Toussaint, la juriste qui préside l’association, c’est un signal encourageant pour les organisations non gouvernementales, qui ont craint que l’enjeu climatique ne résiste pas aux tensions parlementaires entourant les débats sur la réforme des institutions.

Mi-février, plusieurs ONG avaient discrètement envoyé un courrier au président de la République pour s’assurer de sa détermination à maintenir le sujet dans le périmètre de la réforme. Elles n’avaient alors obtenu aucune réponse de sa part.

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et son ministre de la transition écologique discutent de ce projet. Lors de ses vœux de nouvelle année, ce dernier avait fait part de son souhait pour 2018 d’inscrire la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution. Il a consulté à plusieurs reprises le WWF dans ce dossier. « Les échanges ont démarré lors de la table ronde organisée en septembre 2017 à l’Elysée, reconnaît Pascal Canfin, le directeur général de WWF France. L’idée est simple, elle n’a pas de coût sur les finances publiques et elle permet de fixer un cap clair. Il était paradoxal que la lutte contre le changement climatique ne figure pas dans notre bloc constitutionnel alors que l’ensemble de la communauté internationale a adopté l’accord de Paris et que le consensus scientifique est établi sur la réalité du réchauffement de la planète. »

« Il y a cinquante ans, peu de textes constitutionnels contenaient des dispositions relatives à la protection de l’environnement. Aujourd’hui, c’est le cas pour plus des deux tiers des constitutions nationales », observe Laurent Fonbaustier, professeur en droit public à l’université Paris-Sud. La révision du texte français s’inscrit dans cette dynamique. Elle prolonge la charte de l’environnement – adoptée en 2004 et promulguée en 2005 – qui consacre « le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » et les principes de précaution et de pollueur-payeur. La charte, en revanche, ne fait aucune référence au changement climatique.

« Effets pervers »

Les ONG et les juristes se gardent bien de délivrer leur satisfecit à un texte dont on ne connaît ni les contours définitifs ni la portée. Pascal Canfin admet douter de l’efficacité de l’article 34 pour orienter les choix du législateur alors qu’une autre piste consisterait à inscrire le climat dans l’article 1er du texte de 1958. Il s’agit là d’un « débat de fond », insiste Laurent Fonbaustier : « Soit l’on décide d’inscrire le climat au frontispice de la Constitution, soit l’on s’oriente vers un chapitre spécifique », commente le professeur de droit, pour qui l’article 1er paraît plus adapté à « l’immensité de l’enjeu ».

C’est là le deuxième point sur lesquels les avis divergent : l’enjeu est-il celui du changement climatique, ou plus globalement encore celui de l’intégrité de l’écosystème Terre ? Dans une tribune cosignée par les climatologues Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte et Marie-Antoinette Mélières, le philosophe Dominique Bourg opte pour une approche systémique, car « l’introduction du climat seul dans la Constitution pourrait nourrir des effets pervers ». Ce proche de Nicolas Hulot cite en exemple la pêche électrique, autorisée à titre dérogatoire aux Pays-Bas – puis finalement interdite par le Parlement européen en janvier – au motif que les chaluts électriques, plus légers, émettent moins de gaz à effet de serre. « Cette pratique n’en est pas moins catastrophique pour la biodiversité marine, déjà grandement fragilisée », fait-il remarquer.

« A l’abri »

L’option consistant à inscrire le climat dans la charte de l’environnement, qui a valeur constitutionnelle, a été rapidement écartée, car elle risquerait de fragiliser ce texte « qui fait l’objet d’une application très progressive et modérée » selon Dominique Bourg. Le professeur de l’université de Lausanne se souvient des attaques violentes menées par des parlementaires de l’UMP en 2013 et 2014 dans l’espoir de retirer le principe de précaution du bloc de constitutionnalité, considéré selon eux comme un frein au développement économique.

Retoucher la charte de l’environnement serait une démarche inédite et dommageable, convient également Yann Aguila. Pour l’avocat et conseiller d’Etat, qui préside la commission de l’environnement du Club des juristes, la priorité est de s’entendre sur des dispositions claires qui permettent d’asseoir le travail du Conseil constitutionnel, chargé de contrôler la loi. « Rappelons-nous aussi des discussions, lors du débat sur la déchéance de nationalité, sur les fonctions de la Constitution, souligne-t-il. Si elle est le réceptacle de ce que l’on veut mettre à l’abri des changements de majorité, alors le climat y a toute sa place. »

Les contentieux climatiques se multiplient dans le monde

En mars 2017, un rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement a recensé 894 actions judiciaires en cours, liées au climat, dont 667 aux Etats-Unis. Cet état des lieux répertorie également 119 recours dans l’Union européenne – dont 49 au Royaume-Uni –, et 102 dans la zone Asie-Pacifique – dont 80 en Australie –, mais seulement un en Amérique latine et deux en Afrique.

Parmi les dossiers les plus emblématiques figure celui de Saul Luciano Lliuya. En décembre 2015, cet agriculteur et guide de haute montagne péruvien a déposé plainte contre l’énergéticien allemand RWE, pourtant non implanté au Pérou. Il tient cette entreprise – qui figure parmi plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre – pour responsable de la fonte des glaciers et de l’élévation des eaux du lac qui surplombe sa ville de Huaraz, menaçant ainsi d’une inondation la moitié de ses 120 000 habitants, ainsi que sa famille et ses propriétés.

Soutenu par l’ONG allemande Germanwatch, M. Lliuya demande que RWE finance les travaux de sécurisation de Huaraz proportionnellement à ses émissions selon le principe du « pollueur-payeur ». Il réclame aussi le remboursement de 6 300 euros, montant des travaux qu’il a réalisés pour protéger sa maison. Fin novembre 2017, la cour d’appel de Hamm (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) a ouvert la voie à un jugement. Elle a néanmoins imposé au plaignant le dépôt d’une provision de 20 000 euros pour financer les expertises scientifiques nécessaires à étayer ses demandes. Cette somme sera financée par une fondation et des donateurs privés.

Les « intérêts économiques » d’un « autre groupe de ­citoyens »

Aux Etats-Unis, vingt et un enfants et adolescents, aujourd’hui âgés de 10 à 21 ans et majoritairement résidents dans l’Oregon, ont déposé en 2015 un recours contre le gouvernement fédéral avec le soutien de l’association environnementaliste américaine Our Children’s Trust. Les requérants invoquent la violation de la doctrine de « public trust », qui implique que le gouvernement est garant des ressources naturelles constituant le bien commun. Ils s’estiment victimes de discrimination au profit des « intérêts économiques » d’un « autre groupe de ­citoyens » : les industriels exploitant des énergies fossiles. La date d’un procès dans cette affaire, baptisée « Juliana v. US » (« Juliana contre Etats-Unis »), devrait être fixée en 2018.

En janvier 2018, le maire de New York, Bill de Blasio, a attaqué cinq multinationales – BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell – au motif qu’elles « ont sciemment trompé le public pour protéger leurs bénéfices ». Depuis l’été 2017, ces entreprises et une trentaine d’autres exploitant des énergies fossibles sont également poursuivies par une douzaine de villes ou comtés californiens, dont San Francisco et Oakland. Ces collectivités réclament des milliards de dollars afin d’ériger des ouvrages de protection contre la montée des océans attribuée au changement climatique.

La victoire en première instance d’un groupe de citoyens néerlandais contre les Pays-Bas a encouragé les initiatives.

Le résultat d’une action menée aux Pays-Bas a encouragé toutes ces initiatives. En juin 2015, la Fondation Urgenda – qui avait coordonné la plainte de 886 citoyens néerlandais contre leur gouvernement – a obtenu un jugement historique. Elle a fait condamner l’Etat à réduire des émissions de gaz à effet de serre de 25 % (par rapport à 1990) d’ici à 2020. Le royaume a fait appel. Le procès est prévu le 28 mai 2018 à La Haye.

Marjan Minnesma (à gauche), directrice de la Fondation Urgenda, et les avocats Koos van der Berg et Roger Cox, après le jugement condamnant l’Etat néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, en juin 2015 à La Haye. PETER DEJONG/ AP

Marjan Minnesma (à gauche), directrice de la Fondation Urgenda, et les avocats Koos van der Berg et Roger Cox, après le jugement condamnant l’Etat néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, en juin 2015 à La Haye. PETER DEJONG/ AP

En France, les atteintes à l’environnement sont considérées par la justice comme des infractions mineures

78 000 infractions environnementales ont été constatées en 2016. Seulement 18 % ont fait l’objet de poursuites pénales, selon cet entretien avec l’avocat Sébastien Mabile, spécialisé dans le contentieux environnemental et président de la commission droit et politiques environnementales de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Erosion de la biodiversité, pollutions diverses, événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique… Les contentieux qui découlent de la dégradation de l’environnement se multiplient en France, comme ailleurs. Pourquoi ?

Sébastien Mabile : Il y a une volonté des citoyens d’avoir accès à un environnement sain et à un cadre de vie de qualité, ainsi qu’une sensibilité particulière aux questions liées à la santé et à l’environnement à la suite des récents scandales sanitaires, et enfin, une prise de conscience quant à l’importance de la biodiversité qui émerge enfin. Selon l’Office national de la délinquance et des réponses pénales, plus de 78 000 infractions environnementales ont été constatées en 2016, soit plus de 200 par jour. C’est loin d’être marginal.

La justice française semble pourtant encore peu organisée pour traiter ces affaires…

En 2016, selon le ministère de la justice, seules 18 % des infractions signalées dans le domaine environnemental ont fait l’objet de poursuites pénales, contre 46 % pour l’ensemble des infractions. Pourtant, le taux d’auteurs « poursuivables » est similaire à celui des autres types d’infractions. Dans les faits, les atteintes à l’environnement sont traitées par la justice comme des infractions mineures, faute, souvent, pour les magistrats, de maîtriser les enjeux et la complexité qui caractérise le vivant.

En matière pénale, les atteintes aux personnes sont évidemment traitées en priorité par rapport aux atteintes à l’environnement. Dans un contexte de crise de l’institution judiciaire, la réponse pénale n’est donc pas à la hauteur des attentes des citoyens. Une multitude d’infractions, comme les dépôts sauvages d’ordures ou les petites pollutions agricoles, ne sont tout simplement pas poursuivies. Par ailleurs, le parquet privilégie très largement les procédures alternatives aux poursuites, même pour des atteintes plus graves à l’environnement. Ainsi, la vocation pédagogique du procès pénal disparaît.

Comment y remédier ?

Il faudrait centraliser les procédures des atteintes à l’environnement au sein de certains « grands » tribunaux de grande instance, afin de donner aux juges un volume d’affaires suffisant, seul susceptible de les inciter à s’investir dans la formation. Plus de 40 pays – dont le Chili, la Chine, l’Inde, le Kenya, la Suède ou la Nouvelle-Zélande – se sont déjà engagés dans la voie de la spécialisation en matière de contentieux environnemental, parfois en nommant des spécialistes des sciences de la vie qui participent à la formation de jugement.

En France, il ne s’agit donc pas de créer des « tribunaux verts », mais des chambres spécifiques au sein des juridictions de droit commun en s’appuyant sur l’expérience des juridictions du littoral maritime spécialisées (Julis) créées en 2001. Au nombre de six, elles traitent les dossiers de rejets de polluants – volontaires ou accidentels – dans les eaux territoriales. Leur compétence a été récemment étendue aux atteintes au patrimoine culturel maritime. La spécialisation de magistrats du siège et du parquet qui les composent a permis de faire émerger une jurisprudence cohérente et de faire baisser sensiblement le nombre de pollutions marines.

Il est également indispensable de créer un parquet national spécialisé, disposant de relais régionaux, et qui constituerait un interlocuteur privilégié pour les victimes de dommages environnementaux. L’Espagne l’a fait en 2003, en mettant en place un parquet national consacré à l’environnement et à l’urbanisme. Le procureur national dispose de 90 procureurs délégués dans les provinces et d’agents de la Guardia Civil pour enquêter. Plus solides, les affaires sont davantage poursuivies et le taux de condamnation pour les atteintes environnementales a considérablement augmenté. Le droit de l’environnement restaure ainsi sa vocation répressive, donc dissuasive.

Partager cet article
Repost0
8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 18:16

Le 11 mars 2018 est l’anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 : les trois réacteurs de la centrale nucléaire entrent en fusion. Les années passent et la catastrophe continue : contamination de l’environnement, souffrance humaine, cancers, malformations, désastre écologique.

Un rassemblement de commémoration de la catastrophe de Fukushima aura lieu samedi 10 mars de 15h à 17h30 sur le parvis de la Mairie des Lilas, avec une prise de parole ouverte mêlant textes, informations et témoignages - venez y participer !

Une votation citoyenne est également organisée, et des urnes seront installées à différentes occasions à partir du samedi 10 mars, lors des marchés... - votez aux Lilas du 10 au 18 mars en répondant à la question "Êtes-vous pour la sortie du nucléaire ? " !

Un Grand rassemblement pour la sortie du nucléaire est organisée sur la place de la République, dimanche 11 mars à 14h, Place de la République à Paris - venez nous rejoindre devant la mairie à 13h30 pour un départ collectif du métro Marie des Lilas.

Un collectif informel lilasien rassemblant Ensemble, La France Insoumise et EELV.

Un agriculteur conduit son tracteur devant la centrale nucléaire de Cattenom, dans l'est de la France, le 12 octobre 2017, après  l’irruption des activistes de Greenpeace dans l'usine pour souligner sa vulnérabilité aux attaques / Patrick Hertzog/AFP

Un agriculteur conduit son tracteur devant la centrale nucléaire de Cattenom, dans l'est de la France, le 12 octobre 2017, après l’irruption des activistes de Greenpeace dans l'usine pour souligner sa vulnérabilité aux attaques / Patrick Hertzog/AFP

LE NUCLÉAIRE, UN DANGER MAJEUR

Après Fukushima, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) le reconnaît : un tel accident peut survenir en France : défaillance humaine, problème matériel, panne due au vieillissement du parc, événement climatique extrême, opérations terroristes.
Avec ses 58 réacteurs hors d’âge, la France est-elle la prochaine victime ?
Tout accident menace des millions de personnes : 80% des Français vivent à moins de 75km d’une structure nucléaire.
La sécurité des centrales se dégrade : 2/3 des réacteurs auront 40 ans ou plus en 2025 et déjà on observe des fissures dans les cuves. Les incidents se multiplient, entre autres par un recours très important aux sous-traitants.

LE NUCLÉAIRE, UNE ÉNERGIE NON RENOUVELABLE

Aujourd'hui, la France est dépendante à 100% de l'étranger pour son approvisionnement en uranium, qu'elle pille dans les ressources de ses anciennes colonies sans payer les coûts environnementaux. D'ailleurs, au rythme actuel de consommation, le stock mondial d'uranium 235 sera épuisé dans un siècle seulement.

SORTIR DU NUCLÉAIRE, C’EST POSSIBLE ET NÉCESSAIRE !

Demandons la fermeture progressive des centrales et l'arrêt des projets nucléaires en cours : réacteur de dernière génération EPR, Iter, centre de stockage des déchets nucléaires à Bure légués aux générations futures...
Soutenons des solutions alternatives : les énergies renouvelables sont aujourd'hui prêtes à prendre le relais et le font déjà dans d’autres pays. Elles sont propres, sans danger et inépuisables : solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse.
Réduisons notre consommation énergétique grâce à la sobriété et l'efficacité énergétique : rénovation énergétique des bâtiments, meilleure isolation, extinction des vitrines et bureaux inoccupés la nuit, limitation de l’étalement urbain, suppression des publicités lumineuses.
Produisons autrement en développant les énergies renouvelables et en rationalisant l’énergie ! Cela nécessite de la part de la France une volonté politique et des financements correspondants à la hauteur des enjeux, alors MOBILISEZ-VOUS !

Votez dans votre ville du 10 au 18 mars en répondant à la question "Êtes-vous pour la sortie du nucléaire ?"

Participez au grand rassemblement antinucléaire le 11 mars à 14h, place de la République

Organisé par un collectif informel lilasien rassemblant Ensemble, La France Insoumise et EELV.
Organisé par un collectif informel lilasien rassemblant Ensemble, La France Insoumise et EELV.
Organisé par un collectif informel lilasien rassemblant Ensemble, La France Insoumise et EELV.

Organisé par un collectif informel lilasien rassemblant Ensemble, La France Insoumise et EELV.

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas
Partager cet article
Repost0
8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 12:16

Le projet prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise. D’après Grégoire Allix et Rémi Barroux le 7 mars 2018 pour Le Monde. Une victoire au tribunal administratif saisi par le collectif d'associations de défense de l'environnement auquel EELV a beaucoup contribué ! Lire aussi, entre autre, Contre la folie EuropaCity, cultiver le bien commun et Le projet EuropaCity jugé peu compatible avec l'environnement.

Image de synthèse du projet de complexe touristique et commercial Europacity, dévoilée par la société Alliages et Territoires, le 27 septembre 2017. HANDOUT / AFP

Image de synthèse du projet de complexe touristique et commercial Europacity, dévoilée par la société Alliages et Territoires, le 27 septembre 2017. HANDOUT / AFP

Nouvel obstacle en travers de l’urbanisation du Triangle de Gonesse, ce territoire agricole du Val-d’Oise coincé entre les aéroports du Bourget et de Roissy, à 15 kilomètres au nord de Paris. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par plusieurs associations de défense de l’environnement, a annulé, mardi 6 mars, l’arrêté préfectoral créant la zone d’aménagement concerté (ZAC), étape préalable à toute construction.

Sur 280 hectares, cette parcelle, devenue un symbole de la lutte pour la préservation des terres agricoles, doit couler dans le béton une gare du Grand Paris Express, un centre d’affaires de 800 000 m2 de bureaux… et les 80 hectares du mégacomplexe de loisirs et de commerces EuropaCity, qui concentre les oppositions avec sa piste de ski indoor, son parc aquatique, ses salles de spectacle, ses hôtels de luxe et ses 230 000 m2 de boutiques.

Etudes « très insuffisantes »

Le tribunal a estimé que l’étude d’impact présentée au printemps 2016 lors de l’enquête publique sur la création de la ZAC comportait d’importantes lacunes, notamment en matière d’environnement et d’émissions de CO2. Des lacunes « de nature à nuire à l’information complète de la population et à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative ».

Des associations de commerçants aux élus écologistes, MoDem ou Front de gauche de la région, cette annonce a réjoui les opposants. « On a voulu nous prendre de vitesse avec cet arrêté préfectoral, mais les porteurs du projet se sont pris à leur propre piège. Cette décision de justice nous donne l’espoir d’empêcher l’urbanisation de cette zone agricole. Après l’avis défavorable de l’autorité environnementale, ce n’est pas une surprise totale », estime Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, qui défend la transformation de ces champs céréaliers de culture intensive en zone de maraîchage.

Créer 10 000 emplois

Pour autant, les opposants savent que leur victoire est provisoire. L’enquête publique sur l’aménagement de la ZAC s’est achevée le 21 février, et l’avis du commissaire enquêteur sur la déclaration d’utilité publique est attendu fin mars. D’ici là, le préfet du Val-d’Oise devra décider de faire appel ou non de la décision du tribunal. L’établissement public chargé d’aménager la zone pour le compte de l’Etat, Grand Paris Aménagement, va logiquement, de son côté, préparer des éléments complémentaires à l’étude d’impact pour remettre la ZAC sur ses rails.

« Il s’agit plus d’un contretemps que d’une remise en cause », assure le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, qui compte sur l’urbanisation du Triangle pour apporter une bouffée d’oxygène économique à cette commune défavorisée. EuropaCity, un investissement de 3,1 milliards d’euros porté par le groupe Auchan et le conglomérat chinois Wanda, doit, à lui seul, créer 10 000 emplois. La société Alliages et Territoires, qui porte le projet, se veut également rassurante. « Les opposants avaient introduit des arguments sur le fond du projet, qui ont été rejetés, analyse David Lebon, le directeur du développement. Le tribunal ne retient que la mauvaise information du public. »

Le maire de Gonesse « en appelle au gouvernement »

Pour les promoteurs de la ZAC, la « mère des batailles » était l’arrivée du métro, grâce à la future ligne 17 du Grand Paris Express. Cette desserte est une condition à l’urbanisation de la zone. Or, sa déclaration d’utilité publique a été acquise en janvier, et le gouvernement a confirmé, le 22 février, sa mise en service à l’horizon 2027 – trois ans plus tard que prévu. « Cela nous laisse tout le temps de gérer cette péripétie », estime M. Lebon. D’autres recours suivront vraisemblablement (contre les permis de construire, notamment). « C’est une guérilla qui vise à nous faire abandonner. Mais la volonté des actionnaires est de réaliser ce projet », affirme le directeur du développement.

De son côté, le maire de Gonesse « en appelle au gouvernement pour qu’il réaffirme son soutien à l’aménagement du Triangle et rassure les investisseurs », la ZAC étant créée et aménagée par l’Etat. Un soutien compliqué. Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a émis de vives réserves sur le projet.

Partager cet article
Repost0

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Pour une restauration scolaire de qualité, durable, équitable, accessible aux Lilas

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Une nouvelle ZAD près de chez vous

Pour le projet CARMA contre la reprise des travaux de la gare "Triangle de Gonesse"

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas