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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 14:49

Enjeux et opportunités d'une alimentation moins carnée.
Voici la synthèse d’un rapport du 23 novembre 2017 pour Terra Nova suivie de propositions concrètes, pistes d'études ou de réflexion en faveur d'un régime alimentaire moins carné. 
Lire aussi
Nourrir la planète avec une agriculture 100% biologique en 2050, c’est possible, Manger pour régner, Florence Burgat : « L’institution de l’alimentation carnée reflète un désir très profond de l’humanité » et L'avis des bêtes.

Par Dalibor Frioux, consultant et écrivain ; Antoine Hardy*, ancien responsable du pôle « Société » de Terra Nova ; Thierry Pech, Directeur général de Terra Nova ; Matthieu Vincent, fondateur de DigitalFoodLab (*C'est à titre strictement personnel qu'Antoine Hardy signe ce rapport, dont la rédaction a débuté à l'automne 2016. Sa signature ne saurait engager ni de près ni de loin son employeur actuel).

SYNTHÈSE

Associée à l'élévation du niveau de vie et aux progrès de l'agriculture, la consommation de viande a explosé au cours du XX e siècle dans les pays développés et progresse à présent rapidement dans de nombreux pays émergents.

Cette dynamique est désormais porteuse d'inquiétudes. De nombreux nutritionnistes et diététiciens abandonnent les réticences que leur inspirait naguère une alimentation plus végétale. Les épidémiologistes ont établi, de leur côté, que la surconsommation de viande pouvait être la cause de plusieurs types d'affections.

La multiplication des scandales sanitaires a, par ailleurs, suscité des doutes sur la sécurité alimentaire de ces produits. Les spécialistes de l'environnement ont démontré, quant à eux, que les activités d'élevage avaient une contribution conséquente aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et qu'elles impliquaient une mobilisation de ressources souvent disproportionnée par rapport à leur apport nutritionnel. Pour ne rien arranger, les révélations sur le traitement des animaux dans certains abattoirs ont soulevé une large émotion ces dernières années. Enfin, le désarroi de nombreux éleveurs devant la difficulté à vivre de leur travail a mis en lumière les défaillances et dysfonctionnements des chaînes de valeur de ce secteur.

Notre objet n'est pas de condamner en soi la consommation de viande. Mais tout plaide pour que soit recherché un nouveau compromis entre nos traditions alimentaires et nos impératifs sanitaires, environnementaux et économiques. Ce nouvel équilibre commande une réduction quantitative et une amélioration qualitative de la viande que nous consommons. L'objet de ce rapport est de passer en revue les arguments qui plaident en faveur de ce nouvel équilibre, de fixer un cap à la transition alimentaire qu'il convient d'amorcer et de formuler des pistes d'action pour progresser dans cette direction.

Il nous semble plus précisément que, dans les deux ou trois décennies qui viennent, nos objectifs sanitaires et environnementaux commandent que l'on divise par deux notre consommation de chair animale et que l'on inverse la part des protéines végétales et des protéines animales dans l'ensemble de nos apports en protéines. Pour y parvenir, plusieurs leviers pourront et devront être actionnés. Et notamment : la promotion des protéines végétales par les organismes publics de recommandations alimentaires et sanitaires, la mention visible des modes d'élevage et d'abattage sur les produits à la vente, une meilleure valorisation des végétaux par les signes officiels de la qualité et de l'origine (SIQO), une politique de restauration scolaire plus ouverte aux plats végétariens, la formation des cuisiniers et personnels de restauration, l'information et la formation des parents, le contrôle des distributeurs alimentaires dans les lieux publics et collectifs, le développement des primes herbagères agro-environnementales et des aides à la conversion à l'agriculture biologique, le financement des secteurs les plus prometteurs de la FoodTech...

Ce ne sont pas les idées qui manquent pour cheminer sans tarder vers une alimentation durable.

PROPOSITIONS

Les propositions formulées ici sont moins des solutions clé-en-main que des pistes d'études ou de réflexion en faveur d'un régime alimentaire moins carné. L'objectif synthétique que nous proposons de poursuivre est, dans les deux ou trois décennies qui viennent, de diviser par deux notre consommation de chair animale et d'inverser le ratio actuel de protéines animales et végétales dans notre alimentation, c'est-à-dire de viser une alimentation où 60 % des protéines seraient d'origine végétale (contre environ 40 % aujourd'hui). Cette cible est très proche de celle proposée par le cabinet Solagro dans son scénario Afterres2050 et en reprend la plupart des autres hypothèses (diminution d'un tiers des surconsommations, diminution de 50 % des pertes et gaspillages tout en maintenant l'indice de masse corporelle moyen). Elle permettrait à la fois de s'approcher du « facteur 2 » de réduction des émissions de GES d'origine agricole préconisé par la Stratégie nationale bas carbone et de se conformer aux recommandations des principales agences sanitaires nationales et internationales.

Il faut cependant garder à l'esprit que, si le régime alimentaire est bel et bien un objet de politique publique, il ne peut évoluer que progressivement et le plus souvent lentement. Et ce pour au moins deux raisons. La première est qu'il touche à des habitudes alimentaires, des normes sociales et des préférences culturelles qui s'inscrivent en général dans le temps long des sociétés. La seconde est qu'il implique une stratégie elle-même de long terme pour organiser et accélérer la transition de notre modèle agricole et de ses modes de production. Si cette stratégie n'est pas précisément décrite dans le présent rapport, nous sommes cependant conscients qu'elle est et sera nécessaire. D'autant qu'on ne saurait promouvoir la transition alimentaire aux dépens des agriculteurs en général et des éleveurs en particulier, lesquels sont déjà mis à rude épreuve. Terra Nova formulera dans les mois et les années qui viennent des propositions dans ce sens.

Proposition 1 : Évoluer vers la généralisation de l'option « repas alternatif végétarien » et l'imposition d'un jour végétarien par semaine dans la restauration scolaire des collèges et lycées

Proposition 2 : Mieux former les cuisiniers aux enjeux de la transition alimentaire

Proposition 3 : Mieux informer les parents des très jeunes enfants et les parents d'élèves

Proposition 4 : Pousser les organismes publics de recommandations alimentaires à promouvoir davantage les protéines végétales, à proposer plus systématiquement des solutions pratiques et à réviser les grammages recommandés en matière de viande

Proposition 5 : Mettre en cohérence le Programme national nutrition santé (PNNS) et le Plan national santé environnement (PNSE)

Proposition 6 : Promouvoir, sur les produits à la vente, la mention visible du mode d’élevage et d'abattage ; étudier l'extension du modèle de classification des œufs aux autres produits alimentaires pour lesquels des animaux ont été utilisés

Proposition 7 : Mieux valoriser les végétaux grâce aux Signes officiels de la qualité et de l'origine (SIQO)

Proposition 8 : Mieux contrôler les distributeurs alimentaires dans les lieux publics

Proposition 9 : Développer les primes herbagères agro-environnementales et consacrer une part plus substantielle des aides de la PAC à la conversion à l'agriculture biologique et aux solutions agroécologiques

Proposition 10 : Réfléchir à un « contrat de transition » à destination des éleveurs qui désirent soit se reconvertir dans une autre activité, soit faire évoluer rapidement leur exploitation vers un modèle plus cohérent avec la transition alimentaire souhaitée

Proposition 11 : Développer un réseau d’investisseurs sur le temps long dans les secteurs de la FoodTech travaillant sur l'alimentation à partir de protéines végétales

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 11:48

En 2017, allons-nous dire enfin stop aux violences contre les femmes ? Rendez-vous samedi 25 novembre, 14h30, Place de la République à Paris, défilé jusqu’à Bastille. Cf. http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/. Lire aussi Violences sexuelles, violence à la Terre, une même culture et Un 8 mars revendicatif pour l'égalité salariale.

Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre

Le 25 novembre, journée internationale pour l'élimination des violences contre les femmes, arrive cette année dans une actualité brûlante. Deux semaines après que le viol d'une enfant de 11 ans ait été requalifié "d'atteinte sexuelle" par le parquet, des centaines de milliers de femmes victimes de harcèlement et d'agressions sexuelles se mobilisent pour dénoncer publiquement leurs agresseurs, connus ou non, avec les hashtags #BalanceTonPorc et #MoiAussi. Le mouvement est mondial.

Certains semblent découvrir le sujet et s'étonnent du nombre de victimes. Pourtant, les violences patriarcales contre les femmes ne sont pas des faits nouveaux. En France, les chiffres n'évoluent quasiment pas d'une année sur l'autre. Mais dans les commissariats, les plaintes ont augmenté de 30%. Enfin, le monde semble se rendre compte que les femmes victimes d’agresseurs ne sont pas une série de cas isolés mais bien le reflet d’un problème de société massif, généralisé, systémique, que l’on nomme domination patriarcale. Les chiffres, qui n’évoluent pas ou peu au fil des ans, parlent d’eux-mêmes :

  • 1 femme est assassinée tous les 3 jours par son conjoint ou ex
  • 62 000 femmes de 20 à 69 ans sont victimes de viols ou tentatives de viols chaque année (et au moins le double de filles mineures)
  • Plus de 550 000 femmes sont victimes d’agressions sexuelles (autres que viols) par an
  • 80% des femmes estiment être régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes dans leur cadre professionnel.
Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre

Les violences patricarcales prennent de très nombreuses formes : publicités sexistes et dégradantes, insultes, harcèlement dans la rue, cyberharcèlement, harcèlement sexuel au travail, lesbophobie, coups, agressions sexuelles, prostitution et traite, pornographie, mutilations sexuelles, mariages forcés, viols, violences conjugales, violences psychologiques, administratives et économiques, violences contre les femmes en situation de handicap, de vulnérabilité économique, femmes migrantes étrangères souvent victimes de double violence.

Ces violences sont universelles, et touchent toutes les femmes. Elles ont lieu partout dans le monde et sont le fait d'hommes de toutes origines, de tous milieux, de tous pays. Elles ne sont pas seulement le fait de "pauvres", "d'étrangers" ou d'hommes issus de "quartiers difficiles", comme on voudrait souvent nous le faire croire afin d'instrumentaliser la parole féministe à des fins racistes, ou pour stigmatiser les milieux populaires.

Malgré l'action des associations féministes et les témoignages de femmes victimes, la tolérance de la société face à ces violences reste très forte, et l'impunité des agresseurs reste la règle : 1% de violeurs seulement est condamné en France.

Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre

Il est temps que la société prenne la mesure des violences subies par les femmes du fait du système patriarcal et pour le maintenir. Arrêter les violences ne peut se faire sans un changement global des rapports entre les femmes et les hommes. Cela suppose une volonté de mener une politique publique contre les violences faites aux femmes, de grande ampleur. Cela exige un budget conséquent alloué au secrétariat d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes. Les subventions aux associations, qui remplissent des missions de service public, doivent être pérennisées et augmentées. Leurs emplois doivent pouvoir être conservés car elles pâtissent en premier lieu de la suppression des contrats aidés.

Nous demandons une loi-cadre contre les violences et le sexisme, qui inclut :

  • l'application des lois existantes, le renforcement de l'arsenal juridique, la fin de l'impunité et la protection des victimes ;
  • dès le plus jeune âge la prévention et l'éducation à l'égalité, au respect et à la vie affective et sexuelle ;

la formation des professionnel.le.s aux violences sexuelles et sexistes.

Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre

Le 25 novembre, femmes et hommes, manifestons pour enfin en finir avec les violences patriarcales contre les femmes !

Premier.e.s signataires :

Collectif National pour les Droits des Femmes, Acort Groupe Femmes de Turquie, Alternative Libertaire, Amicale du Nid, APEL-Egalité, Assemblée des Femmes, Association Nationale des Etudes Féministes, les Chiennes de Garde, Collectif 13 Droits des femmes, Collectif 20è/Tenon pour l'IVG, Collectif Féministe contre le Viol, Collectif pour le Respect de la Personne, Coordination Lesbienne en France, CQFD Fierté Lesbienne, Ensemble !, Europe Écologie Les Verts, Féministes Insoumis.es, Femen, Femmes Egalité, Femmes libres sur Radio libertaire, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires, Festival Femmes en résistance, Fédération Syndicale Unitaire, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Maison des Femmes de Paris, Maison des Femmes Thérèse Clerc à Montreuil, Marche Mondiale des Femmes Paris Ile de France, Mouvement du Nid, NPA, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France, Planning Familial, Rajfire, Réseau Féministe Ruptures, SKB (Turquie), Union Syndicale Solidaires.

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 12:21

Les grandes associations et de nombreux collectifs locaux d’aide aux migrants se regroupent pour montrer le visage de la France qui accueille. Le collectif Les amis de la Roya citoyenne s'est constitué en association lundi 20 novembre à Paris, nous y étions, pour soutenir les lanceurs d'accueil Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni,... D’après Maryline Baumard le 21 novembre 2017 pour Le Monde.

Pierre-Alain Mannoni lors du lancement de l’association Les Amis de la Roya citoyenne lundi 20 novembre à Paris

Pierre-Alain Mannoni lors du lancement de l’association Les Amis de la Roya citoyenne lundi 20 novembre à Paris

Tous sous une même bannière ! Mardi 21 novembre, 470 associations et collectifs d’aide aux migrants lancent les Etats généraux des migrations. Ils se veulent une émanation de cette France de l’accueil qui n’a pas réussi à parler d’une même voix depuis 2014, et espèrent ensemble peser face à la politique du gouvernement.

Pour la première fois depuis 2008, Amnesty International, le Secours catholique, la Croix-Rouge française, Médecins du monde mais aussi le Gisti ou Emmaüs International se retrouvent dans un mouvement unitaire aux côtés d’une longue liste de collectifs locaux qui jusqu’alors cantonnaient leur mission à une aide aux migrants, sans s’inscrire dans une expression plus politique. Les P’tits Dej’ à Flandre, Terre d’errance ou Paris d’exil feront eux aussi entendre leur voix, en écho à celle de Roya citoyenne et de nombreux mouvements catholiques ou protestants.

Cahiers de doléances

Une bonne partie du mouvement citoyen d’accueil des migrants se met ainsi en ordre de marche. Symboliquement, les premières actions auront lieu le 18 décembre, journée internationale des migrants. Des cahiers de doléances seront ouverts et commenceront à être noircis par les 470 communautés partantes. Dans la foulée, des concertations seront décentralisées partout en France avec interpellation et mobilisation citoyenne en réaction au projet de loi sur l’immigration que prépare le ministère de l’intérieur pour début 2018.

Les associations veulent aussi rendre plus visible cette « chasse aux migrants qui continue dans les Alpes, près de Calais et partout en France, tandis que les procès de citoyens solidaires se succèdent », comme le précise Violaine Carrère, juriste au Gisti et membre du comité de liaison.

« On a longtemps laissé faire mais désormais, face à la situation de violence contre les migrants, à la multiplication des interpellations de citoyens solidaires et à la préparation d’un projet de loi très répressif, il nous fallait agir, dire haut et fort que cette politique n’est pas menée en notre nom », observe Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs international.

Son association est l’une des premières à s’être mobilisées à force de voir, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, des compagnons d’Emmaüs convoqués par la police et des responsables de centre auditionnés au sujet des sans-papiers qu’ils aident.

Les différences d’approche mises entre parenthèses

En janvier déjà, les associations marquées à gauche, mais aussi des mouvements catholiques, avaient commencé à se compter, élaborant une carte de France baptisée #LaPreuveParNous, qui regroupe 1 097 initiatives diverses d’aides aux nouveaux venus sur tout le territoire. Les répondants de ce premier appel sont aussi ceux qui ont signé une tribune le 17 juin sur le site Mediapart. Intrigué par la liste des 470 signatures, l’Elysée a reçu des émissaires, six organisations nationales et six collectifs locaux.

« Le pouvoir en place voulait bien des états généraux sur l’alimentation, mais pas sur les migrations. D’autant que sur notre sujet, ils nous ont dit avoir déjà leur feuille de route », observe rétrospectivement un des invités. Le 12 juillet a en effet été annoncé le « plan migrants » du gouvernement… « Cette fin de non-recevoir a fini de nous convaincre de la nécessité d’organiser nos états généraux sans l’Etat », ajoute le même interlocuteur.

Mettant donc entre parenthèses les différences d’approche au sein de ce paysage multiforme, 110 représentants de 80 associations se sont une nouvelle fois retrouvés à Paris dans les locaux d’Amnesty International, le 7 octobre, pour entériner l’idée de cahiers de doléances, avant une autre réunion pour les derniers calages, largement suivie elle aussi.

Créer un vaste mouvement d’opinion

Prévue pour s’inscrire dans la durée, cette mobilisation veut agir à la fois « sur la loi migration qui pourrait passer au Parlement au printemps » et de façon plus profonde en créant un vaste mouvement d’opinion, organisé, capable de peser « et de faire comprendre que les Français sont accueillants et que nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaître dans la politique menée aujourd’hui », rappelle Camille Champeaux du Centre de recherches et d’information pour le développement, l’instance qui coordonne.

Aux côtés de Cédric Herrou, de nouvelles voix issues de dizaines de collectifs sont partie intégrante du dispositif. Dans la Roya, d’ailleurs, afin de sortir du tête-à-tête stérile entre le préfet et Cédric Herrou – une nouvelle fois assigné en justice lundi 20 novembre –, un collectif baptisé Les Amis de la Roya citoyenne a posé son acte de naissance lundi à Paris et sera acteur des états généraux. Il est parrainé par plusieurs centaines d’artistes, intellectuels et politiques, d’Agnès Jaoui à Jacques Testart en passant par Annie Ernaux ou Jean-Luc Mélenchon.

Des migrants, Cedric Herrou, Pierre-Alain Mannoni, et d’autres lanceurs d’accueil dans un débat animé par Daniel Schneidermann, lors du lancement de l’association Les Amis de la Roya citoyenne lundi 20 novembre à Paris

Des migrants, Cedric Herrou, Pierre-Alain Mannoni, et d’autres lanceurs d’accueil dans un débat animé par Daniel Schneidermann, lors du lancement de l’association Les Amis de la Roya citoyenne lundi 20 novembre à Paris

Les représentants des grandes associations nationales, emblématiques du secteur, abordent eux la période avec l’expérience de leur dernière importante mobilisation sur le sujet, il y a neuf ans. Sous l’ère Sarkozy, un collectif citoyen qui offre bien des points communs avec celui de 2017, avait réussi à monter un Sommet citoyen sur les migrations.

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 09:33

La COP23 vient de s'achever. Aucun sursaut politique n'est venu répondre à l'alerte des scientifiques et à la multiplication des catastrophes climatiques. A cette forme de déni climatique qui conduit à repousser à plus tard ce qui ne devrait pas l'être, doit répondre une mobilisation citoyenne d'une ampleur sans précédent : à nous de faire l'impossible pour que l'impensable ne se produise pas. Par Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France, le 20 novembre 2017.

Urgence climatique : écart entre le réel et le souhaitable (données PNUE retravaillées par Le Monde)

Urgence climatique : écart entre le réel et le souhaitable (données PNUE retravaillées par Le Monde)

Déni climatique

Face à ce déni climatique, les Etats ont daigné accepter l'organisation d'« un dialogue facilitateur » en 2018 pour remettre ce sujet sur la table. Lors de la COP 23, ils n’ont malheureusement donné aucune garantie sérieuse pour que ce dialogue de Talanoa, ainsi renommé par la présidence fidjienne, s’acquitte de cette tâche urgente. Le texte final de la COP23 ne fait « qu'accueillir avec reconnaissance » la tenue de ce dialogue tout au long de l'année 2018, mais il ne lui fixe aucun objectif précis et contraignant si ce n'est d'être « constructif et tourné vers les solutions ».

Face à l'urgence climatique et l'inertie des Etats, place au sursaut citoyen ?

Mesurons-en précisément les conséquences. L'alerte des scientifiques est claire : les émissions mondiales de GES doivent commencer à décroître d'ici à 2020. Or, compte tenu de la faiblesse des politiques climatiques actuelles, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2017 et rien ne permet d'affirmer désormais que la COP24 et ce fameux dialogue de Talanoa puissent contribuer à inverser durablement, et dans des proportions suffisantes, cette tendance. Selon les propres calculs de l'ONU basés sur les engagements pris par les Etats en 2015, un record d'émissions mondiales pourrait être battu chaque année d'ici à 2030 pour atteindre 56,2 Gt éq. CO2 en 2030 (voir ici). Deux ans après la COP21, les Etats n'ont pris aucun engagement et n'ont donné aucune garantie pour que ce scénario catastrophe ne se produise pas.

Procrastination climatique généralisée

Il est aisé de se tourner vers Donald Trump et sa décision de retirer son pays de l'Accord de Paris ou vers le refus de la Chine de réduire ses émissions bien avant 2030. Mais cela ne saurait masquer la responsabilité de l'UE qui, sous couvert de leadership climatique, mène en fait une contre-révolution énergétique en Europe : objectifs climat pour 2030 peu ambitieux, refus de remettre à plat le marché carbone européen qui dysfonctionne, financement et constructions d'infrastructures gazières inutiles, etc. Et la France ? Derrière le slogan #MakeThePlanetGreatAgain s'entasse déjà une longue liste de décisions contradictoires avec l'impératif climatique et, tout aussi important, le refus, jusqu'ici, de mener bataille à Bruxelles, laissant les lobbys de l'énergie français peser de tout leurs poids.

Longue liste de décisions contradictoires à l'impératif climatique

Longue liste de décisions contradictoires à l'impératif climatique

Emmanuel Macron et Nicolas Hulot vont-ils enfin se décider à mener bataille à Bruxelles pour que l'UE se donne des objectifs bien plus ambitieux que les 40% de réduction d'émissions de GES et les 27% d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables pour 2030 ? Rien n'est moins sûr quand on voit qu'Emmanuel Macron s'est empressé de saluer le mauvais compromis sur le marché carbone européen lors de son discours lors de la COP23 à Bonn, tout en restreignant les défis de la transition énergétique en Europe à la construction de nouvelles infrastructures d'interconnexion et de stockage de l'énergie. Sans minimiser ces enjeux, on est bien loin d'une ambition européenne digne de ce nom. Dans le même temps, Nicolas Hulot ne semble pas décider à faire de Bruxelles un axe stratégique de sa politique énergétique : l'axe 20 de son plan climat ne porte aucun objectif en la matière.

Malgré les limites de l'Accord de Paris...

Nous payons aujourd’hui le prix des limites intrinsèques de l’Accord de Paris qui n’a pas été doté de dispositifs suffisants pour imposer aux États de revenir sur une trajectoire inférieure à 2 °C. Ce refus de toute contrainte internationale conduit à des engagements volontaires (bottom up) déconnectés des objectifs globaux de réduction d’émissions, qu’un traité basé sur un droit non contraignant, qui incite plutôt qu’il ne régule ou sanctionne (soft law), ne permet pas de rendre plus ambitieux. Malheureusement, l'Accord de Paris ne permet pas d'imposer aux Etats qu'ils lèvent les sérieuses menaces qui pèsent sur l’avenir et le contenu des politiques climatiques. L'Accord de Paris ne suffit pas pour qu’enfin, après 25 ans de négociations, les émissions mondiales de GES commencent à diminuer. Ce n'est pas nouveau. Mais il faut en être conscient.

Conserver une chance raisonnable de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C implique d'arrêter de perdre du temps. A commencer par laisser croire à la population que l'Accord de Paris nous met sur la bonne voie et qu'il suffit d'attendre encore pour qu'enfin le réchauffement climatique puisse être maîtrisé. Les 3°C entérinés par les engagements des Etats lors de la COP21 n'étaient pas « un bon point de départ pour aller plus loin », comme l'affirmaient alors les architectes de l'accord de Paris, mais au contraire étaient « le point de départ pour de nouveaux et plus nombreux crimes climatiques dans le futur ». Il est plus que temps d'inverser cette tendance.

ne cédons pas au climato-fatalisme !

Il ne faut pas pour autant céder au climato-fatalisme : ce n’est pas l’objectif des 2°C (ou celui des 1,5°C) qu’il faut enterrer, pas plus que le processus onusien, mais bien les décisions politiques et économiques qui nous en éloignent de manière irréversible. Puisons le souffle éthique et politique nécessaire pour mettre fin à l’inertie climatique des États là où il se trouve : des mobilisations contre le charbon en Allemagne (Ende Gelaende) à celles des populations indigènes pour la préservation de leurs terres, en passant par toutes les expériences citoyennes en matière de transition énergétique, la société est bien souvent en avance sur les États et les gouvernements. Ces derniers n’ont donc plus aucune excuse : Emmanuel Macron et Nicolas Hulot n'ont plus aucune excuse quand ils prennent des décisions contraires à l'impératif climatique. Entre MakethePlanetGreatAgain et BusinessAsUsual, ils doivent arrêter de tergiverser et mettre fin à toutes les mesures qui ne sont pas climato-compatibles.

Face à l'urgence climatique et l'inertie des Etats, place au sursaut citoyen ?

Il s’agit donc de trouver les voies juridiques, politiques, sociales pour empêcher des régressions aux effets irréversibles et mener à bien une transition énergétique qu’Emmanuel Macron ne cesse de repousser à plus tard. Le sommet “One Planet Summit” qu’il organise le 12 décembre à Paris doit-être l’occasion de faire en sorte qu’il n’y ait plus un seul euro d’argent public qui transite par la CDC, la BPI, la BEI ou la Banque mondiale pour financer des infrastructures liées aux énergies fossiles. Alors que les Paradise papers ont montré que les pratiques d’évasion fiscale sont au cœur du système économique et des pratiques des multinationales liées aux hydrocarbures fossiles, il nous faut exiger du gouvernement une réponse appropriée et qu’il revienne notamment sur sa décision de saborder la taxe européenne sur les transactions financières et de réduire à portion congrue la taxe française.

A nous de faire l'impossible pour que l'impensable ne se produise pas.

Bien sûr que les États, les villes, les communautés, les mouvements sociaux qui avaient entamé la transition, vont poursuivre leurs alternatives et leurs résistances. Et les amplifier si possible. Mais nous savons aussi que des réglementations politiques sont nécessaires et urgentes pour assurer la pérennité de ces transitions et transformer profondément les soubassements énergétiques de cette machine à réchauffer la planète qu’est l’économie mondiale. La main invisible des marchés n’est pas plus verte qu’elle n’est naturellement sociale ou juste.

Face à l'urgence climatique et l'inertie des Etats, place au sursaut citoyen ?

Les mobilisations des semaines à venir, à commencer par la journée du 2 décembre contre l’évasion fiscale qui grève la capacité des pouvoirs publics à financer des politiques climatiques ambitieuses, celle du 12 décembre contre le financement des énergies fossiles et fissiles, et le Tour Alternatiba de 2018, devront être entendues : « il n’est pas trop tard pour enterrer les politiques climaticides et accélérer la transition énergétique en France et en Europe ».

L'Accord de Paris ne suffit pas. Le BusinessAsUsual des États ne faiblit pas. Le cynisme des lobbys industriels est toujours là. A nous de faire l'impossible pour que l'impensable ne se produise pas.

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 09:04

Le document de travail secret du ministère représente une offensive contre tous les secteurs de l'activité culturelle. La recherche systématique de réduction de personnel et de coûts le conduit à s'inquiéter des risques sociaux. D’après Le Monde et l’Humanité le 15 novembre 2017.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 3.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 3.

Dans son édition datée du 15 novembre 2017, Le Monde révèle les pistes explosives de réforme de l’audiovisuel public. Un « document de travail » du ministère de la culture de Françoise Nyssen, que Le Monde s’est procuré, envisage des pistes de réformes du secteur de l’audiovisuel public. Une « holding » regrouperait France Télévisions, Radio France et d’autres entreprises publiques. France Ô – la chaîne des outre-mer – serait supprimée. Les médias jeunes, France 4 et Le Mouv’, ne seraient plus diffusés qu’en numérique. Les réseaux régionaux de France 3 et France Bleu se verraient « rapprochés ».

Le Monde ajoute : « Le gouvernement n’aime décidément pas quand les journalistes font leur travail d’investigation.  Après la ministre du travail, Muriel Pénicaud, qui avait déposé plainte en juin, à la suite des révélations de Libération sur la réforme du code du travail, c’est au tour de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, d’annoncer son intention de déposer une plainte contre X en réponse à nos révélations sur  les premières pistes de la ré- forme de l’audiovisuel public.

Cette démarche est inquiétante, encore plus venant de la ministre de la culture, chargée de la communication. Car, si son entourage assure que la plainte ne vise pas Le Monde, elle cible, de façon évidente, nos sources d’information en cherchant à les tarir par la menace de poursuites judiciaires. Une culture du secret en opposition complète avec la défense de la liberté de la presse et de la protection des sources. »

Dans l’Humanité du 15 novembre 2017, Maurice Ulrich poursuit :

C'est dire que la transparence n'est pas le fort d'une équipe gouvernementale qui préfère à l'évidence que ses réformes soient élaborées en l'absence de tout débat démocratique. Cette passe d'armes entre Mme Nyssen et le Monde vient en tout cas ternir l'image de la ministre de la Culture, qui semble présider ici à un vaste plan qui va bien au-delà de l'audiovisuel. Car c'est bien ce qu'attestent les documents qui nous sont également parvenus et qui constituent la contribution ministérielle en date du 3 novembre aux « travaux du CAP 2022 ».

Le document présente cinq projets de réformes touchant à l'administration centrale, au champ muséal, aux aides à la création, à la politique des archives et donc à l'audiovisuel ou médias de service public.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 8.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 8.

D'emblée le préambule qui trace les grandes lignes de ces réformes pose problème en postulant d'abord « une montée en puissances des collectivités territoriales qui investissent davantage dans l'animation de la vie culturelle locale », ce qui va totalement à l'encontre des réductions de crédits observées à tous les échelons et de la baisse annoncée des dotations. La conséquence en serait, ce qui redouble le problème, la possibilité de créer « des échelons déconcentrés et des opérateurs dotés d'une grande autonomie de gestion », aussi bien que « des dispositifs d'intervention et de soutien à la création simplifiés et concentrés, davantage orientés vers la diffusion et l'élargissement des publics ». En traduction libre, on pourrait dire à quelque chose près, débrouillez-vous et soyez rentables.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 9.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 9.

Administration centrale : baisse des effectifs

L'organisation du ministère est jugée insuffisamment adaptée à l'évolution de son environnement. Il s'agirait donc de la recentrer sur quelques missions en même temps que de la décentraliser et d'externaliser d'autres missions. Une perte de près de 350 emplois en découlerait. Mais les rédacteurs du projet ont aussi prévu les conséquences et la méthode. Ils écrivent noir sur blanc dans une case du document : « Risques : risque social important (baisse des effectifs de l'administration centrale) à considérable (externalisation fonctions d'accueil) ». Ou encore : « Conditions de succès : annonce rapide de la stratégie de transformation ».

Musées nationaux : autonomisation et autofinancement

Les musées nationaux sont invités au chapitre « Explicitation des gains attendus » à développer leurs ressources propres avec « un renforcement de leur autonomie ». D'autres seraient purement et simplement transférés aux collectivités territoriales ou intégrés à d'autres ministères.

Pour ce qui concerne la RMN (Réunion des musées nationaux), il est préconisé de la recentrer sur « les activités commerciales et l'exploitation du Grand Palais » de manière à répondre à l'évolution du secteur concurrentiel : Fondation Vuitton, Fondation Pinault, Culturespaces. Il s'agirait également et dans cette logique de rassembler toujours un public plus large en équilibrant économiquement les expositions. En d'autres termes, la RMN et les musées nationaux sont invités à entrer dans une course à l'échalote avec le secteur privé. Là encore, le document met en garde contre les risques : « Sensibilité sociale forte » avec la transformation « des agents de droit public en agents de droit privé ».

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 19.

Document de travail pour la Contribution du Ministère de la culture au Cap 2022, p 19.

Spectacles vivants : l’Opéra et la Comédie Française à la diète

Le document demande une augmentation des représentations « afin d'attirer de nouveaux publics tout en amortissant mieux le coût des spectacles et des expositions ». Cela en adaptant mieux « l'offre de spectacle aux attentes du public et des collectivités ». Dans cette perspective, il est constaté que sont en œuvre « des conventions collectives et des accords salariaux qui rigidifient l'organisation du travail ». Il s'agit donc de mettre en œuvre plus de polyvalence, de faire évoluer le modèle économique et social des établissements et dans ce cadre de réviser particulièrement « les régimes spéciaux de l'Opéra et de la Comédie-Française », comme de réfléchir au statut de l'Ensemble intercontemporain (créé par Pierre Boulez NDLR). Le risque social est signalé comme « très élevé ».

Archives nationales : le tri sélectif

La proposition majeure est sans ambiguïté : « Réduire le champ d'archivage aux documents essentiels ». Les archives nationales, celles d'outremer et celles du monde du travail seraient regroupées en un seul service. Sept millions d'euros annuels seraient attendus d'une réduction de 10 à 20 % du flux de la collecte et d'une réévaluation de kilomètres d'archives.

Deux facteurs de risques sont identifiés : « Une mobilisation des historiens. Risque social en interne ».

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) a réagi, dès hier, « ce gouvernement veut aller vite ( ) son attitude est arrogante et somme toute ridicule : vouloir changer sans l'appui des gens concernés est voué à l'échec ( ) cette première étape du CAP 2022 est scandaleuse dans sa méthode comme dans ses propositions ».

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 09:29

Dans une actualité parsemée de scandales alimentaires et de désastres écologiques dus à une agriculture massive, c’est le genre de nouvelle qui fait plaisir à entendre : nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains, soit l’équivalent de la population mondiale d’ici 30 ans, c’est possible. L’étude, publiée dans la revue Nature et Communications  ce mardi 14 novembre, explique la marche à suivre. D’après http://www.epochtimes.fr et Le Monde le 15 novembre 2017. Lire aussi L’alimentation bio est bénéfique pour la santé, Les états généraux de l’alimentation déçoivent les paysans et les écologistes, Les véganes sont-ils écolos ?, Ces parents qui mijotent une cantine publique et Non, les menus végétariens à l'école ne sont pas carencés !.

Nourrir la planète avec une agriculture 100% biologique en 2050, c’est possible

L’un des arguments souvent opposé à l’agriculture biologique est qu’avec l’explosion de la démographie mondiale, l’agriculture nécessite des méthodes industrielles pour assurer un rendement suffisant. Faux, d’après les chercheurs. D’après leur étude, la réduction du gaspillage alimentaire et la limitation de la consommation de produits d’origine animale permettraient d’arriver à sustenter la population mondiale.

Plusieurs travaux de recherches sur le gaspillage alimentaire existent, et les statistiques tirées parlent d’elles même. En 2009, par exemple, on estimait que 40% de l’alimentation disponible aux États-Unis était jetée, soit les besoins annuels de 500 millions de personnes.

 « Un des enjeux cruciaux est aujourd’hui de trouver des solutions pour basculer dans un système alimentaire durable, sans produits chimiques dangereux pour la santé et l’environnement, avance Christian Schader, l’un des coauteurs de l’étude, chercheur à l’Institut de recherche de l’agriculture biologique, situé en Suisse. « Or cette transformation inclut une réflexion sur nos habitudes alimentaires et pas seulement sur les modes de production ou sur les rendements. »

En se basant sur les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les chercheurs ont modélisé les surfaces agricoles nécessaires pour nourrir l’humanité, à raison de 2700 calories par jour et par personne, en introduisant une dose d’agriculture biologique à hauteur de 0%, 20%, 40% etc…

D’après leur conclusion, une conversion totale au biologique nécessiterait une augmentation de 16 à 33% des surfaces cultivées en 2050 par rapport à 2009. Peu de surprise : les rendements du bio sont en général plus faibles.

Conséquence pour l’environnement : une déforestation plus importante, mais moins de pesticides, d’engrais de synthèse, et une baisse en demande d’énergies fossiles. Côté émissions de gaz à effet de serre, le gain serait « faible », selon les auteurs, de l’ordre de 3 à 7%.

Pour que ce scénario soit envisageable il faudrait selon eux opérer à un changement dans nos habitudes alimentaires. Un tiers des terres cultivées sur la planète le sont pour nourrir le bétail destiné à être consommé. Blé, maïs et soja pourraient cependant servir à nourrir les humains. En réduisant la consommation de viande, il serait possible d’équilibrer ces comptes.

Ensuite, la réduction du gaspillage est une mesure très importante, quand on sait qu’un tiers de la nourriture est en moyenne perdue.

L’étude est intéressante à plusieurs niveaux. Financée par l’institution onusienne, les auteurs se défendent d’être pro-bio et affirment avoir travaillé sur des hypothèses très conservatrices. « Nous ne promouvons pas le bio ou tel régime alimentaire, prévient Christian Schader. Nous montrons à travers 162 scénarios ce qui est possible et à quelles conditions. La direction à prendre est ensuite un choix politique et de société. » « Les auteurs ne peuvent pas être accusés d’être pro-bio, confirme Harold Levrel, professeur à AgroParisTech et chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement, qui n’a pas participé à l’étude. Ils ont choisi des hypothèses très conservatrices, en considérant par exemple que la consommation d’eau est la même en bio et en conventionnel. »

Pour l’expert, cette approche « multifactorielle et systémique » est « très intéressante », car « c’est la première fois qu’on répond à la question de savoir si le bio peut nourrir le monde en intégrant à la fois la question des rendements, de l’occupation des sols, des effets environnementaux ou encore des émissions de CO2 ».

Un verger de nectarines bio à Saint-Genis des Fontaines (Pyrénées-Orientales), en juillet 2017. RAYMOND ROIG / AFP

Un verger de nectarines bio à Saint-Genis des Fontaines (Pyrénées-Orientales), en juillet 2017. RAYMOND ROIG / AFP

Un exercice de prospective similaire avait déjà été mené à l’échelle française : le scénario Afterres 2050, publié en 2016 par l’association Solagro, tournée vers la transition énergétique, agricole et alimentaire. Il concluait qu’une agriculture 50 % biologique pourrait nourrir 72 millions de Français en 2050 sans augmenter la quantité de terres arables, tout en divisant par deux les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie et celle d’eau l’été, et par trois les pesticides.

A deux conditions : une fois encore, la diminution des surconsommations et des pertes, ainsi qu’un changement de régime alimentaire. « Nous consommons deux tiers de protéines animales pour un tiers de protéines végétales. Il faudrait faire l’inverse et diviser par deux notre consommation de produits animaux », détaille Philippe Pointereau, l’un des coauteurs, qui dirige le pôle agroécologie de Solagro. Un changement déjà engagé chez les consommateurs de bio. Selon l’étude BioNutrinet, menée par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm/INRA/CNAM/université Paris 13), qui suit 29 000 personnes, les Français qui consomment au moins 70 % de bio ont diminué de 50 % leur consommation de viande.

« Une agriculture 100 % bio est également possible, mais on ne l’a pas présentée pour ne pas rebuter les gens », glisse Philippe Pointereau. Un optimisme que partage Harold Levrel : « La baisse des rendements entraînée par le bio, de 25 % en moyenne, n’est pas rédhibitoire. On peut récupérer des terres, notamment dans les 100 000 hectares transformés chaque année en friches. »

Une révolution, mais à quel prix ?

Ces modèles présentent toutefois une limite. A l’inverse du système actuel, dans lequel les excès de nitrates dus aux engrais polluent l’environnement, le scénario de 100 % bio engendre un déficit en azote, pourtant indispensable à la fertilisation des cultures. Des solutions existent, comme semer des légumineuses qui fixent l’azote de l’air ou maintenir des sols couverts, mais elles sont encore insuffisantes.

Seule absente de l’étude, la question de comment opérer le tournant de l’agriculture biologique dans l’économie actuelle. Quelles seraient les rémunérations des agriculteurs, les centrales d’achats conserveraient-elles leurs marges actuelles, les consommateurs seraient-ils prêts à mettre la main au portefeuille pour une alimentation plus onéreuse ?

« L’agriculture reçoit beaucoup de subventions publiques. Il paraîtrait logique que cet argent aille vers une production et une alimentation durables afin de minimiser les coûts externes comme la pollution de l’eau ou les impacts sur la santé publique, estime Philippe Pointereau. Pour les consommateurs, l’alimentation peut coûter un peu plus cher même en réduisant la part de viande et de produits laitiers. Mais, compte tenu des bénéfices, peut-être seront-ils prêts à investir un peu plus. »

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 09:08

La COP23, première “COP du Pacifique” s'est clôturée hier à Bonn.                Le communiqué de presse final des ONG françaises pour la fin de la COP23 !   Cf. aussi La France à l’aune du défi climatique : un hiatus à combler entre discours et réalisation.

COP23 : Pas de sursaut face à l’urgence climatique

Les négociations ont avancé sur certains fronts et ont posé les bases d’un dialogue pour espérer gagner plus d’ambition en 2018. Quelques progrès sont également à noter sur les thématiques qui touchent les populations vulnérables. Mais cela reste insuffisant face à l’urgence climatique que les scientifiques ont rappelée pendant cette COP. Sur le manuel d’application de l’accord de Paris ou sur l’incontournable question des financements, la présidence fidjienne s’est heurtée au manque de volonté politique des pays. Malgré de beaux discours, la majorité d’entre eux est venue les mains vides et n’a pas apporté l’énergie politique nécessaire pour rehausser les engagements.

La bonne nouvelle de cette quinzaine est la série d’avancées sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, sur les droits des peuples autochtones et sur l’égalité de genre. Au-delà de simplement reconnaître que les changements climatiques affectent directement la vie de nombreuses populations, les États ont enfin pris leurs responsabilités en créant des espaces de discussions ou des plans d’action dédiés à ces sujets cruciaux.

Mais la COP23 s’est limitée à des progrès sur le papier (par exemple sur le manuel d’application de l’accord de Paris et la préparation du premier bilan des actions en 2018). Les grands émetteurs de gaz à effet de serre, dont l’Union européenne, manquent toujours cruellement d’ambition politique et les actes ne sont pas suffisants pour rectifier le tir bien avant 2020. Les pays n’ont donc plus le choix et doivent cesser de se cacher derrière des postures de négociations, pour accélérer la transition vers un futur 100 % renouvelable.

Les pays riches ont également raté une occasion de démontrer leur solidarité envers les populations les plus pauvres et de respecter l’objectif de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Des engagements étaient également indispensables pour soutenir les populations victimes des conséquences inévitables des changements climatiques. Sur ce point aussi, cette COP du Pacifique se termine sur un goût d’inachevé.

La France doit maintenant donner les gages concrets d’une politique de transition écologique ambitieuse, qui se libère des énergies du passé : le nucléaire et les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Emmanuel Macron a souhaité organiser le sommet “One Planet Summit” le 12 décembre à Paris. Pour ne pas se résumer à un nouvel affichage sans lendemain, de nouveaux engagements doivent être pris. Nous attendons le doublement de l’objectif de financements pour l’adaptation de la France d’ici à 2022 et la fin des soutiens aux énergies fossiles. Nous serons aussi vigilants à ce que de fausses solutions ne soient pas promues, notamment dans le secteur agricole. La mobilisation citoyenne entend, en ce sens, porter ces demandes en exigeant « pas un euro de plus ! » pour les projets climaticides et les énergies du passé.

Les signataires : Réseau Action Climat – Greenpeace France – Alofa Tuvalu – CARE France – CCFD-Terre Solidaire – REFEDD -WECF France – 350.org – Fondation pour la Nature et l’Homme – Secours catholique – Coordination SUD – Oxfam France – Action Contre la Faim

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 09:03

Un Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme le 15 novembre 2017.

La Ligue des droits de l’Homme a décidé d’obtenir le contrôle de constitutionnalité des principales dispositions prévues par la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme.

Ces mesures, reprenant les grands traits de celles mises en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence, sont par essence attentatoires aux libertés fondamentales.

La LDH et ses partenaires, comme la Commission nationale consultative des droits de l’Homme et le Défenseur des droits notamment, ont vivement alerté sur leurs dangers et détaillé les graves atteintes à l’Etat de droit qu’elles portaient, d’autres voies inscrites dans le droit commun étant disponibles et efficaces.

Alors que les autorités politiques, au premier rang desquelles le président de la République, Emmanuel Macron, n’ont pas exercé leurs attributions en saisissant la juridiction en charge de ce contrôle, la LDH entend contester ce texte par l’intermédiaire d’un recours au Conseil d’Etat contre sa circulaire d’application du 31 octobre 2017 et, via ce recours, poser quatre questions prioritaires de constitutionnalité portant sur les mesures principales de l’état d’urgence transcrites dans notre droit commun (fermeture des lieux de culte, périmètres de protection, mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, visite et saisie).

Les membres du cabinet Spinosi – Sureau, avocats de la LDH, demandent au Conseil constitutionnel un contrôle strict de nécessité et de proportionnalité de ces mesures au vu des insuffisances des garanties légales de ce texte qui ouvre intrinsèquement la voie à des dérives et à l’arbitraire, que la LDH a pu d’ailleurs constater et dénoncer lors de son application pendant près de deux années.

Par ce recours, la LDH entend voir réaffirmer la primauté de l’Etat de droit et le respect des droits fondamentaux, principes et forces de notre démocratie qui ne sauraient céder devant les terroristes.

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 17:25

Depuis son élection, le Président de la République ne retient pas ses mots pour rappeler l’importance du défi auquel nous sommes confrontés à travers le dérèglement climatique...  À Bonn, lors de la COP23, Emmanuel Macron s’est exprimé pour la première fois à la tribune de la conférence de l’ONU sur le climat.  KezaCOP,  le décryptage de la COP23 tous les deux jours, par le Réseau Action Climat sur www.reseauactionclimat.org. Lire aussi Le gouvernement enterre les objectifs de la loi de transition énergétique, Les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse, Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec et Climat : les banques continuent de financer les énergies fossiles.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

Suite à l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, Emmanuel Macron s’est érigé en fervent défenseur de cet accord, tout en rappelant que la communauté internationale devait aller plus loin et plus vite pour lutter sérieusement contre le dérèglement climatique. Un cap a ainsi été fixé le 7 juillet, à travers le plan climat présenté par le Ministre d’Etat à la transition écologique et solidaire : atteindre, dans notre pays et d’ici à 2050, la neutralité carbone. Ambitieux, cet objectif ne se fera pas tout seul, par un simple ajustement des politiques actuelles. Il requiert au contraire d’importantes ruptures dans les pratiques et les secteurs qui, aujourd’hui, émettent des gaz à effet de serre.

Au delà des discours, qu’en est-il vraiment ?

Ainsi, au-delà des discours volontaristes et des objectifs de long terme, qu’en est-il vraiment des mesures structurantes adoptées par la France pour préparer l’avenir ? Après six mois d’exercice, force est de constater que le Gouvernement ne se donne pas les moyens de son ambition sur l’enjeu climatique.

La loi hydrocarbures, bien que positive par le message qu’elle envoie sur la fin de l’exploitation des énergies fossiles, comporte de nombreuses failles et ne vise qu’1% de l’énergie que nous consommons dans notre pays. Les énergies fossiles ont donc encore de beaux jours devant elles tant que le Gouvernement n’investira pas massivement dans les économies d’énergie, notamment à travers la rénovation massive des logements. Dans le même sens, l’annonce du Gouvernement pour interdire en France la vente des véhicules diesel et essence d’ici à 2040, ne doit pas occulter le fait que la réduction des émissions du transport routier se joue maintenant : sur la scène européenne alors qu’une proposition de législation laxiste vient d’être publiée par la Commission européenne pour limiter les émissions de CO2 des futures voitures et au niveau national, dans le cadre des assises de la mobilité, afin de réduire la part colossale que la voiture occupe aujourd’hui dans nos déplacements.

En matière fiscale, le Gouvernement a franchi un cap en actant l’augmentation progressive de la fiscalité carbone ainsi que le rattrapage diesel essence, la fiscalité étant l’un des principaux leviers pour orienter les investissements et les comportements. Si ces annonces méritent d’être saluées, elles conduisent en parallèle à renforcer l’avantage concurrentiel dont bénéficient de multiples secteurs exemptés partiellement ou totalement aujourd’hui de ces taxes, comme le transport routier ou aérien. Par ailleurs, les alternatives pour « faire autrement » face à l’augmentation de la fiscalité (transports en commun notamment) ne sont pas encore assez soutenues par le Gouvernement.

Ainsi, de politiques des petits pas en passant par des reculades (entrée en vigueur provisoire du CETA, suppression de l’élargissement de la taxe sur les transactions financières, report du calendrier pour atteindre l’objectif de baisse de la part du nucléaire dans notre mix énergétique, manque de soutien financier aux territoires à énergie positive pour la croissance verte, etc.), les mesures structurantes se font encore attendre.

Les solutions sont pourtant connues, des chantiers ont été lancés, qu’ils concernent les transports, l’agriculture et l’alimentation, la rénovation des logements ou notre futur modèle énergétique. La majorité de ces derniers doit se solder d’ici la fin de l’année.

Alors que la France accueillera le 12 décembre un sommet international sur le climat, deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, le Gouvernement doit s’atteler au plus vite à balayer d’abord devant sa porte, pour remettre de la cohérence et de l’ambition dans ses propres politiques publiques. C’est, au final, ce qui permettra à la France de passer d’une politique de vœux pieux à une contribution tangible pour la relève des engagements des différents pays prévue en 2018.

Bonn, COP 23

Bonn, COP 23

Le déplacement du Président de la République, deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, est un signal politique positif adressé à la communauté internationale. Mais Emmanuel Macron s’est contenté de prononcer de belles paroles et de recycler d’anciennes annonces, pourtant insuffisantes. Aujourd’hui, le climat n’attend plus : face à l’urgence d’agir, la France ne pourra pas se contenter d’une politique de petits pas. Réactions des ONG présentes à Bonn.

Pour Lucile Dufour, Responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat :
« A la COP du Pacifique, le Président la République a rappelé l’urgence de rectifier le tir pour éviter un réchauffement catastrophique de plus de 3°C. Mais le discours d’Emmanuel Macron est une nouvelle occasion manquée : si la France veut être crédible sur la scène internationale, elle doit accélérer dès à présent sa transition vers les énergies renouvelables, sans la paralyser au bénéfice de fausses solutions comme le nucléaire. Avant le sommet du 12 décembre, la France doit donner des gages concrets pour augmenter ses soutiens financiers pour l’adaptation des populations les plus vulnérables et enfin concrétiser ses grands discours. »

Pour Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer souveraineté alimentaire et climat au CCFD-Terre Solidaire :

« Face à l’aggravation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire causée par les dérèglements climatiques, Emmanuel Macron déclare vouloir répondre par l’action. Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que cette action ne peut être engagée à n’importe quel prix. Seule une transition agricole socialement juste et respectueuse des ressources permettra de lutter contre l’insécurité alimentaire grandissante. Et cette transition est incompatible avec des initiatives “climaticides”, comme l’Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat (GACSA), dont la France fait toujours partie. Nous serons particulièrement attentifs, lors du sommet du 12 décembre à Paris, à ce que de fausses solutions de ce type ne soient pas promues. »

Pour Sarah Fayolle, chargée de campagne climat à Greenpeace France :

« Le discours d’Emmanuel Macron à la COP23 semble avoir été dicté par les industriels du nucléaire. Si la France est en retard sur sa transition énergétique, c’est justement parce qu’elle entretient une dépendance extrême au nucléaire, qui empêche le déploiement des énergies renouvelables sur le marché de l’électricité. En résumé, Emmanuel Macron vient de se livrer à une instrumentalisation de la tribune climatique pour défendre les intérêts du nucléaire. S’il y a un fétiche irréaliste à abandonner, c’est bien celui qui consiste à croire que le nucléaire doit être préservé à tout prix au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques.  »

Pour Armelle Le Comte, Responsable du plaidoyer climat à Oxfam France :

« Le leadership climatique passe par des actions concrètes, et pas par de simples discours aussi lyriques soient-ils. Malheureusement, Emmanuel Macron est venu les poches vides à la COP23 et n’a fait aucune nouvelle annonce financière pour les pays les plus pauvres, qui sont pourtant en première ligne du changement climatique. Le sommet climat du 12 décembre à Paris doit être l’occasion de rectifier le tir en annonçant un doublement des financements français pour l’adaptation, afin d’atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022, et en adoptant enfin la taxe européenne sur les transactions financières. De telles mesures concrètes enverraient un signal fort aux communautés les plus vulnérables »

Pour Emma Jagu, observatrice climat du REFEDD :

« Investir dans l’avenir de la jeunesse et des générations futures c’est avant tout désinvestir des énergies fossiles et s’assurer que notre mix énergétique soit cohérent avec les objectifs de l’accord de Paris. Le discours d’Emmanuel Macron aujourd’hui était une tentative de séduire la scène internationale, mais ne reflète pas la politique énergétique actuelle de la France. Nous attendons des mesures concrètes pour la transition vers une économie décarbonée. »

Pour Nicolas Haeringer, porte-parole de 350.org France :

« Emmanuel Macron a tenté d’incarner le rôle du leader mondial en matière climatique, expliquant n’avoir qu’une obsession – l’action – et qu’un horizon – maintenant. En l’absence de décisions fortes, le costume reste pourtant trop grand pour lui. A quelques semaines du sommet du 12 décembre, il a une opportunité unique de conjuguer l’action au présent : annoncer que la France n’accordera pas un euro de plus aux énergies du passé, afin d’investir dans la transition vers un future 100% renouvelable pour tous. »

Pour Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France :

« Emmanuel Macron a franchi le seuil maximal autorisé d’hypocrisie climatique, cherchant à dissimuler ses multiples renoncements : de la validation du CETA qui n’est pas climato-compatible au sabordage de la taxe sur le transactions financières, source de financements pour le climat, Macron, sans un mot sur l’évasion fiscale qui soustrait des milliards aux pouvoirs publics, a prouvé que sa seule obsession est de ne surtout pas toucher aux fondements de cette formidable machine à réchauffer la planète qu’est notre insoutenable système économique. A l’alerte scientifiques aurait dû succéder un sursaut politique. Raté : le BusinesAsUsual l’emporte encore sur MakeThePlanetGreatAgain. »

Pour Fanny Petitbon, Responsable Plaidoyer de CARE France :

« Cette après midi encore Emmanuel Macron a répété la nécessité de lutter contre l’injustice climatique. Mais pour l’instant la France reste aux abonnés absents à la fois sur la solidarité internationale et même nationale. La récente décision du gouvernement de supprimer du budget national les 20 millions d’euros du fonds vert destiné à aider les collectivités françaises du Pacifique à lutter contre les effets du réchauffement climatique, a envoyé un très mauvais signal. Réintroduit in extremis la semaine dernière par les député-e-s, le fonds vert français est encore sur la sellette. Le gouvernement français devrait tirer les leçons de la catastrophe qui a récemment touché de plein fouet les îles des Caraïbes dont Saint Martin. »

Pour Célia Gautier, responsable Energie-Climat à la Fondation pour la Nature et l’Homme :

« Emmanuel Macron a voulu montrer une direction et faire preuvre d’une volonté diplomatique. Mais, comme souvent, le diable est dans les détails. Le Président n’a pas fait d’annonce nouvelle pour accélérer la transition écologique de la France. Espérons qu’elles soient gardées pour le sommet du 12 décembre à Paris sur le financement du climat. Nous saluons sa volonté que l’UE se substitue aux Etats-Unis pour financer les travaux du GIEC, et le lien explicite que le Président a effectué entre régime climatique et les politiques commerciales. Mais un très long chemin reste à parcourir afin que la logique de la politique commerciale internationale soit renversée pour être subordonnée au droit de l’environnement. Enfin, au-delà des discours, nous attendons toujours un plan concret et conjoint de la part de Mme Merkel et de M. Macron pour booster les énergies renouvelables et sortir des énergies du passé que sont le nucléaire et les énergies fossiles. »

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 09:14

Capitalisme, démesure et autodestruction est le sous-titre de ce livre. Anselm Jappe est un des représentants les plus importants en France de la théorie critique de la valeur, une théorie de critique radicale du capitalisme inspirée par Karl Marx, mais qui s'oppose au marxisme traditionnel, et dont André Gorz était très proche dans ses dernières années. D’après http://dissidences.hypotheses.org et http://www.palim-psao.fr, Palim Psao qui propose un ensemble de textes et vidéos portant sur les courants de la critique de la valeur (Wertkritik) et de la critique de la valeur-dissociation (Wert-abspaltungskritik), autour des œuvres de Robert Kurz, Anselm Jappe, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Ernst Lohoff, Moishe Postone, Claus Peter Ortlieb, etc., et des revues Krisis, Exit ! et Sortir de l'économie, et suivi d’un entretien avec l'auteur qui trace les traits d'une société en proie à une pulsion autodestructrice pour Mediapart.

La Découverte, 2017, 248 pages, 22 €.

La Découverte, 2017, 248 pages, 22 €.

Anselm Jappe est le représentant en France de la théorie critique de la valeur, une théorie qui relit Marx à travers l’abstraction induite par la marchandisation du monde. Cette critique radicale (au sens de « à la racine ») du capitalisme, portée par la revue allemande Krisis dans les années 1990 et 2000, se distingue néanmoins profondément des autres écoles marxistes par son rejet de certains éléments clés comme la lutte de classes. L’auteur avait présenté cette théorie au public français en 2004 dans Les Aventures de la marchandise, qui est republié aux éditions La Découverte ces jours-ci, alors que paraît chez le même éditeur son nouvel ouvrage, La Société autophage.

 Dans La société autophage, le philosophe allemand Anselm Jappe livre une proposition théorique originale et très radicale du capitalisme ainsi qu’une analyse des formes de violence extrêmes. En s’intéressant au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise, la « critique de la valeur » élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce livre s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la « pulsion de mort » de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.    

   Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la « critique de la valeur » – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait et l’argent, la marchandise et la valeur.

   Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le « sujet » est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la « pulsion de mort du capitalisme » : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres « gratuits » qui précipite le monde des hommes vers sa chute.

   Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable « mutation anthropologique » ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

 Les conclusions de cette traversée, nécessairement partielle, des logiques contemporaines permettent d’affirmer une thèse importante : il n’y a pas de « forme-sujet » opprimé de l’extérieur par la « forme-marchandise », comme par un carcan dont il suffirait de sortir pour se libérer. Au contraire, il y a eu historiquement, comme l’affirme Jappe, un « développement parallèle et conjoint de la forme-sujet et de la forme-marchandise » (p. 220). Cette idée conduit à rien moins qu’à un changement dans le paradigme traditionnel de l’émancipation à gauche, car elle oblige chaque militant qui souhaite un changement radical à repenser l’action politique également dans les termes d’une nécessaire déconstruction de « sa propre constitution psychique narcissique ». Ambitieux programme, que celui pour lequel la sortie de la société marchande passe au préalable par une importante transformation individuelle ! D’ailleurs, l’auteur n’a pas la prétention de donner la marche à suivre : le chemin reste à trouver, à tel point que son indétermination peut paraître un peu décourageante. Il n’en reste pas moins que l’ouvrage présente l’immense intérêt, par rapport à d’autres analyses contemporaines par ailleurs convergentes, de ne pas tomber dans l’ornière de l’invocation nostalgique de formes d’organisation sociale ou de rapports humains hérités du passé, ou même d’une « nature » de l’homme qui laisserait bien peu de place à l’invention historique.

Dans un entretien accordé à Mediapart, Anselm Jappe revient sur quelques-uns des principaux thèmes de sa théorie, sur son dialogue avec la psychanalyse ou avec certains essayistes critiques de la société néolibérale, sur sa critique du marxisme traditionnel et sur le devenir du capitalisme.

Anselm Jappe

Anselm Jappe

Le livre que vous publiez ces jours-ci, La Société autophage, explore en détail le devenir du sujet dans la société capitaliste. Le concevez-vous comme la poursuite des Aventures de la marchandise, qui exposait au public français la théorie critique de la valeur ?

C’est une continuation plus personnelle. L’ouvrage Les Aventures de la marchandise s’appuyait principalement sur les grands théoriciens de la critique de la valeur, notamment ceux qui écrivaient dans la revue allemande Krisis. Depuis, une partie de ces derniers, notamment Robert Kurz, ont fait évoluer cette théorie vers une théorie de la critique du sujet, avec une critique des Lumières. J’ai développé parallèlement mes propres idées, en m’intéressant également à l’apport de la psychanalyse. En cela, j’ai été particulièrement marqué par la lecture de Christopher Lasch et de ses ouvrages La Culture du narcissisme et Le Moi assiégé, mais j’ai également repris les ouvrages de Herbert Marcuse et Erich Fromm. À cela se sont ajoutées plusieurs autres lectures importantes pour la genèse de ce livre, celle du sociologue Luc Boltanski ou encore de Dany-Robert Dufour, avec qui je ne suis globalement pas d’accord, mais dont la lecture m’a paru suffisamment stimulante pour me donner l’envie de lui répondre. C’est ce parcours, qui a duré dix ans, qui m’a permis de construire La Société autophage.

La théorie critique de la valeur souligne l’abstraction que le capitalisme par nature impose au monde. Est-ce là le point de départ de votre démonstration ?

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que la théorie critique de la valeur n’est pas une théorie purement économique. Elle s’inscrit dans la continuité de la pensée de Karl Marx, qui entreprend une critique de l’économie politique et non pas celle d’une théorie économique particulière. Marchandise, travail abstrait, valeur et argent ne sont pas, chez Marx, des catégories économiques, mais des catégories sociales qui forment toutes les façons d’agir et de penser dans la société. Ce n’est pas explicite chez Marx, mais c’est ce que l’on peut tirer de ses écrits. C’est pourquoi je fais de la valeur un « fait social total », au sens où l’entend Marcel Mauss.

Ces catégories sont, comme le dirait Emmanuel Kant, des formes a priori, des formes vides de sens qui sont comme des moules et dont tout découle. Ainsi, dans la société capitaliste, tout prend la forme d’une pure quantité d’argent et, au-delà même, d’une pure quantité. Cela va donc bien au-delà du seul fait économique. Ces catégories ne sont cependant pas des faits anthropologiques qui existeraient partout et toujours. Ce sont des formes qui progressivement s’imposent aux autres domaines de la vie, notamment aux relations sociales. On le voit avec l’émergence du « moi quantifié » dans le cadre de la mesure, par exemple, des prestations sportives. La quantification monétaire est une des formes les plus visibles de la société capitaliste, mais ce n’est pas la seule.

La première partie de votre livre décrit l’histoire du sujet confronté à cette abstraction imposée par le capitalisme. 

Oui, mais il est important de bien saisir la nature de cette abstraction. L’abstraction est un phénomène mental qui est évidemment une aide pour saisir le réel. On ne peut pas toujours parler d’un arbre particulier et l’on a donc recours à un concept général d’arbre. Mais il s’agit, ici, d’autre chose. Il s’agit d’une abstraction, la valeur, qui peut prendre n’importe quelle forme réelle par la quantification. Toute réalité peut être ramenée à une quantité de valeur. Elle devient alors une « abstraction réelle », concept qui n’est pas explicitement présent chez Marx, mais qui a été développé au XXe siècle. Et cela a des impacts très concrets. Un jouet ou une bombe ne deviennent ainsi plus que des quantités de la valeur abstraite et la décision de stopper ou de poursuivre leur production dépend de la quantité de survaleur, de plus-value, que ces objets contiennent.

Nous ne sommes donc plus ici dans la vision marxiste classique d’une dialectique entre base et superstructure, où l’économie s’imposerait et où le reste s’adapterait à elle. Ici, il s’agit d’une forme générale abstraite, la valeur, qui s’exprime à tous les niveaux. J’aime ainsi à citer le linguiste allemand Eske Bockelmann qui souligne qu’au XVIIe siècle la musique est passée d’une mesure qualitative à une mesure quantitative. Et cette abstraction s’exprime, au même moment, dans la nouvelle physique de Galilée ou dans la nouvelle épistémologie de Descartes.

C’est ici que prend forme l’un des éléments clés de votre pensée, la notion de fétichisme. Fondée par l'homme, la valeur dicte sa loi à l'homme. Un concept qui, selon vous, permet de saisir la nature du capitalisme au-delà des critiques habituelles.

Dans le concept marxien de fétichisme, qui découle de ce que l’on vient de dire, ce qui porte la valeur n’a aucune importance. Un jouet ou une bombe ne sont que des formes passagères d’une autre forme de réalité invisible, la quantité de travail abstrait, c’est-à-dire la valeur. Une fois cela compris, on peut aller au-delà de la simple vision moralisatrice de la société capitaliste. Le producteur de bombes produit des bombes non parce qu’il est insensible moralement, mais parce qu’il est soumis à cette logique fétichiste. L’immoralité peut s’y ajouter, mais ce n’est pas le moteur. Et, du reste, dans la société capitaliste, ce fétichisme touche aussi les ouvriers. Ceux qui fabriquent les bombes ne veulent pas perdre leur emploi. Tous participent à cette réalité, parce que tous sont soumis au fétichisme de la marchandise et de la valeur.

Il ne faut cependant pas se limiter à une vision trop systémique de la réalité. Il existe aussi un niveau de réalité fait d’idéologie et d’intérêts, où les acteurs veulent tirer des avantages réels de la situation et qui est nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme. Les individus ne sont pas des marionnettes. Pour s’imposer, le capitalisme doit en passer par des systèmes de motivation et de gratification. C’est la carotte agitée devant l’âne. Seulement, ces motivations sont secondaires, elles peuvent toujours être remplacées par d’autres. Ce qui est essentiel pour le système, c’est l’existence une structure psychique spécifique. Et c’est ici que se joue la question du narcissisme du sujet.

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