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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 18:08

Trente et un ans après la catastrophe nucléaire, rien n’est prévu pour démanteler le réacteur ukrainien sinistré. Par Pierre Le Hir le 25 avril 2017 pour Le Monde.

Aux Lilas, ce mercredi 26 avril 2017 à 18h30 sur le parvis de la Mairie, une commémoration des 31 ans du début de l'accident nucléaire survenue à Tchernobyl (Ukraine), aura lieu, autour de quelques textes lus, prises de parole spontanées, distribution de tracts, dessins, messages, initiée par Ensemble ! (ensemble.lllp@gmail.com). Vous êtes invité-e-s à participer de la manière qui vous conviendra le mieux - tract ci-dessous.

La nouvelle arche de confinement posée sur le réacteur accidenté, vue de la ville abandonnée de Pripiat, le 5 avril. GLEB GARANICH / REUTERS

La nouvelle arche de confinement posée sur le réacteur accidenté, vue de la ville abandonnée de Pripiat, le 5 avril. GLEB GARANICH / REUTERS

Le 26 avril 1986, le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire de l’atome civil. Trente et un an après, le risque nucléaire en Ukraine reste « très préoccupant », estime Michel Chouha, spécialiste de l’Europe de l’Est à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’établissement public français chargé de la recherche et de l’expertise dans ce domaine.

La pose, fin 2016, d’une arche géante sur le réacteur accidenté, destinée à assurer son confinement pendant cent ans, a été largement médiatisée. La situation est-elle désormais sécurisée ?

La nouvelle arche de confinement constitue une avancée très significative dans la sécurisation du vieux sarcophage [construit dans l’urgence après l’accident et très dégradé depuis] et, de manière plus générale, du site de Tchernobyl. Mais il ne faut pas en exagérer la portée. Sa construction visait trois objectifs : protéger le vieux sarcophage des agressions climatiques pour qu’il ne se dégrade pas davantage ; éviter la dispersion des matières radioactives qu’il renferme dans l’environnement ; permettre son démantèlement et l’enlèvement de toutes les matières radioactives dans des conditions optimales.

Le dernier objectif est de loin le plus important. Car le but ultime est la transformation du site de Tchernobyl, à terme, en un site « écologique » sûr. Or, sans le démantèlement du vieux sarcophage et l’enlèvement de toutes les matières radioactives qu’il renferme encore, ce résultat ne pourra jamais être atteint et l’arche n’aura pas rempli sa mission. Elle représente une étape, certes majeure, mais le plus important reste à réaliser et doit commencer le plus tôt possible. L’arche est conçue pour durer cent ans, mais cela ne veut nullement dire que l’on peut attendre cent ans. L’état de l’ancien sarcophage ne permet pas d’attendre. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.

Le réacteur accidenté contient toujours une énorme quantité de matériaux radioactifs. Existe-t-il un plan pour le démanteler ?

Au moment de l’accident, le cœur du réacteur contenait environ 200 tonnes de combustible nucléaire – uranium et plutonium –, dont près de 90 % sont encore ensevelis sous le vieux sarcophage, avec les ruines du bâtiment du réacteur (principalement des structures métalliques et du béton). Il faut y ajouter les 5 000 tonnes de matériaux divers (métaux, sable, argile, bore, etc.) qui ont été déversés sur l’installation dans les jours qui ont suivi l’accident, pour éteindre le feu et enterrer le cœur très radioactif du réacteur détruit.

A ce jour, les programmes de démantèlement du vieux sarcophage et de retrait des matières radioactives ne sont pas encore établis. Les technologies qu’il faudra mettre en œuvre pour assurer ces opérations, qui devront se réaliser en grande partie de manière robotisée, ne sont pas non plus au point. Les politiques et les programmes à suivre devront d’abord être définis par les autorités ukrainiennes locales et nationales. Il faudra ensuite développer les outils et les méthodes appropriés, pour enfin procéder au démantèlement et à l’enlèvement de toutes les matières radioactives. Tout cela nécessitera au moins plusieurs décennies. Aujourd’hui, il n’existe même pas de stratégie arrêtée.

L’Ukraine a-t-elle les moyens scientifiques, techniques et financiers de mener à bien un tel chantier ?

L’Ukraine est un pays de tradition scientifique et technique. Mais ses moyens sont sans commune mesure avec les défis de ce démantèlement. Les opérations à mener, de haute technicité, n’ont encore jamais été réalisées à pareille échelle. Pour ce chantier exceptionnel, l’Ukraine aura besoin d’un concours international. La tâche sera plus difficile et plus longue que la construction de l’arche, et une coopération sera nécessaire avec des pays avancés dans le domaine des hautes technologies.

Les coûts seront eux aussi très lourds. Il est très probable que l’Ukraine se retrouve dans l’incapacité de faire face seule à cet immense défi. Elle fera alors très vraisemblablement de nouveau appel à la communauté internationale pour un effort commun, comme cela a été le cas pour l’arche dont le coût, de près de 1,5 milliard d’euros, a été financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, avec le concours d’une quarantaine de pays, principalement européens.

L’Ukraine reste un pays très nucléarisé avec, outre la centrale de Tchernobyl dont le dernier réacteur a été arrêté en 2000, quatre autres complexes atomiques de conception ancienne. La sûreté de cette filière est-elle assurée ?

Avec un parc de 15 réacteurs en exploitation, la part d’électricité d’origine nucléaire atteint environ 50 % en Ukraine, ce qui en fait l’un des cinq premiers pays au monde selon ce critère. Elle possède en outre des réacteurs de recherche, des installations d’entreposage de combustible nucléaire usé, ainsi que des installations de traitement et d’entreposage de déchets radioactifs, avec des volumes accumulés très importants. Tout cela constitue une source de risque qui exige une veille constante, pour maintenir une sûreté sans faille en toute circonstance.

Les instabilités politiques ou sociales sont, de façon générale, des facteurs défavorables. Les conditions économiques dégradées le sont tout autant. Or, depuis trois ans, l’Ukraine est en conflit ouvert avec son grand voisin, la Russie. Ce conflit, très dommageable au plan global, revêt un caractère particulièrement critique pour ce qui concerne le secteur nucléaire. Les 15 réacteurs de l’Ukraine sont tous de conception russe. Le conflit pourrait isoler l’exploitant ukrainien de son fournisseur. Des pièces détachées pourraient manquer. La maintenance des réacteurs risque d’en pâtir. Sans compter le problème de la fourniture de combustible, que l’Ukraine tente de résoudre en recourant à des fournisseurs étrangers, avec les risques qui en découlent.

Tous ces éléments réunis rendent la situation très préoccupante. D’autant que l’exploitant a décidé de prolonger d’une vingtaine d’années la durée de fonctionnement de ces réacteurs. L’Ukraine est vraisemblablement le pays qui présente aujourd’hui le niveau de risque nucléaire le plus élevé en Europe.

À Tchernobyl, « il faut agir avant qu’il ne soit trop tard »
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:02

Associée à la préférence nationale du côté de Le Pen et réduite à la marge du programme de Macron, la transition écologique est la grande perdante du premier tour. Et ce, alors même qu’elle était au cœur des programmes des candidats de gauche, du NPA au PS. Par Coralie Schaub et Florian Bardou le 25 avril 2017 pour Libération.

Des éoliennes, le 13 janvier 2017, près de Villeveyrac, dans le sud de la France. Photo Pascal Guyot. AFP

Des éoliennes, le 13 janvier 2017, près de Villeveyrac, dans le sud de la France. Photo Pascal Guyot. AFP

En février dernier, quelques jours après la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, Nicolas Hulot manifestait ainsi sa déception quant à la place de l’écologie dans la campagne présidentielle 2017 : « Sommairement résumé, à droite l’on perçoit une réelle indifférence, pire, chez certains une tragique aversion manifeste sur ces sujets, malgré quelques tentatives isolées pour les faire émerger. Et à gauche, on sent qu’après avoir été si longtemps sous-traitée aux seuls écolos politiques, force est de constater que la mutation se dessine enfin ».

Les faits donnent raison à l’ancien présentateur de l’émission Ushuaïa. Pour la première fois dans une campagne présidentielle, la lutte contre le changement climatique adossée à la transition écologique a bien été au cœur des programmes des candidats de toute la gauche confondue (du « futur désirable » de Benoît Hamon à la « planification écologique de Jean-Luc Mélenchon sans oublier l’anticapitalisme de Philippe Poutou en réponse « aux urgences climatiques »). Pour autant, malgré les relevés de températures confirmant mois après mois un réchauffement record du climat mondial, le thème n’a pas été le moteur des débats présidentiels et les nouvelles propositions pour remédier à la crise climatique et à la dégradation des écosystèmes ont été passées sous silence.

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ne sont guère plus prometteurs pour ces sujets. Avec la victoire d’Emmanuel Macron et la qualification de Marine Le Pen, la question écologique ne passe pas le second tour. On pouvait y croire en 2012, quand François Hollande, rallié par Europe Écologie - Les Verts malgré un programme bien moins ambitieux que son successeur au PS, promettait la transition énergétique et « l’excellence environnementale ». Cinq ans plus tard, et malgré un discours similaire aujourd’hui chez Emmanuel Macron, difficile de se faire des illusions.

« Écologie patriote »

Commençons par la représentante du FN. La candidate frontiste a beau avoir doté en 2014 le Rassemblement bleu marine (RBM) d’un collectif, Nouvelle Écologie, et avoir repeint en vert son programme nationaliste « pour une écologie patriote », sa stratégie n’est rien d’autre que la démonstration de sa volonté de ratisser au-delà du FN grâce aux thèmes écologistes. Rappelons d’abord que Marine Le Pen défend corps et âme la modernisation de la filière du nucléaire tout en demandant un moratoire sur l’éolien. Une drôle de transition énergétique, soi-disant au service de l’indépendance de la France avant toute chose.

En matière de transports, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre les pollutions, même analyse. Malgré son souhait de développer la voiture à hydrogène, l’eurodéputée FN ne remet pas en cause le transport sur route et le tout-voiture - elle s’est d’ailleurs opposée à l’écotaxe ou à la taxation du diesel - et elle dénonce « l’écologie punitive » comme l’interdiction de circulation sur les voies sur berges à Paris. Le FN porte par ailleurs un discours anti-normes et ne promeut jamais la protection de la biodiversité à moins qu’elle ne soit portée… par les chasseurs !

Sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique, un phénomène global, est pour le moins oxymorique, tout en permettant de modérer les discours climatosceptiques dans son propre camp (dont ceux de son père), puisqu’elle défend une action environnementale dans un cadre national, comme si le phénomène s’arrêtait aux frontières de l’hexagone. D’ailleurs, Marine Le Pen ne fait jamais cas des millions de réfugiés climatiques, question qu’il faudra pourtant bien traiter un jour. Et selon elle, l’accord de Paris sur le climat est « bancal et inexploitable ».

Des mesures qui existent déjà

Quant à Emmanuel Macron, n’en déplaise aux écologistes qui l’ont rejoint et soutenu pendant la campagne (Dany Cohn Bendit, Matthieu Orphelin, Corinne Lepage, François de Rugy, Barbara Pompili, Arnaud Leroy ou Jean-Paul Besset), il ne semble pas non plus convaincu par la nécessité d’une transition écologique ambitieuse. Son programme ne comporte pas de réelles mesures novatrices et ses déclarations en la matière ont été peu nombreuses (pas un mot sur le sujet lors du dernier débat de jeudi soir, par exemple), floues et souvent incohérentes.

En fait, en matière d’écologie, le candidat d’En marche se situe dans la parfaite continuité de la politique de François Hollande. À peu près toutes les mesures, bien que souvent présentées comme neuves, existent déjà ou ne font que confirmer des engagements de l’actuel Président. Rien qu’un exemple. Pour « sortir la France des énergies fossiles », l’ancien ministre de l’Économie entend fermer les quatre centrales à charbon restantes en France d’ici 2022, interdire l’exploration des gaz de schiste (tout en plaidant pour des « recherches sur le sujet », comme sur les OGM) et ne délivrer aucun nouveau permis d’exploration d’hydrocarbures. Il veut aussi faire monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 € par tonne de CO2 en 2030. Mais tout ceci a déjà été promis, ou est déjà inscrit dans la loi.

Jurant de « garder le cadre » de la loi de transition énergétique de 2015, Emmanuel Macron reste dans la ligne actuelle, que l’on peut résumer ainsi : « On fixe de beaux objectifs, mais on ne dit pas concrètement comment y parvenir et on ne prend pas les mesures nécessaires. » Sur le nucléaire, il cite certes le « vrai défi » posé par le risque d’un accident de type Tchernobyl ou Fukushima, et assure qu’il maintiendra le cap de 50% d’atome dans la production d’électricité d’ici 2025 – contre 75% aujourd’hui – … mais sans rien dire sur les moyens d’y parvenir. Seul « engagement », fermer la centrale alsacienne de Fessenheim. Rien de révolutionnaire : c’est déjà prévu, pour 2019 au plus tôt, après avoir été moult fois repoussé. Surtout, cela ne résout absolument pas la question : pour tenir la promesse des 50% de nucléaire d’ici 2025, il faudrait fermer l’équivalent de 17 à 20 réacteurs sur les 58 actuels selon la Cour des Comptes et 27 à 31 selon Greenpeace.

En réalité, Macron reste très attaché à l’atome, affirmant que « le nucléaire en France a un avenir» et vantant une énergie «très peu carbonée ». Il y est tellement attaché qu’il ressort à l’envi la caricature d’une Allemagne ayant massivement recours au charbon depuis sa décision de sortir du nucléaire. Caricature contestée et argument préféré des pro-nucléaires… Pas de quoi non plus, dans sa politique, faire trembler le lobby du diesel : Macron refuse de s’engager pour une sortie de ce carburant ultra nocif pour la santé en 2025, mais promet que la fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l’essence d’ici 2022… ce qui est déjà prévu.

« Aider un peu » le « p’tit Emmanuel »

Côté agriculture et alimentation, il promet entre autres de rémunérer les agriculteurs pour les services environnementaux qu’ils rendent (200 millions d’euros par an) et de faire en sorte que d’ici à 2022, l’ensemble de la restauration collective propose « au moins 50% de produits biologiques, labels de qualité, ou local », ce qui laisse une grande part de flou. Mais dans le même temps, il a rendu sur Twitter un vibrant « hommage » à feu l’ancien patron de la FNSEA, Xavier Beulin, « homme d’agriculture et ami ». « Le combat qu’il a mené : je veux aussi le faire mien », dit Macron. Sauf que le «combat» de Beulin, qui présidait également le conglomérat Avril (7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, champion entre autres de l’alimentation animale, du biodiesel, de l’oléochimie et présent dans l’huile de palme ou les OGM) peut être résumé ainsi : «Vive l’agriculture industrielle dopée aux pesticides et vive les fermes-usines.»

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 12:09

Les écologistes regardent avec inquiétude des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Le score du Front national, en hausse par rapport à 2012, et l’apparence “banale” de sa présence au second tour, marque un tournant dans l’histoire politique du pays. Nous appelons l’ensemble des électrices et des électeurs à faire barrage au Front national.

Nous félicitons Benoît Hamon pour sa campagne et sa ténacité. Dans un contexte délétère et malgré l’acharnement des soutiens du gouvernement sortant à détruire ses chances de réussites, le candidat a mis en avant un projet novateur, courageux et profondément écologiste. Si les résultats ne sont pas à la hauteur de l’urgence à changer de modèle de société, son discours a permis de mettre au cœur de cette campagne des questions essentielles pour l’avenir des Françaises et des Français.

La politique libérale et anti-écologiste prônée par Emmanuel Macron ne constitue pas, aux yeux des écologistes, une solution aux crises sociale, démocratique et écologique que traverse notre pays. Pour autant, face au national-populisme incarné par le FN et sa candidate, nous en appelons à un sursaut démocratique. La réalité de la gestion politique du FN, telle qu’elle se développe dans les villes dirigées par le parti comme Hénin-Beaumont, renforce notre détermination à lui faire barrage. Si le programme d’Emmanuel Macron peut être combattu démocratiquement au Parlement et être battu dans les urnes dans un futur proche, le risque de dérive autocratique du pouvoir par le FN apparaît aujourd’hui comme un danger autrement supérieur.

En faisant barrage aujourd’hui au Front national, nous nous engageons à continuer notre combat pour une société plus juste et plus écologique tout au long du quinquennat contre le risque de libéralisation de la société et d’augmentation des inégalités sociales, économiques et environnementales que représente le programme d’Emmanuel Macron.

Ce combat ne sera pas seulement le nôtre et nous continuerons à œuvrer à ce rassemblement des progressistes et des écologistes autour d’un projet de société sorti du dogme de la croissance que nous avons initié au cours de cette présidentielle. Les campagnes de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont montré que l’écologie était au cœur du projet du camp progressiste.

Communiqué de Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux d’Europe Écologie Les Verts le 23 avril 2017.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 09:04

Tous les enfants de notre étude sont contaminés par des dizaines de perturbateurs endocriniens. Pas étonnant : ces substances sont utilisées partout ! Par Victoire N'Sondé le 20 avril 2017 pour 60 millions de consommateurs, étude publiée dans le n°526 de mai 2017.  Lire aussi Perturbateurs endocriniens : nouvel échec de Bruxelles, Ingrédients indésirables dans les cosmétiques : les 10 produits à modifier d’urgence, Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens et Halte à la manipulation de la science.

iStock

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Des dizaines de perturbateurs endocriniens nous contaminent dès l’enfance. C’est ce qui ressort de nos analyses réalisées sur un panel de 43 filles et garçons âgés de 10 à 15 ans, vivant en milieu urbain ou rural. Phtalates, bisphénol A (ou S, l’un de ses substituts), pesticides… L’organisme de bon nombre d’enfants contient non pas une, ni deux, mais un véritable cocktail de ces substances.

Une traque sans relâche

Depuis plusieurs années, 60 Millions traque sans relâche les perturbateurs endocriniens, suspectés ou avérés, présents dans les aliments, les cosmétiques et produits d’hygiène (maquillage pour enfants, couches culottes, lingettes pour bébés, tampons et protections féminines) et beaucoup d’autres produits du quotidien (couettes,  vêtements…).
Cette fois-ci, nous avons eu recours à un protocole qui consiste à détecter les contaminants dans les cheveux. Parce que le cheveu est irrigué à la racine par des vaisseaux sanguins, il se charge de composés auxquels le corps est exposé.

Jusqu’à 54 contaminants différents chez un même enfant
Tous les enfants de notre étude sont contaminés. Nous avons retrouvé jusqu’à 54 perturbateurs endocriniens différents chez un même enfant. Et en moyenne, nous avons détecté et quantifié 34 contaminants chez les jeunes participants à notre étude.

Cocktail de produits toxiques dans les cheveux de nos enfants

 

À noter que, pour cette étude d’ampleur, nous avons recherché 254 molécules appartenant à sept grandes familles de perturbateurs endocriniens : bisphénols, phtalates, pesticides, métaux lourds, polychlorobiphényles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et retardateurs de flamme bromés (PBDE).

Protéger les enfants en priorité

Les perturbateurs endocriniens sont suspectés, même à faible dose, de pouvoir perturber le développement normal de l’organisme, y compris durant la vie in utero. C’est pourquoi les enfants et les femmes enceintes sont les populations à protéger en priorité. Leurs effets peuvent survenir à la naissance ou plus tardivement dans la vie. Ils peuvent même sauter des générations.

Chez l’enfant, on rend les perturbateurs endocriniens responsables notamment de prématurité, de malformations congénitales, ou encore de puberté précoce. Chez l’adulte, ils sont incriminés dans la survenue de cancers, d’infertilité, de maladies dites métaboliques comme le diabète…

Omniprésents dans nos logements

À l’image du bisphénol A, désormais interdit dans les biberons vendus au sein de l’Union européenne, la toxicité intrinsèque de bon nombre de perturbateurs endocriniens ne fait plus débat. Mais le fait de trouver autant de molécules de ce type chez un même enfant pose en plus la question des effets « cocktail ».

Du sol au plafond, de la cuisine à la chambre à coucher, les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans nos logements. Il paraît urgent qu’un cadre réglementaire contraigne les industriels à les supprimer de leurs chaînes de fabrication.

À quand une interdiction ?

Hélas, les discussions n’en finissent plus. Attendue depuis 2012, une proposition fixant les critères de définition des perturbateurs a été présentée par la Commission européenne en juin 2016. Depuis, les débats vont bon train.

Si des pays comme la France, le Danemark et la Suède plaident pour une définition qui aboutirait à l’interdiction des perturbateurs endocriniens considérés comme les plus dangereux, cette position est évidemment combattue par l’industrie chimique… Faudra-t-il se résigner à vivre avec ces molécules ?

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:12

De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance. Par Jérôme Gleizes le 19 avril 2017.

De gauche ou de droite, les candidats affichent de nombreuses contradictions dans leur programme économique, notamment entre l’analyse de la crise et les solutions, et donc leur action conjoncturelle ou structurelle. Les journalistes économiques résument (naïvement) la question à une articulation entre politiques d’offre et de demande. Du côté de la droite, de Fillon à Macron, on réhabilite la loi des débouchés de Say : « L’offre crée sa propre demande. » Il suffirait de produire pour que cette production s’échange sur les marchés, quitte à diminuer les prix de vente. Pour les défenseurs de cette thèse, il s’agit de baisser le coût du travail, notamment les « charges » sociales, pour améliorer la compétitivité des entreprises. Keynes avait en son temps montré l’inanité de cette formule. Les candidats droitiers feraient mieux d’étudier le premier postulat classique de la causalité entre productivité et salaire, que Keynes considérait comme juste. Ils comprendraient pourquoi un ouvrier coréen est mieux payé que son homologue français ! Mieux un ouvrier est formé, plus il fabrique des produits compétitifs et meilleur est son salaire. Le téléphone Samsung Galaxy permet davantage de rémunérer correctement un ouvrier qu’une voiture Logan. Il vaut mieux défendre la compétitivité qualité que prix.

Du côté de la gauche, de Hamon à Mélenchon, la question écologique est intégrée, et l’idée de retrouver la croissance des Trente Glorieuses est écartée. Toutefois, dans le chiffrage de leur cadrage macroéconomique, chacun des candidats envisage des taux de croissance élevés. Leur programme serait plus efficace et leur relance meilleure grâce à un multiplicateur keynésien. Un euro dépensé générerait plus d’un euro de revenu. On loue la politique du carnet de commandes et on se réjouit des taux de croissance donnés par les modèles économétriques. Ces taux nominaux (en incluant l’inflation) dépassent les 4 %, du jamais vu depuis quinze ans en France ! C’est oublier aussi bien la « contrainte de Kaya », qui nécessite une déconnexion entre croissance économique et émission des gaz à effet de serre, que la critique structurelle du modèle de production/consommation [1].

Si une croissance temporaire est possible, comme en 2010-2011, elle reste illusoire. Résoudre la crise écologique nécessite de changer de modèle économique et donc de modifier les paramètres des modèles économétriques qui prédisent des taux de croissance élevés. Il faut sortir de ce syllogisme fallacieux : « Ma politique est meilleure car elle permet le meilleur taux de croissance. » Une politique structurelle, celle qui modifie notre mode de production, doit rester la priorité, car elle seule permet une compatibilité entre la production et la survie de l’humanité. De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance grâce à sa politique qui permet mécaniquement de baisser le taux d’endettement de la France et de respecter les critères de Maastricht. Il est difficile d’être un économiste écologiste ! Si Mélenchon et Hamon ont compris l’enjeu de l’Anthropocène, il leur manque la cohérence d’une société post-croissance.

[1] Voir notre analyse de la crise, avec Yann Moulier-Boutang, « Une lecture écologiste de la crise, la première crise socio-écologique du capitalisme », Ecorev’ n° 32, mai 2009.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 17:25

Le 22 avril 2017, des milliers de chercheurs défileront dans plus de cinquante pays contre les mesures anti-climat de Donald Trump. Valérie Masson-Delmotte, climatologue et co-présidente d'un des 3 groupes de travail du GIEC, revendique le droit à une recherche sans entraves et en libre accès pour le public. La chercheuse soutient la Marche pour les sciences du 22 avril, à laquelle elle compte se rendre en famille, parents compris, parce que la société est directement concernée par l’affaiblissement généralisé de la recherche en France. Publié le 19 avril 2017 dans Politis à lire sur www.politis.fr .

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — en anglais IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — en anglais IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 09:08

Avec sept autres associations, l’organisation attaque le décret de 2007 autorisant le réacteur nucléaire de Flamanville. Par Erwan Benezet et Vincent Vérier le 19 avril 2017 pour Le Parisien.

Flamanville (Manche), le 24 janvier 2014. Fabriquée à l’usine Areva du Creusot, où il y a eu des dysfonctionnements, la cuve de l’EPR est plus fragile que prévu. PHOTOPQR/« OUEST FRANCE »/GILLES COLAS

Flamanville (Manche), le 24 janvier 2014. Fabriquée à l’usine Areva du Creusot, où il y a eu des dysfonctionnements, la cuve de l’EPR est plus fragile que prévu. PHOTOPQR/« OUEST FRANCE »/GILLES COLAS

La France doit-elle poursuivre la construction du réacteur nucléaire de nouvelle génération, l’EPR, sur le site de Flamanville (Manche) ? Pour les associations de défense de l’environnement, Greenpeace en tête, mais aussi Réseau sortir du nucléaire, France Nature Environnement, la Criirad…, la réponse est non. Hier, huit d’entre elles ont attaqué le décret du 10 avril 2007 qui a autorisé le lancement des travaux de l’EPR. Pour ce faire, elles ont adressé au Premier ministre un recours gracieux. Objectif : stopper définitivement les travaux. Si ce premier assaut ne suffit pas, les associations veulent saisir le Conseil d’État.

Dans le document transmis à Matignon, que nous avons consulté, elles estiment que EDF — le constructeur —, Areva — qui fabrique une partie des pièces importantes du site — et, surtout, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) — chargée de vérifier que les différents intervenants respectent les règles — ont volontairement caché aux Français des informations importantes. Des éléments graves qui, selon Greenpeace, « entachent d’illégalité les conclusions » de l’enquête publique réalisée entre le 15 juin et le 31 juillet 2006, aboutissant au décret neuf mois plus tard.

Un coût qui a triplé

Selon des éléments dévoilés récemment dans la presse et repris par les associations, il apparaît que les deux entreprises et le gendarme du nucléaire étaient au courant depuis 2005 des dysfonctionnements à la forge du Creusot (Saône-et-Loire) d’Areva. Or, c’est sur ce site que la cuve et le couvercle de l’EPR, des éléments vitaux du réacteur, ont été fabriqués. Des pièces dans lesquelles on découvrira, fin 2014, des teneurs en carbone trop importantes qui les rendent plus fragiles que prévu. « Si le public avait été informé de tous ces éléments, il est fort probable que jamais l’autorisation de lancer le chantier de l’EPR n’aurait été donnée », affirme Cyrille Cormier, de Greenpeace.

Pour les associations, ces informations cachées « confirment l’incapacité d’Areva et d’EDF à assurer dans des conditions satisfaisantes » la construction de l’EPR. « Le nouveau réacteur de Flamanville va devenir le plus puissant du monde, mais c’est aussi celui qui concentre le plus d’anomalies depuis le début », prévient Cyrille Cormier avant d’énumérer une multitude de défauts de bétonnage, de soudures s’ajoutant aux malfaçons sur la cuve et le couvercle. Le réacteur, prévu à l’origine pour 2012, ne sera d’ailleurs pas en service avant 2018. Et, son prix a triplé pour atteindre plus de 10 Mds€. Ces aléas n’inquiètent pas EDF, pour qui ils sont propres à « toute tête de série », l’EPR de Flamanville étant le premier de sa génération. « L’État doit arrêter de jouer avec la sécurité des Français, dénonce pourtant Cyrille Cormier. On fait croire que tout est sous contrôle, alors que, depuis dix ans, EDF nous cache que le projet est vérolé. »

Un avenir incertain

Si les associations écologistes ne parviennent pas à faire annuler le décret autorisant le lancement des travaux de l’EPR de Flamanville, un autre couperet pourrait tomber : celui de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). En septembre, elle doit dire si les défauts constatés sur la cuve et le couvercle du réacteur sont de nature à remettre en cause la sûreté des installations. En cas de réponse positive, deux scénarios se dessineraient. Soit remplacer les pièces, ce qui prendrait au moins sept ans de plus, pour un coût de 1 Md€ par an. Soit arrêter les frais et démanteler le chantier. Deux alternatives aux conséquences financières dramatiques pour EDF. Car elles hypothéqueraient l’avenir des cinq autres EPR en construction dans le monde : les deux de Hinkley Point, en Angleterre, celui d’Olkiluoto, en Finlande, et les deux EPR chinois. Avec à la clé, des  dédommagements à plusieurs milliards d’euros.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:03

Six mois après l’audition des victimes présumées du géant américain des OGM et pesticides, le vrai-faux procès a conclu à la nécessité de réaffirmer la primauté des droits de l’homme et de l’environnement face aux grandes firmes. Par Coralie Schaub le 18 avril 2017 pour Libération.                                      C'est la suite de Marche mondiale contre Monsanto,                                                                        Monsanto traduit devant un tribunal international citoyen à La Haye,               Les citoyens se font justice face à Monsanto et La toxicité du Roundup connue de Monsanto depuis au moins 18 ans.

Lire aussi Un million de travailleurs concernés... Pesticides : le rapport explosif de l'ANSES sur l'exposition des agriculteurs, La lutte contre la hausse de consommation des pesticides a échoué, Réduire les pesticides n’altère pas les rendements et Une quarantaine d’ONG européennes lancent une initiative citoyenne contre le glyphosate.

Geneva (Indiana), en 2013. Fin 2012, Monsanto avait engagé 142 procédures judiciaires contre des fermiers, pour violations de ses accords technologiques ou brevets sur les semences génétiquement modifiées. (Photos Mathieu Asselin)

Geneva (Indiana), en 2013. Fin 2012, Monsanto avait engagé 142 procédures judiciaires contre des fermiers, pour violations de ses accords technologiques ou brevets sur les semences génétiquement modifiées. (Photos Mathieu Asselin)

Il y a urgence à rééquilibrer le droit international, qui protège aujourd’hui bien davantage les intérêts privés de multinationales comme Monsanto que les droits de l’homme et de l’environnement. Voici, en substance, la principale conclusion de l’«avis consultatif» rendu ce mardi par les juges du «tribunal international Monsanto», un procès citoyen sans reconnaissance officielle, qui s’est tenu à La Haye, aux Pays-Bas, en octobre. Durant deux jours, cinq magistrats professionnels avaient accepté d’auditionner une trentaine d’experts, d’avocats et de victimes présumées de la multinationale américaine des OGM et des pesticides.

Six mois plus tard, les juges ont rendu un document de 66 pages. L’objectif des tribunaux d’opinion est double, rappellent-ils en préambule : «Alerter l’opinion publique et les décideurs en cas d’actes considérés comme inacceptables et injustifiables selon les standards légaux, et contribuer à l’avancée du droit.» Le tribunal «n’est pas là pour juger Monsanto, mais pour examiner la compatibilité des actions de cette société avec les droits fondamentaux, insiste auprès de Libération la présidente du tribunal, la Belge Françoise Tulkens, ancienne vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme. Il ne s’agit pas de dire si Monsanto est coupable, mais de préparer la route pour qu’il y ait de vrais procès par rapport à ces questions». La juge Tulkens et ses collègues venus d’Argentine, du Canada, du Mexique et du Sénégal «regrettent» l’absence de Monsanto, qui a refusé d’être présent aux auditions. Le tribunal, dont les membres se défendent de toute partialité, précise que bien qu’il n’y ait «pas de raison de douter de la sincérité» des témoignages, on ne peut pas l’établir, en l’absence de contre-examen. Pour les besoins de leur mission, les juges ont donc «présumé» que les faits et circonstances décrits seraient prouvés.

«Agent orange»

Leur mission ? Livrer une opinion juridique sur six questions précises. La firme Monsanto a-t-elle, par ses activités, agi en conformité avec le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable ? A-t-elle agi en conformité avec le droit à l’alimentation ? Le droit à la santé ? Les libertés d’expression et de recherche scientifique ? S’est-elle rendue complice de crimes de guerre en produisant le défoliant «agent orange» utilisé par l’armée américaine au Vietnam ? Enfin, ses activités pourraient-elles constituer un crime d’écocide, soit le fait de détruire l’environnement au point de compromettre la vie sur Terre ? Pour l’évaluer, les juges se sont fondés sur une série de textes onusiens obligatoires, mais aussi sur les «Principes directeurs sur les entreprises et les droits de l’homme» approuvés en 2011 par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui ne sont pas encore obligatoires.

Les réponses des juges sont sévères. Monsanto s’est bel et bien «engagé dans des pratiques qui ont un impact sérieux et négatif sur le droit à un environnement sain», écrivent-ils après avoir rappelé que les témoignages recueillis ont fait état d’impacts variés sur la santé humaine, les sols, plantes et organismes aquatiques, la santé animale, la biodiversité ou les droits des peuples autochtones. Impacts dus en particulier au glyphosate, la molécule active du Roundup, l’herbicide le plus utilisé au monde associé aux OGM de la firme.

Le tribunal conclut aussi que les pratiques de Monsanto «ont un impact négatif sur le droit à l’alimentation» et portent «atteinte à la souveraineté alimentaire». En cause, notamment, «un marketing agressif sur les OGM qui oblige les agriculteurs à racheter de nouvelles semences chaque année». Et cite au passage des cas où la contamination génétique de champs a même obligé des agriculteurs à payer des royalties à Monsanto.

Sans grande surprise, il estime aussi que la conduite de la multinationale «a affecté négativement le droit à la santé». Il cite la longue liste de témoignages faisant état de graves malformations de naissance, de lymphomes non hodgkiniens - un cancer du sang -, de maladies chroniques, d’empoisonnement au Lasso (un herbicide aujourd’hui interdit en France) ou de décès après une exposition directe ou indirecte aux produits de Monsanto. Les juges rappellent que la firme a fabriqué et vendu de nombreuses substances dangereuses. Les polychlorobiphényles (PCB), des polluants organiques persistants, ont été commercialisés exclusivement par Monsanto entre 1935 et 1979 alors même que la firme «avait connaissance des effets néfastes sur la santé». Désormais interdit, «ce produit cancérigène induit des problèmes d’infertilité, de développement chez les enfants et perturbe le système immunitaire», insistent les juges.

Quant au glyphosate, pulvérisé entre autres sur 80 % des cultures OGM et omniprésent dans l’environnement et nos corps, il a été classé «cancérogène probable pour l’homme» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2015, entre autres pathologies constatées. Le tribunal «n’ignore pas» que d’autres rapports concluent l’inverse, notamment celui de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), tout en notant que cette dernière a refusé de révéler l’identité des scientifiques impliqués dans la rédaction du rapport, rendant «impossible de vérifier» si certains présentent un conflit d’intérêts avec l’industrie des pesticides.

Rebondissements

Les juges prennent aussi en compte l’actualité la plus récente dans le dossier à rebondissements du glyphosate. Ils relèvent que le 15 mars, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) a estimé qu’il ne pouvait relever de la catégorie des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR)… mais soulignent qu’il n’y a pas eu «de prise en considération du risque d’exposition, alors que des résidus de ce produit se retrouvent dans l’alimentation, l’eau potable ou l’urine des êtres humains». Surtout, des documents internes de Monsanto rendus publics eux aussi en mars, ont montré que la firme avait manipulé les études scientifiques, «ce qui vide de sa substance la prétendue controverse scientifique sur la dangerosité du glyphosate sur la santé».

Le tribunal conclut que le comportement de Monsanto «affecte négativement la liberté indispensable à la recherche scientifique». Et de citer le discrédit porté sur les recherches indépendantes, le recours à de faux rapports commandés par Monsanto, les pressions sur les gouvernements ou des intimidations.

Sur la question relative à l’allégation de complicité de crime de guerre par la fourniture de l’agent orange pendant la guerre du Vietnam, en revanche, le tribunal indique qu’il n’est pas «en mesure de répondre de manière définitive», en l’état actuel du droit international et «en l’absence de preuves particulières étayant cette hypothèse» car aucun des témoins auditionnés à La Haye n’a parlé de ce sujet. Il relève toutefois qu’entre 1962 et 1973, plus de 70 millions de litres de ce produit contenant de la dioxine ont été pulvérisés sur près de 2,6 millions d’hectares, causant «d’importants dommages à la santé» des civils vietnamiens et des vétérans occidentaux. Et d’estimer que si le crime d’écocide devait être érigé, à l’avenir, au rang de crime de droit international, «les faits rapportés (au Vietnam) pourraient relever de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI)».

À ce propos, le tribunal estime que le droit international «doit désormais affirmer, de manière précise et claire, la protection de l’environnement et le crime d’écocide». Pour les juges, «le temps est venu» d’amender le statut de Rome, qui a créé la CPI, afin d’y introduire ce nouveau concept légal. La CPI ne peut juger que les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. Mais elle a fait un pas en septembre dans le sens de la poursuite pour écocide, en annonçant l’élargissement de son champ d’action à certains crimes environnementaux. Le tribunal Monsanto insiste sur le fait qu’il «n’assimile pas le crime d’écocide à aucune des formes de génocide considérées par le statut de Rome». Alors que plusieurs témoins ont employé le mot «génocide» lors des auditions à La Haye, la juge Tulkens estime en effet cela «vraiment exagéré» pour qualifier les activités de Monsanto. «Il ne faut pas tout mélanger. Cela n’aide pas la cause, explique-t-elle. Le génocide, c’est l’extermination programmée d’un peuple ou d’un groupe humain en raison de ses caractéristiques raciales ou de son identité. L’écocide, c’est plus général, ce sont des atteintes graves à l’environnement, qui peuvent faire partie d’un plan programmé, mais pas toujours.»

In fine, le tribunal conclut que si un tel crime d’écocide était reconnu, «les activités de Monsanto pourraient relever de cette infraction». Parmi elles figurent, selon les juges, la fourniture à la Colombie d’herbicides au glyphosate dans le cadre d’épandages aériens sur les plants de coca, le recours massif à des produits agrochimiques dangereux dans l’industrie agricole, la diffusion d’OGM, les graves contaminations des sols ou de l’eau, ou l’introduction de polluants tels que les PCB dans l’environnement, «qui cause des dommages sévères et à long terme, affectant les droits des générations futures».

«Responsabilité»

En complément de son avis sur les six questions posées, le tribunal a jugé nécessaire de livrer une sorte d’analyse prospective, dans laquelle il insiste sur «le fossé grandissant entre le droit international des droits de l’homme et la responsabilité des sociétés». Il lance en particulier «deux appels», affirmant «la nécessité d’affirmer la primauté du droit international des droits de l’homme et de l’environnement» face aux règles juridiques protégeant les droits des investisseurs et celle de «tenir pour responsables des acteurs non étatiques en droit international des droits de l’homme». Le tribunal estime qu’«il est temps que les multinationales soient considérées comme sujets de droit et dès lors, puissent être poursuivies en cas d’atteintes aux droits fondamentaux».

Pour Françoise Tulkens, «si ce rééquilibrage du droit ne se met pas en place, l’environnement, et donc les humains, se trouveront dans des situations de plus en plus périlleuses et dramatiques». L’avis doit être adressé à Monsanto et aux instances des Nations unies. Sera-t-il suivi d’effets ? Le droit sera-t-il rééquilibré ? Y aura-t-il un jour de vrais procès pour écocide visant des multinationales ? Nul ne peut encore le dire.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 15:34

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié mardi un rapport alarmant sur le braconnage et la déforestation illégale dans les sites naturels classés par l’Unesco. Par Martine Valo le 18 avril 2017 pour Le Monde.                       Lire aussi Les échanges commerciaux qui menacent la vie sauvage, La moitié des sites du patrimoine mondial sont menacés par des activités industrielles, Biodiversité : tous les indicateurs sont au rouge, et L’Agence française pour la biodiversité, nouvelle arme au service de la nature.                            Mais aussi « Reconnaissons la nature comme sujet de droit » et Un fleuve reconnu comme une entité vivante en Nouvelle-Zélande.

De l’ivoire confisqué par les autorités kényanes, à Nairobi, en 2016. CARL DE SOUZA / AFP

De l’ivoire confisqué par les autorités kényanes, à Nairobi, en 2016. CARL DE SOUZA / AFP

Entre 2009 et 2016, 595 gardes forestiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, majoritairement en protégeant l’un des sites naturels classés au Patrimoine mondial par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Parcs nationaux, îles protégées, sanctuaires marins sont devenus d’autant plus attirants pour les braconniers et les pêcheurs illégaux qu’ils constituent les derniers refuges d’une faune et d’une flore emblématiques quasi disparues ailleurs.

La plupart des études consacrées à la diversité des êtres vivants sur la planète tendent au recensement macabre. Celle que le Fonds mondial pour la nature (le WWF) publie mardi 18 avril, sous le titre « Pas à vendre », souligne ce déclin vertigineux. L’ONG analyse la situation des espaces naturels a priori les plus en vue pour leur « valeur universelle exceptionnelle », ce qui ne les préserve pas pour autant d’une activité criminelle en pleine expansion. Car le commerce d’espèces sauvages – estimé entre 14 et 19 milliards d’euros par an – se place au quatrième rang mondial après la drogue, la contrefaçon et le trafic d’êtres humains.

Derniers abris pour les grands singes, pangolins, lémuriens ou essences rares, les sites du Patrimoine mondial abritent environ un tiers des tigres et près de 40 % des éléphants vivant à l’état sauvage. Sur 147 de ces espaces classés, 65 font l’objet de prélèvements illicites : 42 subissent les exactions de braconniers, 26 de bûcherons illégaux, 12 de pêcheurs sans scrupules, et certains souffrent de plusieurs maux à la fois.

En Tanzanie, par exemple, la réserve de gibier de Selous a perdu près de 90 % de ses éléphants depuis son inscription par l’Unesco en 1982. Six en moyenne y ont disparu chaque jour entre 2010 et 2013. Du coup, cet immense sanctuaire de 50 000 kilomètres carrés figure depuis 2014 sur la liste funeste du Patrimoine mondial en péril. Dans le monde, dix-neuf sites l’ont rejointe, dont la majorité se trouve en Afrique.

L’Amérique latine n’est pas non plus épargnée. Les braconniers y font des victimes parmi les oiseaux exotiques, les tortues marines et terrestres, les caïmans, les iguanes et les coraux. Le WWF cite en particulier la réserve de biosphère Rio Platano, au Honduras, où l’exploitation forestière clandestine se conjugue avec la chasse au pécari à lèvres blanches, au jaguar et à l’ara vert.

En Indonésie, le Parc national d’Ujung Kulon constitue l’ultime refuge d’une soixantaine de rhinocéros de Java, proches de l’extinction, tandis que les aires protégées du golfe de Californie abritent trente petits marsouins du Pacifique, les seuls encore vivants. Le Parc national de la Garamba, en République démocratique du Congo, lui, a vu s’éteindre les derniers rhinocéros blancs.

Des routes qui mènent en Chine

Les forêts intactes aiguisent les appétits des exploitants illégaux, qui n’hésitent pas à y tailler des routes pour travailler à leur aise. Celles-ci facilitent ensuite la tâche des braconniers, tout en détruisant les habitats naturels. Ainsi, à Madagascar, les lémuriens subissent le commerce incontrôlé du bois de rose : la quasi-totalité de ces espèces sont menacées, certaines ont déjà disparu. La déforestation joue aussi un rôle redoutable dans l’accélération de l’érosion des terres et de la détérioration de la qualité de l’eau.

Au chapitre des solutions, le WWF suggère d’impliquer les populations locales, d’autant que celles-ci risquent de pâtir de la chute des revenus du tourisme de nature. L’ONG appelle par ailleurs à un rapprochement des forces de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et de l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN) pour prendre la mesure de la situation.

Barrer la route aux trafics est une tout autre paire de manches, qui nécessiterait l’implication de tous les États concernés : depuis les lieux de braconnage jusqu’aux marchés asiatiques, en passant par les pays de transit. La plupart des saisies d’ivoire, pénis de tigre, ailerons de requin ou bois précieux ont lieu à Port Kelang (Malaisie), Mombasa (Kenya), Zanzibar, Singapour, Hongkong et Miami. Ces routes mènent invariablement en Chine.

Certains pays se donnent les moyens de résister à cette boulimie dévastatrice. Le 27 janvier, le Parc national de Chitwan, au Népal, a célébré son 1 000e jour d’affilée sans braconnage de rhinocéros, d’éléphants et de tigres, grâce à l’appui des populations locales.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 18:33

Sept candidats sur onze se sont prononcés sur l’interdiction des cages, de la corrida, du gavage ou encore de l’expérimentation animale. Le sujet reste toutefois marginal dans les discours et les meetings. Par Audrey Garric le 17 avril 2017 pour Le Monde.

Lira aussi Les défenseurs des animaux lancent un Manifeste pour peser dans le débat présidentiel, L'avis des bêtes  et Pour un secrétariat d'État à la condition animale.

L’interdiction de la corrida fait partie des sujets que 26 ONG  veulent installer dans le débat politique. ANDER GILLENEA / AFP

L’interdiction de la corrida fait partie des sujets que 26 ONG veulent installer dans le débat politique. ANDER GILLENEA / AFP

Pour la première fois, la condition animale s’invite dans une élection présidentielle. Jadis marginalisée ou moquée, elle s’est aujourd’hui imposée comme un sujet légitime pour les candidats à la fonction suprême. Les prétendants l’ont bien senti : l’attente des électeurs est forte, alors que se succèdent les scandales de maltraitance dans des abattoirs et que foisonnent les livres d’intellectuels en faveur d’une société plus respectueuse des droits des animaux.

A six jours du premier tour, sept candidats sur onze ont répondu au manifeste AnimalPolitique, lancé par une coalition – inédite – de vingt-six ONG qui souhaitent inscrire cette cause dans le débat politique. Les associations (L214, la Fondation Brigitte Bardot, etc.) leur demandaient de s’engager sur trente propositions, qui vont de l’interdiction des cages, de la castration à vif ou du gavage des animaux d’élevage jusqu’à l’obligation de les étourdir avant l’abattage en passant par la lutte contre l’expérimentation animale.

Benoît Hamon (Parti socialiste) est le plus en pointe sur le sujet : il s’est prononcé pour 29 des 30 mesures, bottant en touche sur l’interdiction de la corrida et des combats de coqs. Il devance Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui soutiennent 26 propositions, Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) 23, Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) 22, Marine Le Pen (Front national) 20 et Emmanuel Macron (En marche !) 18.

Les candidats sont notés

François Fillon (Les Républicains) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) ont chacun envoyé une lettre générale sur la condition animale, « des textes qui ne sont pas exploitables car ils ne se positionnent pas sur des mesures précises », indique Lucille Peget, la coordinatrice du projet AnimalPolitique. Jean Lassalle (Résistons !) et François Asselineau (Union populaire républicaine) n’ont, quant à eux, pas répondu.

« Cette mobilisation est exceptionnelle, s’enthousiasme Lucille Peget. C’est la première fois qu’il y a de telles prises de position sur la condition animale lors d’une élection, d’autant plus sur des questions pointues. Alors qu’il y a quelques années encore, cette thématique n’avait ni crédibilité ni visibilité, elle est aujourd’hui omniprésente dans le débat public. »

Dans un sondage IFOP pour la coalition d’ONG, publié en mars, 39 % des personnes interrogées affirment que les propositions des candidats en matière de protection animale pourraient influencer leur bulletin de vote le 23 avril, soit un bond de 10 points par rapport à l’élection présidentielle de 2012. En outre, 72 % d’entre eux souhaitent que les compétiteurs s’engagent sur des mesures concrètes en la matière.

« Les lobbys restent très puissants »

« Nous constatons que relativement peu de sujets font consensus parmi les sept candidats, du moins dans les thèmes majeurs, note toutefois Lucille Peget. Les sujets les plus délicats, qui n’ont pas emporté d’adhésion, sont l’interdiction du gavage et des corridas, la fin de l’utilisation des animaux dans les cirques et la réforme de la chasse, sans doute parce que les lobbys restent très puissants. »

A l’inverse, tous les prétendants se sont dits favorables à plusieurs mesures moins conflictuelles : interdire la capture des animaux sauvages dans leur milieu naturel à des fins de divertissement, lancer un plan national pour trouver des méthodes de remplacement à l’expérimentation animale ou encore améliorer l’insécurité liée à la chasse pour permettre la coexistence de toutes les activités de pleine nature.

Philippe Poutou est le seul candidat à avoir également répondu au programme Veggie 2017, présenté par l’Association végétarienne de France en faveur d’une « alimentation plus éthique et plus écologique ». Il a validé 7 des 10 mesures proposées par l’ONG, telles que l’instauration d’un menu végétarien alternatif dans les cantines, l’interdiction des lobbies de la viande et du lait dans les écoles ou la mise en place d’une politique agricole de transition vers un modèle plus végétal.

« C’est aussi une manière pour les candidats de récupérer facilement des voix. Pour beaucoup d’entre eux, cela ne coûte rien de rajouter quelques phrases dans leurs programmes à ce sujet », analyse Daniel Boy, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po

Pour la première fois, en outre, le bien-être animal apparaît dans certains programmes. Jean-Luc Mélenchon souhaite végétaliser l’alimentation et redéfinir les normes d’élevage, tandis que Benoît Hamon promet un plan contre la maltraitance des animaux et Marine Le Pen veut faire de leur protection une priorité nationale, quand bien même il ne s’agit que de sa 137proposition (sur 144). « C’est une belle évolution comparé à 2012, qui marque une nouvelle phase. Mais ce n’est pas suffisant et l’on veillera à ce que ces promesses ne restent pas vaines », assure Samuel Airaud, chargé pour L214 de l’observatoire Politique & animaux.

Le site note, au moyen d’un algorithme, les partis et les personnalités politiques selon leurs actes, déclarations ou propositions pour ou contre les animaux. Jean-Luc Mélenchon caracole en tête avec 15,7/20, devant Benoît Hamon (14,7) et Philippe Poutou (14,4). Marine Le Pen décroche 10,9/20, tandis qu’Emmanuel Macron n’obtient pas la moyenne (7,1) et François Fillon finit bon dernier (4,1). Reste que dans les débats et les meetings, le sujet est éclipsé et ne parvient pas à rivaliser avec le chômage, la sécurité ou les déficits publics. La cause animale, aussi légitime qu’elle soit devenue, reste marginale.

« C’est aussi une manière pour les candidats de récupérer facilement des voix. Pour beaucoup d’entre eux, cela ne coûte rien de rajouter quelques phrases dans leurs programmes à ce sujet. Mais dans les discours, lorsqu’il faut faire des choix, les animaux passent à la trappe », analyse Daniel Boy, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Création du Parti animaliste

Le FN, en particulier, « instrumentalise ouvertement le bien-être animal à des fins électoralistes », dénonce l’eurodéputé écologiste Pascal Durand, dans une tribune publiée dans Libération. Par leurs votes devant le Parlement européen – contre la fin des cages pour les lapins ou la limitation de la durée de transport des animaux –, « les eurodéputés frontistes soutiennent les grands groupes agroalimentaires qui ne pensent “animal” que par le prisme de l’exploitation et du profit », juge-t-il.

Pour porter cette cause, certains défenseurs des animaux se sont alors lancés eux-mêmes dans le combat politique, en créant, en novembre un Parti animaliste, à l’image de ceux qui existent dans plusieurs pays européens, notamment aux Pays-Bas. « Nous voulons identifier un électorat pour lequel la question animale est une priorité, de manière à amener les autres partis à s’en emparer plus largement », explique l’une des coprésidentes, Hélène Thouy, avocate au barreau de Bordeaux.

Le parti, qui veut notamment abolir les « pratiques génératrices de souffrance », créer un ministère de la protection animale et adosser à la Constitution française une charte de la protection animale, revendique un millier d’adhérents. Totalement indépendant d’un point de vue financier, il a d’ores et déjà investi 80 candidats aux législatives, et en vise une centaine, tous issus de la société civile.

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