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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 09:09

Un communiqué du 4 décembre de la ligue des Droit de l'Homme. Lire aussi Loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme : La LDH demande la censure du Conseil constitutionnel, La France bascule dans l'état d'urgence permanent et N’enterrez pas nos libertés !.
 

L'Etat d'urgence a été levé au 1er novembre dernier, pour être immédiatement remplacé par un régime d’exception permanent, inspiré de plusieurs dispositions appliquées pendant une durée inédite de près de deux ans. La Ligue des droits de l'Homme a dénoncé avec constance les restrictions que ces mesures, au demeurant inefficaces dans la lutte contre le terrorisme, portaient aux droits et libertés. L’état d’urgence a conduit à une confusion des pouvoirs au profit de l’exécutif, en évinçant le juge judiciaire. La LDH a engagé, en conséquence, des recours devant les tribunaux et soulevé la constitutionnalité de ces dispositions, comme cela a été le cas en avril 2017 sur la présente décision.
Le Conseil constitutionnel lui donne une nouvelle fois raison, sur la question des contrôles d'identité et des fouilles de bagages et de visites de véhicules réalisés dans le cadre de l'état d’urgence, sous la seule autorité des pouvoirs administratifs, en les déclarant contraires à la Constitution.
La LDH se félicite de cette décision du Conseil constitutionnel, tout en regrettant que ses effets soient reportés à juin 2018 ; les procédures engagées sur la base de ces dispositions reconnues contraires à la Constitution ne pourront être contestées avant cette échéance.
La LDH réaffirme qu'elle continuera à lutter pour la défense des libertés publiques et individuelles ; la lutte contre le terrorisme devant et pouvant s’inscrire avec efficacité dans un cadre respectueux de l’Etat de droit.

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 09:05

Les abeilles ne disparaissent pas sur tout le globe, et leur extinction ne menacerait pas nécessairement toute l’agriculture. Tordre le cou à ces croyances alarmistes doit permettre en revanche de mieux comprendre ce que révèlent les pertes sans précédent que subissent les apiculteurs dans certaines régions du monde, et les lourds dangers que portent les mutations profondes des systèmes agricoles. Par Raúl Guillén, journaliste et ouvrier apicole, pour Le Monde Diplomatique de décembre 2017. Lire aussi Une disparition des abeilles coûterait 3 milliards et A t-on résolu le mystère du déclin des abeilles ?.

Matt McKee. — « Honey Doo », 2016

Matt McKee. — « Honey Doo », 2016

Dès les premières journées ensoleillées qui précèdent le printemps, les abeilles mellifères (Apis mellifera) sont de sortie. Distincte des autres abeilles sociales ou solitaires, cette espèce originaire d’une région très vaste, qui englobe l’Europe, le Proche-Orient et l’Afrique, a été domestiquée sur toute la planète, avec de nombreuses variétés locales. Serrées en grappe, les butineuses ont traversé les périodes les plus froides dans leurs ruches, ne comptant que sur leurs réserves de miel. C’est le moment pour l’apiculteur de faire ses premières visites... et de constater l’hécatombe.

« Quand j’ai commencé, j’avais 5 % de pertes hivernales. Aujourd’hui, j’en ai 30 % ! », raconte M. Bernard Tiron après trente-cinq ans de métier dans le Valgaudemar (Hautes-Alpes). Depuis les années 1980, la mortalité des abeilles a explosé dans la plupart des régions tempérées du globe : Europe, Japon, Amérique du Sud, Amérique du Nord. Un auteur canadien s’inquiète par exemple pour son pays : « Les taux actuels autour de 25 % sont exceptionnels, et ils seraient catastrophiques d’un point de vue économique s’ils perduraient à moyen terme  (1).  » « Vu les conditions aujourd’hui, si j’avais à me lancer dans l’apiculture, je ne le ferais pas », assène M. Tiron en égrenant les difficultés qu’il a vues apparaître : « Il n’y a plus de fleurs dans les prairies, on fauche avant floraison pour pouvoir avoir deux coupes de foin et faire manger du vert aux vaches afin qu’elles donnent le maximum de lait. Les haies disparaissent aussi. » Quelque chose ne va plus dans les champs où vont butiner les abeilles. « Les variétés de colza ou de tournesol qu’on cultive de nos jours donnent moins de nectar, explique-t-il. Pour la lavande, la floraison durait entre trois semaines et un mois, maintenant juste huit jours. La cueillette des fleurs commençait plus tôt, et les plantations n’étaient pas toutes récoltées dans un court laps de temps. C’était coupé à la main, à la faucille, les abeilles avaient le temps de butiner et de déguerpir devant les paysans. Maintenant, les machines aspirent les fleurs et les butineuses avec ! » Les abeilles elles-mêmes paraissent touchées, conclut M. Tiron : « Les colonies sont moins populeuses et les reines tiennent moins longtemps. Moi, j’avais des ruches qui produisaient avec la même reine trois ou quatre ans. Aujourd’hui, quand une reine vit deux ans, c’est le bout du monde. »

Les raisons de cette dégradation sont multiples, bien que toutes liées à l’intensification de la pression sur l’écosystème à des fins commerciales. En premier lieu intervient le varroa, un acarien qui a infesté la plupart des colonies. Il se reproduit dans le couvain (œufs, larves et nymphes) et se nourrit de l’hémolymphe (« sang » des invertébrés). Cet ectoparasite d’une espèce asiatique fut transmis aux abeilles mellifères européennes dans les années 1950, à l’occasion de leur introduction en Asie orientale, et se répandit rapidement en suivant les voies des échanges planétaires de marchandises. Ces dernières années, un prédateur a emprunté les mêmes chemins et pose déjà des difficultés aux apiculteurs : le frelon asiatique.

À ces conséquences de la mondialisation s’ajoutent les effets des pesticides. Comme on le sait depuis la longue lutte pour la reconnaissance des dangers cancérigènes du tabac, la charge de la preuve devient très lourde — y compris pour les scientifiques — quand il s’agit de produits commercialisés à grande échelle par des sociétés multinationales. Toutefois, plusieurs travaux convergent pour mettre en lumière les répercussions de l’usage des néonicotinoïdes. Une étude récente montre qu’ils tripleraient la mortalité des abeilles sauvages (2), tandis qu’une autre établit un lien entre des colonies d’abeilles mellifères défaillantes et une baisse de la viabilité du sperme des faux bourdons (3).

Où acheter essaims et reines ?

La quantité de ruches a diminué de moitié aux États-Unis et d’un tiers en Europe depuis les années 1960. Et si leur nombre s’est stabilisé autour de 17 millions en Europe et de 2,6 millions aux États-Unis ces dix dernières années, celui des apiculteurs, lui, ne cesse de se réduire (4). Ainsi les exploitations qui restent ont-elles davantage de ruches, de dépenses et de travail à fournir. Aujourd’hui, la question de la reproduction prend le pas sur celle de la production de miel et les oblige bien souvent à acheter des essaims à des apiculteurs spécialisés dans l’élevage. L’Italie est devenue un important fournisseur d’essaims en Europe, tout comme la Nouvelle-Zélande, qui en exporte par avion au Canada (trente-cinq tonnes en 2015) (5). Les apiculteurs doivent aussi élever des reines, ou se les procurer chez des éleveurs professionnels, pour remplacer celles des ruches peu dynamiques et pour accélérer la production de colonies.

Sauf dans de rares régions reculées, l’apiculture n’appartient plus à une économie de cueillette ; depuis longtemps, elle s’inscrit dans une démarche d’exploitation et de transformation du milieu naturel. Karl von Frisch, l’homme qui décrypta le langage des abeilles, l’expliquait déjà en 1963 : « Les apiculteurs ont l’habitude de soustraire tant de miel à leurs colonies que les provisions qu’ils leur laissent ne suffisent plus pour l’hiver. Ils donnent alors à chacune d’entre elles, en automne, deux à cinq kilos de sucre sous forme d’eau sucrée. Cela convient parfaitement aux abeilles et c’est très avantageux pour l’éleveur, puisque le miel a beaucoup plus de valeur que le sucre  (6).  » Les vertus du nourrissage au sucre prônées par von Frisch sont discutées. Mais, si certains tentent de le réduire au minimum, la plupart des apiculteurs recherchent surtout le meilleur type de sirop à utiliser, quand ce n’est pas le moins cher... La lutte contre le varroa implique aussi une ou deux cures par an, soit avec des acaricides synthétiques comme l’amitraze, soit avec de l’acide oxalique, de l’acide formique ou des huiles essentielles.

En Europe et en Amérique du Nord, l’apiculture est de moins en moins une activité d’appoint et de plus en plus un métier à plein temps, avec la dépendance économique que cela entraîne. Les apiculteurs de ces deux régions sont confrontés aux mêmes choix et problématiques que le reste des acteurs agricoles : intrants, coûts d’installation, traitements sanitaires, mode de production, revenus, etc. Ils sont bien placés, certes, pour prendre conscience des effets nocifs de certaines pratiques de leurs collègues agriculteurs. Mais ils subissent des contraintes semblables et ont recours aux mêmes circuits mondialisés de marchandises. Ainsi, le plastique alimentaire commence à remplacer le bois d’importation chez les fournisseurs de matériel apicole, le sucre provient le plus souvent du Brésil, et les mêmes immenses usines chimiques chinoises fabriquent l’amitraze, pour lutter contre le varroa, et l’imidaclopride... le pesticide néonicotinoïde dont on demande l’interdiction au nom des abeilles.

La plupart des apiculteurs des zones tempérées rencontrent de manière plus ou moins prononcée les mêmes difficultés. Mais ce n’est pour l’instant pas le cas partout, notamment en Australie, où la variété d’abeilles mellifères européenne a été introduite. Grâce à une stricte politique de contrôle douanier des espèces animales et végétales, le varroa n’a pas infesté les ruches du pays. En outre, les abeilles y conservent de grands espaces naturels. Résultat, les apiculteurs n’enregistrent pas de pertes exceptionnelles, tandis que des essaims reviennent à l’état sauvage et colonisent certaines zones, au point que les abeilles sont même considérées maintenant comme une espèce invasive. Dans certains parcs protégés, des programmes d’éradication visent à lutter contre la concurrence qu’elles font, de par leurs choix de nidification, à des animaux autochtones.

Dans le reste du monde, le nombre de ruches a plus que doublé durant les cinquante dernières années, si bien que l’on compte aujourd’hui 83 millions de ruches sur l’ensemble du globe, contre 49 millions en 1961  (7). Même si le rythme de destruction des espaces sauvages ne faiblit pas, l’agriculture industrielle intensive ne s’est pas encore répandue aussi massivement, au détriment des habitats naturels, en Afrique subsaharienne et en Amérique tropicale que dans les zones tempérées. En outre, les variétés d’abeilles mellifères d’Afrique tropicale résistent mieux au varroa et sont capables de migrer quand le milieu devient défavorable. L’une de ces variétés (Apis mellifera scutelatta) fut ainsi introduite accidentellement en Amérique tropicale, où elle s’est aussi bien développée que dans sa région d’origine, remplaçant les variétés européennes introduites pendant la période coloniale.

Dans ces régions foisonnent également les colonies sauvages. En Afrique du Sud par exemple, dans une zone moins propice que les forêts européennes pour les abeilles mellifères et dépourvue d’activité apicole, on a retrouvé des densités de 12,4 à 17,6 colonies par kilomètre carré. La même étude donnait pour l’Allemagne, où l’apiculture est bien répandue, des densités de 2,4 à 3,2 colonies par kilomètre carré, ce qui correspond à la densité de ruches tenues par des apiculteurs (8) et à la densité moyenne en Europe (9). À l’inverse, dans certaines régions des États-Unis, et notamment la Californie, on observe la quasi-disparition des colonies sauvages (10). Il apparaît presque certain que les seules abeilles mellifères qui y subsistent ont accompli un processus de domestication et dépendent entièrement des soins des êtres humains. Leur disparition comme espèce sauvage au moins dans une grande partie des régions tempérées et leur transformation en animaux d’élevage, incapables de survivre sans les humains, en dit long sur la perte de biodiversité provoquée par le développement et l’industrialisation de l’agriculture intensive. Tout autant que sur ce qui pourrait advenir dans les régions tropicales, où la destruction des espaces naturels continue à un rythme sans précédent.

Raúl Guillén

(1) Jean-Pierre Rogel, La Crise des abeilles. Une agriculture sous influence, Multimondes, Montréal, 2017.

(2) Ben A. Woodcock et al., « Impact of neonicotinoid use on long-term population changes in wild bees in England », Nature Communications, 16 août 2016, www.nature.com

(3) Jeffery S. Pettis et al., « Colony failure linked to low sperm viability in honey bee (Apis mellifera) queens and an exploration of potential causative factors », Plos One, 10 février 2016, http://journals.plos.org

(4) Dennis van Engelsdorp et al., « A survey of honey bee colony losses in the United States, fall 2008 to spring 2009 », Journal of Apicultural Research, vol. 49, n° 1, 2010.

(5) Gouvernement de la Nouvelle-Zélande, « Ministry for primary industries 2015 apiculture monitoring programme » (PDF), Wellington, janvier 2016.

(6) Karl von Frisch, Vie et mœurs des abeilles, Albin Michel, Paris, 1969.

(7) Simon G. Potts et al., « Declines of managed honey bees and beekeepers in Europe », Journal of Apicultural Research, vol. 49, no 1, 2010.

(8) Robin F. A. Moritz et al., « The size of wild honey bee populations (Apis mellifera) and its implications for the conservation of honey bees », Journal of Insect Conservation, vol. 11, no 4, décembre 2007.

(9) Rodolfo Jaffé et al., « Estimating the density of honey bee colonies across their natural range to fill the gap in pollinator decline censuses », Conservation Biology, vol. 24, no 2, avril 2010.

(10) Bernhard Kraus et Robert E. Page Jr, « Effect of Varroa jacobsoni on feral Apis mellifera in California », Environmental Entomology, vol. 24, no 6, décembre 1995.

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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 09:00

Les problèmes de dégradation de l’environnement sont à l’origine de quasiment un décès sur quatre dans le monde, rappelle le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) à l’occasion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, du 4 au 6 décembre. D'après Stéphane Mandard le 4 décembre 2017 pour Le Monde. Lire aussi « On s’est trompé dans notre tactique pour combattre le réchauffement », La pollution, responsable de 9 millions de morts dans le monde par an et Le Conseil d’État enjoint au gouvernement de prendre des mesures urgentes contre la pollution.

A New Delhi, le 10 novembre. Altaf Qadri / AP

A New Delhi, le 10 novembre. Altaf Qadri / AP

« Aucun d’entre nous n’est aujourd’hui à l’abri de la pollution, c’est pourquoi nous devons tous passer à l’action. » Tel est le message du directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Erik Solheim. Il résume le leitmotiv de la troisième assemblée des Nations unies pour l’environnement qui s’est ouverte à Nairobi, lundi 4 décembre, sur le thème de la pollution.

Dans un rapport intitulé « Vers une planète sans pollution », Erik Solheim dresse une liste de cinquante mesures à prendre d’urgence pour s’attaquer aux problèmes de dégradation de l’environnement qui, rappelle-t-il, sont à l’origine de quasiment un décès sur quatre dans le monde. Pollution de l’air, des eaux, des sols mais aussi générée par les produits chimiques et les déchets, les propositions visent toutes les sources et tous les modes de contamination.

La première recommandation est d’« élaborer des politiques et des stratégies sur la qualité de l’air aux niveaux infranational, national et régional pour se conformer aux directives de l’Organisation mondiale de la santé [OMS] ». Aujourd’hui, de nombreux pays ne disposent pas de normes en la matière, et même l’Europe ne respecte pas les recommandations de l’OMS. Ainsi, l’Union européenne fixe une limite d’exposition aux particules fines (PM2,5, inférieures à 2,5 µm) à 25 µg/m3 en moyenne annuelle quand l’OMS recommande un seuil de 10 µg/m3.

Parc mondial 100 % électrique ?

La cinquantième initiative vise à « réduire le gaspillage alimentaire tout au long des chaînes logistiques, y compris au niveau des consommateurs ». Les quarante-huit autres mesures oscillent entre catalogue de bonnes intentions et objectifs plus concrets. Elles suggèrent notamment d’éliminer le mercure d’un certain nombre de produits d’ici à 2020 et des procédés de fabrication avant 2025. Ou encore d’augmenter le traitement, le recyclage et la réutilisation des eaux usées afin de réduire d’au moins 50 % les volumes qui sont rejetés bruts dans les masses d’eau douce naturelles d’ici à 2030. Le rapport recommande aussi de produire exclusivement des véhicules électriques à partir de 2030 pour atteindre un parc mondial 100 % électrique d’ici à 2050.

Au-delà des mesures ciblées, le directeur du PNUE appelle plus globalement à des « actions à l’échelle du système pour transformer l’économie » vers un modèle plus durable. Il avance un argument massue : le marché des biens et services environnementaux, incluant la lutte contre la pollution, devrait dépasser 2 200 milliards de dollars (1 850 milliards d’euros) d’ici à 2020.

Le rapport et ses cinquante propositions devraient inspirer la déclaration politique finale des ministres de l’environnement et les résolutions qui devraient être adoptées à l’issue de l’assemblée, qui se conclura le 6 décembre. Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, présent à Nairobi, et ses collègues, reconnaissent déjà « qu’atteindre une planète sans pollution est une entreprise à long terme ».

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 12:57

A l’occasion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, du 4 au 6 décembre, entretien avec Maria Neira (OMS), qui pointe les ravages sanitaires causés par le changement climatique. Propos recueillis par Stéphane Mandard le 5 décembre 2017 pour Le Monde. Lire aussi La pollution, responsable de 9 millions de morts dans le monde par an et Le Conseil d’État enjoint au gouvernement de prendre des mesures urgentes contre la pollution.

Brouillard de pollution, à Lahore, au Pakistan, le 9 novembre. ARIF ALI / AFP

Brouillard de pollution, à Lahore, au Pakistan, le 9 novembre. ARIF ALI / AFP

L’Assemblée des Nations unies pour l’environnement se tient à Nairobi, au Kenya, du 4 au 6 décembre. De nombreux ministres vont se réunir à l’occasion de cette troisième édition, qui porte pour la première fois sur le thème de la pollution. Directrice du département santé publique et environnement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Maria Neira estime qu’il est temps de changer de stratégie et de faire de la lutte contre ses impacts sanitaires l’axe central de la mobilisation contre le changement climatique.

Que pensez-vous du mot d’ordre retenu par l’assemblée des Nations unies pour l’environnement : aller « vers une planète sans pollution » ?

A l’OMS, cela fait longtemps que l’on travaille sur cette question. C’est l’union des forces de la santé et de l’environnement qui va nous permettre de mener cette bataille. Avec nos ministres de la santé, on répète que 12,6 millions de personnes meurent chaque année à cause d’un environnement dégradé. On a commencé à tisser une alliance lors de la COP22 au Maroc, en 2016. Il faut la renforcer, avec un maximum d’agences des Nations unies pour combattre la pollution.

Chaque semaine, une nouvelle étude paraît pour rappeler que la détérioration de la qualité de l’air tue des millions d’individus dans le monde. Mais la communauté internationale a-t-elle pris la mesure de l’urgence à agir ? Non, pas encore. Et ce n’est pas faute d’avoir alerté, avec l’OMS, sur ces chiffres terribles : 6,5 millions de morts prématurées chaque année dans le monde sont liées à l’exposition à un air contaminé. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Il y a comme une sorte de refus à accepter une autre alerte globale en plus de celle sur le changement climatique.

Comprenez-vous que la COP23 ait encore mis la pression sur les Etats au sujet de leurs engagements sur la réduction des gaz à effets de serre mais ne fixe aucun objectif en termes de pollution ?

Jusqu’ici, je crois que l’on s’est trompé dans notre communication en insistant surtout sur le climat et en négligeant les ravages sanitaires causés par la pollution. On a donné l’impression aux citoyens que le changement climatique était quelque chose de lointain, qui va arriver à la planète, toucher les glaciers mais pas eux, et qui va concerner les générations futures mais pas la nôtre.

Lors de la COP23, l’OMS a organisé un événement où on a expliqué combien de morts dues à la dégradation de l’air on pourrait éviter en s’attaquant aux causes du changement climatique. J’espère que cela va provoquer un déclic. Nous avions invité l’ex-gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. Il m’a lancé : « C’est dommage que je ne vous aie pas rencontrée plus tôt car c’est bien ça l’argument que l’on doit utiliser : la santé ! » Ainsi, 36 % des décès par cancer du poumon, 34 % par AVC et 27 % par infarctus sont liés à la pollution de l’air : ce sont ces chiffres terribles que les gens doivent avoir en tête.

Il faut donc changer d’approche ?

L’argument de la santé humaine peut être une locomotive pour accélérer le combat contre le changement climatique. Quand on parle des conséquences terribles de ce dernier pour la planète, on a tendance à paralyser les gens, on leur donne le sentiment que l’on ne peut rien faire et que les citoyens, eux-mêmes, ne peuvent rien faire. Alors que si on va sur le terrain de la santé, on peut souligner les bienfaits de la lutte contre la détérioration de notre environnement et contre le réchauffement.

La Chine l’a compris et a fait de l’amélioration de l’air sa priorité numéro un. Parce que les habitants de Pékin ne pouvaient plus respirer ! Ils sortaient dans la rue avec des masques qui ne les protégeaient pas. Ils ont quasiment entrepris un mouvement de protestation. La Chine ne pouvait plus le tolérer. D’après Pékin, les premières mesures auraient déjà permis de diminuer de 30 % les admissions hospitalières.

Cette prise de conscience ne semble pas concerner son voisin indien, qui vient encore de connaître un épisode de pollution très intense ?

Ce pays continue à nier la réalité des effets sanitaires. Les habitants de villes comme New Dehli vivent en permanence avec des seuils de pollution de l’air très au-delà des recommandations de l’OMS [10 µg/m³ en moyenne annuelle pour les particules fines PM 2,5] et avec des pics qui atteignent des niveaux absolument choquants : 900 µg/m³ en novembre par exemple. C’est terrible pour les gens qui sont obligés de respirer cet air.

Il faut arrêter avec cette excuse selon laquelle pour se développer économiquement, on est obligé de détruire l’environnement. Ça ne tient plus. Si on prend l’exemple de la Californie, c’était un Etat très pollué avec beaucoup de cas d’asthme et une croissance économique atone. Au nom de la santé, afin de diminuer les hospitalisations, la Californie a mis en marche une politique économique pour produire plus proprement, et la croissance a été renforcée. Et la Chine va nous le prouver à son tour : on peut avoir une croissance économique sans polluer.

L’Inde a-t-elle sollicité votre aide ?

Non, mais contrairement à la Chine, la demande de la société n’y est pas pressante. Pour l’instant, l’Inde se focalise sur les mesures d’urgence, sur la protection individuelle en particulier. Nous, nous voulons nous attaquer aux sources de la pollution. On sait que le dernier épisode était notamment dû à l’incinération des résidus agricoles. Et là, il faut une volonté politique pour agir.

Que dit le ministre de l’environnement indien ?

Il a déclaré que la pollution de l’air était embêtante pour les gens mais qu’elle n’était pas responsable de la mortalité. Les chiffres sont pourtant très clairs : 1,1 million de décès prématurés sont attribués à ce phénomène chaque année dans son pays. Le ministre nous a fait comprendre que ce n’était pas nos affaires. Mais l’OMS n’est pas seulement là pour distribuer des masques comme on nous l’a demandé. Quand il y a un incendie dans une forêt, il faut évacuer les gens, mais il faut surtout éteindre le feu en s’attaquant à ses causes.

En 2020, l’Europe doit abaisser la limite d’exposition aux particules fines PM 2,5 mais à un taux encore deux fois supérieur aux recommandations de l’OMS. En fait-elle assez pour protéger ses citoyens ?

Plus on baisse le niveau de particules fines, mieux ce sera pour nous tous. A l’OMS, nous sommes plus exigeants. Et nous devrions l’être tous car il n’y a pas de niveau acceptable. Zéro émission, ce serait souhaitable. On est en train de réviser les standards de la qualité de l’air. Car l’Europe doit servir de modèle, de locomotive.

On a la preuve scientifique aujourd’hui que les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires mais aussi dans le système cardio-vasculaire. Actuellement, on est fixé sur les PM 2,5 parce que c’est le sujet sur lequel on a le plus de données. Mais on va être de plus en plus ambitieux.

Les études scientifiques alertent depuis les années 1980 sur les dangers du diesel. Pourquoi a-t-il fallu attendre 2012 pour qu’il soit classé cancérogène par l’OMS ?

Promouvoir le diesel pour réduire les émissions de CO2 est peut-être une erreur qu’on a faite au nom du changement climatique. Malheureusement, il y a eu un impact dommageable sur la santé. Il faut désormais inclure la réflexion sur la santé publique dans les décisions prioritaires à prendre dans le cadre de la lutte contre le réchauffement.

Comment expliquez-vous que certains pays de l’UE affichent encore une fiscalité jusqu’à 50 % plus favorable pour le diesel ?

Malheureusement, il y a beaucoup de décisions politiques qui échappent aux acteurs de la santé publique, au nom des intérêts économiques et de l’emploi. Ce qui nous inquiète surtout aujourd’hui, c’est où va finir cette flotte de vieux véhicules diesel. Et j’ai déjà une petite idée : les marchés asiatique et surtout africain vont être inondés. On va encore répéter ce cycle d’erreurs.

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 09:02

Il faut stopper ce gigantesque projet de centre commercial et de loisirs. Alors que le Grand Paris cherche sa transition écologique, les terres de Gonesse seraient une chance unique pour le maraîchage de proximité et la permaculture. Tribune collective le 30 novembre 2017. Lire aussi  Pour protéger les terres agricoles, Hulot veut taxer les bétonneurs, Le projet EuropaCity jugé peu compatible avec l'environnement et Le bêtisier d'Europacity, 3. Des emplois inaccessibles à la population locale.

Contre la folie EuropaCity, cultiver le bien commun

Un mastodonte est annoncé aux portes de Paris : à 15 kilomètres au nord du périphérique, à Gonesse, est prévue en 2019 la construction d’un des plus grands centres commerciaux au monde. Son nom ? EuropaCity. Voulu par le groupe de grande distribution français Auchan, cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda, ce « pôle de loisirs, de commerces, de culture et d’hôtellerie » engloutirait sous le béton 80 hectares de terres agricoles, parmi les plus fertiles d’Europe.

Les chiffres avancés par EuropaCity donnent le tournis : 250 000 m² consacrés au commerce, 150 000 aux loisirs et 2 700 aux chambres d’hôtel, pour un coût estimé à 3,1 milliards d’euros, auquel il faut ajouter 1 milliard d’euros d’investissement public pour la gare. Immochan, filière immobilière d’Auchan, affiche de grandes ambitions, annonçant plus de 30 millions de visites par an, soit deux fois la fréquentation de Disneyland Paris, première destination touristique en Europe.

Pour concevoir cette nouvelle infrastructure, la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, s’est appuyée sur les dernières trouvailles en marketing, qualifié d’« expérientiel ». Les consommateurs boudent les hypermarchés classiques ? Qu’à cela ne tienne : avec EuropaCity, ils vivront une expérience d’un type nouveau, associant dans un même lieu activités de loisirs, consommation culturelle et shopping. Comme à Dubaï, une piste de neige artificielle permettra de skier en plein été. Et comme au Mall of America de Minneapolis, les visiteurs feront l’expérience du parc d’attractions, du dîner et d’une nuit d’hôtel sur place, sans jamais quitter l’espace prévu à leur intention.

Immochan a cherché à donner au programme une apparence de compatibilité avec les exigences du développement durable : des bâtiments économes en énergie, des espaces verts et même une « ferme urbaine » sont au menu. Mais nul besoin de se livrer à de savants calculs pour mesurer le gâchis que signifierait le bétonnage des terres limoneuses du triangle de Gonesse, idéales pour les céréales et le maraîchage, ou pour entrevoir le bilan énergétique d’un mégacomplexe climatisé dédié à l’hyperconsommation. EuropaCity est en contradiction flagrante avec les engagements pris par la France lors de la signature de l’accord international de Paris sur le climat. Cela se passait en décembre 2015, au Bourget, à quelques encablures du terrain retenu pour EuropaCity.

Le commissaire-enquêteur chargé de rendre un avis sur la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Gonesse ne s’y est pas trompé. Dans son rapport daté du 23 août, il écrit que le projet d’Auchan et son prolongement, le « quartier d’affaires international » prévu sur une superficie qui ferait la moitié de la Défense, sont «peu compatibles avec la notion de développement durable». Au terme d’un examen méticuleux des éléments du dossier, cet expert indépendant a émis un avis défavorable à la révision du PLU de la commune.

Depuis son lancement en novembre 2011, EuropaCity bénéficie pourtant d’un soutien constant des pouvoirs publics : son inscription sur la liste des programmes labellisés « Grand Paris » n’a jamais été remise en cause. Tout se passe comme s’il suffisait qu’un acteur économique annonce, sans arguments sérieux, la création de milliers d’emplois et de « retombées économiques positives » pour qu’élus et ministres oublient les grandes déclarations sur «la maison qui brûle».

En période de chômage, nous dit-on, un investisseur qui promet de créer 10 000 postes, cela ne se refuse pas. Voire… Depuis quarante ans, la prolifération de centres commerciaux et de zones d’activités aux portes des villes françaises détruit les emplois dans les commerces de proximité et dévitalise les centres-villes. Aujourd’hui, elle menace même les grandes surfaces existantes. Le triangle de Gonesse illustre ce phénomène de cannibalisation des commerces entre eux, puisque la zone est bordée de quatre centres commerciaux qui peinent déjà à trouver leur clientèle et qui perdront au moins 3 000 emplois si le projet d’Auchan voit le jour.

EuropaCity semble rescapé d’une autre époque. Nous savons que ces investissements tombés du ciel ne peuvent nous sauver. Les emplois d’avenir viendront surtout des filières non délocalisables, des métiers de la production et de la transformation agricoles, de l’éco-construction, de la rénovation, de la réparation et de la mobilité durable.

Il est urgent de sortir d’une vision verticale et paternaliste du développement. L’aménagement du triangle de Gonesse doit associer les habitants des environs, les riverains vivant dans les cités comme ceux des pavillons. Si l’on veut réduire l’empreinte écologique et ressouder nos communautés émiettées, il faut stopper l’artificialisation des terres arables et renoncer aux équipements hors-sol.

Des métropoles européennes, comme Barcelone et Milan, l’ont compris et ont fait le choix de protéger leur patrimoine agricole. Au moment où le Grand Paris cherche de quoi sera faite sa transition écologique, les terres de Gonesse, d’une exceptionnelle qualité agronomique, constituent une chance unique. Il faut y installer du maraîchage de proximité, encourager la permaculture et l’agroforesterie. Quant aux circuits courts avec les habitants des alentours, que tout le monde appelle de ses vœux, c’est le cadre idéal pour l’expérimenter à grande échelle. Le projet alternatif Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole d’avenir (Carma) a calculé que le terrain permettrait d’alimenter en légumes sains les cantines et les hôpitaux des villes environnantes. Constitué de citoyens du Val-d’Oise et de la Seine-Saint-Denis, le Collectif pour le triangle de Gonesse a raison de combattre EuropaCity. Nous, signataires de cette tribune, soutenons leur lutte et demandons aux élus des communes concernées, du Grand Paris et du conseil régional ainsi qu’à l’Etat de renoncer à ce complexe pharaonique et ruineux. L’heure est venue de se libérer de la croissance économique considérée comme un dogme et de soutenir les initiatives locales de mise en valeur des biens communs. Il est urgent de revenir sur terre.

Signataires de la tribune, philosophes, économistes, écrivains, enseignants, climatologues, sociologues, urbanistes, paysagistes, architectes, anthropologues, paysans, ministres… : Clémentine Autain, Jean-Christophe Bailly, Delphine Batho, Mehdi Belhaj Kacem, Eric Berr, Frédéric Bonnet, Patrick Bouchain, Dominique Bourg, José Bové, Daniel Breuiller, Gilles Clément, Yves Cochet, Julie Collombat-Dubois, Olivier De Schutter, Philippe Descola, Marie Desplechin, Annie Ernaux, Dominique Gauzin-Müller, Roland Gori, Emilie Hache, Rob Hopkins, Eva Joly, Jean Jouzel, Jean-François Julliard, Naomi Klein, Christiane Lambert, Corinne Lepage, Emily Loizeau, Noël Mamère, Dominique Méda, Olivier Mongin, Edgar Morin, Fabrice Nicolino, Francis Palombi, Thierry Paquot, Pierre Rabhi, Marie-Monique Robin, Bernard Stiegler, Patrick Viveret…

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2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 09:06

La signature le 28 novembre 2017 d’une convention et d’un accord-cadre marque l’importance du travail partenarial qui s’engage entre les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA), le Ministère de la transition écologique et solidaire et l’ANSES pour améliorer les connaissances sur les pesticides dans l’air ambiant et l’exposition des populations. Alors que le feuilleton de la ré-autorisation du glyphosate par l'Union Européenne, cf. Paris s'opposera à la réautorisation du glyphosate, Glyphosate, un herbicide dans nos assiettes, Perturbateurs endocriniens : le vote camouflet du Parlement européen

et Glyphosate : les eurodéputés pour une interdiction d’ici à cinq ans, la Commission revoit sa copie et décide de reporter le vote, s'est conclu par une nouvelle autorisation pour 3 ans, un communiqué de presse des associations surveillant la qualité de l’air en France en partenariat avec l’ANSES.

Des militants antipesticides à Toulouse, le 22 novembre. REMY GABALDA / AFP

Des militants antipesticides à Toulouse, le 22 novembre. REMY GABALDA / AFP

Les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA), que fédère ATMO France, collectent depuis près de 20 ans des données sur les concentrations en pesticides dans l’air ambiant. Ces premières campagnes territoriales ont permis de mettre en évidence la présence de pesticides dans l’air près des zones agricoles comme dans les villes, ainsi que de montrer que l’exposition par la voie aérienne représente une composante importante dans l’exposition totale aux pesticides.

Dans un récent rapport1, la Cour des Comptes a recommandé à l’État de « rendre obligatoire la surveillance par les AASQA de la présence dans l’air des pesticides les plus nocifs ».

Suite à sa saisine conjointe des ministères en charge de l'agriculture, de l'écologie, de la santé et du travail2, l’ANSES vient de définir la liste minimale des pesticides à surveiller, à partir notamment de la capitalisation du retour d’expérience des AASQA.

Une campagne exploratoire de surveillance des pesticides dans l'air dès 2018

Les AASQA, dont l’expertise en matière de surveillance de la qualité de l’air est reconnue, vont mettre en oeuvre dès 2018 cette première campagne exploratoire nationale de mesures qui s’appuie sur les recommandations3 de l’ANSES ainsi que sur un protocole à venir élaboré conjointement entre l’INERIS et des AASQA.

Cette campagne concernera près de 90 substances prioritaires identifiées en fonction de leur présence avérée dans l’air et de leur potentiel danger, en France métropolitaine comme dans les régions d'outre-mer de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et de la Réunion.

Le lancement de cette campagne nationale s'inscrit désormais dans le cadre de l'arrêté du 10 mai 2017 établissant le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) pour la période 2017-2021 qui prévoit d'évaluer et de réduire la présence des pesticides dans l'air.

Le retour d'expérience de cette campagne exploratoire permettra de définir potentiellement une stratégie nationale de surveillance en la matière.

L’objectif est d'évaluer l'exposition moyenne de la population à cette pollution de fond mais aussi d'identifier d’éventuelles situations de surexposition (professionnels, riverains, ..) et de faire la part des choses entre les différentes expositions (air, eau, alimentation, contact) pour chacune des substances.

La fiscalité sur les pesticides finance la majorité de cette campagne (via l’ANSES), l'autre partie de financement étant assurée via les crédits annuels du Ministère de la transition écologique et solidaire aux AASQA.

Une campagne inscrite dans un dispositif plus global de vigilance

L’ANSES pilote par ailleurs un dispositif de phytopharmocovigilance (PPV), dont les AASQA sont partenaires et qui vise à mieux connaître et évaluer les effets indésirables des pesticides sur la santé et les écosystèmes.

La PPV repose sur la collecte et l’analyse de données provenant de trois types de sources :

• un réseau de surveillance, c’est-à-dire de recueil systématique, structuré et pérenne de données par des organismes partenaires participant à la PPV,

• la réalisation d’études ponctuelles afin de produire des connaissances manquantes,

• le signalement spontané à l’Anses par les producteurs et utilisateurs de pesticides de toute information relative à un incident, accident, effet indésirable d’un pesticide.

Partenaire de ce dispositif, ATMO France a signé un accord-cadre avec l’ANSES, conformément à l’arrêté du 16 février 20174. Cet accord encadre la fourniture par les AASQA de leurs données de mesure des pesticides dans l’air et leur contribution à améliorer les connaissances des molécules concernées mais aussi l’enregistrement de toutes concentrations inhabituelles.

À terme, ces travaux permettront de mieux évaluer l’exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés, d’informer la population et de prendre des mesures adaptées si nécessaire. Ils rendront aussi possible une meilleure connaissance de la contribution de l’exposition par l’air ambiant à l’exposition totale aux pesticides, pour tenir compte de l’ensemble des milieux et des voies d’exposition dans l'évaluation des risques.

Guy Bergé, Président d’ATMO France

 

 (1) Cour des Comptes - 21/01/16 Recommandation n°6 : https://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-politiques-publiques-de-lutte-contrela-pollution-de-l-air

( 2) Saisine du 3/09/2014 relative à la proposition de modalités pour une surveillance nationale des pesticides dans l’air ambiant

(3) https://www.anses.fr/fr/content/recommandations-de-l%E2%80%99anses-pour-la-mise-en-%C5%93uvre-d%E2%80%99une-surveillance-nationale-des-pesticides

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 09:07

Une contribution à l’enquête publique sur le PLU des Lilas 2017 de notre conseillère municipale préférée, Marie-Geneviève Lentaigne.

Je crois que le projet du PLU mériterait plus de pédagogie sur les enjeux de logement sur notre territoire et plus largement sur la région francilienne. Les alentours du parc Lucie Aubrac cristallisent beaucoup de rejets car il est vrai que notre commune est très dense comme beaucoup de villes situées dans des périmètres métropolitains. Nous sommes en zone urbaine dense mais nous restons en dessous de la densité parisienne, ville pourtant très attractive si l'on observe le prix de l'immobilier.

Je suis personnellement convaincue que l'urbanisation du 21e siècle passe par une densité assumée dans les zones urbaines, afin notamment d'éviter l'étalement urbain. Celui-ci génère trop de nuisances et pollutions, notamment en éliminant les terres agricoles, en repoussant les populations les plus modeste loin du cœur des villes, en multipliant les transports et les temps de parcours, notamment par voie routière. Le réseau de transports en commun est encore insuffisant et l'étalement rend encore plus difficile un maillage serré pertinent pour les usagers.

La demande en logements est très forte et la commune ne peut pas répondre aux aspirations légitimes de ses propres habitants pour y rester. Dans ce contexte, il est nécessaire d'avoir un point de vue global et équilibré. Je regrette un peu que le débat sur le PLU qui tend à se focaliser sur le parc Lucie Aubrac, soit séparé de données sur la politique de l'habitat et le Plan local d'Habitat intercommunal.  Il aurait été intéressant de disposer de données chiffrées précises sur le parc de logements de la ville depuis une vingtaine d'années. Bilan de la ZAC du centre-ville héritée de l'ancienne municipalité : combien de nouveaux logements et part du privé ou des bailleurs sociaux ? Même chose pour les choix plus récents faits par la nouvelle équipe municipale depuis 2001.

A propos du parc on entend beaucoup d'erreurs ou de fantasmes sur le parc qui serait « en danger », menacé, etc. L'aspiration à son extension peut être entendue, mais pas au prix de contre-vérités. Concernant les trois zones constructibles du PLU, il faudrait les rapporter à la quasi-absence d'autres espaces sur la ville. Pourtant la nature n'en est pas absente grâce aux zones pavillonnaires préservées, même si l'accès n'en est pas collectif, mais la contribution à l'atmosphère si ! Les architectes ne manquent pas d'imagination pour construire des résidences dans lesquelles la nature trouve une place (terrasses, toitures ou parois végétalisées, etc.). Le parc Lucie Aubrac est une incontestable réussite mais les enjeux de l'habitat ne peuvent être confisqués au profit des seuls riverains qui craignent un peu d'ombre sur celui-ci. Nous devons apprendre à partager pour réaliser un équilibre entre besoin de logements, de nature, d'espaces de vie en commun. Territoire très convoité, la ville des Lilas a vu le prix du m² bondir autour du parc. Les futurs habitants - dont 30 % dans des logements sociaux – n'auront sûrement pas à se plaindre du nouveau quartier, surtout avec les travaux en cours au futur parc Simone Veil. Celui-ci contribuera sans doute à mieux répartir les lieux de promenade pour enfants et adultes.

Je ne doute pas que le débat et la concertation qui suivront sur les aménagements à venir seront une occasion de mieux appréhender les choix à faire. Faisons confiance à l'imagination créative des habitants et urbanistes pour construire des projets qui préservent la qualité de vie sur notre commune, tout en répondant aux besoins d'une population croissante.

Les Lilas, le 20 octobre 2017.

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 10:07

La réunion de clôture de la concertation a eu lieu le 7 novembre, mais le bilan de la concertation ne sera présenté devant la CNDP que le mercredi 6 décembre et rendu public sur le site du Syctom et de la Commission. Un modèle de démocratie réservée à une oligarchie technicienne ! Mais on compense : l'association Écologie Au Pré vous propose une Visite du centre de tri de Romainville le 11 décembre à 14h - nombre limité, réservation obligatoire par courriel à ecologie-au-pre@orange.fr.

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Que s’est-il passé depuis notre article Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets ?

Cette concertation a commencé avec la réunion publique du 5 juillet (on y était - compte-rendu envoyé sur demande). C’est là que le Syctom a posé sa règle selon laquelle la participation aux 4 ateliers thématiques qui suivaient était conditionnée par la production d’une « contribution », soit d’une note écrite à transmettre au Syctom en amont de chacun des ateliers. Plusieurs personnes se sont insurgées contre cette limitation en nombre, au vu de l’affluence à la réunion publique (200 à 300 personnes environ selon moi). Le Directeur Technique du Syctom a fini par dire que s’il y en a plus de 30 qui font des contributions écrites par atelier, ils verraient… Ces ateliers à venir ont été aussi la raison invoquée pour ne pas donner de détails techniques sur les options, les différents procédés de séchage, de constitution des CSR.

Le public a demandé pourquoi l’option 3 : préparation des OMr et implantation d’une installation de combustion de CSR pour couvrir les besoins énergétiques du territoire en appoint de sources géothermiques à l’étude par l’EPT 8 - Est Ensemble a été maintenue dans les alternatives, puisqu’elle a été rejetée préalablement par la ville de Romainville et l’EPT Est Ensemble, et que le Syctom a régulièrement réaffirmé qu’il ne passerait pas en force contre l’avis des élus locaux ? On ne peut pas faire autrement, ont répondu en chœur Syctom et garant de la concertation. Mais après tout ce processus, la conclusion de la concertation ne tient pas compte des oppositions exprimées, et présente toujours l’option 3 !

Le point le plus important est apparu assez vite : Tous les participants ont plaidé pour la prévention et la pédagogie, nécessaires pour faire évoluer les pratiques de la société vers le tri à la source.  Notons qu’à côté de la déchetterie, la création d’une ressourcerie/atelier de réparation est prévue dans les 3 options.

Quelle cohérence entre la collecte, en gestion locale, et le traitement (Syctom) ? Les réponses des élus et techniciens présents ont été décevantes en réunion comme en ateliers. Oui pour faire de la prévention, mais ce n’est pas notre rôle, c’est une compétence qui n’est prise en charge par aucune collectivité. Ce sont les territoires qui collectent, et la région a la compétence « déchets » (à travers son PREDMA, aujourd’hui PRPGD, plan déchets d’IdF). C’est la répartition des compétences qui freine. Absolument pas satisfaisant ni responsable comme réponse, au vu des enjeux sociétaux.

J’ai participé au premier atelier, jeudi 21 septembre, « Gisement à réceptionner à Romainville à l’horizon 2023 et 2030 », et j’ai donc produit une contribution dans laquelle je notais : Le dossier de concertation manque singulièrement d’éléments permettant aux habitants de s’approprier cette question du gisement à réceptionner. Les modalités retenues d’accès aux ateliers sont anti-démocratiques et socialement inéquitables, puisqu’elles privilégient uniquement les « sachants ».

Sur ce premier atelier thématique, ou sur les suivants, vous trouverez beaucoup de documents sur le site http://projet-romainville-bobigny.syctom.fr/dialogue-et-information/les-documents-dinformation-2-2/#1509717369603-5c6d9431-962c : diaporamas projetés, compte-rendu détaillés des ateliers, contributions des citoyens, et des associations Zéro Waste, Environnement 93 et Arivem, qui ont fait un travail d’expertise citoyenne remarquable

Leurs hypothèses sérieusement travaillées d’évolution démographique et de quantité de déchets à traiter en 2023 et 2030 mettaient en doute certains chiffres avancés par le Syctom, lire par exemple http://projet-romainville-bobigny.syctom.fr/alexthibaud/, et le garant n’a pu faire autrement que de demander à chacun ses sources – nous verrons quelle est sa conclusion sur ce point.  Anne Connan, parlant au nom du Collectif 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler), a demandé : « L'extension des consignes de tri à tous les plastiques a fait l'objet sur le bassin versant du centre de tri de Sevran, d'une expérimentation financée par l'ADEME, puis de la poursuite de l'exploitation en "extension des consignes de tri" lorsque la période d'expérimentation a cessé. Nous souhaiterions que le Syctom communique les résultats de cette expérimentation et de l'exploitation depuis la fin de l'expérimentation » - réponse du Syctom sur http://projet-romainville-bobigny.syctom.fr/wp-content/uploads/2017/11/ContributionAnneConnan.pdf.

Et plusieurs fois une question est revenue : L’instauration de la tarification Incitative dans la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères ne devrait-elle pas précéder le choix de nouveaux équipements de traitement sur le territoire d’Est Ensemble ? C’est sur ce point qu’on peut avoir des doutes sur la cohérence et le suivi des politiques d’Est Ensemble.

J’y ajoute une autre information à titre d’exemple. La collecte des bio-déchets sur l’ensemble du territoire d’Est Ensemble a été votée en commission d’Est Ensemble dès 2012/2013 (je le sais, je l’ai votée comme élu d’Est Ensemble à l’époque), bien avant les élections municipales de 2014, et la réforme de la métropole transformant l’EPCI Est Ensemble en Etablissement Public Territorial Est Ensemble. Pourquoi n’a-t-elle pas été appliquée dès 2013, ou depuis ? Une raison simple : ça coûte plus cher ! On préfère s’occuper d’aménagement – plus visible les bâtiments nouveaux… - que de notre vie quotidienne…

Les ateliers thématiques suivants avaient pour sujets « Economie circulaire, réemploi, valorisation matière et valorisation organique des biodéchets » (jeudi 28 septembre), « Les solutions techniques envisagées pour la gestion des ordures ménagères résiduelles (OMR) » (jeudi 12 octobre) « Intégration urbaine et logistique fluviale » (jeudi 19 octobre). Lors de la clôture finale, la faiblesse de l’information sur le processus de « concertation » soi-disant « exemplaire » a été relevée par de nombreu-x-ses habitants – contrairement aux affirmation de Neorama, la société recrutée pour la mettre en œuvre : les lettres d’information et les appels aux réunions d’ouverture et de clôture n’ont pas été distribuées dans toutes les boites aux lettres des habitant-e-s d’Est Ensemble, pourtant tou-te-s concernées.

Le sentiment d’une concertation biaisée est partagé, et l’association Zéro Waste représentée par Flore Berlingen a décidé d’adresser un courrier au Président de la CNDP signalant son désaccord avec la règle selon laquelle la participation aux ateliers thématiques était conditionnée par la production d’une « contribution », soit d’une note écrite à transmettre au Syctom en amont de chacun des ateliers. Selon l’association, cette règle constituait un obstacle à la participation des citoyens. Par ailleurs, Zéro Waste France est en désaccord avec les prévisions du Syctom, en comparaison avec la baisse tendancielle de la quantité de déchets et les objectifs de la LTECV : les prévisions du Syctom s’avèrent moins ambitieuses. Flore Berlingen revient sur la troisième variable à partir de laquelle se construisent les prévisions de gisements et signale que le territoire du Syctom souffre d’un retard important concernant la pratique du tri. Le taux s’élève à 13,4%, alors que des métropoles françaises obtiennent de meilleurs résultats, telles que Lyon ou Nantes.

Francis Redon pour Environnement 93 a présenté sa lecture de l’aspect qualitatif de la concertation, après le bilan quantitatif présenté par le Syctom, insatisfaisante, décevante, compliquée. Si la Charte de la participation du public affirme le pouvoir d’initiative du citoyen et le principe de co-construction, il s’interroge sur la manière selon laquelle les citoyens ont été écoutés. En ce qui concerne la solution n°2, des questions n’ont pas eu de réponse et les incertitudes demeurent sur l’appel à produire plus d’ordures générerait l’incinérateur appelé « chaufferie », et il craint l’émanation de nuisances olfactives suite à l’assèchement des déchets. Environnement 93 se positionne contre la solution n°2. Il insiste sur le fait qu’il existe des modèles à suivre en Seine-Saint-Denis : le SEAPFA (Syndicat d’Equipement et d’Aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye) en charge de la collecte des déchets d’Aulnay-sous-Bois, du Blanc-Mesnil, de Sevran, de Villepinte et de Tremblay-en-France, dispose d’un réseau de déchèterie exemplaire.

Les conclusions du Syctom ?

Plusieurs lectures des hypothèses de population existent représentant un différentiel d’environ 130 000 habitants (soit environ 2% et un différentiel d’environ 30 000 tonnes à comparer avec les 2,3 millions de tonnes de déchets traités par le Syctom).

• Les ratios de déchets à traiter par le Syctom à l’horizon 2030 envisagés par les différents acteurs divergent également.

• L’ambition vis-à-vis du développement des collectes sélectives multimatériaux et des biodéchets est partagée mais des avis divergent sur le calendrier de sa mise en œuvre.   

• La réussite de la politique de gestion des biodéchets dépend directement de la mise en œuvre du tri à la source, de l’adhésion des habitants et de la généralisation de l’expérimentation en cours sur le territoire.

Le Syctom acte les différences d’appréciation, mais ne change rien à ses prévisions !

Pour conclure, reprenons les mots d’un contributeur : « Tous les arguments avancés pour la défense du projet n°1 me conviennent. Il serait bien que la voix de la majorité soit entendue », et 95% des contributions à la concertation, surtout celles déposées depuis la réunion de clôture, sont en faveur de l’option n°1.

Est-ensemble, réuni en Conseil de Territoire mardi 21 novembre, a confirmé ses positions du 23 mai 2017, et émis un vœu sur le projet de centre de traitement des déchets du Syctom à Romainville/Bobigny, par rapport aux trois scénarios toujours envisagés par le Syctom :

Vœu proposé par l’exécutif d’Est Ensemble sur le projet de centre de traitement des déchets du Syctom à Romainville / Bobigny

Le 19 juin 2017, le Syctom a engagé une concertation préalable sur le devenir du site de traitement des déchets de Romainville / Bobigny. Est Ensemble souhaite pleinement être associé au renouvellement industriel de cet équipement, au titre des compétences Aménagement durable et Développement économique, Écologie urbaine et Prévention et valorisation des déchets.

Cette concertation s’est déroulée sur une durée de cinq mois, autour de deux réunions publiques, quatre ateliers thématiques, une exposition itinérante et la mise à disposition de ressources documentaires.

À l’issue de cette période de concertation, le Syctom expose trois hypothèses techniques pour le traitement des ordures ménagères résiduelles sur le site de Romainville / Bobigny :

- Hypothèse 1 : « la modernisation du site », qui inclue la réception des bennes d’ordures ménagères et leur transport par voie fluviale et induit une politique ambitieuse de réduction des déchets menée par Est Ensemble pour atteindre l’objectif « zéro déchet » ;     

- Hypothèse 2 : « l’optimisation de la logistique urbaine », qui prévoit la réception des bennes d’ordures ménagères, le séchage d’une grande partie des ordures ménagères résiduelles afin d’optimiser leur transfert, la constitution d’un stock tampon pour une partie du flux, et le transfert par voie fluviale ;         

-  Hypothèse 3 : « le traitement partiel », qui comprend la préparation de combustibles solides de récupération (CSR) à partir d’une partie du flux d’ordures ménagères résiduelles séchées, l’implantation d’une chaufferie CSR d’appoint à géothermie et le transfert par voie fluviale des produits séchés non valorisés sur le site.

Lors de son Conseil de territoire du 23 mai 2017, Est Ensemble a adopté à l’unanimité une note de positionnement relative au projet de ce centre de traitement des déchets, dans laquelle sont rappelés les objectifs de réduction de la production des déchets et de favorisation de l’économie circulaire.

Il y est également indiqué que « les élus se prononcent contre un projet d’incinération ou de combustion des ordures ménagères résiduelles sur le site de Romainville ».

Aussi, les élus territoriaux d’Est Ensemble, réunis en Conseil Territorial le 21 novembre 2017, 

1. Rejettent le traitement partiel des déchets sur le site évoqué à l’hypothèse 3 ;

2. Prennent acte de l’hypothèse 1 de modernisation du site ;

3. Demandent des informations supplémentaires sur l’optimisation de la logistique urbaine prévue dans l’hypothèse 2, afin de juger de son opportunité et des garanties sanitaires et environnementales offertes à la population de notre territoire et d’ailleurs.

L’association des riverains Arivem a lancé en octobre une Pétition sur change.org  que j’ai personnellement signée : Aux élus qui vont décider du sort du centre du SYCTOM de Romainville-Bobigny, nous disons : OUI à la solution 1 DE REHABILITATION DU CENTRE permettant le développement des collectes sélectives, du recyclage, de la réparation/réutilisation ; NON aux solutions 2 et 3   D'INTRODUCTION EN PLEINE VILLE DE TRAITEMENTS NAUSEABONDS ET NOCIFS.

En attendant les conclusions du garant de la CNDP sur cette concertation, rendues publiques le 7 décembre... et décision du Syctom le 21 décembre !

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 09:06
Transports pénibles, une ville à repenser
Transports pénibles, une ville à repenser

Dans nos trajets de tous les jours, décidément nous sommes « trop » : conducteurs trop bloqués dans le trafic, piétons et cyclistes frôlés de trop près, passagers de RER et bus trop comprimés, trop perturbés par des incidents ; et tous, trop gavés de pollution. Nos déplacements sont alors des épreuves, longues, incertaines et usantes.

À quoi, ou à qui, la faute ? Un manque de moyens pour les transports en commun, leurs personnels, leurs matériels, la maintenance, les réseaux ? Des défauts d’organisation ? Des situations que l’on a mal anticipées ? Des projets absurdes (plusieurs se préparent, en région parisienne, en ce moment même) ? Ou encore, des villes mal équilibrées, ce qui allonge et multiplie les trajets ?

Dans tout cela, quel est le rôle des calculs financiers, des systèmes de décision, des volontés - ou du manque de volonté - politiques, des débats dans la société, de nos choix de vie ?

À l’inverse, y a-t-il des pistes bien repérées pour améliorer les choses ? Certaines sont-elles déjà explorées ?

Les collectifs « Les Lilas Autrement » et « à Gauche Autrement »
(Pré-Saint-Gervais), deux groupes politiques se réclamant d’une gauche alternative et écologiste dans nos deux villes, invitent à une réunion publique,

                                       le MARDI 5 DÉCEMBRE 2017 à 19H30
Mairie des Lilas / salle des Mariages.

Avec l’intervention de :
Marc Huret, urbaniste, ancien conseiller municipal « à Gauche Autrement » au Pré (et maire-adjoint pendant quelques années), vient notamment de publier l’ouvrage « Une autre ville est possible. L’agenda 2020-2040 de l’urbanisme en France » (éd. L’Harmattan).
Pierre Serne, conseiller régional EELV en Ile-de-France, est membre du conseil d’administration du STIF (Syndicat des transports d’Île-de-France) et du GART (Groupement des autorités responsables des transports).

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 14:17

L’enquête publique sur la révision du PLU des Lilas est maintenant close depuis un mois et nous attendons toujours la publication du rapport de la commissaire enquêtrice.

Depuis un an et les observations que le groupe local EELV des Lilas a pu faire sur ce projet de PLU, cf Derniers échos de la révision du PLU des Lilas, un collectif d’habitants et de riverains du Parc Lucie Aubrac s’est constitué autour de la défense de l’espace vert, et a lancé en mai 2017 une pétition, Préservons le parc Lucie Aubrac ! atteignant plus de 600 signatures.

Puis le projet de révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU) des Lilas a été soumis à enquête publique du 20 septembre au 20 octobre. Dès le début, nous avons déposé notre contribution auprès de la commissaire enquêtrice, reprenant essentiellement les points développés fin 2016 dans notre lettre au maire et notre article Derniers échos de la révision du PLU des Lilas. Beaucoup d’habitants et de membres du collectif de préservation du Parc Lucie Aubrac devenu association, sont également intervenus lors des permanences de l’enquête publique ou sur le site internet dédié, cf. http://www.ville-leslilas.fr/plu2016/enquete-publique, 95% des contributions s’exprimant exclusivement à propos du Parc Lucie Aubrac contre le projet municipal. Bien sûr, on savait que Le projet de révision du PLU pourra être modifié suite à l'enquête publique, pour tenir compte des remarques des habitants et du rapport de la commissaire enquêtrice. Ce rapport pourra être consulté à la Mairie des Lilas ou au siège d'Est Ensemble à l'issue de l'enquête. L'approbation finale du nouveau PLU est prévue en fin d'année…(site du PLU).

La municipalité avait aussi décidé de tenir ses réunions d’information de quartier en octobre sur le thème «  chantiers en cours et projets d’urbanisme à venir aux Lilas ». Celle du Quartier Romain-Rolland à laquelle nous avons assisté, a permis à de nombreux riverains de s‘exprimer contre le projet municipal d’Opération d’Aménagement Programmée (OAP) prévue sur le secteur de Lucie Aubrac dans le cadre de la révision du PLU. Malgré cela, le maire a réaffirmé la nécessité d’inscrire cette OAP dans le nouveau PLU.

Est-ce la lecture des contributions de l’enquête publique, ou ces dernières réunions publiques qui l’ont fait changer d’avis ? Toujours est-il qu’au lendemain de la clôture de l’enquête publique, le 20 octobre, et avant la publication du rapport de la commissaire enquêtrice, le Maire des Lilas a demandé à rencontrer l'association du parc Lucie Aubrac le samedi 21 octobre. Il a annoncé à la délégation son souhait de se donner du temps pour la concertation sur l’aménagement du pourtour du parc. A cette fin, l’OAP du secteur Lucie Aubrac va être retirée de la révision du PLU. Surtout, la proposition a été faite de constituer un comité de pilotage tripartite (Ville, collectif et riverains, associations résidant aux abords du parc) chargé de réfléchir et d’élaborer des projets et d’organiser la concertation avec tous les riverains et tous les Lilasiens. Cette position a été officialisée via un article dans le dernier magazine municipal (extraits plus haut en italique).

Nous nous réjouissons qu’une enquête publique permette de modifier l’idée arrêtée de la municipalité. Remarquons que nos autres remarques liées à la préservation de l’environnement, au SRCAE ou au quartier du Fort de Romainville n’ont pas été prises en compte, de même que nous n’avons jamais reçu une réponse du maire à nos deux lettres, l’une sur le PLU, l’autre contre les aménagements bétonnés déjà effectués du Parc Lucie Aubrac. Mais nous étions seuls sur ces appréciations de l’impact environnemental du PLU, alors que l’élan populaire autour du Parc était perceptible. Souhaitons que nos arguments contre les aménagements bétonnés déjà effectués du Parc Lucie Aubrac soient repris par l’association.

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