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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 12:00

Pour mieux cerner les liens entre les politiques publiques de lutte contre la pollution de l’air et les problématiques sanitaires, les grandes métropoles vont échanger leurs analyses et leurs bonnes pratiques. Par Rémi Barroux le 23 mars 2017 pour Le Monde.

À Pékin, le 20 mars. NICOLAS ASFOURI / AFP

À Pékin, le 20 mars. NICOLAS ASFOURI / AFP

Elles ont choisi un joli nom : Guapo, c'est le mignon, le beau gosse... ;- )  Lire aussi 2,3 millions de Franciliens respirent un air trop pollué, La pollution plombe la Sécu, Pollution de l'air : la santé des citoyens avant celle des lobbys industriels, La pollution de l'air, troisième cause de mortalité en France, Climat : les mauvaises nouvelles s’accumulent - La pollution de l’air touche 92 % de l’humanité, Trois cents millions d'enfants dans le monde respirent un air toxique, La France désarmée face à la plus grave pollution de l’air depuis 10 ans et Des traces d’iode radioactif détectées dans l’air ambiant en Europe.

Réduction de la circulation automobile, développement de transports alternatifs, péages urbains, vitesses limitées, voire interdiction des voitures… De nombreuses métropoles luttent contre la pollution de l’air, souvent chacune dans son coin, expérimentant des politiques publiques dont l’évaluation mériterait d’être partagée. C’est ce constat qui a présidé à l’élaboration par la ville de Paris de l’association Guapo (Global Urban Air Pollution Observatory), un observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air, que la maire Anne Hidalgo a présentée au conseil de la capitale le 23 mars. * (le nom a été bien choisi – guapo, c’est le mignon, le beau gosse…)

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), associée au projet, la pollution de l’air tue chaque année 6,5 millions de personnes dans le monde. Sur ce nombre, plus de 3 millions meurent à cause de la pollution extérieure en ville.

Évaluer les conséquences des politiques

« Cela fait des années que l’OMS alerte sur la pollution de l’air, et il nous semble opportun de travailler étroitement avec les maires des grandes villes, c’est à ce niveau qu’il nous faut intervenir, explique Maria Neira, chargée du département de la santé publique et de l’environnement à l’OMS. La création d’un observatoire pour évaluer l’impact de chaque intervention publique sur la santé, positif ou non, est donc très utile. » Pour la responsable, il manquait en effet l’étude des effets des politiques locales sur la santé, en partant des réalités propres à chaque ville.

Ainsi, Nairobi est d’abord confronté au problème des déchets brûlés en zone urbaine, Chicago aux pollutions causées par l’industrie, et la plupart des métropoles à la gestion de la circulation automobile. « La première étape consiste à ce que chaque ville fasse l’analyse précise des sources de contamination. Puis il faut évaluer les conséquences de chaque décision, au niveau environnemental mais aussi au niveau social, il faut des études sur le moyen et le long terme », développe Maria Neira, qui indique que l’OMS a déjà dressé un inventaire sur plus de 3 000 villes.

Des réactions immédiates, comme des restrictions de circulation ou la fermeture de voies lors d’épisodes de pollution intense, ne permettent pas toujours d’analyser précisément leurs conséquences. Il faut mener des enquêtes épidémiologiques par exemple, et pouvoir extrapoler à d’autres villes les solutions choisies.

« Polémiques alimentées par les incertitudes »

« Quand vous installez un tramway, ce n’est pas tant la réduction de la circulation automobile que vous devez viser que les conséquences sur la santé des habitants, ce qui intéresse les professionnels de santé, avance Bernard Jomier, adjoint à la santé à la mairie de Paris. On manque de données sur le lien entre les dispositifs mis en place et leurs conséquences sanitaires, d’où des polémiques alimentées par des incertitudes comme on le voit sur l’épisode de la piétonisation des voies sur berge à Paris. »

Les grandes métropoles ont déjà l’habitude d’échanger sur les questions climatiques et environnementales. En 2006, Ken Livingstone, alors maire de Londres, créait le Cities Climate Leadership Group, le C40, qui regroupe aujourd’hui 90 grandes villes, représentant plus de 600 millions d’habitants et 25 % des émissions de gaz à effet de serre. Depuis août 2016, la maire de Paris en assure la présidence.

Mais le C40 est focalisé sur les problématiques climatiques et la lutte contre le réchauffement, parfois distinctes des questions sanitaires et environnementales. La création de Guapo recentre le débat sur ces dernières. « Par exemple, l’installation de filtres sur les chaudières à bois est utile pour lutter contre le changement climatique, mais cela dégage des particules nuisibles à l’air respiré et à la santé », illustre Elsa Martayan, chargée de la mission de préfiguration de Guapo à la mairie de Paris.

Autre exemple de divergences dans les objectifs visés : le diesel, qui avait l’avantage d’émettre moins de CO2 que les moteurs à essence, se révèle beaucoup plus nocif pour la santé quant à l’émission de particules fines.

Budget annuel autour de 450 000 euros

La création de Guapo devrait être votée lundi 27 mars par les conseillers de Paris, mais l’association ne serait lancée officiellement qu’en juin lors d’un événement international à Rotterdam. Si le lancement de l’association fédère une dizaine de villes – Paris, Rotterdam, Mexico, Abidjan, Athènes, Londres, Pékin, Tokyo et La Haye –, avec le soutien de l’OMS, de l’OCDE, de l’Agence européenne de l’environnement, les porteurs du projet espèrent être rejoints par de grandes agglomérations.

Son budget prévisionnel est envisagé autour de 450 000 euros en année pleine, dont la moitié serait fournie par les cotisations des villes adhérentes. Un conseil d’orientation et un conseil scientifique organiseront des groupes de travail sur l’ensemble des champs visés.

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 10:52
Rien qu’en Russie, la taïga a perdu en moyenne 1,4 million d’hectares de paysages forestiers intacts non fragmentés (IFL) par an entre 2000 et 2013. ILYA NAYMUSHIN / REUTERS

Rien qu’en Russie, la taïga a perdu en moyenne 1,4 million d’hectares de paysages forestiers intacts non fragmentés (IFL) par an entre 2000 et 2013. ILYA NAYMUSHIN / REUTERS

La taïga du Grand Nord se retrouve moins souvent sur le devant de la scène environnementale que l'Amazonie, pourtant elle est encore plus mise à mal par les activités humaines. Mélèzes, épicéas, saules, bouleaux : les paysages de forêt boréale intacts qui entourent la région subarctique disparaissent même une fois et demie plus vite que le poumon vert d'Amérique du Sud.

Ils constituent pourtant la plus vaste étendue boisée continue de la planète – ils représentent environ un tiers du total. Ils sont mis à mal par les incendies et l'exploitation du bois à grande échelle jusque dans les réserves protégées. Greenpeace a décidé d’alerter sur la situation de ces quelque 16 millions de kilomètres carrés. Remarquables pour leur capacité à stocker des grandes quantités de carbone et leur résistance au changement climatique supérieure aux autres types de milieux forestiers, les forêts du Grand Nord subissent des coupes claires, sans souci de gestion durable, ou bien sont fragmentées sans ménagement, tandis que des populations autochtones sont ignorées, déplore l'ONG.

Projets industriels

Cet environnement, qui abrite encore près de la moitié des forêts primaires du monde non perturbées par des humains, voit ces trésors régresser. Elans, martres, caribous, ours bruns, lynx : l'habitat de ces mammifères et la richesse de la biodiversité se réduisent tout autour de la région arctique. Selon les données rapportées par Greenpeace, la taïga a perdu en moyenne 2,5 millions d'hectares de paysages forestiers intacts non fragmentés (IFL) par an en moyenne entre 2000 et 2013, dont 1,4 million d'hectares rien qu'en Russie. Alors que ce pays abrite 60 % des forêts boréales du monde, il est le plus touché par ce phénomène de déforestation. Il a perdu 7,2 % de ses IFL durant cette période de treize ans, devant le Canada qui en a vu disparaître 964 000 ha (soit 4,5 %) et l'Alaska 191 000 ha (5,9 %).

Le rapport de Greenpeace consacre tout un chapitre aux conifères du district d'Arkhangelsk, dans le nord-ouest de la Russie. Il pointe en particulier la situation de la réserve forestière de Dvinsky, où vivent des rennes parmi les derniers encore sauvages. " Au début des années 2000, il y avait un consensus pour en faire un vaste territoire à préserver, y compris de la part des exploitants présents dans cette région, témoigne Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace. Mais il y a eu des blocages, un changement de propriétaire… depuis 2013, le dossier n'avance plus. "

Les étendues des très convoités conifères de Dvinsky ont rétréci de 300 000 ha depuis 2000, et de nouveaux projets industriels voient le jour dans l'oblast (région) d'Arkhangelsk. Les défenseurs de la forêt s'inquiètent en particulier de la volonté affichée par la société Promo Timber, déjà présente dans la région, de construire une scierie supplémentaire en 2018 qui réclamera 1,3 million de mètres cubes de grumes de conifères par an. De même Arkhangelsk Pulp & Paper Mill et le groupe Titan envisagent d'augmenter l'approvisionnement en bois de leur usine de pâte à papier et de leurs scieries qui consomment déjà 4,5 millions de mètres cubes par an. Finalement, 489 000 ha de cette forêt intacte pourraient être protégés, soit à peine 60 % de ce qu'espérait l'ONG. C'est pourquoi elle a décidé de mettre une certaine pression sur les industriels concernés, fournisseurs comme clients.

Elle livre dans son rapport des noms d'exploitants forestiers et de négociants. Elle recense surtout certains de leurs clients influents, ces sociétés qui commercialisent en Europe de l'Ouest du bois pour la construction de bâtiments, de terrasses, de panneaux vendus dans des chaînes de magasins de bricolage (françaises notamment), pour la fabrication de saunas, la production de papier destinée à l'édition, d'emballage… Greenpeace leur demande de " se séparer de leurs fournisseurs impliqués dans la destruction de forêts boréales du Grand Nord " ou d'insister auprès d'eux afin qu'ils cessent leurs coupes claires, " respectent les droits des peuples autochtones et publient les cartes de leurs activités d'exploitation forestière ".

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 09:41
Des femmes rapportent de l’eau au camp de l’ONU à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie touchée par la famine, le 14 mars. TONY KARUMBA / AFP

Des femmes rapportent de l’eau au camp de l’ONU à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie touchée par la famine, le 14 mars. TONY KARUMBA / AFP

Toutes les institutions dévolues à l'observation du climat l'ont déjà affirmé, avec leurs chiffres, en ordre dispersé ; l'Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme. Selon le dernier bilan climatique annuel établi par l'organisation onusienne, publié mardi 21 mars, l'année 2016 a bien été celle de tous les records. Le réchauffement en cours a affecté, comme jamais auparavant, tous les compartiments du système climatique – de la hausse du mercure à l'élévation des océans, en passant par la chute des surfaces de banquise.

Les chiffres officiels traditionnellement présentés fin mars par l'OMM feront autorité : ils proviennent de l'ensemble des données collectées par les principaux laboratoires de climatologie au cours de l'année écoulée.

Indicateur le plus frappant : celui de la température moyenne de la planète. Celle-ci a été supérieure de 1,1 °C à la moyenne de l'époque préindustrielle, battant ainsi le record établi par l'année précédente (1,04 °C). " Les températures ont été au-dessus de la moyenne 1961-1990 sur la vaste majorité des terres émergées, les seules exceptions significatives ayant été une région d'Amérique du Sud centrée sur le cœur de l'Argentine, et des zones du sud-ouest de l'Australie ", note l'OMM dans son rapport.

Dans certaines régions de l'Arctique, la température moyenne annuelle a excédé de plus de 3 °C la moyenne 1961-1990 : c'est le cas le long de la côte de l'Arctique russe, en Alaska ou encore dans le nord-ouest du Canada.

Très loin au nord, au sommet du monde, le nombre de degrés Celsius en excès semble irréel. La température enregistrée tout au long de l'année sur la station météorologique de l'aéroport de Svalbard, dans l'archipel norvégien du Spitzberg, excède de 6,5 °C la moyenne 1961-1990.

Déficit de banquise

" A lire ce rapport, comme de nombreux autres, il est évident que la perspective de stabiliser le réchauffement en dessous de 1,5 °C s'éloigne, déclare le climatologue Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l'université de Pennsylvanie (États-Unis). Nous avons déjà réchauffé l'atmosphère de plus de 1 °C, et 0,5 °C de plus pourrait être déjà dans les tuyaux. Au point où nous sommes, nous devons probablement concentrer les efforts sur une stabilisation en dessous de 2 °C. C'est toujours possible et laisser dériver le réchauffement au-delà aura probablement des conséquences catastrophiques et potentiellement irréversibles. "

Des canicules extrêmes ont frappé l'Afrique australe, l'Afrique du Nord et l'Asie. Plus de 42 °C ont été relevés en janvier à Pretoria (Afrique du Sud), 51 °C ont été atteints à Phalodi (Inde) en mai. Le record absolu a été atteint en juillet à Mitribat (Koweït), avec 54 °C – la température la plus élevée jamais enregistrée en Asie. L'Iran et l'Irak ont également vu le mercure atteindre ou dépasser ponctuellement 53 °C. En Afrique de l'Est, des précipitations faibles ont coïncidé avec des températures élevées, précipitant dans l'insécurité alimentaire près de 20 millions de personnes – une situation qui s'est aggravée au cours des premières semaines de l'année 2017.

" Cette augmentation de la température mondiale est cohérente avec les autres changements perceptibles dans le système climatique, a déclaré Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM. Les températures moyennes de l'océan ont également été les plus élevées jamais relevées, le niveau marin a continué à s'élever et l'étendue de la banquise arctique a été très en deçà de la moyenne pendant la plus grande partie de l'année. "

En novembre 2016, le déficit de banquise au niveau mondial affichait 4 millions de kilomètres carrés, " une anomalie sans précédent pour ce mois de l'année ". Quant aux températures élevées de l'océan, ajoute l'OMM, " elles ont contribué à des épisodes de blanchissement et de mortalité des coraux dans de nombreuses eaux tropicales, avec des impacts importants sur la chaîne alimentaire marine, les écosystèmes et les pêcheries ".

Tout au long de l'année, le thermomètre terrestre a été tiré vers le haut par un puissant phénomène El Niño, très marqué en début d'année 2016, rappelle l'OMM. Ce phénomène naturel, qui revient en général tous les trois à sept ans, est marqué par un fort réchauffement des eaux de surface du Pacifique. Il fait grimper le mercure mais suscite aussi, dans certaines régions, des événements de précipitations ou des sécheresses extrêmes.

Il a aussi fait monter brusquement le niveau moyen des mers. Celui-ci, note l'OMM, s'est élevé de 1,5 centimètre entre novembre 2014 et février 2016. Cette hausse peut paraître modeste au béotien mais, à s'en tenir au rythme d'élévation du niveau des mers observé depuis vingt-cinq ans, elle représente quatre à cinq années de hausse moyenne en moins de seize mois…

Tendance lourde

El Niño n'est toutefois pas responsable de tous les phénomènes extrêmes observés. La tendance lourde au réchauffement a pris sa part. Car, El Niño ayant disparu, les températures de 2017 devaient fortement marquer le pas ; mais ce n'est pas ce que les climatologues observent pour l'heure.

Les deux premiers mois de l'année se placent ainsi sur la deuxième marche du podium, immédiatement derrière les deux premiers mois de 2016. En février, et sur le seul territoire des États-Unis, 11 743 records de chaleur ont été atteints ou franchis, selon le décompte de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine.

" Même sans un puissant El Niño en 2017, nous voyons des changements remarquables s'opérer partout sur la planète, et qui interrogent les limites de notre connaissance du système climatique, selon David Carlson, directeur du programme mondial de recherche sur le climat de l'OMM. Nous sommes désormais en territoire inconnu. "

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 09:01

C’est une première : une usine française va recycler les cellules photovoltaïques. De nouveaux produits seront fabriqués avec les matériaux. Par Frédéric Mouchon le 19 mars 2017 pour Le Parisien.

Du neuf avec les vieux panneaux solaires

UNE BOUTEILLE en plastique, un emballage en carton, une boîte de conserve, des piles, un appareil électronique, un panneau solaire… Cherchez l’intrus.

Un petit indice : on le voit de plus en plus fleurir au milieu de champs producteurs d’électricité. Les entreprises et les particuliers adorent en installer sur leurs toitures. Mais contrairement à la plupart des produits de consommation courante, il n’est pas recyclé. Trois ans après la création de PV Cycle France, premier organisme chargé par les pouvoirs publics de collecter et traiter les panneaux photovoltaïques usagés, l’entreprise Veolia vient de signer un contrat de quatre ans pour recycler le matériel abîmé ou en fin de vie.

Dotée d’une technologie unique en France, une usine de traitement installée à Rousset (Bouches-du-Rhône) sera en mesure d’ici la fin de l’année de valoriser plus de 1 400 t de matières premières. Car un panneau solaire, c’est 75 % de verre mais aussi de l’aluminium, du cuivre et du silicium. Autant d’éléments qui partaient jusqu’ici à la poubelle ou étaient  parfois recyclés en Belgique.

55 000 tonnes de panneaux posés en France chaque année

Lorsque le panneau usagé arrivera dans l’usine, il sera entièrement démonté et chaque élément réutilisable envoyé vers une filière adaptée. « Le but de ce contrat est de rapatrier le traitement de ces déchets en France où l’on pourra recycler 96 % des matériaux qui composent un panneau photovoltaïque », explique le directeur général de PV Cycle France, Nicolas Defrenne.

Si cette usine a vu le jour, c’est parce que la loi stipule que tout importateur ou fabricant de panneaux à énergie solaire se trouve dans l’obligation de les collecter et de les traiter lorsqu’ils arrivent en bout de course. Or la surface de toiture couverte de panneaux photovoltaïques n’a cessé de progresser depuis 2006, passant de 4 ha à 6 772 ha l’an dernier ! « Chaque année, 55 000 t de panneaux sont posés en France, et la puissance installée va tripler d’ici à 2023 », souligne Bernard Harambillet, directeur général recyclage et valorisation des déchets au sein de Veolia France.

Loin de se pincer le nez devant des déchets, qu’ils soient ménagers ou électroniques, cette entreprise s’est fait une spécialité de les considérer comme une ressource dont on peut extraire des matériaux pour fabriquer de nouveaux produits. « D’ici trente ans (NDLR : la durée de vie maximale d’un panneau), nous devrions pouvoir recycler 60 000 t de panneaux chaque année en France », estime Nicolas Defrenne. Et cela concernera aussi Monsieur et Madame Tout-le-Monde. « Lors de la dépose de sa toiture solaire, un particulier peut demander la reprise de ses panneaux usagés par son installateur pour qu’ils soient recyclés », rappelle Nicolas Defrenne.

« C’est exactement le même principe que votre cafetière, explique le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jean-Louis Bal. Une fois qu’elle est arrivée en fin de vie, vous n’êtes pas censé la mettre à la poubelle mais la ramener au magasin qui se charge de l’envoyer dans une filière de recyclage. »

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 11:46

Alors que débute aujourd'hui la 12e semaine des alternatives aux pesticides... la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondances internes du groupe américain agrochimique. On y découvre que Monsanto s'inquiétait dès 1999 de la dangerosité potentielle du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup.

Le Roundup. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Roundup. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Une information embarrassante pour l'Agence européenne des produits chimiques. Le 15 mars, elle estimait que le glyphosate n'était pas mutagène. Pour le groupe allemand Bayer, en passe de racheter Monsanto, la mauvaise image du semencier présente un risque élevé.

Lire aussi Le désherbant Roundup classé cancérogène, Fusion Monsanto-Bayer : « C’est un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur », Monsanto traduit devant un tribunal international citoyen à La Haye, Les citoyens se font justice face à Monsanto,

et aussi Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens, Halte à la manipulation de la science,                                                            Perturbateurs endocriniens : la fabrique d'un mensonge,                    Cancer au travail : la Commission européenne complice de l’industrie, Cancers professionnels : seulement dix-huit substances réglementées, et Une quarantaine d’ONG européennes lancent une initiative citoyenne contre le glyphosate !

Roundup : ce que révèlent les " Monsanto Papers "

Par Stéphane Foucart le 18 mars 2017 pour Le Monde.  

Rarement hasard du calendrier aura été plus embarrassant pour une agence d'expertise. Dans le cadre d'une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondances internes de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s'inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or le 15 mars, à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu'elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène – c'est-à-dire capable d'engendrer des mutations génétiques.

Pour Monsanto, l'affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

Ces documents internes de la firme de Saint Louis (Missouri) ont été rendus publics dans le cadre d'une action collective portée devant une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien (un cancer du sang). S'appuyant sur un avis rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), les plaignants attribuent leur maladie au contact prolongé avec l'herbicide commercialisé par Monsanto.

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), chargée aux États-Unis d'évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d'une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l'enjeu est de les convaincre que le produit n'est pas génotoxique.

" Science pourrie "

" Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l'entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu'un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité - du glyphosate - sera soulevée. "

Les messages échangés suggèrent qu'en interne, la crainte est forte que le glyphosate ne soit considéré comme génotoxique, c'est-à-dire nocif pour le matériel génétique et donc capable d'y induire des mutations susceptibles d'initier des cancers.

La firme de Saint Louis jette son dévolu sur James Parry, alors professeur à l'université de Swansea (Pays de Galles), l'un des papes de la génotoxicité – auteur de près de 300 publications. Mark Martens, alors directeur de la toxicologie de Monsanto pour l'Europe et l'Afrique, est chargé de cornaquer le savant britannique et le faire accoucher d'un rapport sur le sujet.

Hélas ! James Parry semble n'avoir pas saisi les règles tacites de l'exercice. Au lieu de défendre le glyphosate en mobilisant ses connaissances, il fait valoir de sérieuses inquiétudes. Le rapport qu'il remet à Monsanto ne sera jamais rendu public ni transmis aux autorités de régulation.

Et pour cause : sur la base d'études alors récentes, écrit M. Parry, " je conclus que le glyphosate est un clastogène potentielin vitro ". Une substance " clastogène " est un mutagène capable de casser l'ADN et d'induire des aberrations chromosomiques. Sur la foi d'observations menées sur des cellules sanguines (lymphocytes) bovines et humaines, James Parry ajoute que " cette activité clastogénique - du glyphosate - pourrait se produire in vivo dans les cellules ", à l'exception des cellules germinales (spermatozoïdes et ovocytes).

James Parry précise que le mécanisme en jeu serait la capacité du glyphosate à induire un " stress oxydatif " sur les cellules – c'est précisément ce processus qui sera identifié par le Centre international de recherche sur le cancer, dans sa monographie de mars 2015. Une monographie que Monsanto qualifiera immédiatement, dans un communiqué, de " science pourrie "

Le rapport de Parry est fraîchement accueilli. Le 31 août 1999, un cadre de la firme écrit à ses interlocuteurs qu'il est " déçu " par le texte rendu et interroge : " A-t-il déjà travaillé pour l'industrie sur ce genre de projet ? " Le scientifique britannique suggère à Monsanto, dans son rapport, de conduire des tests spécifiques pour explorer plus avant le potentiel mutagène du glyphosate.

En septembre 1999, l'un des toxicologues de Monsanto écrit à ses collègues que " Parry n'est pas la personne qu'il nous faut et cela prendrait pas mal de temps, de dollars et d'études pour l'amener à l'être ". " Nous n'allons simplement pas conduire les études qu'il suggère, ajoute-t-il à l'adresse de Mark Martens, le cornac de James Parry. Mark, penses-tu que Parry peut devenir un avocat solide sans mener ces travaux ? Sinon, nous devrions commencer sérieusement à chercher une ou plusieurs autres personnalités avec qui travailler. " L'intéressé ajoute, à propos de la génotoxicité possible du glyphosate : " Nous sommes actuellement très vulnérables. "

En interne, l'affaire crée des remous pendant plusieurs mois. Dans un courriel collectif envoyé en 2001 par une haute responsable de la firme, Mark Martens est stigmatisé : " Mark n'a pas bien géré cela et on en est presque arrivé à voir Parry déclarer le glyphosate génotoxique… "

" Aucune donnée "

Ce n'est pas tout. L'impact sanitaire des " surfactants " (ces produits ajoutés au glyphosate pour démultiplier son pouvoir herbicide) apparaît comme une autre épine dans le pied du géant de l'agrochimie. Selon les plaignants, leur présence augmenterait l'absorption du glyphosate par la peau, accroissant ainsi l'exposition des travailleurs agricoles au produit.

Interrogée le 11 janvier 2017 par les avocats des plaignants, Donna Farmer, l'une des toxicologues de Monsanto, assure " n'avoir aucune donnée certifiant " ce soupçon. Las ! Dans les documents déclassifiés, un rapport interne de 2001 et signé de scientifiques de la firme, liste six mécanismes par lesquels " les surfactants sont capables d'augmenter l'absorption du glyphosate par la peau ".

Interrogée par Le Monde, Monsanto rappelle que toutes les agences réglementaires considèrent le glyphosate comme sûr et conteste la classification de l'Organisation mondiale de la santé, qui l'estime mutagène et cancérogène probable pour l'homme.

Que pense M. Parry de l'affaire ? Difficile de le savoir : il est mort en 2010. La firme de Saint Louis assure, elle, que le rapport du scientifique britannique ne faisait que " répondre à quelques études isolées ", rudimentaires et irréalistes (injection directe de la substance, etc.). " Le Dr Parry a initialement cru que ces études montraient des effets génotoxiques possibles du Roundup et a suggéré à Monsanto de conduire plus d'analyses, par le biais d'études de génotoxicité ", précise la société au Monde.

Celles-ci auraient été conduites et auraient finalement changé l'opinion de M. Parry. Pour en avoir le cœur net, les avocats des plaignants demandent donc l'accès à plus de documents internes, dont les correspondances entre M. Parry et son cornac. Les révélations des " Monsanto Papers " ne font peut-être que commencer.

***Repères***

Classé " cancérogène " par la Californie

L'État de Californie pourra exiger la présence d'une mention " cancérogène " sur les bidons de Roundup, l'herbicide phare de la société Monsanto. Depuis plusieurs mois, la firme de Saint Louis (Missouri) contestait aux autorités sanitaires californiennes l'inscription du Roundup sur la liste officielle des substances cancérogènes devant être dûment étiquetées. Mais le 10 mars, une juridiction de l'État a rendu un jugement défavorable au groupe agrochimique, estimant que les exigences d'étiquetage de l'Office de la santé environnementale et de l'évaluation des risques étaient fondées. Ces dernières s'appuient sur l'avis rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer – l'agence de l'Organisation mondiale de la santé chargée d'inventorier les causes de cancer – selon lequel le glyphosate, principe actif du Roundup, est mutagène, cancérogène pour l'animal et cancérogène probable pour l'homme.

13,5   C'est, en milliards de dollars, le chiffre d'affaires du groupe en 2016

70 %  C'est la part de l'activité de la société qui repose sur la commercialisation de traits génétiques ou de semences, permettant une tolérance des cultures aux insectes ou à l'herbicide Roundup

30 %  C'est la part du chiffre d'affaires qui repose sur la vente d'intrants agricoles (pesticides, etc.), en majorité de marque Roundup

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 09:05

Le philosophe Frédéric Worms exhorte ceux qui dénoncent le " système " à faire preuve de mesure, de discernement, afin de ne pas faire le lit du totalitarisme. Par Frédéric Worms le 17 mars 2017 pour Le Monde.

Avoir la défense adoptée par M. Fillon face aux accusations qui lui ont été adressées par la presse, on est pris d'un vif regret portant sur l'efficacité et l'importance qu'une autre défense aurait pu avoir, non seulement pour lui-même, mais pour la France et pour la situation politique contemporaine, dans un de ses aspects les plus graves.

Car enfin, voici l'un des candidats qui se déclare le plus farouchement " antisystème " dans sa campagne, qui est accusé par certains articles de certains faits pouvant relever, à certaines conditions, de la justice. Qu'aurait donc pu et dû être sa défense, sa défense la plus logique et en quelque sorte même la plus obsessionnelle ? C'est bien simple, et il suffit pour le savoir de se rapporter à ce qu'est au fond un " système ".

Fillon, l'occasion manquée

Un " système ", le terme le dit assez, c'est quelque chose où " tout " se tient, et notamment des choses qui en apparence n'auraient rien à faire ensemble. Ainsi, dans quelques doctrines philosophiques, où " tout " découle d'un principe, de la logique formelle au sens de l'histoire en passant par les passions et les malheurs des hommes. Ou bien, dans quelques pratiques politiques, où l'on pratique en effet le mélange des genres entre les pouvoirs, parfois entre tous les pouvoirs, de la presse à l'argent en passant par le droit ou l'Etat (et par exemple dans les " conflits d'intérêts " qui sont toujours le principe de ces " systèmes ").

Mais alors, si tel est le cas, si tel est ce qui définit un " système ", quelle est la seule réponse au système, ou au risque de système ? La réponse qui est, et qui doit d'ailleurs rester au principe de toute démocratie réelle, et de toutes les institutions réellement républicaines ? Cette réponse est bien simple, elle aussi, et elle saute aux yeux par contraste. C'est bien sûr la critique, et la séparation. La critique, qui signifie (et pas seulement par son étymologie) séparation et distinction. Une séparation qui, en politique et en République, est d'abord la séparation des pouvoirs. Mais plus largement encore, une critique qui peut s'exercer, jusque dans chaque pouvoir. On peut en tout cas le poser en principe : la seule réponse au système, c'est la distinction, c'est la séparation, c'est la critique.

On comprend alors comment M. Fillon aurait pu et dû se saisir avec force de cette occasion presque unique de lutter contre le système ! Distinguons, aurait-il pu et dû dire, presque -obsessionnellement. Faisons appel aux institutions chargées de la distinction, à ces institutions que nous appellerons critiques. Heureusement d'ailleurs qu'elles existent et qu'elles se sont développées, dans les trente dernières années ! La plus récente sans doute, cette  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique que l'actuel gouvernement a mise en place après une " affaire " redoutable et -potentiellement mortelle surgie en son sein - (Cahuzac). Ou bien celles qui ont sauvé, on s'en souvient, le - " système " de santé français, ces agences qui ont interdit, surveillé et critiqué sans relâche les conflits d'intérêts, après le scandale de la vache folle ou celui du sang contaminé. Sans elles, la propagande et la propagation du -soupçon seraient devenues plus -redoutables encore qu'elles ne le sont déjà ; et cette propagande le sait bien, puisqu'elle s'emploie sans relâche à les discréditer.

M.  Fillon aurait donc pu et dû non seulement recourir ou attendre que d'autres recourent à ces institutions, mais les soutenir et les revendiquer, jusqu'à l'obsession, justement contre le " système " ! Et, au-delà même de ces institutions politiques, distinguer, -distinguer toujours ! Entre les articles de presse eux-mêmes, et parfois dans un même article : faire preuve de sens critique, et non pas tous les rejeter en bloc dans un " système ". Car il faut -distinguer en effet, partout, et ne pas admettre que l'on confonde tout : la description des faits, le soupçon sans fondement et l'insulte parfois ignoble (jusqu'à l'accent d'une épouse qui en vient ainsi à porter sur elle une partie de la xénophobie ambiante).

Le travail critique, ressource vitale de la démocratie. Non pas certes une autocritique systématique, car elle devient alors (et ça s'est vu) aussi totalitaire que son contraire ; mais des distinctions dans chaque discours, et chaque institution, non pas pour ébranler, mais pour renforcer leur légitimité et la confiance publique, comme ligne de défense non seulement d'un individu, mais de la vérité, de la politique et de la République.

Opposition massive

Au lieu de quoi qu'avons-nous entendu ? Encore un discours " antisystème ". Et qui conduit à en redoubler encore le danger. Car il y a un premier danger. C'est de remplacer les distinctions critiques par l'opposition massive entre un " système ", d'un côté, où " tout " serait mal, et, de l'autre côté, celui qui le critique et chez qui, bien entendu, " tout " serait bien ! Comme si tout était permis à celui qui dit que tous (les autres) sont pourris. Or, s'il y a toujours des progrès à faire dans les institutions contre le risque en effet chronique de devenir un système, il y a certes aussi des progrès à faire du côté de ceux qui critiquent ces institutions, s'ils croient pouvoir tout se permettre, et c'est toujours le cas.

Mais le danger se redouble encore, si celui qui s'en prend au système le fait pour se défendre, lui-même, d'y avoir participé. Non pas que nous en accusions ici quiconque (et par exemple M. Fillon) à notre tour ! Nous nous garderons bien de le faire, en tout cas de cette façon, et attendrons les études et les jugements critiques qui seront, par définition, mesurés. Mais il est facile de voir le nouveau danger qui risque de surgir alors. C'est le risque de la surenchère des " antisystème ", qui chercheront chacun à placer tous les autres du mauvais côté de la barrière, ou dans le même sac, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un – ou une.

Alors en effet tout le monde y aura perdu, et on risque d'y avoir tout perdu. On s'apercevra trop tard qu'en se trompant de défense, qu'en ne critiquant pas le " système " ou le tout, grâce à des distinctions, grâce aux principes qui dans chaque démocratie nous en préservent, mais en le renforçant encore, à force de confusion, on aura renforcé un autre véritable système. Le système de ceux qui prétendent critiquer (sans distinction) le système, mais qui risquent ainsi de produire ce qu'ils prétendaient dénoncer chez les autres, et de l'aggraver encore, pour nous imposer non pas un tout, ou une totalité mais, bel et bien, le totalitarisme.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 12:39

Les géants de la gestion de l'eau font face depuis plusieurs années à un réveil citoyen. Et 2017 pourrait marquer un nouveau tournant. Par Erwan Manac’h le 15 mars 2017 pour Politis à lire sur www.politis.fr .

Cf Une nouvelle manœuvre pour faire taire les défenseurs du droit à l’eau.

Public-privé : La guerre de l’eau

Le commerce de l’eau n’est pas une pratique nouvelle. Les deux plus grandes multinationales du secteur, Veolia et Suez, ont conquis la France et le monde depuis la fin du XIXe siècle. En réussissant, grâce à des jeux de pouvoir et d’argent, à se construire des marchés captifs et à s’en adjuger la rente.

Mais ces géants font face depuis plusieurs années à un réveil citoyen. Après Grenoble en 2000 et Paris en 2010, une multitude de villes ont repris en main la gestion de leur eau, mettant chacune à leur tour en lumière les pratiques des multinationales et les bienfaits d’un retour en régie publique.

Cette vague citoyenne pourrait connaître en 2017 un nouveau rebondissement. Avec la réforme territoriale, les communes doivent transférer leurs contrats aux intercommunalités. L’occasion pour les dizaines d’experts citoyens, de plus en plus familiers de ces dossiers techniques et opaques, d’y exercer un droit de regard. L’inertie politique est encore importante, mais ils ont pour eux des arguments convaincants, à commencer par celui du prix, directement perceptible sur la facture des usagers.

2017, année de l’eau publique ?

La réforme territoriale offre une occasion historique de reprendre au privé une grande part de la distribution de l’eau. À moins que les multinationales ne parviennent, au contraire, à accroître leur emprise. (...)

 

Notes : [1] Elle raconte cette aventure dans Une victoire face aux multinationales. Ma bataille pour l’eau de Paris, Les Petits matins, 2015.

[2] Baromètre TNS- Sofres-CIEAU, « Les Français et l’eau » 2015.

[3] eau-iledefrance.fr

[4] Bastamag, 7 janvier.

[5] Vague citoyenne, informations sur vaguecitoyenne.org

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:25

Parce qu’elles défendent le droit à l’eau des plus démunis en luttant contre les coupures d’eau illégales, des associations dérangent une multinationale. Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation France Libertés, et Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Île-de-France, sont directement visés par l’attaque de Veolia. La Ligue des Droits de l’Homme soutient la Fondation France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France, poursuivies pour diffamation par Veolia ! Par la LDH le 16 mars 2017.

La lutte pour le droit à l’eau pour tous
Depuis trois ans, les coupures d’eau pour impayés sont illégales dans les résidences principales, tout au long de l’année. Les multinationales Veolia et la Saur ont tout fait pour ignorer et contester cette loi. La Fondation France Libertés et la Coordination Eau Île-de-France ont mené des actions en justice aux côtés des usagers démunis victimes de coupures d’eau pour défendre leurs droits.
Elles ont obtenu la victoire devant de multiples tribunaux, cours d’appel et même devant le Conseil constitutionnel : tous ont confirmé l’interdiction des coupures d’eau et des réductions de débit.

Une poursuite-bâillon
N’ayant pu obtenir gain de cause en justice, Veolia tente une nouvelle manœuvre : faire taire les défenseurs du droit à l’eau et de la loi. Au-delà de la question des coupures d’eau, cette attaque du leader mondial de l’eau concerne tous les défenseurs des droits humains, sociaux et environnementaux.

Comment les aider?
Une campagne de financement participatif est lancée pour aider France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France à couvrir leurs frais de justice : http://bit.ly/2mlH1U9. Contribuez et relayez cette campagne dans nos réseaux. Ils ont besoin de nous dans cette lutte de David contre Goliath.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 17:36

Le système Nutri-Score, qui reste facultatif, doit aider le consommateur à manger sainement. Par Pascale Santi le 16 mars pour Le Monde.

La France se dote d'un logo nutritionnel

Mieux vaut tard que jamais, diront certains. La ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé mercredi 15 mars, dans Le Parisien, la mise en place d'un logo nutritionnel sur les produits dans les supermarchés. Le but est d'améliorer la qualité nutritionnelle du panier d'achat des consommateurs, les informations actuelles étant peu lisibles. Ce choix sera fixé par arrêté en avril.

C'est le Nutri-Score qui a été choisi, au vu des résultats d'une étude qui a testé quatre systèmes durant dix semaines dans soixante magasins : celui de l'industrie agroalimentaire, celui de la grande distribution, les " feux tricolores " britanniques et le Nutri-Score, un système à cinq couleurs développé par l'équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) de l'Inserm.

" Le Nutri-Score apparaît comme le système le plus efficace ", -concluent ces études, notamment pour " ceux qui achètent les produits les moins chers ". " L'intérêt d'un logo nutritionnel et l'efficacité du Nutri-Score sont démontrés ", a déclaré Mme Touraine dans un communiqué. Le Nutri-Score, ou " 5 C ", propose une échelle de cinq couleurs allant du vert au rouge en fonction notamment de quatre paramètres : l'apport -calorique pour 100 grammes, la teneur en sucre, en graisses saturées et en sel.

Hostilité des industriels

La plupart des industriels n'ont jamais caché leur hostilité à l'égard du Nutri-Score, dont l'efficacité a pourtant été démontrée par des études scientifiques. Dans un communiqué, l'Association nationale des industries alimentaires dit attendre " la présentation officielle des résultats de l'expérimentation en conditions réelles prévue dans les prochains jours ". Seul Fleury Michon a annoncé qu'il " rendrait visible ce logo dès le prochain renouvellement d'emballage (…), souhaitant même aller plus loin ".

Ce feuilleton dure depuis des années. Le système devait d'abord être choisi par décret, après avoir été adopté par la loi de santé de janvier 2016, qui avait suscité de vifs débats. Dès janvier 2014, le professeur Serge Hercberg, qui dirige l'EREN, avait remis à la ministre un rapport sur la politique nutritionnelle, dont le logo était l'une des mesures préconisées. Mais les industriels s'étaient élevés contre ce dispositif pourtant prôné par le Haut Conseil de la santé publique. Le jugeant pénalisant, ils avaient réclamé une étude en conditions réelles d'achat. Une étude qui n'est pas exempte de critiques : conflits d'intérêts dans le comité scientifique, présence des industriels dans le comité de pilotage… Quant au coût, il s'élève à 2,2 millions d'euros, dont près de la moitié est financée par l'Assurance-maladie. Pour autant, " les études viennent de montrer que le plus pertinent des logos pour aider à manger sainement est le Nutri-Score ", répond la ministre.

Cet étiquetage sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas qu'il soit obligatoire, ce que regrette Mme Touraine : " Je compte sur la pression des consommateurs pour que les industriels s'engagent dans cette voie. " " C'est une victoire de la santé publique car la bataille a été complexe ", se félicite M. Hercberg, qui espère que la France portera ce dossier devant les instances européennes pour rendre un tel logo obligatoire.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 11:14

Biodiversité, AFP.

Whanganui est le nom de cette ville et aussi du troisième plus long cours d'eau du pays.

Whanganui est le nom de cette ville et aussi du troisième plus long cours d'eau du pays.

Un fleuve sacré pour les Maoris a été reconnu par le Parlement néo-zélandais comme une entité vivante, une décision qui pourrait être une première mondiale. Le Whanganui, troisième plus long cours d'eau du pays, a été doté, mercredi 15 mars, d'une " personnalité juridique, avec tous les droits et les devoirs attenants ", a détaillé le ministre de la justice. Traduction : les intérêts du cours d'eau seront défendus dans les procédures judiciaires par un avocat représentant la tribu et un autre le gouvernement. La tribu maorie locale Iwi, qui lutte pour la reconnaissance de ses droits sur le fleuve depuis les années 1870, a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52 millions d’euros) au titre des frais de justice, et 20 millions d'euros pour améliorer l'état du fleuve. « La nouvelle législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre iwi [tribu] Whanganui et son fleuve ancestral. »

Le fleuve Whanganui, dans l’île du Nord, en Nouvelle-Zélande. JAMES SHOOK / CC-BY-2.5

Le fleuve Whanganui, dans l’île du Nord, en Nouvelle-Zélande. JAMES SHOOK / CC-BY-2.5

" Vision du monde "     (Ajout d'après Caroline Taïx le 20 mars 2017 pour Le Monde).

" Aujourd'hui, nous reconnaissons le sacrifice et la souffrance de la tribu Whanganui, qui s'est battue près de cent cinquante ans pour arrêter l'exploitation de cette force vitale ", a salué Te Ururoa Flavell, du Parti maori. Le texte fait valoir que le fleuve, dont le nom maori est Te Awa Tupua, est une entité vivante, " partant des montagnes jusqu'à la mer, y compris ses affluents et l'ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ".

Les droits et les intérêts du Whanganui pourront être défendus devant la justice. Le fleuve sera alors représenté par deux personnes : un membre de la tribu et un autre du gouvernement – de la même manière qu'un adulte parle au nom d'un enfant devant le juge. Le fleuve est ainsi mieux protégé et des plaintes pourront être déposées en son nom. La tribu n'est pas la propriétaire du fleuve mais son gardien, chargé de le protéger pour les générations actuelles et futures.

Certains pourraient juger étrange cette reconnaissance de droit pour un fleuve, a reconnu le député travailliste Adrian Rurawhe, lui-même maori. Mais pour les peuples autochtones, c'est normal, a-t-il expliqué à des journalistes néo-zélandais, avant de citer un adage maori : " Je suis la rivière et la rivière est moi. "

" Notre terre est personnifiée, explique Jacinta Ruru, codirectrice du centre de recherche maori à l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande. Nous nous percevons comme faisant partie de l'environnement. Notre bien-être et notre santé dépendent de ceux de notre environnement et réciproquement. " La loi a " embrassé la relation des Maoris à la terre et renverse l'idée d'une souveraineté humaine ", se félicite-t-elle.

Cette législation a été présentée par le gouvernement néo-zélandais comme une première mondiale, mais pour la juriste internationale Valérie Cabanes, auteure d'Un nouveau droit pour la Terre (Seuil, 2016), il existe des précédents. " La reconnaissance des droits de la nature est en pleine évolution dans le monde ", précise-t-elle, en évoquant des exemples en Equateur et en Bolivie, mais aussi des comtés aux Etats-Unis, ou la ville de Mexico, qui ont inscrit les droits de la nature dans les législations locales.

La croyance des peuples premiers, qui ne font pas de distinction entre humanité et nature, est à l'origine de cette affirmation des droits de la nature. Mais " de plus en plus d'Occidentaux s'engagent dans cette démarche ", explique Valérie Cabanes. Elle met en avant " la crise climatique et environnementale " pour expliquer cette évolution : " Depuis le judéo-christianisme et la suprématie de l'Occident sur le monde, l'homme s'est positionné comme dominant. Mais ce n'est qu'une vision du monde, qui est manifestement arrivée à ses limites. "

Fin mars, une initiative doit être lancée au Parlement européen pour demander la reconnaissance des droits de la nature.

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