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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 11:03

Le Secrétaire général de l’Élysée a annoncé aujourd’hui la composition du nouveau gouvernement, à rebours des engagements pris par le candidat Macron. Europe Écologie Les Verts constate que de nombreuses promesses ne sont pas tenues, malgré un signal fort pour l’écologie, qui appelle à des éclaircissements et à des actes, tant l’urgence environnementale est importante. Communiqué de Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux d’Europe Écologie Les Verts le 17 mai 2017.

* *

Le gouvernement ne tient ni ses promesses de renouvellement, ni de parité, ni d’équilibre des sensibilités politiques.

La promesse du renouvellement n’est pas tenue : une grande partie des ministres sont de « vieux routiers » de la politique qui ont cumulé les mandats, tant dans les fonctions que dans le temps. Plutôt qu’une sélection sur les compétences, ce gouvernement remercie les soutiens du Président de la République et envoie des signaux politiques à la famille politique du Premier ministre.

La promesse de la parité n’est pas tenue : le Premier ministre et les trois ministres d’État sont des hommes. Un seul ministère régalien revient à une femme et le porte-parole du gouvernement est aussi un homme. Si le nombre de femmes égale le nombre d’hommes au total, la parité sur l’importance des fonctions n’est pas et l’engagement d’un ministère de plein exercice dédié aux droits des femmes n’est pas tenu non plus.

La promesse de l’équilibre n’est pas tenue : ce gouvernement est un gouvernement majoritairement de droite. Tout particulièrement sur les sujets économiques avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, respectivement à l’économie et aux comptes publics. Les quelques personnalités supposément à gauche se sont distinguées ces dernières années pour leur conversion aux politiques de droite en matière d’économie, de droits sociaux et d’environnement.

* *

La tête de l’État envoie un signal en nommant Nicolas Hulot ministre d’État, ministre de la transition écologique. Des éclaircissements sur le périmètre des attributions du ministre et la feuille de route qui lui sera confiée sont extrêmement importants, d’autant plus que cet affichage va à rebours de la composition générale du gouvernement.

Europe Écologie Les Verts ne partage ni le projet, ni les valeurs du chef de l’État et de son Premier ministre et nous ne leur faisons pas confiance pour faire de l’écologie leur boussole.

Nous avons confiance dans les convictions et l’intégrité de Nicolas Hulot, mais son pari est périlleux car une personne seule, même populaire, ne peut contrebalancer le projet politique de tout un gouvernement. Il devra lui falloir compter sur une large mobilisation de la société civile et l’obstination du plus grand nombre possible de parlementaires écologistes s’il souhaite gagner ses futurs combats au sein du gouvernement.

L’écologie n’est pas et ne peut être un simple supplément d’âme. La création de ce nouveau ministère ne peut pas l’être non plus.

C’est la raison pour laquelle nous demandons des précisions sur le périmètre du ministère dont Nicolas Hulot aura la charge. Une politique écologique est transversale et s’applique en cohérence à beaucoup de secteurs : énergie, industrie, transport, travail, fiscalité, agriculture, pêche, alimentation, urbanisme et aménagement, logement, santé. Elle nécessite à la fois des mots et un périmètre large, mais également un budget et la coordination de l’ensemble des autres politiques qui seront mises en œuvre. L’histoire a montré que quand cette ambition n’est pas partagée par l’Élysée, Matignon ou Bercy, les mots sont vains et les mesures d’affichage.

Nous agirons donc en soutien à Nicolas Hulot en faveur de réformes ambitieuses pour l’écologie, la solidarité, la démocratie, la moralisation de la vie publique. Mais nous serons vigilant-e-s et tout aussi ambitieux lorsque les réformes libérales, anti-sociales, imposées, qui s’annoncent seront présentées aux Français-e-s.

Le climat est une urgence. Le rythme du dérèglement climatique correspond aux prévisions les plus pessimistes des groupes d’experts. Il faut donc agir vite. Des décisions importantes peuvent être prises très rapidement, comme par exemple à Notre-Dame des Landes, qui est un symbole représentatif des choix à venir. L’abandon du projet d’aéroport est une demande forte des défenseur-es de l’environnement : que Nicolas Hulot en fasse la première victoire de l’écologie sous ce quinquennat.

Nous souhaitons un bon courage à Nicolas Hulot, dont la nomination est un signal positif. Mais sans une majorité de transformation derrière lui, sans une présence forte des écologistes à l’Assemblée nationale, il ne pourra pas réussir son pari. Si on veut faire de l’écologie et résister aux lobbies bancaires et industriels, il faut des écologistes au Parlement.

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:08

Si un gouvernement multipartisan est un séisme en politique, en économie, il s'agit d’un aboutissement. Depuis trois décennies, les politiques conduites par la gauche ou la droite n'ont cessé de se confondre. Macron met en œuvre le fameux précepte thatchérien “Tina” : « There is no alternative ». Par Laurent Mauduit le 16 mai 2017 pour Mediapart.

C’est évidemment peu dire que la formation d’un gouvernement rassemblant des ministres dont certains sont issus de la droite tandis que d’autres le sont de la gauche, ou alors ne se revendiquent d’aucune attache partisane, constitue au plan politique un séisme, puisqu’il consacre une implosion du Parti socialiste (PS) et des lézardes au sein du parti Les Républicains (LR). Mais au plan économique, ce n’est pas le cas. C’est plutôt un aboutissement.

Alors qu’au cours de ces trois dernières décennies, les politiques économiques et sociales conduites alternativement par la droite ou la gauche n’ont cessé de se rapprocher pour finir par se confondre, ce gouvernement transpartisan installé par Emmanuel Macron et conduit par le premier ministre Édouard Philippe marque l’achèvement de ce mouvement d’uniformisation. C’est, en quelque sorte, l’éclatante victoire du fameux précepte de Margaret Thatcher, celui de « Tina » : « There is no alternative ». Ou, si l’on préfère, il n’y a qu’une seule politique économique possible.

Lorsque l’on passe en revue les évolutions de la politique économique française au cours de ces dernières décennies, il y a, de fait, un constat qui saute aux yeux : il faut remonter à 1981 – une éternité... – pour retrouver en France une véritable controverse économique, du moins entre les deux principaux partis de gouvernement, le PS d’un côté, le RPR de l’autre, rebaptisé au fil des ans en UMP puis LR. Mais ensuite, à partir du tournant improprement baptisé de la « rigueur », les différences entre les deux camps n’ont cessé de s’estomper, pour ne plus porter que sur des questions symboliques – quelques ultimes chiffons rouges, comme l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

En résumé, dans le prolongement de la gigantesque vague néolibérale venue des pays anglo-saxons, déclenchée par Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, c’est la droite qui a emporté sur la gauche la bataille des idées. C’est le marché qui a fait plier l’État et la régulation qu’il induit. Victoire totale, jusque dans les esprits. Après le capitalisme rhénan, fonctionnant sur le compromis social, un capitalisme beaucoup plus tyrannique a vu le jour, faisant la part belle au capital au détriment du travail. Une nouvelle pensée économique, tout aussi tyrannique, a progressivement écrasé toutes les autres, justifiant ce séisme. Hors du néolibéralisme, point de salut. Marx, Keynes : à la poubelle. Un seul et unique prophète pour ces temps nouveaux : Milton Friedman.

C'est cette intolérance que le précepte thatchérien « Tina » a consacrée, comme si l'économie politique cessait subitement d'être cette science noble, délimitant la part de choix des hommes dans la vie économique de la cité.

Du rapprochement progressif entre la gauche et la droite autour de ce consensus néolibéral, qui s’est opéré en parallèle à la conversion de la France au modèle du capitalisme patrimonial anglo-saxon, il existe mille illustrations. Il y a d’abord eu la bataille perdue des nationalisations. Une bérézina.

Alors que l’extension du secteur public, en 1982, était présentée par les socialistes comme l’un des plus forts symboles du changement de politique économique, un coup d’arrêt y est donné dès 1986, lors de l’alternance, avec le lancement des premières privatisations. Et on sait ce qui est ensuite advenu : après le « ni-ni » (pour : ni nationalisation, ni privatisation) du second septennat de François Mitterrand, les privatisations ont repris de plus belle dès 1995. Et même la gauche s’y est convertie à partir de 1997, Lionel Jospin parvenant à devenir le premier ministre ayant le plus privatisé.

Pour la politique salariale, cela a été encore plus spectaculaire : ce sont les socialistes eux-mêmes qui ont, les premiers, brisé les règles d’indexation qui encadraient la vieille politique des revenus française. À la faveur de ce tournant de la « rigueur », puis sous l’impulsion les années suivantes de Pierre Bérégovoy, c’est l’une des réformes les plus considérables qui est entrée en vigueur : celle de la désindexation des salaires sur les prix. Désindexation qui est ensuite devenue l’alpha et l’oméga de la politique économique des années suivantes, sous la gauche comme sous la droite.

La politique fiscale a suivi, à peu de chose près, la même évolution. Pendant des lustres, elle a constitué un marqueur formidable, permettant de distinguer les politiques économiques de gauche et les politiques économiques de droite. Avec d’un côté des socialistes qui défendaient l’impôt, en y voyant un outil de redistribution ; et de l’autre la droite qui prônait le « moins d’impôt », dans le souci de débrider l’économie. Mais au fil des ans, ces oppositions sont devenues de plus en plus factices.

Ce sont les socialistes qui, en 1989, ont conduit l’une des réformes fiscales les plus inégalitaires, celle de l’épargne, en prévision de l’ouverture définitive des marchés des capitaux. C’est le socialiste Laurent Fabius, à l’époque ministre des finances, qui a commencé à dynamiter en 2000 l’impôt sur le revenu – réforme inégalitaire que la droite a accélérée au lendemain de l’alternance de 2002. Et si François Hollande, du temps où il était candidat à l’élection présidentielle en 2012, a un instant laissé penser qu’il reviendrait à l’ancienne doctrine redistributive de la gauche, en défendant l’idée d’une « révolution fiscale » conçue par l’économiste de gauche Thomas Piketty, on sait ce qu’il en est par la suite advenu : c’est en fait une contre-révolution que François Hollande a menée, suivant en tous points les priorités inégalitaires de son prédécesseur, en relevant par exemple la TVA ou en instaurant pour l’ISF un système de plafonnement encore plus scandaleux que l’ex-bouclier fiscal mis au point par Nicolas Sarkozy.

Et puis il y a eu l’Europe, qui a fait le reste, contribuant à rapprocher encore plus les politiques économiques de gauche et de droite, au point qu’il n’y ait plus entre elles la moindre différence. Avec le traité de Maastricht, et plus encore celui d’Amsterdam, c’est la politique budgétaire qui en a, la première, fait les frais : elle est passée sous pilotage automatique. En quelque sorte, ce fut la fin de la vieille controverse entre les partisans de la relance et les partisans de l’austérité, par la victoire totale et définitive des seconds sur les premiers. En somme, Keynes est devenu anticonstitutionnel.

Et que dire de la politique monétaire ? Avec l’euro et la Banque centrale européenne (BCE), elle aussi est passée sous pilotage automatique. C’est même plus grave que cela. Les traités européens prévoient explicitement que la compétence de la banque centrale porte sur la valeur interne de la monnaie unique – c’est-à-dire sur la lutte contre l’inflation –, mais pas sur la valeur externe, c’est-à-dire sur la politique de change. Mais à peine installée, la BCE a instauré une jurisprudence invraisemblable, s’arrogeant ce double pouvoir sur la valeur interne mais aussi externe de la monnaie. Et pétrifiés, les politiques, de gauche comme de droite, ont laissé faire. Tant et si bien que le débat monétaire s’est totalement éteint ou est devenu le monopole de l’extrême droite, dont certains courants revendiquent le retour au franc.

Cette évolution qui a conduit les socialistes mais aussi les néogaullistes à se convertir de plus en plus nettement aux thèses néolibérales ne s’est certes pas déroulée sans mal ni sans heurts. Ce rapprochement a lui-même fait, en plusieurs époques, l’objet d’une vive controverse.

À droite, c’est contre cette « pensée unique » que s'est dressé un Philippe Séguin dès 1992, lors du débat autour de la ratification du traité de Maastricht. C’est aussi ce combat contre cette même « pensée unique » qu'a préempté Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995, ce qui lui a permis de gagner.

« Pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités »

À gauche, c’est à sa manière ce même combat qu'a mené Lionel Jospin à partir de 1993, exerçant son « droit d’inventaire » sur les deux précédents septennats, et cherchant la voie d’une nouvelle politique économique de gauche qui tienne compte des « grands équilibres économiques » mais tout autant des « grands équilibres sociaux ». Reprochant à ses camarades socialistes de n’avoir tenu compte que des premiers et plus jamais des seconds, il a même eu, un jour, en 1994, cette formule audacieuse : « Inversons ! »

Mais dans les deux cas, à droite comme à gauche, ces rebellions contre ces rapprochements de plus en plus marqués, quasi fusionnels, ont été de très courte durée. Que l’on se souvienne du septennat de Jacques Chirac : nommé premier ministre, Alain Juppé met en œuvre la politique hétérodoxe promise par Jacques Chirac pendant… quatre mois ! Et dès le mois de novembre 1995, il fait une grande embardée et annonce le plan d’austérité que l’on sait, en commençant par l’assurance maladie.

À gauche, l’embardée de Lionel Jospin est encore plus courte. Porté en 1997 à Matignon sur un programme très à gauche, il y renonce sur-le-champ pour dériver progressivement vers une politique néolibérale que ponctue son aveu, en amorce de sa campagne présidentielle de 2002 : « Mon projet n’est pas socialiste. »

C’est pour cela que le gouvernement multipartisan voulu par Emmanuel Macron constitue une rupture pour la vie politique française et un aboutissement pour la vie économique. Car dans ce théâtre d’ombres qu’est souvent la vie publique, de nombreux dirigeants politiques ont fait mine d’entretenir la fiction de divergences entre la droite libérale et les socialistes… néolibéraux. Ils l’ont fait de deux manières. Soit en survalorisant des divergences sur des points de détail microscopiques – cela a été longtemps la fonction de l’ISF. Soit en menant des campagnes mensongères pour se faire élire – à l’exemple de ce que François Hollande a fait en 2012, se présentant comme l’adversaire de la finance, avant d’en devenir le plus zélé des serviteurs.

Avec Emmanuel Macron, c’est donc cette fiction qui est ruinée : puisque les socialistes et la droite libérale conduisent depuis de longues années des politiques économiques et sociales quasi identiques, puisque les derniers points de discorde qui subsistaient encore – comme le code du travail – ont disparu, pourquoi ne travailleraient-ils pas ensemble au sein du même gouvernement ?

Sans doute a-t-il fallu beaucoup de temps pour que, dans un camp comme dans l’autre, on se résolve à ne plus jouer la comédie. Car l’idée d’un gouvernement libéral rassemblant des dirigeants de gauche comme de droite chemine en France depuis très longtemps. C’était le cheval de bataille principal de la Fondation Saint-Simon, dès le milieu des années 1980. Ce fut aussi l’idée défendue par Alain Minc, au milieu des années 1990, quand il prôna une politique économique circonscrite « dans le cercle de la raison ». Car cela a souvent été l'habillage des politiques néolibérales, présentées par leurs auteurs (et tout autant par les grands médias) comme des politiques raisonnables, réalistes pragmatiques, à la différence de toutes les autres politiques alternatives, réputées irréalistes, déraisonnables, rêveuses ou dangereuses…

Mais il faut croire que les temps n’étaient pas encore mûrs pour que les masques tombent. C’est donc Emmanuel Macron qui a eu l’audace d’organiser cette grande transgression. En vérité, son cheminement personnel est lui-même très emblématique de ce projet. Veut-on en effet connaître la philosophie qui guide depuis si longtemps son action ? Il suffit de se replonger dans le rapport de la commission Attali – dont Emmanuel Macron était le rapporteur – remis à Nicolas Sarkozy en janvier 2008. Brûlot néolibéral, ce document proposait 316 réformes visant à démanteler le code du travail et à déréguler l’économie – autant de réformes qui sont depuis des lustres dans les cartons des grandes directions de Bercy.

En introduction de ce document, Jacques Attali et Emmanuel Macron avaient consigné cette préconisation : « [La réforme] ne peut aboutir que si le président de la République et le premier ministre approuvent pleinement les conclusions de ce rapport, le soutiennent publiquement, dès maintenant, personnellement et durablement, en fixant à chaque ministre des missions précises. Pour l’essentiel, ces réformes devront être engagées, selon le calendrier proposé à la fin de ce rapport, entre avril 2008 et juin 2009. Elles devront ensuite être poursuivies avec ténacité, pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités. »

« Pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités »… Nous y voilà : toute la victoire de la « pensée unique » est dans cette formule ; c’est le diktat « Tina » qui est résumé par ces quelques lignes. Voilà ce que sécrète le système de l’oligarchie française, dont Jacques Attali et Emmanuel Macron sont des représentants : une idéologie qui tient la démocratie pour quantité négligeable – car les élites sont supposées mieux savoir que le peuple ce qui est bon pour lui. Peu importent les alternances démocratiques, peu importe le suffrage universel : il faut que « pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités », la même politique économique se poursuive. Perpétuellement la même.

Sans que l’on ait pu le deviner dès cette époque, il y avait d’ailleurs un aspect prémonitoire dans cette recommandation. Car effectivement, c’est sous le quinquennat de François Hollande qu’une bonne partie des dispositions réactionnaires contenues dans ce rapport commandé par Nicolas Sarkozy ont finalement été mises en œuvre, instillées dans les deux lois défendues par le même… Emmanuel Macron

Et comme tant d’autres oligarques, Emmanuel Macron a lui-même joué les essuie-glaces : il a commencé à faire carrière sous Sarkozy ; et a continué sous Hollande, en défendant exactement les mêmes idées, ce qui lui a permis de prendre son envol. Et voici que devenu président de la République, il envisage d’aller encore plus vite et plus loin, en poursuivant le démantèlement par ordonnances du code du travail.

De cette évolution, on pourrait donc être très inquiet. Pour une double raison. Économique, d’abord : ce gouvernement va appliquer une politique néolibérale à un pays qui est rongé par de violentes inégalités et de fortes souffrances sociales, c’est-à-dire au pire des moments ; il va poursuivre une dérégulation économique et sociale alors que, depuis la crise de 2007/2008, on a pu mesurer les effets dévastateurs d’une telle orientation. Politique ensuite : la démocratie, c’est l’organisation du dissensus ; c’est la confrontation des désaccords, ou d’intérêts antagonistes, dans un cadre civil ; en somme, ce n’est surtout pas le consensus.

Mais il y a sans doute un effet boomerang à attendre de cette transgression qu’a osé réaliser Emmanuel Macron. Vu de la gauche, on comprend bien pourquoi. Car pendant des lustres, les socialistes n’ont jamais réellement voulu tirer les enseignements de leurs échecs, ni refonder leur doctrine. Et du même coup, on a assisté depuis trois décennies à un pitoyable ballet, toujours le même : dans l’opposition, le PS a souvent pris des accents de gauche avant, revenu au pouvoir, de mettre en œuvre la même politique économique néolibérale.

Du fait de la triangulation Macron, cette triste comédie va désormais devenir impossible. En miettes, réduite à néant, la gauche socialiste, ou ce qu’il en reste, ne peut espérer survivre que si elle reprend tout à zéro. Jusqu’à sa vision du monde, jusqu’à sa doctrine économique et sociale.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 18:08

La Cour de justice européenne estime que le traité signé en septembre 2013 avec Singapour devra être validé par les parlements nationaux de l’Union. Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) le 17 mai 2017 pour Le Monde.

La Cour de justice européenne a publié, mardi 16 mai, un avis crucial pour la politique de libre-échange de l’Union européenne (UE). L’instance de Luxembourg estime que le traité signé entre Singapour et l’UE en septembre 2013 « ne peut pas, dans sa forme actuelle, être conclu par l’UE seule ».

La conséquence ? Elle est très concrète : tous les accords commerciaux dits de « nouvelle génération » que conclura à l’avenir l’UE (par l’intermédiaire de la Commission), devront, pour entrer en application, être validés non seulement par le Conseil (les dirigeants européens) et le Parlement de Strasbourg, mais aussi par la trentaine de parlements nationaux de l’UE.

Se voir refuser une « compétence exclusive » pour la signature de ces nouveaux accords, qui comprennent à la fois des abaissements classiques de droits de douane pour les marchandises, mais aussi des dispositions liées à la propriété intellectuelle, à la protection des investissements ou au règlement des différends entre entreprises et États, risque de durablement ralentir et donc peut-être d’affaiblir la politique commerciale de l’UE.

Et aussi de la politiser, dans un contexte de réticences accrues des opinions publiques à l’égard du libre-échange, en particulier en France, en Belgique ou en Allemagne.

« L’épisode wallon »

À l’automne 2016, le CETA – le traité de libre-échange entre le Canada et l’UE –, conclu un an auparavant par la Commission à l’issue de sept années de négociations, a ainsi failli capoter en raison de l’opposition virulente de l’un des sept parlements du Royaume de Belgique, celui de la Wallonie, qui s’inquiétait pour les services publics et les agriculteurs de la région.

Le ministre-président wallon, le socialiste Paul Magnette, qui avait mené la fronde contre la Commission européenne et Ottawa, n’a pas tardé à réagir, mardi : « La Cour européenne confirme que la Wallonie a bien son mot à dire sur les conflits multinationales-États dans les accords commerciaux », s’est-il félicité dans un Tweet.

La Commission a de son côté fait savoir qu’elle accueillait « favorablement » l’avis rendu par la Cour de justice, en précisant que son président, Jean-Claude Juncker, « avait anticipé ce résultat quand il a décidé, en 2016, que l’accord CETA devait être également ratifié au niveau des États membres ».

Il est vrai qu’à l’été 2016, un peu avant « l’épisode wallon », M. Juncker avait choisi de transformer le traité avec le Canada en « accord mixte », devant aussi être validé aux niveaux nationaux, alors que rien dans les textes européens ne l’y obligeait à l’époque. Il avait cédé à la pression, notamment du gouvernement français, qui estimait le sujet bien trop politique pour que les représentations nationales n’aient pas leur mot à dire.

L’avis de la Cour confirme les « compétences exclusives » de l’UE pour toute une série de dispositions des accords commerciaux : les accès privilégiés aux marchés publics européens, les accords en matière de propriété intellectuelle, de protection des investissements ou les objectifs de développement durable.

Sérieux avertissement pour la Commission

En revanche, pour deux volets précis de l’accord avec Singapour, l’UE « n’est pas dotée (…) d’une compétence exclusive, à savoir [dans] le domaine des investissements étrangers autres que directs (investissements “de portefeuille” opérés sans intention d’influer sur la gestion et le contrôle d’une entreprise) et [dans] le régime de règlement des différends entre investisseurs et États ». Et la Cour de conclure, sans aucune ambiguïté, que « l’accord de libre-échange ne peut être conclu, en l’état actuel, que conjointement par l’UE et les États membres ».

Ces deux volets sont particulièrement sensibles : les investissements étrangers peuvent concerner l’achat de technologies jugées cruciales (défense, drones, etc.) à propos desquelles certains États membres ont déjà mis en place une législation restrictive (notamment les Français qui se réservent le droit d’opposer leur veto).

Surtout, les mécanismes de règlement des différends entre États et entreprises, autrement appelés « cours d’arbitrage », ont eux aussi fait couler beaucoup d’encre. Les mouvements anti-CETA ou anti-TTIP – l’accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis, aussi appelé Tafta – les accusent de fragiliser la capacité à légiférer des États.

L’avis de la Cour de justice, s’il clarifie ses compétences, constitue quand même un sérieux avertissement pour la Commission qui espérait multiplier les accords commerciaux (avec le Japon ou le Marché du commun du Sud, le Mercosur) en profitant du nouvel intérêt des pays tiers de l’UE.

Ces derniers se tournent vers le continent européen à la suite du changement de pied radical des États-Unis en matière de libre-échange. Le président américain Donald Trump a en effet multiplié les déclarations protectionnistes et inauguré son mandat en désengageant son pays du TPP (l’accord de partenariat transpacifique, laborieusement conclu par son prédécesseur Barack Obama avec une dizaine d’États d’Asie et d’Amérique du Sud).

Signal d’alarme pour les Britanniques

« L’arrêt d’aujourd’hui aura un impact majeur sur les accords commerciaux futurs impliquant l’UE. Celle-ci va devoir reconsidérer radicalement sa politique commerciale et son approche des négociations qui souffrent d’un réel déficit démocratique », s’est réjoui, mardi, Yannick Jadot, porte-parole du groupe des Verts sur les accords commerciaux au Parlement de Strasbourg.

Plus nuancé, Charles de Marcilly, de la Fondation Robert Schuman, juge que la Commission européenne pourrait à l’avenir contourner la difficulté politique et procédurière introduite par la Cour en dissociant les parties des traités à ratifier. « L’institution pourrait choisir de ne pas introduire dans l’accord commercial principal les règlements des différends, afin de n’avoir, dit-il, que ces derniers à présenter à la ratification des parlements nationaux. »

L’avis constitue aussi un signal d’alarme pour les Britanniques. Le Royaume-Uni est pressé de conclure un accord de libre-échange avec l’UE, pour compenser sa future exclusion du marché intérieur, en raison du Brexit. Londres aimerait commencer à le négocier avant même d’avoir conclu les termes de son divorce d’avec ses vingt-sept partenaires continentaux.

Mais ce traité commercial, qui conditionnera pour une grande part l’avenir de son économie, devra, selon toute vraisemblance s’il contient des dispositions considérées comme des compétences « non exclusives » de l’UE, être soumis pour approbation à tous les parlements nationaux des Vingt-Sept. Ce qui réduit encore la marge de manœuvre de la première ministre britannique Theresa May et la capacité de cette dernière à faire du Brexit un « succès », comme elle ne cesse de le promettre à ses concitoyens.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 09:06

Un article publié dans la revue « Nature » révèle que la moitié des voitures sur la planète dépassent les limites réglementaires d’émissions d’oxydes d’azote. Par Stéphane Mandard le 16 mai 2017 pour Le Monde. Lire aussi « Dieselgate » : le vote mitigé des eurodéputés, Qualité de l'air : l'ultime coup de semonce de l'Europe à la France, Vivre près des axes routiers accroît le risque de démence et Gaz polluants : l’Europe impose des normes minimales aux constructeurs automobiles.

Diesel : 38 000 décès dans le monde seraient dus, en 2015, au dépassement des normes

Voilà une étude qui ne devrait pas tarder à se retrouver sur le bureau des juges du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris qui enquêtent sur le « dieselgate ».

Publiée lundi 15 mai dans la revue scientifique Nature, elle montre qu’un tiers des poids lourds et plus de la moitié des véhicules légers en circulation émettent beaucoup plus d’oxydes d’azote (NOx) que ne le permettent les différentes limites réglementaires auxquels ils sont théoriquement soumis. Elle révèle aussi que ces excès d’émissions ont été responsables d’environ 38 000 décès prématurés en 2015, principalement dans les pays de l’Union européenne, en Chine et en Inde.

Le groupe des oxydes d’azote, des gaz particulièrement nocifs pour l’homme et l’environnement, comprend notamment le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote. Ce dernier est quarante fois plus toxique que le monoxyde de carbone (CO), également présent dans les gaz d’échappement.

Logiciels truqueurs

En 2015, quand le scandale Volkswagen (VW) éclate, le constructeur allemand reconnaît utiliser depuis 2008 des logiciels truqueurs pour abaisser artificiellement les mesures des émissions de NOx de onze millions de ses véhicules pour satisfaire aux tests d’homologation.

Partie des États-Unis, la vague de révélations s’est ensuite étendue à l’Europe et à d’autres constructeurs. Ainsi, en France, outre VW, la justice a ouvert une information judiciaire contre Renault, PSA et Fiat-Chrysler pour « tromperie sur la qualité substantielle et les contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de l’homme ».

Les enquêteurs devraient d’autant plus prendre au sérieux l’étude publiée dans Nature qu’elle a été pilotée par le Conseil international pour un transport propre (ICCT), l’organisation non gouvernementale à l’origine du scandale VW. En 2013, l’institution, basée à Washington, avait testé les émissions de NOx en conditions réelles de trois véhicules et constaté que deux modèles VW dépassaient très largement les normes américaines.

Pour mesure l’impact des dépassements, l’ONG s’est associée à plusieurs instituts scientifiques dont l’Environmental Health Analytics (EHA) – une société qui conseille notamment l’Agence américaine pour l’environnement – et à l’université du Colorado.

Un tiers des poids lourds concernés

Elle s’est intéressée aux onze plus gros marchés automobiles – Union européenne (UE), Etats-Unis, Chine, Inde, Russie, Australie, Brésil, Mexique, Canada, Japon et Corée du Sud – qui concentrent plus de 80 % des ventes mondiales de nouveaux véhicules diesel.

L’étude passe au crible non seulement les performances des voitures particulières, mais aussi celles des poids lourds vendus jusqu’en 2015, dernière année pour laquelle les auteurs ont pu bénéficier de toutes les données.

En conditions réelles de conduite, l’ensemble des véhicules diesel en ont émis, en 2015, 13,2 millions de tonnes de NOx, soit 4,6 millions de plus que les 8,6 millions estimées sur la base des mesures effectuées en laboratoire. A l’échelle de la planète, cela signifie qu’un quart de ces véhicules légers (particuliers, utilitaires, camionnettes) et un tiers des poids lourds (camions, bus) dépassent les standards réglementaires.

En croisant ces données, issues d’une trentaine de travaux scientifiques produits au cours des cinq dernières années, avec des études épidémiologiques, les auteurs arrivent à la conclusion que ces excès d’émissions d’oxydes d’azote – qui sont des précurseurs majeurs des particules fines PM 2,5 et de l’ozone – sont aujourd’hui responsables d’environ 38 000 décès prématurés : accidents vasculaires cérébraux, infarctus ou cancers du poumon. Et que ce décompte macabre se portera à 174 000 morts par an en 2040 si les gouvernements n’adoptent pas des mesures de contrôle plus strictes.

Singularité de l’Europe

En Europe, les excès de NOx sont ainsi associés à 11 500 décès en 2015 parmi lesquels 6 900 sont imputables aux voitures et 4 600 aux camions et bus.

L’UE est la seule région du monde où la mortalité induite par les véhicules légers est supérieure à celle causée par les poids lourds. « Il y a deux raisons principales à cette singularité, explique au Monde Susan C. Anenberg, coauteure de l’étude et fondatrice de l’EHA. La large flotte de voitures particulières roulant au diesel [plus de 8 millions de ventes en 2016] et le manque de tests robustes d’émissions dans de vraies conditions de conduite ».

A la suite du « dieselgate », la Commission européenne a décidé de durcir sa norme Euro 6 en obligeant, à partir de septembre, les constructeurs à se soumettre à des tests en conditions réelles de conduite et plus seulement en laboratoire. Toutefois, ils pourront encore dépasser jusqu’en 2019 de 2,1 fois la concentration autorisée (80 mg de NOx par kilomètre). A partir de 2020, ce « facteur de conformité » devrait être abaissé à 1,5, avec la mise en place d’une nouvelle méthode d’homologation sur route dite « Real Drive Emission » (RDE).

Les auteurs de l’étude estiment qu’il faudrait aller encore plus loin. « En Europe, des tests poussés en conditions réelles de conduite combinés à des contrôles plus stricts des dispositifs de trucage pourraient faire passer le niveau d’émission réelle de NOx de quatre fois la limite à 1,2 fois, soit une réduction de 70 % », relève Susan C. Anenberg.

La France mise en demeure par Bruxelles

Ainsi, étendre les tests RDE à toutes les régions du monde et aux poids lourds « pourrait quasiment éliminer les émissions réelles de NOx des véhicules diesel, ce qui permettrait d’éviter 174 000 décès par an liés à la pollution de l’air et d’économiser trois millions d’années de vie dans le monde en 2040 », note Ray Minjares, coauteur de l’article et responsable du programme Clean Air à l’ICCT.

Des chiffres qui ne devraient pas seulement intéresser les juges du pôle santé de Paris mais aussi le futur ministre de l’écologie du nouveau gouvernement.

Juste avant de passer le relais, Ségolène Royal a publié le décret d’application du plan national de réduction des émissions de pollution atmosphérique. Il prévoit notamment de faire baisser de 69 % d’ici à 2030 les émissions globales d’oxydes d’azote par rapport à 2005.

La France fait en effet l’objet d’une mise en demeure de Bruxelles pour des dépassements des normes européennes de qualité de l’air dans dix-neuf zones, dont l’Ile-de-France, où, en 2015, 1,6 million d’habitants étaient exposés à des concentrations excessives de dioxyde d’azote.

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 11:30

Certains papiers et cartons peuvent contaminer les produits qu'ils contiennent, prévient l'Agence nationale de sécurité sanitaire. Par Volodia Petropavlovsky le 15 mai 2017 pour Le Monde.

L’agence de sécurité sanitaire alerte sur les risques liés aux huiles minérales et incite les fabricants à adopter de nouveaux procédés. MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

L’agence de sécurité sanitaire alerte sur les risques liés aux huiles minérales et incite les fabricants à adopter de nouveaux procédés. MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Pâtes, riz ou lentilles sont des produits de consommation courante, a priori sains. Pourtant, selon la manière dont ils ont été conditionnés, ils pourraient s'avérer nocifs pour la santé. Dans un avis publié le 9 mai, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a en effet révélé que les huiles minérales présentes dans les encres et adhésifs des conditionnements en papier et en carton se répandent dans les aliments qui se trouvent au contact de l'emballage.

Deux catégories d'huiles constituées d'hydrocarbures sont dans le collimateur des experts : les MOAH (mineral oil aromatic hydrocarbons) et les MOSH (mineral oil saturated hydrocarbons). " Compte tenu du caractère génotoxique et mutagène mis en évidence pour certains MOAH, l'Anses estime qu'il est nécessaire de réduire en priorité la contamination des denrées alimentaires par ces composés ", écrit l'Agence dans un communiqué.

Avant de mener des études complémentaires pour déterminer la composition exacte de ces huiles minérales, les auteurs du rapport appellent les fabricants à agir pour " limiter l'exposition du consommateur ". Comme première mesure, l'organisme public suggère " d'utiliser des encres, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procédé de fabrication des emballages en papier et carton ".

" Barrières adéquates "

Les contenants fabriqués à partir de matières recyclées sont particulièrement surveillés par l'agence, qui évoque à leur sujet une " forte contamination " due aux composants toxiques qu'ils contiennent, comme les encres et les colles. Les supports imprimés sont considérés comme l'une des principales sources d'huile minérale dans les emballages recyclés.

L'Anses incite le secteur de l'impression à chercher les moyens de changer ses méthodes de production pour utiliser des produits dépourvus de MOAH. En fait, c'est le procédé de recyclage tout entier qui est à analyser à la loupe pour comprendre à quelles étapes sont introduites des huiles minérales.

Pour finir, les experts de l'Agence recommandent de renforcer les emballages en y intégrant des barrières étanches aux flux de MOAH et de MOSH. Ils suggèrent l'utilisation de revêtements comme le plastique PET, l'acrylate ou le polyamide. L'amidon est une des pistes de recherche possibles, son efficacité est aussi à l'étude.

" C'est un rapport que l'on attendait depuis plusieurs années, explique Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch, une ONG de défense des consommateurs née en 2002 après la crise de la vache folle. Voilà longtemps que nous interpellons les industriels ainsi que les ministères concernés à ce sujet. Ils y étaient sensibles mais attendaient l'avis de l'Anses. "

En octobre 2015, Foodwatch avait testé une centaine d'aliments de grande consommation en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Les analyses ont montré que 60 % de ces produits contenaient des MOAH. Forte de ces résultats, l'ONG a lancé une pétition en ligne demandant à la Commission européenne la mise en place de normes pour " fixer des limites strictes à la quantité d'huiles minérales présentes dans les aliments et imposer l'utilisation de barrières adéquates pour tous les emballages en papier et carton. "

" Encres végétales "

En 2012, l'Autorité européenne de sécurité des aliments avait de son côté jugé l'exposition aux MOAH " particulièrement préoccupante ". " Notre objectif est clair : nous voulons obtenir une décision au niveau européen. Nous pensons que cela peut bouger très vite, car les choses sont en train d'évoluer ", résume Mme Jacquemart.

En novembre 2016, six enseignes de la grande distribution (E. Leclerc, Carrefour, Lidl, Intermarché, Casino et Système U) se sont engagées à réduire les niveaux de MOAH et de MOSH dans les produits de leurs marques respectives. " Nous avons décidé d'utiliser des encres végétales sur nos 1800 produits emballés dans du carton, annonce Hervé Gomichon, directeur qualité du groupe Carrefour. Le but est de ne pas contaminer nos produits mais également de ne pas envoyer d'emballages contaminés dans les circuits de recyclage. " Les 43 produits qui ne contiennent aucune barrière entre le paquet et les aliments, comme c'est le cas pour les pâtes, sont désormais constitués de fibres vierges.

Une norme allemande fait pour l'instant office de référence – les produits finis ne doivent pas -contenir plus de 2 milligrammes de MOSH par kilogramme, et aucun taux de MOAH ne doit être détecté. Un premier pas avant que la France légifère. " Il est urgent que les autorités publiques prennent des mesures, sinon nous sommes à la merci des engagements volontaires des uns et des autres ", conclut la directrice de Foodwatch.

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 17:32

Les États-Unis menacent de sortir de l’accord de Paris et de diminuer drastiquement leur contribution financière à la lutte contre le réchauffement climatique. Par Simon Roger le 9 mai 2017 pour Le Monde.                                      Lire aussi La hausse rapide du méthane alarme les climatologues, Lettre ouverte au Président de la République sur la place de l'écologie dans le futur gouvernement, Valérie Masson-Delmotte : « Défendre la science, ce n’est pas seulement pour le climat », cf. l'an dernier Le financement revient dans les débats sur le climat et Les enjeux de la COP22 résumés en un graphique !.

Un manifestant lors de la Marche du climat des peuples, près de la Maison Blanche, à Washington, le 29 avril 2017. JOSHUA ROBERTS / REUTERS

Un manifestant lors de la Marche du climat des peuples, près de la Maison Blanche, à Washington, le 29 avril 2017. JOSHUA ROBERTS / REUTERS

À Bonn, en Allemagne, où s’est ouverte, lundi 8 mai, la session annuelle de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les délégués des 196 États membres ont décidé de faire bloc. Face aux mauvaises nouvelles distillées par la science (réchauffement planétaire ininterrompu, montée des eaux plus rapide que par le passé, intensification des catastrophes naturelles, etc.), face aux menaces américaines de s’extraire du cadre multilatéral de l’accord de Paris, face aux incertitudes financières qui pèsent sur les pays en développement, les négociateurs s’efforcent de convaincre — de se convaincre — que la dynamique enclenchée pendant la COP21, en décembre 2015, ne faiblit pas.

La victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle française apparaît, dans ces conditions, comme une lueur d’espoir. « J’ai la conviction que le nouveau président français donnera une impulsion forte [aux négociations sur le climat] », dit la directrice du programme climat du think tank américain World Resources Institute, Paula Caballero. Le sommet du G7, à la fin de mai, sera le premier moment important pour la France d’afficher son leadership. »

Au même moment, quelque deux cents grands investisseurs, représentant 15 000 milliards de dollars d’actifs, publiaient une lettre adressée aux pays du G7, invitant les gouvernements à agir pour respecter l’accord de Paris.

L’élection présidentielle française offre une « immense occasion d’insuffler de l’énergie dans le processus de discussion », veut croire Simone Borg, au nom de la présidence maltaise de l’Union européenne. De l’énergie, les 197 délégations de la CCNUCC vont en avoir besoin, jusqu’à la fin de la session de Bonn, jeudi 18 mai, pour mener à bien leurs travaux.

Mesures opérationnelles

« De nombreux dossiers d’ordre technique et pratique sont au menu de cette session », concède Patricia Espinosa, la secrétaire exécutive de l’institution onusienne établie dans la cité rhénane. Sur un plan plus global, il s’agit d’avancer sur le « rule book », autrement dit sur le manuel de mise en œuvre de l’accord de Paris, que la communauté internationale était convenue de formaliser d’ici à décembre 2018 lors de la COP22, à Marrakech.

Entré en vigueur pendant la conférence marocaine de novembre 2016, ratifié à ce jour par 144 États, l’accord diplomatique scellé à Paris pour limiter la hausse de la température moyenne « bien en deçà de + 2 °C » et « si possible à + 1,5 °C » par rapport à l’ère industrielle, doit désormais se décliner en mesures opérationnelles.

Les délégués, plongés pour deux semaines dans la bulle des négociations, tenteront de se mettre d’accord sur le contenu du « dialogue facilitateur » programmé en 2018, conçu comme un bilan intermédiaire des trajectoires des pays (un bilan mondial est prévu en 2023). Certains pays, notamment la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, pourraient profiter de cette étape de 2018 pour relever leurs objectifs de lutte contre le réchauffement, et inviter leurs partenaires à réviser, eux aussi, leurs ambitions climatiques. Les engagements actuels des pays conduisent à une hausse de 3 °C du thermomètre mondial.

Dans l’intimité des réunions informelles de Bonn, dont sont exclus les médias, les délégués rouvriront aussi l’un des dossiers les plus lourds des négociations : la comptabilisation des financements climat. « Les finances, c’est la colle qui maintient dans la discussion toutes les parties prenantes », ironise Brandon Wu, de l’ONG américaine Christian Aid. Car la promesse faite en 2009 à Copenhague par les pays développés de mobiliser au moins 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 en direction des pays du Sud fragilisés par le dérèglement climatique n’est toujours pas honorée.

Dans une expertise publiée en octobre 2016, l’OCDE avançait le chiffre de 67 milliards de dollars annuels d’aide publique déjà sur la table. Selon la part variable de l’apport du secteur privé, ces flux financiers pourraient atteindre entre 77 milliards et 133 milliards de dollars en 2020, évaluaient alors les experts de l’OCDE.

Doute sur la contribution américaine

Cette bataille de chiffres est décisive pour de nombreux pays en développement, pour lesquels l’argent nécessaire au financement de l’expertise technique et des plans d’action climat fait défaut. Elle prend une tournure criante plus encore cette année avec la nouvelle administration en place à Washington. Donald Trump a prévu de baisser drastiquement les contributions financières des États-Unis à plusieurs organes multilatéraux, dont la CCNUCC ou le Fonds vert pour le climat, que Washington devait abonder à hauteur de 3 milliards de dollars (le fonds a reçu jusqu’ici 1 milliard de l’administration Obama).

Un autre enjeu de la session de Bonn sera de poursuivre les discussions engagées à Marrakech sur le fonds d’adaptation. Issu du protocole de Kyoto, cet instrument financier, d’une enveloppe limitée (depuis 2010, il a contribué, à hauteur de 337 millions d’euros, au financement d’une cinquantaine de projets), n’en demeure pas moins une manne à laquelle les pays du Sud souhaiteraient accéder plus facilement.

De son côté, le secrétariat de la Convention-cadre compte interpeller les États donateurs sur les impératifs budgétaires liés à la prochaine conférence climat, organisée en novembre à Bonn, sous présidence fidjienne. Premier petit État insulaire à piloter une COP, les Fidji ne peuvent se passer du soutien matériel et logistique de la CCNUCC. Consciente des « enjeux financiers nationaux » de nombre de pays membres, Patricia Espinosa ne désespère pas de trouver « l’équilibre délicat » qui permettra de financer la préparation et le bon déroulement de la COP23.

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 09:04

D'importantes fuites de méthane sur des puits de gaz de schiste en Colombie-Britannique ont été mises au jour par des chercheurs canadiens. Ces derniers mettent en cause les estimations des pétroliers. Mais quid à l'échelle mondiale ? Par Eric Serres le 10 mai 2017 pour l’Humanité.                                              Lire La hausse rapide du méthane alarme les climatologuesClimat : à Bonn, négociations techniques et incertitude politique et Lettre ouverte au Président de la République sur la place de l'écologie dans le futur gouvernement.

Émission d'hydrocarbures à Watford City (Dakota du Nord), aux États-Unis. Jim Wilson/The New York Times-Redux-Réa

Émission d'hydrocarbures à Watford City (Dakota du Nord), aux États-Unis. Jim Wilson/The New York Times-Redux-Réa

Alors que l'Agence océanique et atmosphérique américaine (Noaa) annonce que le sol de la toundra en Alaska émet davantage de dioxyde de carbone (CO2) qu'il n'en capture, une étude effectuée par des chercheurs de l'université Saint-Francis-Xavier (Nouvelle-Écosse) révèle que plus de 100 000 tonnes de méthane, autre gaz à effet de serre, provenant des puits de pétrole et de gaz, s'échapperaient annuellement dans l'atmosphère du territoire de la Colombie-Britannique. Soit, d'après leurs calculs, l'équivalant d'un million de voitures supplémentaires circulant dans une province comptant 4,631 millions d'âmes. Un pavé dans la mare du gouvernement canadien, qui dit vouloir atteindre au plus vite les cibles de réduction fixées par les accords de Paris. Mais un pavé aussi dans celle de l'industrie pétrolière et gazière canadienne qui, au même titre que les officines du gouvernement, aurait largement sous-évalué les estimations sur les fuites de méthane dues à la fracturation hydraulique. « Ces émissions sont sous-estimées depuis longtemps », explique Marc Durand, docteur-ingénieur en géologie appliquée et très impliqué dans la lutte contre les lobbies du gaz de schiste canadiens. « Les gouvernements provinciaux et fédéraux n'inspectent qu'à une distance de quelques mètres autour des têtes de forage sur certains sites. De plus, les puits abandonnés sont rarement inspectés, car on ignore souvent leur nombre et leur position exacte », continue-t-il, avant d'ajouter : « En outre, il y a aussi des fuites par failles qui peuvent rejoindre les couches soumises à la fracturation hydraulique. Pour cela, il n'y a eu que peu de relevés. »

Le lobby du pétrole « made in USA »

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de l'université Saint-Francis-Xavier n'ont pas lésiné sur les moyens : 8 000 kilomètres parcourus de long en large, deux années de travaux ­ entre 2015 et 2016 ­, plus de 1 600 plateformes d'exploitation examinées sur le bassin de Montney (à l'est de la province), qui représente à lui seul 55 % de la production gazière de la province et où 80 % de l'extraction gazière est réalisée par fracturation hydraulique.

Bientôt publiés dans le journal scientifique Atmospheric Chemistry and Physics, les résultats appuient là où ça fait mal. Alors que l'industrie incriminée déclare 78 000 tonnes d'émissions de méthane, les mesures effectuées par les universitaires atteindraient les 111 800 tonnes par an. Étendu à l'échelle de toute la province, le volume actuel de gaz relâchés dans l'air serait donc 2,6 fois plus élevé que les émissions déclarées. De quoi inquiéter, mais pas seulement à l'échelle du Canada. Aux États-Unis, le même type d'enquête a été mené avec des résultats similaires et parfois même plus inquiétants. En 2016, Alex Turner, chercheur à l'université Harvard, avait établi, à l'aide de prises par satellite et par spectrométrie infrarouge, une carte des émissions de méthane aux États-Unis. Curieux hasard, les zones les plus émissives se trouvaient dans le centre et le sud-est du pays, là où sont exploités les hydrocarbures non conventionnels. À l'issue de son enquête, le chercheur pouvait ainsi affirmer que les émissions totales de méthane sur le territoire américain avaient grimpé de plus de 30 % entre 2002 et 2014. En Europe, dès 2012, la Commission européenne, dans un rapport concernant les risques liés à la fracturation hydraulique, concluait que l'extraction par fracturation avait une empreinte écologique supérieure à l'extraction de gaz conventionnel et engendrait une quantité plus importante de gaz à effet de serre. Pourtant, face à ce danger, confirmé depuis par le premier bilan mondial des émissions de méthane établi début 2016, qui expliquait que sa présence était due, pour 21 %, à l'exploitation du charbon, du pétrole et du gaz, les obstacles pour en atténuer les effets ne cessent de s'accumuler. En février dernier, sous pression du lobby du pétrole « made in USA », l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a annoncé le réexamen d'une mesure de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour les secteurs pétrolier et gazier. À craindre que d'autres suivent cette voie.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 17:43

Alors que la conférence sur le climat s’est ouverte à Bonn lundi 8 mai, les scientifiques s’alarment : le taux de méthane, le deuxième gaz à effet de serre après le CO2, augmente à toute vitesse dans l’atmosphère. Par Claire Lecoeuvre le 9 mai 2017 pour Reporterre.                                                                           Lire aussi Climat : à Bonn, négociations techniques et incertitude politique et            Avec le méthane, la fracture pourrait être élevée, ainsi que                Lettre ouverte au Président de la République sur la place de l'écologie dans le futur gouvernement et Valérie Masson-Delmotte : « Défendre la science, ce n’est pas seulement pour le climat ».

La hausse rapide du méthane alarme les climatologues

La quantité de méthane dans l’atmosphère augmente de façon extrêmement rapide. Bien plus que prévu par les scientifiques. Un article publié en avril dans le journal Atmospheric Chemistry and Physics par un comité de 72 chercheurs fait état de cette augmentation inquiétante et de ses causes. Cette publication fait suite à deux articles publiés coup sur coup en décembre 2016 par la même équipe : l’un dressait l’inventaire mondial du méthane sur la période 2000-2012 tandis que le deuxième s’inquiétait du rôle croissant du méthane dans le changement climatique.

Après une stagnation entre 2000 et 2007, la concentration atmosphérique de ce gaz a crû chaque année de 5 partie par milliard (ppb/an). Les dernières données issues du réseau de référence de l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) indiquent que ce chiffre est passé à 12.7 ppb/an en 2014 pour redescendre jusqu’à 9.45 ppb/an en 2016.

« Au cours des années 2014 et 2015, la concentration de méthane (CH4) a augmenté à une vitesse inégalée depuis les années 1980, explique Marielle Saunois, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) et coordinatrice de l’inventaire mondial du méthane. La concentration de méthane dans l’atmosphère est actuellement plus de 2,5 fois plus importante qu’en 1750, avec 1.842 ppb (parties par milliards) en 2016. »

Évolution de concentration de méthane dans l’atmosphère, comparée aux scénarios de réchauffement

Évolution de concentration de méthane dans l’atmosphère, comparée aux scénarios de réchauffement

Des chiffres inquiétants : ils signifient que nous suivons le pire scénario du Giec (Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) qui prévoit une augmentation de 3,3°C à 5,5°C d’ici 2100. En effet, le méthane est le deuxième gaz à effet de serre en importance après le dioxyde de carbone (CO2), mais il est 28 fois plus réchauffant que ce dernier sur une période de 100 ans. Alors que la Cop23 aura lieu du 8 au 18 mai 2017 à Bonn, en Allemagne, les négociations oublient quasiment de prendre en compte ce gaz.

Il est vrai que l’une des grandes problématiques du méthane est qu’il n’est pas aisé de mesurer précisément ses émissions. Ni même de savoir d’où elles proviennent. Il existe en effet de nombreuses sources de ce gaz, et de nombreux puits de stockage. La première cause de sa production est la dégradation de la matière organique dans un milieu sans oxygène, un phénomène naturel. « Le méthane provient en partie de processus microbiens, diffus et donc difficiles à estimer », dit Marielle Saunois.

D’après les études du Global Carbon Project qui a publié le dernier inventaire mondial du méthane, 34 % de ses émissions proviendrait de l’agriculture et de la gestion des déchets, tandis que 36 % sont naturelles, dues en majorité aux zones humides puis aux lacs, océans et permafrost.

« L’autre source de méthane est lié à des fuites lors du dégazage naturel des sols et lors de l’usage de combustibles fossiles », poursuit la chercheuse. Rien que l’exploitation de combustibles fossiles comme par exemple le gaz de schiste causerait 19 % des émissions. Les données recueillies sur la période entre 2002 et 2012 montrent une augmentation continue des sources anthropogéniques. Et entre 2008 et 2012, les émissions proviendraient en majorité des tropiques et en particulier d’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud et de l’Est.

Le « budget » planétaire du méthane.

Le « budget » planétaire du méthane.

Alors quelle est la cause de la brusque et récente croissance des émissions de méthane ? Les scientifiques ne le savent pas encore. L’année la plus forte, 2007, a été marquée par un pic d’émission provenant d’Arctique. Ce phénomène marginal serait dû à des températures anormalement élevées. Pour la période qui a suivi, plusieurs hypothèses se développent. La plus importante, qui considère les nombreux scenarii déjà élaborés par d’autres scientifiques, suggère que ces émissions proviennent en majorité de l’agriculture et des déchets. L’équipe de Marielle Saunois estime dans l’article publié en avril que l’agriculture et les déchets contribuent ensemble à émettre 16 Teragrammes (soit 16 milliard de kg) par an, tandis que les émissions liées aux combustibles fossiles atteindraient environ 7 Tg/an.

Il est certain qu’une politique ciblant l’agriculture et la gestion des déchets aurait des conséquences positives. « Des actions auraient un effet rapide car le méthane ne reste pas longtemps dans l’atmosphère, dit Marielle Saunois, il a une durée de demi-vie de 10 ans environ » , c’est-à-dire que la moitié de sa quantité disparait en dix ans, beaucoup plus rapidement que ce n’est le cas pour le dioxyde de carbone.

Pour réduire les émissions de méthane, une part de la solution est de réduire la taille des élevages et de les nourrir à l’herbe.

Pour réduire les émissions de méthane, une part de la solution est de réduire la taille des élevages et de les nourrir à l’herbe.

Selon le rapport du 3e groupe de travail du Giec en 2014, l’agriculture et la foresterie représentent la première source d’émissions de gaz à effet de serre avec environ 24 % de l’ensemble. Derrière les nombreux articles sur les pets des vaches, aucune remise en cause ou modification de notre système agricole n’a vu le jour. Plusieurs propositions ont pourtant été étudiées par des associations ou par le Giec dans ses mesures d’atténuation. Ainsi l’institut Solagro a imaginé un scénario écologique d’utilisation des terres : Afterres 2050. Ce document préconise de réduire la taille des élevages, de favoriser le pâturage en plein air, et de nourrir les animaux à l’herbe. Cela réduirait en effet le temps de pré-digestion dans l’estomac des ruminants, et ainsi la fermentation qui produit des gaz comme le méthane. Pour la gestion des déchets, la méthanisation à petite échelle permettrait de récupérer et de transformer le méthane. Reste à voir si ces solutions seront mises en œuvre.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 11:27

Les grandes ONG environnementales comme la Fondation Nicolas Hulot, le Réseau Action Climat, WWF, France Nature Environnement et les Amis de la Terre interpellent le nouveau Président élu sur l'importance d'un grand ministère en charge du développement durable (avec un périmètre étendu, comprenant l'environnement/la biodiversité, l'eau, les transports, l'énergie, l'aménagement, la pêche/la mer et le climat). Un point important à suivre en vue de la composition du futur Gouvernement.    En complément, un article plus détaillé du World Wide Fund for nature du 9 mai 2017. Lire aussi Climat : à Bonn, négociations techniques et incertitude politique.

appel au nouveau gouvernement à mettre tout en œuvre pour accélérer la transition écologique © Global Warming Images / WWF

appel au nouveau gouvernement à mettre tout en œuvre pour accélérer la transition écologique © Global Warming Images / WWF

Monsieur le Président de la République,

Nos associations tiennent à vous féliciter pour votre élection à la Présidence de la République. Nous souhaiterions pouvoir vous rencontrer dans les meilleurs délais afin d’évoquer la feuille de route du quinquennat pour la transition écologique.

Dans cette attente, nous souhaitons dès maintenant vous faire part de notre avis sur le périmètre du ministère en charge de l’environnement.

L’organisation de l’État et de son gouvernement reflète l’ambition que se donne un pays. Comme vous le souligniez dans votre programme, « la transition écologique est une priorité pour aujourd’hui qui affecte tous les secteurs de la vie économique et sociale ».

La pertinence d'un grand ministère, avec à sa tête un ministre d’État, numéro deux dans l’ordre protocolaire, en charge du développement durable (écologie, biodiversité, climat et énergie, transport, logement et urbanisme, aménagement du territoire, pêche et mer) initié dans la dynamique du "Grenelle de l'environnement" a fait ses preuves et répondra à votre volonté d’un gouvernement resserré. De plus, des synergies institutionnelles fortes doivent être trouvées avec les ministères de la santé, du travail, de l'agriculture, des outremers, et enfin celui de l’économie tant leurs rôles et impacts sont essentiels pour l'environnement. Par ailleurs, vous aviez souligné dans votre programme l’importance d’une alimentation plus saine et avez annoncé la tenue d’États généraux de l'Agriculture et de l’Alimentation. Nous espérons donc que le futur gouvernement intégrera l’importance et la transversalité de cet enjeu, à la fois au niveau national et international.

De même, tout comme le Conseil National de la Transition Écologique est ouvert aux acteurs économiques et sociaux, la gouvernance doit être améliorée en ouvrant les instances de concertation des secteurs économiques et sociaux à nos associations environnementalistes, dans une logique de réciprocité d'ouverture.

Nous espérons que vous serez sensible à ces arguments et au symbole fort que représente ce large ministère. Nous rappelons notre fort attachement au dialogue environnemental et espérons que vous vous engagerez à le renforcer. Cela est indispensable pour répondre à "l'urgence écologique" que vous aviez rappelée au soir du 23 avril.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre très haute considération.


Michel Dubromel, président de FNE, représentée au Conseil National de la Transition Écologique

Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO

Gilles Asenjo, Président de Surfrider Foundation

Pierre Perbos, président du Réseau Action Climat

Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité

Cécile Ostria, Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot

Pascal Canfin, directeur général du WWF France

Florent Compain, président des Amis de la Terre

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Emmanuel Macron, élu Président de la République : quelles priorités en matière d'environnement ?

Le WWF France félicite Emmanuel Macron pour son élection à la Présidence de la République et appelle le nouveau gouvernement à mettre tout en œuvre pour accélérer la transition écologique.

Le WWF France attend un premier signal fort de la part du nouveau Président avec la constitution d’un large ministère avec à sa tête un ministre d’Etat, 2ème dans le rang protocolaire.

Ce ministère devra conserver la mer, la pêche et le transport dans son périmètre. Il devra inclure le logement, l’urbanisme et la construction comme ce fut le cas lors de la création de ce grand ministère en 2007-2012. Nous serons particulièrement attentifs à ce que le lien soit fait entre ce ministère et celui de l’Agriculture notamment sur les questions d’alimentation et pour la
future négociation de la Politique Agricole Commune, avec Bercy pour le financement de la transition écologique et avec les ministères de la santé et de l’agriculture pour les questions de « santé environnementale ». Lors des Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation prévus par Emmanuel Macron, c’est un travail commun entre les ministères de l’environnement, de l’agriculture et de la santé qui devra être réalisé.

Le 10 février 2017, Emmanuel Macron avait été le premier des candidats à l’élection présidentielle à participer au
#Pandalive du WWF France. Pendant 45mn le candidat avait répondu aux questions des 860 000 supporters du WWF France sur les réseaux sociaux. Le WWF France sera tout particulièrement vigilant à ce que les engagements annoncés à cette occasion soient respectés.

Concernant Notre-Dame-des-Landes, Emmanuel Macron avait annoncé une médiation de 6 mois. Le WWF France attend donc la nomination rapide d’un médiateur avec une lettre de mission contenant l’étude des alternatives au projet d’aéroport.

Le WWF France avait salué la volonté du candidat de maintenir les objectifs de la loi sur la transition énergétique. Ils doivent l’être. Pour sécuriser les emplois des salariés concernés, des dispositifs transactionnels et des politiques publiques d’accompagnement, tel que le contrat de transition écologique, devront être développés.

Emmanuel Macron avait déclaré lors du #Pandalive ne plus vouloir autoriser de nouveaux permis d’exploration et d’exploitation de pétrole et de gaz en France. Un moratoire existe déjà aujourd’hui pour les eaux françaises en Méditerranée et sur la façade Atlantique. L’extension de cette interdiction doit être confirmée pour protéger les eaux d’outre-mer et notamment en Guyane où Total ne se verrait donc pas autorisé à explorer les fonds et donc exploiter le pétrole qui pourrait s’y trouver.

Lors des Assises de l’Outre-mer que le Président a annoncé vouloir organiser rapidement, le WWF France veillera à ce qu’un modèle de développement économique durable soit proposé aux territoires d’outre-mer. L’argent public devra être investi de manière à soutenir l’emploi et la transition écologique et non être gâché en finançant des projets non soutenables tel que celui de la « Montagne d’or » en Guyane.

Enfin, lors du #Pandalive, le candidat avait pris position pour l’éintroduction d’ours dans les Pyrénées en rappelant « qu’on ne peut pas donner des leçons aux pays d’Afrique sur la protection des éléphants et, en France, ne pas être capables de vivre avec les loups, lynx ou ours ». Le WWF France veillera à la mise en œuvre rapide de cet engagement.

Emmanuel Macron a affiché lors de sa campagne sa volonté d’organiser des Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation Le WWF soutient cette initiative. La refonte du contrat entre les agriculteurs et la société sera l’une des tâches majeures du prochain président de la République car notre alimentation, nos paysages ou l’avenir de nos emplois agricoles sont un élément clé de notre contrat social, en France sans doute encore plus qu’ailleurs.

Le WWF attend du nouveau président de la République et du gouvernement une réelle volonté politique pour faire avancer l’ensemble de ces sujets sans faiblir face aux sirènes des lobbies. La prise en compte de l’environnement doit s’inscrire dans l’ensemble des politiques publiques.

Le premier test environnemental du Président sera sa capacité à endosser le leadership suffisant pour peser contre l’éventuel retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Il sera attendu à ce sujet lors des prochains G7 et G20 aux mois de mai et juillet.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:01

En Afghanistan, des archéologues explorent un vaste site bouddhiste qui sera détruit par l'industrie minière. Par Florence Evin et Julien Bouissou, (New Delhi, correspondance) le 5 mai 2017 pour Le Monde.

Vue du site de Mes Aynak, perché à 2 500 m, à 40 km au sud de Kaboul. Au premier plan, le monastère de Kefiriat Tepe

Vue du site de Mes Aynak, perché à 2 500 m, à 40 km au sud de Kaboul. Au premier plan, le monastère de Kefiriat Tepe

Quartier Montparnasse à Paris, chez Iconem, start-up spécialisée dans le patrimoine en péril, quatre jeunes ingénieurs sont au travail dans un silence religieux. Yves Ubelmann, le fondateur et patron, revenu de Kaboul (Afghanistan), est tout à son affaire devant un écran géant sur lequel défilent des images à couper le souffle d'un chaos de montagnes pelées couleur sable, sur lequel rien ne pousse. Ces photos ont été prises avec différentes techniques – avec un drone, au scanner laser, à la perche et au ras du sol –, à 40  kilomètres au sud de la capitale afghane, dans la province du Logar. A cet endroit, les sommets sont couronnés par les ruines des monastères bouddhistes de Mes Aynak, littéralement " Cuivre et source  d'eau " (Ier siècle av. J.-C. - VIIe siècle apr. J.-C.).

De ces vestiges, bientôt, il ne restera rien. Les moines s'étaient installés sur un trésor : probablement la deuxième réserve mondiale de cuivre, dont l'exploitation a été confiée à la Chine par les Afghans. " D'un montant global de8  milliards de dollars, le contrat a été remporté en  2007 par la compagnie chinoise China Metallurgical Corporation, écrit le 5  août 2009 Frédéric Bobin, correspondant du Monde. Il confirme les ambitions mondiales de Pékin visant à sécuriser à travers la planète les approvisionnements en matières premières nécessaires à sa croissante galopante. " Déjà, à cette date, Roland Besenval, directeur de la Délé-gation archéologique française en Afghanistan (DAFA), mort en 2014, s'alarmait : " Le site boud-dhique d'Aynak est embléma-tique ", son démantèlement constituerait une perte équi-valente " à la destruction des boud-dhas de Bamiyan " par les talibans en  2001.

Face à cette perspective, le gouvernement afghan décida de repousser l'exploitation du cuivre pour permettre la mise en place d'une campagne de fouilles. -Philippe Marquis, alors directeur (de 2009 à 2014) de la DAFA, fut chargé par le ministère afghan des mines de l'expertise scientifique et technique du projet de fouille. Le chantier commencé en  2011, qui a permis le dégagement d'une dizaine de monastères défensifs, bâtis comme des forteresses en nid d'aigle, est " la plus belle révélation archéolo-gique de ces 40  dernières années en Afghanistan ", selon Philippe Marquis.

Un des bouddhas à la robe au drapé doré à la feuille. ICONEM/MINISTÈRE AFGHAN DES MINES, DAFA

Un des bouddhas à la robe au drapé doré à la feuille. ICONEM/MINISTÈRE AFGHAN DES MINES, DAFA

Un relevé en 3D

Le conservateur en chef du patrimoine, aujourd'hui à -Paris, ajoute : " Il faut faire en sorte que le site puisse être livré à l'exploitation minière vierge de vestiges archéologiques, ces derniers devant être documentés et mis à l'abri autant que possible. Plusieurs milliers de statues ont été trouvées, puis transférées au Musée national à Kaboul, ou stockées sur place. " Un riche mobilier archéologique était encore en place, décors architecturaux, fresques, céramiques, monnaies, et même un trésor, de bijoux de perles et lapis-lazuli, qui a échappé aux pillages du début des années 2000.

" La menace d'un démarrage imminent de l'exploitation minière nous a obligés à aller vite, indique à Kaboul Thomas Lorain, secrétaire scientifique à la DAFA. Et nous a contraints à mener des fouilles de sauvetage plutôt que des fouilles programmées. La zone comprend une centaine de sites archéologiques. Ceux qui ont été étudiés en priorité se -situaient dans la “zone rouge” d'exploi-tation minière. " Celle-ci est très visible sur les photos aériennes d'Yves Ubelmann, par la couleur rougeâtre des scories de la première exploitation minière par les moines.

Aujourd'hui, il reste la moitié des crêtes montagneuses du secteur à explorer, sur lesquelles siègent plus de dix monastères avec leurs ateliers, entrepôts et zones d'habitat. Ces 4  kilomètres carrés perchés entre 2 300 et 2 500  m d'altitude sont difficiles d'accès et dangereux. Situé à une heure de Kaboul, Mes Aynak est en effet situé sur un axe qu'empruntent les talibans depuis le Pakistan voisin et où ils contrôlent de nombreux districts. On y accède sous escorte policière ; le site -lui-même est surveillé par une centaine de soldats.

Dans le local exigu d'Iconem, Yves Ubelmann dévoile l'ampleur des vestiges, grâce aux dizaines de milliers de photos rapportées depuis dix ans, leur traitement numérique par des algorithmes permettant d'obtenir un relevé en 3D de la zone archéologique. " On s'est lancé dans la construction d'un modèle hypercomplexe nécessitant beaucoup d'ingénierie avec un outil de visualisation très simple à utiliser ", explique Yves Ubelmann en pointant un détail, comme dans un jeu vidéo, pour " zoomer " sur un ensemble de bâtiments. Du survol du site, nous voici circulant dans les ruines, jusqu'à pénétrer virtuellement dans les chapelles et stupas en partie écroulés, comme si on visitait les lieux jusqu'aux moindres détails.

Puis, nouveau zoom dans le monastère de Tepe Kafiriat, jusqu'aux sculptures de l'âge d'or de l'empire Kouchan (Ier  siècle av. J.-C. - IIIe apr. J.-C.). Resplendit alors le large plissé rouge rehaus-sé de dorure à la feuille d'une robe drapant un bouddha debout de six mètres de haut, comme les figures monumen-tales polychromes en terre qui l'accompagnent. De place en place, le subtil feuilleté en plaques de schiste d'une stupa ; là un bouddha décapité, assis en méditation, dont la tête a été trouvée à proximité ; plus loin une statue dont il ne reste que les pieds, ou encore un squelette figé pour l'éternité dans ce climat très sec.

Le modèle en 3D est un support d'informations à enrichir sans fin, par des images prises sur le vif, et par les archives des archéologues, plans et relevés. " C'est une première mondiale en termes de quantité de données et de méthodologie ", affirme Yves Ubelmann. Documenter l'immense site bouddhique avant sa destruction est l'obsession de cet architecte passionné d'Afghanistan. " Le passage du drone a permis de repérer des monastères dans des décrochements très doux de la topographie, qui n'avaient jamais été identifiés ", note-t-il.

Nouvelles perspectives

Du Ier au Ve siècle, le cuivre est massivement extrait de Mes Aynak et transformé sur place. Les moines frappent monnaie et développent l'artisanat. Ont aussi été dégagés des autels du feu zoroastrien, les deux religions ayant probablement cohabité aux VIe et VIIe  siècles. Si l'exploitation du cuivre s'arrête au VIIe  siècle, certains monastères sont fréquentés jusqu'aux XIe ou XIIe  siècles. L'approvisionnement en combustible pour l'opération de chauffe du minerai a-t-il fait défaut ? L'arrivée de l'islam aurait-elle entraîné une recomposition des routes d'échanges ?

" Ces questions ouvrent de nouvelles perspectives, souligne Philippe Marquis. Le bouddhisme accompagne le développement économique, les monastères jouent le rôle d'un réseau bancaire à longue distance. C'est la première fois que l'on comprend le lien très étroit entre pouvoirs religieux et politique, ainsi que le fonctionnement de ces communautés dans lesquelles le bouddhisme contrôle la matière première, les métaux, frappe monnaie au nom du souverain Kouchan et a les moyens d'une production artistique élaborée. " En témoignent les peintures murales et sculptures polychromes à la riche palette, dans le style local du Gandhara tardif, comme les décorations des maisons aux poutres sculptées.

" L'arbre qui cache la forêt "

Dans ce pays aux immenses ressources naturelles, " Mes Aynak pourrait être l'arbre qui cache la forêt. Il y a probablement des centaines de monastères de ce type, juge Philippe Marquis.  Mes Aynak a permis de comprendre que le bouddhisme afghan, ce n'est pas seulement des monastères, mais quelque chose de beaucoup plus complexe. "

Principal bailleur de fonds, la Banque mondiale a permis l'ouverture de la fouille en  2011 avec le ministère afghan des mines. " Mais l'ampleur du site archéologique a été sous-estimée ", souligne Rafael Sequeira, coordinateur international du projet archéologique Mes Aynak. Avec des spécialistes afghans formés sur le terrain par la DAFA et des équipes internationales, plus de six cents personnes ont travaillé sur le chantier. " L'Unesco assiste depuis un an le gouvernement afghan dans le cadre d'un programme d'archéologie préventive, de formation, documentation et conservation, qui pourrait être optimisé ", indique Maria Rita Aceitoso, représentante onusienne à Kaboul.

Vendredi 31  mars, les fouilles ont été suspendues et les bureaux scellés. Personne ne sait quand -elles vont reprendre. Il reste la moitié du secteur à explorer. Les Chinois sont-ils en train de renégocier le contrat de concession dans le fragile contexte sécuritaire qui règne sur place ? Pour l'heure, seul un baraquement bleu, cerné d'un haut mur, signale leur présence. Aucune route d'accès n'a été aménagée pour les travaux gigantesques à venir. Ni la voie ferrée promise aux Afghans, ni la centrale thermique qui devait alimenter Kaboul en électricité, ni l'unité de transformation sidérurgique, prévue elle aussi.

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