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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 15:21

(Suite et fin...)

3 – LA REDUCTION DES INEGALITES DE REVENU : UN CHOIX POLITIQUE SUSCEPTIBLE D’ACCROITRE LE BIEN-ETRE GLOBAL, ET UNE ALTERNATIVE NECESSAIRE DANS LE MONDE DE CROISSANCE FAIBLE QUI S’ANNONCE

La réduction des inégalités environnementales et l’accélération de la transition écologique par une fiscalité et des politiques publiques plus redistributives pourraient ne pas faire l’unanimité. Comme pour toute politique de transfert, la mise en oeuvre d’un tel projet risque de se heurter à l’opposition de ceux qui y perdent, dans le cas présent les catégories de revenu les plus élevées. Pourtant, les pouvoirs publics ont deux bonnes raisons de promouvoir résolument une société où la croissance ne serait plus un préalable à toute amélioration du bien-être pour les individus, et où des efforts importants seraient conduits pour favoriser une répartition plus équitable des revenus.

Tout d’abord, la réduction des inégalités, si elle fait quelques perdants, est susceptible de générer des gains bien plus importants que ses pertes. En effet, au-delà des enjeux liés à la soutenabilité environnementale et énergétique d’un modèle de développement exclusivement tourné vers la croissance du revenu, le lien entre revenu et bien-être n’a rien d’évident, et se trouve aujourd’hui questionné par de nombreux travaux23. L’analyse des contributions les plus récentes invite clairement à relativiser l’impact positif de la croissance économique sur le bien-être des individus, du moins dans les pays les plus riches. Ces travaux montrent en revanche que les inégalités de revenus rendent généralement les individus moins satisfaits de leur propre situation.

Dès 1974, Easterlin24 s’étonne de ce que dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis, la forte croissance du PIB par habitant depuis la Seconde Guerre mondiale ne s’accompagne pas nécessairement d’un accroissement du bien-être subjectif, ou encore du bonheur déclaré, de la population. Les données plus récentes vont dans le même sens : alors que le PIB par habitant s’est sensiblement accru du début des années 1970 au début des années 2000 aux Etats-Unis et en Europe, le niveau moyen de bien-être déclaré dans les enquêtes conduites pour mesurer le bonheur ou la satisfaction des citoyens reste extrêmement stable.

Si les résultats précédents semblent souligner que pour un pays donné, la croissance du revenu dans le temps n’est pas nécessairement associée à une amélioration du bien-être perçu par la population, le constat est tout autre lorsque l’on compare, pour une année donnée, des individus ayant des revenus différents : les plus riches déclarent systématiquement un niveau de bien-être plus élevé que les plus pauvres, et ce que l’on considère des individus appartenant à des classes de revenu différentes au sein d’un même pays (Layard et al., 2010, Stevenson et Wolfers, 2008)25 ou des individus vivant dans des pays aux revenus par habitant très différents (Deaton, 2008, Stevenson et Wolfers, 2008)26.

Il y a donc là une forme de paradoxe, connu sous le nom de « paradoxe d’Easterlin », que de nombreux économistes ont cherché à expliquer (Clark et Senik, 2008 ; Clark et Senik, 2010). Trois types d’explications permettent d’en rendre compte.

Tout d’abord, l’impact du revenu sur le bien-être individuel n’est pas homogène. Le lien positif entre revenu disponible et bien-être subjectif devient de plus en plus ténu au fur et à mesure que le revenu augmente (sans nécessairement disparaître), suggérant une forme d’effet de « satiété ». Certains vont même jusqu’à mesurer une baisse de bien-être au-delà d’un certain niveau de revenu, ce résultat ne faisant néanmoins pas consensus (Proto et Rustichini27). Pour les plus pauvres, une hausse du revenu disponible permet en effet de satisfaire certains besoins qui contribuent grandement à leur bien-être ; cette contribution de l’argent au bonheur individuel tend cependant à diminuer au fur et à mesure que ces besoins sont couverts (cf graphique ci-dessous).

 

Figure 2 : Comparaison du PIB par habitant (axe des abscisses) et du bonheur subjectif (axe des ordonnées) dans différents pays du Monde.

GDP per capita bonheur 

Source :Inglehart et al., 200828

 

Par ailleurs, cet effet de satiété est renforcé par un « effet d’habitude ». Les individus adaptent leurs attentes et leur référentiel au fur et à mesure que leur revenu s’accroît (Clark, 1999)29.

Enfin, le bien-être subjectif comporte une forte dimension comparative. Les individus n’évaluent pas leur satisfaction à l’aune de leur seule situation, mais aussi à celle de leurs voisins, de leurs collègues, de leur famille, de la population de leur pays. Beaucoup d’études montrent ainsi que la satisfaction individuelle, à revenu donné, est négativement corrélée au niveau de revenu du groupe de référence (Clark et Oswald, 1996 ; Blanchflower et Oswald, 2004 entre autres)30. Ce lien négatif entre bien-être individuel et revenu des autres n’a rien d’évident : le revenu du groupe de référence pourrait en effet être perçu comme une source d’information sur le niveau de richesse que chacun peut atteindre dans le futur (Hirschman et Rotschild, 1973)31. Mais cet effet informationnel a d’autant moins de chance d’être perçu positivement que l’on vit dans une société où la croissance et la mobilité sociale sont faibles, les places étant alors figées et les opportunités d’ascension peu nombreuses (Alesina et la Ferrara, 200532 ; Clark et Senik, 2008). Dans ce cas, les inégalités réduisent le niveau de bien-être subjectif des individus. 

Effet de satiété, effet d’habitude et dimension comparative du bonheur permettent de comprendre pourquoi, dans de nombreux pays développés où les inégalités se sont fortement accrues au cours des décennies passées, la croissance du revenu ne s’est pas nécessairement accompagnée d’une augmentation du bien-être subjectif des individus.

En revanche, au vu des résultats mis en lumière, il semble que les questions de redistribution devraient être au coeur des politiques conduites par des gouvernements soucieux d’accroître le bien-être de leurs administrés.

En effet :

A. Les gains en termes de bien-être s’amenuisant au fur et à mesure que le revenu augmente, des politiques opérant des transferts des plus riches vers les plus pauvres sont susceptibles d’accroître le bien-être global de la population : les pertes éventuelles de bien-être subies par les contributeurs seront plus faibles que les gains réalisés par les bénéficiaires de ces politiques. L’acceptabilité politique de cette redistribution plus forte des revenus n’est pas assurée, et nécessiterait un travail de pédagogie et de mise en perspective. Il est toutefois intéressant de noter que la réforme du système fiscal proposée par Landais et al. (2011)33 est calibrée pour obtenir des recettes fiscales identiques (la pression fiscale totale restant donc constante) avec un impôt plus progressif : 14% des ménages seulement verraient leur impôt augmenter. Un gouvernement progressiste soucieux d’accroître la redistributivité de l’impôt a donc des marges de manoeuvre pour mettre en place une réforme fiscale qui diminue le revenu d’une petite fraction des ménages seulement et qui soit ainsi susceptible de réunir un consensus relativement large au sein de la population.

B. Compte tenu de la dimension comparative du bien-être, de fortes inégalités de revenus sont génératrices de souffrances et tendent à faire baisser le niveau de satisfaction général au sein d’un pays.

Il est important de noter que ces tendances ne se limitent pas au lien entre bien-être subjectif et revenu. Le constat est le même lorsqu’on utilise d’autres indicateurs plus « objectifs » de bien-être. Les épidémiologistes Richard Wilkinson et Kate Pickett34 se sont en particulier intéressés aux déterminants de la qualité de la santé publique et de la cohésion sociale, en s’appuyant sur de nombreux indicateurs (maladie mentale, espérance de vie, taux de mortalité infantile, obésité et maternité précoce pour la santé publique ; niveau de confiance, réussite scolaire des enfants, homicides, taux d’incarcération et mobilité sociale pour la cohésion sociale). Comme le montrent les deux graphiques ci-dessous, l’indice de problèmes sanitaires et sociaux semble faiblement corrélé au niveau de richesse dans les pays développés. En revanche, les pays les plus inégalitaires semblent clairement souffrir de problèmes sanitaires et sociaux en moyenne plus importants. 

Figure 3 : Comparaison de l’indice des problèmes sanitaires et sociaux avec le niveau de revenu par habitant dans les pays développés (figure au dessus) et les niveaux d’inégalités de revenus (figure en dessous).

pbs_sanitaires_sociaux-niveau_revenu_1sur2.JPG 

             

  pbs_sanitaires_sociaux-niveau_revenu_2sur2.JPG

                                               Source : Wilkinson et Pickett (2013)

 

Pour ces auteurs, la réduction des inégalités est aussi une condition pour assurer la soutenabilité environnementale de nos sociétés. Ils citent ainsi une politique à vocation égalitaire et potentiellement efficace pour réduire les émissions des gaz à effet de serre : fixer un quota d’émissions autorisées pour chaque habitant. Cette politique avait été étudiée par le gouvernement de Gordon Brown, mais a été abandonnée depuis par son successeur conservateur. Wilkinson et Pickett font aussi le lien entre inégalité et enjeux environnementaux à travers le consumérisme. Revenant sur le concept de « consommation ostentatoire » théorisé en 1899 par le sociologue et économiste Thorstein Veblen dans son ouvrage « Théorie de la classe de loisir », et repris récemment par plusieurs économistes à l’instar du Richard Layard ou Robert Frank35, ils soulignent que l’accroissement des revenus des plus riches provoque des insatisfactions pour le reste de la société, et favorise une surconsommation. La baisse des inégalités pourrait alors engendrer un « déplacement historique de la source de la satisfaction humaine : il s’agira de privilégier une société plus conviviale au détriment de la croissance économique »36. Une telle perspective apparaît alors comme une réponse efficace aux enjeux environnementaux. Elle favoriserait l’engagement collectif nécessaire aux changements de comportements comme décrit dans la partie 2. Elle faciliterait aussi la mise en place de politiques environnementales ambitieuses tant au niveau national que mondial. C’est aussi la conclusion de Marie Duru-Bellat dans son récent livre « Pour une planète équitable »37. Le coût de l’inaction concerne tout autant les risques environnementaux que la montée des inégalités au niveau mondial. Pour la sociologue, il apparaît donc indispensable d’organiser la société selon les principes de justice globale pour résoudre les enjeux environnementaux.

Enfin, la transition vers un modèle de développement qui ne soit pas exclusivement tourné vers la croissance risque fort de ne plus être à l’avenir une option dont il faudrait débattre, mais une obligation qui s’impose à nos gouvernements. En effet, nous ne connaîtrons certainement plus avant longtemps les taux de croissance des Trente Glorieuses. Alors que les pays de l’OCDE ont vu leur PIB par habitant augmenter de 4% en moyenne entre 1960 et 1974, ce taux est tombé à 1,7% entre 1974 et aujourd’hui. Si l’on adopte une perspective de très long terme, le PIB par habitant au niveau mondial est resté relativement stable jusqu’à la révolution industrielle où il a commencé à fortement augmenter en Europe. Les périodes prolongées de forte croissance correspondent en réalité à des phases de diffusion de technologies génératrices de gains de productivité importants ou à des phases de rattrapage, comme dans l’après-guerre, après la période atone de l’entre-deux-guerres et les destructions massives de la Seconde guerre mondiale. Une fois ces phases passées, il est difficile de maintenir des taux de croissance aussi élevés. De plus, dans nos pays développés, la tertiarisation des économies rend peu crédible le retour à des taux de croissance équivalents à ceux des Trente Glorieuses : les gains de productivité sont en effet bien moins importants dans les services que dans l’industrie. Par ailleurs, si les innovations technologiques actuelles, telles que les technologies de l’information, modifient durablement nos pratiques, les travaux étudiant l’impact des nouvelles technologies de l’information sur la productivité peinent à démontrer un lien de causalité robuste entre les deux. Dans les années 1980, alors que les ordinateurs se diffusaient, la productivité avait même d’ailleurs plutôt tendance à décélérer, notamment aux Etats-Unis, ce que l’on appelle parfois le « paradoxe de Solow ». Les travaux plus récents portant sur les Etats-Unis sont moins pessimistes mais en Europe, la croissance de la productivité ne semble toujours pas significativement corrélée à l’utilisation des  technologies de l’information par les entreprises. Pour certains, l’utilisation des nouvelles technologies devrait être accompagnée de changements organisationnels pour qu’elle affecte sensiblement la productivité38. 

Comme le souligne l’Iddri (2013)39, il semble donc bien que nous n’ayons pour seul choix que d’apprendre à prospérer dans un monde de faible croissance. Or les revenus du patrimoine s’en sortant mieux que ceux du travail dans de telles périodes, faible croissance et montée des inégalités vont généralement de pair (Piketty, 2013)40. Ainsi, alors que les inégalités de revenus ont commencé à croître aux Etats-Unis dans les années 1970, puis au Royaume-Uni dans les années 1980, on observe également une hausse des inégalités en France depuis la fin des années 199041. En France, entre 2000 et 2010, le revenu moyen annuel des 10% les plus pauvres a progressé, inflation déduite, de +5% (soit 400 €) tandis que celui des 10% les plus riches a progressé de +19% (soit 8 950 €). Les chiffres sont encore plus frappants lorsqu’on se concentre sur les très hauts revenus : entre 2004 et 2010, les 0,01% les plus riches ont vu leur revenu moyen annuel progresser de +32% (soit 178 900 €).

De fait, les systèmes fiscaux des pays développés, dont la France, s'avèrent de plus en plus inégalitaires, en raison d'une vision du monde reposant sur un certain nombre de mythes aujourd’hui démentis. Prenons par exemple le mythe du « ruissellement » (trickle down) selon lequel les bénéfices de la croissance redescendraient en pluie vers l’ensemble de la société. Comme le montre J. Stiglitz (« Le prix de l'inégalité »), la concentration de richesses aux mains des 1 % les plus riches ne se traduit pas par le développement d'activités bénéficiant au plus grand nombre (création d'emplois, circulation de richesses, etc.) mais par le développement de rentes, rentes de plus en plus élevées, et notamment par leur immobilisation dans des placements financiers aux maigres retombées sociales et productives. Dans le même esprit, un document de travail récent du FMI montre que les pays plus égalitaires croissent plus vite et plus longtemps que les pays inégalitaires. En distinguant les inégalités avant et après redistribution, les économistes de l’institution financière mondiale montrent par ailleurs que les politiques redistributives n’ont pas d’impact négatif sur la croissance42. Face à l’aggravation des inégalités, de plus en plus d’économistes réagissent et préconisent des mesures radicales pour réduire les inégalités de revenus et de patrimoine.  

Il faut alors agir en amont et en aval de la production des inégalités. En amont, en agissant à la source sur la fixation des revenus en renforçant le dialogue social à tous les niveaux : au niveau social, à l’échelle des branches, mais aussi au niveau international et au sein des entreprises. A ce titre la diffusion de la responsabilité sociale dans les entreprises, tant dans les multinationales que dans l’ensemble du tissu économique, ainsi que le renforcement de l’économie sociale et solidaire et des pratiques démocratiques inspirées des coopératives, pourraient faire favoriser la réduction des écarts de salaires. Il faut aussi agir en amont grâce à la redistribution fiscale, par une fiscalité plus juste et plus efficace pour assurer des ressources minimales pour tous et aussi pour mettre un coup d’arrêt à l’inflation galopante des revenus des plus riches. 

Que ce soit par conviction écologique, éthique de vie ou réalisme, nous devons donc absolument préparer l’avenir en remettant en place des politiques redistributives. Concevoir de nouvelles manières de prospérer et de réduire les inégalités constitue deux impératifs auxquels les responsables politiques se doivent de répondre dans les décennies qui viennent.

 

CONCLUSION

L’analyse des contradictions et des divergences possibles entre les objectifs de protection de l’environnement et de lutte contre les inégalités débouche sur deux enseignements :

• Tout d’abord, en raison du lien largement analysé entre inégalités économiques et sociales et dégradations environnementales, il existe de grandes complémentarités à rechercher entre les politiques de réduction des inégalités sociales et les politiques nécessaires à la transition écologique. Par de nombreux aspects, la réduction des inégalités apporte une réponse aux principales limites, craintes et critiques que l’on peut formuler à l’égard de la transition écologique.

• Alors que les perspectives de retour d’une croissance forte sont très incertaines, des politiques volontaristes pour réduire les inégalités apparaissent nécessaires pour maintenir un niveau de bien-être élevé. Il est possible de mener dès maintenant des politiques publiques qui s’appuient sur une volonté affichée de réduire les inégalités tout en promouvant des objectifs environnementaux ambitieux. Des propositions opérationnelles pour les politiques publiques seront approfondies dans les futurs travaux du pôle économie verte de Terra Nova.

 

Notes :

23 On parle ici de bien-être subjectif, tel que mesuré dans des enquêtes cherchant à appréhender le niveau de satisfaction des personnes interrogées auxquelles on demande de noter, sur une échelle donnée, leur « niveau de bonheur ». Le Gallup World Poll fournit par exemple de telles données pour de nombreux pays.

24 Easterlin R., 1974, « Does Economic Growth Improve the Human Lot ? Some Empirical Evidence », in P.A. David et M.W. Reder, eds, Nations et Households in Economic Growth, p 89-125, New-York, Academic Press.

25 Layard R., G. Mayraz et S. Nickell, 2008, « The Marginal Utility of Income », Journal of Public Economics, 92, 1846-1857. Stevenson, B., et J. Wolfers, 2008, « Economic Growth and Subjective Well-Being: Reassessing the Easterlin Paradox », Brookings Papers on Economic Activity, Spring.

26 Deaton, A., 2008, « Income, Health and Well-Being around the World: Evidence from the Gallup World Poll ». Journal of Economic Perspectives, 22, 53-72.

27 Clark, A. et C. Senik, 2010, « Will GDP growth increase happiness in developing countries? », (with Claudia Senik), in Robert Peccoud (Ed.) Measure For Measure: How well do we Measure Development ?, Paris: STIN, (2011), pp. 99-176. Proto E., Rustichini A., 2013, « A Reassessment of the Relation Between GDP and Life Satisfaction », PLOS one.

28 Inglehart, R., R. Foa, C. Peterson et C. Welzel , 2008, « Development, Freedom, and Rising Happiness: A Global Perspective (1981–2007) », Perspectives on Psychological Science, 3, 264-285.

29 Clark, A.E. (1999). « Are Wages Habit-Forming? Evidence from Micro Data », Journal of Economic Behavior and Organization, 39, 179-200. 

30 Clark, A.E., et A.J. Oswald, 1996, « Satisfaction and Comparison Income », Journal of Public Economics, 61, 359-81. Blanchflower D.G. et A. Oswald, 2004, « Well-being over time in Britain and the USA », Journal of Public Economics, 88, 1359-1386.

31 Hirschman, A. et M. Rothschild, 1973, « The Changing Tolerance for Income Inequality in the Course of Economic Development », Quarterly Journal of Economics, 87, 544-566.

32 Alesina, A. et E. La Ferrara, 2005, « Preferences for Redistribution in the Land of Opportunities », Journal of Public Economics, 89(5-6), pp897-931. 

33 Landais, C., Piketty, T. et E. Saez, 2011, Pour une révolution fiscale Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle, Le Seuil/République des idées.

34 Wilkinson, R et Pickett K, 2013, Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, Ed. Les petits matins.

35 Voir notamment R. Layard, Le prix du bonheur, Ed Armand Collin, 2007, et R. Frank, La course au luxe, ed. Markus Haller, 2010.

36 Willinson et Pickett (2013) ibid.

37 M. Duru-Bellat, Pour une planète équitable, La République des idées, 2014. Voir aussi son interview pour le think tank de la Fondation Nicolas Hulot : « Pour une planète équitable, l’urgence d’une justice globale : entretien avec

Marie Duru-Bellat », janvier 2014.

38 M. Draca, R. Sadun, and J. Van Reenen, 2009, « Productivity and ICTs: A review of the évidence », The Oxford

Handbook of Information and Communication Technologies.

39 Demailly, D., Chancel, L., Waisman, H. et C. Guivarch, 2013, « Une société post-croissance pour le xxie siècle -

Peut-on prospérer sans attendre le retour de la croissance ? », IDDRI, Studies 2013/08.

40 T. Piketty, Le capital au XXIème siècle, collection « Les Livres du nouveau monde », Le Seuil, Paris, 2013.

41 World Top Income Database: http://topincomes.g-mond.parisschoolofeconomics.eu/

42 « Redistribution, Inequality, and Growth », J. Ostry, A. Berg et C. Tsangarides, IMF Staff Discussion Note SDN/14/02.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:47

En pleine bataille européenne autour des gaz de schiste, sortie en salle de Holy Field Holy War (Champ sacré, sacrée guerre), film calme et majestueux de Lech Kowalski sur la résistance des paysans polonais de Zurawlow contre le projet de forage de la multinationale Chevron. Récit et extraits vidéo du film, par Jade Lindgaard pour Médiapart, 26 mars 2014.

Depuis juin 2013, des paysans de l’est de la Pologne, près de la frontière avec l’Ukraine, bloquent un forage de Chevron. Sur les terres de la commune de Zurawlow, ils ont dressé un campement, et ont baptisé leur mouvement de résistance du nom d’« Occupy Chevron », en référence aux activistes qui avaient occupé des places dans les cités américaines en 2011. On peut voir ci-dessous la dernière photo en date diffusée par leur webcam (visible en ligne ici).

occupy_Chevron.png

Prise de vue depuis le campement d'Occupy Chevron.


Leur lutte est devenue emblématique des anti-gaz de schiste en Europe (voir par exemple ici un reportage vidéo diffusé sur Arte), parce que la Pologne est aujourd’hui l’un des principaux territoires de prospection des compagnies minières et pétrolières.

C’est dans ce contexte qu’est sorti en salle, mercredi 26 mars, Holy Field Holy War, un film calme et majestueux sur la résistance des paysans polonais de Zurawlow. Un an avant le début de la lutte d’Occupy Chevron, le documentariste Lech Kowalski avait longuement filmé les agriculteurs de cette région très rurale. Ils racontent leur désarroi et leur impuissance face à l’arrivée d’une agriculture industrielle qui pollue leur environnement direct par son usage excessif d’engrais, ses épandages gargantuesques de lisier, ses rejets de produits toxiques. Tout autour d’eux, l’air empeste désormais, et les abeilles meurent à petit feu, comme on le voit dans un premier extrait du film Holy Field Holy War (cf http://www.mediapart.fr/journal/international/260314/gaz-de-schiste-le-film-de-la-bataille-de-pologne)

Avant la bataille du gaz de schiste, c’était déjà la guerre à Zurawlow, un conflit larvé et totalement disproportionné entre de petites exploitations familiales, où un vieil homme travaille à la faux et en veste, et l’agro-industrie. Ce choc économique et culturel est raconté avec beaucoup de rage et d’émotion par les résidents de la commune, filmés longuement par Kowalski.
Cette micro-société déjà meurtrie voit un jour apparaître un nouvel ennemi : la colonne de camions vibreurs, mis en branle par des sous-traitants locaux de la multinationale américaine. Là encore, le cinéaste prend le temps de filmer au long cet événement qui prend vite la forme d’une catastrophe : riverains mis devant le fait accompli, chantage à l’argent promis par le pétrolier, absence des autorités polonaises, et incivilités multiples des opérateurs du forage, comme dans cette autre scène extraite du film, quand ils tentent de pomper sans autorisation l’eau d’un champ agricole (cf 2e extrait, http://www.mediapart.fr/journal/international/260314/gaz-de-schiste-le-film-de-la-bataille-de-pologne).

Une précédente version de ce film a été diffusée sur Arte l’année dernière sous le titre La Malédiction du gaz de schiste (lire ici le compte-rendu qu’en avait fait Ludovic Lamant). Elle alternait scènes tournées en Pologne et aux États-Unis, et reprenait les codes du reportage télévisuel, à commencer par la voix off.

Cette fois-ci, dans son format pour le cinéma, le documentaire se concentre sur Zurawlow, magnifiquement filmé, sans aucun commentaire de l’auteur. Il s’achève par une scène d’anthologie : une réunion d’information entre résidents et un représentant de Chevron qui tourne au vinaigre. D’abord silencieux, presque passif, le public comprend peu à peu à quel point il se fait rouler dans la farine par le pétrolier. Une voix de protestation s’élève, puis une autre, encore une autre. Généalogie d’une révolte.

Il faut rappeler qu'en Pologne, une cinquantaine de forages ont déjà été réalisés. Une première extraction, à titre expérimental, a été conduite en juillet 2013. En mars dernier, le gouvernement polonais a décidé d'exonérer d'impôts jusqu'en 2020 les activités d'extraction de gaz de schiste. Les réserves du pays sont parfois estimées à entre 800 et 2 000 milliards de mètres cubes, mais ces chiffres sont contestés tant les évaluations pétrolières ont été contredites par les faits. Une compagnie basée à Dublin, San Leon – financée notamment par le milliardaire George Soros – a annoncé en début d’année être sur le point d’entamer la production du gaz de schiste en Pologne dans le but de le vendre, ce qui serait une première. Elle a installé un puits de forage dans le bassin baltique, au nord du pays. Elle compte commencer à exploiter ce gisement dès juillet prochain. « Si vous pouvez prouver que l’exploitation du gaz de schiste en Pologne est possible, cela ouvrira les portes dans d’autres pays », a déclaré son président à Reuters.

La perspective d’exploiter ce gaz non conventionnel, dont les forages s’avèrent néfastes pour l’environnement (émission de gaz à effet de serre, pollution de nappes phréatiques, destruction de paysages…) mais lucratives pour ses exploitants aux États-Unis, fait l’objet d’une âpre bataille en Europe. La commission européenne multiplie les décisions favorables au recours au gaz de schiste : en janvier, elle a refusé d’établir un moratoire, et elle vient d’exempter les forages de toute obligation d’étude d’impact. Gunther Oettinger, le commissaire européen à l’énergie, ne rate pas une occasion de manifester son soutien au gaz de schiste. Chaque semaine ou presque, une tribune paraît dans les médias européens, sous la plume d’un patron, d’un scientifique ou d’un élu pour vanter les mérites des hydrocarbures à extraire de la roche mère. La bataille politique des gaz de schiste fait rage.

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 12:49

Une belle initiative se construit à Romainville avec Les Lilas, Le Pré Saint-Gervais …

grande-parade-metheque_affiche.jpg

L’association « un sur quatre » est un collectif d’habitants, de voisins, d’amis des Lilas, de Romainville, de Pantin et du Pré-Saint-Gervais. Nous organisons le 24 mai prochain, la première édition de la Grande Parade Métèque, qui traversera ces quatre villes. L’objectif est de valoriser, transmettre et partager les bienfaits de l’immigration, de clamer la fierté de vivre dans un pays riche de populations d’origines et de cultures différentes. Il s’agit de rappeler que l’égalité politique pour tous est un fondement de la République française.

« Pas besoin d'être français pour se sentir français, pas besoin d'être étranger pour se sentir étranger »

grande-parade-metheque_2.jpg

 

Tout le monde peut participer

La Grande Parade est soutenue par les municipalités des villes traversées, et par de nombreuses associations et ONG (le MRAP, RESF, la Ligue des Droits de l'Homme, les Amoureux au ban public, la Cimade, Migreurop …), le collège Gustave Courbet, le Conservatoire de Romainville, des artistes, des collectifs de sans-papiers, ...

grande-parade-metheque_3.jpg

La parade se veut légère et festive. Les citoyens ou collectifs pourront construire leur propre char et déguisements pour accompagner ceux réalisés par l’organisation (chars à motricité humaine, animale ou électrique uniquement).

->  Rendez-vous tous les samedis de 14h à 18h dans notre usine, au 39 rue Carnot à Romainville, vous y trouverez de l'aide, des conseils, des outils et des matériaux.

grande-parade-metheque_4.jpg 

La parade se terminera dans le Parc de Romainville et sera suivie d'un débat dans une Agora et d’un grand bal en soirée.

grande-parade-metheque_5_plan.jpg

Vous voulez en savoir plus ? La plaquette de l'évènement répond à toutes les questions.

 

Tout le monde peut participer ... À quoi servira la collecte ?

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/la-grande-parade-meteque

La totalité des contributions à notre organisation sont bénévoles : artistes de rue, musiciens, fabrication de chars, service d'ordre, logistique, intervenants à l'Agora ... La préfecture de Seine-Saint -Denis et la ville de Romainville nous ont accordé une subvention de 6000€ qui couvre les frais de fonctionnement courant pendant la préparation de l'évènement : énergie, outils, matériaux, assurances, déplacements, impressions ...

Il reste à charge de l'association la location d'un chapiteau et de tentes annexes (4500€), du matériel sono et l'éclairage (3000€) pour l'Agora et le Bal, les toilettes sèches (1000€), les T-Shirts pour les bénévoles (700€), la signalétique sur place (700€)... et des surprises.

Heureusement, nos artistes métèques associés, le dessinateur Rémi Malingrey, Amalia Rama, Ilona Mikneviciute, Eric Angenot et Damien Villière vous ont concocté de superbes contreparties pour nous aider à atteindre l'objectif !

Merci de votre aide !

Pour le collectif : Damien Villère (Président), Pierre Pezziardi (vice-président), Pascal Brame (Trésorier), 

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 18:13

Quelques lignes pour signaler un bel événement présenté par l'association qui l'organise

Carte de visite TPUV

TPUV organise régulièrement, sans soutien actuellement, des bourses aux vélos d’occasion très appréciées du public.
C’est aussi pour vous l’occasion de faire connaissance avec TPUV, de se renseigner sur les actions de l’association, sur les activités et services proposés, de faire marquer votre vélo et... d’adhérer si vous ne l’avez déjà fait.
>>>Calendrier des prochaines bourses aux vélos TPUV (https://www.facebook.com/pages/Association-Tous-pour-un-velo/135039463270413
Seuls les particuliers sont admis à proposer des vélos à la vente.

Dans le cadre du festival des utopies concrètes

Affiche-Festival-des-utopies-concretes-TPUV.jpg

Une bourse à vélo in situ est programmée ce 26 Avril 2014

au 33 rue de l'égalité aux Lilas.

L’organisation et le déroulement d’une bourse aux vélos est habituellement comme suit (informations données à titre indicatif : se référer au tract spécifique édité à l’occasion de chaque bourse) :

  • les vendeurs déposent leur vélo à vendre de 10h à 12h30

    • présentation obligatoire d’une pièce d’identité

    • Tous les types de vélo sont les bienvenus : femme, homme, enfant, vélo de ville, VTC, VTT.
      Mais attention : seuls seront acceptés les vélos en bon état.

    • prix de vente fixé d’un commun accord avec MDB

    •   TPUV remet au vendeur un bon de dépôt qui devra être présenté lors de la restitution du vélo ou du produit de la vente

  • la vente se déroule de 14h à 18h00

    • distribution des tickets à partir de 13h45

    • impossibilité d’essayer le vélo à l’intérieur de l’espace fermé de la bourse

    • paiement en espèces et chèque uniquement

  • les vendeurs récupèrent le produit de la vente (ou le vélo invendu) de 17h30 à 18h45

    • l’association garde 10% du prix des vélos vendus

    • les vélos invendus sont rendus gratuitement

    • les vélos invendus non réclamés après 19h seront donnés à l'association TPUV.

*Les vélos collectés en 2013/2014 par l'association TPUV seront également vendus ce jour.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 10:48

Dans le Politis_l_aveuglement.jpg de cette semaine…

Ce serait quoi, un « changement de cap » ? Ce changement de cap auquel se refuse obstinément François Hollande, et auquel Manuel Valls est peu enclin, c’est le moins qu’on puisse dire  ! Eh bien, ce pourrait être tout simplement ceci : tracer enfin les contours précis d’un véritable programme de transition énergétique, assorti d’un calendrier, une réflexion sur la réduction du temps de travail et un début de réforme fiscale. (…)

Pas vraiment une révolution puisqu’une mesure, au moins, figurait dans le programme de François Hollande : la transition énergétique. Une autre – la réforme fiscale – a déjà été agitée en période de gros temps par Jean-Marc Ayrault, mais n’a rien été d’autre pour l’instant qu’un hochet – ou un « effet d’annonce » pour Premier ministre en quête de points dans les sondages. La troisième, enfin, renvoie à toute l’histoire de la gauche, c’est une des revendications majeures des écologistes – mal comprise, mal adaptée en 1998 par les socialistes qui en ont fait la réforme des 35 heures. Cette gauche qui, depuis le XIXe siècle, s’est toujours battue pour la réduction du temps de travail et qui a curieusement abandonné cette revendication au moment où la technologie rend possibles les plus spectaculaires gains de productivité.

Chacun l’aura compris, nous n’avons pas voulu ici égrener un catalogue. Mais nos trois pistes ne sont pas anodines. Car toutes sont emblématiques d’une gauche moderne : l’écologie, la justice fiscale, le rapport au travail – et donc aux loisirs. Deux au moins sont créatrices d’emplois, tout en remettant en cause le dogme de la croissance. Mais toutes ces propositions auraient l’inconvénient de déplaire fortement aux commissaires européens, gardiens du temple libéral. D’où la recommandation préalable de l’économiste Philippe Légé, qui appelle le président de la République à revoir certains engagements européens de la France. Cela aussi était une promesse de campagne du candidat Hollande…

Denis Sieffert

Une première piste...

Une transition à gros bénéfices

Réduire les consommations, traquer le CO2, basculer vers les renouvelables, donner du pouvoir aux instances locales : une politique énergétique ambitieuse aurait d’importantes vertus économiques, écologiques et sociales.

Elle figure au nombre de ses promesses clés, il l’a répété lors de la conférence environnementale de septembre dernier puis de ses vœux 2014 : pour François Hollande, la loi sur la transition énergétique sera « l’un des textes les plus importants du quinquennat ». Huit mois après le Débat national sur la transition énergétique, dont l’une des conclusions est un excellent rapport du 21 mai 2013 « Quels coûts, bénéfices et financement de la transition énergétique ? », http://www.transition-energetique.gouv.fr/sites/default/files/dnte_gt4_rapport_projet_02b.pdf, il a pourtant fallu attendre la semaine dernière pour voir le ministre de l’écologie [Philippe Martin] qui pilote le processus, livrer ses premières propositions.

Idées-forces : la création d’un « budget carbone » fixant les les volumes d’émissions à ne pas dépasser lors des trois prochaines quinquennats, via une « stratégie nationale bas carbone », ou encore une programmation pluriannuelle de l’énergie. Plusieurs mesures sont à l’étude – efficacité énergétique, réforme du soutien aux énergies renouvelables, compétences des collectivités, révision de certaines prérogatives d’EDF, notamment dans le nucléaire.

 

Cependant, ces documents n’ont pas fait l’objet de discussions interministérielles, et ils pourraient être largement remaniés par la nouvelle équipe gouvernementale annoncée. D’autant plus qu’ils ne comportent encore aucun objectif : quels engagements de réduction du CO², quelle part pour les renouvelables, quel calendrier pour la réduction des consommations ?

Il y a urgence : le gouvernement compte faire bonne figure pour fin 2015, quand la France recevra le sommet annuel des Nations Unies sur le climat. Le projet de loi doit être présenté au conseil des ministres mi-juin pour un débat parlementaire à l’automne et une adoption espérée fin 2014.

Redoutant que le contenu ne soit pas à la hauteur, lassé des annonces contradictions et des tergiversations, un collectif de neuf organisations environnementalistes (dont le Réseau Action Climat (RAC), France Nature Environnement, Agir pour l’environnement, le Réseau pour la transition énergétique (Cler), la LPO,…) a pris la plume pour proposer le 26 février dernier un « VRAI projet de loi sur la transition énergétique » http://www.rac-f.org/Transition-energetique-Le-VRAI. Son ambition dépasse largement la réduction des émissions de carbone, priorité qui domine l’ébauche actuelle (et qui donne un rôle avantageux au nucléaire) : il entend livrer « une vision pour l’avenir de la France » avec des réponses durables aux problèmes du climat (diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050) et de l’approvisionnement énergétique, mais aussi des retombées économiques et sociales (http://www.rac-f.org/IMG/pdf/Vrai_Projet_de_loi.pdf).

Il s’agit de réduire fortement la facture des importations de combustibles fossiles (70 millions d’euros par an), de faire naître plus de 600 000 emplois d’ici à 2030, de sortir cinq à huit millions de Français de la précarité énergétique, de mettre en valeur les ressources des territoires (gisements éoliens, solaire, marin, etc…), de réduire la pollution de l’air, de réorienter des secteurs entiers de l’activité économique (transport, bâtiment…)

Et à dose d’utopie réduite : les rédacteurs ont voulu traduire concrètement les conclusions du Débat national sur la transition énergétique de 2013 – qui regroupait notamment des industriels, des syndicats, des représentants du gouvernement, des parlementaires, des scientifiques, des associatifs. « Notre document découle à 80 % de leurs propositions consensuelles, souligne Anne Bringault, chargée de mission pour le RAC et le Cler. Les 20 % restants résultent de nos propres arbitrages sur les points qui font débat ».

Sans excès non plus puisque, dans le domaine du nucléaire, il s’agit de programmer la fermeture de vingt réacteurs pour appliquer la promesse de François Hollande de ramener de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025.

Les autres grands objectifs de cette « vraie loi » : pour 2030, réduire de 45 % les émissions et de 35 % la consommation d’énergie, de porter à 45 % la part des renouvelables et à 750 000 par an les rénovations thermiques « haute performance » dans les logements.

 

Pour cela, les associations préconisent notamment le retrait du marché des appareils les moins performants (dans l’électroménager, notamment), l’obligation d’isoler lors de travaux importants dans un logement, l’abandon des grands projets autoroutiers et aéroportuaires, le soutien aux transports collectifs et à faible impact, la limitation de la vitesse sur route, la lutte contre l’étalement urbain en aidant à l’acquisition de logements neufs proches des dessertes collectives, la simplification des procédures et le maintien des aides financières pour les unités de production d’énergie renouvelable, l’élimination des avantages fiscaux aux énergies fossiles (20 milliards d’euros par an, dont les aides au diesel et au kérosène).

Ce texte alternatif envisage aussi une banque dédiée, qui délivrera des prêts à taux réduits pour les projets estampillés « transition énergétique ».

Patrick Piro

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 09:15

 Non_Tafta.JPG

Nous vous avons déjà parlé sur ce blog du grand marché transatlantique, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement appelé TTIP ou TAFTA, dans "L'Île-de-France ne sera pas soumise au grand marché transantlantique", http://leslilasecologie.over-blog.com/article-tarification-sociale-des-cantines-des-lycees-d-ile-de-france-qui-ne-sera-pas-soumise-au-grand-march-122596944.html ou dans « Le grand marché transatlantique ne doit pas se faire ! » http://leslilasecologie.over-blog.com/article-le-grand-marche-transatlantique-ne-doit-pas-se-faire-120895807.html, je vous avais alerté contre TAFTA, alias Europe Ecologie Les Verts appelle à participer à la manifestation organisée par le collectif Stop Tafta , dont fait partie EELV...

Le jeudi 10 avril à partir de 16h00 jusqu'à 19h00, 10 Avenue d'Iéna, 75116 Paris, métro Iéna.

Pourquoi ?  Ce 10 avril, le commissaire européen au commerce Karel de Gucht rencontre à huis clos une centaine de leaders financiers et économiques dans un luxueux hôtel du 16ème arrondissement, le Shangri-La, pour discuter du futur du commerce transatlantique. 

Du beau monde (http://www.development-institute.com/en/sitededie/47/transatlantic_trade/speakers), prêt à payer plus de 1400 euros le ticket d'entrée pour se tenir à jour des derniers secrets liés aux négociations… à l'abri du débat démocratique que nous exigeons depuis des mois. 

Nous serons donc là, dans la rue, pour faire du bruit et réclamer transparence et démocratie !

Et puis...

Le diable Tatfa 

à 19h30 à la Rotonde Place de la bataille de Stalingrad - comptez 40 minutes pour vous rendre au métro Stalingrad,

Meeting de lancement de la campagne européenne en Ile de France avec tous les candidats franciliens, et notamment Pascal Durand tête de liste francilien, Eva Joly, José Bové co-tête de liste européenne, Yannick Jadot, ...

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:03

 Absence de confiance des électeurs dans l’utilité de leur vote ?

Baisse du moral des ménages qui ne croient plus au retour de la croissance, et qui ne consomment plus ?

Abstention, absence de solidarité, nous assistons à un repli politique et économique sur son quant-à-soi qui fait la part belle aux extrémismes. La confiance se mérite.

C’est un peu ce que révèlent les derniers échanges entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts, au niveau local comme au niveau national : le désir des écologistes de faire passer de vraies réformes s’est révélé supérieur à l’attrait des postes, de maire-adjoints dans la municipalité comme de ministres dans le gouvernement. Alors on tord un peu la réalité pour faire croire que les écologistes sont des enfants gâtés qui refusent les cadeaux qu’on leur fait.

Et bien non !

On a bien cherché à nous acheter avec des indemnités d’élus et la notabilité qui va avec, mais ça n’a marché que pour ceux qui cherchaient leur intérêt personnel avant l’intérêt général, une minorité. Après deux ans ensemble au gouvernement, 4 ans à l’intercommunalité Est Ensemble, 6 ans à la mairie, quand nos partenaires nous refont les mêmes promesses non abouties dans le mandat précédent, on se dit qu’il y a quelque chose de pas clair, pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant ?

C’est ce qu’exprimaient ce week-end les interventions d’une ex-ministre, Cécile Duflot, de notre secrétaire nationale Emmanuelle Cosse, et les décisions prises à tête reposée par notre Conseil Fédéral, dont voici des extraits ci-dessous.                                                                                                     Pierre Stoeber

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Cécile Duflot  au Conseil Fédéral :

(…) D’où venions-nous ? Nous avons traversé 10 ans dans l'opposition, 10 ans qui ont suivi une date funeste pour la gauche : le 21 avril 2002. Ces dix années je les ai passées souvent ici, à la direction d'un parti écologiste d'opposition. Nous avons mis 10 ans à  reconstruire un espoir de changement.

Cet espoir, la nouvelle majorité n’avait pas le droit de le dilapider, de le mettre sous le boisseau, de l’enterrer sous les cendres de la déception et des promesses non tenues.

J’ai pourtant le sentiment que c’est ce qui a été en partie fait.

La sanction des électeurs le montre avec rudesse. La défaite aux élections municipales est sans précédent. C’est bien un cycle ouvert par les élections municipales de 1977 qui s’est refermé dimanche dernier. La gauche perd 155 villes. Le socialisme municipal a reçu des coups très importants, y compris dans des villes bastions comme Limoges, Quimper ou … Grenoble ! A n’en pas douter, l’effet domino de cette déroute électorale se fera de nouveau sentir. 

Au sortir des municipales, le Front National dirige dix municipalités, avec tout ce que cela représente d’échec pour les forces républicaines et pour les valeurs de notre pays. La situation politique du pays n’est pas bonne : elle est lourde de menaces. Alimenté par les affaires et la déception, le risque de délitement politique est plus important que jamais. Quelque chose se désagrège sous nos yeux, sans que beaucoup ne soient capables d’en prendre la mesure réelle.

Dans ce contexte de désolation le score des listes écologistes est plus qu’une consolation, il est un espoir et constitue le socle du renouveau des forces du changement. La différentiation positive des écologistes a été appréciée et comprise.  Beaucoup d’entre vous ont mené ce combat des municipales. Vous savez l’accueil qui nous a été fait, et vous savez aussi comment on a voulu nous caricaturer en opportunistes avides de postes ou en  beatniks irresponsables et capricieux.  Merci à vous d’avoir tenu bon sous la mitraille des préjugés et des quolibets.

 

Nous devons maintenant bâtir une nouvelle alliance citoyenne capable de poser les jalons d’une force écologiste majoritaire dans le pays.  Comment rendre possible cette perspective ?

D’abord en entendant la souffrance des citoyens qui se sont détournés des urnes, et la demande de changement de celles et ceux qui ont envoyé plus qu’un avertissement à la majorité.

Le changement de cap réclamé depuis des mois par EELV avait anticipé cette demande. Les électeurs l’ont confirmé. Le Président de la République a pourtant choisi de poursuivre dans la même voie. Il m’est avis que continuer à participer de cette coalition gouvernementale aurait été une manière de surdité.

 

On me dit, oui mais on nous a fait des propositions. Arrêtons-nous un instant sur ce point. François de Rugy les a énoncées : 

- réduction de la capacité nucléaire et donc nombre de réacteurs à fermer

- pas de nouveaux ÉPR

- pas de remise en cause gaz de schistes

- pas de remise en cause OGM 

- 100 députés à la proportionnelle

- Aéroport de Notre-Dame Des Landes (NDDL) 

- grand ministère de l'écologie à un EELV 

Il était dit-on très pro, un dossier de 8 pages, c'est dommage il en manquait 18 et cela aurait été un document  de novembre 2011 : "2012-2017 : socialistes et écologistes, ensemble pour combattre la crise et bâtir un autre modèle de vivre ensemble."

Sur la réduction de la capacité nucléaire et le nombre de réacteurs c'est précisé p. 16 : Un plan d’évolution du parc nucléaire existant prévoyant la réduction d’un tiers de la puissance nucléaire installée par la fermeture progressive de 24 réacteurs, en commençant par l’arrêt immédiat de Fessenheim et ensuite des installations les plus vulnérables.

Sur les nouveaux ÉPR c'est à la même page il est mentionné : "Dans ce cadre, le projet d’EPR de Penly, sera abandonné. Aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié."

Sur les gaz de schistes : là c'est page 17 : L’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels (gaz et huiles de schiste) seront interdits, les permis en cours seront abrogés et les importations découragées.

Sur les OGM , pour le coup c'est le ministre de l'agriculture - désormais porte-parole du gouvernement - qui toujours été limpide sur le sujet.

Sur la proportionnelle enfin c'est p.24 : « Afin que toutes les sensibilités politiques de notre pays soient représentées au Parlement, nous réformerons le mode de scrutin aux élections législatives : 100 députés seront élus à la proportionnelle sur une liste nationale ».

 

Il y avait deux autres propositions : l'abandon de NDDL et le grand ministère

Pour NDDL, je veux redire ici, que si les travaux n'ont pas débutes en 2012-2013, c'est bien parce que présents partout à Nantes, sur le terrain, dans les immenses manifestations et aussi au plus près de ceux qui prennent les décisions, nous avons agi en commun. Le moratoire de fait sur NDDL, il date du 24 mars 2014 de la signature de l'accord entre Pascale Chiron et Johanna Roland [ têtes de listes PS et EELV à Nantes]. La formule sur l'absence de travaux tant que les recours ne seront pas terminés est chacun le sait un arrêt du projet pendant de très nombreuses années, l'ACIPA ne s'y est pas trompée, et ce n'est pas un hasard si la décision de cette formulation a dû recevoir l'approbation du premier ministre d'alors Jean-Marc Ayrault. J'en tire la leçon que cela renforce ma conviction d'une double nécessité : l'autonomie des écologistes et le rassemblement avec la gauche. Merci aux nantis d'en avoir fait la démonstration.

 

Et il restait enfin un point le fameux grand ministère.  Disons-nous la vérité : il y a une vraie marge de manoeuvre dans un ministère mais elle n’existe réellement que si l'arbitrage se fait en votre faveur. La loi ALUR a été un bon exemple pour moi, personne n'imagine la somme de bagarres quotidiennes sur les yourtes, le financement de l'hébergement d'urgence, le commissariat général à l'égalité des territoires a fait basculé les décisions du bon côté. Cela a été possible aussi grâce à nos parlementaires et j'espère que leur accueil dans un mois sera à la hauteur de l'indéfectibilité de leur soutien pendant les deux ans qui viennent de s'écouler.

La proposition semblait tenir la route, et je comprends les regrets sincères de ceux pour qui la présence des écologistes au gouvernement était un point d'appui et une aide.Qu'ils sachent dans le futur l'exprimer plus fortement que ceux qui, à longueur de journées, se faisaient les thuriféraires de nos soi-disant trahisons. 

Alors était-ce une bonne proposition ? Optiquement, oui. Mais politiquement, quelles garanties avions nous après deux ans de gouvernement commun qu’elle serait appliquée ? Aucune, puisque le Président de la République a clairement indiqué que son cap ne varierait pas d’un pouce.

Jean-Vincent Placé a qualifié la rencontre avec Manuel Valls « de l’un des rendez-vous les plus politiques et les plus dignes que j’ai fait de ma vie ». Je ne peux lui faire aucun reproche, je suis celle qui a qualifié le discours du Président de la République à la conférence environnementale de septembre 2012 d' « historique  et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste. ». Mais j’ai payé pour savoir que pour certains, les mots ont vocation à rester des mots. Je fais le triste constat que c’est aussi cela qui a été sanctionné par les français dimanche : une politique ou le verbe compte plus que les actes.

A ceux qui disent que quittant mon poste de ministre j’ai davantage en tête mon destin personnel que notre avenir collectif, je réponds ceci. J’ai aimé être ministre. J’ai  passionnément aimé construire des compromis et inscrire dans le marbre de la loi les avancées que nous réclamions dans les manifs ! J’ai aimé batailler contre les coupes budgétaires et plaider inlassablement contre une vision purement comptable de la gestion de notre pays. Je veux te dire, Emma, que sans ton soutien, ton appui, ton amitié et ta capacité à me faire prendre de la distance quand les temps devenaient trop durs, je ne suis pas sûre que je serai allée jusqu'au bout. Si j’avais eu le sentiment qu’il était possible d’agir encore avec utilité au sein de ce gouvernement, ne doutez pas que j’aurai poursuivi dans cette voie.

 

La perspective d’avoir un - ou une - écologiste numéro 2 du gouvernement était alléchante pour nous tous. C’est le propre d’un appât que d’être alléchant. Mais je crois sincèrement que se jouait là quelque chose d’essentiel qui demandait à regarder au-delà du trompe l’œil proposé. Sans changement de cap, sans davantage de fermeté face aux lobbies, sans bras de fer avec Bruxelles, sans faire le choix d’une politique de relance écologique, la transition restera un mot creux, une opération de communication destinée à être vidée de son sens comme le fût jadis le Grenelle de l’environnement.

La politique est un combat collectif qui passe par la sagesse du compromis et la patience de la modération. Mais la politique provoque aussi ces moments de cristal où l'on est face à soi-même, seule, où il faut une réponse simple : oui ou non. Je n’ignore pas que c’est une réponse qui emporte avec elle beaucoup de conséquences. Je me tiens donc devant vous, avec toute la modestie causée par les interrogations qui traversent mon esprit, mais avec l'acier de mes convictions désormais trempé au bain de la pratique réelle du pouvoir.

Le pouvoir, les écologistes ont vocation à l’exercer pour faire prendre un autre cours à l’histoire de notre pays. Je continue donc plus que jamais de défendre le principe de la participation à un gouvernement et je souhaite un jour faire part de mon expérience aux quatre, cinq, dix  membres écologistes d'un futur gouvernement, dans un rapport de force différent et avec des partenaires plus désireux de conduire réellement une politique écologique, au-delà des postures de communication. (…)

Pas question pour moi, pour nous, de participer à une quelconque opposition de gauche.

Jean Luc Mélenchon et ses amis qui hier n’avaient pas de mots assez durs pour nous stigmatiser - et avait violemment attaqué la loi Alur par exemple -  semblent soudain touchés par la grâce et veulent nous embrasser comme du bon pain. Mais je veux dire ici une chose bien claire : je ne crois pas à la guerre des gauches. Et l’écologie politique ne servira jamais de variable d’ajustement ou d’idiot utile dans les règlements de compte entre les forces déclinantes  du productivisme.

(…)

-------------------------

Emmanuelle Cosse :

Cher-e-s ami-e-s du conseil Fédéral,

Je vous retrouve aujourd’hui après plusieurs semaines d’action politique.
Des semaines intenses de campagne électorale qui se sont conclues sur une discussion politique complexe sur notre participation gouvernementale.

Dimanche dernier, au soir des élections municipales, nous avons prouvé que l’écologie avait fait son retour dans les urnes. En effet, après avoir présenté un nombre record de listes autonomes écologistes, nous avons obtenu plus de 12% au premier tour des élections municipales, au même moment ou l’on constatait un reflux à gauche. Nous avons obtenu de très beaux scores dans de nombreuses villes et fait la démonstration que jouer l’autonomie aux élections locales était un gage de réussite.

Cet engagement pour l’écologie des solutions, l’alternative au quotidien, a porté de nombreuses maires écologistes réélus. Je pense évidemment à Stéphane Gatignon, Daniel Breuiller, Michel Bourgain, Jacques Boutault, Sylvie Couchot, et tant d’autres.

Cet engagement pour l’écologie s’est traduit également par une victoire inédite à Grenoble. Il ne peut pas être là aujourd’hui, mais je tiens à ce que nous félicitions tous chaleureusement Eric Piolle, nouveau maire de Grenoble. Grenoble, 160 000 habitants, dirigée par un écologiste ! C’est une première et une grande victoire !

(…)

Nous avons réussi notre pari aux élections municipales : nous voulions défendre notre projet et nos propositions, imposer la vision écologiste dans le débat. Nous voulions sortir du rapport de force défavorable dans lequel nous étions depuis la présidentielle. Ce pari est réussi, les résultats sont là.

Ce pari, nous avons réussi à le faire, malgré, il faut bien le dire, le sectarisme et l’hégémonisme de certains de nos partenaires. Dans quelques territoires, on les a vus, n’acceptant pas de voir leur royaume s’effondrer ou simplement être disputé. Pourtant, les chiffres et les additions sont clairs : sans nous, beaucoup de villes supplémentaires auraient été perdues par la gauche.

(…)

Mais notre lucidité doit nous conduire néanmoins à regarder aussi l’ensemble des résultats : la déroute socialiste est sans précédent, le Parti Communiste a perdu le quart de ses mairies. La vague à droite n’a épargné personne, pas même les écologistes.
Dans les six ans qui viennent, nous devrons continuer à être actifs, même dans l’opposition, pour ne pas voir remis à zéro les politiques ambitieuses auxquelles nous avions contribué: transports publics, alimentation bio dans les cantines, logements sociaux et abordables, nous savons toutes et tous que la droite locale n’aura de cesse de vouloir détruire ce que nous avions construit.

(…)
Cette déroute électorale, et la fracture démocratique qui s’est exprimée, auraient dû aboutir à un sursaut. Nous appelions de nos vœux depuis longtemps un changement de cap. L’intervention du Président de la République lundi dernier a montré qu’il n’avait pas eu lieu. C’est ce qui a conduit la direction du parti à prendre mardi une décision difficile : celle de ne pas participer au gouvernement Valls, malgré des propositions solides qui nous ont été faites.

 

Le Premier Ministre nous a fait une proposition simple : diriger un ministère de l’écologie, avec la tutelle sur l’énergie, afin de faire la loi sur la transition énergétique. Une loi qui acte la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique (50% en 2025). Pas de construction d’EPR, la fermeture de réacteurs. Pas de changement de ligne sur les OGM, ni sur les gaz de schiste. Une réforme de la décentralisation pour aboutir à 10 régions, la mise en œuvre de la proportionnelle et enfin, à demi-mots, la fin de NDDL.

Je l’ai dit, une proposition solide et sérieuse. Dans un contexte incertain et de méfiance. Nous avons dit non. Cette décision, nous l’avons prise après de longues discussions, d’une grande qualité, sans invectives ni ultimatums. Nous l’avons prise avec responsabilité et gravité.
Car refuser une telle offre, quand on souhaite diriger et gouverner, n’est pas évident. Mais comment croire à de tels objectifs après deux ans de rude bataille au sein du gouvernement ? Comment croire à une évolution sur le nucléaire quand le nouveau ministre de l’économie et celui des affaires étrangères en font des points de leur politique ? Comment avancer sur ces sujets quand la confiance n’est pas au rendez-vous ? Surtout enfin, comment participer à un gouvernement qui a fait le choix prioritaire de la baisse des dépenses publiques au profit exclusif des entreprises, quand, pour faire de l’écologie, il faut investir, et donc renoncer à l’orthodoxie budgétaire ? C’est là le paradoxe que nous n’arrivons plus à dépasser. Si on veut créer des emplois, réindustrialiser la France et l’Europe et faire la transition énergétique, nous devons investir dans l’avenir.

(…)

Nous continuerons à rappeler aux socialistes leurs promesses et leurs responsabilités. Nous ne laisserons pas être enterrés les engagements que François Hollande a pris devant les Français en mai 2012. Dans ou en dehors du gouvernement, nous continuerons à nous battre pour offrir à la société un projet de transformation écologiste. (…)

Car ce n’est pas l’échec d’EELV aujourd’hui, si nous sommes absents de ce gouvernement. C’est celui d’une majorité et d’un président de la République qui n’a jamais cherché à construire durablement une alliance. Je vous le dis, nous reviendrons un jour au gouvernement, pas pour nous faire plaisir, mais parce que la France a besoin d’écologie.

(…)

Si nous avons souhaité prendre du recul en attendant des actes, c’est avec fermeté mais avec l’espoir de voir, mardi prochain, un Premier ministre annoncer enfin une politique écologique et sociale. Et ce n’est pas de la confiance avec Europe Ecologie les Verts dont il s’agit, cela n’a pas grande importance. Non, ce qui compte, c’est la confiance avec les Française et les Français. En cela le vote de confiance n’est pas qu’un exercice parlementaire. Il faut le prendre à la lettre. Nous voulons, avec les Françaises et les Français, avoir confiance dans notre gouvernement, savoir qu’il va défendre les valeurs pour lesquelles le Président de la République a été élu : solidarité, justice et écologie. Nous attendons du Premier ministre des engagements clairs sur la transition énergétique. Nous attendons aussi qu’il clarifie ces projets en matière de décentralisation et que les erreurs grossières faites avec la loi métropole ne se répètent pas. Sans parler des dossiers majeurs pour les écologistes, NDDL, Cigeo, Europa City, la ferme des 1000 vaches, le Lyon-Turin, symbole d’une vision passéiste du progrès économique et social.

Je le dis au Président de la République et au Premier ministre, après le Pacte de responsabilité qui nous a divisé, nous voulons reconstruire un pacte de majorité. Redéfinissions ensemble les contours d’un nouvel accord qui nous rassemblera au service des Françaises et des Français.

(…)

La fracture démocratique qui s’est exprimée dimanche dernier appellera sans doute à une recomposition de la gauche. Mais je le dis à nos partenaires, notamment ceux qui font des adresses à notre conseil fédéral, pas plus que nous sommes le supplément d’âme des socialistes, nous ne serons celui de l’autre gauche. Nous sommes un parti écologiste, inscrit à gauche, qui a construit sa propre autonomie et sa propre vision du monde. Le choix n’est pas entre la social-démocratie et la petite injonction anti-austéritaire. La vraie alternative, c’est celle de l’écologie politique. (…)

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale

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Motion portant sur la position des écologistes quant au vote de confiance du gouvernement

En 2012, les écologistes ont fait le choix de soutenir Francois Hollande au second tour de l’élection présidentielle et de participer à la mise en œuvre de l'accord de mandature signé par EELV et le Parti socialiste.

Depuis, les orientations, notamment sur le plan de la politique économique et sociale, définies par le président de la République et mises en œuvre par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ont été avant tout déterminées par l'objectif de réduction du déficit public. Ce choix s'est fait aux dépens d'une politique volontariste en faveur de la nécessaire réduction des inégalités sociales et de l'engagement d'un nouveau modèle de développement non productiviste et respectueux de l’environnement.

Malgré les demandes répétées d'Europe Ecologie Les Verts en faveur d'un changement de cap et le signal envoyé par les Françaises et les Français à l'occasion des élections municipales de mars 2014, le Président de la République a confirmé, lors de son allocution annonçant la nomination de Manuel Valls comme nouveau Premier ministre, sa volonté de poursuivre une politique dictée par l’orthodoxie budgétaire et l'impératif comptable de réduction des budgets publics.

En conséquence, le Bureau exécutif d'Europe Ecologie Les Verts a pris la décision de ne pas participer au nouveau gouvernement.

Ainsi, considérant que le rôle du Conseil fédéral est de définir l'orientation politique générale d'Europe Ecologie les Verts et qu'il est demandé aux parlementaires écologistes de prendre en compte ces orientations dans le cadre de l'exercice de leur mandat,

 

 Le Conseil fédéral d'Europe Ecologie Les Verts réaffirme :

·         que la feuille de route du Président de la République confirmant la mise en œuvre de l'orthodoxie budgétaire portée par le TSCG et imposant une réduction brutale des dépenses publiques est incompatible avec la transition écologique ;

·         que la nécessité de la transition énergétique et environnementale passe par un programme d’investissement dans les filières d'avenir ;

·         la volonté des écologistes de voir mis en œuvre les engagements pris lors de la signature de l'accord de mandature avec le parti socialiste en 2011 ;

·         l'autonomie de l'écologie politique ;

·         que la confiance dans le gouvernement ne peut être accordée tant qu'une réorientation de la politique économique, sociale et environnementale n'aura pas été amorcée.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 09:56

Je vous propose de lire ces échanges en pensant à la stigmatisation qui s’est installée dans la société française envers les Roms, coupables de refus d’intégration à la société française – une idéologie reprise au plus haut niveau de l’État par l’ancien ministre de l’intérieur.            Pierre Stoeber            

 LE MONDE | 03.04.2014 | Propos recueillis par Nicolas Truong

Quels sont les ressorts psychiques, politiques et sociaux qui conduisent les hommes à devenir des tueurs de masse, qu’ils soient criminels de bureau ou tortionnaires de camp, grands ordonnateurs ou simples exécutants ? Comment comprendre le basculement dans la mécanique génocidaire, qui caractérise la barbarie nazie, la terreur hutu, le délire idéologique des Khmers rouges ? Le Monde a invité le cinéaste Rithy Panh, le journaliste écrivain Jean Hatzfeld et l'historien et politologue Jacques Sémelin, à croiser leur réflexion sur la dynamique génocidaire.

Peut-on dresser un profil type des tueurs de masse, lors de génocides aussi différents que ceux commis par les nazis, les Hutu ou les Khmers rouges ?

Rithy Panh On différencie trois types de bourreaux au Cambodge : ceux qui tuent de leurs propres mains, ceux qui délèguent et ceux qui instiguent. Les derniers sont souvent les plus pervers. À l’image de Douch, le directeur de la prison de Tuol Sleng et coresponsable du « santebal », la police politique, les instigateurs parlent plusieurs langues, maîtrisent parfaitement l’Histoire. Ce haut responsable khmer rouge a tout commandé, de la formation des bourreaux au processus d’effacement de toute trace d’humanité et d’histoire individuelle. Détruire le corps ne lui suffisait pas, il lui fallait détruire l’identité de ses victimes en leur faisant confesser des actes qu’ils n’avaient pas commis et auxquels, à force de torture, ils finissaient par croire.

Beaucoup ont également tué parce qu’ils croyaient aux mots simples et imagés utilisés dans les discours communistes. Ils comprenaient « détruire la bourgeoisie » dans un sens littéral et éliminaient effectivement les membres de la bourgeoisie. Je me suis rendu compte que créer un bourreau est bien plus facile que ce que l’on croit. Il suffit pour cela de donner le pouvoir et d’exercer la terreur simultanément sur un même individu. D’un côté vous lui donnez le pouvoir de vie et de mort, de l’autre vous l’écrasez et exigez de lui des résultats, et vous obtenez ainsi un redoutable assassin. Les têtes pensantes étaient, selon moi, les plus dangereuses, parce que les plus zélées.

Trente ans plus tard, on remarque que ce ne sont pas les moins éduqués qui ont le plus de mal à saisir les conséquences de leurs actes, mais les intellectuels. Ils n’arrivent pas à s’affranchir de quarante ans d’idéologie, ils se pensent toujours dans le cadre de l’exercice de la loi.

Jean Hatzfeld Un instituteur rwandais disait que la culture ne rend pas l’homme meilleur, mais qu’elle le rend plus efficace. Penser que les gens cultivés auraient pu être des garde-fous est parfaitement faux, ils se sont comportés exactement comme les autres. Toutefois, sur les collines du Rwanda, les choses se sont déroulées différemment. Les bourreaux tuaient en bande. Ils ont d’ailleurs été assez inégaux dans l’intensité des massacres ; certains, très enthousiastes au début, se sont rapidement lassés, et d’autres ont épousé le schéma inverse. Les tueries étaient parfois accompagnées de pillage. Était donc également en jeu un intérêt financier. C’était une sorte de rémunération, une récompense pour le travail accompli.

Ceux qui usaient beaucoup de la machette étaient prioritaires au moment des pillages. Mais il est difficile d’établir un profil type de tueurs. On dit souvent que les tueurs de masse sont des hommes ordinaires et ils l’étaient : c’étaient des agriculteurs, des commerçants qui n’avaient pas de passé extrémiste et n’avaient jamais été condamnés pour violence. Ce qui leur fait perdre ce statut d’hommes ordinaires, c’est leur attitude au cours des années qui ont suivi les massacres.

Quels sont les phénomènes qui président au déclenchement d’un génocide ? Quels sont les ressorts à l’œuvre dans cette fabrique du crime de masse ? Est-ce le contexte de guerre, l’endoctrinement, l’idéologie ?

Rithy Panh Avant tout massacre, il y a une idée. Douch était un instituteur, professeur de mathématiques, licencié de littérature, féru de Marx, de Mao et Staline. Il a passé sa vie en prison, il avait manifesté contre la corruption, l’injustice et le mépris de la bourgeoisie intellectuelle citadine pour les classes populaires.

Douch se spécialise dans la tuerie en 1971. Entre 1971 et 1975, les Khmers rouges développent une méthode de torture, forgent une nouvelle langue ainsi qu’une formation destinés au génocide. Comment travailler la frustration, donner le pouvoir à ceux qui sont plus malléables et effacer l’État pour le remplacer par le parti ? En effet, qui dit État dit société civile, contre-pouvoir et désaccord politique. Mais, à partir de 1975, alors que le Cambodge n’est pas en guerre, le pays bascule dans le massacre et l’on tue au nom d’une idée, au nom de l’Angkar, c’est-à-dire de « l’organisation », du « Kampuchéa démocratique ».

Et, comme dans tout projet idéologique, il faut manipuler le langage puisque les mots sont le support des gestes. Les Khmers rouges ne parlent plus du peuple cambodgien mais du « nouveau peuple cambodgien ». Le parti est devenu l’État, la question de l’impunité ne se pose même plus puisque tous ces massacres se font dans le cadre de la loi.

Jean Hatzfeld Il existe des analogies frappantes entre la Shoah et le génocide du Rwanda. D’abord, il y a l’avènement d’un dictateur qui déclare lors de sa première allocution publique que certains sont de trop dans la société. Ensuite des déclarations récurrentes s’insinuent dans les discours politiques mais aussi les pièces de théâtre, les blagues ou les jeux radiophoniques. Et, peu à peu, il y a un crescendo dans les violences physiques, dans le marquage, l’exclusion, la discrimination et l’exclusion de la population rejetée. Le sentiment d’immunité s’affirme. Et puis arrive la guerre. Sans le chaos qu’elle provoque, sans l’état de non-droit qu’elle installe, le crime de masse n’est pas possible.

Au Rwanda, on commence à tuer en 1959, en 1963, en 1973 et puis en 1982, avec chaque fois une immunité de plus en plus affirmée. C’est exactement ce qui s’est produit dans l’Allemagne des années 1930 : on commence par casser les vitrines des commerces juifs et puis, quand la guerre éclate, en 1939 en Allemagne et en 1992 au Rwanda, prendre la machette pour tuer son voisin devient possible. La guerre l’autorise. En temps de paix, des milices auraient pu se comporter comme ça, mais pas des agriculteurs. À la question : aurions-nous pu basculer dans le camp des bourreaux ? La réponse tient en une remarque : les grandes idées étaient contredites par l’expérience de la cohabitation avec les Tutsi et ceux chez qui cette contradiction permanente n’éveille pas la moindre remise en cause sont des bourreaux. Et les bourreaux ne sont pas exactement des hommes ordinaires.

Jacques Sémelin Le passage à l’acte est parfois rapide mais il est pourtant préparé par des années de stigmatisation. Comment ce processus de destruction monte-t-il en puissance ? Je trouve cette citation de Tacite très éclairante : « Quelques-uns l’ont voulu, d’autres l’ont fait, tous l’ont laissé faire. » Or, l’exécuteur n’existe que parce qu’il y a derrière lui toute une chaîne de commandement au sommet de laquelle évoluent ceux qui pensent et organisent le génocide.

Certains ont fait des calculs stratégiques et politiques pour valider leur participation à l’organisation des massacres. Il s’agissait de conquérir le pouvoir en éliminant une partie de la population. Mais, cette vision rationnelle des choses ne permet pas de tout expliquer, quelque chose la dépasse qui relève d’un processus psychopathologique : une perception délirante de l’ennemi. Le massacre est avant tout un processus mental qui déforme les représentations de l’autre, au point qu’il devient possible de violer, de torturer ou de tuer. Les nazis ont eu une perception délirante et fantasmatique des juifs.

Dans la mécanique génocidaire, on est à la frontière de l’imaginaire et du réel. Et, dans des pays en crise, ces idéologies affirment que, si l’on se débarrassait de cette population, les choses iraient mieux. Les génocidaires induisent une polarisation « eux/nous » qui parle aux populations touchées par la crise. Or, ce contexte précède l’acte de tuer. Et lorsque cette idéologie accède au pouvoir, les mots préforment l’acte de tuer et de massacrer, car la population stigmatisée commence à ne plus appartenir à l’univers social. Et, dès que la guerre éclate, les hommes vont être capables de tuer au nom de la liberté ou de la patrie, en toute impunité.

Jean Hatzfeld Les choses sont différentes au Rwanda parce qu’il y a deux ethnies, une histoire et beaucoup de fantasmes. Les Tutsi, peuple d’aristocrates, auraient opprimé les Hutu pendant leurs quatre cents ans de royauté. Ce qui est historiquement faux, mais qui prend néanmoins corps dans les fantasmes collectifs. Et parce que les Tutsi sont plus grands, moins noirs, ont les traits plus fins, sont plus arrogants, ils voudraient exploiter les Hutu, et profiter de la guerre qui se profile pour les asservir de nouveau.

Pourtant, depuis 1959, les Tutsi sont rentrés dans le rang et ont même disparu des sphères élevées de l’administration et de l’armée, conséquence des quotas mis en place. Perdure néanmoins ce fantasme sur l’ethnie. Les ethnies ne sont jamais un problème en période de croissance mais permettent la crispation en période de crise. Or, la guerre se profile, éclate et, avec le discours anti tutsi toujours latent, les massacres commencent. Sont alors passés sous silence ces crimes, personne n’en parle ou alors de façon très concrète, en nombre de tués… A l’instant où les tueries commencent, le discours idéologique perd son importance, il n’a plus besoin d’être constamment justifié, il va de soi. Et la seule chose qui importe, c’est d’en finir le plus vite possible.

Dans quelle mesure la conformité au groupe de tueurs, la grégarité mimétique des individus en bande, la soumission à l’autorité favorisent-elles l’entrée dans la mécanique génocidaire ?

Jacques Sémelin Le psychologue américain Stanley Milgram (1933-1984) s’est intéressé à ce phénomène, dans l’une de ses expériences de psychologie sociale destinées à étudier le fonctionnement dit « agentique ». Le chercheur prend un sujet ignorant tout de son expérience, qu’il place dans la peau d’un exécuteur à qui il enjoint d’envoyer des décharges électriques (fictives) à un autre sujet (qui est en réalité un comédien) si celui-ci ne répond pas correctement à la question posée par l’autorité scientifique. Plus cet « élève » se trompe, plus la décharge est importante, les cris effrayants. La question est de savoir à partir de quel moment l’individu va cesser de l’envoyer. Or, au moins 60 % des gens envoient des doses quasi-mortelles.

À partir d’un moment, celui supposé envoyer les décharges demande à l’expérimentateur s’il prend toute la responsabilité de ce qui peut se passer. Ce dernier acquiesce et, à partir de ce moment-là, le sujet se concentre uniquement sur les manettes. Il va entrer dans un fonctionnement agentique et ça se vérifie sur le terrain : pendant les massacres, la question de la finalité n’est plus posée.

Jean Hatzfeld Et ce phénomène est renforcé par le sentiment d’accomplir un travail en partant massacrer des gens. Au Rwanda, les journées des bourreaux ressemblaient à des journées aux champs, on partait le matin, on tuait et on revenait vers 15 heures. Et tous devaient prétendre participer aux massacres, au risque de recevoir une lourde punition. C’est en tout cas ce qu’ils pensaient : la première fois que vous désobéissiez, vous deviez vous acquitter d’une amende de 1 000 à 2 000 francs. Sachant qu’une bière valait à l’époque 300 francs, la punition était en fait très légère. Mais les bourreaux se sentaient néanmoins contraints de prendre part aux tueries. Et comme personne ne disait rien, le sentiment d’immunité allait crescendo : ni l’Église, ni les Burundais, ni les casques bleus ne s’interposaient. Or, le travail étant commencé, il fallait le finir, et plus vite on le terminerait, plus vite on serait débarrassé de cette situation et on n’aurait plus à parler de cette histoire.

Mais la dynamique de groupe et l’effet d’entraînement ne jouent-ils pas également un grand rôle dans les tueries ?

Jacques Sémelin Bien sûr, la volonté de faire comme les autres est le facteur principal du passage à l’acte, selon l’historien américain Christopher Browning. Pour moi, l’individu n’est pas monstrueux en tant que tel, il le devient quand il est impliqué dans la dynamique monstrueuse d’un crime de masse. Or l’opérateur de cette métamorphose, c’est le groupe. C’est l’influence du groupe primaire de tueurs qui entraîne la population et engendre cette puissance destructrice.

Jean Hatzfeld Un cultivateur rwandais a un jour dit : « Quand les tueries commencent, on se trouve moins gêné à manier la machette qu’à recevoir les moqueries et les gronderies des camarades. Dans ces situations, les railleries des collègues sont terribles à contrer. Si elles se répandent dans ton voisinage, elles sont du venin pour l’avenir. » Pour lui, les railleries sont plus difficiles à affronter que le sang sur la machette.

Rithy Panh Au Cambodge, on retrouve cette idée du groupe dans la logique du parti. Tu n’es plus fils de ton père, mais fils du parti. Tout lien social ou familial disparaissait à la seconde où tu intégrais une unité d’élimination. On effaçait l’histoire du bourreau au même titre que celle de la victime, on le désintégrait. J’ai toujours pensé que la mauvaise conscience, celle qui vous dit que tuer est mal, était présente chez tout le monde. Mais quand vous faites le vide autour d’un individu et que vous l’intégrez à un groupe d’individus également vidés, ça peut aller très loin.

Les massacreurs ont-ils des états d’âme ? Se rendent-ils compte qu’ils franchissent des frontières morales ?

Jacques Sémelin On peut penser qu’à partir du moment où l’on a violé des femmes et éventré des gens, on entre dans un autre univers. Mais comment repasse-t-on véritablement de l’autre côté du miroir ? Certains parviennent à reprendre une vie normale après le conflit ? Ces gens sont une énigme. N’ont-ils pas franchi encore plus le Rubicon quand ils ont massacré des enfants ? De tels actes sont très perturbants psychologiquement, individuellement et sur le plan collectif. Tout comme l’attaque de la filiation, du voisinage, surtout au Rwanda, où il y a eu une explosion du noyau familial.

Jean Hatzfeld C’est comme si l’on considérait que les enfants étaient hors de la société, ce qui est parfaitement absurde dans une logique génocidaire. Je dois dire que j’ai plutôt été frappé par l’observation contraire chez les bourreaux des collines du Rwanda. Dans une guerre « classique », on constate toujours que ceux qui ont été au front conservent des stigmates de leur passage. La guerre a changé leur comportement. En rentrant, certains deviennent alcooliques, d’autres misanthropes, extrémistes ou pacifistes. Mais presque tous deviennent quelqu’un d’autre en revenant. Ce qui n’est pas du tout le cas des tueurs à la machette que j’ai fréquentés au Rwanda. Ils ne sont marqués par rien, et si parfois ils font un effort pour se rendre humains et disent qu’ils regrettent, la seule chose qu’ils regrettent c’est d’avoir causé du tort à leur famille en allant en prison où en ayant perdu leur commerce. Ils n’ont aucun mot pour les victimes. Je suis étonné par ce blocage psychologique et leur incapacité à reconnaître l’atrocité de ce qu’ils ont fait. Ils se considèrent comme des victimes d’une machine idéologique.

Jacques Sémelin S’ils prenaient conscience de leurs actes, ils s’effondreraient psychiquement. Donc soit ils sont dans la négation, soit ils considèrent que leurs actions étaient nécessaires et dictées par la guerre.

Rithy Panh Les bourreaux ne peuvent se considérer que comme des victimes, sinon ils se pendraient. Mais ce n’est pas pour autant que leurs actes ne les ont pas marqués dans leur chair. Ils sont parfois atteints de fièvre et d’épuisement, parce qu’ils ont conservé la mémoire des gestes. Pendant les massacres, ils ne se contentaient pas de tuer le père, ils s’en prenaient également au fils et à la femme.

L’État est très friand de réconciliation, qui constitue un apogée politique. On passe très vite du jugement à la réconciliation et ça blesse les victimes quand cette transition n’est pas accompagnée de mots et de paroles écrites. Beaucoup de bourreaux se sont tournés vers la religion, pour obtenir la rédemption sans avoir à s’investir dans la société. C’est plus facile pour eux que pour les victimes. Comme on part de la pensée, il faut s’en sortir par la pensée. Mais les victimes supportent bien plus longtemps la souffrance des massacres.

Pourquoi ceux qui tuent en masse et se livrent au génocide d’une population s’adonnent-ils à des violences particulièrement cruelles, comme la torture ou le viol ? Tuer ne leur suffit pas ?

Jacques Sémelin L’un des plus beaux textes de Primo Levi parle de cette violence inutile. Puisqu’il s’agit de les tuer tous, pourquoi les faire souffrir, en effet ? C’est la question la plus dérangeante des sciences sociales. Question à laquelle on peut apporter une multiplicité de réponses. Il fallait rassembler les juifs en troupeaux pour qu’ils perdent toute individualité et que les bourreaux perçoivent des masses et non des êtres humains.

En dépit de l’idéologie et des ordres, ces gens qu’il faut tuer ont encore terriblement face humaine. Dès lors, est-ce que le crime de proximité ne revient pas à défigurer sa victime pour qu’elle n’ait plus rien d’humain ? Il se pourrait que le bourreau la déshumanise afin de ne pas avoir l’impression de s’attaquer à l’humanité.

Jean Hatzfeld Au Rwanda, les bourreaux étaient souvent bien plus cruels avec les victimes qu’ils connaissaient. C’est comme si le fait de connaître leur bourreau octroyait aux victimes le droit d’exiger d’eux une mort rapide. Or les bourreaux ne pouvaient pas l’accepter. Et comme on ne peut pas tuer quelqu’un qui vous parle, ils se montraient bien plus atroces avec ceux qui priaient. Cela décuplait leur rage parce que ces gestes religieux les ramenaient à la chrétienté, à quelque chose de connu. On tue plus facilement ce qui rampe. Dès qu’il y avait une demande, même implicite, un simple regard, ça exacerbait leur cruauté. Tout ce qui faisait déraper la mécanique les perturbait, ils craignaient l’humanité.

Comment éviter que de telles atrocités se reproduisent ?

Jacques Sémelin On a déjà dit : « Plus jamais ça », et ça a quand même recommencé… Mais quand on travaille sur ces questions, on se doit d’interroger cette problématique de la prévention. Parce que je suis pessimiste ou réaliste, je ne pense pas qu’on puisse un jour éradiquer des modes de pensée qui consistent à accuser l’autre d’être responsable d’une situation de crise. Il y aura toujours des boucs émissaires. Dès lors, il y a deux réponses : la première est à chercher du côté du mouvement social de lutte contre ces idées, de l’éducation et de l’action sociale, voire politique ; l’autre réponse est du côté de l’État. L’État démocratique doit fixer les limites, et les sociétés dont nous avons parlé sont des sociétés où l’État a légitimé ces discours de haine. On préfigure le crime de masse à travers des mots, la situation devient grave quand ces idées s’incarnent dans des institutions. Le verrou c’est l’État. C’est par lui que l’on peut juguler le développement de ces idéologies.

Jean Hatzfeld En effet, chaque fois qu’il y a un État, il y a des limites. C’est lorsque l’État est en voie d’éclatement que peut se produire un génocide. Un État bien constitué et serein sur cette question ne se pose même pas la question. Je pense qu’il n’y aurait pas eu de génocide tutsi ou juif s’il n’y avait pas eu la guerre. L’idée d’extermination est encore plus mystérieuse que celle de la conquête, de la domination ou de la guerre. Je vais conclure sur une citation d’une jeune agricultrice : « S’il y a eu un génocide, il peut y en avoir un autre, puisque la cause est toujours là et qu’on ne la connaît pas. »

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 12:48

pollution_Paris.jpgBrouillard de pollution le 11 mars à Paris. (Photo Patrick Kovarik. AFP)

 

Il est peut-être temps pour la société française de changer les marqueurs de culpabilisation de ses populations, et de réexaminer l’impact financier sur la sécurité sociale des fumeurs qui ne peuvent plus polluer qu’eux-mêmes, et des automobilistes dont certains pourraient diminuer les dégâts occasionnés.

Airparif, est chargé de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France, et d’alerter sur son évolution à partir d’une concentration moyenne de particules prévue au-delà de 50 microgrammes par m3 sur 24 heures. De 61 mg/m3 hier, la pollution monterait aujourd’hui à 75 mg/m3.

Les émissions de particules, poussières ultrafines, sont dues au chauffage (au bois ou au fioul), aux transports, à l’industrie et à l’agriculture. En milieu urbain dense comme en Île-de-France, le trafic routier est une cause majeure, et la pollution extérieure à l’agglomération est mineure.

En prévision du dépassement du seuil d’information, la mairie de Paris a décidé de rendre gratuit jeudi le stationnement résidentiel pour les Parisiens, afin de les encourager à ne pas prendre leur véhicule. Cette mesure permet aux Parisiens, détenteurs d’une carte annuelle qui leur donne droit à un tarif privilégié de stationnement, de ne pas payer pour stationner leur voiture. Selon la mairie, quelque 170 000 personnes détiennent cette carte. Par ailleurs, la mairie de Paris indique dans un communiqué que si le seuil d’alerte venait à être dépassé dans les jours prochains, des mesures complémentaires seraient prises telles qu’une certaine gratuité pour les Autolib' et Velib'.

Les particules peuvent provoquer de l’asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d’entre elles (moins de 2,5 microns), qui pénètrent dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires et le sang, ont été classées «cancérogènes certains» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Lyon_velib_dans_pollution.jpg

Car, et c’est là une nouvelle remarquable alors que la France et une partie de l'Europe occidentale ont été touchées par un épisode de pollution atmosphérique inédit et que les alertes se succèdent en Asie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rendu publique, mardi 25 mars, sa nouvelle estimation de la surmortalité attribuable à la mauvaise qualité de l'air :   la pollution de l'air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. En 2012, la pollution de l'air a été responsable d'un décès sur huit au niveau mondial, soit environ 7 millions de morts – plus que le tabagisme.

Par rapport aux dernières estimations de l'organisation onusienne, qui remontent à la fin des années 2000, ce nouveau chiffre constitue un quasi-doublement. Une différence attribuable à l'augmentation de l'incidence des maladies liées à la pollution atmosphérique, mais aussi à l'amélioration des techniques d'analyse et à la prise en compte de nouvelles données.

« Cette fois, nous avons utilisé notre base de données de pollution de l'air, mais nous avons également tenu compte de données d'observation satellite ainsi que de modèles décrivant la manière dont la pollution se transporte dans l'atmosphère », explique le docteur Maria Neira, directrice du département santé publique et environnement de l'OMS. Ces progrès méthodologiques ont, par exemple, permis d'évaluer l'exposition de populations rurales qui n'avaient pu être prises en compte lors des précédentes évaluations.

En outre, les experts de l’OMS ont bénéficié de nouvelles études qui réévaluent à la hausse les effets sanitaires de certains polluants – en particulier les particules les plus fines (dites PM 2,5).

La pollution de l’air intérieur serait responsable de 4,3millions de décès annuels, tandis que l’air extérieur tuerait 3,7 millions de personnes par an. L’OMS estime qu’environ un million de personnes sont prématurément mortes d’une exposition combinée: le total n’est donc pas de 8millions, mais bien de 7millions de décès.

Cet excès a été calculé par rapport à une situation dans laquelle le niveau de pollution serait maintenu légèrement en deçà des valeurs guides de l’OMS – 10microgrammes par mètre cube (μg/m3) pour les PM 2,5.

L’essentiel des dégâts dus à la pollution intérieure est observé dans les pays en développement, où les foyers ouverts utilisés à l’intérieur des habitations pour le chauffage ou la cuisson émettent une variété de polluants. Les décès qui leur sont attribuables se répartissent entre accidents vasculaires cérébraux (34%), maladies cardiaques ischémiques (26%), broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO, 22%), infections aiguës des voies respiratoires chez l’enfant (12%) et cancer du poumon (6%).

La surmortalité due à la pollution extérieure est provoquée, quant à elle, à 80% par des maladies cardiaques ischémiques et des accidents vasculaires cérébraux, à 11%par la BPCO, et à quelque 6% par le cancer du poumon.

La pollution de l’air ambiant touche les pays en développement, mais également les pays à revenus élevés. En Europe occidentale, elle est ainsi responsable de 280 000 morts par an – bien plus qu’en Amérique du Nord, où elle est responsable de 94 000 décès annuels.

En France, le même genre d’évaluation a été mené par des chercheurs de l’Institut de veille sanitaire (InVS), dans le cadre du projet Aphekom. Neuf villes françaises totalisant 11 millions d’habitants ont été étudiées pour la période 2004 à 2006: «Notre conclusion était que si les valeurs guides de l’OMS étaient respectées pour les seules PM 2,5, il serait possible d’éviter environ 2 900 décès par an», explique Mathilde Pascal, chercheuse à l’InVS, qui a participé à ces travaux.

Ces évaluations, fondées sur des techniques d’analyse statistique, sont souvent suspectées d’exagération. «C’est plutôt l’inverse, répond Mme Neira. Il est, au contraire, probable que ces estimations demeurent en deçà de la réalité.» Les chiffres de l’OMS se fondent sur des travaux épidémiologiques évaluant l’augmentation du risque de contracter certaines pathologies à la suite d’une exposition chronique aux polluants atmosphériques. Il faut ensuite évaluer la fraction qui leur est attribuable dans l’ensemble des décès dus à ces maladies. «La méthodologie développée par l’OMS est largement utilisée par d’autres organisations, dit Mme Pascal. Elle est tout à fait consensuelle.»

Cependant, cette méthodologie ne tient pas compte de certains effets suspectés. «Pour que nous tenions compte d’une pathologie, il faut que son lien avec la pollution atmosphérique soit établi par des mécanismes connus », explique Mme Neira. Ainsi, certains troubles sanitaires, bien que statistiquement corrélés à la mauvaise qualité de l’air, ne sont pas pris en compte car imparfaitement compris. Mme Neira cite notamment l’augmentation du risque de cataracte (une maladie du cristallin), de naissances prématurées ou encore de transmission de la tuberculose.

De même, des effets neurologiques de la pollution atmosphérique commencent à être documentés par des études scientifiques mais ne sont pas encore intégrés aux analyses de l’OMS.

Des travaux récents suggèrent ainsi une réduction des facultés cognitives (mémoire de travail, etc.) chez les personnes âgées ou d’âge moyen lors des épisodes de pollution aux PM 2,5. D’autres suggèrent une augmentation du risque de démence en cas d’exposition chronique au dioxyde d’azote – un gaz notamment émis par les moteurs diesel.

(d’après « La pollution de l’air tue plus que le tabac » de Stéphane Foucart pour Le Monde, jeudi 27 mars 2014)

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 10:49

Avec un résultat de 13,32 % et 979 voix, notre liste LES LILAS AUTREMENT a su mobiliser de nombreux Lilasiennes et Lilasiens qui ont soutenu notre projet résolument écologique, social et démocratique. Qu’ils en soient remerciés.

UN GRAND GAGNANT : L’ABSTENTION

Malgré une campagne intense et participative, la participation électorale reste faible. L’abstention a encore progressé depuis la dernière élection municipale de 2008 ; 46,75 % des inscrits soit près d’un électeur sur deux n’a pas voté.

Il est grave que la liste arrivée en tête rassemble moins de 30 % des électeurs qui seront représentés par 80 % des conseillers municipaux élus. Certains s'en félicitent... il s'agit pour nous d'une grave crise démocratique.
Dans le 93 et nationalement la droite et l'extrême droite progressent.
Aux Lilas, nous constatons avec plaisir que la droite est affaiblie avec 26,67 % des votants.
Cela nous encourage à proposer d’autres solutions pour une ville plus solidaire, tournant le dos aux solutions libérales.
La mobilisation citoyenne est plus que jamais nécessaire et Les Lilas Autrement vont s'employer à la développer pour que vive une démocratie active.

CONTINUONS TOUS ENSEMBLE

Aux Lilas, nous aurons à cœur, au-delà de l’action de nos deux élus au Conseil municipal, d’agir collectivement pour notre ville. Nous persisterons à (re)mettre en mouvement tous les citoyens autour des choix que nous avons déclinés au long de cette campagne : transformation écologique de la ville, lutte contre le mal-logement, crèche et restauration scolaire, services publics de l’eau et des déchets, comités de quartier et participation démocratique.

Les Lilas Autrement entend poursuivre son rassemblement et vous invitera à nous rejoindre lors de prochaines initiatives. 


Résultats du premier tour de l’élection municipale aux Lilas

Inscrits: 13 800

Participation: 7 642 / 55%

Exprimés: 7349 / 53,3%

Christine Samson (LO ): 198 / 2,7%

Daniel Guiraud (PS –  PC ): 4 086 / 55,6%

Virginie Grand (UMP – UDI – MODEM): 1960 / 26,7%

Fabien Dussud (POI): 126 / 1,7%

Marie-Geneviève Lentaigne (EELV – PG – Ensemble Les Alternatifs): 979 / 13,3%

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L'écologie aux Lilas et au Pré ...

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Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet