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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:31

 Entretien (Le Monde, 30.03.2013)

Musicien dès son plus jeune âge, l'Américain Bernie Krause, 74 ans, reste l'une des figures emblématiques de la musique électronique. Il a participé en studio à l'enregistrement de musiques de films célèbres (Rosemary's Baby, Apocalypse Now). Cet amoureux des sons et de la nature, devenu docteur en bioacoustique, a inventé le terme biophonie (les sons émis par les organismes vivants).  

oiseau.jpg

Vous avez parcouru le monde pour enregistrer les sons de la nature. Comment les reconnaître entre eux ?

Chaque organisme vivant, du plus petit au plus grand, a sa propre signature acoustique. Elle peut ne pas être produite vocalement, mais par stridulation ou par grincement des dents comme chez le poisson-perroquet.

Certains, comme les cétacés, émettent des signaux dont l'intensité, s'ils étaient produits dans l'air, équivaudrait à la décharge d'une arme à feu de gros calibre à quelques centimètres de votre oreille. Cela dit, proportionnellement au poids, l'un des êtres vivants les plus bruyants du règne animal est la crevette pistolet, longue de quatre centimètres. Sa puissance sonore est neuf fois supérieure à celle d'un orchestre symphonique.

Elément surprenant, les animaux peuvent adapter leurs comportements acoustiques. J'ai un enregistrement réalisé en 1979 d'une orque qui imite l'aboiement de l'otarie pour l’attirer et la dévorer. De même, des papillons de nuit sont parvenus à brouiller les signaux d'écholocation des chauves-souris.

Quel que soit l'objectif d'un signal – accouplement, chasse, défense du territoire, jeu –, pour remplir sa fonction, il doit être audible et sans interférences.

Pourquoi parlez-vous d'un grand orchestre animal ?

La nature vit en harmonie acoustique. Chaque forêt tempérée ou tropicale génère sa propre signature acoustique, qui est une expression organisée et immédiate des insectes, des reptiles, des amphibiens, des oiseaux et des mammifères. C'est cette voix naturelle et collective à laquelle je fais allusion quand je parle de grand orchestre animal.

Les grenouilles arboricoles du Pacifique, qui vivent dans le nord-ouest américain, se disputent la largeur de bande acoustique aussi bien sur la fréquence que sur la plage horaire : l'une coasse, suivie immédiatement par une autre dans un registre plus aigu. J'ai trouvé en Afrique, au Kenya notamment, des paysages sonores extrêmement bien ordonnés comme le montrait l'analyse des spectrogrammes : les insectes tissaient la toile de fond, chaque espèce d'oiseau marquait son territoire acoustique, les grands félins occupaient d'autres niches à l'instar des serpents ou des singes.

Vos recherches remontent aux années 1960. Comment se porte aujourd'hui le grand orchestre animal ?

J'ai enregistré plus de 15 000 sons d'espèces animales et plus de 4 500 heures d'ambiance naturelle. La triste vérité est que près de 50 % des habitats figurant dans mes archives récoltées au cours de ces quarante-cinq dernières années sont désormais si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus aujourd'hui, même approximativement, sous leur forme d'origine.

Les sons ont-ils disparu ou la cacophonie humaine fait-elle qu'on ne parvient plus à les entendre ?

Les deux. L'extraction minière, l'exploitation forestière, l'étalement urbain, et la pollution qui en résulte, réduisent la superficie des habitats sauvages. De même, en noyant les sons naturels de la biophonie et de la géophonie (les sons provenant d'éléments naturels tels que le vent, l'eau, la pluie et les mouvements du sol) sous notre cacophonie, nous perturbons ou détruisons la nature elle-même.

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Certains animaux, comme les insectes, sont plus touchés que d'autres. Dans les forêts tropicales, les prédateurs tentent de s'adapter car il leur est plus difficile d'entendre leurs proies. Le bruit humain peut aussi affaiblir le système immunitaire des mammifères et des poissons, réduisant leur résistance à la maladie, résultat physiologique naturel des taux élevés d'hormone de stress. Dans les cas les plus graves, lorsque les seuils de tolérance sont dépassés, il peut être fatal. De nombreuses espèces de baleines et de phoques s'échouent d'elles-mêmes pour mourir.

Il y a près de cinquante ans, mes parents nous avaient emmenés, ma soeur et moi, en vacances dans le parc national de Yellowstone, près d'une large vallée couverte de neige, à l'abri de tout parasitage humain. Le calme était ponctué par les vocalisations des corbeaux, des geais, des pies, des alouettes hausse-col et des élans. Je me souviens encore du murmure des ruisseaux et de la brise légère qui soufflait dans la cime des conifères. Je suis retourné au même endroit en 2002. La magie avait disparu, anéantie par les bruits de moteur et le smog.

Comment lutter contre cette mise à mal du grand orchestre de la nature ?

Le mieux serait de ne plus toucher à rien et de mettre un terme à la consommation effrénée de produits dont personne n'a véritablement besoin. Je plaide aussi pour une "écologie du paysage sonore" qui permettrait de mieux appréhender le phénomène.

Bryan Pijanowski et son équipe de Purdue University (Indiana) et d'autres, à Michigan State University, sous l'impulsion de Stuart Gage, ont été parmi les premiers scientifiques à reconnaître l'intérêt d'étudier les paysages sonores naturels holistiques plutôt que de simples enregistrements de chaque espèce.

Ces méthodes anciennes se limitaient à la capture fragmentaire des appels et chants d'espèces individuelles, essentiellement des oiseaux. Plus tard, ces techniques ont été élargies aux grenouilles et aux mammifères. De mon point de vue, elles revenaient à tenter de comprendre la Cinquième Symphonie de Beethoven en isolant la voix d'un seul violon sans entendre le reste de l'orchestre.

L'écologie du paysage sonore se révèle, elle, un excellent outil diagnostique pour évaluer l'état de santé des divers habitats naturels et mesurer, entre autres, l'impact d'événements tels que le réchauffement climatique.

Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet. Bernie Krause publie chez Flammarion Le Grand Orchestre animal (324 pages, 21,85 euros).

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 12:15

Des tests ont détecté des résidus de pesticides, de phtalates et de médicaments dans ces sources réputées pures

On savait l'eau du robinet non exempte de polluants. La France fait l'objet de poursuite par la Commission européenne pour son incapacité à lutter contre la contamination des nappes par les nitrates. Mais les consommateurs se croyaient à l'abri en buvant de l'eau en bouteille, réputée pour sa pureté originelle. Ces eaux issues uniquement d'une source souterraine doivent être dénuées de tout polluant d'origine humaine, sans aucun recours au moindre traitement chimique.

Une étude dévoilée lundi 25 mars, menée conjointement par la revue 60 Millions de consommateurs et la fondation de Danielle Mitterrand France Libertés, met à mal cette certitude : l'eau minérale en bouteille n'échappe pas à la pollution. Quarante-sept échantillons de bouteilles d'eau de différentes marques ont été analysés et 85 molécules ont été recherchées, notamment des molécules médicamenteuses ou des perturbateurs endocriniens que la réglementation actuelle n'oblige pas à contrôler.

Résultats : dix bouteilles comportaient des résidus de pesticides et de médicaments (Cristaline, La Salvetat, St-Yorre, Hépar, Mont Roucous, Saint Amand, Vittel, Volvic, Carrefour Discount, Cora); 10 % des eaux en bouteille ont présenté des traces de tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein. Comment cette pollution d'eau souterraine, supposée à l'abri de toute contamination, est-elle possible ? Les toxicologues n'ont pas d'explication.

Par ailleurs, des résidus d'un pesticide, l'atrazine, ont été retrouvés dans quatre eaux embouteillées (Cora gazeuse, Vittel, Volvic et Cristalline gazeuse). Ce désherbant nocif pour l'homme a pourtant été interdit en 2001. Pourquoi le retrouve-t-on plus de dix ans après ? " Sans doute parce que ce sont des produits très persistants et solubles dans l'eau ", note 60 Millions de consommateurs.

La concentration de ces polluants est extrêmement faible, ce sont des " ultradoses " qui ne présentent pas de danger pour le consommateur. Mais ces découvertes obligent à reconsidérer les mécanismes de pollution de la ressource.

Les minéraliers ayant contesté la pertinence de ces tests, 60 Millions de consommateurs a donc procédé à une deuxième série de mesures, qui a confirmé les premiers résultats. " La méthode que nous avons employée a permis d'abaisser grandement le seuil de détection. Nous avons pu traquer des molécules à des degrés extrêmement fins. Pour lever toute incertitude, il faut que les pouvoirs publics procèdent à des contrôles à grande échelle ", explique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de la revue.

" Ces constats révèlent à quel point notre environnement est contaminé. Nous ne remettons pas en cause la potabilité de l'eau, mais nous nous interrogeons sur les éventuels effets cocktail entre plusieurs molécules et sur les conséquences de ces micropollutions sur le long terme ", ajoute Emmanuel Poilâne, de France Libertés.

L'analyse de certaines bonbonnes d'eau, souvent utilisées dans les entreprises et les collectivités, est plus inquiétante pour la santé. Des traces de bisphénol A, un perturbateur endocrinien, des traces de pesticides (atrazine) ainsi qu'un retardateur de flamme ont été retrouvées, notamment dans des bonbonnes de la marque Culligan. Une concentration extrêmement forte d'une dizaine de microgrammes de bisphénol A par litre a été décelée. Ces bonbonnes étant réutilisables, les enquêteurs notent que la teneur en bisphénol A dans l'eau pourrait s'accroître au fil du temps. Dans les bonbonnes Obio, des traces de phtalate de diéthyle, autre pertubateur endocrinien, ont été détectées.

L'eau du robinet a également été analysée dans trois départements : Ille-et-Vilaine, Haute-Vienne et Seine-et-Marne. Dans sept cas sur dix, l'eau contenait de deux à quatre pesticides. Deux résidus de médicaments ont été trouvés, un vasodilatateur, le naftidrofuryl, et le tamoxifène. Pour Emmanuel Poilâne, cette enquête montre " que la liste actuelle des polluants contrôlés est en deçà de la réalité des contaminations et que les normes sont obsolètes ". France Libertés et 60 Millions de consommateurs demandent une remise à plat des normes et des étude sur les effets de l'exposition à ces micropollutions.

Ces nouvelles révélations sur la qualité de l'eau concluent " l'opération transparence " lancée par les deux associations en mars 2011. Elles ont mis au jour le gaspillage chaque année de 1,3 milliard de m3 d'eau potable dû aux fuites dans les canalisations collectives, l'opacité du prix de l'eau ainsi que les nombreuses dérogations permettant aux communes de délivrer une eau dépassant les seuils de nitrates, d'arsenic et autres polluants. Après deux ans d'enquête, les deux partenaires réclament d'urgence des " assises nationales de l'eau ".

Sophie Landrin, Le Monde, Environnement & Sciences, mardi 26 mars 2013.

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 09:52

Le retour en régie publique de l'eau à Est Ensemble s'inscrit dans un mouvement général en France aux vues de la crise qui touche Veolia. 1500 suppressions de postes seraient prévues au sein de la multinationale de l'eau qui enchaîne les pertes de contrats en France et à l'étranger. Le combat pour une gestion publique de l'eau continue mais dorénavant nous pouvons avoir bon espoir de gagner.

Crise à Veolia et nouvelles perspectives

Départs « volontaires » ou retraites non dorées, c’est un plan massif de suppressions d’emplois qui est annoncé à Veolia Eau. Il faut y ajouter un millier de salariés qui sont ou seront repris dans les nouvelles régies. Sur un total actuel de 15 000 personnes, cela donne l’ampleur du choc à venir.

La dérive de l’entreprise remonte aux années Messier où l’argent ponctionné sur les usagers de l’eau a coulé à flots dans des aventures financières extravagantes aux USA. Il reste une dette qui, selon les dirigeants de l’entreprise, s’élève aujourd’hui encore à plus de 11 milliards d’euros !

Cela a conduit depuis plusieurs années à la chute du cours des actions de Veolia, dans un contexte de perte de nombreux contrats, en France comme à l’étranger, et de perte de ses marges avec des baisses de tarifs de 20% au minimum dans les contrats renouvelés. Une crise que la multinationale veut régler à présent sur le dos des salariés. Cette situation n’est pas unique dans le petit monde des multinationales de l’eau : la SAUR est menacée de liquidation judiciaire à brève échéance.

La Coordination Eau Île-de-France réaffirme que – seule – la gestion publique, non confiée au privé, permet le maintien de l’emploi. En garantissant à la fois un « juste » tarif de l’eau pour les usagers et les acquis sociaux pour les personnels, elle unit les intérêts des citoyens et des salariés.

La main tendue aux salariés de Veolia

La Coordination Eau Île-de-France comprend et partage les inquiétudes des salariés de Veolia qui ne sont nullement responsables des pratiques de leur entreprise. Elle rappelle que les dispositions du Code du Travail obligent les régies rétablies à embaucher en priorité les salariés volontaires des entreprises dont les activités ont été remunicipalisées.

La Coordination Eau Île-de-France met en garde contre la dégradation inévitable du service à laquelle ces mesures vont conduire, un danger qui est dénoncé à juste titre par les syndicats. Elle appelle les élus, maires et présidents d’agglomération, qui ont confié la gestion de l’eau au privé, à reprendre le contrôle de cette ressource vitale pour garantir sa qualité.

Amplifier le débat à l’occasion des municipales 

Dans notre région de nombreuses actions sont en cours pour le retour à une gestion publique de l’eau. C’est le cas dans le 78, dans l’agglomération de Mantes, à Courgent et aux Mureaux ; dans le 91, dans l’agglomération du Val d’Orge ; dans le 93, dans l’agglomération Est Ensemble ; dans le 94, dans l’agglomération Seine amont, etc.  Et les mêmes questions se posent aussi dans le 92, au syndicat de la presqu’île de Gennevilliers. A l’occasion des élections municipales qui vont aussi permettre le choix des représentants communautaires, amplifions le mouvement et conduisons les candidats à se positionner et à s’engager !

Coordination Eau Île-de-France

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:35

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Ciné Club la Courgette Solidaire, mardi 26 mars autour du film "Tous Cobayes" de Jean Paul Jaud. Le débat portera sur l'alimentation et les dangers induits par l'utilisation de la chimie et de la technologie dans sa production (OGM, pesticides,...).

Les intervenants seront : Béatrice Jaud productrice du film qui collabore avec Jean Paul Jaud depuis des années (Ils ont aussi produit 'Nos enfants nous accuseront") et Laurent Leguyader des associations Générations Futures et Inf'OGM.

Cette manifestation entrera dans le cadre de l'opération "Semaine sans pesticides". (http://www.semaine-sans-pesticides.com/).

Venez nombreux à partir de 19 h au théâtre du Garde Chasse, 181 bis rue de Paris aux Lilas !!

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Published by Vert Lilas - dans Débats
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 14:55

 C’est une première qu’il convient de saluer, en application des nouveaux droits du Parlement Européen du traité de Lisbonne tant critiqué pour être la copie du Traité pour la Constitution Européenne. L’information, suivie d’une tribune de Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, députés européens Europe Ecologie !


Révolte du Parlement de Strasbourg contre le projet de budget européen

(Le Monde, 13 mars 2013)

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Après deux sommets – l'un, raté, en novembre2012 ; l'autre, en février2013, conclu à l'issue de vingt-six heures de négociations acharnées –, l'épineuse question du budget de l'Union européenne (UE) pour la période 2014-2020 semblait réglée. Au rabais, certes, avec un budget global en recul pour la première fois dans l'histoire de l'Union, mais le compromis était là, accepté y compris par le Britannique David Cameron, partisan d'une réduction drastique.

Mercredi 13mars, le Parlement européen a rebattu les cartes en adoptant massivement une résolution très critique du compromis trouvé le 8février. Cette résolution, déposée par cinq groupes politiques et adoptée par 506 voix contre 161, indique que le Parlement, auquel le traité de Lisbonne de 2009 confère un droit de veto sur le sujet, "rejette sous sa forme actuelle" le projet de budget concocté par le Conseil européen.

Les mots employés sont inhabituellement durs. Les parlementaires déplorent le "fossé entre les engagements politiques de l'Union européenne et ses moyens budgétaires". Ils accusent le Conseil d'avoir manqué de "transparence" et même d'avoir outrepassé son rôle en décidant de l'attribution de certains fonds pour obtenir l'assentiment de tel ou tel Etat membre – d'avoir organisé une "négociation de marchands de tapis", a résumé l'un des meneurs de la fronde, le président (UMP) de la commission des budgets Alain Lamassoure.

Les eurodéputés, qui défendent depuis plusieurs mois l'adoption d'un budget ambitieux, à même d'apporter des réponses à la crise en termes d'emploi, de croissance ou d'innovation, ont eu la prudence de ne pas remettre en cause le montant de l'enveloppe globale, fixée à 960milliards d'euros (1% du revenu national brut de l'Union).

Leurs revendications sont toutefois importantes avec, pour objectif, une meilleure utilisation des ressources, rognées dans le climat général d'austérité, et l'ambition de modifier en profondeur, à l'avenir, la façon dont est établi le budget de l'Union.

Il y a d'abord la question de la flexibilité, qui permettrait de transférer des fonds non utilisés d'une année sur l'autre et d'un programme à l'autre ; celle de l'utilisation intégrale des crédits de paiement, qui contribuerait à éviter que l'Union se retrouve en déficit, comme c'est le cas actuellement avec des impayés atteignant 17milliards d'euros en 2013, notamment pour le programme d'échanges universitaires Erasmus.

Le Parlement demande aussi que la part des ressources propres – tirées d'une future taxe sur les transactions financières, d'une taxe carbone ou d'un reversement d'une partie de la TVA – augmente substantiellement, seul moyen à même d'éviter les marchandages entre Etats et de doter l'UE d'une souveraineté budgétaire. "C'est le point qui change la donne, estime la socialiste Pervenche Bérès. Celui qui peut transformer un budget conçu comme un empilement de cadeaux faits aux Etats en véritable arme contre la crise."

Dernier point, le texte demande une révision à mi-parcours de ce cadre budgétaire établi pour sept ans, afin de permettre au nouveau Parlement élu en 2014 d'endosser un budget qu'il aura contribué à élaborer. L'idée est aussi de pouvoir accompagner un éventuel redémarrage de la croissance.

 

"C'ÉTAIT L'ÉPREUVE DU FEU, ET LE PARLEMENT EST TOUJOURS DEBOUT"

Avec le vote de mercredi va s'ouvrir une difficile négociation avec les dirigeants des Vingt-Sept, désireux de garder la main sur l'élaboration du budget en même temps qu'un œil sur une application stricte des règles d'austérité. L'affrontement s'annonce dur, tant est vive l'insatisfaction: "Il n'y a rien dans les conclusions du Conseil qui réponde aux préoccupations exprimées par le Parlement depuis plusieurs semaines. Négocier sur cette base, c'est déjà trop", prévient Ivaïlo Kalfin, socialiste bulgare, vice-président de la Commission du budget, qui fera, à ce titre, partie des cinq négociateurs mandatés par le Parlement.

La question des 17 milliards d'euros d'impayés, qui placent de fait l'Union en situation de déficit, ce que lui interdisent les traités, constitue un premier casus belli à régler avant même d'entrer dans le vif des négociations. Un engagement des Etats sur les ressources propres apparaît aussi nécessaire.
Alain Lamassoure, qui dirigera l'équipe de négociateurs, reconnaît qu'"il faudra ensuite lâcher un peu sur chacun des points évoqués dans la résolution sans en abandonner aucun".

Mais le rapport de force n'est pour une fois pas défavorable au Parlement, malgré la proximité des élections européennes, en mai2014, qui rend une partie des parlementaires nerveux quant à leur investiture. La large majorité obtenue mercredi par la résolution montre que la menace d'un veto du Parlement est bien réelle, puisqu'il faudra in fine que 378 députés valident le cadre financier pluriannuel. Seule une partie du groupe majoritaire, celui de la droite (PPE), a tenté d'atténuer la vigueur de la résolution en lui ôtant le terme "rejet".

Mais la manœuvre a échoué et les frondeurs, majoritairement des eurodéputés polonais craignant de renverser un accord très favorable à leur pays, s'y sont ralliés.

"C'était l'épreuve du feu, et le Parlement est toujours debout", se réjouissait après le vote M.Lamassoure, qui prenait un plaisir non dissimulé à rappeler que le temps joue contre les Etats puisque, en cas de désaccord, les règles de 2013 s'appliqueront automatiquement pour 2014... soit des montants supérieurs à ceux négociés en février par les chefs d'Etat et de gouvernement.
Mercredi, les parlementaires cachaient d'ailleurs mal leur satisfaction d'avoir réalisé un "coup", alors que leur institution est volontiers moquée pour sa faiblesse. Le président du Parlement, le socialiste allemand Martin Schulz, évoquait "un grand jour pour la démocratie européenne", tandis que la Française Catherine Trautmann (PS) saluait "un acte fort, surtout vu les pressions qui se sont exercées".

"Le but n'est pas de montrer les muscles pour montrer les muscles, relativise la députée bulgare (PPE) Mariya Gabriel. Après le Conseil, chaque premier ministre est rentré chez lui en clamant "J'ai gagné!". On a voulu rappeler que l'ambition européenne avait été oubliée en chemin."

"De toutes les grandes batailles que le Parlement a menées, celle-ci est sans doute la plus importante, estime quant à lui le chef de file des libéraux, le Belge Guy Verhofstadt. A la fois pour obtenir un budget plus efficace dans la crise et pour changer en profondeur la nature de l'Union."

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Au Parlement européen de barrer la route à l'austérité et aux populismes

(Tribune parue dans Le Monde le 13 mars 2013)

 

Les électeurs italiens ont sanctionné la politique exigée par l'Union européenne et menée par le président du conseil sortant, Mario Monti : la rigueur budgétaire sans relance. Au-delà de traditions antiparlementaires que certains veulent voir comme un exotisme spécifiquement transalpin, le constat s'impose aux élites européennes : l'austérité technocratique n'est pas la vision du monde qu'attendent les citoyens.

C'est pourtant cette vision que tentent toujours d'imposer ses dirigeants à l'UE. Car, la crise des dettes souveraines étant passée par là, les égoïsmes nationaux ne se sont jamais manifestés avec autant de cynisme. Pour la première fois, les chefs d'Etat et de gouvernement, transformés en autant de Margaret Thatcher, ont revu le budget de l'Union à la baisse, acceptant les oukases du premier ministre britannique, David Cameron, et de la chancelière allemande, Angela Merkel, succombant aux marchandages indécents du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Le budget européen n'est pas celui d'un 28e Etat supranational. C'est avant tout un budget de solidarité, de redistribution et d'investissement. En refusant de se doter d'une capacité commune de relance, ces dirigeants ne nous infligent pas seulement l'austérité, ils nous empêchent de reconquérir à l'échelle européenne une partie de la souveraineté abandonnée depuis des années aux marchés et à la finance.

Précisons que ce budget ne représente que 1 % du produit intérieur brut (PIB) de l'UE, vingt-cinq fois moins que le budget fédéral des Etats-Unis. Le réduire serait une nécessité ? Risible. Couper dans les budgets consacrés à la recherche et à l'innovation, à la cohésion, aux réseaux européens d'énergie, de transport et de télécommunication, au verdissement de la politique agricole commune et à la solidarité internationale relèverait de l'intérêt général ? Ridicule.

La parodie de souveraineté nationale que jouent nos dirigeants nous condamne à la victoire des populismes de droite comme de gauche - qu'ils se parent de bonnets phrygiens ou de marinières. Quoi de plus facile que de s'engouffrer dans l'espace béant de désillusion démocratique qui se creuse entre les discours forgés dans le repli national et la réalité des pouvoirs tels qu'ils sont exercés par les Mittal et autres géants multinationaux, d'un côté, et les Depardieu anonymes, de l'autre ?

Pendant que les premiers jouent du chantage permanent à l'emploi pour récolter les subventions publiques tout en restructurant mondialement leurs activités, les seconds jouent de la concurrence fiscale entre pays de l'UE. Tous piétinent l'idée même d'une fiscalité européenne juste et progressive, et imposent à des Etats impuissants leurs logiques de dumping social, environnemental et fiscal.

L'exemple italien, après beaucoup d'autres, démontre que l'approche gestionnaire du statu quo libéral ne nous sauve ni de l'échec ni de la montée des extrêmes qui l'accompagnent inéluctablement. Faut-il que nos imaginaires politiques soient à ce point marqués par l'espace national pour que nos dirigeants fassent le choix du renoncement face aux marchés plutôt que celui d'une souveraineté partagée ? Qu'ils préfèrent miser sur toujours plus de libéralisme, plutôt que sur la régulation et une relance de l'économie par l'investissement durable ? Ces dirigeants réalisent-ils qu'en se privant d'un budget européen ambitieux, après avoir imposé aux Etats une discipline fiscale exercée par la seule Commission européenne, ils coupent la branche démocratique sur laquelle ils sont assis ?

Parce qu'il a le pouvoir de voter contre le budget proposé par le Conseil, le Parlement européen a rendez-vous avec l'Histoire. Sa longue marche en avant entamée en 1979 le conduit à avoir le sort de la démocratie européenne entre les mains. Elu par les Européens, il a les moyens de s'opposer à la thérapie de choc imposée par des Etats oublieux de leurs devoirs. Il a les moyens de refaire de l'UE un espace démocratique.

La reconquête portée par le Parlement serait donc double. Face aux marchés d'abord, pour redonner à la politique le pouvoir d'agir au service des citoyens. Cela passe par un budget plus ambitieux et des politiques adaptées : mutualisation des dettes, harmonisation fiscale, ressources propres, pacte social de solidarité, lutte contre le dérèglement climatique, engagement d'une troisième révolution industrielle fondée sur la transition écologique. C'est le moment de se défaire de tous les conservatismes et de renouer avec le progrès et la prospérité partagée.

Face aux Etats ensuite, qui voudraient faire croire que préserver le monde ancien relève du courage politique et qui, plutôt que d'assumer leurs décisions, préfèrent doter la Commission européenne de pouvoirs immenses sans aucune contrepartie démocratique ! Le Parlement doit assumer la codécision budgétaire et proposer les modalités d'un contrôle démocratique dans lequel se reconnaissent les citoyens européens.

Le combat pour la démocratie européenne est engagé au Parlement. Mais déjà, en France ou ailleurs, les députés européens subissent les pressions de leur gouvernement pour obtenir allégeance à la politique nationale, et les discours pro-européens enflammés d'hier commencent à se diluer dans d'improbables explications.

Le groupe des Verts-Alliance libre européenne (ALE) refuse le sacrifice de l'Europe et défendra le droit du Parlement de voter non, pour forcer une renégociation. Après le fiasco italien, il en a plus que jamais le devoir !

Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, députés européens, groupe Les Verts-Alliance libre européenne

 

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Published by Vert Lilas - dans Europe
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 14:24

 Sur ce sujet peu facile, des  points de vue intéressants, qui complète un mois plus tard http://leslilasecologie.over-blog.com/article-rythmes-scolaires-ou-va-le-train-115584117.html

Il faut réformer les rythmes scolaires

(Le Monde, 13 mars 2013)

Un débat public intense entoure actuellement la réforme des rythmes scolaires. Rappelons-le, cette réforme vise à faire de nouveau bénéficier nos écoliers d'une semaine de quatre jours et demi de travail scolaire, situation qui prévalait avant la réforme Darcos de 2008. En ajoutant une demi-journée de classe, elle permet d'alléger les quatre longues journées scolaires, inefficaces en termes d'apprentissage, tout en continuant à accueillir les écoliers jusqu'à 16 h 30 dans le cadre d'études surveillées et d'activités périscolaires, ces dernières étant organisées par les municipalités.

Mais alors que, aujourd'hui, la réforme est débattue, ce n'est plus l'intérêt de l'enfant qui est au coeur des échanges publics. Le débat se centre désormais sur les nouvelles contraintes qui s'imposeront aux adultes (les enseignants doivent-ils travailler une demi-journée supplémentaire, comme avant 2008 ?), ou des réflexions organisationnelles (la demi-journée supplémentaire doit-elle s'organiser le mercredi ou le samedi ?).

Pourquoi la réforme des rythmes scolaires entraîne-t-elle un débat si confus et de telles résistances récurrentes, alors même que lors de la concertation autour de l'école qui s'est tenue à l'été 2012, tous les professionnels et partenaires de l'école - les syndicats des enseignants, les fédérations de parents d'élèves, les représentants des associations de collectivités territoriales, les chercheurs, les représentants du secteur touristique - se sont accordés pour juger cette réforme à la fois pertinente et nécessaire.

 

NOUVEAUX COÛTS

Elle touche à la vie quotidienne des professionnels de l'école. Elle aura pour conséquence majeure de modifier l'emploi du temps des enseignants en rajoutant une demi-journée de cours qu'ils ne dispensaient plus depuis la réforme Darcos de 2008. La réforme est aussi remise en question par des municipalités ou conseils généraux qui y voient de nouveaux coûts, dans une période de contrainte budgétaire.

Elle bouleverse également les représentations sociales et les valeurs des professionnels de l'école. Elle donne la possibilité aux municipalités de développer de nouvelles activités périscolaires durant ce qui est vécu par les enseignants comme le temps scolaire historique, le sacro-saint "8 h 30 - 16 h 30". Faire passer la réforme, c'est changer ces représentations, une tâche plus ardue que tout changement d'organisation scolaire.

Enfin, elle implique que dans chaque municipalité se construise un projet et donc un consensus engageant un grand nombre d'acteurs porteurs de cultures et d'identités professionnelles différentes : éducation nationale, municipalités, conseils généraux si des transports scolaires sont impliqués, associations oeuvrant dans l'éducatif, établissements publics chargés d'infrastructures... Elle est aussi ardue parce qu'elle concerne l'enseignement primaire, dont la gestion est atomisée entre des milliers de municipalités.

Le gouvernement précédent avait bien compris la difficulté. Luc Chatel, après avoir réuni une commission sur les rythmes scolaires en 2010 dont les préconisations étaient similaires à celles de la réforme aujourd'hui engagée, avait préféré en différer l'application. L'amorce du débat sur le sujet dès le quinquennat précédent démontre que cette réforme dépasse largement le clivage droite-gauche, car elle implique très fondamentalement l'intérêt des enfants les plus jeunes.

Faut-il renoncer devant tant de difficultés ? Non, car il s'agit d'une réforme cruciale qui, de plus, conditionne l'efficacité des autres politiques prévues dans l'enseignement primaire.

 

L'EXCEPTION FRANÇAISE

Elle vise, avant tout, à redonner à chaque écolier sa pleine capacité d'apprentissage, en répartissant plus harmonieusement les heures d'enseignement strictement scolaire sur un nombre plus important de jours. Aujourd'hui, avec une semaine scolaire de quatre jours travaillés seulement, alors que la norme en Europe est à la semaine d'au moins 4 jours et demie, avec 144 jours d'école par an contre 180 en moyenne dans les 34 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France est une exception sur la scène internationale par le faible nombre de jours dont bénéficient nos écoliers.

Par ailleurs, les chercheurs chrono-biologistes ont démontré qu'une semaine d'apprentissage sans la rupture constituée par un jour non travaillé respecte le rythme biologique de l'enfant. L'argument aujourd'hui avancé selon lequel les enfants se reposeraient le mercredi est non fondé scientifiquement, cette journée sans école dérègle leur horloge biologique. Grâce à ce changement dans le temps scolaire, l'écolier bénéficiera aussi soit d'un accompagnement au travail scolaire, soit d'activités périscolaires.

La réforme est particulièrement importante pour les enfants issus de milieux défavorisés, qui bénéficient d'un faible encadrement du travail scolaire à la maison. Certes, animer ces activités a un coût, c'est pourquoi le ministère a créé un fonds d'amorçage avec une aide financière différente selon la richesse des municipalités. Une évaluation régulière de la réforme est nécessaire pour s'assurer que la qualité de ce nouveau service éducatif ne diverge pas selon les territoires, une mutualisation entre collectivités locales des savoir-faire en matière d'activités périscolaires également.

Enfin, la réforme est aussi cruciale car elle conditionne l'efficacité d'autres réformes en cours. Bénéficier d'un jeune maître bien formé, de nouvelles pédagogies dans le cadre du dispositif "Plus de maîtres que de classes" qui permet la co-intervention de deux professeurs, d'un accès à l'école maternelle dès 2 ans, trouvent leur efficacité si l'élève est disponible intellectuellement pour les apprentissages. Il s'agit donc d'une réforme à la fois centrale mais urgente. Chaque année passée sans réforme conduit nos écoliers à perdre une part non négligeable des heures utiles pour leurs apprentissages. Faut-il continuer à en différer la décision ?

 

                                          Collectif, dont, parmi les cosignataires de ce texte, Christian Forestier, copilote du dispositif de concertation autour de l'école et coprésident du comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires ; Nathalie Mons, sociologue et copilote du dispositif de concertation autour de l'école ; Jean-Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l'enseignement ; Odile Quintin, coprésidente du Comité de pilotage de la Conférence nationale sur les srythmes scolaires ; Dominique Schnapper, directrice d'études à l'EHESS ; ...

 ---------------------

 

Les quartiers défavorisés financeront-ils la réforme ?

 

La réforme des rythmes scolaires va-t-elle avoir pour effet pervers et inattendu un transfert des moyens d'action sociale des classes populaires vers les plus favorisés ? Les incertitudes sur son financement - grand absent des débats et des mobilisations sur le sujet - nous le font craindre. A priori, nous regardons ce projet d'un bon oeil.

Dans un livre phare des années 1970, Une société sans école, le philosophe Ivan Illich s'inquiète que la scolarisation obligatoire nuise à l'apprentissage, compris non seulement comme l'enseignement pratique d'un métier mais aussi comme la capacité des personnes à apprendre par elles-mêmes. Car il se crée alors une dépendance à l'institution - on croit ne pouvoir apprendre qu'à l'école - qui est aussi une manière de perdre du pouvoir sur sa vie, personnellement et collectivement : par l'apprentissage " sur le tas ", les classes populaires étaient les maîtres de leur propre éducation; avec le développement de l'institution école, elles la remettent entre les mains d'une autre classe. Cela crée un sentiment durable de frustration et d'illégitimité chez celles et ceux qui n'ont pas suivi une scolarité longue.

Nous ne rappelons pas cela pour remettre en question l'urgence de moyens et d'une réforme de l'école, mais pour dire que faire mieux l'école, c'est parfois en faire moins, et faire une place à d'autres formes d'éducation. Dans nos maisons de quartier ou celles dans lesquelles nous avons travaillé se déroule de l'éducation non scolaire : l'animation des centres de loisir, le scoutisme, les ateliers d'éducation populaire... Faire entrer ces techniques dans l'école nous semble une chance pour tout le monde. Notre inquiétude est ailleurs : avec quels sous ? Nous craignons que ce soit les nôtres. (…)

Roberto Beltrami et Stéphane Lavignott, Directeurs des maisons de quartier de la Fraternité de la Belle-de-Mai (Marseille) et de La Maison verte (Paris), pasteurs de la Mission populaire évangélique de France (in Le Monde, Dialogues,13 mars 2013)

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 15:25

En écho à notre dernier numéro d'écolo ! sur la viande, un autre regard sur cette question, avec des arguments multiples - il y en a pour tous les goûts !

Pourquoi arrêter de manger de la viande ?

  • Par compassion envers les animaux

Manger des animaux implique non seulement un meurtre animal de masse, mais encourage également les éleveurs à faire naître des milliards de vies innocentes, qui, sans la demande expresse, répétée et soutenue des consommateurs, n’auraient jamais vu le jour.

Ces vies ayant été créées dans l’unique but de mourir vite, dès que les animaux deviendront moins productifs, ou qu’ils auront atteint le poids satisfaisant pour l’éleveur. Par ailleurs, la plupart des animaux victimes de l’industrie de la viande sont des individus jeunes, voire très jeunes. Ainsi, les cochons sont abattus vers l’âge de 6/7 mois, quand ils auraient pu vivre environ 15 ans. La durée de vie d’un veau est généralement de 5 mois. Leur mère, les vaches, pourraient vivre environ 20 ans, mais elles sont abattues vers l’âge de 5 ans. Les poules ont une espérance de vie d’environ 8 ans mais sont tuées à environ 1 an ½.

Les animaux aquatiques n’échappent toutefois pas à cette règle implacable et se comptent par millions de tonnes. Ils sont écrasés dans les filets, asphyxiés, énucléés par compression, écaillés vivants par commodité et au nom de l’éternelle rentabilité, alors que leur sensibilité a déjà été maintes fois démontrée, sachant que tout être vivant doté d’un système nerveux souffre inévitablement…

Chosifiés, méprisés, enfermés, la seule importance accordée à ces êtres vivants, sensibles et conscients se résume à deux fonctions : Productivité et Rentabilité.

  • Par solidarité envers les affamés humains dans le monde

L’un des plus grands scandales humanitaires concerne la quantité astronomique de nourriture donnée de manière frénétique aux animaux parqués dans les fermes d’engraissement. Plus d’un tiers des récoltes céréalières dans le monde est ainsi sciemment détourné, pour le seul usage des animaux destinés à la consommation. Un véritable pillage de cultures organisé, un gaspillage insensé et un détournement de céréales qui pénalise lourdement les pays du Tiers-Monde, notamment les enfants.

En effet, pour « produire » 1 kg de bœuf, 7 à 10 kg de céréales seront nécessairement utilisés, 15 500 litres d’eau seront nécessaires. Combien d’êtres humains auraient ainsi pu être épargnés ? Si les hommes étaient nourris à la place des animaux d’élevage, un intermédiaire scandaleusement gaspilleur, la faim dans le monde ne sévirait plus.

Manger de la viande c’est voler le grain du pauvre pour nourrir la vache du riche…

  • Par souci de sa santé

La consommation de viande apparaît aujourd’hui comme un véritable problème de santé publique. Manger de la chair animale est un facteur de risque évitable pour la santé humaine. La viande favorise indiscutablement le diabète, est source d’obésité, élève de manière notoire le risque de certains cancers et favorise les infarctus. De nombreux scientifiques affirment d’ailleurs qu’une alimentation sans apports de produits animaux est particulièrement adaptée à la physiologie humaine et couvre tous les besoins en substances nutritives essentielles au bon équilibre du corps.

De plus, d’impressionnantes quantités d’antibiotiques et autres produits chimiques sont administrées aux animaux dans les élevages et ont une répercussion dramatique sur le consommateur humain en bout de chaîne, et sur l’environnement.

Manger de la viande c’est creuser sa tombe avec ses dents.

  • Par respect de l’environnement

La viande est la gangrène de notre planète qui s’étouffe et suffoque sous des quantités effroyables de méthane et de lisiers qui polluent de manière irrémédiable l’air que nous respirons ainsi que les nappes phréatiques, indispensables à l’alimentation des sources en eau potable.

À lui seul, l’élevage est responsable de la plus importante émission de gaz à effet de serre dans le monde. Il précipite le réchauffement climatique et pollue davantage que tous les modes de transport réunis.

En outre, les animaux étant majoritairement nourris avec des céréales et des tourteaux de soja (OGM et bourrés de pesticides), d’importants stocks de ce végétal sont notamment cultivés en Amazonie (où la forêt est massivement défrichée et condamnée pour la culture de cette légumineuse et transformée en pâturages) et en Asie puis acheminés vers des pays tiers, contribuant ainsi directement à la dégradation de l’environnement.

Un bœuf « fournira » 1500 repas alors que les céréales consommées durant sa courte vie auraient pu en fournir 18000.

Par an, un végétarien consommera directement pour s’alimenter quelque 180 kg de céréales tandis qu’un consommateur de viande en gaspillera indirectement 930 kg.


À propos de la Journée Sans Viande
Manifestation annuelle organisée par l’organisation américaine FARM, la Journée Sans Viande (campagne MeatOut en anglais) est une campagne internationale destinée à encourager une évolution vers un régime éthique et équilibré à base de fruits, de légumes et de céréales en faisant la promotion du large choix d’alternatives à la viande.

A l’heure où la consommation de viande est de plus en plus remise en cause et décriée, la Journée Sans Viande (JSV), une campagne internationale à caractère laïque se déroulant chaque année le 20 mars ou alentour avec le retour du printemps, donne lieu à travers le monde à de nombreuses actions d’information et de sensibilisation aux multiples conséquences de la consommation de viande : calvaire des animaux dits de consommation, pillage et pollution de l’environnement, détérioration de la santé humaine et gaspillage massif de céréales.
Chaque année sont organisés partout dans le monde des stands de dégustation de délicieuse nourriture sans exploiter ni faire souffrir les animaux, des actions d’information sur les différentes motivations éthiques pour ne plus manger de viande, des conférences, des cours de cuisine ou des repas sans viande partagés avec des proches, des voisins ou des collègues.

La journée idéale pour s’informer, franchir le pas et adopter un régime sans cruauté envers les animaux et aux multiples avantages.

Pour l’édition 2012 de la Journée Sans Viande animée en France par le collectif International Campaigns et relayée par de nombreuses associations locales, de nombreux stands de sensibilisation au sort des animaux-machines à viande et à la promotion d’une alimentation sans viande ni aucun produit d’origine animale auront lieu le 20 mars ainsi que les week-ends du 16 mars et du 23 mars 2013 à travers toute la France.

Le public sensibilisé aura donc cette année quelques jours de réflexion pour s’engager le 20 mars sur la voie d’un mode d’alimentation sans cruauté envers les animaux et aux multiples avantages.

Cette année encore, des centaines d'actions sont prévues dans le monde avec notamment pour objectif en 2013 de faire goûter de la nourriture vegan à l’occasion de la Journée Sans Viande à plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers le monde.

« Rien qu’en France, chaque jour, plus de 3 millions d’animaux, soit plus d’un milliard par an, sans tenir compte des animaux aquatiques comptabilisés en tonnes, sont abattus pour la consommation humaine. Soit environ 65 milliards par an à travers le monde. Êtres sensibles, tous ces animaux réduits à l’état de marchandise sont de plus en plus trafiqués génétiquement et élevés dans des conditions concentrationnaires avant d’être transportés sans ménagement vers l’abattoir pour y être tués de manière brutale. Tant de cruauté et de maltraitance industrialisées alors qu’il est parfaitement possible de ne pas manger de viande et d’être en bonne santé ! », déclare un porte-parole d’International Campaigns, collectif pour les droits des animaux qui anime la Journée Sans Viande en France depuis 2006.

 

 

Site Web : www.journee-sans-viande.info
Email : info[at]journee-sans-viande.info

Contacts International Campaigns Tél. : 06 86 54 89 56 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 16:35

BASSIN PARISIEN : Les compagnies pétrolières préparent le terrain pour le pétrole de schiste…

 Les collectifs citoyens demandent l’arrêt des travaux de forage sur le permis de Mairy. 

« Dans le cadre du permis de recherche de Mairy, la compagnie américaine Hess Oil procède depuis janvier 2013 à des opérations de forage de recherche sur sa plate-forme à Huiron située en Champagne-Ardenne  dans le département de la Marne. Sur ce permis, 2 autres forages aux conditions identiques, ont été prévus et demandés par la même déclaration : à Ecury-sur-Coole et Maisons-en-Champagne. Elle déclare forer pour rechercher du pétrole conventionnel alors que le permis était identifié clairement « huile de roche-mère » dans la lettre de mission du 04 février 2011 des CGEDD/CGIET ainsi que le communiqué de presse afférent du 10 février 2011.

Comment cette compagnie explique-t-elle dans le dossier de déclaration des travaux (déposé par Toréador avant la loi du 13 juillet 2011), les deux phases de forage envisagées ? « L’objectif de nos forages de recherches est de déterminer lors du forage vertical les caractéristiques pétrophysiques et pétrolières de ces niveaux du Lias, en prélevant des échantillons de carottes pour analyse au laboratoire. Ces analyses devraient permettre de définir quels sont les niveaux prometteurs parmi les roches du Lias et parmi ces niveaux, choisir le niveau qui sera reconnu par un forage horizontal » (Chapitre 1, p.3). Le Lias est l’étage des schistes, des roches-mères, il n’y a donc aucun gisement conventionnel, ni aucun réservoir classique possible. Ces explications sont claires : les roches-mères et  l’étage des schistes sont visés, l’objectif est de choisir la bonne profondeur pour forer horizontalement dans les schistes. C’est une recherche d’objectifs non-conventionnels. Pourquoi prévoit-elle cette deuxième phase si elle affirme ne chercher en France que du pétrole conventionnel ? Pour rappel, Hess Oil réalise aux USA une grande partie de son chiffre d’affaire grâce à son extraction de pétrole de schiste. De plus, Hess Oil  indique en toutes lettres dans sa déclaration de travaux qu’elle peut recourir pour cette deuxième phase, à la fracturation hydraulique.

Même si l’arrêté préfectoral du 14 Avril 2011 donnant acte de la déclaration de travaux miniers stipule, en son article 18, que la fracturation hydraulique n’est pas autorisée, les collectifs se demandent comment Hess Oil va procéder pour tester la perméabilité et pour récupérer ce pétrole dans cette formation étanche, la seule solution technique étant de fracturer !

Alors pourquoi Hess Oil poursuit-elle ses opérations de forage et que cherche-t-elle ? 

En se cachant derrière sa recherche de pétrole conventionnel, elle se prépare pour une future exploration et exploitation du pétrole de schiste dès que celles-ci seront autorisées, car aujourd’hui rien ne lui interdit dans ses travaux de forage, après l’installation d’un puits vertical en phase 1, de mettre en œuvre une phase 2, pour réaliser un drain horizontal.

 

Il n’aura échappé à personne, ces dernières semaines, que de multiples déclarations et démarches tentent d’accélérer la décision de mettre en place rapidement des expérimentations sur des techniques « alternatives » à la Fracturation Hydraulique, pour promouvoir à terme l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels. Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été introduite devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 8 janvier 2013 par les avocats de la compagnie Schuepbach pour annuler les articles de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Si cette QPC est jugée recevable par le tribunal et que le Conseil Constitutionnel annule les articles, nous nous retrouverions dans la situation législative de 2010 ouvrant à nouveau la voie à l’exploration/exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

C’est pourquoi, les collectifs contre les Gaz et Huiles De Schiste (GHDS) dénoncent cette pratique de Hess Oil qui, profitant de ce contexte, entretient une ambiguïté sur les réels objectifs géologiques visés.

C’est pourquoi aussi, les collectifs contre les GHDS s’interrogent sur l’attitude du gouvernement qui, à maintes reprises, a évoqué la suspension de toute activité d’exploration tant que la réforme du code minier actuellement à l’étude et les débats citoyens sur la transition énergétique n’auront pas été menés à terme.

Les collectifs contre les GHDS sont profondément surpris que ce forage ait pu commencer dans un cadre juridique inédit à savoir que la requête de Hess Oil portant sur l’accord de prolonger de quatre années le permis de recherche a été rejetée le 17 janvier 2013 par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. La date d’expiration de ce permis, débuté en 2007 pour 4 ans, est donc dépassée. Pourtant ce rejet n’empêche visiblement pas la poursuite des recherches d’hydrocarbures sur le terrain.

Les collectifs contre les GHDS demandent l’arrêt immédiat des travaux sur la plate-forme de Huiron, pour permettre d’examiner et contrôler les programmes de forage du permis de Mairy selon les dispositions de la circulaire du 21 septembre 2012 de la ministre D.Batho, en s’assurant que les travaux prévus ou réalisés correspondent à la qualification des objectifs géologiques du permis.

La justice n’a pas encore «statué au fond sur la légalité» concernant la mutation du permis souhaitée par Hess Oil. Aussi les collectifs demandent que la justice examine la légalité de la mutation du permis souhaitée par Hess Oil, lequel, malgré le rejet de prolongation du permis de Mairy, poursuit ses activités de forages en absence de tout cadre légal.

Les collectifs ne cesseront jamais de rappeler leur opposition à toute forme d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels DANS LE BASSIN PARISIEN OU AILLEURS, AUJOURD’HUI OU DEMAIN ! »

(une déclaration des collectifs GHDS, dont le Collectif citoyen Ile-de-France « non aux gaz et pétrole de schiste », collectif-citoyen-idf-non-aux-gpds@lists.riseup.net, paru sur le blog de la Coordination Eau Île-de-France)

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 19:42

chaine2013-entete

Bientôt, le 2e anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

Le 9 mars aura lieu à Paris, la grande Chaîne humaine pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire ( http://chainehumaine.org/ ).

Le groupe EELV du Pré Saint-Gervais - Les Lilas prendra toute sa place dans cette mobilisation avec les groupes de Montreuil, Bagnolet et Paris 20e, pour l’événement phare de l’Est parisien avant de converger vers la chaîne humaine.
Merci à toutes et à tous de nous rejoindre pour assurer son succès !
Toutes infos sur le site de la chaîne humaine : http://chainehumaine.org/Departs-groupes 

Objectifs :
Mobiliser tous les écologistes sur l’un des fondamentaux : l’arrêt du nucléaire.
Profiter de l’actualité médiatique : 2e anniversaire Fukushima, chaîne humaine Sortir du nucléaire à Paris le 9 mars

Déroulement : Caravane à pieds, vélo, roller, skate en combinaisons blanches et masques.
A partir de 12h15, Rassemblement devant Métro Mairie des Lilas.

12h30 : départ caravane rue de Paris, rue des frères Flavien, puis sur Bagnolet, rue Pierre Soulié, rue Hoche, avenue Gambetta et on rejoint Galliéni, puis le long du périphérique et du marché aux Puces jusqu'à la place Porte de Montreuil au dessus du périphérique, vers 13h15...
13h30 : Happening porte de Montreuil au dessus du périph (avec EELV Montreuil, Bagnolet et Paris 2Oe)


13H45 : départ pour rejoindre le point de rassemblement le plus proche de la chaîne humaine :

Parvis de la gare de Lyon (12e)

Accès : M° 1 et 14 - RER A et D

Collectif(s) organisateur(s) : RECH, EELV Paris et Ile de France

Thème : point de rassemblement international

Animation : MUSUNDE HIRAITE jouera et chantera des musiques traditionnelles de la région de FUKUSHIMA, des compositions inédites et originales, et des danses traditionnelles françaises et macédoniennes.

Lieu(x) de pouvoir à encercler : Autorité de Sûreté Nucléaire.

L'ASN assume, soit-disant, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. Elle constitue un pilier de l'encadrement du nucléaire par l'Etat. Son image de "gendarme du nucléaire" et son discours portant sur la transparence envers les citoyens a pour vocation de rassurer ces derniers. Ainsi, la critique du fonctionnement du nucléaire vise à prôner sa maîtrise et à écarter une critique fondamentale. Source: http://www.contretemps.eu/interviews/critique-nucl%C3%A9aire-gouvernement-opinion


Inscrivez-vous dès maintenant à la chaîne humaine Le Pré Saint-Gervais - Les Lilas surhttp://www.doodle.com/ytxdrpyvdec3gcqs

Et après la mobilisation pour la chaîne humaine, la discussion et la réflexion sur la transition énergétique, à partir de 17H. Vous êtes toutes et tous bienvenu-e-s
Samedi 9 mars 2013 de 17 h à 19 h

Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan 75002 – Paris, Métro ligne 3, station Sentier,

débat national sur la transition énergétique

La fin de l’exception française ?

table ronde

avec

Hélène Gassin, vice-présidente de la région Île-de-France en charge de l'agriculture, l'environnement et l'énergie ; membre du Conseil national du débat sur la transition énergétique au titre de l'Association des Régions de France.
Bruno Rebelle, directeur de Transitions ; membre du comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique,
Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace France,
Claude Turmes, député européen Verts luxembourgeois ; rapporteur des directives sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique,

animée par Yannick Jadot, député européen EELV, membre de la Commission de l'industrie et l'énergie au Parlement européen.










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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 16:47

 d’après Le Monde, 27 février 2013.

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 Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 12 février lors de l'adoption du projet de loi sur le "mariage pour tous". | (Jean-Claude Coutausse/french-politics pour "Le Monde")


Il est des reculs, des pas de deux, des hésitations – sinon, encore, des renoncements – qui passent mal chez les élus socialistes. Jacques Valax, député du Tarn, n'oublie pas qu'en octobre 2010 – le PS était alors dans l'opposition – il fut le rapporteur d'une proposition de loi organique du groupe socialiste, dont le premier signataire était Jean-Marc Ayrault, "visant à interdire le cumul du mandat de parlementaire avec l'exercice d'une fonction exécutive locale".

Alors, les tergiversations du gouvernement sur la mise en œuvre de l'engagement n° 48 du candidat François Hollande, irritent, intriguent, agacent. "On manque de courage politique", déplore M. Valax. "Je suis un élu provincial, pas dans le microcosme, revendique M. Valax. Il y a une sorte d'aréopage intellectuel qui n'écoute plus la base. Les militants socialistes ont voté cet engagement à 75 %. Qu'est-ce qu'on va leur dire si on remet ça à plus tard ? Plus le temps passe, plus on ne fait rien, au nom de l'intérêt supérieur du parti et du gouvernement. Et bien non ; quand on est au pouvoir, on va jusqu'au bout de ses convictions. Là, on est dans la tiédeur."

L'avis – non public – du Conseil d'Etat transmis vendredi 22 février au gouvernement et recommandant que les règles de non-cumul prennent effet en 2017, à échéance des mandats parlementaires en cours, est apparu comme un paravent, un ultime prétexte derrière lequel pourrait se réfugier l'exécutif pour repousser à plus tard un non-cumul effectif.

Dans une tribune adressée au Monde, mardi 26 février, M. Valax ainsi que trente-huit de ses collègues députés rappellent :

Le non-cumul des mandats, c'est maintenant ! 

Le non-cumul des mandats est un engagement majeur du président de la République, François Hollande, réaffirmé par Jean-Marc Ayrault. Notre pays est aujourd'hui le seul parmi les démocraties occidentales à accepter ce phénomène du cumul des mandats. Le mandat unique est chez nous l'exception.

Même si cette pratique n'était pas encore juridiquement interdite, les candidats socialistes aux élections législatives avaient pris l'engagement moral de démissionner de leur mandat dans les exécutifs locaux à l'automne. Certains ont tenu leur parole. Ils restent toutefois une minorité. Pourtant, la volonté des militants est clairement établie, et à ce jour force est de constater qu'elle n'a toujours pas été respectée.

Des parlementaires renâclent. Leur argument relatif à l'enracinement local nécessaire aux élus nationaux pour justifier le cumul des mandats n'est pas crédible. C'est oublier que la Constitution prévoit que les députés et les sénateurs sont les représentants de la Nation toute entière. L'exigence démocratique, la transparence et l'exemplarité imposent d'en finir avec cette incongruité française, tant elle empoisonne les mécanismes institutionnels.

Nous souhaitons que l'exécutif dépose un projet de loi pour une application de cette réforme dès les prochaines échéances électorales. Le moment est venu de faire preuve de courage politique, et de nous appliquer à nous-mêmes cette promesse plébiscitée par les citoyens. Il en va de notre crédibilité. Qui peut en effet aujourd'hui dans la situation de crise que nous traversons imaginer que la responsabilité d'un parlementaire, qui adopte des lois et contrôle l'exécutif, puisse être assumée à mi-temps voire à tiers temps ? Nous devons être simples, pragmatiques et efficaces : un mandat parlementaire ne doit pas être cumulé avec une participation à un exécutif local.

Cette mesure permettra une indispensable modernisation de la vie politique française. Elle constituera une avancée démocratique majeure, en entrainant un renouvellement du personnel politique au niveau local, en redonnant à la fonction parlementaire toute sa force et en favorisant la parité, la proximité, et la disponibilité des élus.

Nous sommes convaincus de la nécessité de ce changement et déterminés à son application dès 2014.

Jacques Valax, député du Tarn, et des députés socialistes

Co-signataires :  François André, Député d'Ille-et-Villaine ; Christian Assaf, député de l'Hérault ; Nicolas Bays, député du Pas-de-Calais ; Karine Berger, députée des Hautes-Alpes ; Brigitte Bourguignon, députée du Pas-de-Calais ; Alain Calmette, député du Cantal ; Colette Capdevielle, députée des Pyrénées-Atlantiques ; Marie-Anne Chapdelaine, députée d'Ille-et-Vilaine ; Valérie Corre, députée du Loiret ; Pascale Crozon, députée du Rhône ; Seybah Dagoma, députée de Paris ; Laurence Dumont, députée du Calvados, 1ère Vice-présidente de l'Assemblée nationale ; René Dosière, député de l'Aisne ; Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis ; Chantal Guittet, députée du Finistère ; Danièle Hoffman-Rispal, députée de Paris ; Monique Iborra, députée de Haute-Garonne ; Michel Issindou, député de l'Isère ; Régis Juanico, député de la Loire ; François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône ; Pierre-Yves Le Borgn', député des Français établis hors de France ; Annick Le Loch, députée du Finistère ; Jean-Pierre Le Roch, député du Morbihan ; Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne ; Lucette Lousteau, députée du Lot-et-Garonne ; Patrick Menucci, député des Bouches-du-Rhône ; Philippe Noguès, député du Morbihan ; Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne ; Marie-Line Reynaud, députée de Charente ; Denys Robiliard, député du Loir-et-Cher ; Marcel Rogemont, député d'Ille-et-Villaine ; Barbara Romagnan, députée du Doubs ; Suzanne Tallard, députée de Charente-Maritime ; Cécile Untermaier, députée de Saône-et-Loire ; Jean-Michel Villaumé, député de Haute-Saône ; Paola Zanetti, Députée de la Moselle ; Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine ; Jean Grelier, député des Yvelines.

 

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