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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:24

D’après Bénédicte Monville De Cecco, conseillère régionale Europe-Écologie Les Verts en Seine-et-Marne, suivi de l’article de Sylvain Deleuze pour Le Parisien le 16 février 2017.

Les amis des forêts se mobilisent contre toute extraction minière

Le gouvernement socialiste soumet à consultation publique un projet de décret en conseil d'État qui prévoit d'ouvrir la possibilité d'une autorisation permettant, dans le périmètre d'une "forêt de protection", de mener des travaux - de fouilles et sondages archéologiques et/ou - de recherche ou d'exploitation souterraine de ressources minérales.

Qu’est-ce qu’une Forêt de protection ? Ce sont des forêts reconnues nécessaires au maintien des terres en montagne et sur les pentes, notamment pour éviter les avalanches, les érosions et les envahissements des eaux et des sables. Ce « régime forestier spécial » d’origine, a été ensuite étendu aux forêts situées aux abords des agglomérations et à celles dont le maintien s’impose pour des raisons écologiques ou pour le bien de la population. Dans ce cadre, aucun défrichement, aucune fouille ou extraction de matériaux, aucune emprise d’infrastructures publique ou privée et aucun exhaussement du sol ou dépôt ne peuvent être réalisés dans une forêt de protection.

Pour l'instant, seule la recherche en eau est autorisée sur un périmètre classé "forêt de protection". Et comme celles et ceux qui rédigent ce genre de décrets ne sont pas des imbéciles, même s'ils travaillent au bonheur d'intérêts bien particuliers, ils enrobent leur décret avec cette phrase :

"Cette modification du code forestier vise à créer une base juridique pour traiter certaines situations actuellement rencontrées dans les forêts périurbaines, objet de nombreuses attentes sociales mais dont le classement en forêt de protection ne peut être prononcé à ce jour, faute de l’existence d’un régime spécial permettant de réaliser des travaux de fouilles archéologiques ou d’extraction de matériau au sein du massif classé."

Comprenez, si nous n'autorisons pas la recherche ou l'exploitation de ressources minérales dans un périmètre classé "forêt de protection" alors des massifs forestiers non classés mais où ont déjà lieu des activités de recherche ou d'exploitation de ressources minérales ne pourront pas l'être. Énorme.

Vous pouvez adresser vos observations ici : consultations.foretdeprotection.dgpe@agriculture.gouv.fr, obtenir plus d'informations ici : http://agriculture.gouv.fr/consultation-du-public-sur-un-projet-de-decret-en-conseil-detat-relatif-au-regime-special-applicable. Le projet de décret est signé par les ministres de l'agriculture, de l'industrie, de l'environnement et de la culture.

Il est à noter également que d'importantes parcelles de la forêt de Fontainebleau vont être déclassées pour permettre des aménagements urbains : http://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/Expropriations-servitudes/Avis-d-enquete-publique/Modification-du-perimetre-Foret-de-Protection-Massif-de-Fontainebleau. Ici, l'enquête n'aura duré que deux jours !

Les deux dossiers ne sont pas liés a priori sinon qu'ils éclairent d'une manière particulièrement crue les logiques d'appropriation de la nature.

Bénédicte Monville De Cecco, Europe Ecologie Les Verts

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Elus et associations sont surpris et inquiets : un projet de décret vise en effet à modifier le régime spécial des forêts de protection, dont cinq sont franciliennes. Mais le ministère de l’Agriculture semble déjà faire machine arrière...

Un projet de décret du ministère de l’Agriculture, consultable jusqu’au 20 février sur son site Internet, visant à modifier le régime spécial des forêts de protection, a mis le feu aux poudres. Ce texte ouvrirait la possibilité « de réaliser des travaux de fouille archéologique, ainsi que de recherche ou d’exploitation souterraine des substances minérales d’intérêt national ou régional dans les forêts de protection ». Cela, à la grande surprise de nombreux élus et responsables d’associations de défense de l’environnement. Le décret concerne les forêts de Fontainebleau (29 815 ha en Seine-et-Marne), de Rambouillet (25 280 ha dans les Yvelines), de Fausses-Reposes (615 ha dans les Hauts-de-Seine), de Sénart (3 410 ha en Essonne) et de l’Arc-Boisé (2 900 ha à cheval sur l’Essonne, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne).

« J’aimerais savoir ce qui se cache derrière ce texte », s’inquiète Valérie Lacroute, député-maire (LR) de Nemours, (77) qui se dit stupéfiée par « sa mise en vigueur, le 1er mars : c’est un peu fort de café ! » « Nous sommes face à une logique d’accaparement de la nature », s’emporte Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale (Europe-Écologie les Verts) et conseillère municipale à Melun (77), qui parle même de « catastrophe ». « On est encore en période de consultation publique, mais on ne peut pas à la fois ouvrir et circonscrire », souligne le cabinet du président du conseil départemental, Jean-Jacques Barbaux (LR) qui estime « ce décret dangereux et non souhaitable » et espère que « des amendements seront apportés ».

Pour Denis Bauchard, le président de l’association des Amis de la forêt de Fontainebleau, « ce texte est ambigu ». Immédiatement, il s’inquiète d’une possible exploitation « du sable de Fontainebleau, de très bonne réputation, qui pourrait être utilisée pour les optiques de précision. » « On est dans un double discours, ce n’est pas cohérent », constate Bernard Bruneau, président de la fédération Nature Environnement 77, affiliée à France Nature Environnement, et qui a appris ce projet voici deux jours. « Les forêts de protection ne sont pas des variables d’ajustement, sinon ce classement ne sert à rien. »

Vigilante à l’échelle européenne, l’ONG allemande Sauvons la forêt, qui a lancé une pétition comptabilisant plus de 32 000 signatures hier, estime qu’« offrir la possibilité de mener des travaux de recherche ou d’exploitation souterraine des ressources minérales est une régression vis-à-vis des réglementations environnementales en vigueur. »

Face aux inquiétudes des élus et des associatifs, le ministère de l’Agriculture précisait hier soir que ce projet de décret « a été rédigé pour permettre le classement de quatre forêts : celles de Bondy (Seine-Saint-Denis), Montmorency et l’Isle d’Adam (Val-d’Oise) en Ile-de-France, ainsi que le massif forestier de Haye (Meurthe-et-Moselle) » Un peu plus tôt, il s’agissait « uniquement d’autoriser des fouilles archéologiques ou des travaux de recherche ou d’exploitation souterraine de substances minérales, pas de carrières à ciel ouvert ou de grands ouvrages. » En l’occurrence, l’exploitation du gypse dans les nouvelles forêts en cours de classement.

« Le ministère nous a affirmé qu’il allait reprendre le décret, précise Nicole Bricq, sénatrice (PS) de Seine-et-Marne. On va rester vigilant à la nouvelle rédaction. Par ailleurs, il n’y aura pas de rétroactivité. » Les forêts déjà classées en forêt de protection, comme celles de Fontainebleau ou Rambouillet, ne seraient donc pas concernées. Verdict le 1er mars. Face à la grogne, le ministère a tout de même prévu une rencontre avec des associations de défense environnementale, cet après-midi.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:50

Bruxelles menace Paris de saisir la justice européenne si elle ne prend pas de nouvelles mesures. L'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne font l'objet du même ultimatum. Par Joël Cossardeaux d’après l’AFP le 15 février 2017 pour Les Échos.

Paris est régulièrement touché par des pics de pollution. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Paris est régulièrement touché par des pics de pollution. LIONEL BONAVENTURE / AFP

C'est ce qui s'appelle aggraver son cas. Mise en demeure en 2015 par la Commission européenne de se conformer aux valeurs limites qu'elle a fixées en 2008 sur les émissions de dioxyde d'azote (NOx), la France, visiblement trop lente à s'exécuter, a reçu mercredi un nouvel avertissement de Bruxelles. Un coup de semonce qui pourrait être le dernier, fait-on comprendre au siège de l'exécutif européen, où l'on s'agace de voir que la France n'a toujours « pas remédié aux infractions répétées » qu'elle a commises. Si elle devait encore tarder à le faire, la Commission a indiqué qu'elle pourrait saisir sous deux mois la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour contraindre Paris à rétablir un air plus sain dans ses principales agglomérations.

La dureté de cet ultimatum est dictée par la situation. La persistance de niveaux élevés de NOx, dont 40 % des émissions proviennent du trafic routier et tout particulièrement des véhicules diesel (80 % des émissions liées à ce même trafic), « constitue un grave problème pour la santé », rappelle la Commission. En 2013, le dépassement des valeurs limites de NOx a, toujours selon elle, « entraîné la mort prématurée de près de 70.000 Européens, soit presque trois fois le nombre de décès par accident de la route ».

Un chiffre qui peut parfaitement baisser moyennant certaines mesures, notamment celles visant à réduire le trafic et à encourager l'usage des véhicules électriques, signale la Commission. C'est justement ce à quoi la France s'emploie avec la récente et progressive mise en œuvre de la vignette Crit'Air dans plusieurs grandes agglomérations, comme Paris ou Lyon.

Un mieux pas suffisant

« La situation s'améliore en France, mais ce n'est pas assez », a estimé très récemment un représentant de la Commission européenne. Le but de celle-ci n'est d'ailleurs pas tant de sanctionner que d'inciter les États à se mettre en règle en prenant des dispositions toujours plus efficaces. Et nombreuses sont celles qui doivent encore faire leurs preuves. L'ultimatum lancé mercredi à la France l'a été, et dans les mêmes termes, à l'Allemagne, au Royaume-Uni, à l'Italie et à l'Espagne. Autant de pays où des plans et des mesures de restriction de la circulation automobile en zone urbaine ont aussi été adoptés et de plus longue date.

En fait, Bruxelles joue sur la peur du gendarme. La France, déjà maintes fois grondée, n'en est pas encore à devoir payer des peines d'amende susceptibles d'atteindre 200 millions d'euros par an. ■

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:22
18 février Mobilisation contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure

Pour se joindre à la manifestation : http://vmc.camp/2017/01/21/quils-expulsent-on-sera-bois/
Un départ de Paris est organisé, à 7h de la place de la Nation, avec retour vers 19 ou 20h.
Il y a aussi un site de covoiturage
https://covoit.vmc.camp/.

À partir de 10h30, contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires. Dans la journée, appel à insurrection artistique, sessions d’apprentissage de grimpe, chantiers collectifs, fabrication de cabanes et barricades. Dans la soirée, art de rue, vins chauds et concerts en forêt… Infos : http://vmc.camp.

18 février Mobilisation contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure
18 février Mobilisation contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure

Réservez votre week-end du 12 au 15 août 2017 - date anniversaire de la "chute du mur" au bois Lejuc !  4 jours de rassemblement festif, informatif, convivial, constructif et militant cet été à Bure avec un temps fort d'action collective aura lieu dimanche 13 août.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:35

Dans un exercice réel de démocratie, les citoyens ne peuvent pas demeurer des intermittents de la vie politique. Par Dominique Rousseau, Professeur à l’université Paris-I-Panthéon- Sorbonne dans Libération du 15 février 2017.

Non, la démocratie n’est pas en crise. Ce qui s’épuise, c’est la forme représentative de la démocratie.

L’expression « démocratie représentative » ne doit son succès qu’à l’oubli des paroles de Sieyès opposant de manière radicale gouvernement représentatif et démocratie: «Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer; le peuple, dans un pays qui n’est pas une démocratie –et la France ne saurait l’être– ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants », écrivait-il. Le passage au suffrage universel, le développement des partis politiques, l’essor du Parlement, l’élection populaire du chef de l’État n’ont pas changé fondamentalement la réalité des choses s’ils en ont modifié les apparences.

Le principe même du régime représentatif n’est pas atteint et si les Constitutions modernes énoncent le principe du «gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple», elles consacrent l’essentiel de leurs dispositions à le déposséder de son pouvoir en organisant et légitimant la parole des représentants et par conséquent l’absence et le silence des citoyens.

C’est cette période constitutionnelle- là qui prend fin. Pas le principe démocratique. Car, au cœur des mouvements sociaux depuis une vingtaine d’années, un autre cycle s’ouvre qui porte l’exigence plus forte d’une démocratie continue.

Distincte de la démocratie directe, qui abolit toute distinction entre représentants et représentés, distincte de la démocratie représentative, qui monopolise la fabrication des lois au profit des seuls représentants, elle définit un au-delà de la représentation, non parce qu’elle la supprimerait, mais parce qu’elle transforme et élargit l’espace d’intervention des citoyens en inventant les formes et procédures leur permettant d’exercer un travail politique: le contrôle continu et effectif, en dehors des moments électoraux, de l’action des gouvernants.

Quelles sont les procédures de la démocratie continue? Le droit pour «tous les citoyens de concourir personnellement à la formation de la volonté générale», inscrit à l’article 6 de la Déclaration de 1789, doit se traduire par l’obligation pour les parlementaires de réunir des assemblées primaires de citoyens dans leur circonscription pour discuter des projets et propositions de loi et recueillir leurs avis avant qu’ils ne soient présentés à l’Assemblée nationale. Obligation renforcée pour les « décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement », puisque l’article 7 de la charte dispose que «toute personne a le droit de participer à leur élaboration».

Le droit pour tous les citoyens de réclamer, inscrit dans le préambule de la Déclaration de 1789, doit se traduire par le pouvoir de faire inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la discussion de telle ou telle proposition de loi, le droit d’accéder directement à une Cour constitutionnelle pour lui demander de vérifier la conformité des lois aux droits et libertés garantis par la Constitution et le pouvoir de mettre en cause la responsabilité des représentants qui ne respecteraient pas les principes constitutionnels.

Le droit pour tous les citoyens de demander la réunion d’une «convention de citoyens» tirés au sort pour délibérer sur les sujets sociaux, économiques et écologiques avant leur inscription à l’ordre du jour des assemblées parlementaires.

Le droit pour les citoyens qui portent à la connaissance du public des pratiques contraires aux biens communs de bénéficier du statut de lanceur d’alerte civique.

Le droit pour tous les citoyens à voir garanties les conditions nécessaires à leur développement, inscrit à l’alinéa 10 du Préambule de 1946, doit se traduire par le droit à un revenu universel de base et le droit à la préservation des biens communs en particulier l’air, l’eau, le sol et à l’accès universel et effectif aux ressources vitales, pour reprendre les mots du projet de Déclaration universelle des droits de l’humanité.

La démocratie n’est pas une somme arithmétique de suffrages et les citoyens ne sont pas des intermittents de la vie politique. La démocratie est l’expérience vivante des citoyens inventant en continu les formes de leur vie.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:11

Les crustacés des grands fonds océaniques, que l’on croyait vierges de toute souillure, sont très fortement contaminés par des polluants organiques persistants. Par Pierre Le Hir le 14 février 2017 pour Le Monde.

Les îles pacifiques. UNCREDITED / AP

Les îles pacifiques. UNCREDITED / AP

Les grands fonds marins sont la dernière « terra incognita » de notre planète. Un monde presque inaccessible, quasi inexploré, dont on imagine qu’il reste immaculé, vierge de toute souillure. Il n’en est rien. Il porte, lui aussi, la marque indélébile des activités humaines. C’est ce que révèle une étude de chercheurs britanniques publiée lundi 13 février dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Alan Jamieson (Institut des sciences biologiques et environnementales de l’université d’Aberdeen en Ecosse) et ses collègues ont sondé deux des fosses océaniques les plus profondes, celle des Mariannes, dans la partie nord-ouest du Pacifique, et celle des Kermadec, dans la partie sud-ouest. On est ici dans le domaine que les océanologues appellent « l’ultraprofond », celui de la zone hadale qui commence à partir de 6 000 mètres en dessous du niveau de la mer.

Ils y ont fait descendre, jusqu’au plancher océanique, un robot sous-marin équipé de nasses, dans lesquelles ils ont piégé, à différents étages de la colonne d’eau (entre 7 200 et 10 000 mètres pour la fosse des Kermadec, entre 7 800 et 10 250 mètres pour celle des Mariannes), des spécimens d’amphipodes. Il s’agit de petits crustacés au corps recourbé, d’une taille de l’ordre du centimètre, qui se nourrissent de tous les détritus tombant entre leurs mandibules : des détritivores, sortes d’éboueurs des mers. Des échantillons de trois espèces endémiques, Hirondellea dubia, Hirondellea gigas et Bathycallisoma schellenbergi, ont ainsi été collectés.

Ces puces de mer ont été remontées à la surface, où les chercheurs ont analysé la teneur de leurs graisses, ainsi que de la matière sèche obtenue après étuvage, en polluants organiques persistants (POP). Des molécules qui, comme leur nom l’indique, ont pour caractéristique de ne pas se dégrader naturellement, si bien qu’elles restent durablement présentes dans le sol, l’air et l’eau. Elles s’accumulent dans les tissus des êtres vivants – animaux ou humains – qui les inhalent ou les ingèrent, avec de multiples effets délétères.

« Puissante contamination »

Les fosses des Mariannes et des Kermadec plongent à plus de 10 000 mètres de profondeur. NATURE ECOLOGY & EVOLUTION

Les fosses des Mariannes et des Kermadec plongent à plus de 10 000 mètres de profondeur. NATURE ECOLOGY & EVOLUTION

Deux groupes de composés appartenant à cette famille de substances chimiques ont été passés au crible. D’une part, les polychlorobiphényles (PCB), abondamment utilisés dans les années 1930 à 1970 par les fabricants d’appareils électriques pour leurs propriétés isolantes, avant d’être bannis en raison de leur toxicité. D’autre part, les polybromodiphényléthers (PBDE), employés dans les années 1970 et 1980 dans l’industrie pétrolière et toujours utilisés comme retardateurs de flamme, pour ignifuger plastiques, textiles et équipements électriques.

Les auteurs de l’étude rapportent avoir mesuré « des niveaux extraordinairement élevés » de ces produits dans les crustacés. Les chiffres, exprimés en nanogrammes par unité de masse corporelle, ne diront rien aux non-spécialistes. Mais les comparaisons sont édifiantes : les teneurs en PCB notamment, particulièrement hautes, sont « cinquante fois supérieures » à celles trouvées dans des crabes du fleuve Liao, l’un des cours d’eau les plus pollués de Chine, et du même ordre que celles détectées dans la baie japonaise de Suruga, une région très industrialisée du sud de l’archipel nippon. « Ces données montrent clairement une puissante contamination d’origine humaine et une bioaccumulation dans la faune », concluent les chercheurs.

« Les niveaux relevés sont très significatifs, commente François Galgani, écotoxicologue à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), qui n’a pas pris part à ce travail. Ils sont couramment atteints dans des zones côtières marquées par une forte activité industrielle – telles que la baie de Seine en France – et, pour d’autres polluants comme les métaux, nettement dépassés dans certains secteurs affectés par l’extraction minière, par exemple en Australie. Mais ces concentrations n’avaient encore jamais été documentées à de telles profondeurs. »

Rôle des débris plastiques

Un spécimen d’Hirondellea gigas, prélevé dans la fosse des Mariannes. ALAN JAMIESON NEWCASTLE UNIVERSITY

Un spécimen d’Hirondellea gigas, prélevé dans la fosse des Mariannes. ALAN JAMIESON NEWCASTLE UNIVERSITY

Comment ces substances ont-elles fini par 10 000 mètres de fond, à des centaines de kilomètres de distance de la terre ferme, et donc de leurs sources ? Les auteurs supposent qu’elles ont été transportées par les courants atmosphériques et océaniques, avant d’être entraînées vers les abysses par des agrégats de matière organique (bactéries, cellules dégradées de phytoplancton, de zooplancton et d’organismes marins en décomposition) ou inorganique (particules fines de sédiments, argiles, microdéchets…). Ces agrégats forment « la neige marine », un flux continu de particules qui peut transférer les polluants de la surface vers les fonds.

Une hypothèse est que le processus soit alimenté par les milliards de débris de plastique de toute taille jonchant l’océan, sur lesquels les polluants organiques persistants se fixent spontanément. Dans le Pacifique nord se trouve justement une gigantesque zone de convergence (ou gyre océanique) de déchets plastiques, le « Great Pacific Garbage Patch » ou « grande poubelle du Pacifique ».

Les conséquences de cette contamination sur les écosystèmes des grands fonds marins restent à étudier. Les auteurs rappellent que la production de PCB a été estimée, tous pays confondus, à 1,3 million de tonnes, dont les deux tiers sont présumés se trouver aujourd’hui dans des décharges, ou toujours dans des équipements électriques. Le dernier tiers, lui, a rejoint le milieu océanique et les sédiments marins. Les rejets de la civilisation n’ont pas fini d’empoisonner les crustacés des très grandes profondeurs et, avec eux, l’ensemble de la chaîne alimentaire.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 12:32

Cet ancien chef adjoint de la brigade anticriminalité de nuit à Paris a été condamné, en 2008, pour « non-empêchement d'un délit » dans une sordide affaire de violences policières. Par Rosa Moussaoui lundi 13 février pour l’Humanité.

Le commissariat d'Aulnay-sous-Bois. Photo AFP

Le commissariat d'Aulnay-sous-Bois. Photo AFP

Les quatre policiers mis en examen, l'un pour viol et les autres pour violences volontaires en réunion après la violente interpellation de Théo, appartiennent à une brigade de sécurité de terrain (BST), rattachée au commissariat d'Aulnay-sous-Bois.

Coïncidence troublante, l'actuel commissaire divisionnaire, qui règne aussi sur tout le district nord-est de la Seine-Saint-Denis, a déjà été mis en cause dans un scandale de violences policières. L'affaire remonte au 19 février 2004. Le commissaire Vincent Lafon est alors chef adjoint de la brigade anticriminalité de nuit à Paris (BAC 75N). Au petit matin, à Barbès, ses hommes repèrent un conducteur en état d'ébriété qui brutalise la jeune femme assise à ses côtés dans une Opel Corsa qui file à toute allure. Débute alors une «chasse», comme on dit dans le jargon policier, avec des pointes à 150 km/h. Des renforts sont appelés. La course-poursuite se termine 30 kilomètres plus loin, lorsque le chauffard heurte le muret d'une bretelle d'autoroute, à hauteur de Créteil. Il refuse toujours d'obtempérer, redémarre, renverse et blesse des policiers. Finalement extrait de l'habitacle et tabassé, il finit sur le goudron, pantalon et slip baissés, un cerceau d'enjoliveur entre les fesses. Bilan : un nez cassé, sept jours d'ITT. Les policiers, accuse-t-il, l'ont « menacé de sodomie ». La scène a bien été filmée, mais l'inspection générale des services (IGS), immédiatement saisie, ne parvient pas à mettre la main sur les images, détruites.

Un an de prison avec sursis et un an d'interdiction professionnelle

L'affaire fait grand bruit. Une information judiciaire est ouverte pour « violences aggravées ». Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui fustige « les brebis galeuses dans la police », n'exclut pas la révocation des fonctionnaires mis en cause. Un capitaine et deux gardiens de la paix sont mis en examen pour «violences volontaires par dépositaire de l'autorité publique». Présent sur les lieux, le commissaire Vincent Lafon, lui, est mis en examen pour «non-empêchement d'un délit». Il est suspendu pour « faute de commandement ». Quatre ans plus tard, dans son réquisitoire, le parquet qualifie l'affaire de «honte de la BAC parisienne ».

Les condamnations tombent. Le gardien de la paix qui a reconnu, à l'audience, avoir placé l'enjoliveur «entre les cuisses» du conducteur interpellé est condamné à un an de prison avec sursis et trois ans d'interdiction professionnelle. Le capitaine reconnu coupable de « destruction de documents pour faire obstacle à la manifestation de la vérité » prend dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et trois ans d'interdiction professionnelle. Le commissaire Vincent Lafon, écope, lui, d'un an de prison avec sursis et d'un an d'interdiction professionnelle pour «abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit ». Devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, cet homme sec, ancien boxeur, amateur de rock metal, avait attribué les violences à un contexte d'« extrême agitation ». « Il n'a jamais cherché à dissimuler son implication dans cette affaire », témoigne un élu parisien. Ce sordide épisode est resté dans les mémoires, à la BAC, comme l'« affaire de l'enjoliveur ». « Qu'une interpellation soit rugueuse, c'est une chose. Mais là, il s'agissait d'un sérieux dérapage, pour ne pas dire plus », commente un policier de la BAC parisienne. Vincent Lafon est arrivé à Aulnay-sous-Bois au début de l'année 2014, quelques mois seulement avant l'élection de Bruno Beschizza. Venu du 13e arrondissement de Paris, le commissaire divisionnaire regrette, dans une vidéo tournée par le site AulnayCap, l'« hostilité » des habitants des cités. Mais il ne tarit pas d'éloges sur la politique sécurité de l'ancien secrétaire général du syndicat policier Synergie officiers.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 12:28

Maître de conférences en sciences politiques à l’université de Yale aux États-Unis, la philosophe franco-américaine fait la lumière sur la crise de la démocratie représentative contemporaine. Une analyse percutante du sens des expériences sociales engagées en faveur de son dépassement historique dans une perspective progressiste. Un entretien sur la délibération inclusive et l’intelligence collective comme réponse à la crise de la démocratie représentative, réalisé par Jérôme Skalski le vendredi 6 Janvier 2017 pour l'Humanité.

Hélène Landemore, professeur en Sciences Politiques à Yale. Photo : Magali Bragard

Hélène Landemore, professeur en Sciences Politiques à Yale. Photo : Magali Bragard

Vous faites valoir, dans votre œuvre, l’idée d’intelligence collective articulée au concept de démocratie. En quoi cette idée est-elle novatrice ?

Hélène Landemore Je suis partie, effectivement, à un moment donné de mon travail universitaire, de la connexion de l’idée d’intelligence collective et de démocratie. Cette idée a donné lieu à la publication de mon premier livre en anglais en 2013 (1). L’idée que l’intelligence collective est une des raisons qui rendent la démocratie désirable n’est pas entièrement nouvelle. Il y avait, par exemple, le livre de James Surowiecki, publié sur le sujet en 2004 (2). On peut aussi remonter aux formulations d’Aristote sur les bénéfices politiques de « plusieurs têtes » et à tout un tas d’autres auteurs depuis. La nouveauté de mon argument, c’est de mettre l’accent sur la délibération inclusive, plutôt que la logique agrégative de la loi des grands nombres, et sur le lien entre inclusivité et diversité cognitive. Je fais l’hypothèse que les assemblées délibératives démocratiques maximisent par défaut, parce qu’elles sont inclusives, la diversité des manières de réfléchir et d’aborder un problème, qui s’avère être un ingrédient essentiel de la capacité du groupe à résoudre des problèmes communs. Cet argument est nouveau parce que la plupart des gens pensent que pour avoir une assemblée intelligente, il faut surtout mettre des gens intelligents dedans, ce qui tend à favoriser les groupes d’experts ou de diplômés plutôt que les groupes de gens ordinaires, moins compétents individuellement mais plus divers collectivement. Une implication assez radicale de l’argument, c’est même en effet de préférer les groupes de citoyens tirés au sort aux assemblées élues. L’occasion d’approfondir ce thème sous un angle plus empirique m’a ensuite été donnée en Islande, en 2012, lors des événements qui ont suivi la crise financière de 2008-2009.

Quels sont les problèmes rencontrés par le paradigme de la démocratie représentative aujourd’hui ?

Hélène Landemore Traditionnellement, deux modèles de la démocratie dominent. Il y a l’idée de la démocratie athénienne antique, considérée comme inapplicable avec les sociétés industrialisées et modernes, et celle de la démocratie représentative électorale, du gouvernement représentatif inventé au XVIIIe siècle et qui s’est imposé depuis. Aujourd’hui, il semble qu’on ait atteint les limites de ce deuxième modèle. D’abord, l’élection s’avère un mécanisme de transfert du consentement assez douteux. Et elle ne permet pas une représentation très satisfaisante. En réaction à ces faiblesses de l’élection, on observe aujourd’hui la tentation de court-circuiter le schéma classique de la représentation et de retourner aux théories et pratiques de la démocratie directe. Il me semble que nous en sommes venus au point où l’on a besoin d’un nouveau cadre conceptuel. Le mode du gouvernement représentatif est très élitiste en réalité. On peut le montrer en remontant à son fondement. C’est ce qu’a fait Bernard Manin dans ses Principes du gouvernement représentatif, un ouvrage essentiel à cet égard, publié en 1995 (3). Il montre que le XVIIIe siècle a été le triomphe de l’élection sur le principe de la sélection au hasard par tirage au sort parce que, finalement, cela permettait de maintenir l’aristocratie au pouvoir. Il montre aussi que l’élection est à double face, comme le dieu romain Janus. Elle a une face démocratique d’une part (parce qu’elle demande le consentement des gens) et un visage oligarchique de l’autre (parce qu’elle crée une élite). Ce que l’on ressent actuellement, c’est sa dimension oligarchique. L’idée, c’est de reprendre le chemin qui n’a pas été emprunté au XVIIIe siècle, c’est-à-dire de revenir au tirage au sort par exemple. C’est une sorte de pensée contre factuelle que j’essaie de développer. Certes je ne pense pas qu’on puisse abolir les systèmes existants et les remplacer par des systèmes complètement nouveaux qui seraient basés sur le tirage au sort. Mais il s’agit de s’inspirer de cette alternative imaginée pour modifier le système actuel et le réinventer. L’autre question, c’est qu’on a tendance à penser la démocratie sur le paradigme de l’État-nation alors qu’aujourd’hui il faut la penser au-delà, au niveau des groupes d’États, des zones géographiques, et à l’échelle des organisations internationales. Au niveau européen, c’était un peu l’espoir. Sauf qu’on a fait de la construction économique sans vraie construction politique, qui aurait encadré le processus. Une construction européenne proprement politique, c’est ce que proposent aujourd’hui des gens comme Thomas Piketty ou Yanis Varoufakis. Thomas Piketty en reste cependant à une réponse technocratique. Il propose que l’on prenne un groupe de pays suffisamment similaires, comme la France et l’Allemagne, et que ces pays mettent en commun leurs dettes et développent une politique fiscale commune. Yanis Varoufakis a une approche plus processuelle. Il propose de redonner le pouvoir aux peuples européens et de les impliquer plus directement dans le processus de construction de l’UE. Il faut probablement combiner les deux approches, mais la priorité me paraît être processuelle : trouver le moyen de donner une vraie voix aux citoyens européens sur la nature de l’Europe politique à construire. Les référendums en fin de parcours, c’est trop peu et trop tard.

En quoi l’expérience islandaise témoigne de ce renouvellement ?

Hélène Landemore L’expérience islandaise, dans la mesure où elle a essayé d’inclure le plus de personnes possibles dans le processus qui a abouti à la proposition de nouvelle Constitution, participe de cet effort pour repenser la démocratie. Par exemple, le forum national, en amont du processus, a rassemblé 950 personnes tirées au sort, pour parler des valeurs et des principes à mettre au cœur de la proposition de Constitution. Il y a eu aussi, pendant le travail des constituants, le recours fait aux propositions publiques via Internet, la phase de « crowdsourcing » proprement dite, qui a fait la célébrité du processus. C’est d’elle que sont venues certaines propositions comme l’article sur le droit des enfants ou le droit à Internet qu’on retrouve dans le texte final. Ces choix de « design » institutionnel sont des applications inspirées de la théorie de la « sagesse des foules ». Ils reflètent aussi un effort pour donner voix aux citoyens en amont et tout au long du processus, pas juste à la fin.

Est-ce que la crise politique actuelle ne réactualise pas également la problématique de la lutte des classes ?

Hélène Landemore La question des classes n’a jamais vraiment disparu. Aujourd’hui, ce qui est intéressant, c’est que l’opposition entre le 1 % et les 99 % domine les débats depuis le mouvement Occupy Wall Street. Mais c’est plus compliqué que cela parce que, quand on parle des 99 %, on parle surtout de la classe moyenne occidentale. Or il n’y a pas que les questions de classe interne à l’Occident, il y a aussi les questions du clivage entre le monde occidental et le reste du monde. La classe moyenne occidentale, c’est le 1 % pour le reste du monde… Par ailleurs, en Occident, les classes populaires sont exclues du débat, et même, de fait, des mobilisations (il n’y avait pas beaucoup de vrais pauvres dans les rassemblements Occupy). Clinton et Trump, au cours de la campagne électorale, n’ont jamais parlé des pauvres. Il n’y a personne qui parle des pauvres aux États-Unis. C’est une réalité tragique mais, comme ils ne votent pas, cela n’intéresse personne. Il y a encore le problème de l’argent en politique. C’est sans doute plus vrai aux États-Unis. Pour pouvoir accéder au pouvoir aux États-Unis, dans la plupart des cas, il faut avoir beaucoup d’argent. C’est un système qui invite la corruption. Ajoutez à ça la manière partisane dont les circonscriptions électorales sont dessinées et vous avez tous les ingrédients d’un système qui ne répond plus effectivement qu’aux 10 % les plus riches de la population. Cela dit, il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience de ces problèmes. La question des inégalités économiques est redevenue centrale en Occident. La crise de 2008 est passée par là. On peut aussi créditer le livre de Thomas Piketty, le Capital au XXIe siècle, qui a été un pavé dans la mare quand il est sorti aux États-Unis en 2013. Même l’idéologie longtemps dominante du libre-échange comme seul salut est remise en cause. On prend enfin au sérieux les questions de distribution des gains du libre-échange. La distribution actuelle est-elle juste ? Surtout, même si le libre-échange est globalement un jeu à somme positive, il y a de vrais grands perdants au niveau individuel, et on ne s’est pas beaucoup occupé d’eux. Cela, de plus en plus de gens admettent que ce n’est pas acceptable. On a les bons diagnostics, je pense, maintenant il faut des solutions. Mais il y a aussi l’impact de l’idéologie du libre-échange qui a été dominante, même à gauche, et qui est remise en cause depuis 2008 notamment. L’année 2008 a été le moment où même les libertariens ont été obligés d’admettre que le libre-échange n’était pas tout bénéfice. C’était quelque chose que des gens disaient depuis des décennies. Le libre-échange a montré qu’il y avait des perdants et que ce sont ces perdants qui sont sacrifiés à l’ensemble.

Vous avez avancé l’idée qu’une transformation du modèle de la démocratie passait par une redéfinition de l’ « agenda setting ». Pouvez-vous préciser ce concept ?

Hélène Landemore C’est une idée centrale. Être capable de définir les termes d’un débat, c’est la moitié du pouvoir. Or, nos démocraties sont fondées sur l’illusion que le pouvoir démocratique, c’est juste la décision finale. Mais cela, ce n’est que l’autre moitié du pouvoir. Définir les termes de la décision, de quoi l’on va parler et dans quelles conditions, c’est cela définir l’ « agenda setting ». Dans la démocratie des Grecs de l’Antiquité classique, il y avait une définition des termes de ce qui allait être délibéré et voté à l’assemblée populaire par un groupe de 500 citoyens tirés au sort, citoyens relativement ordinaires, qui était les décideurs de cet agenda. Et par ailleurs, il y avait des formes d’initiative populaire qui permettaient à tout citoyen de mettre une question à l’agenda de l’assemblée populaire. Ce qui se passe au XVIIIe siècle, c’est qu’on passe d’une conception de la démocratie comme exercice du pouvoir par le citoyen ordinaire à une conception de la démocratie comme consentement au pouvoir par des élites. On abandonne l’exercice de l’essentiel du pouvoir à des élites et on ne garde que la possibilité de changer d’élites de temps à autre ou de dire non à une question posée dans le référendum occasionnel. Cela a été une erreur historique. La délibération et la définition des options, en amont des élections ou des référendums, est essentielle. Bien sûr, dans la théorie habermasienne par exemple, l’opinion publique informelle est censée avoir cette fonction d’« agenda setter » pour le système politique formel. Mais aujourd’hui est-ce une lecture réaliste de ce qui se passe ? Selon moi, il est temps de passer à un autre modèle de démocratie, non plus représentative, mais postreprésentative ou « ouverte ». Il s’agit d’imaginer de nouvelles avenues pour la participation des citoyens de façon à leur donner une influence réelle et parfois directe sur le contenu du débat. Cette idée de démocratie ouverte, c’est casser ce cycle où le peuple n’a son mot à dire que tous les quatre ou cinq ans au moment des élections ; en fait, là encore l’exemple islandais le montre de manière patente, les gens ont plein d’idées. On le voit aussi dans la créativité de choses comme Wikipédia par exemple aujourd’hui, qui était impensable il y a dix ans. C’est une des réussites de l’intelligence collective la plus spectaculaire. Mais il existe ou peut exister une foule de moyens et d’instruments susceptibles de capter l’intelligence collective. La démocratie devrait être un de ces instruments.

  • (1) Democratic Reason : Politics, Collective Intelligence, and the Rule of the Many, Princeton University Press, 2013.
  • (2) La Sagesse des foules, de James Surowiecki. Éditions Jean-Claude Lattès, 2008.
  • (3) Principes du gouvernement représentatif, de Bernard Manin. 1995, rééd. Flammarion, coll. « Champs », 1996.

Intelligence collective

Récipiendaire du prix David & Elaine Spitz 2015 pour son ouvrage Democratic Reason : Politics, Collective Intelligence, and the Rule of the Many, publié en 2013 aux éditions Princeton University Press, Hélène Landemore explore les expériences politiques mettant en jeu l’intelligence collective. Théoricienne de l’expérience islandaise d’« approvisionnement par la foule » (crowdsourcing) dans le contexte de la réécriture de sa Constitution, elle est l’auteur d’une dizaine d’articles en philosophie politique.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:29

Le génie du capitalisme d’après-guerre aura consisté à réorienter la volonté de changement vers l’insatiable désir de consommer. Ce modèle trouve à présent sa limite dans l’épuisement des ressources naturelles. Pour imaginer un mode de vie à la fois satisfaisant et durable, récuser l’empire de la marchandise ne suffit pas. Il faut d’abord réfléchir à ce qui nous est indispensable.  Dans Le Monde Diplomatique de février 2017, par Razmig Keucheyan, professeur de sociologie, auteur de La nature est un champ de bataille, Zones, Paris, 2014.

Cf. sur ce blog l'introduction à son livre passionnant La nature est un champ de bataille, Quand la finance se branche sur la nature écrit pour Le Monde Diplomatique de mars 2014, cf aussi notre débat avec Razmig Keucheyan le 17 novembre 2015 aux Lilas dans La nature est un champ de bataille.

Jung-Yeon Min. - « Rendez-moi la lune », 2015 (Jung-Yeon Min - Galerie Maria Lund, Paris)

Jung-Yeon Min. - « Rendez-moi la lune », 2015 (Jung-Yeon Min - Galerie Maria Lund, Paris)

La transition écologique suppose de faire des choix de consommation. Mais sur quelle base ? Comment distinguer les besoins légitimes, qui pourront être satisfaits dans la société future, des besoins égoïstes et déraisonnables, qu’il faudra renoncer à assouvir ? C’est la question qu’aborde le Manifeste négaWatt, l’un des ouvrages d’écologie politique les plus stimulants parus récemment, rédigé par des spécialistes de l’énergie (1). Un négaWatt, c’est une unité d’énergie économisée — « néga » pour négatif. Grâce aux énergies renouvelables, à l’isolation du bâti ou au raccourcissement des circuits économiques, il est possible, selon les auteurs, de mettre sur pied un système économique qui soit écologiquement viable à l’échelle d’un pays, et même au-delà. À technologie constante, notre société renferme d’importants « gisements de négaWatts ».

Le consumérisme ambiant ne saurait perdurer, car il accroît en permanence les flux de matières premières et la consommation d’énergie. Ses effets aliénants sur les personnes ne sont de surcroît plus à démontrer. Une société « négaWatt » est une société de la sobriété où des possibilités de consommation sont délibérément écartées car considérées comme néfastes. Mais sur quels critères ?

Pour répondre à cette question, les auteurs du Manifeste distinguent les besoins humains authentiques, légitimes, qu’il faudra donc continuer à satisfaire, et les besoins artificiels, illégitimes, dont il faudra se défaire. Le premier groupe comprend ceux qu’ils qualifient de « vitaux », « essentiels », « indispensables », « utiles » et « convenables ». Le second, ceux qu’ils jugent « accessoires », « futiles », « extravagants », « inacceptables », « égoïstes ».

Dès lors, deux problèmes apparaissent. D’abord, comment définir un besoin « essentiel » ? Qu’est-ce qui le distingue d’un besoin « accessoire » ou « inacceptable » ? Et ensuite, qui décide ? Quels mécanismes ou institutions conféreront une légitimité au choix de satisfaire tel besoin plutôt que tel autre ? Le Manifeste négaWatt ne dit rien à ce propos.

Pour répondre à ces questions, il est bon de se tourner vers deux penseurs critiques et pionniers de l’écologie politique, André Gorz et Ágnes Heller. Dans les années 1960 et 1970, ils ont développé une théorie des besoins sophistiquée et d’une grande actualité (2). L’un comme l’autre ont abordé ces questions à partir d’une réflexion sur l’aliénation, laquelle peut se mesurer à l’aune de besoins authentiques. En effet, on est aliéné par rapport à un état idéal auquel on cherche à revenir, ou que l’on cherche à atteindre enfin. La notion désigne le processus par lequel le capitalisme suscite des besoins artificiels qui nous éloignent de cet état. En plus d’être aliénants, la plupart de ces besoins sont écologiquement irréalistes.

Qu’est-ce qu’un besoin « authentique » ? On pense bien sûr aux exigences dont dépendent la survie ou le bien-être de l’organisme : manger, boire ou se protéger du froid, par exemple. Dans les pays du Sud, et même du Nord, certains de ces besoins élémentaires ne sont pas satisfaits. D’autres, qui l’étaient autrefois, le sont de moins en moins. Jusqu’à récemment, respirer un air non pollué allait de soi ; c’est devenu difficile dans les mégapoles contemporaines. Il en va de même pour le sommeil. Aujourd’hui, la pollution lumineuse rend l’endormissement difficile pour nombre de personnes, l’omniprésence de la lumière dans les villes retardant la synthèse de la mélatonine (surnommée « hormone du sommeil »). Dans certains pays, la lutte contre la pollution lumineuse a suscité l’émergence de mouvements sociaux revendiquant un « droit à l’obscurité » et appelant à la création de « parcs aux étoiles » non pollués par la lumière artificielle (3).

L’exemple de la pollution sonore parle également à nombre de citadins. On consacre des volumes croissants d’argent à l’isolation des logements, afin de satisfaire un besoin — le silence — autrefois gratuit. Ces dépenses nouvelles sont susceptibles de peser à la baisse sur le taux de profit, mais elles offrent simultanément des sources d’enrichissement, par exemple pour les entreprises spécialisées dans l’insonorisation.

Tous les besoins « authentiques » ne sont pas d’ordre biologique. Aimer et être aimé, se cultiver, faire preuve d’autonomie et de créativité manuelle et intellectuelle, prendre part à la vie de la cité, contempler la nature... Sur le plan physiologique, on peut certainement faire sans. Mais ces besoins sont consubstantiels à la définition d’une vie humaine digne d’être vécue. André Gorz les appelle « besoins qualitatifs » ; Ágnes Heller, « besoins radicaux ».

Les besoins qualitatifs ou radicaux reposent sur un paradoxe. En même temps qu’il exploite et aliène, le capitalisme génère à la longue un certain bien-être matériel pour des secteurs importants de la population. Il libère de ce fait les individus de l’obligation de lutter au quotidien pour assurer leur survie. De nouvelles aspirations, qualitatives, prennent alors de l’importance. Mais, à mesure qu’il monte en puissance, le capitalisme empêche leur pleine réalisation. La division du travail enferme l’individu dans des fonctions et des compétences étroites tout au long de sa vie, lui interdisant de développer librement la gamme des facultés humaines. De même, le consumérisme ensevelit les besoins authentiques sous des besoins factices. L’achat d’une marchandise satisfait rarement un vrai manque. Il procure une satisfaction momentanée ; puis le désir que la marchandise avait elle-même créé se redéploie vers une autre vitrine.

Constitutifs de notre être, les besoins authentiques ne peuvent trouver leur satisfaction dans le régime économique actuel. C’est pourquoi ils sont le ferment de bien des mouvements d’émancipation. « Le besoin est révolutionnaire en germe », dit André Gorz (4). La quête de son assouvissement conduit tôt ou tard les individus à soumettre le système à la critique.

Les besoins qualitatifs évoluent historiquement. Voyager, par exemple, permet à l’individu de se cultiver et de s’ouvrir à l’altérité. Jusqu’au milieu du XXe siècle, seules les élites voyageaient. Désormais, la pratique se démocratise. On pourrait définir le progrès social par l’apparition de besoins toujours plus enrichissants et sophistiqués, et accessibles au plus nombre.

Mais des aspects néfastes apparaissent parfois en cours de route. Si le transport en avion proposé par les compagnies à bas coût contribue à rendre le voyage accessible aux classes populaires, il émet aussi une énorme quantité de gaz à effet de serre, et il détruit les équilibres des zones où les touristes se rendent en masse pour voir... d’autres touristes en train de regarder ce qu’il y a à voir. Voyager est devenu un besoin authentique ; il faudra pourtant inventer de nouvelles formes de se déplacer, adaptées au monde de demain.

Si le progrès social induit parfois des effets pervers, des besoins à l’origine néfastes peuvent, à l’inverse, devenir viables avec le temps. Aujourd’hui, la possession d’un smartphone relève d’un besoin égoïste. Ces téléphones contiennent des « minerais de sang » — tungstène, tantale, étain et or notamment -, dont l’extraction occasionne des conflits armés et des pollutions graves. Ce n’est pourtant pas l’appareil lui-même qui est en question. Si un smartphone « équitable » voit le jour — le « fairphone » semble en être une préfiguration (5) -, il n’y a pas de raison pour que cet objet soit banni des sociétés futures. D’autant plus qu’il a donné lieu à des formes de sociabilité nouvelles, à travers l’accès continu aux réseaux sociaux, ou à travers l’appareil photographique qu’il intègre. Qu’il encourage le narcissisme ou génère des névroses chez ses utilisateurs n’est sans doute pas inévitable. En ce sens, on ne peut exclure que le smartphone, à travers certains de ses usages, se transforme progressivement en besoin qualitatif, comme le voyage avant lui.

Selon André Gorz, la société capitaliste a pour devise : « Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as “mieux” que les autres (6). » On peut lui opposer une devise écologiste : « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. » Aux yeux de Gorz, un besoin qualitatif a ceci de particulier qu’il ne donne pas prise à la « distinction ».

En régime capitaliste, la consommation revêt en effet une dimension ostentatoire. Acheter le dernier modèle de voiture revient à exhiber un statut social (réel ou supposé). Un beau jour, cependant, ce modèle passe de mode et son pouvoir distinctif s’effondre, provoquant le besoin d’un autre achat. Cette fuite en avant inhérente à l’économie de marché contraint les entreprises qui se concurrencent entre elles à produire des marchandises toujours nouvelles.

Comment rompre avec cette logique de distinction productiviste ? Par exemple, en allongeant la durée de vie des objets. Une pétition lancée par les Amis de la Terre exige que l’on fasse passer la garantie des marchandises de deux ans — une obligation inscrite dans le droit européen — à dix ans (7). Plus de 80 % des objets sous garantie sont réparés ; or ce pourcentage tombe à moins de 40 % une fois l’échéance passée. Moralité : plus la garantie est longue, plus les objets durent ; et plus la quantité de marchandises vendues et donc produites diminue, limitant par la même occasion les logiques de distinction, qui reposent souvent sur l’effet de nouveauté. La garantie, c’est la lutte des classes appliquée à la durée de vie des objets.

Qui détermine le caractère légitime ou non d’un besoin ? Un risque apparaît ici, qu’Ágnes Heller appelle la « dictature sur les besoins (8) », comme celle qui prévalut en URSS. Si une bureaucratie d’experts autoproclamés décide de ce que sont les besoins « authentiques », et par conséquent les choix de production et de consommation, ceux-ci ont peu de chances d’être judicieux et légitimes. Pour que la population accepte la transition écologique, il faut que les décisions qui la sous-tendent emportent l’adhésion. Établir une liste de besoins authentiques n’a rien d’évident et suppose une délibération collective continue. Il s’agit donc de mettre en place un mécanisme qui vienne d’en bas, d’où émane démocratiquement une identification des besoins raisonnables.

Difficile d’imaginer ce que pourrait être un tel mécanisme. En esquisser les contours constitue une tâche brûlante de notre temps, dont dépend la construction d’une société juste et viable. La puissance publique a certainement un rôle à jouer, par exemple en taxant les besoins futiles pour démocratiser les besoins authentiques, en régulant les choix des consommateurs. Mais encore faut-il convaincre de la futilité de nombreux besoins ; et, pour cela, il faut un dispositif situé au plus près des individus. Il s’agit d’extraire le consommateur de son tête-à-tête avec la marchandise et de réorienter la libido consumandi vers d’autres désirs.

La transition écologique nous incite à fonder une démocratie directe, plus délibérative que représentative. L’adaptation des sociétés à la crise environnementale suppose de réorganiser de fond en comble la vie quotidienne des populations. Or cela ne se fera pas sans les mobiliser, sans s’appuyer sur leurs savoirs et leurs savoir-faire, et sans transformer dans un même mouvement les subjectivités consuméristes. C’est donc à une nouvelle « critique de la vie quotidienne » qu’il faut parvenir ; une critique élaborée collectivement.

(1) Association NégaWatt, Manifeste NégaWatt. En route pour la transition énergétique !, Actes Sud, coll. « Babel Essai », Arles, 2015 (1(re) éd. : 2012).

(2) André Gorz, Stratégie ouvrière et néocapitalisme, Seuil, Paris, 1964, et Ágnes Heller, La Théorie des besoins chez Marx, 10 / 18, Paris, 1978.

(3) Cf. Marc Lettau, « Face à la pollution lumineuse en Suisse, les adeptes de l’obscurité réagissent », Revue suisse, Berne, octobre 2016.

(4) André Gorz, La Morale de l’histoire, Seuil, Paris, 1959.

(5) Lire Emmanuel Raoul, « Peut-on fabriquer un téléphone équitable ? », Le Monde diplomatique, mars 2016.

(6) Lire André Gorz, « Leur écologie et la nôtre », Le Monde diplomatique, avril 2010.

(7) « Signez la pétition “Garantie 10 ans maintenant” », 24 octobre 2016, www.amisdelaterre.org

(8) Cf. Ferenc Feher, Ágnes Heller et György Markus, Dictatorship over Needs, St. Martin’s Press, New York, 1983.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 10:29

Le comité syndical du SYCTOM (Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères de la région parisienne) du vendredi 9 décembre 2016 a décidé de soumettre son projet pour le centre de traitement de Romainville/Bobigny à une concertation. Le garant de cette concertation, prévue pour se dérouler au second semestre 2017, vient d’être nommé par la Commission nationale du débat public. Un article de Francis Redon, président d'Environnement 93, le 2 février 2017 dans le bulletin de liaison de France Nature Environnement-Île-de-France .

Une pseudo-concertation d’ores et déjà rejetée

En 2013, le précédent projet a été abandonné suite à la forte mobilisation citoyenne et suivi par la prise de conscience des dangers du tri-mécanobiologique (TMB) par les élus du Syctom (vote à l’unanimité de l'abandon du projet) et par l’Assemblée Nationale (interdiction de soutien public au TMB).
Suite à cet abandon, le Syctom avait précisé (1) que le nouveau projet serait planifié et élaboré en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire, conscient du débat maintenant nécessaire pour justifier des investissements publics conséquents, compte tenu des enjeux environnementaux. De nombreuses réunions et autres comités de pilotage ont bien eu lieu mais le projet soumis à la concertation à venir n’a jamais été présenté.

Il n’y aura donc pas de débat mais une concertation sur un projet imposé, sur lequel pour l’heure seules des bribes d’informations sont disponibles. Les bases de la concertation décrite sur le site internet du Syctom se résument à : le projet ou rien. De même que pour le projet d’usine d’incinération à Ivry-Paris XIII, le Syctom (2) a déjà posé les préalables de la transformation de l’unité de traitement, sur lesquels il faudrait maintenant débattre et accepter quelques aménagements qui ne pourraient être apportés qu’à la marge.
Le refus du Conseil territorial du 13 décembre 2016 de l’Établissement Public Territorial Est Ensemble (3) de voter une délibération allant dans le sens du projet du Syctom démontre également la non-co-construction de ce projet.

Les incohérences du Syctom

Les projets du Syctom à Ivry Paris-XIII ou Romainville se basent sur un scénario d’évolution de la prévention et du recyclage pour déterminer le dimensionnement des unités de traitement des déchets résiduels.
Ce scénario présenté lors de la concertation sur le projet d’Ivry-Paris XIII, qui vient de se clôturer, est contredit par l’ensemble des associations environnementales d’Ile-de-France. De plus, comme l’a rappelé le rapport de la Commission nationale du débat public, aucune preuve de la compatibilité du projet avec les nouvelles exigences de la Loi Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) n’a été apportée lors de la concertation sur le projet Ivry-Paris XIII.
Pour justifier l’opportunité de ces équipements, le scénario du Syctom est très éloigné des objectifs de la LTECV : dans les huit ans à venir, la prévention des déchets serait minime (inférieure à la période précédente) et le recyclage augmenterait peu (11 % en 2015 à 20 % en 2023). Ce taux de recyclage maintiendra les performances de notre territoire très éloignées de celles des autres agglomérations européennes d’ores et déjà supérieures à 40 %.Voulons-nous réellement lutter contre le réchauffement climatique ? Croyons-nous en nos forces ?

Il est donc maintenant nécessaire que l’EPT Est Ensemble organise enfin le débat, attendu par les habitants et les associations, qui concerne aussi bien les impératifs d’une collecte des déchets, en particulier les biodéchets des ménages et des professionnels, que leur traitement, en prenant en compte les opportunités du territoire incluant le canal de l’Ourcq.

(1) Le président du SYCTOM saluait pourtant le 19 avril 2013 « la mobilisation nouvelle des habitants et des élus du territoire sur la question des déchets ménagers », ainsi que la nouvelle phase de dialogue qui s’ouvrait.
(2) http://www.syctom-paris.fr/installations-et-projets/projets/romainvillebobigny/transformation-du-centre.html
(3) ÉPT Est Ensemble sur lequel est implanté l’actuel centre de transfert de Romainville

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:10

Dans la Meuse, les opposants au projet d’enfouissement de milliers de fûts radioactifs par l’Andra multiplient les implantations, six mois après la réoccupation du bois Lejuc. Un reportage et les enjeux juridiques actuels, par Patrick Piro pour Politis publié le 8 février 2017 à lire sur www.politis.fr. Lire aussi  Déchets radioactifs : à Bure, « on défait le mur ! », 200 000 pas contre le projet de poubelle atomique à Bure et Bure : le dangereux passage en force de l’État.

Lucas et Ortie devant la cabane « La Communale », où des occupants du bois Lejuc se sont installés.

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Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas