Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 17:39

Comme la COP15 pour la biodiversité, une série d’événements majeurs prévus en 2020, dont la COP26 pour le climat, devraient être reportés. D'après AFP, Audrey Garric et Perrine Mouterde le 23 mars 2020 pour Le Monde.                                                                                                                                                          Pour la reprise de ce blog en temps de confinement, lire aussi « Nous dépendons fondamentalement de la diversité du vivant » et surtout         Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050  toujours d'actualité !

Des officiers sanitaires inspectent des chauves-souris confisquées et sur le point d’être abattues, à Solo (Indonésie), le 14 mars. AP

Des officiers sanitaires inspectent des chauves-souris confisquées et sur le point d’être abattues, à Solo (Indonésie), le 14 mars. AP

Ce devait être une année cruciale pour le climat et la biodiversité, une étape charnière pour accroître les efforts dans la lutte contre le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes. Mais la pandémie de Covid-19, si elle a provoqué une réduction à court terme des émissions de CO2 et une protection accrue pour les animaux sauvages, est en train de réécrire l’histoire.

En reléguant ces dossiers au second plan et en entravant la diplomatie nécessaire pour les faire avancer, la crise sanitaire risque de saper les engagements de long terme en faveur de l’environnement. A moins qu’après l’épidémie les États ne profitent de la relance de l’économie pour accélérer la transition bas carbone et financer la protection de la nature.

Plusieurs événements majeurs étaient prévus en 2020. Lundi 23 mars, la 15e Conférence des parties (COP15) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, prévue fin octobre à Kunming, en Chine, a été officiellement reportée à 2021. Ce rendez-vous crucial devait permettre d’aboutir à l’adoption d’une feuille de route mondiale pour sauver l’ensemble des écosystèmes. « Une réunion d’experts prévue en mai à Montréal dans le cadre des travaux préparatoires va être reportée, explique Basile van Havre, l’un des deux coprésidents de la COP15. Or nous avons besoin d’environ neuf semaines entre chaque réunion de travail. C’est pour cela que les autres rendez-vous, dont la COP, doivent aussi être retardés. »

Réunions physiques annulées

A Glasgow, au Royaume-Uni, doit se tenir en novembre la 26e conférence mondiale des Nations unies sur le climat, considérée comme le moment de vérité de l’accord de Paris de 2015 : les Etats doivent venir avec de nouveaux plans climatiques plus ambitieux. Si des sources évoquent aussi un possible report de cette COP, le ministre britannique des affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré le 19 mars attendre « de voir quel sera le calendrier du coronavirus ». « Il est encore possible aujourd’hui que cela soit faisable », a-t-il indiqué.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui a annulé toutes ses réunions physiques pendant deux mois, décidera par ailleurs début avril de maintenir ou non les négociations climatiques intermédiaires prévues début juin à Bonn, en Allemagne.

S’interroger sur les causes

Le secrétariat exécutif de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont le congrès mondial devait se tenir en juin et constituer un temps fort de mobilisation de tous les acteurs avant la COP15, a également demandé un report de cet événement. La France, pays hôte de ce rassemblement, doit maintenant se prononcer sur son maintien. « En plus des délégations, il est prévu que le congrès soit ouvert pour la première fois au grand public, et environ 100 000 visiteurs sont attendus », précise Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l’UICN.

La conférence des Nations unies sur les océans, prévue en juin à Lisbonne et visant à soutenir les utilisations durables des océans, des mers et des ressources marines, est d’ores et déjà repoussée.

Craintes pour l’Afrique

Pour l’instant, aucune date n’a pu être fixée pour ces rendez-vous. A quelle échéance ces grands événements, qui rassemblent jusqu’à des dizaines de milliers de délégués et d’observateurs de quelque 200 pays, pourront-ils de nouveau se tenir ? « On peut deviner que des continents tels que l’Afrique vont être touchés après l’Europe et il est possible qu’ils mettent plus longtemps à venir à bout de la pandémie, précise Yann Wehrling, ambassadeur de la France pour la biodiversité. Or, on ne peut pas faire de réunions internationales sans l’Afrique. »

Pour continuer à faire avancer négociations et travaux préparatoires, les rencontres diplomatiques par visioconférence ne pallient qu’en partie l’absence de réunions physiques. Si les discussions bilatérales ou multilatérales restreintes peuvent se poursuivre, les échanges plus larges restent compliqués.

« Il paraît quasi impossible d’organiser une conférence entre des milliers de personnes, présentes sur tous les fuseaux horaires et avec parfois des problèmes de connexion Internet, assure Paul Watkinson, qui suit les négociations climatiques depuis vingt ans et qui présidait certains travaux techniques de la Convention ces dernières années. Surtout, une COP, ce sont des assemblées plénières, mais aussi six-sept réunions en parallèle, beaucoup de diplomatie dans les couloirs, ainsi que des échanges avec la société civile. »

Dans une lettre adressée le 16 mars à la présidente de la CCNUCC, que Le Monde a consultée, le président du groupe Afrique, le Gabonais Tanguy Gahouma Bekale, alerte aussi sur le fait que les 54 pays qu’il représente « sont confrontés à des défis considérables pour participer aux réunions virtuelles, du fait d’infrastructures informatiques déficientes » et demande que toutes les réunions importantes soient reportées « jusqu’à ce que la pandémie ait été entièrement contenue ».

Au-delà des enjeux techniques et de calendrier, la crise sanitaire peut peser sur la volonté des pays à relever leurs ambitions en faveur de l’environnement. La République tchèque a ainsi demandé l’abandon du Green Deal européen pour mieux se concentrer sur le coronavirus, tandis que la Pologne veut suspendre le marché européen du carbone pour que les pays puissent dégager de l’argent afin d’aider leurs entreprises et leurs citoyens.

« Dans quelle mesure les efforts qui seront engagés en faveur de la relance des économies pourront-ils s’aligner sur les efforts en matière de biodiversité ? Et comment parler au grand public de biodiversité alors que les populations seront occupées par des questions de logistique et de vie quotidienne ? », s’interroge Basile van Havre. Comme d’autres, le coprésident de la COP15 espère toutefois que cette crise sanitaire sera l’occasion de s’interroger sur les causes sous-jacentes de cette pandémie et sur les liens entre santé publique, perte de biodiversité et changement climatique, notamment à l’heure où des plans de relance seront débloqués.

« Les sujets de biodiversité et du climat ne vont pas perdre de leur intérêt dans l’agenda diplomatique international, mais vont être abordés dans un contexte différent, estime Pierre Dubreuil, le directeur général de l’Office français de la biodiversité. Le lien entre santé et biodiversité va intéresser beaucoup de gens, à nous de le documenter sérieusement pour que l’on réfléchisse à une nouvelle relation entre l’homme et la nature dans un contexte mondialisé. »

« Accélérer l’action climatique »

« Il serait bien dommageable que les plans de relance envisagés viennent aggraver le fond du problème, juge aussi Aleksandar Rankovic, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales. Si l’on prend le secteur agroalimentaire, par exemple, il sera primordial de débattre du type d’activités que l’on viendra soutenir avec ces fonds publics. »

« Gérer seulement la crise sanitaire serait une erreur monumentale. C’est un moment crucial pour accélérer l’action climatique et non pas revenir en arrière », plaide aussi Laurence Tubiana, la directrice de la Fondation européenne pour le climat, qui propose aux Etats européens de développer une diplomatie verte autour du Green Deal. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a appelé tous les gouvernements et les institutions financières internationales à déployer des plans de relance de l’économie « durables », favorisant la transition vers les énergies propres.

« Devrions-nous nous diriger vers un mode de développement plus intégré, plus prudent et plus résilient ? S’il est trop tôt pour avoir une réflexion complète sur les solutions, il est temps de poser ces questions », affirme Basile van Havre.

 

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 12:58

Le temps de la campagne électorale municipale jusqu'en mars 2020, ce blog est suspendu. Suivez-nous désormais sur Les Lilas Ecologie https://les-lilas-ecologie.org, site de campagne Les Lilas Ecologie. N'hésitez pas à nous faire signe à contact@les-lilas-ecologie.org.

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Lors des élections municipales de mars prochain, les écologistes seront présents aux Lilas sur une liste autonome écologiste et citoyenne.
Nos couleurs sont limpides, et elles sont vertes ! L’écologie ne peut plus être un thème parmi d’autres dans un programme municipal et nous ne laisserons à personne le soin de se déclarer ”écologiste” par opportunisme électoral.
Il est temps que notre ville prenne le tournant du 21e siècle en matière d’écologie. Notre candidature n’est pas une candidature de témoignage mais bien celle d’un renouveau des méthodes et des idées : une candidature pour gagner et agir.

Vous êtes prêts, nous aussi !

La ville des Lilas doit, demain, montrer qu’elle a su a  ticiper l’évolution des mobilités et notamment la place du vélo dans notre quotidien ; proposer une alimentation saine et raisonnée à ses enfants ; concilier le besoin en logements sociaux avec plus de nature ; prendre le chemin de la transition énergétique, tant pour ses bâtiments municipaux et ses écoles, que pour les constructions nouvelles.
Vous nous avez déjà fait confiance aux élections européennes quand les listes écologistes aux Lilas ont totalisé 28%. Dans deux mois, nous pouvons aller plus loin et faire des Lilas une ville écologique aux portes de Paris.

Cette chance, ne la laissons pas passer ! Rejoignez-nous...

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner
Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Notez deux réunions publiques à venir - détails ci-dessous :

" Alimentation et cantines scolaires " mercredi 15 janvier à 19h30 au "Petit Bonheur", 184 rue de Paris, Les Lilas.

" Logement et nature en ville " mardi 28 janvier à 19h30 à la Mairie des Lilas.

 

Notez deux réunions publiques à venir...

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner
Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Partager cet article

Repost0
1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 00:33
Bonne année 2020

Partager cet article

Repost0
23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 17:11

A partir du 1er janvier 2020, les agriculteurs ne pourront plus utiliser de pesticides à moins de trois, cinq, dix et vingt mètres des habitations. Des distances insuffisamment protectrices pour les ONG. D’après Stéphane Mandard le 20 décembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons, Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse et Le Conseil d’Etat annule en partie l’arrêté « pesticides », jugé insuffisamment protecteur de la santé et de l’environnement.

afp.com/Philippe Huguen

afp.com/Philippe Huguen

Ce sera donc trois mètres, cinq mètres, dix mètres, voire très exceptionnellement vingt mètres. Le gouvernement a fini par trancher. Et, sans surprise, il a campé sur ses positions. A partir du 1er janvier 2020, les agriculteurs devront respecter une distance minimale dite de sécurité entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations, a annoncé l’exécutif, vendredi 20 décembre. Elle variera en fonction du type de culture et de la dangerosité des produits utilisés.

Le gouvernement d’Édouard Philippe était sous pression. Le Conseil d’État lui avait donné jusqu’au 31 décembre pour publier un nouvel arrêté. Le 26 juin, la plus haute autorité administrative avait annulé le texte précédent, estimant qu’il n’était pas suffisamment protecteur.

Le nouvel arrêté sera publié dans les prochains jours. Le gouvernement met en avant une « distance incompressible » de vingt mètres pour « les produits les plus dangereux ». Par « produits les plus dangereux », il entend ceux dont « la toxicité est quasi avérée pour l’homme », comme les substances classées dans la catégorie cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR) avérée pour l’homme. Cette limite de vingt mètres ne concernera qu’une infime partie des pesticides utilisés en France puisque, selon les estimations du ministère de l’agriculture, seul 0,3 % des produits phytosanitaires consommés chaque année entrent dans cette catégorie. Exit le célèbre glyphosate ou les SDHI (fongicides) aux effets néfastes pourtant scientifiquement documentés.

Des distances « très insuffisantes » pour protéger la santé

Pour les 99,7 % autres pesticides non jugés comme « les plus dangereux », la distance retenue varie en fonction du type de culture : dix mètres pour les cultures hautes (vignes ou arbres fruitiers), cinq mètres pour les cultures dites « basses » comme les céréales et les salades. Le décret, qui sera publié en même temps que l’arrêté, prévoit même la possibilité de réduire cette « zone tampon » dans le cadre de « chartes d’engagement » validées au niveau départemental entre agriculteurs, riverains et élus : cinq mètres pour l’arboriculture et trois mètres pour les vignes et les autres cultures, à la condition d’avoir recours aux « matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental ».

« Avec ce dispositif, la France devient l’un des premiers pays européens à se doter d’un cadre national pour la protection des riverains des cultures agricoles », se félicite la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. La Slovénie et certains Länder allemands font figure de pionniers.

Pour les associations de défense de l’environnement, ces distances sont au contraire « très insuffisantes pour protéger la santé des populations ». A l’instar des maires qui ont multiplié les arrêtés antipesticides depuis l’été, les ONG prônaient des « zones tampons » d’au moins 150 mètres. « Les distances soi-disant de sécurité retenues sont inconséquentes, réagit François Veillerette, le directeur de Générations futures, l’association qui avait saisi le Conseil d’Etat pour contester le précédent arrêté régissant l’usage des pesticides. Dix mètres ou rien, cela s’avère identique. Il y a là un mépris flagrant des familles exposées et qui ne peuvent se protéger des dangers des pesticides. » De son côté, la FNSEA, le principal syndicat agricole, se garde de tout triomphalisme : « Ce n’est pas une victoire », déclare son secrétaire général adjoint, Eric Thirouin.

Pour justifier les distances retenues, le gouvernement dit s’en être tenu à « la ligne de la science ». Il s’en remet à un avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) du 14 juin. Or, dans cet avis, l’Anses elle-même reconnaît des limites. Celui-ci s’appuie sur un document guide de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2014, qui repose sur des données issues d’études effectuées dans les années 1980 et concernant seulement l’exposition de personnes résidant à des distances de trois mètres, cinq mètres et dix mètres, mais pas au-delà.

« Des positions très antagonistes »

Les associations reprochent également au gouvernement de ne pas avoir tenu compte de la consultation publique qu’il avait ouverte en septembre. Organisée sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire, celle-ci avait enregistré une participation record avec plus de 53 000 contributions en moins d’un mois. La Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, Générations futures, Association santé environnement France et Alerte des médecins sur les pesticides avaient écrit au premier ministre, le 11 décembre, pour lui demander de publier « de toute urgence » les résultats de cette consultation. En vain.

Une « synthèse » devait initialement être communiquée fin octobre. Elle sera finalement publiée en même temps que l’arrêté, indique-t-on de source gouvernementale. « Cette consultation a montré que nous étions face à un sujet peu consensuel avec des positions très antagonistes, avec d’un côté des inquiétudes chez les riverains quant à leur santé et de l’autre des craintes quant aux impacts sur le monde agricole, résume-t-on au ministère de la transition écologique et solidaire. Nous avons fixé un cadre pour une bonne cohabitation entre les agriculteurs et les riverains qui passe par un dialogue au niveau local. »

Au ministère de l’agriculture, on assure avoir tenu compte des avis émis lors de la consultation publique : « Nous avons décidé de doubler la distance pour les produits les plus dangereux, par principe de précaution maximale. » Une assertion qui irrite François Veillerette. « Les pressions de la FNSEA allant bon train, il y avait fort à craindre que les textes réglementaires qui seraient proposés ne seraient pas la hauteur et nous n’avons pas été déçus, commente M. Veillerette. Mais nous n’allons pas en rester là. » Générations futures, qui avait obtenu l’annulation de l’arrêté précédent, envisage désormais un nouveau recours devant le Conseil d’État.

Un fonds pour une meilleure pulvérisation

Le gouvernement indique que les distances minimales entre zones d’épandage et habitations pourront être réduites à cinq mètres voire trois mètres si les agriculteurs utilisent les matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental. Pour les inciter, il annonce la mise en place, au printemps 2020, d’un appel de fonds doté de 25 millions d’euros. Il sera consacré en priorité aux filières viticoles, arboricoles et maraîchères. Au ministère de l’agriculture, on rappelle qu’une buse antidérive peut coûter jusque 40 000 euros. « Plutôt qu’aider aux investissements sur les pulvérisateurs, le gouvernement devrait donner les moyens aux paysans d’assurer une transition agroécologique des systèmes de production, réagit la Confédération paysanne. La meilleure manière de protéger la santé des paysans et de la population en général est de permettre au monde agricole de s’affranchir des pesticides. »

Partager cet article

Repost0
20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 09:26

Jeudi 19 décembre, organisations étudiantes et chercheurs ont interpellé le gouvernement. Objectif  ? Que l’enseignement des enjeux écologiques et climatiques devienne obligatoire dans le supérieur. D'après Marine Lamoureux le 19 décembre 2019 pour La Croix.

Une journée d’études à l’École normale supérieure (ENS), à Paris : voilà comment étudiants et chercheurs ont choisi d’interpeller le gouvernement, jeudi 19 décembre, à travers l’opération « Make Our Lessons Green Again » (1). Objectif : obtenir des pouvoirs publics que l’enseignement des enjeux écologiques et climatiques devienne obligatoire dans le supérieur.

Pour y parvenir, plusieurs organisations étudiantes généralistes (la Fage, le Forum français de la jeunesse) ou liées au climat (le Collectif pour un réveil écologique, le Refedd, CliMates, etc.) se sont alliées à des scientifiques de renom, en particulier la climatologue Valérie Masson-Delmotte et le philosophe, Dominique Bourg. Elles s’appuient sur 80 dirigeants d’établissements et un millier de chercheurs signataires d’un appel pour que l’enseignement supérieur « positionne le climat comme l’urgence première ». Et ce quelle que soit la filière suivie.

« La situation d’urgence environnementale est telle que chaque citoyen est concerné, souligne Dominique Bourg, professeur à l’université de Lausanne, en Suisse. Tous les étudiants doivent être formés à ces enjeux, et pas uniquement les filières spécialisées ». Selon une étude du Shift Project auprès de 34 établissements, « 76 % des formations du supérieur ne proposent aucun cours abordant les enjeux climat-énergie ». Et, dans les 24 % restantes, « moins de la moitié (…) propose au moins un cours obligatoire ».

Comme la proposition de loi http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/propositions/pion2263.pdf déposée par des députés écologiques dont Delphine Batho, ces étudiants et chercheurs demandent une modification du code de l’éducation. « Le monde académique est prêt à bouger, mais cette transition ira bien plus vite si les pouvoirs publics l’appuient », note Dominique Bourg.

(1) Clin d’œil au slogan d’Emmanuel Macron « Make Our Planet Great Again en 2017. »

Partager cet article

Repost0
19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 13:36

Entre 40 et 90 substances, dont certaines sont interdites depuis plusieurs années, sont retrouvées chaque année dans l’air en France. D’après Airparif et Stéphane Mandard le 18 décembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse,  Des résidus de pesticides dans les 3/4 des fruits et 43% des légumes non bio et Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en France.

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

L’air que respirent les Français n’est pas seulement chargé en particules fines et gaz toxiques issus des activités industrielles, du trafic automobile ou du chauffage. Il est également pollué par une multitude de pesticides utilisés principalement en agriculture.

Pour en mesurer l’ampleur, Le Monde a consulté la base de données Phytatmo rendue publique, mercredi 18 décembre, par Atmo France, la fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa). Elle compile pour la première fois quinze ans de mesures de pesticides dans l’air. Entre 40 et 90 substances actives différentes (herbicides, fongicides, insecticides) sont détectées et quantifiées annuellement à l’échelle nationale. Pire, certaines sont interdites depuis plusieurs années.

Les concentrations détectées sont très variables, de l’ordre du nanogramme par mètre cube. A la différence des particules fines ou du dioxyde d’azote émis par les véhicules diesel, les pesticides ne font pas l’objet d’une surveillance réglementaire dans l’air. Il existe seulement des limites à ne pas dépasser dans l’eau et l’alimentation.

Pourtant, lors des traitements, mais aussi sur des durées plus longues, les produits phytosanitaires peuvent être transférés dans l’atmosphère par le vent, par érosion éolienne ou des sols ou encore par volatilisation.

« Jusqu’aux années 2000, on pensait qu’il n’y avait pas de pesticides dans l’air, donc on ne s’y intéressait pas », commente Emmanuelle Drab-Sommesous, référente pesticides à Atmo France. A l’instar d’Atmo Grand-Est – dont elle est la directrice – ou Nouvelle-Aquitaine, certaines associations régionales ont commencé à les surveiller en 2002, quand d’autres, comme Qualitair Corse, ne s’y sont mis qu’en 2016.

Cancérogène, mutagène et reprotoxique probable

La base Phytatmo https://atmo-france.org/wp-content/uploads/2019/12/pesticides_2002_2017-1.xlsx recense les mesures réalisées par l’ensemble des Aasqa entre 2002 et 2017. Au total, 321 substances actives ont été recherchées et 6 837 prélèvements effectués sur 176 sites permanents ou mobiles répartis en zone rurale ou urbaine.

Atmo France a analysé les résultats des sites permanents sur la période 2015-2017. Ils permettent de dégager les dix pesticides les plus présents dans l’air au niveau national. On y trouve quatre herbicides (pendiméthaline, triallate, s-métolachlore, prosulfocarbe et diméthénamide) utilisés principalement sur les céréales, trois fongicides (chlorothalonil, folpel, cymoxanil) et deux insecticides (lindane et chlorpyriphos-éthyl).

Certains sont bien connus. Ainsi du folpel. Utilisé contre le mildiou, « le fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon la dernière étude d’Atmo Nouvelle-Aquitaine, publiée en août, la concentration en folpel a même augmenté en 2018 pour atteindre une moyenne hebdomadaire de 11 nanogrammes par mètre cube (pour une limite de détection à 0,24 ng/m3) dans le Médoc, haut lieu de la viticulture française, mais aussi à Bordeaux (2 ng/m3). La preuve, selon l’observatoire, d’un « transfert des molécules par l’air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines ».

Le chlorpyriphos fait, lui, partie des molécules longtemps passées sous les radars des autorités sanitaires malgré une accumulation d’études démontrant ses effets toxiques sur le développement du cerveau des enfants. Il est utilisé massivement en pulvérisation sur les cultures pour éliminer les pucerons ou les chenilles, et l’Union européenne (UE) vient de voter son interdiction à partir du 31 janvier 2020.

Le lindane, interdit depuis… 1998

Plus surprenant, la présence dans ce « Top 10 » du lindane. Classé cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), cet insecticide est en effet interdit en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006). A la différence d’autres pesticides dont on retrouve des pics de concentration en fonction des types de cultures et des périodes d’épandage, le lindane est identifié dans la plupart des régions et à chaque fois dans une majorité de prélèvements. Et ce, y compris dans de grandes agglomérations.

C’est le cas de Lille. En 2017, le lindane était encore la huitième molécule la plus fortement retrouvée avec une concentration annuelle, certes faible, de 0,06 ng/m3, juste derrière le chlorpyriphos (0,07 ng/m3), avec un pic à 0,28 ng/m3 en juin. Le lindane n’était plus retrouvé dans l’agglomération en 2008 et en 2009, avant de réapparaître en 2010 et d’être détecté dans la quasi-totalité des prélèvements et de la période de mesure en 2017.

Le lindane n’est pas la seule substance prohibée à laquelle sont exposés les Lillois. Le tolylfluanide, un fongicide interdit depuis 2008, et la diphénylamine (utilisé notamment pour ses propriétés fongicides sur les denrées entreposées comme les pommes et les poires), proscrite depuis 2011, ont également été détectés. En Ile-de-France, quatre herbicides interdits, dont l’atrazine (un perturbateur endocrinien), ont aussi été identifiés lors de la dernière campagne de mesures, menée en 2013-2014.

Trois hypothèses sont avancées pour expliquer la présence de ces pesticides malgré leur interdiction : la permanence de pratiques agricoles illégales, un usage par des particuliers et la persistance de ces molécules dans l’environnement. Cette dernière explication a la faveur de la directrice d’Atmo Grand-Est, Emmanuelle Drab-Sommesous : « Le fait qu’un produit comme le lindane soit encore retrouvé de manière récurrente, mais à des concentrations faibles, montre que sa durée de vie est très longue, qu’il imprègne les sols et peut être remis en suspension, notamment en période de sécheresse. »

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

Changer de paradigme

De manière globale, les concentrations de pesticides dans l’air sont très liées aux conditions météorologiques (elles augmentent avec les fortes chaleurs). Elles varient aussi en fonction de la saison et des périodes de traitements.

Ainsi les concentrations en fongicides et insecticides sont plus élevées à la fin du printemps et durant l’été dans les régions viticoles, alors que les pics d’herbicides interviennent en automne dans les zones de grandes cultures céréalières. A cette saisonnalité répond une variabilité spatiale avec des zones rurales plus proches des surfaces agricoles, logiquement davantage exposées que les grandes agglomérations.

« Aujourd’hui, en matière de pollution de l’air, on s’intéresse surtout aux villes avec principalement la problématique du trafic automobile, observe Mme Drab-Sommesous. Il faut changer de paradigme pour intégrer les territoires ruraux et y développer des sites de mesures permanents. » Elle soutient la création d’une plate-forme nationale centralisant les achats et les usages des pesticides afin d’identifier les zones prioritaires où déployer ces sites. Atmo France préconise également d’incorporer les pesticides aux polluants qui font l’objet d’un suivi réglementaire et donc de limites d’exposition.

A plus court terme, le gouvernement doit publier dans les prochains jours l’arrêté fixant une distance minimale entre zones d’épandage et habitations. Trois, cinq ou dix mètres : les propositions soutenues par les ministères de l’agriculture et de la transition écologique ne suffiront pas à tenir les pesticides à distance de l’air que respirent les Français.

Le glyphosate, le grand absent

Dans la liste des pesticides les plus retrouvés dans l’air que respirent les Français, une substance brille par son absence : le glyphosate. Le célèbre herbicide de Monsanto (racheté par Bayer) au cœur de toutes les polémiques et dont Emmanuel Macron s’était engagé à « en sortir dans les trois ans » avant de se raviser, n’apparaît pas, ou très rarement dans la base de données Phytatmo – qui regroupent quinze ans d’analyses de l’air entre 2002 et 2017 – malgré son usage massif. La raison est simple : il n’a quasiment pas été recherché en raison du coût de sa détection. A la différence des autres pesticides qui peuvent être identifiés avec le même protocole, il nécessite une technique analytique qui lui est propre. Parmi les associations de surveillance de la qualité de l’air, seule celle de la région PACA a recherché le glyphosate, entre 2014 et 2016. Elle en a retrouvé « très rarement ». Première hypothèse : la molécule étant très soluble dans l’eau, les transferts dans l’air serait limité. Pour combler cette lacune, une campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air a été lancée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Les résultats devraient être connus mi-2020.

Partager cet article

Repost0
18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 11:48

Un an après avoir porté plainte contre l’État pour inaction climatique, quatre ONG incitent les citoyens à signaler les évolutions concrètes dans leur quotidien pour cartographier les préjudices induits par le réchauffement partout en France. D’après Frédéric Mouchon pour Le Parisien et Marie-Noëlle Bertrand pour l’Humanité le 17 décembre 2019. Lire aussi Des ONG attaquent la France en justice pour inaction climatique.

Lac de Pierre-Percée (Meurthe-et-Moselle), le 22 octobre. L’un des plus grands lacs artificiels de Lorraine subit de plein fouet la quasi-absence de pluie, due aux canicules et sécheresses successives durant la période estivale. Un paysage de désolation que chacun peut observer.

Lac de Pierre-Percée (Meurthe-et-Moselle), le 22 octobre. L’un des plus grands lacs artificiels de Lorraine subit de plein fouet la quasi-absence de pluie, due aux canicules et sécheresses successives durant la période estivale. Un paysage de désolation que chacun peut observer.

C’était il y a un an : quatre ONG lançaient ce qui allait devenir, en quelques jours, un hit du mouvement citoyen anti-hot. L’Affaire du siècle, cette plainte déposée par Oxfam, la Fondation Nicolas Hulot (FNH), Notre affaire à tous et Greenpeace contre l’État, pour les préjudices engendrés du fait de son inaction climatique, prenait son envol. Dans les jours qui suivaient, plus de 2 millions de personnes signaient une pétition soutenant la démarche, offrant là un record en termes de paraphes à la minute.

Douze mois se sont écoulés, et l’instruction suit son cours devant le tribunal administratif de Paris. Les organisations, elles, relancent la machine et appellent les citoyens à nourrir le dossier juridique autant que la mobilisation, et « toute personne à partager les changements qu’elle observe » en témoignant de la réalité des bouleversements climatiques. Objectif : dresser une cartographie inédite des préjudices constatés sur le territoire français, via le hashtag #TémoinDuClimat.

Mettre la pression sur l’Etat

« Un an après notre plainte, l’urgence climatique est toujours aussi forte », rappelle Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. « Le verdict viendra quand il viendra, en attendant, nous n’allons pas rester les bras croisés », insiste le responsable.

Sur la côte, entre Gascogne et Vendée, Jean-Baptiste a constaté que certaines espèces d’algues brunes sont en train de disparaître, laissant la place libre pour des algues vertes « dont on connaît le danger potentiel ». Quand Catherine, vigneronne dans l’Hérault, a vu « les grenaches, feuilles et grappes brûlées », elle n’a pas pensé à la perte de la récolte mais que « c’était là l’annonce de la fin de l’ère climatique que nous connaissons », « la manifestation de la limite de l’hospitalité de la Terre ». Catherine et Jean-Baptiste ont en commun d’avoir constaté les effets du réchauffement près de chez eux. Ils ont choisi de répondre à l’appel à témoignages lancé par quatre associations écolo désireuses « d’ouvrir les yeux de l’Etat » sur les bouleversements en cours dans l’Hexagone.

« Hausse des températures, multiplication des événements climatiques extrêmes, érosion des côtes, plantes et animaux perturbés… », les quatre associations ambitionnent de constituer une « cartographie inédite de la situation climatique en France ». « Nous demandons aux citoyens de témoigner de ce qu’ils voient en termes de modification des paysages ou d’impact sur la nature, mais aussi de ce qu’ils ressentent, explique Cécilia Rinaudo, coordinatrice générale de l’ONG Notre Affaire à tous. Les sécheresses, les inondations, la pollution et les ouragans dans les territoires d’outre-mer ont un impact sur la vie, les revenus, la santé et le travail de beaucoup de Français. » 

« Le réchauffement climatique est déjà une réalité en France, ses conséquences vont encore s’accentuer dans l’avenir et on n’a plus le temps d’attendre pour agir », estime Samuel Leré, responsable du plaidoyer au sein de la FNH. Si les quatre ONG ont lancé cet appel, c’est pour mettre la pression sur l’Etat, qu’elles accusent de n’avoir pris « aucune décision à la hauteur du défi climatique ». D’après les calculs faits par les quatre organisations, au rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Hexagone constaté entre 2015 et 2018, la France atteindrait ses objectifs climatiques avec un retard de plus d’un tiers de siècle. 

Les ONG veulent « montrer la diversité géographique des territoires touchés, ainsi que celle des préjudices induits ». Denis Charlet/AFP

Les ONG veulent « montrer la diversité géographique des territoires touchés, ainsi que celle des préjudices induits ». Denis Charlet/AFP

« La neutralité carbone à l’horizon 2050 a été inscrite dans la loi énergie climat votée en septembre 2019, mais si l’on continue au rythme actuel, en prenant en compte les baisses d’émissions constatées dans chaque secteur d’activité depuis 2015, on n’atteindra cet objectif qu’en 2093, soit avec quarante-trois ans de retard », s’alarme Samuel Leré. « Même lorsqu’ils sont inscrits dans la loi, l’Etat ne respecte pas ses engagements », enrage Cécilia Rinaudo. « Se fixer des objectifs plus ambitieux sans se donner les moyens d’accélérer, c’est tout le problème de l’inaction climatique, estiment les associations. Et cela nous conduit tout droit vers le retard du siècle. »

Que s’est-il passé durant ces douze mois ? Côté action étatique, rien qui ne permette de se sentir rassuré. En février, l’État a reconnu dépasser les plafonds établis dans le cadre de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Sur la période 2015-2019, son « budget carbone » révèle ainsi un excès de 4 %. Depuis, la France continue de traîner à prendre les mesures en conséquence. Certes, elle a décrété l’urgence climatique et pris, en septembre, la résolution d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais rien ne vient étayer la sincérité de son discours. Elle envisage toujours de n’avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES) que de 40 % en 2030. Insuffisant, insistent les ONG, s’appuyant sur les données du Giec. « À ce rythme, la neutralité carbone ne serait obtenue qu’en 2093, soit avec quarante-trois ans de retard », relèvent-elles, plaidant pour porter cet objectif de moyen terme à -55 % de GES, comme l’Union européenne s’est récemment engagée à le faire.

Vagues de chaleur et pluies intenses

Côté recours en justice, la procédure a consisté, pour l’heure, en un aller-retour de courriers et autres requêtes. Le 18 décembre 2018, les quatre ONG se sont donc saisies du levier juridique pour demander à l’État de rendre compte des préjudices subis du fait de ses carences fautives en matière de lutte contre le réchauffement. Celui-ci disposait de deux mois pour répondre. Le 15 février, il plaidait non coupable sous la plume de François de Rugy, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, lequel estimait en faire déjà beaucoup sur la question. À la suite de ce rejet, les organisations ont déposé une requête sommaire devant le tribunal administratif de Paris contre l’inaction climatique de l’État, consolidée, en mai, d’un mémoire complétant leur argumentaire. La balle, à présent, est dans le camp de l’État, dont on attend de nouveau la réponse.

D’ici à ce qu’elle tombe, les organisations entendent maintenir la pression, entre autres en cartographiant les impacts du réchauffement en France. « On a souvent tendance à les croire réservés aux pays du Sud », reprend Jean-François Julliard. Mais intensification des tempêtes et sécheresses ne sont pas l’apanage de l’Asie ou de l’Afrique. Vagues de chaleur et pluies intenses se multiplient aussi en France, y compris métropolitaine. « Nous voulons montrer la diversité géographique des territoires touchés, ainsi que celle des préjudices induits. » Ils sont émotionnels, quand les événements extrêmes induisent de l’angoisse ; économiques, quand ils génèrent des pertes de revenus, par exemple agricoles ; ou encore environnementaux, quand des écosystèmes s’en trouvent bouleversés. « Nous nous réservons la possibilité de proposer que les témoignages les plus étayés soient versés au dossier que nous présenterons lors de la première audience », conclut Jean-François Julliard. Les avocats des quatre ONG comptent que celle-ci puisse avoir lieu avant le début 2021.

Partager cet article

Repost0
11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 12:31

Depuis lundi 9 décembre, l’Assemblée nationale examine le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Les auteurs de cette tribune déplorent que les principales mesures de réglementation de la publicité en aient été évacuées au prétexte d’attendre un rapport publié… après le vote de la loi. Par Résistance à l’agression publicitaire (RAP) qui lutte, depuis plus de 25 ans, contre le système publicitaire et ses effets négatifs, directs et indirects, sur l’environnement et les citoyens. RAP a publié lundi 9 décembre un rapport qui expose les principaux dommages environnementaux de la publicité et formule des préconisations pour les combattre. Lire aussi De Google à Pokémon Go, un capitalisme de surveillance et La "niche" parlementaire des écologistes aujourd'hui.

En refusant de réglementer la publicité, le gouvernement sacrifie l’écologie

C’était officiel depuis 2018 : la « feuille de route » de l’économie circulaire engageait le gouvernement à « renforcer la lutte contre la publicité incitant à la mise au rebut prématurée des produits et au gaspillage des ressources » [1]. En septembre 2019, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire était voté au Sénat. Prenant acte des promesses de la feuille de route, des député.e.s de la majorité et de l’opposition ont déposé de nombreux amendements visant à interdire la publicité pour des produits climaticides (SUV, fast-food, textile, smartphones…), à réguler légalement et précisément les contenus publicitaires incitant au gaspillage, ou à interdire les supports publicitaires polluants comme les écrans ou les prospectus. Autant de mesures urgentes pour limiter le gaspillage de biens et d’énergie : on sait aujourd’hui que 88 % des Français.e.s changent leur smartphone alors qu’il fonctionne encore [2], que 9 % des produits textiles sont invendus, ou que la mode des SUV est à elle seule responsable du retour à la hausse des émissions carbone [3]. Qui, sinon les agences publicitaires, lancent ces modes et encouragent ce renouvellement inutile de nos biens ? On sait également qu’un écran publicitaire numérique consomme autant d’électricité que trois familles françaises (hors chauffage électrique), et qu’un quart de la production française de papier est consacrée aux prospectus ! Des objets dont, bien souvent, personne ne veut : en plus d’être inutile, cette surconsommation d’énergie et de ressources nous est imposée. Elle est d’autant plus inacceptable que la précarité énergétique touche environ cinq millions de Français.e.s [4].

Hélas, dans le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire actuellement soumis au vote de l’Assemblée nationale, on ne trouve aucun de ces amendements. Ils ont été balayés en commission du développement durable et de l’aménagement du territoire par la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, ainsi que par la rapporteuse. Celles-ci ont déclaré à maintes reprises vouloir attendre, pour légiférer sur la publicité, la publication d’un rapport commandé par le ministère à des personnalités indépendantes. À tel point que la présidente de la commission leur a réclamé publiquement l’accès à ce rapport. Problème : ce rapport (pour lequel RAP a été auditionnée) doit être rendu… en mars 2020. Soit, après le vote de la loi !

Emmanuel Macron : « Je ne prendrai pas de lois pour interdire les publicités » 

La secrétaire d’État et la rapporteuse ont également invoqué, pour éviter de réguler la publicité, la liberté du commerce et de l’industrie, soulignant la valeur constitutionnelle de ce principe. Elles omettent de préciser que l’on peut y déroger, notamment pour des raisons de santé publique — c’est ce qui s’est passé pour la loi Évin, qui interdit la publicité pour le tabac et réglemente la publicité pour l’alcool. Elles négligent aussi le fait que dissuader la consommation de produits nocifs est aujourd’hui un impératif de santé publique. Interdire la publicité pour les trajets aériens intranationaux ou pour les SUV, c’est participer à la réduction de la pollution de l’air, responsable de décès prématurés et de troubles respiratoires. Interdire la publicité pour les fast-foods et les bouteilles en plastique jetables, c’est limiter les déchets et protéger la population des dangers liés à une mauvaise alimentation et aux perturbateurs endocriniens véhiculés par les plastiques [5]. Interdire les écrans publicitaires numériques, c’est protéger la population des troubles liés à la pollution lumineuse… Les exemples abondent, mais le temps manque : comment accepter une telle mise en délai du gouvernement ? Comment comprendre de telles contradictions ?

Ce qui se passe aujourd’hui confirme ce qu’Emmanuel Macron avait affirmé le 28 février 2019 à Pessac (Gironde) en disant : « Je ne prendrai pas de lois pour interdire les publicités. » Pourtant, en ce moment crucial où a lieu la COP25 à Madrid, et face à l’urgence climatique, il est nécessaire de changer notre mode de vie pour en finir avec la surconsommation. Face à ce désengagement politique majeur, il est de notre responsabilité de nous engager pour faire entendre raison aux décideurs afin de faire interdire ces publicités nocives pour la société et l’environnement.

Consultez le rapport de Résistance à l’agression publicitaire (RAP)

Considérant que réglementer la publicité est une urgence sociale, environnementale et démocratique, RAP a publié lundi 9 décembre son propre rapport, qui expose les principaux effets environnementaux de la publicité et formule des préconisations pour les combattre :

  • interdire les contenus publicitaires incitant à la dégradation, à la mise au rebut, au non-entretien et au remplacement prématuré des biens, ainsi que les messages publicitaires incitant à racheter plutôt qu’à réparer et à recycler plutôt qu’à réemployer ;
  • interdire la publicité pour certains produits dont la consommation de masse est particulièrement nocive pour l’environnement : les SUV, les vols intranationaux, la restauration rapide, les bouteilles d’eau en plastique jetable, le textile d’habillement, les smartphones ;
  • interdire les supports énergivores et imposés : écrans numériques, prospectus. Plus généralement, l’association condamne l’autorégulation de la publicité, milite pour confier le contrôle des contenus publicitaires à une autorité légitime, efficace et indépendante, et pour réduire la pression publicitaire dans nos vies quotidiennes.

[1] Mesure 16 de la feuille de route de l’économie circulaire https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/feuille-route-economie-circulaire-frec

[2] Ce chiffre, issu d’une étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) de 2017, a également été diffusé par… le ministère de la Transition écologique et solidaire !

[3] Vous pouvez retrouver dans notre rapport https://antipub.org/publicite-et-loi-economie-circulaire-un-rapport-de-lassociation-r-a-p-pointe-les-contradictions-du-gouvernement/ toutes les références des chiffres cités dans cette tribune.

[4] Selon les chiffres de l’Ademe.

[5] Ce que vient de confirmer publiquement un rapport commandé par… le gouvernement ! Cf aussi Nous mangeons du plastique !

Partager cet article

Repost0
10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 18:02

D’ici à fin 2020, l’Anses va retirer de la vente plus de la moitié des produits contenant cette molécule controversée. Les fabricants des formules rejetées n’ont pas fourni les données expérimentales suffisantes pour exclure un risque génotoxique. D’après Alexandra Chagnon pour l’Humanité et Stéphane Foucart pour Le Monde le 9 décembre 2019. Lire aussi Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en FranceLancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse et Glyphosate, un herbicide dans nos assiettes.

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La France parviendra-t-elle à sortir un jour du glyphosate ? En dépit des annonces du gouvernement qui reste flou quant aux délais – il est tantôt question de 2021, tantôt de 2023 –, et surtout des millions d’euros mis sur la table depuis une décennie, l’agriculture française est toujours aussi accro à ce pesticide. Mais, alors qu’un rapport parlementaire, rendu public il y a un mois, prédisait une issue compliquée à l’abandon de cette molécule controversée – à charge, il estime que la sortie du glyphosate est impossible pour tous les usages –, l’Anses vient bousculer le débat. Hier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a annoncé le retrait de 36 des 69 pesticides à base de glyphosate actuellement sur le marché français. « Ce qui représente près des trois quarts des tonnages de produits utilisés en 2018 », selon l’agence.

« Trente-six de ces produits vont être retirés du marché et ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020, en raison de l’insuffisance ou de l’absence de données scientifiques permettant d’écarter tout risque génotoxique (susceptible d’endommager l’ADN et de provoquer des mutations génétiques – NDLR) », indique encore l’agence dans un communiqué. C’est à la suite de la réapprobation pour cinq ans de la substance herbicide par l’Union européenne, en 2017, que l’Anses a engagé un réexamen de la totalité des autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate commercialisés en France et lancé « une évaluation comparative avec les alternatives disponibles ».

Quatre nouveaux produits également refusés

Cependant, elle a pris cette décision sans attendre la fin du processus en cours. Et, pour des raisons identiques, quatre des onze nouvelles demandes d’autorisation déposées depuis janvier 2018 viennent également d’être refusées. Argument avancé : « Les données fournies par les industriels ne permettent pas de statuer sur leur éventuelle génotoxicité. » « Seuls les produits à base de glyphosate répondant aux critères d’efficacité et de sécurité définis au niveau européen pour les usages revendiqués, et ne pouvant pas être substitués de façon satisfaisante, bénéficieront in fine de l’accès au marché français », précise l’Anses, qui finalisera l’ensemble du processus d’évaluation « d’ici le 31 décembre 2020 ».

Cette décision de retraits d’autorisations de mises sur le marché (AMM) « confirme que l’innocuité des herbicides à base de glyphosate est un mythe », a aussitôt réagi François Veillerette, directeur de Générations futures, ONG qui milite pour l’interdiction des pesticides. Et de rappeler que « 70 % des études universitaires (indépendantes de l’industrie) prises en compte par l’expertise du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) mettent en évidence cette génotoxicité » ! « Nous espérons maintenant, insiste-t-il, que l’Anses prenne en compte l’ensemble de cette littérature scientifique disponible pour refuser les autres demandes de mise sur le marché d’herbicides à base de glyphosate qu’elle doit encore examiner. »

Sachant que le cas du glyphosate n’est pas le seul problème. C’est, en matière de pesticides, l’arbre qui cache la forêt ! Raison de plus, estiment de plus en plus d’acteurs, et notamment la Confédération paysanne, pour changer de modèle agricole. « L’interdiction de cette substance et d’autres à venir appelle à une transformation économique et politique du modèle agricole. Ces interdictions doivent s’inscrire dans un projet global de sortie des pesticides », martèle le syndicat. À bon entendeur…

Partager cet article

Repost0
9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:13

Depuis le début de la COP 25 à Madrid il y a une semaine, aucun État parmi les plus émetteurs de gaz à effet de serre n’a annoncé le moindre engagement immédiat, alors que la session inaugurale était explicitement conçue pour évoquer des mesures « à court terme ». Les négociations n’avancent pas, et les pays développés, dont la France, refusent toujours la mise en place d’un financement des pertes et dommages causés par des conditions climatiques plus extrêmes et par la montée des eaux liées au changement climatique. En l’absence de réglementation forte et d’un coût élevé, les marchés carbone permettent aux États de se dédouaner des exigences de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre. Le Chili a décidé de placer la question de la préservation des mers au cœur du sommet que le pays préside jusqu’au 13 décembre. D’après Reporterre et Martine Valo pour Le Monde le 07 décembre 2019. Lire aussi Alerte de l'ONU : après une décennie perdue pour le climat, les États s’éloignent toujours plus de leurs promesses de réduction des gaz à effet de serre, Les microplastiques sont omniprésents dans les grands fleuves européens comme dans les océans et Le réchauffement des océans accélère.

 Cent portraits du Président de la République dérobés dans les mairies de l'Hexagone ont été brandis dimanche 8 décembre à Paris pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de lutte pour l’environnement. THOMAS SAMSON/AFP

Cent portraits du Président de la République dérobés dans les mairies de l'Hexagone ont été brandis dimanche 8 décembre à Paris pour dénoncer l'inaction du gouvernement en matière de lutte pour l’environnement. THOMAS SAMSON/AFP

L’océan est brièvement mentionné dans le préambule de l’accord de Paris de 2015 sur le climat : une petite place pour un gigantesque milieu qui occupe plus des deux tiers de la surface de la Terre. Encore a-t-il fallu attendre cette fameuse COP21 pour qu’il apparaisse, sous la pression conjointe de scientifiques et d’ONG, sur la scène des négociations internationales destinées à contenir le réchauffement planétaire.

Quatre ans plus tard, pour la COP25, le Chili a voulu lui consacrer deux journées, le 6 et le 7 décembre, et plus globalement présenter la 25e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC) comme une « COP bleue » – même si celle-ci se tient à Madrid et non à Santiago comme prévu au départ.

Cette initiative du ministère de l’environnement chilien est un message probablement autant adressé au reste du monde qu’en interne. Santiago, qui s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 47 % d’ici à 2030, assure protéger 42 % de ses eaux, soit 1,3 million de kilomètres carrés de zones sur lesquelles veiller, trois fois plus qu’en 2010 – notamment avec une vaste aire marine autour de l’île de Pâques. Cependant, une bonne partie de ses plus de 5 000 km de côtes le long du Pacifique pâtissent de graves pollutions générées notamment par l’aquaculture et une pêche intense.

Mais quel rapport entre l’état de santé des écosystèmes marins et le système climatique ? C’est simple : de leurs interactions mutuelles à la fois chimiques et biologiques dépend la vie sur Terre. Car les océans produisent plus de la moitié de l’oxygène de cette planète et ils absorbent plus du quart du dioxyde de carbone (CO2) émis chaque année par les activités humaines. Ils ont également intégré plus de 90 % du réchauffement atmosphérique dû au surcroît de gaz à effet de serre depuis le milieu du XXe siècle. Autrement dit, sans eux, l’air serait déjà irrespirable.

Déroute de la cryosphère

L’un des processus complexes des échanges avec l’atmosphère repose sur la photosynthèse des algues, plantes aquatiques et cyanobactéries, et sur les cycles biologiques des organismes qui vont entraîner le CO2 vers les profondeurs. Les océans ont donc besoin d’écosystèmes vivants en bonne santé.

Or, avec le changement climatique, ils deviennent plus acides, se réchauffent, se dilatent et leurs niveaux s’élèvent. Réclamé lors de la COP21, le diagnostic rendu en septembre par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne laisse aucun doute : un emballement général est en train de bouleverser les fonds marins et cause la déroute de la cryosphère.

Les glaces fondent à vitesse redoublée, tandis que des canicules se multiplient au fond de l’eau, faisant blanchir les coraux et entraînant bien d’autres conséquences, pour certaines encore inconnues.

Il reste par ailleurs difficile de réaliser à quel point l’élévation du niveau des mers, qui pourrait atteindre 1,10 mètre par rapport à la période 1986-2005 selon le GIEC, va impacter les littoraux et contribuer à l’aggravation des épisodes météorologiques extrêmes. En France par exemple, le rapport rendu fin novembre par le député (La République en marche) de Vendée Stéphane Buchou sur l’érosion côtière indique que 650 km de littoral sont en recul, et se rétractent même de 50 centimètres par an pour 270 d’entre eux.

« Réseau global cohérent » d’aires marines protégées

Tout ce que l’océan compte de défenseurs au sein des fondations, des ONG et chez les scientifiques se fait entendre ces jours-ci pour ouvrir les yeux des décideurs réunis à Madrid : exposition de photos sous-marines dans l’enceinte de la COP par l’ONG Oceana, regroupements d’experts par l’initiative OneOcean, appels à mettre fin à la surpêche, rapports multiples…

La Plate-forme océan et climat – une alliance d’instituts de recherche, d’ONG, de musées, mais aussi des armateurs – publie pour l’occasion un nouveau plaidoyer. Elle demande entre autres à l’Organisation maritime internationale de bien vouloir « intégrer la pêche dans sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre » et aux Etats de poursuivre l’objectif de 30 % de l’océan sauvegardé d’ici à 2030 au moyen « d’un réseau global cohérent » d’aires marines protégées effectivement et durablement gérées « afin de restaurer d’urgence la biodiversité ».

Certains espèrent voir pris en compte les efforts de conservation et de protection des milieux marins au même titre que ceux des secteurs des transports ou de l’énergie par exemple. Ces mesures devraient donc selon eux figurer elles aussi dans les engagements que présentent les Etats membres de la CNUCC.

Les herbiers de posidonie, les forêts sous-marines de kelps, les palétuviers des littoraux stockent de grandes quantités de carbone. La capacité des mangroves en la matière serait dix fois supérieure à celle d’une forêt tempérée et même cinquante fois supérieure à celle d’une forêt tropicale, selon le copieux rapport de Greenpeace international publié le 4 décembre « sur la crise climatique et l’urgence de protéger au moins 30 % de l’océan d’ici à 2030 », selon un mot d’ordre désormais partagé.

« S’engager à restaurer, pas seulement cesser de dégrader »

L’Union internationale pour la conservation de la nature devait, pour sa part, présenter, samedi 7 décembre, une étude entièrement centrée sur l’extension des « zones mortes » à proximité des côtes et sur l’inquiétante baisse globale des taux d’oxygène dans l’eau de mer.

« Nous attendons de cette COP qu’elle apporte suffisamment de connaissances scientifiques pour pouvoir avancer, résume Sébastien Treyer, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Il faudrait que les Etats fassent preuve d’ambition, qu’ils s’engagent à restaurer, pas seulement à cesser de dégrader. Pour cela, nous devons mettre en avant des solutions opérationnelles à l’égard des gouvernements, dont beaucoup sont sceptiques. »

LIddri a donc passé en revue dix-huit mesures envisageables : des plus robustes, comme le développement des énergies marines renouvelables – à condition de ne pas altérer la biodiversité, aux plus risquées et moins convaincantes comme la fertilisation d’écosystèmes marins pour les rendre plus productifs.

L’importance de l’univers marin est loin de s’être imposée sur la scène des négociations climatiques jusqu’à présent, même chez la plupart des pays côtiers, rappellent les auteurs de l’Iddri. Ils citent une analyse de juin 2016 montrant que sur 161 engagements, 70 % évoquaient effectivement la mer, mais surtout comme une menace à laquelle se préparer.

« Meilleure chance »

Pour les ONG, il est temps de changer de point de vue. Et le moment paraît d’autant plus propice qu’un futur traité international sur la haute mer – un instrument international juridiquement contraignant « portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale » –, en discussion à l’ONU depuis plusieurs années, est censé aboutir en 2020.

Pour toutes ces raisons, cette « COP bleue » suscite un élan redoublé chez les ONG et beaucoup d’attentes de leur part pour une déclaration résolue en fin de session.

« C’est la meilleure chance qu’il y ait jamais eue de tenir compte de l’océan dans l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ces changements », a ainsi déclaré Rémi Parmentier, coordinateur de Because The Ocean. Cette initiative politique qui regroupe plus de trente Etats a été lancée à Paris à l’occasion de la COP21 par une vingtaine de signataires dont déjà le Chili, l’Espagne, la France, Monaco, le Canada, Fidji, la fondation Tara, l’Iddri…

La plupart des argumentaires sur le rôle fondamental de l’océan qui sont parvenus à cette COP bleue soulignent l’intérêt des solutions basées sur la nature, en particulier sur les côtes, pour tenter de contenir la crise climatique. Mais tous font aussi remarquer que le meilleur moyen de soulager l’océan gavé de gaz à effet de serre d’origine anthropique reste de… réduire nos émissions.

Partager cet article

Repost0

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet